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 <title>www.veillemag.com</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-19T17:41:33+02:00</updated>
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   <title>19 février. "Les sentiers de la guerre économique sur les batailles des soft powers". Entretien avec Nicolas Moinet.</title>
   <updated>2026-01-28T09:04:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/19-fevrier-Les-sentiers-de-la-guerre-economique-sur-les-batailles-des-soft-powers-Entretien-avec-Nicolas-Moinet_a6943.html</id>
   <category term="STRATEGIES" />
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   <published>2026-02-19T10:00:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Face à la montée des risques informationnels, à la fragmentation des chaînes de valeur et à la pression des puissances étrangères, Nicolas Moinet appelle les organisations françaises à passer de la prise de conscience à l’action. Son bilan 2025 et sa prospective 2026 tracent une feuille de route exigeante pour dirigeants et décideurs. Rencontre.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/93938778-65563793.jpg?v=1769419735" alt="19 février. "Les sentiers de la guerre économique sur les batailles des soft powers". Entretien avec Nicolas Moinet." title="19 février. "Les sentiers de la guerre économique sur les batailles des soft powers". Entretien avec Nicolas Moinet." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>À l’IAE de Poitiers, vous formez la nouvelle génération de professionnels de l’IE. Quelles compétences vos étudiants doivent-ils aujourd’hui maîtriser pour répondre aux besoins et attentes des dirigeants publics et privés ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Depuis 30 ans, le Master Intelligence économique de Poitiers forme des jeunes professionnels (parcours en apprentissage) et des professionnels en activité (parcours en formation à distance). Identifier, analyser et comprendre des situations complexes impliquant des décisions de nature économique sont les premières compétences clés. Les situations d’urgence qui se multiplient impliquent de gérer des contextes professionnels ou d’études complexes, imprévisibles et qui nécessitent des approches stratégiques nouvelles. <br />   <br />  Ensuite, il est essentiel de passer à l’opératif, c’est-à-dire de problématiser puis mettre en œuvre un dispositif hybride de veille et de collecte d'information en identifiant les méthodes, les sources et les informations pertinentes (issues de personnes ou de documents numériques)&nbsp;; Maîtriser l’utilisation de logiciels de veille stratégique, d'agrégateurs de contenu et d'outils de surveillance des réseaux sociaux. Sans oublier l’IA générative dont il faut faire un assistant et non un maître. <br />   <br />  L’humain et la stratégie réseau ont par ailleurs toujours été au cœur de notre Master. Il est essentiel de savoir manager des réseaux d'acteurs afin de disposer de capteurs humains d’information. Ce qui appelle des qualités particulières qui peuvent faire l’objet d’apprentissages mais dans la limite des aptitudes personnelles décelées lors du recrutement&nbsp;: curiosité et ouverture d’esprit, capacité d’écoute, autonomie, diplomatie, aisance relationnelle. <br />   <br />  L’analyse est pour nous centrale et c’est là toute la force de la culture universitaire et de l’initiation à la recherche. En termes de compétences clés, il s’agit de maîtriser des outils d'analyse de données massives pour détecter les tendances émergentes, cartographier les enjeux et controverses géopolitiques et socio-économiques, articuler l'analyse de données hybrides qualitatives et quantitatives, issues de sources professionnelles et scientifiques et savoir synthétiser un grand volume de données pour en extraire des informations stratégiques en se préservant des biais cognitifs. <br />   <br />  Enfin, nous insistons sur l’importance de savoir convaincre les dirigeants de l'importance des recommandations stratégiques. Sans oublier pour l’ensemble les impératifs de sécurité. Auditer les risques associés au patrimoine immatériel d'une organisation et mettre en œuvre un dispositif de protection des informations sensibles sera donc une compétence essentielle. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>2025 a été une année de « bruit stratégique » permanent. Selon vous, quelles tendances ont vraiment compté ? Entre tensions géopolitiques, fragmentation des chaînes de valeur et montée des risques informationnels, quels signaux faibles identifiez vous aujourd’hui comme structurants pour 2026 ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Les signaux ne sont jamais faibles, seule l’intelligence l’est&nbsp;! <br />   <br />  2025 et 2026 sont des années de bascule qui ne font qu’amplifier des tendances déjà à l’œuvre depuis quinze ans&nbsp;: le centre de gravité mondial est dans la zone Asie Pacifique. C’est la rivalité sino-américaine qui dicte la marche du monde. L’Europe est désormais reléguée à la périphérie. Obama l’avait enclenché, Trump l’a définitivement entériné. L’Union européenne a joué pendant 70 ans un rôle de vassal et le réveil est douloureux. Nous ne maîtrisons plus nos chaines logistiques et sommes attaqués de toute part sur nos valeurs. Tout ceci est le fruit de décennies de refus de voir la réalité en face. <br />   <br />  Avec Christian Harbulot, Ali Laïdi, Éric Delbecque, Olivier de Maison Rouge et Arnaud de Morgny, l’École de Pensée sur la Guerre Économique, nous en savons quelque chose. Mais il n’est jamais bon d’avoir raison trop tôt. Nous proposons des analyses cliniques mais également des solutions. Ainsi, le dernier ouvrage collectif du <a class="link" href="https://www.nouveau-monde.net/catalogue/guerre-economique-comment-gagner/" target="_blank">CR 451&nbsp;- <em>Guerre économique, comment gagner&nbsp;?</em> </a>  – montre la voie en s’appuyant sur des batailles gagnées. <br />   <br />  Aujourd’hui, je vois beaucoup de commentateurs mais entend peu de propositions pour sortir de l’impasse stratégique dans laquelle nous sommes. Les rapports se suivent et se ressemblent mais ne débouchent sur rien de concret, à l’instar du rapport du Sénat sur l’intelligence économique qui a accouché d’une proposition de loi désormais tombée dans les oubliettes parlementaires. Nous sommes dans un état de sidération dont il est urgent de sortir. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>2.	On parle beaucoup d’IA générative, d’influence et de souveraineté. Mais si l’on regarde objectivement les faits, quels sont selon vous, les domaines où les entreprises françaises ont réellement progressé en 2025 ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Il y a eu clairement une prise de conscience de l’impératif de souveraineté et de la réalité des rapports de force dans ce qu’on n’a plus peur désormais d’appeler guerre économique. <br />   <br />  C’est une première étape. L’État n’est d’ailleurs pas en reste et, là aussi, j’ai pu observer une prise de conscience de changer de braquet. D’ailleurs, nous ne manquons pas de bonnes volontés et de compétences. Mais c’est la mise en musique qui fait encore défaut. Dans la sécurité économique par exemple, le MEDEF s’est réellement emparé du sujet et sur le terrain, les entreprises sont à l’écoute. Le CISSE apporte également sa pierre à l’édifice. Mais des combattants et quelques forces spéciales ne suffisent pas. <br />   <br />  En haut, il nous faut un état-major et en bas des forces morales mobilisées qui travaillent en réseau. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vous dénoncez depuis toujours la culture du réflexe plutôt que celle de l’anticipation. Qu’est ce qui, en 2025, a démontré que la France reste une puissance vulnérable sur le plan informationnel ? Et d’ailleurs, pensez-vous que la France soit encore une puissance ? </b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Pour moi, la France reste une puissance notamment en raison de sa force de frappe nucléaire, de son siège au conseil de sécurité de l’ONU, de son soft power, de son espace maritime, etc. <br />   <br />  Mais c’est une puissance en perte de vitesse faute de stratégie claire et en raison d’une situation politique intérieure calamiteuse marquée par une faiblesse budgétaire préoccupante qui a considérablement affaibli notre position au sein de l’UE. Nous avons délaissé l’industrie, les sciences et l’ingénierie. Ce sont toutes ces faiblesses internes qui nous rendent vulnérables aux ingérences extérieures et limitent notre agilité stratégique. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>En matière de souveraineté européenne, qu’est ce qui vous a le plus surpris en 2025 : une prise de conscience réelle, ou au contraire l’incapacité persistante de l’Europe à transformer ses discours en puissance stratégique ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Je ne crois pas au concept de souveraineté européenne et préfère parler d’autonomie stratégique. <br />   <br />  La souveraineté est l’affaire des États. De même, parler de puissance européenne est un leurre car il n’y a pas d’unité stratégique européenne. La non mise-en-œuvre du rapport Draghi en est la preuve. L’UE devrait être avant tout un bouclier quand les glaives restent du ressort de ses états membres. Mais les divergences sur l’agriculture ou l’énergie montrent bien que ce n’est pas le cas. On parle beaucoup, et à juste titre, de la vassalité de la plupart des pays européens à l’armement américain via notamment le F35. Mais on pourrait aussi observer les prises de participation des capitaux chinois dans tous les grands ports européens… <br />   <br />  L’Europe est un marché sous influences mais elle n’est sûrement pas une puissance. Croire le contraire c’est partir au combat avec des munitions chargées à blanc. Aura-t-elle un jour des munitions&nbsp;? Trump va peut-être nous y contraindre… ou définitivement nous reléguer en deuxième division. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Peut-être une recommandation, un rendez-vous, la publication d’un ouvrage…</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Je viens de terminer la nouvelle édition du deuxième volet de la trilogie <a class="link" href="https://www.fnac.com/a22060358/Nicolas-Moinet-La-bataille-des-soft-powers" target="_blank"><em>Les sentiers de la guerre économique </em>sur les batailles des soft powers</a>  (sortie le 19 février 2026 aux éditions Valeurs ajoutées). J’espère que ces récits où «&nbsp;Je est un autre&nbsp;» inciteront les nouvelles générations à s’engager et à se battre pour l’avenir de la France et pour ces valeurs auxquelles je crois plus que jamais&nbsp;: <em>Liberté, égalité, fraternité</em>. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Nicolas Moinet, Merci d’avoir accepté de répondre à nos questions.</b></div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de...</b></div>
     <div>
      <blockquote>Professeur des universités en Sciences de l’Information et de la Communication à l’IAE de Poitiers, <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/nicolas-moinet-4a69ba36/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Nicolas Moinet</a>  dirige le parcours formation à distance du Master 2 Intelligence économique. Praticien-chercheur en intelligence économique depuis 1993, il a un Doctorat sur les dispositifs intelligents et les stratégies d’innovation. Chercheur au CEREGE et chercheur associé au <a>CR 451</a>, il est l’auteur d’une centaine d’articles et d’une vingtaine d’ouvrages sur l’intelligence économique, le renseignement, la sécurité économique et l’influence. Il intervient régulièrement auprès d’institutions et d’entreprises. Il a été auditeur de l’Institut National des Hautes Études de la Sécurité et de la Justice (INHESJ devenu IHEMI) et de l’Institut des Hautes Études de la Défense Nationale. Il est l'un des fondateurs de l’École de Pensée sur la Guerre Économique. <br />  &nbsp; <br />  <a class="link" href="http://www.nicolas-moinet.com/" target="_blank">Vers plus d'informations</a>  <br />  &nbsp;</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/93938778-65563802.jpg?v=1769433593" alt="19 février. "Les sentiers de la guerre économique sur les batailles des soft powers". Entretien avec Nicolas Moinet." title="19 février. "Les sentiers de la guerre économique sur les batailles des soft powers". Entretien avec Nicolas Moinet." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Le Groenland, sentinelle arctique : la base de Pituffik, la route du Nord et la nouvelle géographie du pouvoir.</title>
   <updated>2026-02-15T15:26:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Le-Groenland-sentinelle-arctique-la-base-de-Pituffik-la-route-du-Nord-et-la-nouvelle-geographie-du-pouvoir_a7060.html</id>
   <category term="Géopolitique" />
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   <published>2026-02-15T14:27:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
À l’extrême nord du monde, Pituffik n’est plus un simple avant‑poste : c’est le point où se croisent la surveillance spatiale américaine, la fonte accélérée de la banquise et la compétition russo‑chinoise pour le contrôle des routes arctiques. À mesure que l’océan s’ouvre, la Groenland devient une sentinelle stratégique dont la position redessine l’équilibre des puissances.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94429531-65807813.jpg?v=1771165403" alt="Le Groenland, sentinelle arctique : la base de Pituffik, la route du Nord et la nouvelle géographie du pouvoir." title="Le Groenland, sentinelle arctique : la base de Pituffik, la route du Nord et la nouvelle géographie du pouvoir." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Pituffik, l'avant poste qui voit loin</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le Groenland n'est plus une marge glacée, c'est un nœud. Un nœud militaire, d'abord, parce que l'île abrite la base spatiale de Pituffik, anciennement Thulé, pivot avancé de l'alerte antimissile. Cette installation s'appuie sur le système d'alerte précoce balistique et, sous la responsabilité de l'unité spatiale américaine chargée de la surveillance, elle suit en temps réel plus d'un millier d'objets en orbite. À un peu plus de 1 200 kilomètres du pôle Nord, Pituffik n'est pas seulement une piste et des hangars: c'est une architecture de capteurs, de radars et de liaisons de données qui relie l'Arctique à la dissuasion globale face aux trajectoires possibles venues de Russie et de Chine.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Ce qui change, c'est que la base n'est plus entourée d'un désert immobile. Le climat bouge, donc la stratégie bouge. L'Arctique devient à la fois un espace plus praticable et plus contesté. Et, dans ce mouvement, la Groenland fait office de verrou.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La banquise recule, les routes avancent</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le recul de la glace n'est pas seulement un signal écologique, c'est un accélérateur géopolitique. En 2025, l'extension minimale de la banquise arctique est tombée à 4,15 millions de kilomètres carrés selon les données du centre national spécialisé dans l'observation de la neige et de la glace. Ce chiffre est un seuil psychologique: il rend moins exceptionnelles des routes qui, hier encore, relevaient de la projection.