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 <title>www.veillemag.com</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-28T23:59:32+02:00</updated>
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   <title>Terres rares à six kilomètres de profondeur : les États-Unis et le Japon défient le monopole chinois</title>
   <updated>2026-08-15T16:43:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Terres-rares-a-six-kilometres-de-profondeur-les-Etats-Unis-et-le-Japon-defient-le-monopole-chinois_a8166.html</id>
   <category term="Géopolitique" />
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   <published>2026-08-14T17:50:00+02:00</published>
   <author><name>Giuseppe Gagliano, Cestudec</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
À six mille mètres sous le Pacifique, Washington et Tokyo misent sur un gisement abyssal de terres rares pour desserrer l’étau chinois. Les boues océaniques de Minamitorishima pourraient contenir plus de 16 millions de tonnes d’éléments stratégiques, mais transformer cette découverte en véritable puissance industrielle exige de franchir un gouffre technologique, économique et environnemental que Pékin tentera de rendre infranchissable.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97690694-68014934.jpg?v=1786782619" alt="Terres rares à six kilomètres de profondeur : les États-Unis et le Japon défient le monopole chinois" title="Terres rares à six kilomètres de profondeur : les États-Unis et le Japon défient le monopole chinois" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les fonds marins autour de Minamitorishima pourraient contenir plus de 16 millions de tonnes d'éléments stratégiques. Mais extraire les boues océaniques ne constituera que la première étape de la bataille</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">À six kilomètres sous la surface du Pacifique, dans les fonds marins proches de l'île japonaise de <a class="link" href="https://en.wikipedia.org/wiki/Minamitorishima" target="_blank">Minamitorishima</a>, pourrait se trouver l'une des plus grandes concentrations mondiales d'éléments des terres rares. <strong>Les États-Unis et le Japon entendent en promouvoir l'exploitation afin de réduire leur dépendance à l'égard de la Chine et de construire une chaîne d'approvisionnement différente pour les industries civiles et militaires.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Les estimations des chercheurs japonais indiquent la présence de plus de 16 millions de tonnes d'éléments des terres rares. Les boues océaniques contiendraient des quantités considérables de dysprosium, de terbium, d'yttrium et de gadolinium. Selon certaines évaluations, les réserves d'yttrium pourraient satisfaire la demande mondiale pendant environ 780 ans. Les échantillons analysés présenteraient également une concentration de substances radioactives inférieure à celle observée dans de nombreux gisements terrestres.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Si ce projet était réalisé, il donnerait naissance à l'exploitation minière sous-marine la plus profonde jamais entreprise à l'échelle industrielle</strong>. <strong>Mais entre une ressource découverte et une matière première utilisable existe une distance économique et technologique considérable, aggravée dans ce cas par six mille mètres d'eau.</strong></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le point faible des économies industrielles</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Les éléments des terres rares sont indispensables à la fabrication d'aimants à haut rendement, de moteurs électriques, de turbines, d'appareils électroniques, de systèmes de communication, d'instruments médicaux et de nombreuses technologies énergétiques. Le dysprosium et le terbium permettent aux aimants de conserver leurs propriétés même à des températures élevées. L'yttrium et le gadolinium sont employés dans des secteurs allant de l'électronique aux applications aérospatiales et médicales.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Leur importance est surtout militaire</strong>. Les avions de combat, les missiles guidés, les sous-marins, les systèmes radar, les satellites, les appareils de surveillance et les véhicules sans pilote dépendent de composants nécessitant ces matériaux. Une interruption des approvisionnements ne paralyserait pas immédiatement une force armée, mais elle ralentirait la production, augmenterait les coûts et rendrait plus difficile le remplacement des équipements perdus.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>La Chine ne possède pas seulement une part importante des réserves mondiales : elle contrôle surtout les capacités de séparation, de raffinage et de transformation industrielle. </strong>C'est là que réside le véritable avantage stratégique de Pékin. Extraire des matériaux des fonds du Pacifique sans disposer des installations nécessaires à leur traitement reviendrait à remplacer une dépendance minière par une dépendance industrielle.