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 <title>www.veillemag.com</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-12T23:11:24+02:00</updated>
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   <title>Les échecs de la coopération franco-allemande Du cloud européen au chasseur de sixième génération : un moteur de l'Europe désormais grippé.</title>
   <updated>2025-11-18T15:34:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Les-echecs-de-la-cooperation-franco-allemande-Du-cloud-europeen-au-chasseur-de-sixieme-generation-un-moteur-de-l-Europe_a6602.html</id>
   <category term="STRATEGIES" />
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   <published>2025-11-18T15:17:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Du cloud souverain Gaia‑X au chasseur de sixième génération, les projets phares de la coopération franco‑allemande s’enlisent. Rivalités industrielles, divergences stratégiques et dépendance persistante vis‑à‑vis de Washington révèlent l’incapacité de Paris et Berlin à incarner une vision commune de l’autonomie européenne. Le moteur censé porter l’intégration du continent apparaît aujourd’hui grippé, fragilisant la crédibilité de l’Union dans les domaines les plus sensibles.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/92646797-64907261.jpg?v=1763475228" alt="Les échecs de la coopération franco-allemande Du cloud européen au chasseur de sixième génération : un moteur de l'Europe désormais grippé." title="Les échecs de la coopération franco-allemande Du cloud européen au chasseur de sixième génération : un moteur de l'Europe désormais grippé." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une ambition européenne qui se délite</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La coopération franco-allemande a longtemps été présentée comme le cœur battant de l'intégration européenne, un moteur politique et industriel destiné à garantir la puissance stratégique du continent. Pourtant, les dernières années ont révélé une série de revers retentissants qui fragilisent cette image. Les deux dossiers les plus emblématiques, le cloud souverain Gaia-X et le projet de chasseur de sixième génération, montrent non seulement des divergences techniques, mais aussi l'incapacité croissante de Paris et Berlin à définir une vision commune de l'autonomie stratégique européenne.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Gaia-X : la souveraineté numérique qui s'évapore</b></div>
     <div>
      <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Conçu en 2019 par Emmanuel Macron et Angela Merkel, <a class="link" href="https://gaia-x.eu/" target="_blank">Gaia-X </a>  devait être la réponse européenne à la domination américaine dans le cloud et un pilier de la souveraineté numérique. L'objectif était clair : créer une infrastructure de données protégée, indépendante et capable de soutenir la compétitivité industrielle du continent. Cependant, le projet s'est enlisé dans une série de compromis qui ont vidé sa raison d'être. <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Sous la pression de l'industrie allemande, dépendante des géants numériques américains, les entreprises étrangères – Amazon, Microsoft, Google, mais aussi Huawei et Alibaba – ont été intégrées dans la structure de gouvernance de Gaia-X. Cette décision a brisé l'idée même d'un cloud souverain et confirmé la profonde asymétrie des priorités entre Paris, porté vers l'autonomie, et Berlin, préoccupé par la continuité de ses chaînes de valeur industrielles. Même les rares réussites initiales, comme Agdatahub, ont échoué, révélant l'absence de cohérence stratégique et l'incapacité à transformer une idée européenne ambitieuse en un instrument opérationnel.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le chasseur de sixième génération : un symbole d'impuissance</b></div>
     <div>
      <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Le second grand chantier, le <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_de_combat_a%C3%A9rien_du_futur" target="_blank">SCAF</a>, devait être le fleuron de la défense européenne. Imaginé comme le futur système de combat aérien, intégrant avion de combat, drones, capteurs et un cloud militaire, il devait inscrire l'Europe dans la course mondiale aux nouvelles technologies de défense. Mais, là encore, rivalités industrielles, suspicions politiques et visions divergentes ont paralysé le projet. <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Berlin accuse Paris de monopoliser les contrats et de vouloir imposer son leadership technologique. La France reproche à l'Allemagne son manque d'engagement financier et stratégique. Le résultat est un affaiblissement structurel du programme, désormais réduit à la recherche d'un compromis minimal : poursuivre seulement la partie « cloud de combat » du projet pour maintenir un lien institutionnel, tout en laissant ouvertes des alternatives nationales ou bilatérales pour le développement du futur chasseur. <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">L'Allemagne envisage même une coopération avec la Suède, signe que l'axe franco-allemand n'incarne plus une confiance automatique, mais une relation traversée par le doute.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Autonomie stratégique : un concept perdu en chemin</b></div>