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La route maritime du Nord, le long des côtes russes, illustre ce basculement. En 2024, elle a déjà vu transiter 36 millions de tonnes de marchandises. Les projections évoquent 200 millions à l'horizon 2030. Le gain, pour les échanges Asie Europe, peut atteindre 40 pour cent de temps par rapport à l'itinéraire passant par Suez. Mais ce "gain" a un prix stratégique: il déplace une part du commerce mondial vers un espace où Moscou possède l'avantage géographique, l'infrastructure et la force.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>D'où une conséquence directe pour les alliances occidentales: la route du Nord n'est pas seulement un couloir, c'est une zone de souveraineté contestée.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La militarisation russe et la pression chinoise</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto"><strong>La Russie ne se contente pas de profiter de la géographie</strong>. Elle consolide un dispositif. L'idée dominante, côté occidental, est celle d'une militarisation massive, avec la remise en service de nombreuses installations au long du littoral nord, dans un ensemble qui dépasserait la cinquantaine de bases. L'objectif est double: protéger les actifs énergétiques et contrôler le passage maritime. Dans cette logique, Moscou s'appuie aussi sur une puissance logistique décisive, sa flotte de brise glaces nucléaires opérée par l'organisme chargé de la flotte arctique. Sans brise glaces, pas de route durable. Sans route durable, pas de rente stratégique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>La Chine, elle, avance autrement.</strong> Elle se présente comme un État "proche de l'Arctique" et pousse une diplomatie des infrastructures, en finançant ports, aéroports et projets associés à une route polaire des échanges. Là où Moscou impose des règles, Pékin installe des dépendances. <br />   <br />  <strong>Les deux approches ne se confondent pas, mais elles se renforcent: la Russie contrôle l'accès, la Chine finance l'écosystème.</strong></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un passé qui revient: souveraineté danoise, autonomie groenlandaise, ambitions américaines</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94429531-65807941.jpg?v=1771165571" alt="Le Groenland, sentinelle arctique : la base de Pituffik, la route du Nord et la nouvelle géographie du pouvoir." title="Le Groenland, sentinelle arctique : la base de Pituffik, la route du Nord et la nouvelle géographie du pouvoir." />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La centralité groenlandaise est ancienne. Pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1941, les États-Unis, profitant du vide créé par l'occupation de la métropole danoise, ont signé un accord qui leur permit de s'installer militairement sur l'île et d'y établir cinq bases principales pour sécuriser les routes atlantiques contre la menace sous marine allemande.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Avec la guerre froide, le Groenland devient un maillon vital de la défense nord américaine. L'accord de défense de 1951 entre Copenhague et Washington formalise la présence américaine et l'intégration à la ligne d'alerte avancée, conçue pour détecter très tôt les bombardiers stratégiques soviétiques, notamment les grands porteurs à long rayon d'action. Cette histoire explique les sensibilités actuelles : la souveraineté danoise, l'autonomie groenlandaise et la présence américaine vivent ensemble, mais pas toujours harmonieusement.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Ces dernières années, l'intérêt américain a glissé d'une posture défensive vers une logique d'"acquisition stratégique", au point de provoquer des frictions diplomatiques. Même rejetée, l'idée d'un achat de l'île a laissé une trace : Washington considère la Groenland comme une pièce indispensable du face à face avec la Chine, tandis que l'Europe cherche à conserver une gestion alliée, maîtrisée, et présentable en termes de durabilité.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le facteur toxique: l'Arctique n'oublie rien</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto"><strong>Il y a aussi une mémoire du risque. </strong> <br />  L'accident d'un bombardier américain en 1968 à Thulé, avec dispersion de matériaux hautement dangereux, reste un avertissement. Et le réchauffement ajoute un problème nouveau : la fonte des glaces peut exposer des déchets toxiques et des résidus enfouis, y compris autour de projets secrets comme celui d'une implantation souterraine qui, à l'époque, devait rester scellée pour toujours. <br />   <br />  <strong>Dans l'Arctique, la géopolitique finit par rencontrer la géologie, et parfois la pollution.</strong></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La base devient réseau: exercices, sous marins, surveillance</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Aujourd'hui, Pituffik est décrite comme le cœur d'une chaîne numérique. Elle combine un radar modernisé et des moyens spatiaux pour alimenter la défense antimissile. Entre 2024 et 2025, la structure de défense nord américaine a intensifié de grandes manœuvres arctiques pour tester la préparation en conditions extrêmes. <br />  On y voit apparaître une doctrine : projeter des avions de combat de dernière génération, renforcer la surveillance, et surtout suivre la menace sous marine.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>C'est là qu'entre un autre élément rarement mis au premier plan : l'écoute sous marine.</strong> Les nouveaux systèmes d'observation acoustique servent à suivre des submersibles russes de dernière génération, capables d'emporter des missiles de croisière très rapides. Dans un théâtre où la glace recule, le sous marin reste l'arme de la profondeur, et la profondeur reste le nerf de la dissuasion.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'Italie et l'énergie: l'Arctique n'est plus loin</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Pour l'Italie, l'Arctique n'est pas une affaire de drapeaux plantés sur la glace, c'est une affaire de gaz, de terminaux, de sécurité d'approvisionnement. La nécessité de remplacer le gaz sibérien a poussé Rome et les entreprises énergétiques à regarder vers le Nord. Les terminaux nationaux ont augmenté leur capacité : Panigaglia, Cavarzere sur l'Adriatique, et l'unité flottante de Piombino ont pris un rôle central. Selon les données industrielles, le gaz naturel liquéfié venu des États-Unis, et potentiellement de Norvège arctique ou de circuits liés au Grand Nord, a dépassé 25 % du mélange d'importation italien en 2025. L'unité de Ravenne, entrée en service en 2025, ajoute à elle seule environ 5 milliards de mètres cubes par an, consolidant l'Italie comme plate forme méditerranéenne.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Derrière ces chiffres, une logique stratégique : si l'Europe dépend davantage du gaz maritime, ceux qui disposent d'infrastructures d'accueil et de redistribution gagnent en poids politique.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Souveraineté sur la route du Nord: le droit contre la force</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La compétition se cristallise autour des règles. Moscou cherche à imposer une souveraineté de fait sur la route maritime du Nord via une administration dédiée qui exige des permis de transit. Les pays occidentaux contestent cette lecture au nom du droit de la mer, considérant que certaines exigences contredisent les principes internationaux. <br />  Là encore, la Groenland compte : elle est la pièce occidentale la plus avancée face à un espace que la Russie tente de transformer en "mer intérieure".