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 <title>www.veillemag.com</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-10T19:50:05+02:00</updated>
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   <title>La Fabrique du Souvenir. Sites touristiques et patrimoniaux français, souvenirs étrangers : anatomie d'une incohérence économique et stratégique. Entretien avec Patrick Cansell</title>
   <updated>2026-02-19T09:56:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/La-Fabrique-du-Souvenir-Sites-touristiques-et-patrimoniaux-francais-souvenirs-etrangers-anatomie-d-une-incoherence_a7068.html</id>
   <category term="STRATEGIES" />
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   <published>2026-02-19T09:51:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Porté par l’École de Guerre Économique dans le cadre des projets MercurIE, et réalisé par deux groupes d’étudiants de ses promotions SIE27 et SIE28, le rapport La Fabrique du Souvenir a été commandité par Patrick Cansell et Charles de Bisschop.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94609257-66084008.jpg?v=1771491062" alt="La Fabrique du Souvenir. Sites touristiques et patrimoniaux français, souvenirs étrangers : anatomie d'une incohérence économique et stratégique. Entretien avec Patrick Cansell" title="La Fabrique du Souvenir. Sites touristiques et patrimoniaux français, souvenirs étrangers : anatomie d'une incohérence économique et stratégique. Entretien avec Patrick Cansell" />
     </div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/charles-d-b72570151/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Charles de Bisschop</a>  chargé de projet «&nbsp;Made in France&nbsp;» à la Direction générale des entreprises du ministère de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique et <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/patrick-cansell/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Patrick Cansell </a>  est enseignant à l’Ecole de Guerre Economique, où il supervise le programme MercurIE, dirigeant du cabinet ARTEM-IS (Défense, Crise et Sécurité) et enseignant-chercheur associé à l’Université Gustave Eiffel, sous sa casquette de délégué régional Grand-Est du Syndicat français de l’intelligence économique (SYNFIE). <br />   <br />  Ce travail de près de deux ans met en lumière un paradoxe frappant : dans une France leader mondial du tourisme, la très grande majorité des souvenirs vendus sur les sites patrimoniaux sont importés. En s’appuyant sur des enquêtes terrain, des recherches en sources ouvertes, des dizaines d’entretiens et des expérimentations sur trois sites partenaires, menées avec artisans, TPE, PME et gestionnaires de sites, Patrick Cansell et ses étudiants interrogent les incohérences du secteur et esquisse des pistes pour reconnecter patrimoine et économie locale</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>JS. Qu’est-ce qui vous a poussé, personnellement, à vous concentrer sur un sujet aussi peu traité que celui du souvenir touristique — un sujet en apparence anodin, mais qui révèle en réalité des contradictions profondes dans la manière dont la France pense son patrimoine, son économie et son identité ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">A l’origine du projet, il y a un choc. Je suis historien et géographe de formation. J’ai eu la chance d’étudier il y a plus de 30 ans les dynamiques territoriales et les questions d’aménagement à l’Université de Lorraine avec des enseignants comme Jean-Pierre Husson et d’autres, sans parler des rencontres ultérieures avec des chercheurs passionnés comme le géographe Denis Mathis ou des experts du territoire comme Jérôme Barrier (1*) . Difficile dès lors de ne pas s’intéresser à la manière dont un territoire se représente et se raconte. Ses racines, ses enjeux, sa résilience et l’attachement que ses habitants, ou des acteurs de passage, le vivent. <br />  &nbsp; <br />  En 2016, lors d’une visite à Carcassonne, je suis entré dans une échoppe médiévale dont la vitrine exposait des épées forgées. Ma pratique (très modeste) des <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Arts_martiaux_historiques_europ%C3%A9ens" target="_blank">AMHE</a>  m’y a naturellement entraîné. À l’intérieur, le choc : lames et cottes de maille étaient Made in India, objets «&nbsp;médiévaux&nbsp;» et bibelots étaient fabriqués en Chine pour la plupart, avec quelques productions polonaises ou made in UK en complément, et une absence quasi-totale de productions françaises. Et rien de local. Dans une ville médiévale comme Carcassonne&nbsp;? Genre il n’y a pas un forgeron dans les environs&nbsp;? Personne pour coordonner cela&nbsp;? Pour encourager le local&nbsp;? Le choc. Je ne pouvais pas ne pas chercher à creuser le sujet. <br />  &nbsp; <br />  Comment les gestionnaires d’un site patrimonial tel que celui-ci peuvent-il abandonner à une pure logique marchande, le marché du «&nbsp;souvenir&nbsp;» qui incarne, au sens propre, la représentation de tels sites d’exception. <br />  &nbsp; <br />  <strong>C’est clairement un problème de cohérence, ou plutôt ici d’incohérence.</strong> <br />  Un site construit sa valeur sur l’authenticité, la transmission, la singularité. Or "l’objet-souvenir" qui constitue la dernière empreinte de la visite, est déconnecté du lieu car massivement importé. Les années ont passé et j’ai cherché une opportunité de lancer une étude sur ce thème. <br />   <br />  En septembre 2023, Charles Pahlawan, directeur adjoint de l’École de Guerre Économique, a accepté mon sujet dans le cadre des projets MercurIE. Ce sont des projets lourds, professionnalisant, dont les donneurs d’ordre sont des institutions de premier plan, des acteurs critiques de la société civile ou des grandes entreprises. Une première équipe s’est lancée avec passion sur le sujet et l’intuition est devenue objet d’étude. <br />  Et Charles de Bisschop, chargé de projet «&nbsp;Made in France&nbsp;» à la DGE, à Bercy, m’a rejoint dans l’aventure en tant que co-commanditaire de ce sujet. La team a été complétée par Louis-Guillaume Treillou, de la SIE22 de l’EGE, expert dans le territorial, pour coacher les élèves. Deux années de travail, et donc deux équipes MercurIE, ont permis de transformer un constat isolé en analyse structurée. <br />  &nbsp; <br />  Heureusement, on s’est rapidement aperçu que, même s’ils sont très minoritaires, de nombreux acteurs sont vertueux – ils ne nous ont pas attendus&nbsp;! Mais le bilan global demeure consternant&nbsp;: la France accueille des centaines de millions de visiteurs nationaux et internationaux chaque année. Le marché du souvenir représente plusieurs milliards d’euros (sans doute entre 4,5 et 6 milliards au total). <br />  <strong>Pourtant, une large proportion des produits vendus dans les boutiques de sites patrimoniaux est importée&nbsp;: 80 à 90% dans la centaine de boutiques visitées en 2024, alors que les chiffres que l’on trouve en ligne indiquent «&nbsp;seulement&nbsp;» 70%.</strong>  <div>&nbsp;  <hr align="left" size="1" width="33%" />  <blockquote>  <div id="ftn1">(1*)&nbsp; (2022). <em>Réconcilier les territoires : Quel avenir pour nos villes et nos campagnes ?