<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <channel>
  <title>www.veillemag.com</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></description>
  <link>https://www.veillemag.com/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-07-09T12:48:12+02:00</dc:date>
  <atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/xml/atom.xml" type="text/xml" />
  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.veillemag.com,2026:rss-97285959</guid>
   <title>Une chaire pour anticiper les chocs du monde naturel. Chaire « Modélisation des risques économiques et financiers liés à la nature »</title>
   <pubDate>Thu, 09 Jul 2026 11:01:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Intelligence des risques]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La Banque de France et six institutions académiques lancent une chaire inédite consacrée aux risques économiques liés à la dégradation du vivant. Une manière d’armer les décideurs face à un angle mort persistant : l’impact macroéconomique de l’effondrement écologique.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97285959-67771354.jpg?v=1783589163" alt="Une chaire pour anticiper les chocs du monde naturel. Chaire « Modélisation des risques économiques et financiers liés à la nature »" title="Une chaire pour anticiper les chocs du monde naturel. Chaire « Modélisation des risques économiques et financiers liés à la nature »" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: center;"><a class="link" href="https://lnkd.in/e__qddjS" target="_blank">Source</a>  <br />   <br />  Rapport à télécharger à la fin de l'article</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un tournant discret mais stratégique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La création de la <a class="link" href="https://www.banque-france.fr/fr/communiques-de-presse/lancement-de-la-chaire-modelisation-des-risques-economiques-et-financiers-lies-la-nature" target="_blank">Chaire <strong>« Modélisation des risques économiques et financiers liés à la nature »</strong></a>, hébergée par la Fondation du Risque, marque une rupture dans la manière dont les institutions françaises envisagent l’avenir. <br />   <br />  En réunissant la Banque de France, l’École Polytechnique, l’ENSAE Paris, le CIRED, la Paris School of Economics et la Fondation pour la recherche sur la biodiversité, l’initiative assume une ambition rare : produire des modèles capables d’intégrer la dégradation du vivant dans les équations économiques. <br />   <br />  Dans un paysage où les courbes financières ignorent encore les effondrements d’écosystèmes, cette chaire veut combler un vide méthodologique qui handicape autant les États que les entreprises.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quand la nature devient une variable macroéconomique</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97285959-67771398.jpg?v=1783591112" alt="Une chaire pour anticiper les chocs du monde naturel. Chaire « Modélisation des risques économiques et financiers liés à la nature »" title="Une chaire pour anticiper les chocs du monde naturel. Chaire « Modélisation des risques économiques et financiers liés à la nature »" />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L’objectif est clair : fournir aux décideurs publics et privés des outils pour anticiper les chocs liés à l’érosion de la biodiversité, aux ruptures de chaînes de valeur ou aux tensions géopolitiques induites par la raréfaction des ressources. <br />   <br />  À moyen terme, les travaux de la chaire doivent nourrir les réflexions internationales du <a class="link" href="https://www.ngfs.net/en" target="_blank"><strong><span data-url="ca://s?q=Parler_du_NGFS" role="button" tabindex="0">NGFS</span></strong></a>, de <strong><span data-url="ca://s?q=Parler_de_l_IPBES" role="button" tabindex="0">l<a class="link" href="https://www.ipbes.net/" target="_blank">’IPBES</a>  </span></strong> ou du <a class="link" href="https://www.notre-environnement.gouv.fr/donnees-et-ressources/ressources/liens-utiles/article/site-internet-officiel-du-giec" target="_blank"><strong><span data-url="ca://s?q=Parler_du_GIEC" role="button" tabindex="0">GIEC</span></strong></a>, où la question du vivant peine encore à trouver sa place dans les scénarios climatiques. L’enjeu dépasse la recherche :<strong> il s’agit de rendre intelligible un risque systémique longtemps relégué au second plan, celui de l’effondrement silencieux des conditions naturelles qui soutiennent l’économie.</strong></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Biodiversité : le risque systémique que la finance ne peut plus ignorer  </b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">En dotant la France d’une capacité de modélisation souveraine, la chaire entend structurer un langage commun entre économistes, climatologues, écologues et régulateurs. <br />   <br />  Une manière de sortir des approches fragmentées et de préparer les institutions à des crises qui ne ressemblent plus à celles d’hier. La Banque de France, en première ligne sur les risques climatiques, franchit ici une étape supplémentaire : <strong>reconnaître que la biodiversité n’est pas un supplément d’âme, mais un actif stratégique dont la disparition pourrait reconfigurer les équilibres économiques mondiaux.</strong></span></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Télécharger le communiqué de presse</b></div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>À propos de la Banque de France</b></div>
     <div>
      <blockquote>Institution indépendante, la Banque de France a trois grandes missions : la stratégie monétaire, la stabilité financière, les services à l’économie et à la société. Elle contribue à définir la politique monétaire de la zone euro et la met en œuvre en France ; elle contrôle banques et assurances et veille à la maîtrise des risques ; elle propose de nombreux services aux entreprises et aux particuliers. <br />  Visitez notre site Internet www.banque-france.fr</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <br />  #<span data-url="ca://s?q=Parler_de_Biodiversity_Loss" role="button" tabindex="0">Biodiversity_Loss</span>, #<span data-url="ca://s?q=Parler_d_Ecosystem_Collapse" role="button" tabindex="0">Ecosystem_Collapse</span>, #<span data-url="ca://s?q=Parler_de_Nature_Risk" role="button" tabindex="0">Nature_Risk</span>, #<span data-url="ca://s?q=Parler_de_Species_Extinction" role="button" tabindex="0">Species_Extinction</span>, #<span data-url="ca://s?q=Parler_de_Habitat_Degradation" role="button" tabindex="0">Habitat_Degradation</span>, #<span data-url="ca://s?q=Parler_des_Ecosystem_Services" role="button" tabindex="0">Ecosystem_Services</span>, #<span data-url="ca://s?q=Parler_du_Natural_Capital" role="button" tabindex="0">Natural_Capital</span>, #<span data-url="ca://s?q=Parler_des_Biodiversity_Hotspots" role="button" tabindex="0">Biodiversity_Hotspots</span>, #<span data-url="ca://s?q=Parler_de_Conservation_Policy" role="button" tabindex="0">Conservation_Policy</span>, #<span data-url="ca://s?q=Parler_du_Global_Biodiversity_Framework" role="button" tabindex="0">Global_Biodiversity_Framework</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/97285959-67771354.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.veillemag.com/Une-chaire-pour-anticiper-les-chocs-du-monde-naturel-Chaire-Modelisation-des-risques-economiques-et-financiers-lies-a-la_a7873.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.veillemag.com,2026:rss-97275417</guid>
   <title>Syrie : Macron à Damas, ou le retour français au milieu des décombres</title>
