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 <title>www.veillemag.com</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></subtitle>
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 <updated>2026-05-02T12:12:59+02:00</updated>
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   <title>Iran, changement de régime et niveaux d’analyse. Pascal Cohet</title>
   <updated>2026-04-04T15:01:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Iran-changement-de-regime-et-niveaux-d-analyse-Pascal-Cohet_a7288.html</id>
   <category term="Géopolitique" />
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   <published>2026-03-28T14:49:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le renversement du régime iranien s’impose comme une nécessité à la fois éthique et stratégique, et constitue, quoi qu’on en dise, le seul objectif de guerre rationnel pour la coalition israélo-états-unienne. Une analyse s’appuyant sur les trois niveaux des modélisations cindyniques permet de clarifier, de manière structurée, les facteurs décisifs qui conditionnent la possibilité de déclenchement d’une mobilisation visant ce renversement, ainsi que ses chances de réussite.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/95677050-66844479.jpg?v=1774705449" alt="Iran, changement de régime et niveaux d’analyse. Pascal Cohet" title="Iran, changement de régime et niveaux d’analyse. Pascal Cohet" />
     </div>
     <div>
      <blockquote>SOURCE :&nbsp;<a class="link" href="https://www.ifrei.org/article154-Iran-Regime-Change-and-Levels-of-Analysis" target="_blank">https://www.ifrei.org/article154-Iran-Regime-Change-and-Levels-of-Analysis</a>  <br />  NDLR :&nbsp;<span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quand idéalisme et réalisme se rejoignent</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le peuple iranien ne peut retrouver ses droits fondamentaux que par un renversement de régime, qui est par ailleurs le seul moyen de garantir un démantèlement durable du programme nucléaire militaire iranien. De ce fait, si ce régime parvenait à se maintenir, les États-Unis subiraient une défaite. La question de la possibilité d’un renversement de régime est donc cruciale et prioritaire, et peut être réfléchie suivant trois niveaux ou ‘ordres’ d’analyse.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Premier niveau : analyse de situation</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Ma perception de la situation réelle (ma perspective) est que la théocratie iranienne ne respecte pas les droits fondamentaux. Il y a là un déficit majeur par rapport à mon estimation de la situation idéale (ma prospective), qui impose une transformation&nbsp;: le renversement du régime. <br />   <br />  Ce premier niveau d’analyse, correspondant aux modèles cindyniques dits “d’ordre un”, ne peut être utilisé que s’il existe un consensus entre acteurs, par exemple pour la prévention des risques et catastrophes, tout en notant que, même dans ce domaine, le consensus n’existe pas tout le temps (exemple typique&nbsp;: le changement climatique). Il est totalement inadapté à l’analyse des situations non consensuelles, donc au domaine des relations internationales et des conflits, où le <em>minimum </em><em>minimorum</em> est d’être capable d’identifier les différentes transformations, possiblement antagoniques, souhaitées par les acteurs impliqués&nbsp;: toute approche qui ignorerait cette pluralité de transformations conduirait inévitablement à des analyses erronées.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Second niveau : analyse stratégique.</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">À un second niveau, l’analyse stratégique impose de considérer l’ensemble des analyses de situation de tous les acteurs, qui ont chacun leur perspective, leur prospective, et souhaitent une transformation permettant de passer de l’une à l’autre. Cela permet de mettre en évidence les divergences de prospectives entre acteurs, ainsi que les <a class="link" href="https://www.ifrei.org/article68-Disparites-et-divergences-du-Proche-Orient-au-Rwanda">disparités de perception</a>  ou de perspectives. Si des modèles comme celui de la<a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Courbe_en_J" target="_blank"> </a>  <a class="link" href="https://www.britannica.com/topic/J-curve-hypothesis" target="_blank">J-Curve</a>  &nbsp; (1*) considèrent qu’une insurrection se déclenche lorsque les déficits perçus par une population augmentent, il peut être précisé que ce déclenchement dépend aussi des divergences prospectives entre la population et le pouvoir. <br />   <br />  En l’occurrence, il existe de fortes divergences entre les composantes de la population iranienne d’une part (commerçants, étudiants, Kurdes…) et le pouvoir et son appareil répressif (Pasdarans, police et Bassidjis) d’autre part. Mais une mobilisation peut être compromise par un manque de convergence entre ces composantes&nbsp;: par exemple, Reza Pahlavi semble attaché à l’intégrité du territoire iranien, alors que les Kurdes souhaiteraient sans doute une autonomie du Rojhilat. Si un compromis n’est pas atteint, la mobilisation risque d’échouer. Et même si elle réussit, un manque de convergence entre les composantes de la population iranienne pourrait mener à ce que leur révolution leur soit volée, ou à une guerre civile. <br />   <br />  S’agissant des acteurs extérieurs, au vu des trahisons passées, les Kurdes pourraient douter de la fiabilité de l’aide états-unienne. Par ailleurs, Recep Erdogan pourrait déclencher une opération militaire contre les Kurdes iraniens pour prévenir la naissance d’un Rojhilat autonome. <br />   <br />  Ce second niveau permet aussi d’estimer la puissance de chaque acteur, c’est-à-dire sa capacité relative à imposer la transformation qu’il souhaite. D’un point de vue opérationnel, la <a class="link" href="https://www.ifrei.org/article51-Tentative-de-putsch-au-Gabon-en-2019-Probabilites-vs-analyse-cindynique">perception de ces puissances</a>  joue un rôle majeur dans les processus de décision, ce qui rend incontournable un troisième niveau d’analyse.  <blockquote>(1*)&nbsp;En 1962, James Chowning Davies a proposé comme origine des révolutions non pas la dégradation des conditions de vie des populations, mais l'augmentation de l'écart entre leur niveau de vie et leurs attentes, ce qui&nbsp; permettait d'expliquer pourquoi des révolutions pouvaient intervenir alors que ce niveau de vie était supérieur à un niveau de vie antérieur qui n'avait pas déclenché de révolution. Le terme J-Curve vient du fait que la représentation de l'évolution des conditions de vie donne une courbe en forme de J inversé dont l'écart à une droite d'augmentation des attentes est proposé comme facteur de déclenchement des mouvement insurrectionnels.&nbsp;  <div class="csl-bib-body" style="line-height: 1.35">  <div class="csl-entry">DAVIES, James C. Toward a Theory of Revolution. <i>American Sociological Review</i> . Février 1962, Vol.&nbsp;27, n<sup>o</sup>&nbsp;1, p.&nbsp;5. DOI&nbsp;<a class="link" href="https://doi.org/10.2307/2089714" target="_blank">10.2307/2089714</a>  <br />  Intéressamment discuté par : COLEMAN, James S. <i>Foundations of social theory</i>. Cambridge, Mass : Belknap Press of Harvard University Press, 1990. ISBN&nbsp;978-0-674-31225-8</div>  </div>  &nbsp;</blockquote>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Troisième niveau : le rôle décisif de la perception des puissances</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Un troisième niveau consiste à prendre en compte les analyses stratégiques des différents acteurs, ce qui permet notamment de mettre en évidence les différences -ou distorsions- entre leurs estimations des puissances. Si cette approche peut sembler inutilement complexe, elle permet de décrire une dynamique cruciale que tout acteur ayant dû catalyser et conduire une mobilisation connaît très bien en pratique&nbsp;: un acteur ne rejoint une mobilisation que s’il estime que la puissance du mouvement sera supérieure à celle du pouvoir. <br />   <br />  L’acteur qui impulse cette mobilisation doit donc procéder de façon progressive&nbsp;: d’abord mobiliser les acteurs les plus déterminés, afin de forger une puissance initiale qui sera jugée suffisante par d’autres acteurs, lesquels rejoindront alors la mobilisation, augmentant ainsi sa puissance, et permettant de recruter encore d’autres acteurs. D’où l’attention à porter aux composantes les plus motivées -<a class="link" href="https://information.tv5monde.com/international/cerner-les-forces-iraniennes-les-combattants-kurdes-armes-par-la-cia-pour-renverser-le-regime-des-mollahs-2812216">par exemple les Kurdes</a>  - et à la nécessité de les aider. <br />   <br />  D’un autre côté, il est absolument nécessaire de réduire autant que possible la puissance de l’appareil répressif, et que la population puisse percevoir cet affaiblissement, ce d’autant plus qu’il est fortement probable que l’appareil sécuritaire tentera de dissuader un soulèvement par une répression particulièrement brutale. Il est donc crucial que la population puisse continuer à s’informer et à communiquer&nbsp;; c’est pourquoi envisager des frappes contre les centrales électriques iraniennes, ce qui paralyserait les communications, constitue une faute stratégique majeure. <br />   <br />  La dimension informationnelle joue donc un rôle central, et une analyse plus complète nécessiterait de prendre en compte les manipulations de l’information, donc de continuer l’analyse à un quatrième niveau. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div>Pascal Cohet est le concepteur des Cindyniques Relativisées, qui permettent une approche transversale, transdisciplinaire, trans-sectorielle, trans-culturelle, trans-domaines des situations complexes, où les problématiques de risque, conflit et développement sont intriquées. <br />  Sa démarche s’appuie sur une diversité de domaines parcourus: architecture réseaux, neurosciences, société de l’information, relations institutionnelles et influence législative. Il considère les réalités opérationnelles comme incontournables lors des démarches de conceptualisation, et l’extension des concepts et modélisations cindyniques qu’il propose repose notamment sur son expérience de l’Afrique de l’Ouest et de la lutte informationnelle. <br />  <a class="link" href="https://www.ifrei.org/" target="_blank">IFREI.ORG</a>  <br />  <a class="link" href="https://www.ifrei.org/article148-Epistemic-Risk-Reputational-Risk-and-Perception-Warfare" target="_blank">Epistemic Risk, Reputational Risk and Perception Warfare</a>.</div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="white-space: pre-wrap;">#Iran, #changementderégime, #analysestratégique, #relationsinternationales, #cindynique, #mobilisationpopulaire, #théocratieiranienne, #géopolitiquemoyenorient, #perceptiondespuissances, #KurdesIran</span> <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Iran-changement-de-regime-et-niveaux-d-analyse-Pascal-Cohet_a7288.html" />
  </entry>
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   <title>Iran, changement de régime et niveaux d’analyse. Pascal Cohet</title>
   <updated>2026-03-29T18:52:00+02:00</updated>
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   <published>2026-03-28T14:49:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
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    <![CDATA[
Le renversement du régime iranien s’impose comme une nécessité à la fois éthique et stratégique, et constitue, quoi qu’on en dise, le seul objectif de guerre rationnel pour la coalition israélo-états-unienne. Une analyse s’appuyant sur les trois niveaux des modélisations cindyniques permet de clarifier, de manière structurée, les facteurs décisifs qui conditionnent la possibilité de déclenchement d’une mobilisation visant ce renversement, ainsi que ses chances de réussite.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/95697755-66850374.jpg?v=1774705449" alt="Iran, changement de régime et niveaux d’analyse. Pascal Cohet" title="Iran, changement de régime et niveaux d’analyse. Pascal Cohet" />
     </div>
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      <blockquote>SOURCE :&nbsp;<a class="link" href="https://www.ifrei.org/article154-Iran-Regime-Change-and-Levels-of-Analysis" target="_blank">https://www.ifrei.org/article154-Iran-Regime-Change-and-Levels-of-Analysis</a>  <br />  NDLR :&nbsp;<span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quand idéalisme et réalisme se rejoignent</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le peuple iranien ne peut retrouver ses droits fondamentaux que par un renversement de régime, qui est par ailleurs le seul moyen de garantir un démantèlement durable du programme nucléaire militaire iranien. De ce fait, si ce régime parvenait à se maintenir, les États-Unis subiraient une défaite. La question de la possibilité d’un renversement de régime est donc cruciale et prioritaire, et peut être réfléchie suivant trois niveaux ou ‘ordres’ d’analyse.</div>  
     </div>
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     <div><b>Premier niveau : analyse de situation</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Ma perception de la situation réelle (ma perspective) est que la théocratie iranienne ne respecte pas les droits fondamentaux. Il y a là un déficit majeur par rapport à mon estimation de la situation idéale (ma prospective), qui impose une transformation&nbsp;: le renversement du régime. <br />   <br />  Ce premier niveau d’analyse, correspondant aux modèles cindyniques dits “d’ordre un”, ne peut être utilisé que s’il existe un consensus entre acteurs, par exemple pour la prévention des risques et catastrophes, tout en notant que, même dans ce domaine, le consensus n’existe pas tout le temps (exemple typique&nbsp;: le changement climatique). Il est totalement inadapté à l’analyse des situations non consensuelles, donc au domaine des relations internationales et des conflits, où le <em>minimum </em><em>minimorum</em> est d’être capable d’identifier les différentes transformations, possiblement antagoniques, souhaitées par les acteurs impliqués&nbsp;: toute approche qui ignorerait cette pluralité de transformations conduirait inévitablement à des analyses erronées.</div>  