</em>. Les éditions Ovadia</div>  </blockquote>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>JS. Les sites patrimoniaux valorisent l’authenticité, l’ancrage territorial, la transmission. Comment justifient-ils la vente massive de souvenirs standardisés, importés, « déconnectés » de ce qu’ils prétendent incarner ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le souvenir est un objet modeste en apparence. Il apparaît facilement négligeable dans une stratégie d’attractivité à l’échelle nationale. On va favoriser la customisation (emblème régional, logo du site, impression d’images) voire ce que Romain BERTRAND, Secrétaire général d’Origine France Garantie, appelle le «&nbsp;Made in France washing&nbsp;» où les revendications de production française pourraient être exagérées ou trompeuses, masquant une réalité de production moins locale que ce qui est prétendu. Sans parler du fait que de nombreuses boutiques peu vertueuses revendent des produits qui reposent sur des objets importés, en apportant une ultime transformation souvent superficielle ou recourent directement à des grossistes importateurs qui offrent des produits customisés clefs en main, parfois fortement inspirés de productions françaises (2*). <br />  &nbsp; <br />  On n’imagine pas le nombre de cigognes «&nbsp;alsaciennes&nbsp;», de tours Eiffel «&nbsp;parisiennes&nbsp;», de savons «&nbsp;de Marseille&nbsp;», de bérets «&nbsp;basques&nbsp;» ou de bol «&nbsp;bretons&nbsp;» proposées sur des plateformes de vente le plus souvent chinoises comme dans des catalogues de grossistes importateurs. A des prix défiants toute concurrence et avec des niveaux de qualité qui vont du bas de gamme à la finition aléatoire à des produits sophistiqués qui «&nbsp;font le job&nbsp;». On fera aussi le distinguo entre les boutiques «&nbsp;officielles&nbsp;» d’un site donné, qui ont tendance à faire quelques efforts sur la qualité des produits, des boutiques riveraines qui ont le même comportement que les boutiques de villes touristiques&nbsp;: import massif, prix cassés, voire traçabilité aléatoire voire affichage trompeur. Nous avons identifié des cas extrêmes dans des boutiques à Paris et Bruxelles par exemple&nbsp;: alignement de mugs sans provenance, magnets sans marquage, textiles imprimés aux couleurs du site (armoirie, drapeau, nom de la ville) mais faits en Turquie ou en Chine, avec les étiquettes d’origine parfois supprimées (sauf qu’on les a retrouvés dans d’autres boutiques et/ou en ligne), ou cartes postales sans marquage, imprimées localement et vendues «&nbsp;au black&nbsp;»… <br />   <br />  Plus subtil&nbsp;: des affichages trompeurs avec des stickers made in France apposés sur des étalages où un seul produit est français et tout le reste, truffé de petits drapeaux tricolores, importé – notamment dans la boutique d’un site touristique qui appartient à la Ville de Paris&nbsp;! Dans la même boutique, un produit emblématique du lieu (que l’on a retrouvé online comme étant chinois) était massivement présent sans étiquette d’origine, vendu évidemment beaucoup plus cher qu’en ligne, et présenté comme «&nbsp;made in UK&nbsp;» quand on posait la question au personnel, très hésitant et pas du tout sensible à la question de la provenance. <br />   <br />  Des pratiques aléatoires, donc, dont certaines sont condamnables légalement, et d’autres très légères avec l’éthique… Enfin, dans certaines boutiques de rue et auprès de certains professionnels, des interviews parfois flippantes évoquant un système quasi-mafieux autour du «&nbsp;souvenir&nbsp;» dans les rues parisiennes. <br />   <br />  Mais revenons à la majorité des cas, heureusement pas aussi extrêmes. Pour la plupart des boutiques, c’est bien la dimension du coût qui est évidemment centrale&nbsp;: les produits importés, même superficiellement transformés en France (impression par ex.), ont un coût de revient extrêmement bas et le recours aux grossistes facilite grandement la logistique. <strong>Prix bas et simplicité</strong>. Ce sont des arguments de poids. Il y a pourtant un tissu industriel du souvenir «&nbsp;Fabriqué en France&nbsp;» (et pas seulement transformé) mais ils affrontent une concurrence vive, qui ne se bat pas avec les mêmes armes.  <div>&nbsp;  <hr align="left" size="1" width="33%" />  <blockquote>  <div id="ftn1">(2*) Des procès pour contrefaçons, difficiles à remporter, ont été menés par des acteurs français qui retrouvaient des clones de leur production sur des catalogues d’importateurs. Quand les éléments de preuve produits par les entreprises chinoises accusées sont leurs propres factures, en chinois, très aisément <em>antidatables</em>, comment lutter&nbsp;pour protéger sa PI ?</div>  </blockquote>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>JS. Les gestionnaires de sites sont garants de la préservation du patrimoine matériel et immatériel. Pourquoi les savoir-faire locaux — qui font partie intégrante de ce patrimoine — restent-ils si peu intégrés dans l’offre commerciale des boutiques ?</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94609257-66084141.jpg?v=1771491037" alt="La Fabrique du Souvenir. Sites touristiques et patrimoniaux français, souvenirs étrangers : anatomie d'une incohérence économique et stratégique. Entretien avec Patrick Cansell" title="La Fabrique du Souvenir. Sites touristiques et patrimoniaux français, souvenirs étrangers : anatomie d'une incohérence économique et stratégique. Entretien avec Patrick Cansell" />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La question est importante car on va au-delà du «&nbsp;Fabriqué en France&nbsp;»&nbsp;: on touche au territoire. Au «&nbsp;terroir&nbsp;» même. Quittons les grandes villes touristiques, qui sont des cas spécifiques. Dans la plupart des territoires, le site patrimonial est un flagship, un navire amiral qui génère de l’attractivité, de l’emploi, de l’activité (restauration, hôtellerie, culture, commerces, services, etc.) dans son «&nbsp;hinterland&nbsp;» - l’arrière-pays du site, c’est-à-dire l’espace dont les ressources humaines, artisanales, productives et culturelles peuvent être mobilisées par le site / grâce au site. Y trouver artisans, TPE semble logique. <strong>Mais en réalité, le marché du souvenir n’est pas paramétré pour eux.</strong> <br />   <br />  D’une part, les artisans et TPE ne sont souvent pas identifiés comme des fournisseurs potentiels. Les boutiques ne disposent pas d’un annuaire structuré, de points de contacts – il n’y a que peu d’acteurs qui tentent de se présenter en intermédiaire et quand c’est le cas, cela a forcément un coût. La difficulté n’est pas l’absence de savoir-faire. Elle est l’absence d’interface. Par ailleurs, les contraintes de volumes, de délais et de régularité généralement imposés pour les souvenirs mis en boutique ne sont pas compatibles avec une production artisanale, qui privilégie la petite série et produit de manière non continue, non standardisée. Une TPE répond davantage à ces critères mais doit fournir de gros efforts commerciaux pour se faire connaître puis s’aligner face à la concurrence, quand les gestionnaires de sites n’ont pas intégré la provenance nationale ou locale comme un atout majeur, un pilier stratégique de leur attractivité. <br />  &nbsp; <br />  Du point de vue du gestionnaire, on raisonne évidemment – et ne soyons pas naïf&nbsp;: c’est un enjeu vital pour les boutiques – en chiffre d’affaires, en marge, en risque de rupture de stock. Ce n’est pas juste la facilité ou l’appât du gain qui conduit à recourir à des grossistes et à l’import. C’est une façon de maîtriser les risques et d’améliorer la profitabilité. Un commerce n’est pas une ONG. Mais ces gestionnaires oublient qu’une boutique où l’on s’attarde est une boutique qui fait du chiffre d’affaires.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>JS. Beaucoup d’acteurs invoquent les appels d’offres, les marchés publics ou les contraintes budgétaires pour justifier l’absence de produits locaux. Votre étude montre-t-elle que ces arguments sont fondés, ou servent-ils parfois de prétexte pour éviter de repenser les modèles d’achat ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Evidemment. Cela n’a absolument aucun sens de faire des appels d’offres quand on cherche du qualitatif, des petites séries originales, du local. C’est à la fois contreproductif et antinomique des jolis discours de RSE qui ont fleuri depuis 10 ans. Il existe des seuils au-delà desquels c’est impératif&nbsp;: 40.000 euros pour certains établissements. Ici, on parle de marchés de quelques centaines à quelques milliers d’euros. <br />   <br />  L’appel d’offres sur de telles sommes devient un prétexte pour ne pas agir. C’est une réponse bête et méchante à la problématique de l’approvisionnement, particulièrement quand, au niveau décisionnaire, on ne veut pas comprendre l’enjeu, et quand, au niveau opérationnel, on ne voit pas pourquoi «&nbsp;on s’emmerderait la vie&nbsp;» à gérer un réseau d’artisans, avec leurs difficultés, leurs impératifs, leurs exigences. On a deux populations qui s’ignorent ou se méfient l’une de l’autre. Beaucoup d’a priori dans tout ça. Et pas beaucoup de vision stratégique. Pire&nbsp;: l’appel d’offres donne l’illusion d’un dispositif neutre, sans parti pris. Alors que justement&nbsp;: c’est le choix mortifère d’une sorte de nihilisme patrimonial. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>JS. Vous donnez le sentiment qu’il y un d’autres formes de retour sur investissement dans le choix de l’artisanat, du local, de la qualité et du vrai « Fabriqué en France » ? Pourriez-vous expliciter ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Absolument&nbsp;: nous avons vu des pratiques extrêmement vertueuses et elles ne sont pas portées par des gens qui font abstraction du retour sur investissement de leur démarche. Bien au contraire&nbsp;: ils ont une vision stratégique et jouent sur le temps long, par la mise en place d’un cercle vertueux qui s’avère à terme bien plus profitable que le court-termisme largement pratiqué dans les boutiques classiques. <br />  &nbsp; <br />  Le «&nbsp;souvenir&nbsp;» concentre plusieurs dimensions clefs : économique, culturelle, territoriale et symbolique. Les bonnes pratiques montrent que l’intégration est possible lorsque certaines conditions sont réunies : relation directe avec les petits producteurs et artisans locaux, clarification des attentes des boutiques, distinction entre produits de flux (gros volumes, coût maîtrisé, standardisation) et les produits artisanaux, qui sont parfois des pièces uniques, ayant une valeur patrimoniale ou symboliques, qui apportent de la diversité et de l’originalité dans une boutique, qui illustrent les valeurs et l’image du site patrimonial, jusque dans le foyer des visiteurs-acquéreur. M. Philippe Brunella, directeur du Musée de la Cour d’Or à Metz au moment de notre expérimentation terrain, a souligné cette stratégie visionnaire consistant à investir sur la durée, sur la réputation, plutôt que de tenter de faire s’aligner les petits producteurs sur les standards d’achat «&nbsp;classiques&nbsp;». <br />  &nbsp; <br />  Le problème n’est pas moral. Il est structurel. L’offre s’est homogénéisée autour de produits standardisés à forte rotation, fournis par des grossistes internationaux. L’origine n’est pas un critère structurant des achats. La logique dominante est celle du flux, du volume et de la marge immédiate. <br />   <br />  Or l’objet-souvenir n’est pas un produit comme un autre. Il est la continuité de l’expérience de visite. Il contribue à la mémoire du lieu, à sa notoriété, à son rayonnement. Le traiter comme un simple article de commerce revient à sous-exploiter un levier stratégique. M. Brunella nous a clairement expliqué que l’objet d’exception (au sens de «&nbsp;différent&nbsp;», pas forcément au sens de «&nbsp;coûteux&nbsp;») est un ambassadeur du site, un emblème qui va suivre le touriste dans son pays et donner envie à d’autres de venir. <br />   <br />  Le beau, le vrai, le local&nbsp;: c’est ça qui fait venir des gens du bout du monde. La boutique d’un site patrimonial doit donc être particulièrement soignée, en recherche permanente de qualité et d’originalité. Elle est un vecteur d’image et un prolongement de l’expérience de visite. Pas juste une cash machine. Quand les gestionnaires de boutiques et les décideurs qui les pilotent au niveau territorial auront compris qu’on peut être les deux à la fois, on aura fait un grand pas sur la bonne voie. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Merci Patrick Cansell, d’avoir répondu à nos questions !</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/patrick-cansell/" target="_blank">Patrick Cansell</a>  est consultant et enseignant‑chercheur associé au sein d’ARTEM IS, où il explore les liens entre intelligence stratégique, industries culturelles et politiques publiques. Spécialiste des dynamiques économiques de l’audiovisuel, il accompagne institutions et organisations dans l’analyse des transformations du secteur. Auteur de plusieurs études de référence, il s’attache à décrypter les enjeux de souveraineté, de patrimoine et de compétitivité qui traversent la fabrique contemporaine des images.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Fabrique du Souvenir. Sites touristiques et patrimoniaux français, souvenirs étrangers : anatomie d'une incohérence économique et stratégique. Entretien avec Patrick Cansell</title>
   <updated>2026-02-22T16:57:00+01:00</updated>
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   <published>2026-02-19T09:51:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
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Porté par l’École de Guerre Économique dans le cadre des projets MercurIE, et réalisé par deux groupes d’étudiants de ses promotions SIE27 et SIE28, le rapport La Fabrique du Souvenir a été commandité par Patrick Cansell et Charles de Bisschop.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94726674-66229427.jpg?v=1771491062" alt="Fabrique du Souvenir. Sites touristiques et patrimoniaux français, souvenirs étrangers : anatomie d'une incohérence économique et stratégique. Entretien avec Patrick Cansell" title="Fabrique du Souvenir. Sites touristiques et patrimoniaux français, souvenirs étrangers : anatomie d'une incohérence économique et stratégique. Entretien avec Patrick Cansell" />
     </div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/charles-d-b72570151/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Charles de Bisschop</a>  chargé de projet «&nbsp;Made in France&nbsp;» à la Direction générale des entreprises du ministère de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique et <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/patrick-cansell/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Patrick Cansell </a>  est enseignant à l’Ecole de Guerre Economique, où il supervise le programme MercurIE, dirigeant du cabinet ARTEM-IS (Défense, Crise et Sécurité) et enseignant-chercheur associé à l’Université Gustave Eiffel, sous sa casquette de délégué régional Grand-Est du Syndicat français de l’intelligence économique (SYNFIE). <br />   <br />  Ce travail de près de deux ans met en lumière un paradoxe frappant : dans une France leader mondial du tourisme, la très grande majorité des souvenirs vendus sur les sites patrimoniaux sont importés. En s’appuyant sur des enquêtes terrain, des recherches en sources ouvertes, des dizaines d’entretiens et des expérimentations sur trois sites partenaires, menées avec artisans, TPE, PME et gestionnaires de sites, Patrick Cansell et ses étudiants interrogent les incohérences du secteur et esquisse des pistes pour reconnecter patrimoine et économie locale</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>JS. Qu’est-ce qui vous a poussé, personnellement, à vous concentrer sur un sujet aussi peu traité que celui du souvenir touristique — un sujet en apparence anodin, mais qui révèle en réalité des contradictions profondes dans la manière dont la France pense son patrimoine, son économie et son identité ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">A l’origine du projet, il y a un choc. Je suis historien et géographe de formation. J’ai eu la chance d’étudier il y a plus de 30 ans les dynamiques territoriales et les questions d’aménagement à l’Université de Lorraine avec des enseignants comme Jean-Pierre Husson et d’autres, sans parler des rencontres ultérieures avec des chercheurs passionnés comme le géographe Denis Mathis ou des experts du territoire comme Jérôme Barrier (1*) . Difficile dès lors de ne pas s’intéresser à la manière dont un territoire se représente et se raconte. Ses racines, ses enjeux, sa résilience et l’attachement que ses habitants, ou des acteurs de passage, le vivent. <br />  &nbsp; <br />  En 2016, lors d’une visite à Carcassonne, je suis entré dans une échoppe médiévale dont la vitrine exposait des épées forgées. Ma pratique (très modeste) des <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Arts_martiaux_historiques_europ%C3%A9ens" target="_blank">AMHE</a>  m’y a naturellement entraîné. À l’intérieur, le choc : lames et cottes de maille étaient Made in India, objets «&nbsp;médiévaux&nbsp;» et bibelots étaient fabriqués en Chine pour la plupart, avec quelques productions polonaises ou made in UK en complément, et une absence quasi-totale de productions françaises. Et rien de local. Dans une ville médiévale comme Carcassonne&nbsp;? Genre il n’y a pas un forgeron dans les environs&nbsp;? Personne pour coordonner cela&nbsp;? Pour encourager le local&nbsp;? Le choc. Je ne pouvais pas ne pas chercher à creuser le sujet. <br />  &nbsp; <br />  Comment les gestionnaires d’un site patrimonial tel que celui-ci peuvent-il abandonner à une pure logique marchande, le marché du «&nbsp;souvenir&nbsp;» qui incarne, au sens propre, la représentation de tels sites d’exception. <br />  &nbsp; <br />  <strong>C’est clairement un problème de cohérence, ou plutôt ici d’incohérence.