   <pubDate>Wed, 08 Jul 2026 14:40:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La visite d’Emmanuel Macron à Damas intervient dans une phase où la Syrie cherche à structurer son retour sur la scène internationale. Les explosions survenues dans la capitale n’ont pas interrompu l’agenda diplomatique, mais elles rappellent que la normalisation politique et économique reste un processus inachevé, dépendant d’une stabilité encore en construction.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97275417-67764851.jpg?v=1783516072" alt="Syrie : Macron à Damas, ou le retour français au milieu des décombres" title="Syrie : Macron à Damas, ou le retour français au milieu des décombres" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Deux bombes et une vérité politique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Il suffit parfois de deux explosions pour dire ce que les communiqués officiels s'efforcent de dissimuler. La visite d'Emmanuel Macron à Damas devait être celle du retour diplomatique, de la reconnaissance politique, de la réouverture économique. Elle est devenue, en quelques secondes, la démonstration brutale d'une évidence : la Syrie post-Assad existe, mais elle n'est pas encore un État pleinement pacifié.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le 7 juillet 2026, deux engins explosifs improvisés ont frappé le centre de Damas, près de l'hôtel Four Seasons, où le président français avait passé la nuit. Les autorités syriennes ont fait état d'au moins dix-huit blessés, dont quatre policiers. Macron se trouvait alors au palais présidentiel pour rencontrer <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ahmed_al-Charaa" target="_blank">Ahmad al-Charaa</a>, le nouveau président syrien. Sa visite n'a pas été interrompue. Mais le message politique, lui, a été reçu.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Car l'objectif d'une telle opération n'était pas seulement de faire des victimes. Il était de frapper l'image. L'image d'une capitale sécurisée. L'image d'un nouveau pouvoir capable de garantir l'ordre. L'image d'une Syrie suffisamment stable pour accueillir de nouveau les chefs d'État occidentaux, les délégations économiques, les sociétés de transport, les énergéticiens, les banques, les investisseurs.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La France revient par la grande porte</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto"><strong>Macron n'est pas venu à Damas pour une simple visite de courtoisie. Il est le premier grand dirigeant occidental à se rendre en Syrie depuis la chute de Bachar al-Assad, renversé en décembre 2024 selon les sources citées par la presse britannique.</strong> Sa rencontre avec Ahmad al-Charaa constitue donc une forme de reconnaissance politique majeure. La France avait rompu ses relations diplomatiques avec Damas en 2012, au moment de la répression du soulèvement syrien. Désormais, Paris et Damas annoncent la désignation d'ambassadeurs, signe d'un rétablissement progressif des relations bilatérales.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">C'est ici que se trouve le premier enjeu : la France tente de redevenir un acteur syrien. Pendant plus d'une décennie, la crise a été dominée par la Russie, l'Iran, la Turquie, les États-Unis, Israël, les monarchies du Golfe et les groupes armés locaux. L'Europe, elle, a surtout été spectatrice, donneuse de leçons, gestionnaire de sanctions et réceptacle des conséquences migratoires. Emmanueel Macron cherche à sortir de cette marginalité.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Mais ce retour se fait dans un paysage profondément bouleversé. La Syrie n'est plus celle d'Assad, mais elle n'est pas non plus devenue un pays normal. Ahmad al-Charaa, ancien chef rebelle issu d'un milieu islamiste radical, s'efforce de se présenter comme un dirigeant d'État, fréquentable, centralisateur, capable de parler à la fois aux Occidentaux, aux pays arabes, aux Turcs et aux acteurs locaux. Ses ministres cherchent à se détacher de leur passé combattant. La visite française participe précisément à cette opération de légitimation.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'économie derrière la diplomatie</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La politique étrangère n'avance jamais seule. Dans les bagages de Macron se trouvait aussi une délégation économique. La présence de dirigeants de grandes entreprises françaises, notamment dans le transport maritime et l'énergie, indique que Paris ne regarde pas seulement la Syrie comme un dossier humanitaire ou diplomatique, mais comme un futur marché de reconstruction. Des accords ont été évoqués dans les domaines de l'eau, de l'électricité, de l'assistance technique à la banque centrale syrienne et du renforcement des capacités de l'aéroport de Damas.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Ce point est essentiel. La Syrie est détruite, mais cette destruction représente aussi, pour les puissances extérieures, un espace économique immense. Routes, ports, aéroports, réseaux électriques, infrastructures hydrauliques, télécommunications, logements, hôpitaux, écoles : tout est à reconstruire. Celui qui entre tôt dans ce marché peut se placer durablement dans les circuits de décision du nouveau pouvoir.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La France joue donc une carte géoéconomique. Elle ne dispose plus, au Moyen-Orient, de la puissance militaire ou financière des États-Unis, de la Russie, de la Turquie ou des monarchies du Golfe. Mais elle conserve des entreprises, des réseaux diplomatiques, une capacité d'ingénierie, une tradition d'influence culturelle, et surtout une volonté de ne pas laisser tout l'espace syrien aux autres. La diplomatie macronienne cherche ici à convertir une reconnaissance politique en positions économiques.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La question des avoirs illicites liés à l'ancien régime s'inscrit dans cette logique. L'accord portant sur le retour d'environ 43,6 millions de livres sterling d'avoirs liés à Rifaat al-Assad, oncle de Bachar al-Assad, a une valeur financière, mais aussi symbolique : il s'agit de dire que la page Assad se tourne, que l'argent du vieux système peut être récupéré, et que la France accompagne la nouvelle Syrie dans ce récit de rupture.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une capitale encore vulnérable</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le problème, c'est que les bombes de Damas racontent une autre histoire. Les engins auraient été placés dans une voiture stationnée et dans une poubelle. Selon les autorités syriennes, ils ont explosé alors que les forces de sécurité préparaient leur neutralisation. Une source citée par Euronews indique que les explosions se sont produites près du Four Seasons, dans une zone très sensible de la capitale.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Or ce lieu n'est pas anodin. Le Four Seasons accueille des diplomates, du personnel étranger, des représentants internationaux. C'est l'un des endroits les plus surveillés de Damas. Frapper à proximité revient à démontrer que même les périmètres censés être protégés peuvent être atteints. C'est une attaque contre la sécurité, mais aussi contre la crédibilité du nouveau régime.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La Syrie a déjà connu, quelques jours avant cette attaque, une autre explosion meurtrière dans un café proche du palais de justice de Damas. Dix personnes avaient été tuées et plus de vingt blessées, selon les informations rapportées par la presse européenne. Cette répétition change la nature du problème. On n'est plus seulement devant un incident isolé, mais devant le signe d'une menace persistante au cœur même de la capitale.