     </div>
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     <div><b>Second niveau : analyse stratégique.</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">À un second niveau, l’analyse stratégique impose de considérer l’ensemble des analyses de situation de tous les acteurs, qui ont chacun leur perspective, leur prospective, et souhaitent une transformation permettant de passer de l’une à l’autre. Cela permet de mettre en évidence les divergences de prospectives entre acteurs, ainsi que les <a class="link" href="https://www.ifrei.org/article68-Disparites-et-divergences-du-Proche-Orient-au-Rwanda">disparités de perception</a>  ou de perspectives. Si des modèles comme celui de la<a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Courbe_en_J" target="_blank"> </a>  <a class="link" href="https://www.britannica.com/topic/J-curve-hypothesis" target="_blank">J-Curve</a> &nbsp;(1*) considèrent qu’une insurrection se déclenche lorsque les déficits perçus par une population augmentent, il peut être précisé que ce déclenchement dépend aussi des divergences prospectives entre la population et le pouvoir. <br />   <br />  En l’occurrence, il existe de fortes divergences entre les composantes de la population iranienne d’une part (commerçants, étudiants, Kurdes…) et le pouvoir et son appareil répressif (Pasdarans, police et Bassidjis) d’autre part. Mais une mobilisation peut être compromise par un manque de convergence entre ces composantes&nbsp;: par exemple, Reza Pahlavi semble attaché à l’intégrité du territoire iranien, alors que les Kurdes souhaiteraient sans doute une autonomie du Rojhilat. Si un compromis n’est pas atteint, la mobilisation risque d’échouer. Et même si elle réussit, un manque de convergence entre les composantes de la population iranienne pourrait mener à ce que leur révolution leur soit volée, ou à une guerre civile. <br />   <br />  S’agissant des acteurs extérieurs, au vu des trahisons passées, les Kurdes pourraient douter de la fiabilité de l’aide états-unienne. Par ailleurs, Recep Erdogan pourrait déclencher une opération militaire contre les Kurdes iraniens pour prévenir la naissance d’un Rojhilat autonome. <br />   <br />  Ce second niveau permet aussi d’estimer la puissance de chaque acteur, c’est-à-dire sa capacité relative à imposer la transformation qu’il souhaite. D’un point de vue opérationnel, la <a class="link" href="https://www.ifrei.org/article51-Tentative-de-putsch-au-Gabon-en-2019-Probabilites-vs-analyse-cindynique">perception de ces puissances</a>  joue un rôle majeur dans les processus de décision, ce qui rend incontournable un troisième niveau d’analyse.  <blockquote>  (1*) J-curve :&nbsp;En 1962, James Chowning Davies a proposé comme origine des révolutions non pas la dégradation des conditions de vie des populations, mais l'augmentation de l'écart entre leur niveau de vie et leurs attentes, ce qui&nbsp; permettait d'expliquer pourquoi des révolutions pouvaient intervenir alors que ce niveau de vie était supérieur à un niveau de vie antérieur qui n'avait pas déclenché de révolution. Le terme J-Curve vient du fait que la représentation de l'évolution des conditions de vie donne une courbe en forme de J inversé dont l'écart à une droite d'augmentation des attentes est proposé comme facteur de déclenchement des mouvement insurrectionnels.&nbsp; <br />    <div class="csl-bib-body" style="line-height: 1.35">  <div class="csl-entry">DAVIES, James C. Toward a Theory of Revolution. <i>American Sociological Review</i> . Février 1962, Vol.&nbsp;27, n<sup>o</sup>&nbsp;1, p.&nbsp;5. DOI&nbsp;<a class="link" href="https://doi.org/10.2307/2089714" target="_blank">10.2307/2089714</a>  <br />  Intéressamment discuté par : COLEMAN, James S. <i>Foundations of social theory</i>. Cambridge, Mass : Belknap Press of Harvard University Press, 1990. ISBN&nbsp;978-0-674-31225-8</div>  </div>  </blockquote>  </div>  