</strong> <br />  Un site construit sa valeur sur l’authenticité, la transmission, la singularité. Or "l’objet-souvenir" qui constitue la dernière empreinte de la visite, est déconnecté du lieu car massivement importé. Les années ont passé et j’ai cherché une opportunité de lancer une étude sur ce thème. <br />   <br />  En septembre 2023, Charles Pahlawan, directeur adjoint de l’École de Guerre Économique, a accepté mon sujet dans le cadre des projets MercurIE. Ce sont des projets lourds, professionnalisant, dont les donneurs d’ordre sont des institutions de premier plan, des acteurs critiques de la société civile ou des grandes entreprises. Une première équipe s’est lancée avec passion sur le sujet et l’intuition est devenue objet d’étude. <br />  Et Charles de Bisschop, chargé de projet «&nbsp;Made in France&nbsp;» à la DGE, à Bercy, m’a rejoint dans l’aventure en tant que co-commanditaire de ce sujet. La team a été complétée par Louis-Guillaume Treillou, de la SIE22 de l’EGE, expert dans le territorial, pour coacher les élèves. Deux années de travail, et donc deux équipes MercurIE, ont permis de transformer un constat isolé en analyse structurée. <br />  &nbsp; <br />  Heureusement, on s’est rapidement aperçu que, même s’ils sont très minoritaires, de nombreux acteurs sont vertueux – ils ne nous ont pas attendus&nbsp;! Mais le bilan global demeure consternant&nbsp;: la France accueille des centaines de millions de visiteurs nationaux et internationaux chaque année. Le marché du souvenir représente plusieurs milliards d’euros (sans doute entre 4,5 et 6 milliards au total). <br />  <strong>Pourtant, une large proportion des produits vendus dans les boutiques de sites patrimoniaux est importée&nbsp;: 80 à 90% dans la centaine de boutiques visitées en 2024, alors que les chiffres que l’on trouve en ligne indiquent «&nbsp;seulement&nbsp;» 70%.</strong>  <div>&nbsp;  <hr align="left" size="1" width="33%" />  <blockquote>  <div id="ftn1">(1*)&nbsp; (2022). <em>Réconcilier les territoires : Quel avenir pour nos villes et nos campagnes ?</em>. Les éditions Ovadia</div>  </blockquote>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>JS. Les sites patrimoniaux valorisent l’authenticité, l’ancrage territorial, la transmission. Comment justifient-ils la vente massive de souvenirs standardisés, importés, « déconnectés » de ce qu’ils prétendent incarner ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le souvenir est un objet modeste en apparence. Il apparaît facilement négligeable dans une stratégie d’attractivité à l’échelle nationale. On va favoriser la customisation (emblème régional, logo du site, impression d’images) voire ce que Romain BERTRAND, Secrétaire général d’Origine France Garantie, appelle le «&nbsp;Made in France washing&nbsp;» où les revendications de production française pourraient être exagérées ou trompeuses, masquant une réalité de production moins locale que ce qui est prétendu. Sans parler du fait que de nombreuses boutiques peu vertueuses revendent des produits qui reposent sur des objets importés, en apportant une ultime transformation souvent superficielle ou recourent directement à des grossistes importateurs qui offrent des produits customisés clefs en main, parfois fortement inspirés de productions françaises (2*). <br />  &nbsp; <br />  On n’imagine pas le nombre de cigognes «&nbsp;alsaciennes&nbsp;», de tours Eiffel «&nbsp;parisiennes&nbsp;», de savons «&nbsp;de Marseille&nbsp;», de bérets «&nbsp;basques&nbsp;» ou de bol «&nbsp;bretons&nbsp;» proposées sur des plateformes de vente le plus souvent chinoises comme dans des catalogues de grossistes importateurs. A des prix défiants toute concurrence et avec des niveaux de qualité qui vont du bas de gamme à la finition aléatoire à des produits sophistiqués qui «&nbsp;font le job&nbsp;». On fera aussi le distinguo entre les boutiques «&nbsp;officielles&nbsp;» d’un site donné, qui ont tendance à faire quelques efforts sur la qualité des produits, des boutiques riveraines qui ont le même comportement que les boutiques de villes touristiques&nbsp;: import massif, prix cassés, voire traçabilité aléatoire voire affichage trompeur. Nous avons identifié des cas extrêmes dans des boutiques à Paris et Bruxelles par exemple&nbsp;: alignement de mugs sans provenance, magnets sans marquage, textiles imprimés aux couleurs du site (armoirie, drapeau, nom de la ville) mais faits en Turquie ou en Chine, avec les étiquettes d’origine parfois supprimées (sauf qu’on les a retrouvés dans d’autres boutiques et/ou en ligne), ou cartes postales sans marquage, imprimées localement et vendues «&nbsp;au black&nbsp;»… <br />   <br />  Plus subtil&nbsp;: des affichages trompeurs avec des stickers made in France apposés sur des étalages où un seul produit est français et tout le reste, truffé de petits drapeaux tricolores, importé – notamment dans la boutique d’un site touristique qui appartient à la Ville de Paris&nbsp;! Dans la même boutique, un produit emblématique du lieu (que l’on a retrouvé online comme étant chinois) était massivement présent sans étiquette d’origine, vendu évidemment beaucoup plus cher qu’en ligne, et présenté comme «&nbsp;made in UK&nbsp;» quand on posait la question au personnel, très hésitant et pas du tout sensible à la question de la provenance. <br />   <br />  Des pratiques aléatoires, donc, dont certaines sont condamnables légalement, et d’autres très légères avec l’éthique… Enfin, dans certaines boutiques de rue et auprès de certains professionnels, des interviews parfois flippantes évoquant un système quasi-mafieux autour du «&nbsp;souvenir&nbsp;» dans les rues parisiennes. <br />   <br />  Mais revenons à la majorité des cas, heureusement pas aussi extrêmes. Pour la plupart des boutiques, c’est bien la dimension du coût qui est évidemment centrale&nbsp;: les produits importés, même superficiellement transformés en France (impression par ex.), ont un coût de revient extrêmement bas et le recours aux grossistes facilite grandement la logistique. <strong>Prix bas et simplicité</strong>. Ce sont des arguments de poids. Il y a pourtant un tissu industriel du souvenir «&nbsp;Fabriqué en France&nbsp;» (et pas seulement transformé) mais ils affrontent une concurrence vive, qui ne se bat pas avec les mêmes armes.  <div>&nbsp;  <hr align="left" size="1" width="33%" />  <blockquote>  <div id="ftn1">(2*) Des procès pour contrefaçons, difficiles à remporter, ont été menés par des acteurs français qui retrouvaient des clones de leur production sur des catalogues d’importateurs. Quand les éléments de preuve produits par les entreprises chinoises accusées sont leurs propres factures, en chinois, très aisément <em>antidatables</em>, comment lutter&nbsp;pour protéger sa PI ?</div>  </blockquote>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>JS. Les gestionnaires de sites sont garants de la préservation du patrimoine matériel et immatériel. Pourquoi les savoir-faire locaux — qui font partie intégrante de ce patrimoine — restent-ils si peu intégrés dans l’offre commerciale des boutiques ?</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94726674-66229430.jpg?v=1771491037" alt="Fabrique du Souvenir. Sites touristiques et patrimoniaux français, souvenirs étrangers : anatomie d'une incohérence économique et stratégique. Entretien avec Patrick Cansell" title="Fabrique du Souvenir. Sites touristiques et patrimoniaux français, souvenirs étrangers : anatomie d'une incohérence économique et stratégique. Entretien avec Patrick Cansell" />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La question est importante car on va au-delà du «&nbsp;Fabriqué en France&nbsp;»&nbsp;: on touche au territoire. Au «&nbsp;terroir&nbsp;» même. Quittons les grandes villes touristiques, qui sont des cas spécifiques. Dans la plupart des territoires, le site patrimonial est un flagship, un navire amiral qui génère de l’attractivité, de l’emploi, de l’activité (restauration, hôtellerie, culture, commerces, services, etc.) dans son «&nbsp;hinterland&nbsp;» - l’arrière-pays du site, c’est-à-dire l’espace dont les ressources humaines, artisanales, productives et culturelles peuvent être mobilisées par le site / grâce au site. Y trouver artisans, TPE semble logique. <strong>Mais en réalité, le marché du souvenir n’est pas paramétré pour eux.