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 <title>www.veillemag.com</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></subtitle>
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 <updated>2026-04-30T12:19:14+02:00</updated>
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   <title>Bab el-Mandeb, l'autre détroit où peut se jouer la guerre</title>
   <updated>2026-04-15T14:47:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Bab-el-Mandeb-l-autre-detroit-ou-peut-se-jouer-la-guerre_a7396.html</id>
   <category term="Géopolitique" />
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   <published>2026-04-15T14:47:00+02:00</published>
   <author><name>Giuseppe Gagliano</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Alors que l’attention internationale reste braquée sur le détroit d’Hormuz, un autre passage stratégique pourrait devenir l’épicentre de la confrontation entre Washington et Téhéran. À Bab el-Mandeb, l’Iran dispose d’un levier discret mais potentiellement déstabilisateur, capable de transformer une crise régionale en choc global pour les routes énergétiques et commerciales.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/96056767-67017489.jpg?v=1776256920" alt="Bab el-Mandeb, l'autre détroit où peut se jouer la guerre" title="Bab el-Mandeb, l'autre détroit où peut se jouer la guerre" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Bab el-Mandeb, l’autre détroit où pourrait basculer la crise</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">À force de regarder Hormuz, on risque de ne pas voir l'autre verrou. Pourtant, si la confrontation entre Washington et Téhéran devait franchir un nouveau seuil, c'est peut-être moins dans le Golfe persique que sur la route de la mer Rouge que se jouerait la prochaine phase de la crise. <br />   <br />  <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bab-el-Mandeb" target="_blank">Bab el-Mandeb</a>  n'a ni la célébrité stratégique d'Hormuz ni sa charge symbolique, mais il possède un avantage décisif dans la logique iranienne : il permettrait à Téhéran de frapper indirectement ses adversaires, en élargissant le conflit sans s'exposer tout de suite à un affrontement frontal total.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une négociation devenue champ de bataille symbolique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La crise est arrivée à un point où les deux camps veulent sortir non pas avec un compromis, mais avec une image de victoire. C'est là que réside le danger. Quand une négociation n'est plus pensée comme une médiation entre intérêts opposés, mais comme l'instrument d'une reddition de l'adversaire, elle cesse d'être un chemin de désescalade et devient un simple intervalle entre deux poussées de violence. <br />   <br />  <strong>C'est exactement ce que suggère l'attitude américaine : exiger non pas presque tout, mais tout. Une telle ligne place l'Iran devant une alternative brutale : céder ou déplacer le champ de bataille.</strong></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’axe yéménite, profondeur stratégique de Téhéran</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">Sous cet angle, Bab el-Mandeb devient une carte plausible. Après les affrontements des dernières semaines, Téhéran a vu se réduire une partie de ses options. Il lui reste surtout deux leviers majeurs : menacer les installations énergétiques des monarchies du Golfe et utiliser l'axe yéménite pour perturber le trafic dans le détroit reliant la mer Rouge au golfe d'Aden. Ce n'est pas un détail technique. Depuis la crise du Golfe persique, cette route a pris une importance croissante pour les exportations saoudiennes. Cela signifie qu'une fermeture, même partielle, ne toucherait pas seulement Riyad : elle frapperait les chaînes logistiques, les assurances maritimes, les coûts énergétiques et l'ensemble du commerce passant par Suez.</span> <br />   <br />  <span style="white-space: pre-wrap;">L'aspect le plus intéressant est que cette menace serait asymétrique. L'Iran n'aurait pas besoin d'apparaître en première ligne. Il lui suffirait d'activer une pression par intermédiaires, en utilisant l'espace yéménite comme profondeur stratégique. De cette manière, Téhéran pourrait envoyer un message clair : si les États-Unis cherchent à l'étrangler à Hormuz, eux peuvent étendre l'instabilité jusqu'à la mer Rouge. C'est une logique de compensation géopolitique. À chaque tentative d'encerclement répond une extension du théâtre de crise.</span></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’Europe, victime collatérale d’un bras de fer qui la dépasse</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">Le paradoxe est que cette spirale naît d'une question que Washington présente comme strictement nucléaire. Or c'est précisément là que l'argument américain perd en crédibilité. L'Iran avait déjà accepté par le passé des limitations sévères sur l'enrichissement de l'uranium et les inspections internationales avaient reconnu le respect des engagements pendant plusieurs années. <br />   <br />  En se retirant de cet équilibre, les États-Unis ont rouvert un dossier qu'ils affirment aujourd'hui vouloir fermer à tout prix. Le problème n'est donc pas seulement la prolifération. Le problème est le type d'ordre régional que Washington veut imposer et le refus iranien d'accepter une capitulation stratégique déguisée en accord diplomatique.