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Les auteurs n'ont pas été immédiatement identifiés. Plusieurs hypothèses existent : résidus de l'organisation État islamique, réseaux liés à l'ancien régime, groupes armés refusant l'ordre nouveau, factions cherchant à saboter la normalisation internationale. L'important, à ce stade, n'est pas seulement de savoir qui a posé les bombes, mais de comprendre pourquoi ce moment a été choisi. Frapper pendant la visite de Macron, c'est frapper la normalisation.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le message des ennemis de la normalisation</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Toute transition politique produit ses vainqueurs et ses perdants. En Syrie, les perdants sont nombreux. Il y a les anciens appareils liés à Assad. Il y a les groupes extrémistes qui ne veulent pas d'un État syrien centralisé capable de négocier avec Paris, Washington ou les capitales arabes. Il y a les trafiquants, milices locales, réseaux criminels et chefs de guerre qui prospèrent dans le désordre. Il y a aussi des puissances régionales qui peuvent voir d'un mauvais œil une Syrie trop rapidement réintégrée dans un jeu diplomatique occidental.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>L'attentat de Damas n'est donc pas seulement un acte de violence. C'est un acte de communication stratégique. Il dit : la Syrie nouvelle n'est pas maîtresse de son territoire. Il dit : aucun dirigeant étranger ne peut venir ici sans risque. Il dit : l'ouverture économique peut être sabotée. Il dit : la reconnaissance internationale d'Ahmad al-Charaa ne suffira pas à produire la stabilité.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">C'est une leçon classique de toutes les sorties de guerre. La chute d'un régime ne signifie pas la reconstruction d'un État. Renverser un pouvoir est parfois plus simple que restaurer une administration, une police, une justice, une armée nationale et une économie viable. La Syrie doit maintenant passer du pouvoir conquis au pouvoir administré. C'est là que commence la difficulté.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La dimension militaire : contrôler la capitale, pacifier les marges</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Sur le plan militaire, la nouvelle autorité syrienne doit affronter un défi à plusieurs niveaux. Le premier est urbain : sécuriser Damas, ses axes, ses bâtiments publics, ses hôtels diplomatiques, ses ministères, ses lieux de culte, ses marchés. Le deuxième est territorial : imposer une chaîne de commandement sur des régions où les allégeances restent fragmentées. Le troisième est clandestin : démanteler les cellules dormantes, les réseaux d'anciens services, les circuits d'explosifs et les groupes capables de mener des opérations ponctuelles.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Une armée peut gagner une bataille. Un État doit gagner la continuité. C'est beaucoup plus difficile. Les attaques à l'explosif montrent qu'un groupe relativement limité peut créer un effet politique considérable avec des moyens modestes. Il n'a pas besoin de contrôler un quartier. Il lui suffit d'apparaître au bon endroit, au bon moment, pour ruiner l'image de stabilité que le pouvoir tente de construire.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La sécurité devient donc le premier test d'Ahmad al-Charaa. Non pas la sécurité comme simple répression, mais comme capacité à produire un ordre reconnu. Trop de brutalité rouvrirait les fractures. Trop de faiblesse encouragerait les adversaires. Entre les deux se joue la survie politique du nouveau régime.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le jeu géopolitique : Paris, Ankara, Washington, Moscou</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La visite de Macron intervient dans un moment régional extrêmement mouvant. La Turquie veut peser sur le nord syrien et sur l'avenir des forces kurdes. Les États-Unis cherchent à réduire certaines charges tout en maintenant une influence sécuritaire. La Russie, affaiblie dans une partie de son dispositif, ne veut pas perdre totalement son ancien espace syrien. L'Iran doit recomposer ses réseaux après la perte d'un allié stratégique central. Israël observe toute recomposition syrienne à travers le prisme de sa sécurité.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Dans ce cadre, la France ne peut pas prétendre contrôler le jeu. Elle peut, en revanche, s'y réinsérer. En soutenant la nouvelle Syrie, Paris tente de se placer comme interlocuteur européen privilégié, capable de parler à Damas sans passer uniquement par Washington. C'est une ambition ancienne de la diplomatie française : exister entre les blocs, même lorsque les moyens ne correspondent plus toujours au discours.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La Syrie, de son côté, a besoin de cette ouverture. Pour Ahmad al-Charaa, recevoir Macron, c'est montrer que son pouvoir n'est pas condamné à l'isolement. C'est dire aux Syriens que la reconstruction peut commencer. C'est dire aux investisseurs que le pays redevient accessible. C'est dire aux puissances régionales que Damas n'est plus seulement un champ de bataille, mais redevient une capitale diplomatique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une normalisation sous surveillance</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Les explosions de Damas n'annulent pas la visite de Macron. Elles en révèlent la fragilité. Elles montrent que la normalisation de la Syrie ne sera ni rapide, ni linéaire, ni consensuelle. Elle se fera sous la pression des bombes, des rivalités régionales, des sanctions à lever ou à contourner, des infrastructures détruites, de la pauvreté massive et des mémoires de guerre.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le Guardian rappelle qu'environ 90 % de la population syrienne vit dans la pauvreté et que les services essentiels, y compris l'électricité, restent irréguliers dans certaines zones du pays. Voilà le cœur du problème : on ne stabilise pas durablement un pays uniquement par des visites présidentielles. Il faut du pain, du courant, de l'eau, des salaires, des routes, des écoles, une monnaie, une police non prédatrice et une perspective politique crédible.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Macron est venu dire que la France pouvait aider la Syrie à revenir dans le monde. Les bombes ont répondu que le monde ne revient jamais gratuitement dans un pays brisé. Entre ces deux messages se trouve toute la réalité syrienne : un État à reconstruire, un pouvoir à légitimer, une économie à ranimer, une sécurité à inventer, et une bataille d'influence où chaque puissance étrangère avance ses pions.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La visite française restera donc comme un symbole ambigu. Symbole d'ouverture, mais aussi de vulnérabilité. Symbole de retour diplomatique, mais aussi de guerre souterraine. Symbole d'espoir pour une Syrie qui veut sortir de quinze années de désastre, mais aussi rappel que les ruines politiques sont parfois plus difficiles à déblayer que les ruines de béton.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/middle-east/explosions-heard-damascus-reasons-unknown-witness-says-2026-07-07/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/middle-east/explosions-heard-damascus-reasons-unknown-witness-says-2026-07-07/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.theguardian.com/world/2026/jul/07/explosions-rock-damascus-near-hotel-where-french-president-was-staying" target="_blank">https://www.theguardian.com/world/2026/jul/07/explosions-rock-damascus-near-hotel-where-french-president-was-staying</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.euronews.com/2026/07/07/explosions-heard-in-damascus-during-visit-by-frances-president-emmanuel-macron" target="_blank">https://www.euronews.com/2026/07/07/explosions-heard-in-damascus-during-visit-by-frances-president-emmanuel-macron</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.aljazeera.com/news/2026/7/7/explosions-in-damascus-during-macron-visit-what-we-know" target="_blank">https://www.aljazeera.com/news/2026/7/7/explosions-in-damascus-during-macron-visit-what-we-know</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.wsj.com/world/middle-east/bombs-explode-in-damascus-during-french-presidents-visit-ff9cc27c" target="_blank">https://www.wsj.com/world/middle-east/bombs-explode-in-damascus-during-french-presidents-visit-ff9cc27c</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/africa/french-shipping-group-cma-cgm-signs-deal-with-syria-2026-07-07/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/africa/french-shipping-group-cma-cgm-signs-deal-with-syria-2026-07-07/</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de l'auteur</b></div>
