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 <title>www.veillemag.com</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-14T15:37:16+02:00</updated>
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   <title>Burkina Faso-France, le divorce qui clôt une époque</title>
   <updated>2026-07-03T17:17:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Burkina-Faso-France-le-divorce-qui-clot-une-epoque_a7833.html</id>
   <category term="Géopolitique" />
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   <published>2026-07-03T16:50:00+02:00</published>
   <author><name>Giuseppe Gagliano, Cestudec</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La décision du Burkina Faso de rompre ses relations diplomatiques avec la France marque un tournant dans l’équilibre sahélien. Elle consacre l’affirmation d’une souveraineté revendiquée face à une influence française jugée inefficace et intrusive. Mais cette recomposition géopolitique s’opère dans un contexte de crise sécuritaire, de fragilité économique et de compétition internationale accrue. Le geste est historique ; ses effets restent à éprouver.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97218846-67734209.jpg?v=1783091801" alt="Burkina Faso-France, le divorce qui clôt une époque" title="Burkina Faso-France, le divorce qui clôt une époque" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La rupture diplomatique comme acte de souveraineté</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La décision du Burkina Faso d'interrompre ses relations diplomatiques avec la France est le dernier acte d'un processus engagé depuis des années, lorsque, au Sahel, la présence française a cessé d'être perçue comme une garantie de sécurité pour devenir, aux yeux d'une partie croissante des opinions publiques locales, le symbole d'une tutelle étrangère jamais véritablement dépassée.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le gouvernement de Ouagadougou a justifié cette rupture en évoquant l'absence de respect réciproque, les ingérences, le soutien à des réseaux subversifs et même l'appui à des groupes armés. Ce sont des accusations graves, que Paris rejetterait certainement comme relevant de la propagande, mais elles révèlent le cœur politique de la question : le Burkina Faso ne veut plus apparaître comme un État placé dans l'orbite française. Il veut se présenter comme un pays souverain, même au prix d'une rupture avec l'ancienne puissance coloniale.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La précision officielle selon laquelle la rupture concerne le cadre diplomatique et non les liens humains, culturels et sociaux entre les peuples vise à éviter une fracture totale. Mais le fond demeure lourd de conséquences : la France perd une nouvelle pièce de son architecture africaine.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La fin de l'ancienne influence française</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Pendant des décennies, Paris a maintenu en Afrique francophone un réseau de pouvoir fait de bases militaires, de coopération, de monnaie, d'entreprises, de renseignement, de relations personnelles avec les élites locales et de canaux privilégiés d'accès aux ressources. Cette structure, souvent décrite comme un système postcolonial français, a garanti à la France une profondeur stratégique, des matières premières, une influence diplomatique et un prestige international.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Aujourd'hui, ce système se désagrège. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont emprunté la même trajectoire : coups d'État militaires, expulsion ou réduction de la présence française, sortie de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, création de l'Alliance des États du Sahel, ouverture à la Russie et à la Chine.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Ce n'est pas seulement un changement d'alliances. C'est une révolte symbolique contre l'idée que la sécurité africaine doive être organisée depuis Paris. La France avait envoyé des milliers de soldats pour combattre les groupes armés au Sahel, mais elle n'a pas réussi à enrayer l'expansion de la violence. Cet échec opérationnel a produit un effet politique dévastateur : si la puissance protectrice ne protège pas, elle finit par être perçue comme une puissance occupante par ceux qui la subissent.