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une mine dont la rentabilité reste à démontrer</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La profondeur constitue le principal obstacle. Les boues devraient être recueillies sur le fond marin, aspirées à travers des conduites longues de plusieurs kilomètres, transportées jusqu'à la surface, puis soumises à des opérations de séparation. Les équipements devraient résister à des pressions considérables, à la corrosion et à des conditions dans lesquelles une simple réparation pourrait devenir une intervention complexe et coûteuse.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La rentabilité dépendra de la concentration réelle des éléments, du volume de matière récupérable, de la consommation énergétique ainsi que des coûts de transport et de traitement. Il faudra également construire des navires spécialisés, des installations de transformation et des infrastructures industrielles à terre.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Il existe en outre un risque économique souvent sous-estimé. La Chine pourrait réagir en augmentant temporairement son offre et en réduisant les prix, rendant ainsi les nouveaux projets occidentaux peu rentables. Elle l'a déjà démontré dans d'autres secteurs : le contrôle d'un marché peut être exercé aussi bien par les restrictions que par l'abondance.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Pour éviter ce scénario, les États-Unis et le Japon devraient soutenir le projet au moyen de financements publics, de contrats d'achat garantis, de réserves stratégiques et de prix minimaux. La mine de Minamitorishima pourrait difficilement naître comme une entreprise exclusivement commerciale. Elle constituerait avant tout une infrastructure de sécurité nationale.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le coût environnemental des abysses</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">L'exploitation minière sous-marine soulève des interrogations environnementales auxquelles il n'existe pas encore de réponses définitives. Le retrait des sédiments pourrait détruire des organismes encore mal connus, modifier des écosystèmes formés sur des périodes extrêmement longues et produire des nuages de particules susceptibles de se propager au-delà de la zone d'extraction.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La faible présence de substances radioactives représente un avantage par rapport à plusieurs gisements terrestres, mais elle ne supprime pas le problème. Les conséquences doivent être comparées à celles des mines traditionnelles, qui peuvent entraîner la contamination des sols, une importante consommation d'eau et la production de grandes quantités de déchets. Le véritable choix ne se fera donc pas entre une activité propre et une activité polluante, mais entre différentes formes de risques environnementaux.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le Japon devra démontrer que l'opération, menée dans une zone placée sous sa juridiction économique, respecte des critères rigoureux et vérifiables. Dans le cas contraire, le projet pourrait alimenter un affrontement international plus large concernant l'exploitation des fonds océaniques.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le Pacifique devient une mine stratégique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La coopération entre Washington et Tokyo transforme Minamitorishima en avant-poste géoéconomique. Le Japon apporte la position géographique, les compétences scientifiques et les droits d'exploitation. Les États-Unis peuvent fournir les capitaux, les technologies ainsi qu'une demande industrielle et militaire de longue durée.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'objectif n'est pas d'éliminer en quelques années la domination chinoise, mais de construire un système capable de résister à d'éventuelles restrictions des exportations. La sécurité des terres rares entre ainsi dans la même catégorie que l'énergie, les semi-conducteurs et les voies maritimes : elle ne constitue plus une question pouvant être abandonnée aux seules forces du marché.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le gisement du Pacifique pourrait modifier les équilibres mondiaux, mais seulement si les États-Unis et le Japon parviennent à contrôler l'ensemble du processus, de l'extraction au raffinage, jusqu'à la fabrication des composants. La véritable mine ne se trouve pas uniquement à six mille mètres sous la mer. Elle réside également dans les usines, les connaissances industrielles et la capacité politique à soutenir pendant des décennies un projet que Pékin fera tout son possible pour rendre économiquement superflu.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/china/japan-us-consider-rare-earth-mining-near-minamitori-pacific-pm-takaichi-says-2025-11-06/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/china/japan-us-consider-rare-earth-mining-near-minamitori-pacific-pm-takaichi-says-2025-11-06/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/science/japan-retrieves-rare-earth-mud-deep-seabed-test-mission-2026-02-02/" target="_blank">https://www.reuters.com/science/japan-retrieves-rare-earth-mud-deep-seabed-test-mission-2026-02-02/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/asia-pacific/japan-identifies-large-share-rare-earths-deep-sea-mud-off-remote-island-2026-07-24/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/asia-pacific/japan-identifies-large-share-rare-earths-deep-sea-mud-off-remote-island-2026-07-24/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