</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Terres rares, uranium, et le dossier de Kvanefjeld</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La guerre économique se glisse dans la glace. Le projet minier de Kvanefjeld est présenté comme essentiel pour les terres rares et l'uranium. Or les terres rares ne sont pas un sujet de spécialistes : elles conditionnent la chaîne technologique européenne, des semi-conducteurs aux batteries de la transition énergétique. Quand Nuuk freine ou bloque des projets, cela déclenche un court circuit entre les besoins industriels de Bruxelles, l'appétit d'investisseurs chinois et la prudence environnementale soutenue par Copenhague. <br />  Ici, la souveraineté locale pèse autant que la pression des grandes puissances.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les câbles sous marins: la fragilité invisible</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto"><strong>Il y a enfin l'infrastructure que l'on oublie jusqu'au jour où elle casse : les câbles sous marins. </strong> <br />   <br />  Les réseaux de données dans les mers polaires sont des artères critiques. Un sabotage ou une coupure dans ces eaux froides pourrait perturber fortement les communications entre l'Europe et l'Amérique du Nord. Dans un monde où l'économie repose sur les flux numériques, un câble devient une cible stratégique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Pour l'Italie, le lien est direct : si une part significative des trafics se déplace durablement vers les routes arctiques, la centralité des ports d'Europe du Sud peut s'éroder, à moins de s'intégrer aux nouvelles chaînes de valeur. Autrement dit, le pôle Nord peut déplacer le centre de gravité du commerce européen.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'ombre d'une querelle occidentale: Washington, Copenhague, Bruxelles</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Au cours des douze derniers mois, la tension entre les États-Unis et une partie de l'Europe sur le Groenland serait entrée dans une phase plus vive. <br />  Washington pousse pour élargir la présence militaire, y compris vers le sud de l'île, en invoquant la nécessité de contrer des navires chinois de recherche soupçonnés d'activités de renseignement sous-marin. De leur côté, des capitales européennes, avec un axe franco-allemand inquiet d'une hégémonie américaine, défendent une stratégie arctique européenne centrée sur la coopération scientifique et la protection des populations inuites, afin d'éviter que le Groenland ne devienne une plate forme militaire figée au service d'un seul acteur.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Deux scénarios, une même leçon</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto"><strong>Dans un premier scénario, une coexistence asymétrique mais régulée se met en place</strong>. Les forums arctiques maintiennent un minimum de dialogue technique. Les États-Unis acceptent une cogestion de la sécurité avec les Européens, en intégrant davantage les moyens danois et norvégiens. L'Italie, dans ce cadre, renforce son rôle de plate forme gazière, grâce à la montée en puissance de Ravenne et à de nouvelles capacités flottantes, en s'appuyant sur des contrats de long terme pour du gaz naturel liquéfié américain et des apports norvégiens de la mer de Barents. Rome devient alors un pivot énergétique pour l'Europe centrale.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Dans un second scénario, l'Arctique devient l'épicentre d'une crise systémique. </strong>Un incident naval sur la route du Nord, une escalade entre l'alliance atlantique et la Russie, et les points de passage critiques se ferment. La coupure des goulets nord-atlantiques provoquerait un choc des prix de l'énergie en Europe, avec des hausses très rapides, tandis que le Groenland se transformerait en front avancé. L'Italie, alors, dépendrait davantage de ses corridors méridionaux, du gazoduc venant de l'Est méditerranéen et de l'Afrique du Nord, et de ses réserves stratégiques surveillées au niveau international. Et la vulnérabilité des infrastructures sous marines en Méditerranée apparaîtrait comme un miroir de la vulnérabilité arctique, poussant à une militarisation accrue des espaces maritimes pour protéger les flux vitaux.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le Groenland comme thermomètre de la stabilité mondiale</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le Groenland est devenu un territoire où le climat, la puissance et l'économie se mêlent sans séparation. La fonte de la glace ouvre des routes, mais elle ouvre aussi des rivalités. La base de Pituffik incarne la continuité de la dissuasion ; la route du Nord incarne la transformation du commerce ; les projets miniers et les câbles sous marins incarnent la guerre économique et la fragilité systémique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Pour l'Italie, le défi n'est pas théorique. Il touche l'énergie, les ports, les chaînes industrielles, et donc la souveraineté. Dans ce Grand Nord qui se réchauffe, l'erreur serait de croire que l'Arctique est "loin". Il est déjà entré dans la politique européenne, et il le fait par la porte la plus dure: celle de la sécurité.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de...</b></div>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><a class="link" href="https://www.nsidc.org" target="_blank">https://www.nsidc.org</a> </div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;"><a class="link" href="https://www.spaceforce.mil/Units/Space-Delta-4/" target="_blank">https://www.spaceforce.mil/Units/Space-Delta-4/</a> </div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;"><a class="link" href="https://www.norad.mil" target="_blank">https://www.norad.mil</a> </div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;"><a class="link" href="https://www.arctic-council.org" target="_blank">https://www.arctic-council.org</a> </div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;"><a class="link" href="https://www.rosatomflot.ru" target="_blank">https://www.rosatomflot.ru</a> </div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;"><a class="link" href="https://www.imo.org/en/OurWork/Environment/Pages/Polar-Code.aspx" target="_blank">https://www.imo.org/en/OurWork/Environment/Pages/Polar-Code.aspx</a> </div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;"><a class="link" href="https://www.eurostat.ec.europa.eu" target="_blank">https://www.eurostat.ec.europa.eu</a> </div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;"><a class="link" href="https://www.snam.it" target="_blank">https://www.snam.it</a> </div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;"><a class="link" href="https://www.iea.org" target="_blank">https://www.iea.org</a> </div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;"><a class="link" href="https://www.researchgate.net/publication/Arctic_Shipping_and_the_Northern_Sea_Route" target="_blank">https://www.researchgate.net/publication/Arctic_Shipping_and_the_Northern_Sea_Route</a> </div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;"><a class="link" href="https://www.cablemap.info" target="_blank">https://www.cablemap.info</a> </div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;"><a class="link" href="https://www.government.gl/en" target="_blank">https://www.government.gl/en</a> </div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;"><a class="link" href="https://www.fm.dk/en" target="_blank">https://www.fm.dk/en</a> </div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;"><a class="link" href="https://www.state.gov/policy-issues/the-arctic/" target="_blank">https://www.state.gov/policy-issues/the-arctic/</a> </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Le-Groenland-sentinelle-arctique-la-base-de-Pituffik-la-route-du-Nord-et-la-nouvelle-geographie-du-pouvoir_a7060.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>L'engrenage iranien. Comment une démonstration de force peut se transformer en crise incontrôlable</title>