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le nœud militaire : sécurité promise, sécurité manquée</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Sur le plan stratégique et militaire, le Burkina Faso reste dans une situation dramatique. Les groupes liés à Al-Qaïda et à l'État islamique contrôlent ou influencent de vastes zones du territoire. Des centaines de milliers de civils sont déplacés. L'armée nationale mène une guerre difficile, longue, asymétrique, dans laquelle le contrôle des villes ne signifie pas le contrôle du pays.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le capitaine Ibrahim Traoré a bâti sa légitimité sur la promesse de restaurer la souveraineté et de vaincre l'insurrection armée. Mais la réalité est plus dure que la propagande. Rompre avec la France peut renforcer le consensus intérieur et donner une image d'indépendance ; cela ne suffit pas pour reconquérir les territoires, protéger les villages, rouvrir les écoles, sécuriser les routes et les marchés.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">C'est ici que se mesure le principal risque : remplacer un protecteur extérieur par un autre. Le rapprochement avec Moscou, le recours à des conseillers et combattants russes, la coordination avec le Mali et le Niger peuvent fournir des instruments militaires immédiats, mais ils ne résolvent pas automatiquement la crise de l'État. La contre-guérilla ne se gagne pas seulement par la force. Elle se gagne par l'administration, la justice, la présence territoriale, les services, le renseignement local et l'adhésion de la population.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La démocratie sacrifiée à la guerre</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Les déclarations de Traoré contre la démocratie sont politiquement révélatrices. Lorsqu'un chef militaire affirme que la démocratie est une forme d'esclavage ou qu'elle apporte le sang, il ne se contente pas de critiquer un modèle importé. Il prépare le terrain à un pouvoir sans contrepoids.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La dissolution des partis, les pressions sur les médias, l'enrôlement forcé de journalistes, d'opposants et de magistrats critiques dans le front militaire montrent que le nouveau nationalisme sahélien contient une composante autoritaire très forte. La souveraineté est invoquée contre l'extérieur, mais elle est souvent utilisée aussi contre le dissensus intérieur.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">C'est le paradoxe de nombreuses révolutions anticoloniales tardives : se libérer du maître étranger peut devenir le langage par lequel on justifie la concentration du pouvoir entre les mains de quelques-uns. Le rêve de Thomas Sankara, évoqué par de nombreux Burkinabè, reste lointain précisément parce que souveraineté et justice sociale ne coïncident pas automatiquement.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Scénarios économiques : ressources, dépendances et nouvelles rentes</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La rupture avec la France aura également des conséquences économiques. Le Burkina Faso est un pays pauvre, fragile, dépendant de l'or, de l'agriculture, de l'aide extérieure et des relations commerciales régionales. L'insécurité compromet les investissements, les transports, l'exploitation minière et la production agricole.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La France perd du terrain, mais il n'est pas certain que le Burkina Faso gagne une autonomie réelle. La Russie, la Chine, la Turquie et d'autres acteurs peuvent occuper les espaces laissés vides par Paris avec des offres militaires, infrastructurelles, minières et financières. Le risque est que l'ancienne dépendance soit remplacée par une nouvelle dépendance, moins visible mais tout aussi contraignante.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Pour Moscou, le Sahel représente une occasion stratégique : influence politique à faible coût, accès aux ressources, pression sur l'Europe, capacité de frapper l'image française dans son ancien espace impérial. Pour Pékin, ce sont surtout les infrastructures, les matières premières, les corridors commerciaux et l'influence diplomatique qui comptent. Pour Ankara, le Sahel offre des marchés, des armements, des chantiers de construction et un prestige islamo-politique. <br />   <br />  Le Burkina Faso devient ainsi non seulement un pays en crise, mais aussi un terrain de compétition géoéconomique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Géopolitique du Sahel : la France recule, les autres avancent</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La sortie du Mali, du Niger et du Burkina Faso de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest et la naissance de l'Alliance des États du Sahel redessinent la région. Un bloc militaire et politique hostile à l'influence française émerge, méfiant à l'égard des pressions occidentales sur les élections et plus ouvert aux partenaires non occidentaux.