     <div>
      <div><a rel="https://www.veillemag.com/photo/art/grande/88954236-62959841.jpg?v=1748523774&amp;ibox" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question."><img alt="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/88954236-62959841.jpg?v=1748523774" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." /></a></div>    <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <blockquote>Giuseppe Gagliano&nbsp;a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <br />  #Syria_politics, #Damascus_security, #Macron_visit, #PostAssad_transition, #French_diplomacy, #MiddleEast_geopolitics, #Syria_reconstruction, #Regional_influence, #Damas_bombings, #Ahmad_alCharaa
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/97275417-67764851.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.veillemag.com/Syrie-Macron-a-Damas-ou-le-retour-francais-au-milieu-des-decombres_a7870.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.veillemag.com,2026:rss-97275931</guid>
   <title>Syrie : Macron à Damas, ou le retour français au milieu des décombres</title>
   <pubDate>Wed, 08 Jul 2026 14:40:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La visite d’Emmanuel Macron à Damas intervient dans une phase où la Syrie cherche à structurer son retour sur la scène internationale. Les explosions survenues dans la capitale n’ont pas interrompu l’agenda diplomatique, mais elles rappellent que la normalisation politique et économique reste un processus inachevé, dépendant d’une stabilité encore en construction.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97275931-67765348.jpg?v=1783516072" alt="Syrie : Macron à Damas, ou le retour français au milieu des décombres" title="Syrie : Macron à Damas, ou le retour français au milieu des décombres" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Deux bombes et une vérité politique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Il suffit parfois de deux explosions pour dire ce que les communiqués officiels s'efforcent de dissimuler. La visite d'Emmanuel Macron à Damas devait être celle du retour diplomatique, de la reconnaissance politique, de la réouverture économique. Elle est devenue, en quelques secondes, la démonstration brutale d'une évidence : la Syrie post-Assad existe, mais elle n'est pas encore un État pleinement pacifié.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le 7 juillet 2026, deux engins explosifs improvisés ont frappé le centre de Damas, près de l'hôtel Four Seasons, où le président français avait passé la nuit. Les autorités syriennes ont fait état d'au moins dix-huit blessés, dont quatre policiers. Macron se trouvait alors au palais présidentiel pour rencontrer <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ahmed_al-Charaa" target="_blank">Ahmad al-Charaa</a>, le nouveau président syrien. Sa visite n'a pas été interrompue. Mais le message politique, lui, a été reçu.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Car l'objectif d'une telle opération n'était pas seulement de faire des victimes. Il était de frapper l'image. L'image d'une capitale sécurisée. L'image d'un nouveau pouvoir capable de garantir l'ordre. L'image d'une Syrie suffisamment stable pour accueillir de nouveau les chefs d'État occidentaux, les délégations économiques, les sociétés de transport, les énergéticiens, les banques, les investisseurs.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La France revient par la grande porte</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto"><strong>Macron n'est pas venu à Damas pour une simple visite de courtoisie. Il est le premier grand dirigeant occidental à se rendre en Syrie depuis la chute de Bachar al-Assad, renversé en décembre 2024 selon les sources citées par la presse britannique.</strong> Sa rencontre avec Ahmad al-Charaa constitue donc une forme de reconnaissance politique majeure. La France avait rompu ses relations diplomatiques avec Damas en 2012, au moment de la répression du soulèvement syrien. Désormais, Paris et Damas annoncent la désignation d'ambassadeurs, signe d'un rétablissement progressif des relations bilatérales.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">C'est ici que se trouve le premier enjeu : la France tente de redevenir un acteur syrien. Pendant plus d'une décennie, la crise a été dominée par la Russie, l'Iran, la Turquie, les États-Unis, Israël, les monarchies du Golfe et les groupes armés locaux. L'Europe, elle, a surtout été spectatrice, donneuse de leçons, gestionnaire de sanctions et réceptacle des conséquences migratoires. Emmanueel Macron cherche à sortir de cette marginalité.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Mais ce retour se fait dans un paysage profondément bouleversé. La Syrie n'est plus celle d'Assad, mais elle n'est pas non plus devenue un pays normal. Ahmad al-Charaa, ancien chef rebelle issu d'un milieu islamiste radical, s'efforce de se présenter comme un dirigeant d'État, fréquentable, centralisateur, capable de parler à la fois aux Occidentaux, aux pays arabes, aux Turcs et aux acteurs locaux. Ses ministres cherchent à se détacher de leur passé combattant. La visite française participe précisément à cette opération de légitimation.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'économie derrière la diplomatie</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La politique étrangère n'avance jamais seule. Dans les bagages de Macron se trouvait aussi une délégation économique. La présence de dirigeants de grandes entreprises françaises, notamment dans le transport maritime et l'énergie, indique que Paris ne regarde pas seulement la Syrie comme un dossier humanitaire ou diplomatique, mais comme un futur marché de reconstruction. Des accords ont été évoqués dans les domaines de l'eau, de l'électricité, de l'assistance technique à la banque centrale syrienne et du renforcement des capacités de l'aéroport de Damas.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Ce point est essentiel. La Syrie est détruite, mais cette destruction représente aussi, pour les puissances extérieures, un espace économique immense. Routes, ports, aéroports, réseaux électriques, infrastructures hydrauliques, télécommunications, logements, hôpitaux, écoles : tout est à reconstruire. Celui qui entre tôt dans ce marché peut se placer durablement dans les circuits de décision du nouveau pouvoir.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La France joue donc une carte géoéconomique. Elle ne dispose plus, au Moyen-Orient, de la puissance militaire ou financière des États-Unis, de la Russie, de la Turquie ou des monarchies du Golfe. Mais elle conserve des entreprises, des réseaux diplomatiques, une capacité d'ingénierie, une tradition d'influence culturelle, et surtout une volonté de ne pas laisser tout l'espace syrien aux autres. La diplomatie macronienne cherche ici à convertir une reconnaissance politique en positions économiques.