   <updated>2026-01-31T14:50:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/L-engrenage-iranien-Comment-une-demonstration-de-force-peut-se-transformer-en-crise-incontrolable_a6968.html</id>
   <category term="Géopolitique" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/94004928-65605177.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-01-31T14:45:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Depuis plusieurs semaines, l'administration américaine examine des scénarios de frappe contre l'Iran. Le vrai sujet n'est pas l'existence d'une option « propre » : c'est le risque qu'une action, même limitée, déclenche une séquence que personne ne maîtrise. Les moyens américains sont aujourd'hui plus dispersés qu'il y a quelques mois, et plusieurs partenaires régionaux ont déjà signalé qu'ils ne souhaitaient pas prêter leur territoire ni leur espace aérien à une opération contre Téhéran. Moins de marges, donc davantage de pression pour obtenir un résultat visible, rapidement. Or, quand la politique impose un calendrier, l'erreur de calcul devient plus probable.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94004928-65605177.jpg?v=1769867056" alt="L'engrenage iranien. Comment une démonstration de force peut se transformer en crise incontrôlable" title="L'engrenage iranien. Comment une démonstration de force peut se transformer en crise incontrôlable" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Fenêtre tactique étroite, pression politique forte. Cyber, frappes ciblées et illusion du « coup décisif »</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Dans la palette envisagée, on retrouve des opérations informatiques coordonnées et des frappes sur des sites sensibles, y compris liés au nucléaire. <br />   <br />  <strong>Mais frapper n'est pas négocier.</strong> Une action limitée peut prouver une capacité, sans produire l'effet politique recherché. Le danger, ici, est celui de la surenchère : si l'Iran ne concède rien de tangible à court terme, Washington peut se retrouver prisonnier de son propre récit de fermeté. Et lorsque la crédibilité est évaluée à l'échelle de quelques jours, l'escalade devient un raccourci tentant.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Riposte iranienne : l'asymétrie plutôt que l'affrontement frontal. Cibles indirectes, zones grises et pression sur les axes stratégiques</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">L'Iran a l'habitude de conjuguer paroles dures et actions calculées. Non par manque de volonté, mais parce qu'un duel direct et prolongé avec les États-Unis serait coûteux et risqué. La réaction la plus vraisemblable à une frappe « limitée » n'est donc pas une confrontation totale, mais une réponse graduée : attaques via des intermédiaires, opérations difficiles à attribuer, intensification des actions cyber, et pression sur les routes maritimes et énergétiques. L'objectif serait double : restaurer l'image de force sans franchir un seuil qui obligerait Washington à élargir la guerre.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le piège, c'est que chacun peut croire piloter une crise « contenue » alors qu'une succession de ripostes, d'incidents et de malentendus peut faire basculer le scénario. Les signaux coercitifs sont souvent mal décodés, surtout quand la tension est déjà élevée.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vulnérabilité américaine : la durée, pas le premier jour. La question des stocks et de la défense face aux missiles et drones</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Un facteur technique devient rapidement stratégique : la défense aérienne et antimissile dans une confrontation prolongée. Si les échanges se multiplient, la capacité d'interception et le rythme de reconstitution des stocks pèsent plus que les annonces politiques. Une escalade durable tend à révéler les limites matérielles : disponibilité des systèmes, munitions, maintenance, chaîne industrielle. La guerre moderne récompense la profondeur logistique, pas seulement la puissance du premier coup.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'intérieur iranien : la tentation du renversement. Une stratégie incertaine qui peut produire l'effet inverse</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La crise économique iranienne et les vagues de protestation nourrissent, côté américain, une idée récurrente : frapper de façon à amplifier les fractures internes. Mais c'est un pari ambigu. Une attaque extérieure peut, au contraire, resserrer des segments de la société autour du pouvoir, ou casser un mouvement déjà éprouvé par la répression. Sans basculement massif des forces de sécurité et sans alternative crédible disposant d'un ancrage intérieur, espérer une transition rapide relève davantage du souhait que du plan.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Autrement dit : il est plus facile de frapper un objectif que de remodeler un régime. Et le coût politique et humain d'une stratégie de renversement est, par nature, imprévisible.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un rapport de forces régional transformé. Influence iranienne en retrait, mais capacité de nuisance intacte</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Ces derniers temps, l'influence régionale de Téhéran s'est contractée, certains relais ayant été affaiblis. <br />   <br />  La recomposition syrienne a modifié des équilibres importants et réduit des marges iraniennes dans l'arc levantin. Cela peut donner l'impression d'un Iran durablement diminué. Mais l'affaiblissement conventionnel pousse souvent à privilégier les leviers indirects : réseaux, actions de déstabilisation, moyens « discrets » qui rendent toute victoire adverse plus coûteuse. Un acteur moins dominant n'est pas forcément moins dangereux : il devient parfois plus imprévisible.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Onde de choc économique : l'énergie comme accélérateu. Une opération militaire limitée peut suffire à secouer les marchés</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Toute crise autour de l'Iran possède un effet multiplicateur : l'énergie. <br />   <br />  Même sans rupture formelle des flux, une hausse du risque sur les routes maritimes et les infrastructures suffit à renchérir assurances, transport, financement. Résultat : volatilité du pétrole, tensions sur le gaz, et répercussions rapides sur l'inflation importée et les chaînes d'approvisionnement, avec une sensibilité particulière des économies européennes. Les marchés réagissent à la probabilité du pire, pas à la promesse d'une crise « maîtrisée ».</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Pour Téhéran, le levier énergétique ne se limite pas à l'export : il inclut la capacité de perturber la circulation et d'augmenter le coût de la normalité. Pour Washington, cela signifie mener une opération tout en gérant, en parallèle, l'impact global sur les prix et la confiance.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Dernier point : le calendrier peut devenir l'ennemi. Quand l'exigence d'un « résultat immédiat » augmente le risque de dérapage</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La recherche d'un succès rapide pousse souvent à privilégier le geste sur l'architecture de sortie. Si la pression est conçue pour ouvrir une issue négociée, elle doit rester soutenable et réversible. Si elle se transforme en ultimatum impossible à retirer sans perdre la face, alors la frappe punitive cesse d'être un choix et devient une obligation politique interne. C'est là que la logique de prestige peut prendre le pas sur la logique de sécurité.