://apnews.com/article/japan-rare-earths-china-deep-sea-c97d34522e23ed418cf068f4a0217188" target="_blank">https://apnews.com/article/japan-rare-earths-china-deep-sea-c97d34522e23ed418cf068f4a0217188</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.nippon.com/en/in-depth/d01229/" target="_blank">https://www.nippon.com/en/in-depth/d01229/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.nippon.com/en/japan-data/h02773/" target="_blank">https://www.nippon.com/en/japan-data/h02773/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://geoexpro.com/japan-retrieves-rare-earth-rich-mud-from-6000-m-in-deep-seas-first/" target="_blank">https://geoexpro.com/japan-retrieves-rare-earth-rich-mud-from-6000-m-in-deep-seas-first/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://energyindustryreview.com/metals-mining/world-premiere-japan-tests-deep-sea-rare-earth-elements-mining/" target="_blank">https://energyindustryreview.com/metals-mining/world-premiere-japan-tests-deep-sea-rare-earth-elements-mining/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.nature.com/articles/s41598-018-23948-5" target="_blank">https://www.nature.com/articles/s41598-018-23948-5</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://unn.ua/en/news/the-us-and-japan-want-to-mine-rare-earth-metals-at-a-depth-of-6-km-to-challenge-china" target="_blank">https://unn.ua/en/news/the-us-and-japan-want-to-mine-rare-earth-metals-at-a-depth-of-6-km-to-challenge-china</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <div><a rel="https://www.veillemag.com/photo/art/grande/88954236-62959841.jpg?v=1748523774&amp;ibox" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question."><img alt="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/88954236-62959841.jpg?v=1748523774" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." /></a></div>    <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <blockquote>Giuseppe Gagliano&nbsp;a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <br />  #rare_earths #deep_sea_mining #Minamitorishima #geoeconomics #strategic_resources #US_Japan_cooperation #supply_chain_security #China_dependency #critical_materials #ocean_floor_extraction
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Terres-rares-a-six-kilometres-de-profondeur-les-Etats-Unis-et-le-Japon-defient-le-monopole-chinois_a8166.html" />
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   <title>Terres rares à six kilomètres de profondeur : les États-Unis et le Japon défient le monopole chinois</title>
   <updated>2026-08-20T17:50:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Terres-rares-a-six-kilometres-de-profondeur-les-Etats-Unis-et-le-Japon-defient-le-monopole-chinois_a8213.html</id>
   <category term="Géopolitique" />
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   <published>2026-08-14T17:50:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
À six mille mètres sous le Pacifique, Washington et Tokyo misent sur un gisement abyssal de terres rares pour desserrer l’étau chinois. Les boues océaniques de Minamitorishima pourraient contenir plus de 16 millions de tonnes d’éléments stratégiques, mais transformer cette découverte en véritable puissance industrielle exige de franchir un gouffre technologique, économique et environnemental que Pékin tentera de rendre infranchissable.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97756497-68051878.jpg?v=1786782619" alt="Terres rares à six kilomètres de profondeur : les États-Unis et le Japon défient le monopole chinois" title="Terres rares à six kilomètres de profondeur : les États-Unis et le Japon défient le monopole chinois" />
     </div>
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les fonds marins autour de Minamitorishima pourraient contenir plus de 16 millions de tonnes d'éléments stratégiques. Mais extraire les boues océaniques ne constituera que la première étape de la bataille</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">À six kilomètres sous la surface du Pacifique, dans les fonds marins proches de l'île japonaise de <a class="link" href="https://en.wikipedia.org/wiki/Minamitorishima" target="_blank">Minamitorishima</a>, pourrait se trouver l'une des plus grandes concentrations mondiales d'éléments des terres rares. <strong>Les États-Unis et le Japon entendent en promouvoir l'exploitation afin de réduire leur dépendance à l'égard de la Chine et de construire une chaîne d'approvisionnement différente pour les industries civiles et militaires.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Les estimations des chercheurs japonais indiquent la présence de plus de 16 millions de tonnes d'éléments des terres rares. Les boues océaniques contiendraient des quantités considérables de dysprosium, de terbium, d'yttrium et de gadolinium. Selon certaines évaluations, les réserves d'yttrium pourraient satisfaire la demande mondiale pendant environ 780 ans. Les échantillons analysés présenteraient également une concentration de substances radioactives inférieure à celle observée dans de nombreux gisements terrestres.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Si ce projet était réalisé, il donnerait naissance à l'exploitation minière sous-marine la plus profonde jamais entreprise à l'échelle industrielle</strong>. <strong>Mais entre une ressource découverte et une matière première utilisable existe une distance économique et technologique considérable, aggravée dans ce cas par six mille mètres d'eau.</strong></div>  </div>  