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La question des avoirs illicites liés à l'ancien régime s'inscrit dans cette logique. L'accord portant sur le retour d'environ 43,6 millions de livres sterling d'avoirs liés à Rifaat al-Assad, oncle de Bachar al-Assad, a une valeur financière, mais aussi symbolique : il s'agit de dire que la page Assad se tourne, que l'argent du vieux système peut être récupéré, et que la France accompagne la nouvelle Syrie dans ce récit de rupture.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une capitale encore vulnérable</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le problème, c'est que les bombes de Damas racontent une autre histoire. Les engins auraient été placés dans une voiture stationnée et dans une poubelle. Selon les autorités syriennes, ils ont explosé alors que les forces de sécurité préparaient leur neutralisation. Une source citée par Euronews indique que les explosions se sont produites près du Four Seasons, dans une zone très sensible de la capitale.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Or ce lieu n'est pas anodin. Le Four Seasons accueille des diplomates, du personnel étranger, des représentants internationaux. C'est l'un des endroits les plus surveillés de Damas. Frapper à proximité revient à démontrer que même les périmètres censés être protégés peuvent être atteints. C'est une attaque contre la sécurité, mais aussi contre la crédibilité du nouveau régime.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La Syrie a déjà connu, quelques jours avant cette attaque, une autre explosion meurtrière dans un café proche du palais de justice de Damas. Dix personnes avaient été tuées et plus de vingt blessées, selon les informations rapportées par la presse européenne. Cette répétition change la nature du problème. On n'est plus seulement devant un incident isolé, mais devant le signe d'une menace persistante au cœur même de la capitale.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Les auteurs n'ont pas été immédiatement identifiés. Plusieurs hypothèses existent : résidus de l'organisation État islamique, réseaux liés à l'ancien régime, groupes armés refusant l'ordre nouveau, factions cherchant à saboter la normalisation internationale. L'important, à ce stade, n'est pas seulement de savoir qui a posé les bombes, mais de comprendre pourquoi ce moment a été choisi. Frapper pendant la visite de Macron, c'est frapper la normalisation.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le message des ennemis de la normalisation</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Toute transition politique produit ses vainqueurs et ses perdants. En Syrie, les perdants sont nombreux. Il y a les anciens appareils liés à Assad. Il y a les groupes extrémistes qui ne veulent pas d'un État syrien centralisé capable de négocier avec Paris, Washington ou les capitales arabes. Il y a les trafiquants, milices locales, réseaux criminels et chefs de guerre qui prospèrent dans le désordre. Il y a aussi des puissances régionales qui peuvent voir d'un mauvais œil une Syrie trop rapidement réintégrée dans un jeu diplomatique occidental.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>L'attentat de Damas n'est donc pas seulement un acte de violence. C'est un acte de communication stratégique. Il dit : la Syrie nouvelle n'est pas maîtresse de son territoire. Il dit : aucun dirigeant étranger ne peut venir ici sans risque. Il dit : l'ouverture économique peut être sabotée. Il dit : la reconnaissance internationale d'Ahmad al-Charaa ne suffira pas à produire la stabilité.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">C'est une leçon classique de toutes les sorties de guerre. La chute d'un régime ne signifie pas la reconstruction d'un État. Renverser un pouvoir est parfois plus simple que restaurer une administration, une police, une justice, une armée nationale et une économie viable. La Syrie doit maintenant passer du pouvoir conquis au pouvoir administré. C'est là que commence la difficulté.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La dimension militaire : contrôler la capitale, pacifier les marges</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Sur le plan militaire, la nouvelle autorité syrienne doit affronter un défi à plusieurs niveaux. Le premier est urbain : sécuriser Damas, ses axes, ses bâtiments publics, ses hôtels diplomatiques, ses ministères, ses lieux de culte, ses marchés. Le deuxième est territorial : imposer une chaîne de commandement sur des régions où les allégeances restent fragmentées. Le troisième est clandestin : démanteler les cellules dormantes, les réseaux d'anciens services, les circuits d'explosifs et les groupes capables de mener des opérations ponctuelles.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Une armée peut gagner une bataille. Un État doit gagner la continuité. C'est beaucoup plus difficile. Les attaques à l'explosif montrent qu'un groupe relativement limité peut créer un effet politique considérable avec des moyens modestes. Il n'a pas besoin de contrôler un quartier. Il lui suffit d'apparaître au bon endroit, au bon moment, pour ruiner l'image de stabilité que le pouvoir tente de construire.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La sécurité devient donc le premier test d'Ahmad al-Charaa. Non pas la sécurité comme simple répression, mais comme capacité à produire un ordre reconnu. Trop de brutalité rouvrirait les fractures. Trop de faiblesse encouragerait les adversaires. Entre les deux se joue la survie politique du nouveau régime.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le jeu géopolitique : Paris, Ankara, Washington, Moscou</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La visite de Macron intervient dans un moment régional extrêmement mouvant. La Turquie veut peser sur le nord syrien et sur l'avenir des forces kurdes. Les États-Unis cherchent à réduire certaines charges tout en maintenant une influence sécuritaire. La Russie, affaiblie dans une partie de son dispositif, ne veut pas perdre totalement son ancien espace syrien. L'Iran doit recomposer ses réseaux après la perte d'un allié stratégique central. Israël observe toute recomposition syrienne à travers le prisme de sa sécurité.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Dans ce cadre, la France ne peut pas prétendre contrôler le jeu. Elle peut, en revanche, s'y réinsérer. En soutenant la nouvelle Syrie, Paris tente de se placer comme interlocuteur européen privilégié, capable de parler à Damas sans passer uniquement par Washington. C'est une ambition ancienne de la diplomatie française : exister entre les blocs, même lorsque les moyens ne correspondent plus toujours au discours.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La Syrie, de son côté, a besoin de cette ouverture. Pour Ahmad al-Charaa, recevoir Macron, c'est montrer que son pouvoir n'est pas condamné à l'isolement. C'est dire aux Syriens que la reconstruction peut commencer. C'est dire aux investisseurs que le pays redevient accessible. C'est dire aux puissances régionales que Damas n'est plus seulement un champ de bataille, mais redevient une capitale diplomatique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une normalisation sous surveillance</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Les explosions de Damas n'annulent pas la visite de Macron. Elles en révèlent la fragilité. Elles montrent que la normalisation de la Syrie ne sera ni rapide, ni linéaire, ni consensuelle. Elle se fera sous la pression des bombes, des rivalités régionales, des sanctions à lever ou à contourner, des infrastructures détruites, de la pauvreté massive et des mémoires de guerre.