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Dans ce contexte, la question centrale n'est pas de savoir si une frappe est possible, mais qui contrôle réellement la séquence qui suit. Parce qu'une attaque se décide ; une guerre, le plus souvent, naît de l'accumulation des réactions, des accidents et des interprétations erronées. Et lorsque la coercition devient le langage dominant, la frontière entre dissuasion et incendie se réduit dangereusement.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de...</b></div>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div><a class="link" href="https://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/trump-iran-us-strikes-war-regime-change-nuclear-b2909957.html" target="_blank">https://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/trump-iran-us-strikes-war-regime-change-nuclear-b2909957.html</a>  &nbsp;</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.theguardian.com/us-news/2025/jul/08/us-pentagon-military-plans-patriot-missile-interceptor" target="_blank">https://www.theguardian.com/us-news/2025/jul/08/us-pentagon-military-plans-patriot-missile-interceptor</a>  &nbsp;</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.politico.com/news/2026/01/13/trump-iron-military-option-00725872" target="_blank">https://www.politico.com/news/2026/01/13/trump-iron-military-option-00725872</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/L-engrenage-iranien-Comment-une-demonstration-de-force-peut-se-transformer-en-crise-incontrolable_a6968.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Accord UE Inde : le libre échange comme réponse à la guerre commerciale mondiale. Giuseppe Gagliano</title>
   <updated>2026-02-11T14:24:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Accord-UE-Inde-le-libre-echange-comme-reponse-a-la-guerre-commerciale-mondiale-Giuseppe-Gagliano_a6947.html</id>
   <category term="Géopolitique" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/93940316-65564814.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-01-28T10:28:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Alors que les tensions commerciales s’intensifient et que les grandes puissances redéfinissent leurs alliances, l’Union européenne et l’Inde scellent un compromis historique. Bien plus qu’un accord commercial, cette entente marque une affirmation d’autonomie stratégique face aux États‑Unis et rebat les cartes de la compétition géoéconomique mondiale.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/93940316-65564814.jpg?v=1769594558" alt="Accord UE Inde : le libre échange comme réponse à la guerre commerciale mondiale. Giuseppe Gagliano" title="Accord UE Inde : le libre échange comme réponse à la guerre commerciale mondiale. Giuseppe Gagliano" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un accord qui vaut déclaration politique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La clôture des négociations entre l'Inde et l'Union européenne pour un accord commercial de grande ampleur marque bien davantage qu'un progrès technique. C'est un acte stratégique, une affirmation d'autonomie dans un contexte international dominé par la montée des tensions tarifaires, la rivalité systémique et le repositionnement des grandes puissances. Après près de vingt ans de pourparlers intermittents, Bruxelles et New Delhi choisissent d'accélérer et de conclure, portées aussi par la dégradation des rapports avec Washington et par une ligne commerciale américaine plus agressive.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'entente, qui devrait être formalisée dans l'année après une vérification juridique de plusieurs mois, concerne un marché d'environ deux milliards de consommateurs et près d'un quart du produit intérieur brut mondial. <strong>Les chiffres illustrent l'enjeu : plus de 136 milliards de dollars d'échanges sur l'exercice 2024 2025, avec un potentiel de croissance significatif pour la décennie à venir.</strong></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Scénarios économiques : ouverture indienne, opportunités européennes</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le cœur de l'accord est l'ouverture progressive du vaste marché indien, longtemps protégé, aux produits européens. Pour l'Union, il s'agit d'un accès privilégié à l'un des principaux moteurs de croissance mondiale, dans des secteurs clés comme l'industrie manufacturière, l'automobile, la technologie et les services.</div>    <div dir="auto">Pour l'Inde, l'accord impose un équilibre délicat : attirer investissements et technologies, consolider l'intégration dans les chaînes de valeur, tout en préservant des secteurs sensibles. L'agriculture et les produits laitiers restent largement mis à l'écart, New Delhi invoquant la protection de millions de petits exploitants.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La perspective d'une baisse des droits de douane sur les automobiles européennes, de 110 pour cent à 40 pour cent, signale une inflexion majeure. Elle pourrait transformer la concurrence sur le marché indien, accroître la pression sur les producteurs nationaux, mais aussi accélérer la modernisation industrielle et le transfert technologique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Évaluation stratégique : le commerce comme instrument de puissance</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto"><strong>L'accord UE Inde illustre la politisation croissante du commerce international.</strong>&nbsp;A l'heure où les droits de douane deviennent des leviers de pression et où les accords prennent une valeur stratégique, New Delhi et Bruxelles cherchent à bâtir un filet de sécurité économique moins dépendant de la centralité américaine. <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto">Après les accords récents de l'Union avec le Mercosur, l'Indonésie, le Mexique et la Suisse, l'entente avec l'Inde renforce la projection commerciale européenne et consolide l'Union comme pôle de négociation autonome. Pour l'Inde, elle s'inscrit dans une stratégie de diversification qui inclut des accords avec le Royaume Uni, la Nouvelle Zélande et Oman, afin de réduire l'exposition aux aléas américains tout en équilibrant le poids chinois.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Évaluation géopolitique : un axe Europe Indo Pacifique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Sur le plan géopolitique, l'accord renforce l'Inde comme partenaire majeur de l'Occident dans un Indo-Pacifique devenu central dans la compétition entre puissances. L'Union consolide ainsi une présence économique et politique dans une zone stratégique, tandis que New Delhi obtient une reconnaissance accrue comme acteur global autonome, capable de négocier d'égal à égal avec les grands blocs.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La temporalité est révélatrice : la hausse des frictions commerciales avec les États Unis et les tensions sur les politiques industrielles ont accéléré une convergence d'intérêts qui dépasse le seul échange de marchandises et touche la sécurité économique, la résilience des chaînes d'approvisionnement et l'autonomie stratégique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Évaluation géoéconomique : chaînes de valeur et compétition systémique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">L'entente contribue à reconfigurer les chaînes de valeur mondiales. <br />   <br />  Elle offre à l'Inde un canal renforcé vers le marché européen et à l'Union un accès plus profond à une base productive en pleine expansion. À terme, le partenariat peut consolider le rôle de l'Inde comme plateforme industrielle alternative à la Chine et comme nœud central dans la recomposition des filières technologiques et manufacturières. <br />   <br />  Dans le même mouvement, l'accord confirme une tendance de fond : le commerce devient un outil de compétition géoéconomique, où l'objectif n'est pas seulement d'échanger, mais de sécuriser influence, normes, investissements et capacités productives sur le long terme.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le libre échange dans un monde moins libre</b></div>