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     <div><b>Le point faible des économies industrielles</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Les éléments des terres rares sont indispensables à la fabrication d'aimants à haut rendement, de moteurs électriques, de turbines, d'appareils électroniques, de systèmes de communication, d'instruments médicaux et de nombreuses technologies énergétiques. Le dysprosium et le terbium permettent aux aimants de conserver leurs propriétés même à des températures élevées. L'yttrium et le gadolinium sont employés dans des secteurs allant de l'électronique aux applications aérospatiales et médicales.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Leur importance est surtout militaire</strong>. Les avions de combat, les missiles guidés, les sous-marins, les systèmes radar, les satellites, les appareils de surveillance et les véhicules sans pilote dépendent de composants nécessitant ces matériaux. Une interruption des approvisionnements ne paralyserait pas immédiatement une force armée, mais elle ralentirait la production, augmenterait les coûts et rendrait plus difficile le remplacement des équipements perdus.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>La Chine ne possède pas seulement une part importante des réserves mondiales : elle contrôle surtout les capacités de séparation, de raffinage et de transformation industrielle. </strong>C'est là que réside le véritable avantage stratégique de Pékin. Extraire des matériaux des fonds du Pacifique sans disposer des installations nécessaires à leur traitement reviendrait à remplacer une dépendance minière par une dépendance industrielle.</div>  </div>  
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     <div><b>Une mine dont la rentabilité reste à démontrer</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La profondeur constitue le principal obstacle. Les boues devraient être recueillies sur le fond marin, aspirées à travers des conduites longues de plusieurs kilomètres, transportées jusqu'à la surface, puis soumises à des opérations de séparation. Les équipements devraient résister à des pressions considérables, à la corrosion et à des conditions dans lesquelles une simple réparation pourrait devenir une intervention complexe et coûteuse.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La rentabilité dépendra de la concentration réelle des éléments, du volume de matière récupérable, de la consommation énergétique ainsi que des coûts de transport et de traitement. Il faudra également construire des navires spécialisés, des installations de transformation et des infrastructures industrielles à terre.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Il existe en outre un risque économique souvent sous-estimé. La Chine pourrait réagir en augmentant temporairement son offre et en réduisant les prix, rendant ainsi les nouveaux projets occidentaux peu rentables. Elle l'a déjà démontré dans d'autres secteurs : le contrôle d'un marché peut être exercé aussi bien par les restrictions que par l'abondance.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Pour éviter ce scénario, les États-Unis et le Japon devraient soutenir le projet au moyen de financements publics, de contrats d'achat garantis, de réserves stratégiques et de prix minimaux. La mine de Minamitorishima pourrait difficilement naître comme une entreprise exclusivement commerciale. Elle constituerait avant tout une infrastructure de sécurité nationale.</div>  </div>  
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     <div><b>Le coût environnemental des abysses</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">L'exploitation minière sous-marine soulève des interrogations environnementales auxquelles il n'existe pas encore de réponses définitives. Le retrait des sédiments pourrait détruire des organismes encore mal connus, modifier des écosystèmes formés sur des périodes extrêmement longues et produire des nuages de particules susceptibles de se propager au-delà de la zone d'extraction.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La faible présence de substances radioactives représente un avantage par rapport à plusieurs gisements terrestres, mais elle ne supprime pas le problème. Les conséquences doivent être comparées à celles des mines traditionnelles, qui peuvent entraîner la contamination des sols, une importante consommation d'eau et la production de grandes quantités de déchets. Le véritable choix ne se fera donc pas entre une activité propre et une activité polluante, mais entre différentes formes de risques environnementaux.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le Japon devra démontrer que l'opération, menée dans une zone placée sous sa juridiction économique, respecte des critères rigoureux et vérifiables. Dans le cas contraire, le projet pourrait alimenter un affrontement international plus large concernant l'exploitation des fonds océaniques.