</span> <br />   <br />  <span style="white-space: pre-wrap;"><strong>Dans ce contexte, l'Europe apparaît comme la grande perdante. Elle subit les conséquences de décisions qu'elle n'a pas prises, paie l'énergie plus cher, redécouvre sa dépendance et voit se réduire sa marge de manœuvre sur tous les autres fronts, y compris l'Ukraine.</strong> <br />   <br />  Plus la crise s'allonge, plus le continent s'affaiblit. Pendant ce temps, la Russie gagne du temps, consolide ses positions et bénéficie d'un environnement international devenu plus défavorable aux intérêts européens. Il y a là une ironie sévère de l'histoire : en cherchant à isoler l'Iran et à contenir Moscou, l'Occident risque de renforcer indirectement les deux dynamiques qu'il voulait briser.</span></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quatre scénarios, du compromis fragile à la rupture systémique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">Les scénarios possibles sont désormais au nombre de quatre. <br />   <br />  Le premier est celui d'un compromis provisoire : suspension partielle de l'enrichissement, langage diplomatique dur pour sauver les apparences, et reprise d'un dialogue fragile. <br />   <br />  Le deuxième est celui d'un maintien de la pression sur Hormuz, avec une réponse iranienne calibrée mais sans explosion générale. <br />   <br />  Le troisième, plus dangereux, verrait l'axe yéménite entrer pleinement en scène et Bab el-Mandeb devenir la nouvelle ligne de fracture de la guerre énergétique mondiale. <br />   <br />  Le quatrième, le plus redoutable, serait une attaque élargie contre les infrastructures pétrolières du Golfe, ce qui propulserait immédiatement le conflit à un niveau systémique.</span> <br />   <br />  <span style="white-space: pre-wrap;">Ce qui se joue, en réalité, dépasse l'Iran, Trump ou même la question nucléaire. Il s'agit de savoir si le système international peut encore absorber des crises régionales sans qu'elles ne se transforment en guerre des détroits, des flux commerciaux et des approvisionnements énergétiques. <br />   <br />  <strong>Bab el-Mandeb n'est pas seulement un passage maritime. C'est l'un des points où l'on mesure la fragilité d'un monde qui croyait pouvoir dominer les routes du commerce sans payer le prix de la fragmentation géopolitique.</strong></span></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources </b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.iaea.org/newscenter/news/jcpoa-implementation-day-ushers-new-phase-iaea-iran-director-general-amano" target="_blank">https://www.iaea.org/newscenter/news/jcpoa-implementation-day-ushers-new-phase-iaea-iran-director-general-amano</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.iaea.org/newscenter/news/iran-is-implementing-nuclear-related-jcpoa-commitments-director-general-amano-tells-iaea-board" target="_blank">https://www.iaea.org/newscenter/news/iran-is-implementing-nuclear-related-jcpoa-commitments-director-general-amano-tells-iaea-board</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.iaea.org/sites/default/files/documents/gov2018-47.pdf" target="_blank">https://www.iaea.org/sites/default/files/documents/gov2018-47.pdf</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.iaea.org/newscenter/focus/iran/iaea-and-iran-iaea-board-reports" target="_blank">https://www.iaea.org/newscenter/focus/iran/iaea-and-iran-iaea-board-reports</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de l'auteur</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/giuseppe-gagliano-60785235/?originalSubdomain=it" target="_blank"><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span></a>  a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis). Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/christian-harbulot-a56b2912/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Christian Harbulot</a>, (EGE). <br />  Il collabore avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">Iassp de Milan</a>. <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <br />  #géopolitique #Iran #ÉtatsUnis #BabElMandeb #détroitsstratégiques #merRouge #crisenucléaire #MoyenOrient #commerceMaritime #tensionsinternationales
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Énergie et souveraineté italiennes : quand la dépendance devient une arme. Giuseppe Gagliano</title>
   <updated>2026-02-12T15:56:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Energie-et-souverainete-italiennes-quand-la-dependance-devient-une-arme-Giuseppe-Gagliano_a7037.html</id>
   <category term="Géopolitique" />
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   <published>2026-02-12T15:56:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