     <div>
      <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Ces deux échecs ne sont pas des accidents techniques. Ils révèlent une divergence profonde entre Paris et Berlin sur la nature de la sécurité européenne et l'avenir des relations transatlantiques. La France voit dans l'autonomie stratégique une nécessité vitale pour compenser l'imprévisibilité américaine. L'Allemagne, encore ancrée dans la logique de protection sous parapluie américain, reste dépendante de Washington sur les infrastructures numériques, la technologie militaire et même les orientations stratégiques. <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Cette dissymétrie rend presque impossible l'accord sur une direction commune pour la défense européenne. Elle fragilise également la crédibilité de l'Union européenne, incapable d'agir de manière cohérente dans les secteurs les plus sensibles : défense, numérique, technologies critiques, intelligence artificielle</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Un moteur européen en panne profonde</b></div>
     <div>
      <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">L'axe franco-allemand, présenté comme la colonne vertébrale de l'Union, apparaît aujourd'hui affaibli, hésitant, fragmenté. Chaque fois que l'enjeu touche à la souveraineté réelle – données, armement, industrie stratégique – les divergences entre Paris et Berlin ressurgissent, paralysant l'ambition européenne. <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Dans un contexte marqué par la militarisation des relations internationales, la pression américaine sur les technologies sensibles, la montée des acteurs asiatiques et le besoin urgent de réarmer l'Europe, cette incapacité à trouver une voie commune devient un handicap structurel. <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;"><strong>Ce blocage reflète l'incertitude géopolitique d'une Europe qui peine à définir son rôle dans un ordre mondial en mutation. L'illusion d'un moteur franco-allemand homogène cède la place à la réalité : deux puissances qui doutent, se concurrencent et avancent sans coordination, laissant l'Union européenne en suspens.</strong></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une Europe en quête d'orientation</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Les échecs successifs de Gaia-X et du SCAF symbolisent une crise plus large : l'incapacité de l'Europe à se projeter comme acteur souverain. Tant que Paris et Berlin ne surmonteront pas leurs contradictions, l'autonomie stratégique restera un slogan, non un projet. Et l'Europe continuera d'être tiraillée entre ambitions affichées et dépendances non assumées, incapable de choisir la route qui définira sa place dans le monde.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de l'auteur</b></div>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Une guerre froide façonnée par la désinformation. Par Giuseppe Gagliano</title>
   <updated>2025-10-13T11:38:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Une-guerre-froide-faconnee-par-la-desinformation-Par-Giuseppe-Gagliano_a6462.html</id>
   <category term="Communication &amp; Influence" />
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   <published>2025-10-13T11:15:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Fuites, think tanks et groupes de hackers alimentent un brouillard médiatique où la crédibilité des grandes marques d’information devient une arme stratégique, brouillant la frontière entre renseignement, propagande et journalisme. Quand le récit prend le pas sur le fait, le risque de calcul stratégique erroné augmente.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/91728540-64403565.jpg?v=1760348244" alt="Une guerre froide façonnée par la désinformation. Par Giuseppe Gagliano" title="Une guerre froide façonnée par la désinformation. Par Giuseppe Gagliano" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quand la crédibilité médiatique devient un instrument stratégique</b></div>
     <div>