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Pour l'Europe, c'est un problème considérable. Le Sahel est lié aux migrations, au terrorisme, aux trafics, à l'énergie, à l'uranium, à l'or, aux routes criminelles et à la stabilité de l'Afrique du Nord. Perdre de l'influence dans cette zone signifie perdre de la profondeur stratégique sur le continent qui touche le plus directement la Méditerranée.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La France, en particulier, subit une double défaite : militaire, parce qu'elle n'a pas stabilisé la région ; politique, parce qu'elle est devenue la cible principale du nationalisme sahélien. Et lorsqu'une puissance n'est plus perçue comme la solution, mais comme la cause du problème, sa présence devient intenable.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le nouveau Sahel ne sera plus français</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La rupture entre le Burkina Faso et la France n'est pas la fin de l'histoire. C'est le début d'une phase plus incertaine. Ouagadougou conquiert des marges symboliques de souveraineté, mais doit démontrer sa capacité à les transformer en sécurité, développement et stabilité. Paris perd un avant-poste, mais conserve des liens culturels, économiques et sociaux qui ne disparaîtront pas en une nuit.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La vraie question est ailleurs : le Burkina Faso sera-t-il réellement plus libre ou simplement plus exposé ? Car la souveraineté, lorsqu'elle n'est pas accompagnée d'institutions solides, risque de devenir un drapeau agité au-dessus d'un État toujours plus fragile.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le Sahel dit adieu à la France. Mais il n'a pas encore trouvé la paix.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div><a class="link" href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/06/26/le-burkina-faso-annonce-rompre-ses-relations-diplomatiques-avec-la-france_6715911_3212.html" target="_blank">https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/06/26/le-burkina-faso-annonce-rompre-ses-relations-diplomatiques-avec-la-france_6715911_3212.html</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.lepoint.fr/afrique/la-junte-du-burkina-faso-acte-sa-rupture-diplomatique-avec-la-france-dans-un-contexte-de-basculement-6QWKREAB75GWFEHQ74NHSJMUSU/" target="_blank">https://www.lepoint.fr/afrique/la-junte-du-burkina-faso-acte-sa-rupture-diplomatique-avec-la-france-dans-un-contexte-de-basculement-6QWKREAB75GWFEHQ74NHSJMUSU/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://burkina24.com/2026/06/26/le-burkina-faso-rompt-ses-relations-diplomatiques-avec-la-france/" target="_blank">https://burkina24.com/2026/06/26/le-burkina-faso-rompt-ses-relations-diplomatiques-avec-la-france/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.aa.com.tr/fr/politique/le-burkina-faso-rompt-ses-relations-diplomatiques-avec-la-france-/3979371" target="_blank">https://www.aa.com.tr/fr/politique/le-burkina-faso-rompt-ses-relations-diplomatiques-avec-la-france-/3979371</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/information-par-pays/burkina-faso/relations-bilaterales" target="_blank">https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/information-par-pays/burkina-faso/relations-bilaterales</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/information-par-pays/burkina-faso/dernieres-minutes-et-alertes" target="_blank">https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/information-par-pays/burkina-faso/dernieres-minutes-et-alertes</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/02/05/jean-herve-jezequel-directeur-de-projet-a-l-international-crisis-group-evincee-du-sahel-la-france-continue-de-sous-estimer-la-portee-de-la-rupture-souverainiste-actuelle_6533557_3212.html" target="_blank">https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/02/05/jean-herve-jezequel-directeur-de-projet-a-l-international-crisis-group-evincee-du-sahel-la-france-continue-de-sous-estimer-la-portee-de-la-rupture-souverainiste-actuelle_6533557_3212.html</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/01/29/sortie-du-mali-du-burkina-faso-et-du-niger-de-la-cedeao-une-reconfiguration-regionale-s-opere-en-afrique-de-l-ouest_6521317_3212.html" target="_blank">https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/01/29/sortie-du-mali-du-burkina-faso-et-du-niger-de-la-cedeao-une-reconfiguration-regionale-s-opere-en-afrique-de-l-ouest_6521317_3212.html</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <div><a rel="https://www.veillemag.com/photo/art/grande/88954236-62959841.jpg?v=1748523774&amp;ibox" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question."