À mesure que l’Europe réorganise ses approvisionnements énergétiques, l’Italie découvre que la dépendance ne se résume pas à des volumes importés, mais à une exposition stratégique. Entre détroits sous tension, routes maritimes vulnérables et fournisseurs devenus leviers de puissance, Rome avance dans un paysage où l’énergie n’est plus seulement une ressource, mais un instrument de pression. Une réalité qui redéfinit sa souveraineté et révèle l’ampleur des fragilités européennes.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94301864-65770953.jpg?v=1770907625" alt="Énergie et souveraineté italiennes : quand la dépendance devient une arme. Giuseppe Gagliano" title="Énergie et souveraineté italiennes : quand la dépendance devient une arme. Giuseppe Gagliano" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La dépendance n'est pas un chiffre, c'est une situation de faiblesse exploitable</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Dans la grille de lecture de l'intelligence économique à la française, l'énergie n'est jamais un simple intrant industriel. C'est une condition de la puissance, donc un terrain de conflictualité. Parler de dépendance énergétique, ce n'est pas seulement compter les importations : c'est cartographier des vulnérabilités, identifier des points de pression, mesurer la capacité d'un adversaire (ou d'un partenaire « transactionnel ») à imposer ses conditions sans tirer un seul coup de feu.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>L'Italie est un cas d'école.</strong> Elle consomme beaucoup, produit relativement peu, et doit donc « importer » à la fois des molécules et de la sécurité. Or la sécurité est le bien le plus cher du siècle : elle se paie en alignements, en renoncements, en marges de manœuvre perdues. Le problème s'est durci depuis que l'Europe a réduit, parfois interrompu, une partie des approvisionnements russes acheminés par des corridors terrestres relativement maîtrisables. On a diversifié les fournisseurs, mais on a aussi déplacé le centre de gravité vers des routes maritimes longues, exposées, et surtout compressées en goulets d'étranglement.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Cette mutation transforme une dépendance « politique » (un fournisseur dominant) en dépendance « géostratégique » (des itinéraires obligés). C'est une différence décisive : un contrat se renégocie ; un détroit, lui, se verrouille ou se menace.</strong></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Ormuz : le goulot qui suffit à faire monter les enchères</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94301864-65774213.jpg?v=1770908007" alt="Énergie et souveraineté italiennes : quand la dépendance devient une arme. Giuseppe Gagliano" title="Énergie et souveraineté italiennes : quand la dépendance devient une arme. Giuseppe Gagliano" />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto"><strong>Le détroit d'Ormuz est devenu la métaphore de la nouvelle fragilité européenne. </strong>D'après l'Administration américaine de l'information sur l'énergie, le flux pétrolier y a atteint en 2024 une moyenne d'environ 20 millions de barils par jour, soit près de 20 % de la consommation mondiale de liquides pétroliers. On n'a même pas besoin d'une fermeture totale : la menace suffit à déclencher une hausse des primes d'assurance, une flambée des coûts d'affrètement, une nervosité des marchés qui se répercute immédiatement sur les prix payés par l'industrie et les ménages.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Ormuz illustre un principe central de la guerre économique : le levier n'est pas la destruction, c'est l'incertitude</strong>. Celui qui peut injecter de l'incertitude dans une chaîne d'approvisionnement possède un pouvoir de négociation disproportionné. Même les capacités de contournement restent limitées : l'analyse de l'<a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/EIA" target="_blank">EIA</a>  rappelle que l'Arabie saoudite et les Émirats disposent de pipelines permettant en partie de contourner Ormuz, mais avec des capacités disponibles qui ne couvrent pas tout choc majeur. Autrement dit, l'architecture mondiale demeure dépendante d'un passage étroit, politiquement inflammable.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Pour l'Italie, le sujet est encore plus concret avec le gaz naturel liquéfié : le GNL remplace une partie des gazoducs, mais au prix d'une logistique plus longue et plus vulnérable. Et la vulnérabilité est mesurable : un rapport de l'IEEFA souligne qu'une perturbation à Ormuz mettrait en péril une part significative des importations européennes de GNL. Dans une perspective Harbulot, cela signifie que l'énergie n'est plus seulement « achetée » : elle est « contestée » dans l'espace, par la menace, le risque, et la maîtrise des routes.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Bab el-Mandeb et Suez : le commerce mondial sous pression, l'Italie en première ligne</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Si Ormuz est le premier verrou, Bab el-Mandeb est le second. C'est la porte du canal de Suez : quand elle se fragilise, c'est tout l'axe Europe–Asie qui se renchérit. Des analyses de place décrivent Bab el-Mandeb comme un passage où se concentrent instabilité politique, menaces armées et rivalités de puissances, avec un impact immédiat sur les chaînes logistiques.