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Séminaire CEDROM-SNI "L'information numérique dans les bibliothèques en 2013"


David Commarmond


Le 26 mars 2013, dans les locaux de la Maison des Centraliens au 8 rue Jean Goujon 75008 Paris, s'est tenue une conférence organisée par CEDROM-SNi, éditeur d’Europresse.com  sur le thème de « L’information numérique dans les bibliothèques en 2013 : enjeux, mesures et usages ».

Ce séminaire proposait de faire le point sur les usages et les outils d’analyse qualitative et quantitative qui permettent aujourd'hui de mesurer la place de l’information numérique dans les bibliothèques.



Et plus précisément de répondre aux questions : 
  • Où en sommes-nous après plusieurs années d’utilisation et d’expérimentation ? 
  • Comment le public utilise-t-il ces ressources numériques mises à disposition ? 
  • Quels sont les effets de ces outils d’information électroniques sur les usagers ainsi que sur les professionnels ? 
  • Pourquoi la médiation est-elle devenue une étape indispensable à l’accompagnement dans les bibliothèques ?
Cette conférence de trois heures, s'est poursuivie par une séance d'échanges entre les intervenants et la salle pour se terminer par un buffet. 
 
A 14H, Raymond DESCOUT, Directeur général de CEDROM-SNI, introduisit le sujet et nous ramena vers les débuts du monde de l'internet afin de reprendre conscience du chemin parcouru et de l'impact des évolutions qui ont modifié notre paysage informationnel. Numérique, nomadisme, wifi, haut débit, toutes ces technologies qui nous ont profondément marqués et ont révolutionnés nos usages. Modifiant radicalement et définitivement l'accès à l'information et à la connaissance. Faisant parti de notre quotidien comme les réseaux sociaux, livres numériques, tablettes, liseuses. Et soulignant au passage, la disparition du CD-rom, après la disparition de la disquette.
 
Ces différentes évolutions, ont fortement impacté les bibliothèques et leurs personnels, dans leurs rôles et leurs missions auprès de tous les publics, les plus jeunes, mais aussi, les plus anciens, qui ont eux aussi adoptés ces nouveaux outils. « Nous commençons a avoir du recul dans les usages et les pratiques des usagers au sein des bibliothèques ».  
 
Deux tendances lourdes ont été relevées : 
  • L'émergence depuis deux ans de l'accès distant comme nouvelle norme de consultation auprès de la population fréquentant les bibliothèques et leurs sites en ligne. Cette connexion permanente, cette quasi immédiateté, modifie considérablement l'usage et le rôle des bibliothèques au sein de la société. 
  • L'abandon de projets de bibliothèques universelles pour des bibliothèques publiques en ligne, avec des nouveaux services dédiés. 
 
Une tendance émergente :
  • l'introduction des environnements de travail numérique se développe sans pour autant trouver totalement ses utilisateurs, manquant de services, cette évolution peine à trouver sa place.
 
Dans cette perspective, Europresse, par ses tutoriels et ses outils, s'inscrit comme un acteur majeur du conseil entre les professionnels de la documentation. Par ses événements, il se veut un lieu d'échanges et de rencontres.
 
Après ces quelques éléments d'informations, Raymond DESCOUT est entré dans le cœur du sujet et aborda la problématique du suivi et de la mesure des consultations d'ouvrage au sein des établissements. Soulignant au passage, le caractère quantitatif des éléments mesurés et représentés dans les graphiques. Et par là-même, les limites des indicateurs dans le tableau de bord. Comme par exemple le passage des robots de moteurs de recherche qui peuvent représenter un visiteur sur deux. Où au contraire ne pas prendre en compte des visites provenant de points d'entrées non pris en compte. 
 
Raymond DESCOUT passa  la main à Joachim SCHOPFEL.

Joachim SCHOPFEL – Maître de conférences en Sciences de l’information et de la Communication à l’université de Lille 3 et membre du laboratoire sur les mesures d'usages des contenus numériques. Il axa son intervention sur la norme Counter et le protocole Sushi.

L'application de la norme COUNTER en bibliothèque : quelques éléments de compréhension 
La norme COUNTER (Counting Online Usage of Networked Electronic Resources) est née en 2002, à l'initiative des éditeurs, des bibliothèques et des consortiums de bibliothèques.  En fait ce n'est pas tout à fait une norme, mais un format de travail validé ayant la valeur d'une (quasi)norme permettant de « normaliser » les usages de contenus en ligne. Elle a donné naissance à une société anglaise à but non lucratif : Counter Online Metrics.

La norme COUNTER est diffusée via le protocole SUSHI (Standardized Usage Harvesting Initiative), les statistiques COUNTER permettent aux bibliothèques de recevoir des données d'usages des bouquets de revues ou de livres auxquelles elles sont abonnées chez les éditeurs. Ainsi normalisées, les données d'usage deviennent comparables entre éditeurs et permettent aux bibliothèques de disposer d'outils d'évaluation de leurs politiques d'acquisition.
 