</strong> <br />   <br />  D’une part, les artisans et TPE ne sont souvent pas identifiés comme des fournisseurs potentiels. Les boutiques ne disposent pas d’un annuaire structuré, de points de contacts – il n’y a que peu d’acteurs qui tentent de se présenter en intermédiaire et quand c’est le cas, cela a forcément un coût. La difficulté n’est pas l’absence de savoir-faire. Elle est l’absence d’interface. Par ailleurs, les contraintes de volumes, de délais et de régularité généralement imposés pour les souvenirs mis en boutique ne sont pas compatibles avec une production artisanale, qui privilégie la petite série et produit de manière non continue, non standardisée. Une TPE répond davantage à ces critères mais doit fournir de gros efforts commerciaux pour se faire connaître puis s’aligner face à la concurrence, quand les gestionnaires de sites n’ont pas intégré la provenance nationale ou locale comme un atout majeur, un pilier stratégique de leur attractivité. <br />  &nbsp; <br />  Du point de vue du gestionnaire, on raisonne évidemment – et ne soyons pas naïf&nbsp;: c’est un enjeu vital pour les boutiques – en chiffre d’affaires, en marge, en risque de rupture de stock. Ce n’est pas juste la facilité ou l’appât du gain qui conduit à recourir à des grossistes et à l’import. C’est une façon de maîtriser les risques et d’améliorer la profitabilité. Un commerce n’est pas une ONG. Mais ces gestionnaires oublient qu’une boutique où l’on s’attarde est une boutique qui fait du chiffre d’affaires.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>JS. Beaucoup d’acteurs invoquent les appels d’offres, les marchés publics ou les contraintes budgétaires pour justifier l’absence de produits locaux. Votre étude montre-t-elle que ces arguments sont fondés, ou servent-ils parfois de prétexte pour éviter de repenser les modèles d’achat ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Evidemment. Cela n’a absolument aucun sens de faire des appels d’offres quand on cherche du qualitatif, des petites séries originales, du local. C’est à la fois contreproductif et antinomique des jolis discours de RSE qui ont fleuri depuis 10 ans. Il existe des seuils au-delà desquels c’est impératif&nbsp;: 40.000 euros pour certains établissements. Ici, on parle de marchés de quelques centaines à quelques milliers d’euros. <br />   <br />  L’appel d’offres sur de telles sommes devient un prétexte pour ne pas agir. C’est une réponse bête et méchante à la problématique de l’approvisionnement, particulièrement quand, au niveau décisionnaire, on ne veut pas comprendre l’enjeu, et quand, au niveau opérationnel, on ne voit pas pourquoi «&nbsp;on s’emmerderait la vie&nbsp;» à gérer un réseau d’artisans, avec leurs difficultés, leurs impératifs, leurs exigences. On a deux populations qui s’ignorent ou se méfient l’une de l’autre. Beaucoup d’a priori dans tout ça. Et pas beaucoup de vision stratégique. Pire&nbsp;: l’appel d’offres donne l’illusion d’un dispositif neutre, sans parti pris. Alors que justement&nbsp;: c’est le choix mortifère d’une sorte de nihilisme patrimonial. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>JS. Vous donnez le sentiment qu’il y un d’autres formes de retour sur investissement dans le choix de l’artisanat, du local, de la qualité et du vrai « Fabriqué en France » ? Pourriez-vous expliciter ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Absolument&nbsp;: nous avons vu des pratiques extrêmement vertueuses et elles ne sont pas portées par des gens qui font abstraction du retour sur investissement de leur démarche. Bien au contraire&nbsp;: ils ont une vision stratégique et jouent sur le temps long, par la mise en place d’un cercle vertueux qui s’avère à terme bien plus profitable que le court-termisme largement pratiqué dans les boutiques classiques. <br />  &nbsp; <br />  Le «&nbsp;souvenir&nbsp;» concentre plusieurs dimensions clefs : économique, culturelle, territoriale et symbolique. Les bonnes pratiques montrent que l’intégration est possible lorsque certaines conditions sont réunies : relation directe avec les petits producteurs et artisans locaux, clarification des attentes des boutiques, distinction entre produits de flux (gros volumes, coût maîtrisé, standardisation) et les produits artisanaux, qui sont parfois des pièces uniques, ayant une valeur patrimoniale ou symboliques, qui apportent de la diversité et de l’originalité dans une boutique, qui illustrent les valeurs et l’image du site patrimonial, jusque dans le foyer des visiteurs-acquéreur. M. Philippe Brunella, directeur du Musée de la Cour d’Or à Metz au moment de notre expérimentation terrain, a souligné cette stratégie visionnaire consistant à investir sur la durée, sur la réputation, plutôt que de tenter de faire s’aligner les petits producteurs sur les standards d’achat «&nbsp;classiques&nbsp;». <br />  &nbsp; <br />  Le problème n’est pas moral. Il est structurel. L’offre s’est homogénéisée autour de produits standardisés à forte rotation, fournis par des grossistes internationaux. L’origine n’est pas un critère structurant des achats. La logique dominante est celle du flux, du volume et de la marge immédiate. <br />   <br />  Or l’objet-souvenir n’est pas un produit comme un autre. Il est la continuité de l’expérience de visite. Il contribue à la mémoire du lieu, à sa notoriété, à son rayonnement. Le traiter comme un simple article de commerce revient à sous-exploiter un levier stratégique. M. Brunella nous a clairement expliqué que l’objet d’exception (au sens de «&nbsp;différent&nbsp;», pas forcément au sens de «&nbsp;coûteux&nbsp;») est un ambassadeur du site, un emblème qui va suivre le touriste dans son pays et donner envie à d’autres de venir. <br />   <br />  Le beau, le vrai, le local&nbsp;: c’est ça qui fait venir des gens du bout du monde. La boutique d’un site patrimonial doit donc être particulièrement soignée, en recherche permanente de qualité et d’originalité. Elle est un vecteur d’image et un prolongement de l’expérience de visite. Pas juste une cash machine. Quand les gestionnaires de boutiques et les décideurs qui les pilotent au niveau territorial auront compris qu’on peut être les deux à la fois, on aura fait un grand pas sur la bonne voie. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Merci Patrick Cansell, d’avoir répondu à nos questions !</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/patrick-cansell/" target="_blank">Patrick Cansell</a>  &nbsp;dirige le cabinet d’ARTEM-IS et est enseignant‑chercheur associé à l'Université Gustave Eiffel. Il est également enseignant à l'Ecole de Guerre Economique depuis plus de 20 ans. <br />  Outre les sujets Défense/ Crise / Sécurité, il intervient depuis plus de trente ans, il explore les liens entre intelligence stratégique, territoires et politiques publiques autour des thèmes de la résilience et du développement des territoires.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Fabrique-du-Souvenir-Sites-touristiques-et-patrimoniaux-francais-souvenirs-etrangers-anatomie-d-une-incoherence_a7083.html" />
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  <entry>
   <title>Master Intelligence Stratégique, Analyse des Risques et Territoires - Entretien avec Patrick Cansell et Renaud Eppstein</title>
   <updated>2025-05-02T15:30:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Master-Intelligence-Strategique-Analyse-des-Risques-et-Territoires-Entretien-avec-Patrick-Cansell-et-Renaud-Eppstein_a5918.html</id>
   <category term="Campus &amp; Métiers" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/88241479-62503168.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-05-02T15:27:00+02:00</published>