&nbsp;</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Là encore, les chiffres expliquent le mécanisme de coercition. La <a class="link" href="https://unctad.org/fr" target="_blank">CNUCED </a>  rappelle que le canal de Suez traite environ 10 % du volume du commerce maritime mondial et 22 % du commerce mondial de conteneurs. Elle note aussi qu'en juin 2024, les transits et capacités ont fortement chuté par rapport à la période de référence de fin 2023, et que le détour par le cap de Bonne-Espérance allonge les routes et les délais (un exemple donné pour un trajet Asie–Europe passe d'environ 31 jours via Suez à environ 41 jours via le cap).&nbsp;</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>C'est exactement la traduction économique d'une guerre de positions </strong>: rallonger les routes, saturer les flottes, créer de la congestion portuaire, et donc transférer le coût sur les économies importatrices. Pour un pays transformateur comme l'Italie, cela se propage immédiatement : coût de l'électricité, coût du fret, coût des intrants, tensions sur l'inflation, fragilisation de secteurs sensibles (métallurgie, chimie, verre, céramique, agroalimentaire). Le résultat n'est pas seulement une facture : c'est un affaiblissement de la compétitivité, donc un recul stratégique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Gibraltar : passage « ami », dépendance réelle</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94301864-65774307.jpg?v=1770908145" alt="Énergie et souveraineté italiennes : quand la dépendance devient une arme. Giuseppe Gagliano" title="Énergie et souveraineté italiennes : quand la dépendance devient une arme. Giuseppe Gagliano" />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">On objectera que Gibraltar n'est pas Ormuz : c'est vrai. Mais, en intelligence économique, la question n'est pas de soupçonner des alliés de vouloir « bloquer » : la question est de constater que l'existence même d'un passage obligé réduit l'autonomie. La CNUCED classe le détroit de Gibraltar parmi les principaux points de passage reliant Méditerranée et Atlantique.&nbsp;</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Dans une crise, l'arme n'est pas forcément le blocus. Cela peut être la régulation, la priorisation, la saturation, la surenchère normative, ou simplement la capacité à imposer des conditions politiques en échange de « fluidité ». La dépendance fonctionne comme un multiplicateur de contraintes : plus vous dépendez d'un itinéraire, plus vous dépendez de ceux qui le sécurisent.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les gazoducs : diversification apparente, dépendances reconfigurées</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">L'Italie a renforcé ses liens d'approvisionnement via le Nord de l'Afrique et d'autres corridors. C'est rationnel. Mais la logique de Christian Harbulot pousse à regarder le « système » : stabilité des pays de transit, capacité d'investissement des fournisseurs, compétition d'influence, et possibilité de chantage.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le rapport du Service de recherche du Parlement européen rappelle un fait structurel : pour le gaz, la diversification est plus difficile que pour le pétrole, car les infrastructures (gazoducs, terminaux GNL) coûtent cher, prennent des années, et exigent l'accord des pays traversés ; les relations s'inscrivent souvent dans des contrats de long terme. C'est une phrase-clé : elle signifie que la dépendance gazière est « collante ». Une fois que vous êtes engagé dans un corridor, vous êtes exposé au corridor.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'Asie centrale illustre ce piège : les routes terrestres passent par des zones éloignées, parfois instables, puis butent sur la question du transit turc. Or la Turquie a précisément construit, selon une analyse de l'<a class="link" href="https://www.epge.fr/" target="_blank">EPGE</a>, une stratégie de puissance consistant à transformer une faiblesse (faible production domestique) en avantage stratégique, en se rendant carrefour énergétique incontournable pour l'accès au marché européen.&nbsp; Dit autrement : l'Europe cherche des alternatives et, ce faisant, renforce parfois la valeur géopolitique d'intermédiaires capables de monnayer le passage.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>C'est une mécanique classique de guerre économique : celui qui contrôle l'intermédiation contrôle une partie de la décision des autres.</strong></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le débat caché : énergie, alignement, et conditionnalité de la protection</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Votre intuition politique est centrale : l'Italie appartient à un système de sécurité dominé par les États-Unis. Ce système fournit des garanties, mais ces garanties ne sont pas « gratuites ». Dans une crise énergétique majeure, l'assistance, la protection des routes, la coordination logistique, l'accès à certaines capacités, seront d'autant plus solides que Rome restera alignée sur la ligne stratégique du garant.