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     <div><b>Troisième niveau : le rôle décisif de la perception des puissances</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Un troisième niveau consiste à prendre en compte les analyses stratégiques des différents acteurs, ce qui permet notamment de mettre en évidence les différences -ou distorsions- entre leurs estimations des puissances. Si cette approche peut sembler inutilement complexe, elle permet de décrire une dynamique cruciale que tout acteur ayant dû catalyser et conduire une mobilisation connaît très bien en pratique&nbsp;: un acteur ne rejoint une mobilisation que s’il estime que la puissance du mouvement sera supérieure à celle du pouvoir. <br />   <br />  L’acteur qui impulse cette mobilisation doit donc procéder de façon progressive&nbsp;: d’abord mobiliser les acteurs les plus déterminés, afin de forger une puissance initiale qui sera jugée suffisante par d’autres acteurs, lesquels rejoindront alors la mobilisation, augmentant ainsi sa puissance, et permettant de recruter encore d’autres acteurs. D’où l’attention à porter aux composantes les plus motivées -<a class="link" href="https://information.tv5monde.com/international/cerner-les-forces-iraniennes-les-combattants-kurdes-armes-par-la-cia-pour-renverser-le-regime-des-mollahs-2812216">par exemple les Kurdes</a>  - et à la nécessité de les aider. <br />   <br />  D’un autre côté, il est absolument nécessaire de réduire autant que possible la puissance de l’appareil répressif, et que la population puisse percevoir cet affaiblissement, ce d’autant plus qu’il est fortement probable que l’appareil sécuritaire tentera de dissuader un soulèvement par une répression particulièrement brutale. Il est donc crucial que la population puisse continuer à s’informer et à communiquer&nbsp;; c’est pourquoi envisager des frappes contre les centrales électriques iraniennes, ce qui paralyserait les communications, constitue une faute stratégique majeure. <br />   <br />  La dimension informationnelle joue donc un rôle central, et une analyse plus complète nécessiterait de prendre en compte les manipulations de l’information, donc de continuer l’analyse à un quatrième niveau. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div>Pascal Cohet est le concepteur des Cindyniques Relativisées, qui permettent une approche transversale, transdisciplinaire, trans-sectorielle, trans-culturelle, trans-domaines des situations complexes, où les problématiques de risque, conflit et développement sont intriquées. <br />  Sa démarche s’appuie sur une diversité de domaines parcourus: architecture réseaux, neurosciences, société de l’information, relations institutionnelles et influence législative. Il considère les réalités opérationnelles comme incontournables lors des démarches de conceptualisation, et l’extension des concepts et modélisations cindyniques qu’il propose repose notamment sur son expérience de l’Afrique de l’Ouest et de la lutte informationnelle. <br />  <a class="link" href="https://www.ifrei.org/" target="_blank">IFREI.ORG</a>  <br />  <a class="link" href="https://www.ifrei.org/article148-Epistemic-Risk-Reputational-Risk-and-Perception-Warfare" target="_blank">Epistemic Risk, Reputational Risk and Perception Warfare</a>.</div>  </blockquote>  
     </div>
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      <span style="white-space: pre-wrap;">#Iran, #changementderégime, #analysestratégique, #relationsinternationales, #cindynique, #mobilisationpopulaire, #théocratieiranienne, #géopolitiquemoyenorient, #perceptiondespuissances, #KurdesIran</span> <br />  &nbsp;
     </div>
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   <title>Le pari iranien : quand la guerre devient un dispositif</title>
   <updated>2026-03-01T11:41:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Le-pari-iranien-quand-la-guerre-devient-un-dispositif_a7122.html</id>
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   <published>2026-03-01T11:41:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La séquence crée un précédent dangereux : on ouvre des canaux diplomatiques, on laisse croire à un compromis, puis on frappe en affirmant que l'action était nécessaire et préparée depuis longtemps. Dans ce schéma, la négociation n'est plus l'outil qui réduit le risque, mais la méthode qui règle le tempo de l'opération militaire, désoriente l'adversaire, neutralise les réticences des alliés et prépare l'opinion. Effet immédiat : la diplomatie perd sa crédibilité, et toute future discussion devient suspecte, car l'autre camp intègre l'idée que la table peut servir de piège.