><img alt="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/88954236-62959841.jpg?v=1748523774" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." /></a></div>    <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <blockquote>Giuseppe Gagliano&nbsp;a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <br />  #Burkina_Faso, #France, #Sahel, #Afrique_de_l_Ouest, #Ouagadougou, #Alliance_des_Etats_du_Sahel, #Mali, #Niger, #Russie, #Geopolitique_Africaine
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  </entry>
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   <title>L’Intelligence Économique Africaine : Levier d'une Souveraineté Sahélienne en Recomposition</title>
   <updated>2026-05-07T12:15:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/L-Intelligence-Economique-Africaine-Levier-d-une-Souverainete-Sahelienne-en-Recomposition_a7349.html</id>
   <category term="Géopolitique" />
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   <published>2026-04-09T14:48:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le Sahel, longtemps perçu par le prisme réducteur de l'instabilité sécuritaire, traverse aujourd'hui une mutation doctrinale et territoriale sans précédent. La création de l’Alliance des États du Sahel (AES) regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, le 16 septembre 2023, en est l’expression la plus nette. Au cœur de cette transformation, l'émergence d'une intelligence économique africaine s'affirme non pas comme une simple copie de modèles extérieurs, mais comme un outil stratégique ancré dans les réalités du continent pour répondre aux enjeux de puissance et de développement durable.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/95939482-66954573.jpg?v=1775742614" alt="L’Intelligence Économique Africaine : Levier d'une Souveraineté Sahélienne en Recomposition" title="L’Intelligence Économique Africaine : Levier d'une Souveraineté Sahélienne en Recomposition" />
     </div>
     <div>
      <blockquote>  <style type="text/css">@font-face  	{font-family:"Cambria Math";  	panose-1:2 4 5 3 5 4 6 3 2 4;  	mso-font-charset:0;  	mso-generic-font-family:roman;  	mso-font-pitch:variable;  	mso-font-signature:-536870145 1107305727 0 0 415 0;}@font-face  	{font-family:NSimSun;  	panose-1:2 1 6 9 3 1 1 1 1 1;  	mso-font-charset:134;  	mso-generic-font-family:modern;  	mso-font-pitch:fixed;  	mso-font-signature:515 680460288 22 0 262145 0;}@font-face  	{font-family:"Google Sans Text";  	panose-1:2 11 6 4 2 2 2 2 2 4;  	mso-font-alt:Calibri;  	mso-font-charset:0;  	mso-generic-font-family:auto;  	mso-font-pitch:auto;  	mso-font-signature:0 0 0 0 0 0;}@font-face  	{font-family:"Liberation Serif";  	panose-1:2 11 6 4 2 2 2 2 2 4;  	mso-font-alt:"Times New Roman";  	mso-font-charset:0;  	mso-generic-font-family:roman;  	mso-font-pitch:variable;  	mso-font-signature:0 0 0 0 0 0;}@font-face  	{font-family:"\@NSimSun";  	mso-font-charset:134;  	mso-generic-font-family:modern;  	mso-font-pitch:fixed;  	mso-font-signature:515 680460288 22 0 262145 0;}p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal  	{mso-style-unhide:no;  	mso-style-qformat:yes;  	mso-style-parent:"";  	margin:0cm;  	mso-pagination:widow-orphan;  	mso-hyphenate:none;  	text-autospace:ideograph-other;  	font-size:12.0pt;  	font-family:"Liberation Serif",serif;  	mso-fareast-font-family:NSimSun;  	mso-bidi-font-family:Arial;  	mso-font-kerning:1.5pt;  	mso-fareast-language:ZH-CN;  	mso-bidi-language:HI;}p.Textbody, li.Textbody, div.Textbody  	{mso-style-name:"Text body";  	mso-style-unhide:no;  	margin-top:0cm;  	margin-right:0cm;  	margin-bottom:7.0pt;  	margin-left:0cm;  	line-height:115%;  	mso-pagination:widow-orphan;  	mso-hyphenate:none;  	text-autospace:ideograph-other;  	font-size:12.0pt;  	font-family:"Liberation Serif",serif;  	mso-fareast-font-family:NSimSun;  	mso-bidi-font-family:Arial;  	mso-font-kerning:1.5pt;  	mso-fareast-language:ZH-CN;  	mso-bidi-language:HI;}.MsoChpDefault  	{mso-style-type:export-only;  	mso-default-props:yes;  	font-family:"Liberation Serif",serif;  	mso-ascii-font-family:"Liberation Serif";  	mso-fareast-font-family:NSimSun;  	mso-hansi-font-family:"Liberation Serif";  	