   <author><name>David Commarmond</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Entretien avec Patrick Cansell et Renaud Eppstein, co-responsables du Master Intelligence Stratégique, Analyse des Risques et Territoires (ISART), Université Gustave Eiffel. Ce Master s’adresse aux professionnels, présents et futurs, de l’aide à la décision, de l’analyse stratégique, de la gestion des risques et des crises. A celles et ceux qui souhaitent une formation opérationnelle et professionnalisante, et un contact « terrain ».     <div><b>DC : Pouvez-vous nous parler de l’histoire et de l’origine du Master ISART ?</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/88241479-62503168.jpg?v=1745998471" alt="Master Intelligence Stratégique, Analyse des Risques et Territoires - Entretien avec Patrick Cansell et Renaud Eppstein" title="Master Intelligence Stratégique, Analyse des Risques et Territoires - Entretien avec Patrick Cansell et Renaud Eppstein" />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 80px;"><strong>Patrick Cansell</strong> : Bien sûr. Le <a class="link" href="https://www.linkedin.com/company/master-isart/posts/?feedView=all" target="_blank">Master ISART</a>, réfléchi dès la création de l’Université de Marne-la-Vallée (aujourd’hui Université Gustave Eiffel) en 1991, est en effet la formation universitaire en Intelligence économique la plus ancienne de France, avec une première promotion dès l’année universitaire 1993-1994. Nous avons célébré la sortie de notre 30e promotion en septembre 2024. C’est l’Amiral Lacoste, ancien patron de la DGSE, qui est pour partie à l’initiative de cette formation, avec l’ambition de répondre aux besoins croissants de compétences en intelligence stratégique et gestion des risques au sein des entreprises et des institutions, mais aussi fervent défenseur de l’entretien du lien Armées-Nation, au-delà du transfert croisé de compétences et de connaissances. <br />  &nbsp; <br />  Depuis, le <a class="link" href="https://formations.univ-gustave-eiffel.fr/master/detail/intelligence-strategique-analyse-des-risques-et-territoires-isart-314" target="_blank">Master ISART</a>  a constamment évolué sous différentes dénominations sous la mention «&nbsp;Intelligence économique&nbsp;» («&nbsp;Information et Sécurité&nbsp;», «&nbsp;Ingénierie de l’Intelligence économique&nbsp;», «&nbsp;IEAR&nbsp;», «&nbsp;ISART&nbsp;») pour s’adapter aux transformations du secteur, en s’ouvrant à des dimensions nouvelles comme la Due Diligence, les enjeux du Cyber, le traitement de la «&nbsp;data&nbsp;» ou encore l’apport de l’IA. Toutefois, la vocation première du Master est plus prégnante que jamais&nbsp;: favoriser les échanges et les réflexions entre le monde de la recherche, la communauté du renseignement et le monde de l’entreprise&nbsp;! <br />  <style type="text/css">p { line-height: 115%; text-align: left; orphans: 2; widows: 2; margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; background: transparent }a:link { color: #467886; text-decoration: underline }  </style>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>DC : Ce Master est proposé en alternance ainsi qu’en formation continue, pourquoi ce choix ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 80px;"><strong>Renaud Eppstein</strong> : L’accès par l’apprentissage et la formation continue est au cœur de la philosophie du Master ISART. Nous voulons former des professionnels pleinement opérationnels, et l’alternance permet à nos étudiants de se confronter directement aux réalités de terrain tout en suivant des cours. Le fait de n’avoir qu’une journée de cours par semaine sur 10 mois permet cette immersion. Ce format permet aussi à des professionnels déjà en poste, y compris dans les institutions de la Défense et la Sécurité civile comme intérieure, de suivre la formation en continuant à travailler. <br />  <style type="text/css">p { line-height: 115%; text-align: left; orphans: 2; widows: 2; margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; background: transparent }a:link { color: #467886; text-decoration: underline }  </style>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>DC : Justement, quel est le rôle du partenariat avec l’Académie du Renseignement ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 80px;"><strong>&nbsp;Patrick Cansell :</strong> Ce partenariat est stratégique. <a class="link" href="https://www.academie-renseignement.gouv.fr/">L’Académie du Renseignement</a>, sous l’autorité du Premier ministre et de la CNRLT, Coordination nationale du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, permet de proposer nos enseignements à des personnels des services de renseignement. Ce rapprochement est important, car il renforce l’axe initial de la formation au moment de sa fondation par l’Amiral Lacoste il y a plus de 30 ans. Ce lien avec l’Académie du Renseignement nous offre l’opportunité de contribuer activement à la montée en compétences de ces personnels par la formation continue. <br />   <br />  Sans parler des synergies au-delà de la formation elle-même, à travers par exemple le retour de plusieurs de nos Anciens en tant qu’intervenants comme en tant que doctorants, car certains de nos élèves professionnels n’hésitent pas à poursuivre en thèse. Il faut noter que Monsieur Jean-François Gayraud, commissaire général de la Police nationale, spécialiste de l’antiterrorisme et de la lutte contre la criminalité organisée, nommé en 2023 directeur de l'Académie du renseignement, est également criminologue, chercheur en sciences sociales et auteur de nombreux ouvrages de référence sur le crime organisé, les mafias et le terrorisme. <br />  Nos intérêts convergent et c’est sans doute l’une des raisons pour laquelle l’Académie a sélectionné notre master 2 pour l’inscrire au sein de l’éventail des formations proposées par celle-ci. <br />  <style type="text/css">p { line-height: 115%; text-align: left; orphans: 2; widows: 2; margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; background: transparent }a:link { color: #467886; text-decoration: underline }  </style>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>DC : Comment le Master ISART prépare-t-il les étudiants aux défis actuels de l’intelligence stratégique ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 80px;"><strong>Patrick Cansell </strong>: notre formation couvre un éventail large de compétences : veille stratégique, analyse des risques, gestion de crise, sécurité de l’information, ainsi que la maîtrise des dispositifs d’influence et de contre-influence. Nous tenons à ce que le contenu soit à jour et en adéquation avec les évolutions rapides des enjeux technologiques, comme le traitement des données et la cybersécurité, ce qui est essentiel pour nos étudiants, qu’ils viennent d’un cursus classique ou qu’ils soient déjà en poste dans le secteur. <br />  Par ailleurs, nous insistons sur le choix par les étudiants d’une alternance qui correspondant au mieux à leur projet professionnel, car la présence au sein de l’entreprise ou de l’institution d’accueil va représenter pas loin de 75% de leur temps de Master 2&nbsp;: c’est là qu’ils vont mettre en œuvre méthodologies et compétences, mais aussi apprendre énormément. Le choix de leur alternance est éminemment stratégique dans le cadre de leur projet professionnel. <br />  <style type="text/css">p { line-height: 115%; text-align: left; orphans: 2; widows: 2; margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; background: transparent }a:link { color: #467886; text-decoration: underline }  </style>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>DC : Quels sont les principaux axes pédagogiques et professionnels du programme ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>Renaud Eppstein</strong> : Le programme est structuré autour de plusieurs «&nbsp;unités d'enseignement&nbsp;» (UE) : veille et information stratégique, intelligence économique, gestion des risques et gestion de crise, ainsi qu’un volet «&nbsp;intelligence territoriale&nbsp;». Nous encourageons également une approche de recherche appliquée, grâce à des séminaires et des simulations de crise animée pour certaines par mon collègue ici présent, dont c’est le métier par ailleurs. <br />  Ces mises en situation plongent les étudiants dans des environnements complexes et réalistes, où ils peuvent s’entraîner aux décisions stratégiques sous pression. Les élèves qui auraient suivi préalablement notre <a class="link" href="https://formations.univ-gustave-eiffel.fr/master/detail/intelligence-economique-317">Master 1</a>  ont par ailleurs été initié à la recherche (publication d’articles, posters scientifiques), ce qui leur de donne de très bonnes bases méthodologiques. <br />  <style type="text/css">p { line-height: 115%; text-align: left; orphans: 2; widows: 2; margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; background: transparent }a:link { color: #467886; text-decoration: underline }  </style>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>DC : Pouvez-vous nous en dire plus sur les