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le Pacifique devient une mine stratégique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La coopération entre Washington et Tokyo transforme Minamitorishima en avant-poste géoéconomique. Le Japon apporte la position géographique, les compétences scientifiques et les droits d'exploitation. Les États-Unis peuvent fournir les capitaux, les technologies ainsi qu'une demande industrielle et militaire de longue durée.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'objectif n'est pas d'éliminer en quelques années la domination chinoise, mais de construire un système capable de résister à d'éventuelles restrictions des exportations. La sécurité des terres rares entre ainsi dans la même catégorie que l'énergie, les semi-conducteurs et les voies maritimes : elle ne constitue plus une question pouvant être abandonnée aux seules forces du marché.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le gisement du Pacifique pourrait modifier les équilibres mondiaux, mais seulement si les États-Unis et le Japon parviennent à contrôler l'ensemble du processus, de l'extraction au raffinage, jusqu'à la fabrication des composants. La véritable mine ne se trouve pas uniquement à six mille mètres sous la mer. Elle réside également dans les usines, les connaissances industrielles et la capacité politique à soutenir pendant des décennies un projet que Pékin fera tout son possible pour rendre économiquement superflu.</div>  </div>  
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     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/china/japan-us-consider-rare-earth-mining-near-minamitori-pacific-pm-takaichi-says-2025-11-06/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/china/japan-us-consider-rare-earth-mining-near-minamitori-pacific-pm-takaichi-says-2025-11-06/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/science/japan-retrieves-rare-earth-mud-deep-seabed-test-mission-2026-02-02/" target="_blank">https://www.reuters.com/science/japan-retrieves-rare-earth-mud-deep-seabed-test-mission-2026-02-02/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/asia-pacific/japan-identifies-large-share-rare-earths-deep-sea-mud-off-remote-island-2026-07-24/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/asia-pacific/japan-identifies-large-share-rare-earths-deep-sea-mud-off-remote-island-2026-07-24/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://apnews.com/article/japan-rare-earths-china-deep-sea-c97d34522e23ed418cf068f4a0217188" target="_blank">https://apnews.com/article/japan-rare-earths-china-deep-sea-c97d34522e23ed418cf068f4a0217188</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.nippon.com/en/in-depth/d01229/" target="_blank">https://www.nippon.com/en/in-depth/d01229/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.nippon.com/en/japan-data/h02773/" target="_blank">https://www.nippon.com/en/japan-data/h02773/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://geoexpro.com/japan-retrieves-rare-earth-rich-mud-from-6000-m-in-deep-seas-first/" target="_blank">https://geoexpro.com/japan-retrieves-rare-earth-rich-mud-from-6000-m-in-deep-seas-first/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://energyindustryreview.com/metals-mining/world-premiere-japan-tests-deep-sea-rare-earth-elements-mining/" target="_blank">https://energyindustryreview.com/metals-mining/world-premiere-japan-tests-deep-sea-rare-earth-elements-mining/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.nature.com/articles/s41598-018-23948-5" target="_blank">https://www.nature.com/articles/s41598-018-23948-5</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://unn.ua/en/news/the-us-and-japan-want-to-mine-rare-earth-metals-at-a-depth-of-6-km-to-challenge-china" target="_blank">https://unn.ua/en/news/the-us-and-japan-want-to-mine-rare-earth-metals-at-a-depth-of-6-km-to-challenge-china</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <div><a rel="https://www.veillemag.com/photo/art/grande/88954236-62959841.jpg?v=1748523774&amp;ibox" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question."><img alt="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/88954236-62959841.jpg?v=1748523774" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." /></a></div>    <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <blockquote>Giuseppe Gagliano&nbsp;a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <br />  #rare_earths #deep_sea_mining #Minamitorishima #geoeconomics #strategic_resources #US_Japan_cooperation #supply_chain_security #China_dependency #critical_materials #ocean_floor_extraction
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Terres-rares-a-six-kilometres-de-profondeur-les-Etats-Unis-et-le-Japon-defient-le-monopole-chinois_a8213.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Trump, la « sécurité nationale » et la guerre économique: lecture psycho-économique d'un choc tarifaire.</title>
   <updated>2025-09-28T13:34:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Trump-la-securite-nationale-et-la-guerre-economique-lecture-psycho-economique-d-un-choc-tarifaire_a6401.html</id>
   <category term="STRATEGIES" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/91381049-64246147.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-09-28T11:25:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