Enfin, elle est libre de droit, il est possible de s'y conformer  pour obtenir un certificat. Les débats sur les usages et la signification des statistiques de fréquentation sont nombreux et toujours d'actualité.
 
Voici pour les éléments positifs. Tout n'est cependant pas parfait. Cette norme, est en évolution constante. Malgré l'indéniable progrès qu'elle représente, la norme counter est avant tout quantitative et définit les éléments techniques du monde informatique. Ainsi, "La norme définit un certain nombre de notions (« interrogation », « session », « requête enregistrée », « requête réussie », « recherche fédérée »…) (source : Le Bulletin des bibliothèques de France, numéro spécial sur l'évaluation de 2010.) Autant de termes qui sont avant tout issus du monde de l'informatique, même, si certains de ceux-ci se sont popularisés avec les nouveaux usages. 
 
Joachim SCHOPFEL, fit défiler les slides, comportant de nombreux graphiques. Il recommanda de se limiter à deux indicateurs afin de ne pas complexifier l'analyse. Il  rappela que l'aspect qualitatif était important, et que dans le domaine, les outils ne permettaient pas de mesurer la pertinence et la qualité scientifique, mais plutôt leur « popularité » auprès des usagers. 
 
Il rappela d'autres limites, telles que la multiplicité des sources, l'absence de données, les éventuels bugs ou erreurs dans le système, ainsi que l'hétérogénéité des données, et pour terminer de l'absence de liens entre l'usage et les usagers. 
Il évoqua l'existence de solutions alternatives locales, gratuites ou payantes, pouvant compléter l'analyse issue de la norme Counter. 
 
Il souligna que le temps consacré à la réalisation des graphes et les compétences informatique des bibliothécaires conditionnaient le résultat final. Il déplora malheureusement le manque d'esprit collaboratif des services, plaçant le bibliothécaire seul face à l'analyse et au mur des données. Et la responsabilité auquel il était confronté lorsque ces documents étaient utilisés pour justifier les coûts, les dépenses et l'analyse des besoins des usagers. 
 
Conscient des limites de la norme, il replaça a sa juste valeur la problématique. Ces outils étaient suffisants pour faire des reportings, mais limités pour mener une politique d'acquisition. Il rappela toutefois que malgré la norme Counter3, les documents générés étaient de qualités et formats variables, le plus souvent réduits au format xls et diffusés en pdf.
 
C'est pourquoi, Counter3 adoptée depuis trois ans permet d'améliorer en continu le dialogue entre les différents acteurs et de normaliser les éléments d'un projet en créant un référentiel commun.
 
"Pour en savoir plus, Joachim SCHOPFEL conseilla d'aller sur les sites d'information "usages des ressources" de COUPERIN et "COUNTER" de l'INIST. 

Chérifa BOUKACEM-ZEGHMOURI - Maître de conférences en Sciences de l’Information et de la Communication à l’université de Lyon 1

Il passa ensuite la parole à Chérifa BOUKACEM-ZEGHMOURI - Maître de conférences en Sciences de l’Information et de la Communication à l’université de Lyon 1, membre du laboratoire ELICO et co-directrice de l’URFIST de Lyon afin qu'elle développe son argumentation sur «  La nouvelle économie numérique globalisée et ses effets sur les usages en bibliothèque ».  
 
En préambule de son intervention, Chérifa, proposa d'explorer trois axes d'une évolution annoncée. L'évolution du marché et plus particulièrement, l'impact de la communication, la culture du libre et du piratage et enfin l'accès par  le biais de la mobilité comme les tablettes et les plate-formes.
 
L'évolution du marché et plus particulièrement, l'impact de la communication. Nous sommes tous connectés, en permanence, surtout les plus jeunes, mais pas que, via de nombreux appareils, ordinateurs portables, téléphones, Ipad, Ipod, puis aujourd'hui les tablettes. Une pluralité de dispositifs nous relient en permanence aux réseaux (internet, sociaux). Ces outils se caractérisent par une maîtrise technique de la part de l'utilisateur. Elle intensifie aussi la relation très étroite qui unit l'identité réelle à son identité numérique, faisant de l'un, une composante de l'autre. 
 
La notion de fracture numérique qui a longtemps été un fer de lance des politiques publiques semble ainsi appartenir au passé, avec la venue des acteurs de la communication très intéressées par les données personnelles et voyant en elles un gisement de croissance.
 
En effet, guidés par la « loi du moindre effort », l'individu moyen a tendance à investir le minimum d'énergie dans ses activités, et par extension réduire le principe de précaution,  laissant au passage de nombreuses traces, comptes ouverts, contenu public, photos non protégées et non effacées quand elles ne sont plus utilisées.
 
Un sens critique atone.
Deux comportements dangereux sont mis en œuvre, tout d'abord une préférence pour les omnipotents Google et Wikipédia pour tous leurs besoins d'informations. “Si Google le dit, et le remonte en première position alors l'information est validée”. Il y a une confusion entre popularité et pertinence de l'information. Confusion entretenue par un référencement efficace, donnant à Wikipédia une position de premier plan dans Google.
 