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le Guardian rappelle qu'environ 90 % de la population syrienne vit dans la pauvreté et que les services essentiels, y compris l'électricité, restent irréguliers dans certaines zones du pays. Voilà le cœur du problème : on ne stabilise pas durablement un pays uniquement par des visites présidentielles. Il faut du pain, du courant, de l'eau, des salaires, des routes, des écoles, une monnaie, une police non prédatrice et une perspective politique crédible.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Macron est venu dire que la France pouvait aider la Syrie à revenir dans le monde. Les bombes ont répondu que le monde ne revient jamais gratuitement dans un pays brisé. Entre ces deux messages se trouve toute la réalité syrienne : un État à reconstruire, un pouvoir à légitimer, une économie à ranimer, une sécurité à inventer, et une bataille d'influence où chaque puissance étrangère avance ses pions.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La visite française restera donc comme un symbole ambigu. Symbole d'ouverture, mais aussi de vulnérabilité. Symbole de retour diplomatique, mais aussi de guerre souterraine. Symbole d'espoir pour une Syrie qui veut sortir de quinze années de désastre, mais aussi rappel que les ruines politiques sont parfois plus difficiles à déblayer que les ruines de béton.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/middle-east/explosions-heard-damascus-reasons-unknown-witness-says-2026-07-07/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/middle-east/explosions-heard-damascus-reasons-unknown-witness-says-2026-07-07/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.theguardian.com/world/2026/jul/07/explosions-rock-damascus-near-hotel-where-french-president-was-staying" target="_blank">https://www.theguardian.com/world/2026/jul/07/explosions-rock-damascus-near-hotel-where-french-president-was-staying</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.euronews.com/2026/07/07/explosions-heard-in-damascus-during-visit-by-frances-president-emmanuel-macron" target="_blank">https://www.euronews.com/2026/07/07/explosions-heard-in-damascus-during-visit-by-frances-president-emmanuel-macron</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.aljazeera.com/news/2026/7/7/explosions-in-damascus-during-macron-visit-what-we-know" target="_blank">https://www.aljazeera.com/news/2026/7/7/explosions-in-damascus-during-macron-visit-what-we-know</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.wsj.com/world/middle-east/bombs-explode-in-damascus-during-french-presidents-visit-ff9cc27c" target="_blank">https://www.wsj.com/world/middle-east/bombs-explode-in-damascus-during-french-presidents-visit-ff9cc27c</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/africa/french-shipping-group-cma-cgm-signs-deal-with-syria-2026-07-07/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/africa/french-shipping-group-cma-cgm-signs-deal-with-syria-2026-07-07/</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de l'auteur</b></div>
     <div>
      <div><a rel="https://www.veillemag.com/photo/art/grande/88954236-62959841.jpg?v=1748523774&amp;ibox" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question."><img alt="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/88954236-62959841.jpg?v=1748523774" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." /></a></div>    <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <blockquote>Giuseppe Gagliano&nbsp;a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <br />  #Syria_politics, #Damascus_security, #Macron_visit, #PostAssad_transition, #French_diplomacy, #MiddleEast_geopolitics, #Syria_reconstruction, #Regional_influence, #Damas_bombings, #Ahmad_alCharaa
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/97275931-67765348.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.veillemag.com/Syrie-Macron-a-Damas-ou-le-retour-francais-au-milieu-des-decombres_a7871.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.veillemag.com,2026:rss-97274691</guid>
   <title>Prévenir plutôt que guérir : l’art stratégique de l’anticipation en intelligence économique. Pr Jean-Marie Carrara</title>
   <pubDate>Wed, 08 Jul 2026 13:48:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Pr Jean-Marie Carrara</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Intelligence Décisionnelle]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans un monde économique marqué par l’incertitude, les disruptions technologiques et les tensions géopolitiques, la capacité à « prévenir » n’est plus une option philosophique mais un impératif concurrentiel. L’exploration des racines étymologiques, philosophiques et sociologiques de ces notions invite à transformer cette réflexion en levier concret : anticiper les risques sans étouffer l’innovation, gouverner par le risque tout en préservant la liberté d’action. Cet article décrypte les difficultés majeures et propose des actions opérationnelles pour intégrer la prévention au cœur de la stratégie d’intelligence économique.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97274691-67764449.jpg?v=1783513340" alt="Prévenir plutôt que guérir : l’art stratégique de l’anticipation en intelligence économique. Pr Jean-Marie Carrara" title="Prévenir plutôt que guérir : l’art stratégique de l’anticipation en intelligence économique. Pr Jean-Marie Carrara" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les racines linguistiques et performatives de la prévention</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le verbe « prévenir », issu de « venir » et du préfixe « pré- », signifie informer à l’avance, avertir ou empêcher un dommage. Comme le soulignent Austin et Searle, il s’agit d’un acte performatif qui modifie la réalité. Dans l’entreprise, prévenir consiste à transformer une simple alerte en décision qui oriente le marché. <br />   <br />  <strong>Difficulté</strong> : <br />  Beaucoup de dirigeants confondent alerte et action, générant des alertes multiples sans impact. <br />   <br />  <strong>Actions concrètes</strong> : <br />  Mettre en place un « Comité de Prévention Stratégique » trimestriel réunissant direction générale, intelligence économique et risk management. <br />   <br />  Utiliser des tableaux de bord avec indicateurs précoces (signaux faibles) issus de sources ouvertes, réseaux professionnels et outils d’IA. <br />   <br />  Former les équipes à distinguer information, avertissement et décision actionnable.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’équilibre fragile entre prudence et liberté</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Prévenir requiert un équilibre constant entre prudence et liberté. Hobbes y voit l’instauration d’un ordre social anticipé pour canaliser les rivalités. Transposé à l’entreprise, cela signifie structurer la gouvernance pour éviter les guerres internes ou concurrentielles destructrices. <br />   <br />  <strong>Difficulté</strong> : <br />  Une prévention excessive paralyse l’innovation et crée une culture du contrôle. <br />   <br />  <strong>Actions concrètes</strong> : <br />  Adopter le principe de « liberté encadrée » : définir des zones de liberté d’expérimentation (ex. : 10-15 % du temps ou du budget alloué à l’innovation exploratoire) tout en maintenant des garde-fous sur les risques majeurs (conformité, cybersécurité, réputation). <br />   <br />  Instaurer des revues post-mortem systématiques sur les échecs mineurs pour apprendre sans punir.