100% sur la pharma, 25% sur les poids lourds, 50% sur les cuisines : les nouveaux tarifs américains ne sont pas des chiffres techniques mais des instruments stratégiques. En invoquant la sécurité nationale, Washington redessine les règles du jeu mondial et impose une logique de coercition, de signal psychologique et de conquête industrielle qui fragilise coalitions et partenaires.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/91381049-64246147.jpg?v=1759052840" alt="Trump, la « sécurité nationale » et la guerre économique: lecture psycho-économique d'un choc tarifaire." title="Trump, la « sécurité nationale » et la guerre économique: lecture psycho-économique d'un choc tarifaire." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>De la mesure technique au conflit stratégique</b></div>
     <div>
      <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">L'annonce de nouvelles hausses tarifaires par Washington — 100% sur les médicaments de marque importés, 25% sur les camions lourds, 50% sur les cuisines et salles de bain, 30% sur les meubles rembourrés — n'est pas un simple ajustement douanier. Elle s'inscrit dans une stratégie de guerre économique où l'outil commercial est employé pour remodeler les chaînes de valeur au profit des États-Unis, en invoquant la Section 232 (sécurité nationale) comme base légale. La règle « 100% sauf si l'entreprise construit une usine sur sol américain » transforme la frontière douanière en levier d'industrialisation conditionnelle.&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La dimension psycho-économique: fabriquer la perception de dépendance</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le message central ne s'adresse pas qu'aux partenaires étrangers : il cible surtout l'électorat américain, en re-cadrant la dépendance aux importations comme un risque existentiel. La menace tarifaire agit comme instrument de persuasion : investisseurs, dirigeants et syndicats internalisent l'idée que l'accès au marché américain est conditionné à la présence productive locale. <br />  Dans cette logique, l'incertitude fait partie de l'arme: plus les règles paraissent mouvantes, plus les firmes « sur-investissent » aux États-Unis pour se prémunir.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La guerre des normes et l'art de fracturer les coalitions</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La contre-manœuvre européenne et japonaise repose sur des plafonds tarifaires négociés (15% maximum sur la pharma), que Washington dit respecter pour ces zones — signe que la coercition s'accompagne d'exemptions stratifiées afin de diviser les partenaires (qui a une dérogation, qui n'en a pas). Le Royaume-Uni, dont l'accord bilatéral ne couvre pas explicitement les médicaments, apparaît plus exposé. <br />  Résultat: une coalition théoriquement alignée (UE, Japon, UK) se retrouve à intérêts différenciés, ce qui affaiblit sa capacité de riposte coordonnée.&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La contrainte juridique comme champ de bataille</b></div>
     <div>
      <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Le déplacement vers des bases juridiques « éprouvées » (232) réduit le risque d'invalidation interne, tandis que d'autres salves se préparent via des enquêtes 232 sur la robotique, les machines industrielles et l'équipement médical. La juridicisation du conflit est typique de la guerre économique : on ne suspend pas l'échange, on ré-encode l'échange dans un cadre qui favorise l'initiateur.&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Effets systémiques: supply-chains, inflation, arbitrages d'investissement</b></div>
     <div>
      <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Sur la pharmacie, l'impact immédiat est amorti par deux facteurs :&nbsp; d'abord la part déjà domestique des intrants; ensuite l'accélération des projets d'usines sur le sol américain par les grands laboratoires, précisément pour neutraliser le 100%. <br />  Mais l'asymétrie psychologique demeure : la menace peut être réactivée, donc les plans industriels se redessinent autour d'un risque politique américain devenu structurel. <br />  Sur les camions lourds, la hausse de 25% renchérit le fret et finit par diffuser dans les prix à la consommation — d'où un risque inflationniste retardé mais durable, si la mesure s'installe dans le temps. Les marchés l'intègrent avec flegme à court terme, mais les économistes soulignent le transfert de coûts vers ménages et PME logistiques.&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Reflux, contournement, déplacement : trois réponses adverses</b></div>
     <div>
      <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Face à une pression tarifaire durable, les partenaires activent trois voies:</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Reflux: arbitrage « produire aux USA » pour sanctuariser l'accès marché (cas pressenti dans la pharma).</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Contournement: re-routage via pays tiers, éclatement des nomenclatures, « kitification » des produits (mécanique classique des guerres de tarifs).</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Déplacement: redirection des flux vers d'autres bassins (ex. meubles d'Asie vers l'UE), ce qui fait peser un risque de choc d'offre sur l'industrie européenne du meuble et renforce, en miroir, la position américaine comme aspirateur d'investissements.&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La logique d'attrition: user l'adversaire par la durée</b></div>