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La littérature de guerre économique insiste sur un point : la dépendance matérielle produit une dépendance décisionnelle. Ce n'est pas un complot, c'est une structure. L'EPGE, dans une réflexion sur l'Europe, souligne comment les sanctions et la rupture énergétique ont pu enfermer le continent dans une vulnérabilité accrue et une énergie de substitution plus coûteuse, avec des effets industriels lourds. Qu'on partage ou non toutes les formulations, l'angle est intéressant : la souveraineté n'est pas une déclaration, c'est une capacité à supporter un désaccord sans suffoquer.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Dans cette logique, la dénonciation de la « sudditanza » (soumission)&nbsp;italienne devient souvent une polémique stérile si elle ne s'attaque pas à la racine : la dépendance énergétique est un "guinzaglio" (laisse) parce qu'elle offre à d'autres la possibilité de vous faire payer un choix diplomatique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La Russie : réalisme économique, mais piège de la dépendance unique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">L'idée d'un rapprochement économique (sans nécessaire alignement politique total) avec la Russie revient parce qu'elle répond à un besoin de géographie : la Russie offre des ressources abondantes, et, surtout, des corridors terrestres moins exposés aux détroits. La question est de savoir comment en tirer un bénéfice sans retomber dans la dépendance d'un seul fournisseur.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'approche « école française » n'est ni romantique ni morale : elle est compétitive. Elle poserait trois questions très concrètes :</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">1. Quels sont nos points de vulnérabilité prioritaires et comment les réduire en premier ?</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">2. Comment éviter qu'un fournisseur ou un corridor redevienne dominant ?</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">3. Comment transformer l'énergie en outil de résilience plutôt qu'en talon d'Achille ?</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Autrement dit, le sujet n'est pas « Russie oui/non ». Le sujet est la marge : multiplier les options réelles (sources, routes, stockage, capacités de regazéification, interconnexions, sobriété industrielle intelligente), afin que la menace de coupure ne suffise plus à « fermer boutique ».</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Ce que la grille "Harbulot" change : passer de la gestion à la stratégie</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La contribution majeure de l'intelligence économique appliquée à l'énergie est de déplacer le regard :</div>    <div dir="auto">On ne parle plus seulement de prix, mais de rapports de force.</div>    <div dir="auto">On ne parle plus seulement de contrats, mais de capacité de nuisance.</div>    <div dir="auto">On ne parle plus seulement d'approvisionnement, mais de continuité de la nation économique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Dans cette perspective, l'Italie doit traiter l'énergie comme une fonction régalienne de puissance. Cela implique une doctrine : une cartographie permanente des dépendances, un renseignement économique sur les acteurs (États, compagnies, assureurs, armateurs, régulateurs), une anticipation des campagnes d'influence et de pression, et une politique industrielle cohérente. L'énergie devient le socle sur lequel reposent toutes les autres ambitions internationales : sans énergie sûre et abordable, la diplomatie est un discours sans base matérielle.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">C'est aussi la leçon historique que vous évoquez indirectement : une puissance industrielle qui ne peut pas sécuriser ses intrants vitaux finit par céder sous la pression combinée de la guerre matérielle et de la guerre économique. La différence, aujourd'hui, c'est que la pression peut s'exercer sans invasion : il suffit d'étouffer des routes, de renchérir le risque, de déplacer le coût, et d'attendre que la contrainte fasse son œuvre à l'intérieur.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La souveraineté commence là où la menace de coupure cesse d'être crédible</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">L'Italie est entrée dans une ère où l'énergie ressemble à un « nœud coulant » stratégique : Ormuz, Bab el-Mandeb, Suez, Gibraltar, corridors terrestres sensibles, rôle d'intermédiaires ambitieux. Dans un monde de tensions prolongées, cette architecture signifie une chose : chaque posture internationale plus active se paiera par une exigence accrue de résilience énergétique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La priorité n'est donc pas seulement de diversifier, mais de rendre la menace de strangulation moins efficace. Tant qu'il suffira de menacer quelques passages clés pour faire monter nos coûts, casser notre industrie et déclencher des tensions sociales, notre autonomie restera conditionnelle. Dans la grammaire de la guerre économique, l'objectif minimal est clair : reprendre des marges. Parce qu'en 2026, la liberté politique se mesure, très concrètement, en molécules, en routes, en stocks, et en capacité à dire non sans s'asphyxier.