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les biais cognitifs : le principal ennemi de l’anticipation</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Kahneman et Tversky rappellent que l’illusion de contrôle et la sous-estimation des probabilités rares faussent notre anticipation. Bandura insiste sur le sentiment d’auto-efficacité : on ne prévient que ce que l’on croit pouvoir influencer. Piaget souligne la nécessité de se projeter dans l’avenir. <br />   <br />  <strong>Difficulté</strong> : <br />  Les comités de direction surestiment leur capacité à anticiper et ignorent les signaux dissonants. <br />   <br />  <strong>Actions concrètes</strong> : <br />  Instaurer des « Red Teams » indépendantes chargées de contester les hypothèses stratégiques. <br />   <br />  Former les dirigeants aux biais cognitifs via des ateliers basés sur la psychologie comportementale. <br />   <br />  Utiliser des scénarios prospectifs quantifiés (avec probabilités bayésiennes) plutôt que des intuitions. <br />   <br />  Mettre en place un processus anonyme de remontée de signaux faibles.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Prévention et rapport de force : l’analogie clausewitzienne</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Chez Clausewitz et Schelling, prévenir c’est dissuader en rendant crédible le coût d’une agression. Dans le monde des affaires, cela s’applique à la concurrence, aux négociations fournisseurs ou aux cybermenaces. <br />   <br />  <strong>Difficulté</strong> : <br />  Beaucoup d’entreprises réagissent après l’attaque (perte de marché, fuite de données) plutôt que de dissuader. <br />   <br />  <strong>Actions concrètes</strong> : <br />  Développer une « posture de dissuasion stratégique » : cartographier les concurrents vulnérables, communiquer publiquement sur ses capacités de riposte (brevets, partenariats, réserves financières), et investir dans l’intelligence économique offensive (veille concurrentielle proactive). <br />  Signer des accords de non-agression ou de coopération sélective quand cela renforce la position.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Complexité systémique et risques émergents (Luhmann)</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Luhmann montre que chaque mesure préventive peut générer de nouveaux risques dans des systèmes complexes. Beck parle de « société du risque » où les dangers sont globaux et invisibles. <br />   <br />  <strong>Difficulté</strong> : <br />  Les entreprises peinent à anticiper les risques systémiques (chaînes d’approvisionnement, réglementations, climat, IA). <br />   <br />  <strong>Actions concrètes</strong> : <br />  Adopter une approche « systèmes dynamiques » : modéliser les interdépendances via des outils de cartographie des risques (type bow-tie ou matrices de vulnérabilité). <br />   <br />  Créer une cellule de veille prospective dédiée aux risques émergents (technologiques, géopolitiques, sociétaux). <br />   <br />  Diversifier systématiquement les fournisseurs et les marchés tout en maintenant une redondance critique.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La dimension éthique et philosophique : Jonas, Arendt, Kant</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Jonas plaide pour une responsabilité envers les générations futures, Arendt met en garde contre la prévention extrême qui étouffe la liberté et la créativité, Kant évoque le risque du paternalisme. <br />   <br />  <strong>Difficulté</strong> : <br />  Les politiques de prévention peuvent devenir contre-productives, démotiver les équipes ou porter atteinte à la réputation éthique. <br />   <br />  <strong>Actions concrètes</strong> : <br />  Intégrer une « éthique de la prévention » dans le code de gouvernance : évaluer tout projet préventif selon un triple critère (efficacité, liberté individuelle/collective, impact sur les parties prenantes). <br />   <br />  Nommer un Chief Ethics &amp; Foresight Officer ou confier cette mission au secrétaire général. <br />   <br />  Réaliser des audits réguliers d’impact sur la culture d’entreprise.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Prévention en sociologie et science politique : Foucault, Castel, Machiavel</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Foucault et Castel alertent sur les dispositifs de pouvoir et la gestion des « groupes à risque ». Machiavel invite à agir en amont, Tocqueville contre l’infantilisation. <br />   <br />  <strong>Difficulté</strong> : <br />  La prévention peut glisser vers un contrôle excessif des salariés ou une stigmatisation de certains profils. <br />   <br />  <strong>Actions concrètes</strong> : <br />  Privilégier une prévention « capacitante » plutôt que punitive : investir dans la formation continue, le bien-être et l’empowerment des équipes. <br />   <br />  Utiliser les données de manière transparente et conforme au RGPD. <br />   <br />  Développer des politiques de prévention des risques psychosociaux et des fraudes internes fondées sur la confiance et la responsabilité partagée.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Mise en œuvre opérationnelle : du discours à l’action</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La prévention ne se limite pas à la volonté d’éviter un dommage. Elle s’inscrit dans une dynamique d’interprétation, de prudence et d’anticipation politique. <br />   <br />  <strong>Difficultés transverses</strong> : <br />  Manque de coordination entre services, culture du court-termisme, insuffisance de ressources dédiées. <br />   <br />  <strong>Actions concrètes prioritaires</strong> : <br />  Intégrer l’intelligence économique et la prévention au sein d’un même pôle stratégique rattaché directement à la DG. <br />   <br />  Déployer un outil unique de gestion des risques et opportunités (type ERM enrichi d’IA). <br />   <br />  Allouer un budget annuel minimum de 0,5 à 1 % du CA à la fonction prévention/prospective. <br />   <br />  Mesurer la maturité préventive via un indice annuel (indicateurs : nombre de risques anticipés vs. survenus, temps de réaction, ROI des actions préventives). <br />   <br />  Développer des partenariats avec des think tanks, cabinets d’intelligence et universités pour enrichir la prospective.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Conclusion</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Prévenir n’est ni une panacée ni une fatalité bureaucratique. C’est un art stratégique qui exige de concilier anticipation lucide, respect de la liberté et responsabilité collective. Les dirigeants qui sauront transformer les enseignements philosophiques et sociologiques en dispositifs opérationnels concrets — comités dédiés, red teams, culture du signal faible, dissuasion crédible et éthique de la prévention — construiront une résilience durable et un avantage compétitif décisif. <br />   <br />  Dans un environnement où la vitesse et la complexité s’accélèrent, l’entreprise qui prévient efficacement ne subit plus l’avenir : elle le façonne. Le temps de l’action est venu. Les leaders qui l’auront compris domineront demain les marchés d’aujourd’hui.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de l'auteur</b></div>
     <div>