simulations de crise ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 80px;"><strong>Patrick Cansell </strong>: Les simulations de crise sont en effet l’un des axes de la formation, et notre méthode est pionnière en France – plus de 20 ans d’antériorité ici, à «&nbsp;Marne-la-Vallée&nbsp;»&nbsp;! J’organise chaque année plusieurs exercices et simulations pour nos étudiants, avec des scénarios variés qui vont de la communication de crise à des exercices immersifs sur le terrain, ambiance «&nbsp;nuit blanche&nbsp;». Le dernier, organisé dans les ruines d’une caserne de la ligne Maginot, a permis aux participants, étudiants comme professionnels, de travailler en «&nbsp;coopétition&nbsp;» autour d’une crise fictive en Asie centrale. <br />   <br />  Cela développe non seulement leurs compétences techniques, leur analyse stratégique et leur endurance, mais renforce aussi la cohésion et l’esprit d’équipe. D’autres intervenants utilisent désormais ce type d’outil pédagogique, ainsi que le serious gaming, qui s’avère très pertinent pour des matières qui nécessitent avant tout une compréhension de ce qu’implique leur mise en œuvre. <br />  <style type="text/css">p { line-height: 115%; text-align: left; orphans: 2; widows: 2; margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; background: transparent }a:link { color: #467886; text-decoration: underline }  </style>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>DC : Comment se déroule l’insertion professionnelle des diplômés du Master ISART ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 80px;"><strong>Renaud Eppstein</strong> : Notre formation est reconnue dans le secteur pour sa rigueur et son ancrage dans le monde professionnel, ce qui facilite grandement l’insertion des diplômés. Une large part des cours est assurée par des praticiens des matières enseignées, dont beaucoup sont des anciens élèves devenus des professionnels chevronnés. Cela leur permet de transmettre aux étudiants les dernières pratiques et de favoriser leur intégration dans des postes de veille, d’analyse, de due diligence, de gestion des risques, de sécurité ou encore de continuité d’activité, souvent dans de grands groupes ou au sein de cabinets de conseil de premier plan comme Amarante. <br />   <br />  Nos intervenants sont issus de la Sécurité civile, du Groupe Carrefour, de BNP PARIBAS, de ONEY BANK, du CEA, des forces armées, de Seine Grands Lacs, de la Banque de France, de l’UNESCO, du SDIS 77 ou du Ministère des Affaires étrangères, ou encore, évidemment, de l’Académie du Renseignement et des Services de Renseignement. Monsieur Jean-François Gayraud nous a ainsi fait l’honneur de venir présenter à notre nouvelle promotion les missions et l’organisation des services de renseignement en ce tout début d’année universitaire. <br />  <style type="text/css">p { line-height: 115%; text-align: left; orphans: 2; widows: 2; margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; background: transparent }a:link { color: #467886; text-decoration: underline }  </style>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>DC : Quelle place occupe la recherche dans votre formation ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 80px;"><strong>Renaud Eppstein </strong>: La recherche a une place essentielle dans le Master ISART. Notre réseau d’enseignants comprend des chercheurs et des professionnels qui abordent des problématiques de gestion de l’information stratégique, d’intelligence territoriale et de sécurité des données. <br />  &nbsp; <br />  Les étudiants sont encouragés à mener des mémoires de recherche appliquée sur des terrains d’entreprise, et chaque promotion produit des travaux de grande qualité, qui sont parfois publiés et servent de référence pour le secteur. Tous les ans, des élèves nous font part de leur intention de poursuivre en thèse, au sein de notre laboratoire, le <a class="link" href="https://www.dicen-idf.org/">DICEN-IdF</a>, et comme évoqué précédemment, il s’agit tant d’étudiants que de professionnels en formation continue. <br />  <style type="text/css">p { line-height: 115%; text-align: left; orphans: 2; widows: 2; margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; background: transparent }a:link { color: #467886; text-decoration: underline }  </style>   <br />  <style type="text/css">p { line-height: 115%; text-align: left; orphans: 2; widows: 2; margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; background: transparent }a:link { color: #467886; text-decoration: underline }  </style>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>DC : Quels sont vos objectifs pour l’avenir du Master ISART ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 80px;"><strong>Patrick Cansell</strong> : Nous souhaitons pérenniser notre position de pionnier en intelligence économique en France, et nous adapter constamment aux évolutions du secteur. Notez que notre formation est également pionnière en matière d’alternance (dès son origine !). <br />  &nbsp; <br />  Le partenariat avec l’Académie du Renseignement est une illustration de notre ambition, et nous cherchons constamment de nouvelles synergies avec d’autres institutions et entreprises. Il est vrai que notre communication demeure discrète, sans doute pour des raisons génétiques&nbsp;! (rires) Nous n’avons pas besoin de faire de communication&nbsp;: celles et ceux qui connaissent un tant soit peu le domaine de l’intelligence économique, connaissent très bien notre formation – nos premiers élèves issus de «&nbsp;Marne-la-Vallée&nbsp;» sont à des postes à hautes responsabilités – ou la trouvent aisément en quelques clics.&nbsp;Nous ne répondons pas aux sollicitations des entreprises privées qui réalisent des classements annuels et évitons les salons généralistes de façon à ne toucher que des candidats qui ont déjà une appétence pour le domaine. On nous trouvera plus facilement à Eurosatory, Milipol, la Fabrique Défense ou au Salon du Bourget que sur un salon «&nbsp;étudiants&nbsp;»&nbsp;! <br />  &nbsp; <br />  Nous avons également signé un partenariat avec le <a class="link" href="https://www.sdis77.fr/">SDIS77</a>, grâce au Contrôleur général Bruno Maestracci, pour créer un «&nbsp;DU&nbsp;», le <a class="link" href="https://formations.univ-gustave-eiffel.fr/diplome-universitaire-ou-inter-universitaire/detail/intelligence-des-crises-345">DU «&nbsp;Intelligence des Crises&nbsp;»</a>  dont nous sommes également co-responsables, Renaud et moi, avec notre alter ego, le Commandant Bruno Tricotet, cheville ouvrière du projet. Ce DU, éligible au <a class="link" href="https://www.moncompteformation.gouv.fr/espace-prive/html/">CPF</a>, accueille un public large, avec naturellement un noyau dur de Sapeurs-Pompiers, qui souhaitent acquérir des connaissances opérationnelles sur les thèmes de l’anticipation, de la planification, de l’approche systémique des risques et des crises, de la réponse et de la communication de crise. Le DU permet aussi à certains, dans une perspective de formation tout au long de la vie, de reprendre des études et de poursuivre au sein du Master ISART. Il confère en effet, par équivalence, un bloc de compétences du Master, <br />  <style type="text/css">p { line-height: 115%; text-align: left; orphans: 2; widows: 2; margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; background: transparent }a:link { color: #467886; text-decoration: underline }  </style>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>DC : En conclusion, que diriez-vous aux futurs candidats intéressés par le Master ISART ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 80px;"><strong>Patrick Cansell : Ce Master s’adresse aux professionnels, présents et futurs, de l’aide à la décision, de l’analyse stratégique, de la gestion des risques et des crises. A celles et ceux qui souhaitent une formation opérationnelle et professionnalisante, et un contact «&nbsp;terrain&nbsp;». <br />  &nbsp; <br />  Renaud Eppstein&nbsp;: Avec 30 ans d’expertise, un réseau solide de partenaires institutionnels, un format en alternance qui plonge nos étudiants directement dans le monde professionnel, et un effectif «&nbsp;à taille humaine&nbsp;» d‘environ 25 étudiants y compris les professionnels, le Master 2 ISART offre une expérience unique en intelligence stratégique en France.</strong> <br />  <style type="text/css">p { line-height: 115%; text-align: left; orphans: 2; widows: 2; margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; background: transparent }a:link { color: #467886; text-decoration: underline }  </style>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/88241479-62503977.jpg?v=1746002220" alt="Master Intelligence Stratégique, Analyse des Risques et Territoires - Entretien avec Patrick Cansell et Renaud Eppstein" title="Master Intelligence Stratégique, Analyse des Risques et Territoires - Entretien avec Patrick Cansell et Renaud Eppstein" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Master-Intelligence-Strategique-Analyse-des-Risques-et-Territoires-Entretien-avec-Patrick-Cansell-et-Renaud-Eppstein_a5918.html" />