      <p style="margin-left: 40px;">Nous sommes désormais entrés dans une phase du système international où la brume informationnelle n'est plus accidentelle mais fabriquée. Ce qui est présenté comme une « nouvelle guerre froide » n'est pas tant le produit de mouvements stratégiques tangibles que celui d'un écosystème médiatique structuré par des fuites d'agences de renseignement, des groupes de hackers opaques et des marques médiatiques occidentales capables de transformer une rumeur en vérité perçue. <br />    <p style="margin-left: 40px;">Deux affaires récentes l'illustrent clairement : l'accusation selon laquelle la Chine aurait fourni un appui satellitaire à la Russie en Ukraine et l'histoire d'un entraînement russe à une invasion amphibie de Taïwan. Dans les deux cas, le schéma est identique : des fuites issues des services ukrainiens, relayées par des sources anonymes ou des groupes de hackers aux contours indéfinis, puis amplifiées par des médias majeurs. <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>RUSI : une indépendance toute relative</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Un acteur central de la seconde affaire est (RUSI), think tank londonien fondé en 1831. <br />  Officiellement indépendant, il entretient des liens structurels et financiers étroits avec le gouvernement britannique, le ministère de la Défense et, via ses partenariats, avec les agences américaines. Dans les faits, il s'agit moins d'un observateur neutre que d'un relais de narrations stratégiques occidentales. Publier sous la bannière du RUSI confère une autorité immédiate, même lorsque les données à la base sont invérifiables.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Black Moon : un groupe de hackers ou un outil d'influence ?</b></div>
     <div>
      <p style="margin-left: 40px;">Le groupe de hackers « Black Moon », mentionné dans le rapport du RUSI, est encore plus nébuleux. Présenté comme un réseau décentralisé qui s'attaque à des systèmes russes pour exposer des documents classifiés, il agit dans l'ombre et aligne ses objectifs sur les priorités stratégiques ukrainiennes. Cette combinaison d'opacité, d'activisme ciblé et de timing politique correspond parfaitement au profil d'un instrument d'influence indirect, utilisé pour nourrir certaines narrations géopolitiques. <br />    <p style="margin-left: 40px;">Même si certains documents sont authentiques, leur sélection et leur diffusion peuvent servir une stratégie bien déterminée. Ce mécanisme classique est amplifié par la crédibilité de grands médias : Reuters reconnaît ne pas avoir vérifié les allégations sur les satellites chinois ; CNN admet ne pas avoir confirmé les documents liés à Taïwan. Mais l'histoire est tout de même diffusée, car la marque médiatique remplace la preuve. <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un climat psychologique façonné pour la confrontation</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Cette construction narrative prépare l'opinion occidentale à une confrontation stratégique avec la Chine et la Russie. Elle crée un environnement psychologique où des décisions lourdes — augmentation des budgets militaires, alignement stratégique renforcé, acceptation de restrictions économiques ou sécuritaires — deviennent politiquement plus faciles à faire accepter. <br />  <strong>C'est une mécanique bien connue des périodes de guerre froide : transformer une menace floue en réalité ressentie.</strong></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La vérité reléguée au second plan</b></div>
     <div>
      <p style="margin-left: 40px;">Dans un monde fragmenté en blocs rivaux, la possibilité d'une autorité épistémique réellement indépendante s'amenuise. Chaque source devient suspecte, chaque récit une arme potentielle. L'opacité des groupes comme Black Moon et l'ancrage structurel d'institutions comme le RUSI illustrent cette dilution des frontières entre renseignement, propagande et journalisme. <br />    <p style="margin-left: 40px;">Quand le récit prend le pas sur le fait, le risque de calcul stratégique erroné augmente considérablement. C'est cela, le vrai danger de cette « nouvelle guerre froide » : non seulement la confrontation entre États, mais aussi l'érosion progressive de notre capacité collective à distinguer le vrai, le plausible et le fabriqué. <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de Giuseppe Gagliano</b></div>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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  </entry>
  <entry>
   <title>Une guerre froide façonnée par la désinformation. Par Giuseppe Gagliano</title>
   <updated>2025-11-09T14:47:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Une-guerre-froide-faconnee-par-la-desinformation-Par-Giuseppe-Gagliano_a6559.html</id>
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   <published>2025-10-13T11:15:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
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    <![CDATA[
Fuites, think tanks et groupes de hackers alimentent un brouillard médiatique où la crédibilité des grandes marques d’information devient une arme stratégique, brouillant la frontière entre renseignement, propagande et journalisme. Quand le récit prend le pas sur le fait, le risque de calcul stratégique erroné augmente.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/92424597-64812436.jpg?v=1760348244" alt="Une guerre froide façonnée par la désinformation. Par Giuseppe Gagliano" title="Une guerre froide façonnée par la désinformation. Par Giuseppe Gagliano" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quand la crédibilité médiatique devient un instrument stratégique</b></div>