     <div>
      <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Dans la doctrine de l'EGE, la guerre économique fonctionne aussi par attrition : l'enjeu n'est pas de « gagner » en un coup, mais d'épuiser les marges financières, juridiques et politiques de l'autre. Les hausses tarifaires, combinées à des enquêtes successives (robots, dispositifs médicaux, machines), créent un gradient de pression qui incite les groupes à adopter la solution la moins risquée politiquement — l'implantation productive américaine — même si elle n'est pas optimale économiquement à court terme.&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Dissuasion économique et signal aux émergents</b></div>
     <div>
      <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Le signal adressé à la Chine et aux émergents est clair : l'accès préférentiel au premier marché mondial sera conditionné à la localisation et à la conformité normative américaines. C'est une forme de dissuasion économique : on n'interdit pas, on renchérit l'option de rester à l'extérieur de l'orbite productive US. <br />  L'effet collatéral est la fragmentation de la mondialisation en sous-régimes : un bloc US à haut niveau d'intégration verticale, un bloc sino-asiatique en accélération d'autonomie, et, entre les deux, une Europe sommée de choisir entre alignement réglementaire et défense de son marché intérieur.</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Indicateurs d'alerte à 12–18 mois</b></div>
     <div>
      <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">1. Capex et M&amp;A en pharma/medtech aux États-Unis (montée en cadence des usines annoncées, consolidation autour d'actifs «localisés »).</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">2. Diffusion prix: camions lourds → fret → grande distribution; meubles → biens durables des ménages; médicaments de marque → reste à charge (suivre l'indice PCE « core goods »).</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">3. Déports commerciaux: hausse des parts asiatiques sur l'UE dans l'ameublement et l'équipement, signe que l'onde de choc se déverse sur le marché européen.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'économie comme théâtre d'opérations</b></div>
     <div>
      <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Ce paquet tarifaire n'est pas un coup de sang mais l'itération d'une stratégie où Washington redéfinit la hiérarchie de valeur au sein des chaînes globales par coercition ciblée et ingénierie des incitations. À l'aune de l'École de guerre économique, on retrouve la combinatoire classique: droit-arme, récit-arme, dépendance-arme. <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Si l'UE et le Japon obtiennent des plafonds protecteurs, l'architecture reste instable: exemptions conditionnelles, enquêtes à tiroirs, menace récurrente. La vraie bataille se joue désormais dans les bilans (où investir), dans les têtes (comment percevoir le risque politique US) et dans les normes (qui fixe la règle du jeu). Or, sur ces trois fronts, les États-Unis viennent de rappeler qu'ils entendent redevenir le centre de gravité de la prochaine mondialisation — à leurs conditions.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les règles du jeu selon l'École de guerre économique</b></div>
     <div>
      <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Dans la grille d'analyse de l'École de guerre économique, l'économie est un espace de rivalités de puissance, structuré par trois registres:</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">1. La coercition normative (droit, normes, standards) pour imposer des contraintes asymétriques à l'adversaire;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">2. La manœuvre informationnelle (récits, signaux, menaces crédibles) pour influencer anticipations et comportements;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">3. La conquête des positions critiques (technologies, capacités industrielles, ressources) afin de verrouiller l'accès des autres.</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Les tarifs américains cochent ces trois cases: ils exploitent le droit interne (232), émettent un signal psychologique (« relocalisez ou payez ») et visent des secteurs nodaux (pharma, logistique, ameublement) qui affectent coûts, santé et consommation.</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="photo shadow left"><a rel="https://www.veillemag.com/photo/art/grande/88954236-62959841.jpg?v=1748523774&amp;ibox" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question."><img alt="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." class="not-responsive" src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/88954236-62959841.jpg?v=1748523774" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." /></a></div>    <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Trump-la-securite-nationale-et-la-guerre-economique-lecture-psycho-economique-d-un-choc-tarifaire_a6401.html" />
  </entry>
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