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/95012323-66564478.jpg?v=1772361561" alt="Le pari iranien : quand la guerre devient un dispositif" title="Le pari iranien : quand la guerre devient un dispositif" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Du nucléaire au changement de régime : le glissement de l'objectif</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le nucléaire reste l'habillage le plus vendable, parce qu'il simplifie le récit. <br />   <br />  <strong>Mais si le centre de gravité est la « décapitation » du sommet politico-militaire</strong>, l'objectif réel change : il ne s'agit plus de limiter une capacité, mais de briser une continuité de pouvoir. C'est un saut qualitatif. Frapper des sites, c'est réduire un risque technique ; viser la direction, c'est ouvrir une crise de souveraineté. <br />  Et lorsque le discours appelle explicitement à la révolte interne ou à « reprendre le contrôle », la guerre cesse d'être coercition : elle devient ingénierie politique, avec des conséquences de long terme.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La logique militaire : paralyser plutôt que conquérir</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Une opération de ce type cherche trois effets dans les premières heures. <br />   <br />  D'abord, dégrader le commandement et le contrôle : communications, centres de décision, coordination entre forces armées et services. <br />  Ensuite, réduire la capacité de riposte immédiate : radars, défense aérienne, bases de missiles, dépôts, plateformes mobiles. <br />  Enfin, multiplier l'incertitude : prouver que le système de sécurité est pénétré, que des informations sensibles ont été converties en cibles. Les fenêtres de tir et le choix du moment ne relèvent pas du spectacle : ils relèvent de la valeur opérationnelle des cibles, de la possibilité de créer un vide de commandement assez long pour empêcher une riposte organisée. <br />  <strong>C'est une guerre qui vise l'effondrement psychologique avant le dommage matériel.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le renseignement comme arme stratégique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le facteur décisif est le renseignement : non pas un appui, mais le cœur de l'opération. <br />   <br />  Viser les sommets suppose de connaître leurs déplacements, leurs routines, leurs procédures de sécurité, leurs circuits de communication, leurs contre-mesures. Cela implique une pénétration profonde : réseaux humains, surveillance technique, compromissions, intoxication, exploitation d'erreurs. E <br />  t il y a un effet souvent sous-estimé : le renseignement ne sert pas seulement à frapper, il sert à faire croire qu'on peut frapper partout. C'est une arme de désagrégation interne : l'appareil soupçonne ses propres rangs, lance des purges, durcit la répression. Sous les bombes, cette chasse à l'infiltré peut devenir une seconde guerre, intérieure, qui consomme les ressources et rigidifie le régime.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le pari politique : dissidence ou réflexe patriotique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le changement de régime repose sur un pari : que la société ne se resserre pas autour de l'État, mais se retourne contre lui. <br />   <br />  Pari à haut risque. L'histoire montre souvent l'inverse : la pression extérieure transforme la dissidence en patriotisme, surtout si l'attaque apparaît comme une humiliation nationale. Même ceux qui contestent le pouvoir peuvent refuser que sa chute soit imposée de l'extérieur. Et si l'opération ne produit pas immédiatement une alternative crédible, elle ouvre un vide. Or les vides, dans cette région, sont rarement remplis par les modérés : ils le sont par les plus organisés.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La tentation la plus dangereuse : la fragmentation identitaire</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Un cran plus instable encore serait d'exploiter les lignes ethniques et périphériques pour affaiblir le centre, en habillant l'entreprise d'un discours de « libération » plurielle. <br />   <br />  Dans un pays multiethnique, sous choc et sous feu, c'est un accélérant. Cela peut déclencher des foyers locaux, mais aussi provoquer une réaction centralisatrice brutale : répression, logique de siège, dynamique de guerre civile. Si l'État s'affaiblit, la fragmentation ne reste pas interne : elle déborde par des frontières poreuses, attire des soutiens extérieurs, nourrit milices et trafics. À ce stade, l'Iran n'est plus un dossier : il devient un théâtre durable.