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3 questions à Cyril Bouyeure, Coordonnateur ministériel à l’IE des ministères financiers


Jacqueline Sala


Aujourd’hui, la question majeure est d’accompagner les entreprises ; l’Etat a mis en place d’importants dispositifs d’alerte, de mobilisation des banques, de financements. Dans ce contexte de mobilisation, nous sommes particulièrement attentifs à l’égard des entreprises sensibles qui peuvent constituer des proies tentantes.
Par Nicolas Moinet



3 questions à Cyril Bouyeure, Coordonnateur ministériel à l’IE des ministères financiers
1. 5 ans après le rapport Carayon, où en est la politique nationale d’IE ? Le paysage a changé en profondeur. Les administrations se sont mises en ordre de bataille, elles se sont organisées, ont défini des priorités. Après ce que nous avons fait à Bercy, il y a désormais des CMIE, des coordonnateurs ministériels, au MEEDDAT, à l’Agriculture… L’administration travaille en réseau, ceci tant à l’échelon central qu’au niveau territorial où les préfets ont été mobilisés. L’impulsion vient du plus haut niveau comme en témoigne l’initiative récente du Président de la République en créant le Fonds stratégique d’investissement qui a vocation à soutenir le développement des entreprises petites et moyennes et à sécuriser le capital d’entreprises stratégiques. Mais l’Etat n’est pas le seul acteur. Pour sensibiliser les PME – les grands groupes le sont largement (quoi qu’il y aurait parfois à redire) – développer les bonnes pratiques, anticiper, être réactif, il faut être près du terrain et les organismes consulaires – les CCI en particulier – comme les collectivités régionales sont souvent les mieux placées. Les syndicats professionnels également. La priorité est de faire travailler tout le monde ensemble, sans redites ni contradictions, ce qui serait insupportable pour les entreprises. De ce point de vue, la multiplication des portails régionaux sur Internet va dans le bon sens et nous l’encourageons. Mais la simplification et la coordination suppose une attention de tous les instants ! 2. Le Ministère de l’Economie est plutôt discret en la matière. Que fait-il concrètement ? Je ne crois pas que les grandes déclarations soient toujours un gage d’efficacité, surtout si elles ne sont pas accompagnées des actions correspondantes. Nous préférons engager des actions concrètes sur la base des orientations approuvées par le ministre. La lettre de mission qu’il a reçue du Président de la République, fait, et il est le seul dans ce cas, explicitement référence à l’intelligence économique, lui demandant notamment de mettre en place des instruments opérationnels à cet effet. Nous participons au dispositif de veille sur les activités stratégiques, dans le cadre du contrôle des investissements étrangers en France - le SCIE que je dirige a alerté à plusieurs reprises le ministre et les services du Trésor sur des projets qui devaient relever de cette procédure (ainsi du rachat de Cegelec par le fonds souverain QIA)- dans le cadre du suivi des technologies définies à l’échelon interministériel sous la coordination du HRIE – et notre méthode de remontée d’informations a été donnée en exemple- et maintenant, au titre de la mise en place du Fonds stratégique d’investissement. Nous faisons également de la sensibilisation, de manière ciblée et concrète. Il faut dépasser les discours généraux. Cela peut se faire dans des colloques consacrés à la propriété intellectuelle, à la conquête des marchés extérieurs, aux pôles de compétitivité. Nous ne sommes pas spécialement discrets sur ce point, même si j’ai jusqu’à présent fait le choix de ne pas lancer un site web de plus. Par ailleurs, nous avons engagé un partenariat très prometteur avec le Conseil supérieur des experts comptables, à l’initiative de Madame Agnès Bricard, par lequel nous avons d’ores et déjà formé environ une centaine d’experts comptables qui vont être chargés de porter un diagnostic sur des PME, sur la base d’un questionnaire très détaillé que nous exploiterons ensuite pour aider les entreprises à mettre à niveau leurs dispositifs de recherche et de protection de d’information. A Bercy même, nous sommes en train de nous doter d’un outil de collecte et de traitement de l’information ouverte. 3. Comment l’IE peut-elle être mobilisée pour sortir de la crise ou du moins l’atténuer ? L’intelligence économique est une démarche utile en période d’instabilité pour repérer mais également pour anticiper des tendances de fond, décrypter des évolutions noyées dans la masse des informations. Le ministre nous a sollicités à la fin 2007 pour analyser ce qui se passait sur les matières premières, à l’époque où les cours flambaient, et pour comprendre en particulier quel était le rôle des investisseurs financiers. Nous avons décortiqué des phénomènes complexes et souligné les risques systémiques. Au début de la présidence française de l’UE, Madame Lagarde a fait adopter plusieurs initiatives en matière de transparence de ces marchés particuliers. Aujourd’hui, la question majeure est d’accompagner les entreprises ; l’Etat a mis en place d’importants dispositifs d’alerte, de mobilisation des banques, de financements. Dans ce contexte de mobilisation, nous sommes particulièrement attentifs à l’égard des entreprises sensibles qui peuvent constituer des proies tentantes.













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