mso-bidi-font-family:Arial;  	mso-font-kerning:1.5pt;  	mso-ligatures:none;  	mso-fareast-language:ZH-CN;  	mso-bidi-language:HI;}.MsoPapDefault  	{mso-style-type:export-only;  	text-autospace:ideograph-other;}div.WordSection1  	{page:WordSection1  </style>  <span style="font-family:&quot;Google Sans Text&quot;">C’est sur base de cette situation inédite et des besoins qu’elle suscite, que le 28 mars 2026, à Paris, le 5éme Débat Africain de l’Intelligence Économique, organisé par l’<a class="link" href="https://iars-africa.org/?playlist=f533b3b&amp;video=a244925" target="_blank">Institut Africain de la Réflexion Stratégique (IARS) </a>et le cabinet <a class="link" href="https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7447654168422572032/?originTrackingId=9wd%2F4UH%2BjbvZPmGd8ilvrQ%3D%3D" target="_blank">UNOO’K</a>, a réuni une quinzaine d’experts pour alimenter les réflexions et dégager des pistes d’action pour les États concernés.</span> <br />  *&nbsp;<a class="link" href="https://aes.ml/a-propos-de-laes/" target="_blank">Alliance des États du Sahel (AES)&nbsp;</a> </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Dépasser les invariants de l’intelligence économique pour une approche africaine enracinée</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Si l'intelligence économique repose sur des piliers universels — la veille (recherche et traitement de l’information), la sécurité économique (protection du patrimoine) et l'influence (exploitation stratégique) — sa déclinaison africaine doit impérativement intégrer des spécificités locales. <br />   <br />  Elle doit être enracinée, « humano-centrée », collaborative et inclusive, visant la protection d'un patrimoine qui dépasse les seules infrastructures pour englober les ressources humaines, culturelles et historiques. L'objectif est clair : faire du continent et des États africains des acteurs de la guerre économique mondiale plutôt qu'un agrégat de champs de bataille pour les grandes puissances. Tel est la colonne vertébrale du Débat Africain de l’Intelligence Économique.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>De la rente extractive à la souveraineté territoriale</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/95939482-66954622.jpg?v=1775742656" alt="L’Intelligence Économique Africaine : Levier d'une Souveraineté Sahélienne en Recomposition" title="L’Intelligence Économique Africaine : Levier d'une Souveraineté Sahélienne en Recomposition" />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L’un des défis majeurs pour les pays de l’Alliance des États du Sahel réside dans la transition d'un modèle extractif vers une valorisation locale des ressources. L'intelligence économique doit ici servir à identifier comment capter plus de valeur localement.&nbsp;&nbsp; <br />   <br />  Premièrement par la structuration de pôles territoriaux autour des villes secondaires (Bobo-Dioulasso, Sikasso, Maradi) pour désengorger les capitales et créer des écosystèmes productifs. En effet, trop souvent, les États africains concentrent leur économie autour des capitales, au détriment du développement territorial de zones pourtant à fort potentiel. C’est la raison pour la quelle le développement de corridors économiques intégrés, transformant les axes de transport en véritables chaînes de valeur régionales est une nécessité absolue. Également, développer de tels corridors et zones franches avec les pays voisins (sur le modèle de la zone franche de Tindouf entre l’Algérie et la Mauritanie) pourrait ouvrir les économies des États de l’AES vers l’extérieur dans des conditions négociées.&nbsp; <br />   <br />  Enfin, par la maîtrise de la rente naturelle (or, uranium, pétrole) par une fiscalité optimisée, voir harmonisée (d’ores et déjà formalisée en partie), et un contrôle effectif des richesses pour réduire les dépendances extérieures. A ce titre, la renégociation des contrats miniers et pétroliers, avec une attention particulière sur les clauses d’arbitrage (clauses compromissoires), constitue à la fois une expression de souveraineté et de puissance : passer de l’imposition à la négociation dans une objectif gagnant-gagnant.