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La dimension géoéconomique : l'interrupteur de l'énergie</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le moment où tout devient mondial, c'est l'énergie. Il n'est pas nécessaire de « fermer » officiellement un détroit : il suffit que le risque fasse grimper les primes d'assurance, ralentisse les transits, pousse les armateurs à suspendre ou détourner. <br />   <br />  <strong>Le marché price la peur avant la pénurie. </strong>Et ce prix se diffuse comme une taxe : carburants, transport, logistique, coûts industriels. L'Europe paye deux fois : via le prix international et via la nouvelle concurrence sur le gaz naturel liquéfié. L'Asie, plus dépendante des flux du Golfe, devient l'acteur pivot : elle peut pousser à la désescalade, ou sécuriser des arrangements parallèles, accélérant une géoéconomie en blocs.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le front intérieur occidental : la guerre comme problème politique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Une opération courte peut se vendre comme un succès. Une guerre longue devient toxique : hausse des carburants, volatilité financière, incidents maritimes, ripostes indirectes. <br />   <br />  Alors réapparaît le débat récurrent : urgence proclamée, renseignement contesté, mandat institutionnel discuté. La fragilité n'est pas seulement sur le terrain : elle est dans les parlements, dans l'opinion, dans la capacité à absorber des coûts sociaux non annoncés.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> La question qui décide tout : après, quoi</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le nœud final est simple : si l'objectif est de faire tomber un régime, qui garantit l'ordre le lendemain. <br />   <br />  Sans structure alternative crédible, le risque est d'ouvrir un cycle où l'opération militaire ne produit qu'une chose : une instabilité démultipliée. Et lorsque cette instabilité se branche sur un interrupteur énergétique global, la guerre cesse d'être locale : elle devient un dispositif qui déclenche des crises en chaîne, divise les alliés, redessine routes et dépendances.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'ultime pari n'est donc pas de frapper ou de ne pas frapper. Le pari, c'est de croire qu'on peut casser un système politique sans payer le prix du système qui se brise. Et dans cette région, un système brisé ne se répare pas en semaines. Il se prolonge en années.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/middle-east/irans-revolutionary-guards-tell-ships-passage-through-strait-hormuz-not-allowed-2026-02-28/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/middle-east/irans-revolutionary-guards-tell-ships-passage-through-strait-hormuz-not-allowed-2026-02-28/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/business/energy/oil-gas-majors-traders-suspend-shipments-via-hormuz-us-attacks-iran-sources-say-2026-02-28/" target="_blank">https://www.reuters.com/business/energy/oil-gas-majors-traders-suspend-shipments-via-hormuz-us-attacks-iran-sources-say-2026-02-28/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/asia-pacific/japan-shippers-halt-hormuz-operations-after-us-israel-strikes-iran-2026-03-01/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/asia-pacific/japan-shippers-halt-hormuz-operations-after-us-israel-strikes-iran-2026-03-01/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.nytimes.com/section/world/middleeast" target="_blank">https://www.nytimes.com/section/world/middleeast</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.wsj.com/world/middle-east" target="_blank">https://www.wsj.com/world/middle-east</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.aljazeera.com/news/2026/2/22/iran-us-tensions-what-would-blocking-strait-of-hormuz-mean-for-oil-lng" target="_blank">https://www.aljazeera.com/news/2026/2/22/iran-us-tensions-what-would-blocking-strait-of-hormuz-mean-for-oil-lng</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.eia.gov/todayinenergy/detail.php?id=65504" target="_blank">https://www.eia.gov/todayinenergy/detail.php?id=65504</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.eia.gov/todayinenergy/detail.php?id=65584" target="_blank">https://www.eia.gov/todayinenergy/detail.php?id=65584</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de...</b></div>
     <div>
      <blockquote><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis). Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/christian-harbulot-a56b2912/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Christian Harbulot</a>, (EGE). <br />  Il collabore avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">Iassp de Milan</a>. <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Le-pari-iranien-quand-la-guerre-devient-un-dispositif_a7122.html" />
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