Le jugement par ses pairs.
Enfin, l'entourage social et les réseaux sociaux sont pris comme sources d'informations et de recommandation. « Si j'ai confiance en une personne, et qu'elle me recommande une source, alors elle est intégrée dans le référentiel, avec un apriori positif ».
 
Ces types de comportements, pourraient être considérés comme marginaux, circonscrits à la génération Y. Il n'en est malheureusement rien. Ces usages se sont, depuis l'apparition du Peer-to-peer, propagés dans la population, pour être considérés aujourd'hui quasiment comme un mode de vie. Du partage de musique, pour les plus jeunes, au partage de mots de passe pour les jeunes actifs, la culture du libre a fortement remis en cause les modèles liés à la consommation de l'information sur des plates-formes officielles ou non, rendant les notions de légalité et d’illégalité de plus en plus ténues.
 
La mobilité à quant à elle introduit la notion d'ubiquité et a aboli les notions d'espaces et de temps. L'information étant consultable dans les lieux publics et privés, accessible à tout moment du jour et de la nuit, sur des supports plus ou moins confortables aux plus improbables.
 
Ces nouveaux modes de consommation, ont eu un autre impact, plus difficile à mesurer, comme le morcellement de l'attention et de la fragmentation des activités, lecture, écriture... Affectant peu à peu les capacités d'analyse et de synthèse des étudiants et usagers. 
 
Choisir ou faire plaisir, filtrer ce qui fait valeur est un acte de plus en plus difficile
Analyser, synthétiser, sont des exercices auxquels de nombreuses générations d'élèves et d''étudiants ont été confrontés et façonnés. La rupture technologique et sociétale qu'apporte le numérique par la pluralité des sources et la quantité importante d'informations rendent plus difficile son apprentissage. Apprentissage d'autant plus difficile que le partage d'informations, les commentaires des tiers, perturbent, parasitent la hiérarchie de l'information tant dans l'organisation de la pensée que dans la rédaction finale. 
 
La méconnaissance de la hiérarchie des sources, les lois, la doctrine, les textes...   Et plus généralement l'autorité du « livre » n'est plus automatique, des critères comme l'antériorité, l'autorité d'un auteur, ne sont plus des critères automatiques conférant une autorité particulière. Ce qui fait sens, ce qui fait valeur auprès des usagers, est d'une autre nature, relevant de l'humain et de « l'affectif », d'une personne faisant référence dans l'entourage de l'élève, de l'étudiant ou des jeunes actifs.  
 
Ainsi dans le domaine de la recherche, de nouvelles pratiques émergente avec des outils comme Mendeley ou Zotero permettent de partager dans une communauté des articles scientifiques et d'optimiser ainsi le travail collaboratif d'une équipe.
 
En conclusion : où sont les frontières ? 
Premièrement, les frontières ne sont plus étanches entre l'industrie du contenu et l'industrie de la communication. Entre le monde amateur et professionnels. Entre le producteur et le consommateur d'information.
 
Enfin, la convergence des supports d'informations, tablettes, ordinateurs, téléphones mobiles, netbook ajoutés aux nouveaux comportements (BYOD) brouillent encore un peu plus les frontières.
 
 

Biographies


  • Joachim Schöpfel est maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université de Lille 3, directeur de l’Atelier National de Reproduction des Thèses et membre du laboratoire GERiiCO. Il s’intéresse à la communication scientifique, en particulier au libre accès et à la littérature grise, et à l’évolution des fonctions et métiers de l’information scientifique et technique. Membre de l’International Advisory Board du projet COUNTER, il a publié plusieurs articles, communications etc. sur les statistiques d’utilisation des ressources en ligne et sur l’usage des revues, de la littérature grise et des archives ouvertes. 

    Université Charles de Gaulle Lille 3 - ANRT – GERiiCO - BP 60149 - 59653 Villeneuve d’Ascq Cedex - joachim.schopfel@univ-lille3.fr
  • Chérifa Boukacem-Zeghmouri, après une thèse dédiée à l’analyse de l’impact des ressources électroniques sur la circulation des documents papiers (Lyon 2, 2004), Chérifa Boukacem-Zeghmouri a  été, entre 2006 et 2010, porteur du projet « ANR Jeunes Chercheurs » EPEF sur l’usage des ressources électroniques en milieu universitaire français (Lille 3 – Geriico). Ses travaux de recherche posent la question de l’analyse de l'évolution des modalités de production, de diffusion et d’appropriation de l’information scientifique dans l’univers numérique. Elle compte de nombreuses publications nationales et internationales sur le sujet. 

    Chérifa Boukacem est maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université Lyon 1 et chercheur au laboratoire ELICO. Depuis octobre 2011, elle est co-responsable de l’URFIST de Lyon. Chérifa BOUKACEM-ZEGHMOURI – cherifa.boukacem@univ-lyon1.fr
  • Raymond Descout, après de nombreuses années passées en France et au Canada, comme responsable d’équipes de recherche appliquée, de développement de bases de données multimédias et de consultation stratégique dans les technologies numériques de la connaissance, Monsieur Descout est directeur général de CEDROM-SNi à Paris.
 





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