      <blockquote>Né en 1958 à Rabat (Maroc), le Professeur&nbsp;<a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/jean-marie-carrara/?originalSubdomain=be" target="_blank">Jean-Marie CARRARA</a>  a effectué toutes ses études à Lille (France). D’abord attiré par la santé de l’Homme, il devient Docteur en Pharmacie et diplômé de Biologie Humaine. <br />  Comme la santé des entreprises et des organisations sont essentielles pour l’Homme, il compléta sa formation par un DESS d’Administration des Entreprises et un DESS de Finance et de Fiscalité Internationales. <br />  Il est auditeur en Intelligence Economique et Stratégique à l'Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (IHEDN). <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/jean-marie-carrara/?originalSubdomain=be" target="_blank">Gardez le lien.</a>  <br />  Pour aller plus loin : <a class="link" href="https://sicafi.eu/" target="_blank">www.sicafi.eux</a> </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>En collaboration avec</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/jancedrichansen/?originalSubdomain=fr" target="_blank"><strong>Dr Jan-Cédric Hansen</strong></a>  Praticien Hospitalier, membre des instances de gouvernance du GHT ESPO, <em>Administrateur de StratAdviser Ltd | Enseignant en pilotage stratégique et Communication de Crise (IAE Lille, Mines Nancy, Université Senghor, UPEC, …)</em> <em>contributeur aux ouvrages suivants : Risques majeurs : incertitudes et décisions : approche pluridisciplinaire et multisectorielle, Manuel de Médecine de Catastrophe, Piloter et décider en SSE, Innovations &amp; management des structures de santé en France, Engagement et leadership en santé : point de vue d’acteurs inspirants.&nbsp;</em> <br />  Il est vice président des principales sociétés savantes de médecine de catastrophe au niveau Europe (ECDM, WADEM Europe, GloHSA,CIMC-ICDM)</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <br />  #Strategic_Anticipation, #Economic_Intelligence, #Risk_Management, #Weak_Signals, #Foresight_Governance, #Cognitive_Biases, #Competitive_Deterrence, #Emerging_Risks, #Strategic_Prevention, #Systemic_Complexity
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/97274691-67764449.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.veillemag.com/Prevenir-plutot-que-guerir-l-art-strategique-de-l-anticipation-en-intelligence-economique-Pr-Jean-Marie-Carrara_a7869.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.veillemag.com,2026:rss-97273519</guid>
   <title>29 octobre. ACCS 2026 : « Communiquer les risques, gérer les crises ? »  </title>
   <pubDate>Wed, 08 Jul 2026 11:28:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Gestion et Communication de crise]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   À Lausanne, la prochaine rencontre de l’ACCS entend sonder ce qui fait vaciller nos sociétés lorsqu’un risque se matérialise ou qu’une controverse s’enflamme. Chercheurs, communicants, responsables publics et acteurs de terrain s’y retrouveront pour analyser les mécanismes qui transforment un incident en crise, une inquiétude en débat national, une information en déflagration. L’événement s’annonce comme un moment de respiration intellectuelle autant que de confrontation méthodique.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97273519-67763447.jpg?v=1783502554" alt="29 octobre. ACCS 2026 : « Communiquer les risques, gérer les crises ? »  " title="29 octobre. ACCS 2026 : « Communiquer les risques, gérer les crises ? »  " />
     </div>
     <div>
      <blockquote> <br />  En association avec PR Suisse la <a class="link" href="https://www.linkedin.com/company/srrp/">Société Romande de Relations Publiques (SRRP)</a>, l'ACCS tiendra son 8ème séminaire annuel à Lausanne, le 29 Octobre prochain. <br />  Des experts, chercheurs et professionnels exposeront les principales avancées et les dernières réflexions sur la Communication des&nbsp;<a href="https://www.linkedin.com/search/results/all/?keywords=%23risques&amp;origin=HASH_TAG_FROM_FEED">#risques</a> et la gestion des&nbsp;<a href="https://www.linkedin.com/search/results/all/?keywords=%23crises&amp;origin=HASH_TAG_FROM_FEED">#crises</a>. <br />   <br />  📆 Inscriptions ouvertes sur https://accs2026.sciencesconf.org/ <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:share:7478114370254897152/" target="_blank">Le programme suivra très bientôt.</a> </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Appel à Communications</b></div>
     <div>
      <div style="text-align: center;"><a class="link" href="https://accs2026.sciencesconf.org/index" target="_blank">Suivez le lien</a> </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La fabrique des risques</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La journée s’ouvrira sur un constat désormais familier : les risques ne sont plus seulement des objets techniques, ils sont devenus des récits. À chaque crise, une bataille d’interprétations se joue, où institutions, experts et citoyens tentent de reprendre la main sur ce qui fait sens. <strong>L’ACCS veut précisément éclairer cette zone trouble où la communication n’est plus un simple outil mais un facteur déterminant de la dynamique de crise. </strong> <br />   <br />  Lausanne servira ainsi de scène à une exploration des nouvelles vulnérabilités informationnelles, de la circulation des signaux faibles et de la manière dont les organisations apprennent — ou échouent — à anticiper.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Crises en mouvement</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">L’autre fil rouge de la rencontre portera sur la gestion des crises elles‑mêmes, ces moments où le temps se contracte et où chaque parole engage. Les retours d’expérience annoncés devraient dévoiler la tension permanente entre transparence, maîtrise et incertitude. <br />   <br />  Comment parler juste ? Comment éviter que la communication ne devienne elle‑même un accélérateur de chaos ? Les intervenants tenteront de répondre sans céder aux recettes toutes faites, en privilégiant l’analyse des pratiques réelles plutôt que les modèles idéalisés.</span></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Discutons !</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97273519-67763451.jpg?v=1783508978" alt="29 octobre. ACCS 2026 : « Communiquer les risques, gérer les crises ? »  " title="29 octobre. ACCS 2026 : « Communiquer les risques, gérer les crises ? »  " />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Au‑delà du programme annoncé, la rencontre du 29 octobre se présente surtout comme un espace d’observation des discours qui entourent la communication sensible. <br />  Lausanne réunira des professionnels et des chercheurs qui, chacun à leur manière, rappellent que les crises ne se jouent pas uniquement dans les salles de commandement, mais aussi dans les récits qui les accompagnent. <br />   <br />  L’ACCS propose un cadre pour examiner ces mécanismes, sans promettre de solutions définitives, mais en offrant un lieu où les pratiques, les méthodes et les angles morts peuvent être discutés avec un minimum de recul et un certain goût pour la controverse.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <blockquote>L’<a class="link" href="https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:share:7478114370254897152/" target="_blank">ACCS</a>  réunit chercheurs et praticiens autour des mécanismes qui transforment un risque en controverse ou une situation en crise. La rencontre du 29 octobre explore comment institutions, médias et publics construisent, amplifient ou régulent ces récits. Sans promettre de solutions, l’événement offre un espace d’analyse des pratiques de communication sensible et des tensions qui les traversent.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      #sensitive_communication, #crisis_management, #public_controversies, #ACCS_Lausanne, #risk_communication, #institutional_strategies, #contemporary_crises, #narrative_analysis, #public_debates, #communication_seminar
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/97273519-67763447.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.veillemag.com/29-octobre-ACCS-2026-Communiquer-les-risques-gerer-les-crises_a7866.html</link>
  </item>

 </channel>
</rss>