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La coopération mutuelle contre la compétition frontalière</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Face aux menaces transfrontalières, la réponse ne peut être uniquement militaire. Elle exige une « souveraineté économique collective ». Cela se manifeste concrètement par une coopération alimentaire et énergétique solidaire et non compétitive. <br />   <br />  En matière agricole, la création de réserves céréalières communes et le partage d'infrastructures logistiques pour stabiliser les marchés face aux chocs climatiques est une nécessité. Ainsi, disposer de hubs régionaux sur les corridors logistiques pourrait contribuer à la compétitivité agricole des pays concernés. La spécialisation de l’agriculture en fonction des terroirs et des climats des trois pays constituerait également, à condition d’être encadrée, un avantage compétitif. <br />   <br />  Quant à l’énergie, sur le modèle du programme « Lumumba Energy » relatif à l’exploitation coordonnée de l’hydroélectricité en République Démocratique du Congo, l'exploitation coordonnée de l'uranium nigérien, autour d’une politique énergétique commune, dessine les contours d'une autonomie énergétique régionale ; il en va de même concernant les ressources aurifères et pétrolières. De plus, une coopération renforcée avec d’autres États africains en la matière (benchmark, retour d’expérience, partage de compétence,…) créerait des synergies régionales, voire continentales. <br />   <br />  Au-delà d’une souveraineté économique, la souveraineté militaire de l’AES résidera dans le dialogue, la sensibilisation des jeunes et l’implication des responsables religieux dans la lutte informationnelle contre le terrorisme et les formes les plus radicales des fondamentalismes.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une souveraineté juridique à conquérir</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/95939482-66954664.jpg?v=1775742685" alt="L’Intelligence Économique Africaine : Levier d'une Souveraineté Sahélienne en Recomposition" title="L’Intelligence Économique Africaine : Levier d'une Souveraineté Sahélienne en Recomposition" />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Enfin, l'intelligence économique et la souveraineté ne peuvent s'exercer sans une sécurité juridique forte. Si l'OHADA (Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires) constitue une réussite majeure de mutualisation du droit des affaires, les États du Sahel doivent encore parachever leur souveraineté normative. <br />   <br />  Cela passe par une reprise de l'initiative en droit civil et pénal, afin que la norme ne soit plus un héritage passif, mais le reflet des réalités sociologiques et des ambitions numériques de l'Afrique d'aujourd'hui. Comme évoqué plus haut, la contractualisation entre les États et les sociétés multinationales (essentiellement dans les domaines minier, pétrolier mais aussi des infrastructures) doit être préparée en amont, s’orienter vers des contrats gagnant-gagnant et assurer une rente digne du caractère stratégique des ressources concernées (uranium, or, pétrole,…). <br />   <br />  Sans imposer un ordre constitutionnel commun, une reconnaissance constitutionnelle des « normes AES communes » dans une optique de souveraineté partagée constituerait une innovation juridique forte, voire un modèle pour le continent africain.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Conclusion</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">En conclusion du 5éme Débat Africain de l’intelligence économique, les experts et les participants ont affirmé que l'heure n'était plus à la simple formulation de visions, mais à l'exécution territoriale rigoureuse. Le Sahel devient un laboratoire où la souveraineté réelle se gagne par l'information utile, la protection des actifs stratégiques et une solidarité régionale pragmatique. C'est à ce prix que le Sahel inventera son propre modèle de développement, stable et durable. <br />   <br />  Afin que les réflexions puissent continuer et ne reste pas lettre morte, les travaux de ce DAIE feront dans les semaines à venir l’objet d’un Libre Blanc qui sera diffusé aux dirigeants et responsables des États de l’AES. En effet, le DAIE n’est pas un colloque pour pérorer mais un espace public de discussion pour avancer...</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de l'auteur</b></div>
     <div>
      <blockquote>Docteur en sciences de gestion et diplômé de l’EGE, <a class="link" href="https://cercle-k2.fr/users/single/885/St%C3%A9phane-Mortier?utm_source=copilot.com" target="_blank">Stéphane Mortier </a>  est expert en intelligence économique et en droit OHADA. Spécialiste des enjeux stratégiques africains, il œuvre à la diffusion du droit des affaires, enseigne en France et en Afrique et contribue à de nombreux travaux sur la sécurité et la diplomatie économiques.</blockquote>  
     </div>
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