     <div>
      <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">L'accord UE/Inde naît dans une époque marquée par un retour du protectionnisme et par la fragmentation de l'ordre économique. C'est précisément ce contexte qui lui donne sa portée. Il démontre qu'au milieu des barrières et des sanctions, il reste des espaces pour un multilatéralisme sélectif et pour des alliances économiques fondées sur des intérêts convergents.</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;"><strong>Ce n'est pas seulement un accord commercial. C'est une tentative de construire un nouvel équilibre entre intégration économique, autonomie stratégique et rivalité globale, à une époque où le commerce est redevenu l'un des instruments majeurs de la puissance.</strong></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div><a class="link" href="https://www.euronews.com/my-europe/2026/01/27/eu-inks-mother-of-all-deals-with-india-trade-agreement-amid-global-turmoil" target="_blank">https://www.euronews.com/my-europe/2026/01/27/eu-inks-mother-of-all-deals-with-india-trade-agreement-amid-global-turmoil</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/china/india-eu-wrap-up-talks-landmark-trade-deal-amid-strained-us-ties-2026-01-26/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/china/india-eu-wrap-up-talks-landmark-trade-deal-amid-strained-us-ties-2026-01-26/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.politico.eu/article/eu-india-trade-agreement-deal-telecoms-finance/" target="_blank">https://www.politico.eu/article/eu-india-trade-agreement-deal-telecoms-finance/</a>  &nbsp;</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/india/india-slash-tariffs-cars-40-trade-deal-with-eu-sources-say-2026-01-25/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/india/india-slash-tariffs-cars-40-trade-deal-with-eu-sources-say-2026-01-25/</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de l'auteur</b></div>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><span style="font-weight: 700"><a class="link" href="https://lediplomate.media/le-grand-entretien-du-diplomate-avec-giuseppe-gagliano/">Giuseppe Gagliano</a> &nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Accord-UE-Inde-le-libre-echange-comme-reponse-a-la-guerre-commerciale-mondiale-Giuseppe-Gagliano_a6947.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Entretien avec Nicolas Moinet. Intelligence économique : la France face à ses angles morts.</title>
   <updated>2026-01-31T14:20:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Entretien-avec-Nicolas-Moinet-Intelligence-economique-la-France-face-a-ses-angles-morts_a6967.html</id>
   <category term="STRATEGIES" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/94004800-65605169.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-01-26T14:23:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Face à la montée des risques informationnels, à la fragmentation des chaînes de valeur et à la pression des puissances étrangères, Nicolas Moinet appelle les organisations françaises à passer de la prise de conscience à l’action. Son bilan 2025 et sa prospective 2026 tracent une feuille de route exigeante pour dirigeants et décideurs. Rencontre.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94004800-65605160.jpg?v=1769419735" alt="Entretien avec Nicolas Moinet. Intelligence économique : la France face à ses angles morts." title="Entretien avec Nicolas Moinet. Intelligence économique : la France face à ses angles morts." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>À l’IAE de Poitiers, vous formez la nouvelle génération de professionnels de l’IE. Quelles compétences vos étudiants doivent-ils aujourd’hui maîtriser pour répondre aux besoins et attentes des dirigeants publics et privés ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Depuis 30 ans, le Master Intelligence économique de Poitiers forme des jeunes professionnels (parcours en apprentissage) et des professionnels en activité (parcours en formation à distance). Identifier, analyser et comprendre des situations complexes impliquant des décisions de nature économique sont les premières compétences clés. Les situations d’urgence qui se multiplient impliquent de gérer des contextes professionnels ou d’études complexes, imprévisibles et qui nécessitent des approches stratégiques nouvelles. <br />   <br />  Ensuite, il est essentiel de passer à l’opératif, c’est-à-dire de problématiser puis mettre en œuvre un dispositif hybride de veille et de collecte d'information en identifiant les méthodes, les sources et les informations pertinentes (issues de personnes ou de documents numériques)&nbsp;; Maîtriser l’utilisation de logiciels de veille stratégique, d'agrégateurs de contenu et d'outils de surveillance des réseaux sociaux. Sans oublier l’IA générative dont il faut faire un assistant et non un maître. <br />   <br />  L’humain et la stratégie réseau ont par ailleurs toujours été au cœur de notre Master. Il est essentiel de savoir manager des réseaux d'acteurs afin de disposer de capteurs humains d’information. Ce qui appelle des qualités particulières qui peuvent faire l’objet d’apprentissages mais dans la limite des aptitudes personnelles décelées lors du recrutement&nbsp;: curiosité et ouverture d’esprit, capacité d’écoute, autonomie, diplomatie, aisance relationnelle. <br />   <br />  L’analyse est pour nous centrale et c’est là toute la force de la culture universitaire et de l’initiation à la recherche. En termes de compétences clés, il s’agit de maîtriser des outils d'analyse de données massives pour détecter les tendances émergentes, cartographier les enjeux et controverses géopolitiques et socio-économiques, articuler l'analyse de données hybrides qualitatives et quantitatives, issues de sources professionnelles et scientifiques et savoir synthétiser un grand volume de données pour en extraire des informations stratégiques en se préservant des biais cognitifs. <br />   <br />  Enfin, nous insistons sur l’importance de savoir convaincre les dirigeants de l'importance des recommandations stratégiques. Sans oublier pour l’ensemble les impératifs de sécurité. Auditer les risques associés au patrimoine immatériel d'une organisation et mettre en œuvre un dispositif de protection des informations sensibles sera donc une compétence essentielle. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>2025 a été une année de « bruit stratégique » permanent. Selon vous, quelles tendances ont vraiment compté ? Entre tensions géopolitiques, fragmentation des chaînes de valeur et montée des risques informationnels, quels signaux faibles identifiez vous aujourd’hui comme structurants pour 2026 ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Les signaux ne sont jamais faibles, seule l’intelligence l’est&nbsp;! <br />   <br />  2025 et 2026 sont des années de bascule qui ne font qu’amplifier des tendances déjà à l’œuvre depuis quinze ans&nbsp;: le centre de gravité mondial est dans la zone Asie Pacifique. C’est la rivalité sino-américaine qui dicte la marche du monde. L’Europe est désormais reléguée à la périphérie. Obama l’avait enclenché, Trump l’a définitivement entériné. L’Union européenne a joué pendant 70 ans un rôle de vassal et le réveil est douloureux. Nous ne maîtrisons plus nos chaines logistiques et sommes attaqués de toute part sur nos valeurs. Tout ceci est le fruit de décennies de refus de voir la réalité en face. <br />   <br />  Avec Christian Harbulot, Ali Laïdi, Éric Delbecque, Olivier de Maison Rouge et Arnaud de Morgny, l’École de Pensée sur la Guerre Économique, nous en savons quelque chose. Mais il n’est jamais bon d’avoir raison trop tôt. Nous proposons des analyses cliniques mais également des solutions. Ainsi, le dernier ouvrage collectif du <a class="link" href="https://www.nouveau-monde.net/catalogue/guerre-economique-comment-gagner/" target="_blank">CR 451&nbsp;- <em>Guerre économique, comment gagner&nbsp;?</em> </a>  – montre la voie en s’appuyant sur des batailles gagnées. <br />   <br />  Aujourd’hui, je vois beaucoup de commentateurs mais entend peu de propositions pour sortir de l’impasse stratégique dans laquelle nous sommes. Les rapports se suivent et se ressemblent mais ne débouchent sur rien de concret, à l’instar du rapport du Sénat sur l’intelligence économique qui a accouché d’une proposition de loi désormais tombée dans les oubliettes parlementaires. Nous sommes dans un état de sidération dont il est urgent de sortir. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>2.	On parle beaucoup d’IA générative, d’influence et de souveraineté. Mais si l’on regarde objectivement les faits, quels sont selon vous, les domaines où les entreprises françaises ont réellement progressé en 2025 ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Il y a eu clairement une prise de conscience de l’impératif de souveraineté et de la réalité des rapports de force dans ce qu’on n’a plus peur désormais d’appeler guerre économique. <br />   <br />  C’est une première étape. L’État n’est d’ailleurs pas en reste et, là aussi, j’ai pu observer une prise de conscience de changer de braquet. D’ailleurs, nous ne manquons pas de bonnes volontés et de compétences. Mais c’est la mise en musique qui fait encore défaut. Dans la sécurité économique par exemple, le MEDEF s’est réellement emparé du sujet et sur le terrain, les entreprises sont à l’écoute. Le CISSE apporte également sa pierre à l’édifice. Mais des combattants et quelques forces spéciales ne suffisent pas. <br />   <br />  En haut, il nous faut un état-major et en bas des forces morales mobilisées qui travaillent en réseau. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vous dénoncez depuis toujours la culture du réflexe plutôt que celle de l’anticipation. Qu’est ce qui, en 2025, a démontré que la France reste une puissance vulnérable sur le plan informationnel ? Et d’ailleurs, pensez-vous que la France soit encore une puissance ? </b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Pour moi, la France reste une puissance notamment en raison de sa force de frappe nucléaire, de son siège au conseil de sécurité de l’ONU, de son soft power, de son espace maritime, etc. <br />   <br />  Mais c’est une puissance en perte de vitesse faute de stratégie claire et en raison d’une situation politique intérieure calamiteuse marquée par une faiblesse budgétaire préoccupante qui a considérablement affaibli notre position au sein de l’UE. Nous avons délaissé l’industrie, les sciences et l’ingénierie. Ce sont toutes ces faiblesses internes qui nous rendent vulnérables aux ingérences extérieures et limitent notre agilité stratégique. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>En matière de souveraineté européenne, qu’est ce qui vous a le plus surpris en 2025 : une prise de conscience réelle, ou au contraire l’incapacité persistante de l’Europe à transformer ses discours en puissance stratégique ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Je ne crois pas au concept de souveraineté européenne et préfère parler d’autonomie stratégique. <br />   <br />  La souveraineté est l’affaire des États. De même, parler de puissance européenne est un leurre car il n’y a pas d’unité stratégique européenne. La non mise-en-œuvre du rapport Draghi en est la preuve. L’UE devrait être avant tout un bouclier quand les glaives restent du ressort de ses états membres. Mais les divergences sur l’agriculture ou l’énergie montrent bien que ce n’est pas le cas. On parle beaucoup, et à juste titre, de la vassalité de la plupart des pays européens à l’armement américain via notamment le F35. Mais on pourrait aussi observer les prises de participation des capitaux chinois dans tous les grands ports européens… <br />   <br />  L’Europe est un marché sous influences mais elle n’est sûrement pas une puissance. Croire le contraire c’est partir au combat avec des munitions chargées à blanc. Aura-t-elle un jour des munitions&nbsp;? Trump va peut-être nous y contraindre… ou définitivement nous reléguer en deuxième division. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Peut-être une recommandation, un rendez-vous, la publication d’un ouvrage…</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Je viens de terminer la nouvelle édition du deuxième volet de la trilogie <a class="link" href="https://www.fnac.com/a22060358/Nicolas-Moinet-La-bataille-des-soft-powers" target="_blank"><em>Les sentiers de la guerre économique </em>sur les batailles des soft powers</a>  (sortie le 19 février 2026 aux éditions Valeurs ajoutées). J’espère que ces récits où «&nbsp;Je est un autre&nbsp;» inciteront les nouvelles générations à s’engager et à se battre pour l’avenir de la France et pour ces valeurs auxquelles je crois plus que jamais&nbsp;: <em>Liberté, égalité, fraternité</em>. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Nicolas Moinet, Merci d’avoir accepté de répondre à nos questions.</b></div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de...</b></div>
     <div>
      <blockquote>Professeur des universités en Sciences de l’Information et de la Communication à l’IAE de Poitiers, <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/nicolas-moinet-4a69ba36/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Nicolas Moinet</a>  dirige le parcours formation à distance du Master 2 Intelligence économique. Praticien-chercheur en intelligence économique depuis 1993, il a un Doctorat sur les dispositifs intelligents et les stratégies d’innovation. Chercheur au CEREGE et chercheur associé au <a>CR 451</a>, il est l’auteur d’une centaine d’articles et d’une vingtaine d’ouvrages sur l’intelligence économique, le renseignement, la sécurité économique et l’influence. Il intervient régulièrement auprès d’institutions et d’entreprises. Il a été auditeur de l’Institut National des Hautes Études de la Sécurité et de la Justice (INHESJ devenu IHEMI) et de l’Institut des Hautes Études de la Défense Nationale. Il est l'un des fondateurs de l’École de Pensée sur la Guerre Économique. <br />  &nbsp; <br />  <a class="link" href="http://www.nicolas-moinet.com/" target="_blank">Vers plus d'informations</a>  <br />  &nbsp;</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94004800-65605169.jpg?v=1769433593" alt="Entretien avec Nicolas Moinet. Intelligence économique : la France face à ses angles morts." title="Entretien avec Nicolas Moinet. Intelligence économique : la France face à ses angles morts." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Entretien-avec-Nicolas-Moinet-Intelligence-economique-la-France-face-a-ses-angles-morts_a6967.html" />
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