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  <entry>
   <title>Agenda le 26 Octobre 2023 :  "Conférence  La Guerre cognitive : science-fiction ou réalité ? "</title>
   <updated>2023-10-18T17:25:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Agenda-le-26-Octobre-2023-Conference-La-Guerre-cognitive-science-fiction-ou-realite_a4650.html</id>
   <category term="Agenda" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/75949496-53610040.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-10-18T17:18:00+02:00</published>
   <author><name>David Commarmond</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L’Association des Auditeurs en Intelligence Économique de l’IHEDN (AAIE-IHEDN) est heureuse de vous convier à la conférence : « La Guerre cognitive : science-fiction ou réalité ? »     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/75949496-53610040.jpg?v=1697643743" alt="Agenda le 26 Octobre 2023 :  "Conférence  La Guerre cognitive : science-fiction ou réalité ? "" title="Agenda le 26 Octobre 2023 :  "Conférence  La Guerre cognitive : science-fiction ou réalité ? "" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;">Proposée et animée par la Commission sur les manipulations de l’information de l’association AAIE-IHEDN</div>    <p style="text-align: center;"><strong>Le jeudi 26 octobre 2023 à 19h00</strong> <br />   <br />  à l’École Militaire de Paris, <br />  5 place Joffre, 75007 PARIS <br />  – Amphithéâtre Lacoste <br />    <p style="text-align: justify;"> <br />  Un verre de l’amitié clôturera cette soirée à l’issue de la conférence. <br />   <br />   <br />  <strong>Nature, enjeux et perspectives d’une guerre déjà à l’œuvre&nbsp;</strong> <br />  L’ère numérique, autrefois synonyme de partage des idées et des connaissances, de paix et de solidarité internationale, révèle depuis quelques années son côté obscur. Le scandale Cambridge Analytica, couplé à l’utilisation insidieuse des «&nbsp;dark posts&nbsp;» de Facebook, a mis en lumière les nouvelles méthodes de manipulation de masse. Plus récemment, la propagande en Ukraine a redessiné les stratégies d’information en plein cœur des conflits, touchant aussi bien le combattant dans sa tranchée que les populations sur les arrières, les gouvernements impliqués et les instances internationales. <br />  &nbsp; <br />  La polarisation des opinions sur les réseaux sociaux, la méfiance croissante envers les institutions, l’adoption de grilles de lecture biaisées des relations internationales et des sujets sociétaux, sans oublier l’orchestration de campagnes de déstabilisation ciblées et les ingérences numériques étrangères, sont autant de manifestations tangibles et préoccupantes de cette «&nbsp;guerre cognitive&nbsp;», résultante de la combinaison de techniques de manipulation historiques avec des outils technologiques inédits. <br />  &nbsp; <br />  Face à cette réalité, il devient urgent d’examiner, de comprendre et de répondre à ce nouveau «&nbsp;champ de bataille&nbsp;» qui nous concerne tous.&nbsp; <br />  &nbsp; <br />  Dans le cadre des travaux de la Commission d’études &nbsp; « Manipulations de l’Information », animée par Thibault RENARD membre de l’Association des Auditeurs en Intelligence Économique de l’IHEDN (AAIE-IHEDN), est organisée la première rencontre sur l’état de l’art de la Guerre Cognitive. <br />  &nbsp; <br />  Avec l’aide d’un panel exceptionnel d’experts coordonné par Patrick CANSELL, enseignant-chercheur au laboratoire DICEN, enseignant à l’École de Guerre Économique et spécialiste de la gestion de crise, nous tenterons de répondre à ces questions <br />    <ul>  	<li class="list" style="text-align: justify;">Qu’est-ce que la Guerre cognitive, les doctrines, concepts et pratiques dans le monde&nbsp;?</li>  	<li class="list" style="text-align: justify;">Quelles sont les réalités de sa mise en œuvre, ses techniques et ses effets&nbsp;?</li>  	<li class="list" style="text-align: justify;">Quelles sont les perspectives de ces nouvelles conflictualités&nbsp;?</li>  	<li class="list" style="text-align: justify;">Comment s’en protéger&nbsp;?</li>  	<li class="list" style="text-align: justify;">Quelles approches et méthodes mettre en œuvre&nbsp;?</li>  </ul>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Nous aurons la chance de recevoir :</b></div>
     <div>
      <ul>  	<li class="list">Le CDEC – Centre de doctrine et d’enseignement du commandement, organisme référent de la doctrine d’emploi de l’armée de Terre</li>  	<li class="list">Olivier FEIX, CEO de la société d’Affaires Européennes et Diplomatie Economique ZENON7, intervenant à IHEMI et IHEDN (Cyber Sécurité Cognitive / Diplomatie Economique &amp; Influence / OSINT et outils de veille avancés), expert cyber pour le Groupe de formation GALILEO GLOBAL EDUCATION (GGE). Dans ce cadre, créateur de la salle d’entrainement immersive et cognitive face aux crises cyber « Cyber Expérience by GGE » au Campus Cyber National (Paris la Défense).</li>  	<li class="list">Carole GRIMAUD, analyste Russie, chercheure en Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université Aix-Marseille, programme doctoral Sécurité et Défense intérieure, chargée de cours en Etudes de défense à l’Université Paul Valéry de Montpellier, Vice-présidente de l’Observatoire géostratégique de Genève</li>  	<li class="list">David COLON, professeur à Sciences Po Paris et chercheur au Centre d’histoire de Sciences Po, auteur notamment des ouvrages Propagande, la manipulation de masse dans le monde contemporain et La Guerre de l’information. Les Etats à la conquête de nos esprits.</li>  	<li class="list">Dr. Baptiste PREBOT, spécialiste Facteur Humain de la DGA, et co-editeur de l’ouvrage Cognitive Warfare de l’OTAN</li>  	<li class="list">Aurélie LAIZE, experte cyber, directrice du site de Rennes d’AIRBUS Defense and Space dédié aux thématiques Intelligence and Cybersecurity</li>  	<li class="list">Aymar de la METTRIE, CEO de la start-up PERIPHERAL, réserviste opérationnel de l’Armée de Terre, prospectiviste et expert des thématiques stratégiques liées à l’emploi de technologies de rupture.</li>  	<li class="list">François JEANNE-BEYLOT, professeur associé à l’Ecole de Guerre Economique et dirigeant de Troover – InMédiatic, Président du Syndicat français de l’Intelligence économique (SYNFIE</li>  </ul>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Impératif, je demande l’accès à l’Ecole Militaire :</b></div>
     <div>
      <strong><span style="color: #ff0000;"><a class="link" href="https://www.paris-ecole-militaire.fr/fr/forms/aaieihednlaguerrecognitive" target="_blank">https://www.paris-ecole-militaire.fr/fr/forms/aaieihednlaguerrecognitive</a>  &nbsp;</span></strong> <br />  Rappel : À l’Ecole Militaire de Paris l’accueil se fait au poste n°5 de l’École Militaire. <br />  <em>Accès : 5, place Joffre – 75007 PARIS, métro Ecole Militaire (sortie avenue Duquesne). <br />   <br />  Il faut toujours prévoir 10 minutes de marche avec de bonnes chaussures (route pavées) pour rejoindre les différents amphithéâtres, lieu des conférences.</em> <br />   <br />  Une pièce d’identité et le&nbsp;<strong>billet d’inscription</strong>&nbsp;(QR code) seront systématiquement exigés pour l’accès et vos sacs seront inspectés. <br />  <em>Veuillez prêter attention à ce que les billets sont individuels, personnels et incessibles.</em> <br />   <br />  Inscription en ligne obligatoire <strong>avant le&nbsp;23 octobre 2023&nbsp;23h59</strong>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Agenda-le-26-Octobre-2023-Conference-La-Guerre-cognitive-science-fiction-ou-realite_a4650.html" />
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