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.iea.org/reports/italy-2023/executive-summary" target="_blank">https://www.iea.org/reports/italy-2023/executive-summary</a> </div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://iea.blob.core.windows.net/assets/71b328b3-3e5b-4c04-8a22-3ead575b3a9a/Italy_2023_EnergyPolicyReview.pdf" target="_blank">https://iea.blob.core.windows.net/assets/71b328b3-3e5b-4c04-8a22-3ead575b3a9a/Italy_2023_EnergyPolicyReview.pdf</a> </div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.eia.gov/todayinenergy/detail.php?id=65504" target="_blank">https://www.eia.gov/todayinenergy/detail.php?id=65504</a> </div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://ieefa.org/resources/strait-hormuz-disruption-would-jeopardise-10-europes-lng-imports" target="_blank">https://ieefa.org/resources/strait-hormuz-disruption-would-jeopardise-10-europes-lng-imports</a> </div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://unctad.org/system/files/official-document/rmt2024_en.pdf" target="_blank">https://unctad.org/system/files/official-document/rmt2024_en.pdf</a> </div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.coface.ch/news-publications-insights/bab-el-mandeb-strait-tension-at-a-global-trade-route" target="_blank">https://www.coface.ch/news-publications-insights/bab-el-mandeb-strait-tension-at-a-global-trade-route</a> </div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.iea.org/reports/gas-market-lessons-from-the-2022-2023-energy-crisis/anatomy-of-a-natural-gas-crisis" target="_blank">https://www.iea.org/reports/gas-market-lessons-from-the-2022-2023-energy-crisis/anatomy-of-a-natural-gas-crisis</a> </div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.iea.org/countries/italy" target="_blank">https://www.iea.org/countries/italy</a> </div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/middle-east/us-issues-fresh-guidance-vessels-transiting-strait-hormuz-iran-tensions-simmer-2026-02-09/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/middle-east/us-issues-fresh-guidance-vessels-transiting-strait-hormuz-iran-tensions-simmer-2026-02-09/</a> </div>    <div dir="auto"><a href="https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/IDAN/2020/649334/EPRS_IDA(2020)649334_FR.pdf" rel="noreferrer" target="_blank">https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/IDAN/2020/649334/EPRS_IDA(2020)649334_FR.pdf</a></div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.ege.fr/infoguerre/2020/11/divergences-strategiques-etats-membres-de-lunion-europeenne-choix-energetiques" target="_blank">https://www.ege.fr/infoguerre/2020/11/divergences-strategiques-etats-membres-de-lunion-europeenne-choix-energetiques</a> </div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.ege.fr/infoguerre/evolution-de-la-puissance-energetique-francaise" target="_blank">https://www.ege.fr/infoguerre/evolution-de-la-puissance-energetique-francaise</a> </div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.epge.fr/le-point-sur-notre-dependance-avec-la-russie/" target="_blank">https://www.epge.fr/le-point-sur-notre-dependance-avec-la-russie/</a> </div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.epge.fr/la-turquie-confrontee-a-la-problematique-energetique/" target="_blank">https://www.epge.fr/la-turquie-confrontee-a-la-problematique-energetique/</a> </div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.epge.fr/comment-les-etats-unis-ont-organise-la-penurie-de-gaz-en-europe/" target="_blank">https://www.epge.fr/comment-les-etats-unis-ont-organise-la-penurie-de-gaz-en-europe/</a> </div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.epge.fr/entre-decrochage-et-isolement-leurope-piegee-par-la-reorientation-strategique-americaine/" target="_blank">https://www.epge.fr/entre-decrochage-et-isolement-leurope-piegee-par-la-reorientation-strategique-americaine/</a> </div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.jeunes-ihedn.org/events/sante-economique-et-dependance-energetique-quelle-europe-en-2030/" target="_blank">https://www.jeunes-ihedn.org/events/sante-economique-et-dependance-energetique-quelle-europe-en-2030/</a> </div>  </blockquote>  
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     <div><b>A propos de </b></div>
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      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
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    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Energie-et-souverainete-italiennes-quand-la-dependance-devient-une-arme-Giuseppe-Gagliano_a7037.html" />
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