     <div>
      <p style="margin-left: 40px;">Nous sommes désormais entrés dans une phase du système international où la brume informationnelle n'est plus accidentelle mais fabriquée. Ce qui est présenté comme une « nouvelle guerre froide » n'est pas tant le produit de mouvements stratégiques tangibles que celui d'un écosystème médiatique structuré par des fuites d'agences de renseignement, des groupes de hackers opaques et des marques médiatiques occidentales capables de transformer une rumeur en vérité perçue. <br />    <p style="margin-left: 40px;">Deux affaires récentes l'illustrent clairement : l'accusation selon laquelle la Chine aurait fourni un appui satellitaire à la Russie en Ukraine et l'histoire d'un entraînement russe à une invasion amphibie de Taïwan. Dans les deux cas, le schéma est identique : des fuites issues des services ukrainiens, relayées par des sources anonymes ou des groupes de hackers aux contours indéfinis, puis amplifiées par des médias majeurs. <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>RUSI : une indépendance toute relative</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Un acteur central de la seconde affaire est (RUSI), think tank londonien fondé en 1831. <br />  Officiellement indépendant, il entretient des liens structurels et financiers étroits avec le gouvernement britannique, le ministère de la Défense et, via ses partenariats, avec les agences américaines. Dans les faits, il s'agit moins d'un observateur neutre que d'un relais de narrations stratégiques occidentales. Publier sous la bannière du RUSI confère une autorité immédiate, même lorsque les données à la base sont invérifiables.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Black Moon : un groupe de hackers ou un outil d'influence ?</b></div>
     <div>
      <p style="margin-left: 40px;">Le groupe de hackers « Black Moon », mentionné dans le rapport du RUSI, est encore plus nébuleux. Présenté comme un réseau décentralisé qui s'attaque à des systèmes russes pour exposer des documents classifiés, il agit dans l'ombre et aligne ses objectifs sur les priorités stratégiques ukrainiennes. Cette combinaison d'opacité, d'activisme ciblé et de timing politique correspond parfaitement au profil d'un instrument d'influence indirect, utilisé pour nourrir certaines narrations géopolitiques. <br />    <p style="margin-left: 40px;">Même si certains documents sont authentiques, leur sélection et leur diffusion peuvent servir une stratégie bien déterminée. Ce mécanisme classique est amplifié par la crédibilité de grands médias : Reuters reconnaît ne pas avoir vérifié les allégations sur les satellites chinois ; CNN admet ne pas avoir confirmé les documents liés à Taïwan. Mais l'histoire est tout de même diffusée, car la marque médiatique remplace la preuve. <br />  
     </div>
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     </div>
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     <div><b>Un climat psychologique façonné pour la confrontation</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Cette construction narrative prépare l'opinion occidentale à une confrontation stratégique avec la Chine et la Russie. Elle crée un environnement psychologique où des décisions lourdes — augmentation des budgets militaires, alignement stratégique renforcé, acceptation de restrictions économiques ou sécuritaires — deviennent politiquement plus faciles à faire accepter. <br />  <strong>C'est une mécanique bien connue des périodes de guerre froide : transformer une menace floue en réalité ressentie.</strong></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La vérité reléguée au second plan</b></div>
     <div>
      <p style="margin-left: 40px;">Dans un monde fragmenté en blocs rivaux, la possibilité d'une autorité épistémique réellement indépendante s'amenuise. Chaque source devient suspecte, chaque récit une arme potentielle. L'opacité des groupes comme Black Moon et l'ancrage structurel d'institutions comme le RUSI illustrent cette dilution des frontières entre renseignement, propagande et journalisme. <br />    <p style="margin-left: 40px;">Quand le récit prend le pas sur le fait, le risque de calcul stratégique erroné augmente considérablement. C'est cela, le vrai danger de cette « nouvelle guerre froide » : non seulement la confrontation entre États, mais aussi l'érosion progressive de notre capacité collective à distinguer le vrai, le plausible et le fabriqué. <br />  
     </div>
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     <div><b>A propos de Giuseppe Gagliano</b></div>
     <div>
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     </div>
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