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 <title>www.veillemag.com</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-12T16:18:25+02:00</updated>
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  <entry>
   <title>Données sous influence : l’Europe face au défi de l’extraterritorialité.</title>
   <updated>2026-04-07T13:48:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Donnees-sous-influence-l-Europe-face-au-defi-de-l-extraterritorialite_a7334.html</id>
   <category term="Data Management" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/95853229-66917122.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-04-05T17:04:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
À l’heure où les données circulent plus vite que les lois qui prétendent les encadrer, l’Europe se retrouve au cœur d’un affrontement silencieux mais décisif. Entre pressions extraterritoriales, dépendance technologique et quête d’autonomie, le continent tente de redéfinir sa souveraineté dans un monde où l’information est devenue un levier de puissance.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/95853229-66917122.jpg?v=1775401231" alt="Données sous influence : l’Europe face au défi de l’extraterritorialité." title="Données sous influence : l’Europe face au défi de l’extraterritorialité." />
     </div>
     <div>
      <blockquote>  <div style="text-align: center;">&nbsp;Illustration Padlock et câble net sur la carte de l'UE Ivan Marc/Shutterstock.com</div>  </blockquote>    <div style="text-align: center;"><a class="link" href="https://www.ifri.org/fr/etudes/extraterritorialite-des-donnees-quelle-souverainete-pour-leurope" target="_blank">Source</a> </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La donnée, actif critique de la puissance mondiale</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">En quelques années, la donnée est passée du statut de ressource technique à celui d’actif stratégique. Elle alimente les algorithmes, structure les économies numériques et conditionne la capacité des États à innover. Le volume mondial de données, en croissance exponentielle, repose sur un réseau d’infrastructures devenu vital, des data centers aux câbles sous-marins. <br />   <br />  Cette matérialité souvent invisible a été reconnue comme stratégique par plusieurs États, dont la France, qui y voit désormais un enjeu de sécurité nationale. Pour être prêts à l’ère de l’intelligence artificielle, les acteurs publics comme privés doivent d’abord maîtriser leurs flux d’information, leur stockage et leur intégrité.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quand le territoire ne suffit plus à protéger</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le cadre juridique international peine à suivre la déterritorialisation du numérique. Les principes classiques de souveraineté, fondés sur la localisation physique des personnes et des biens, se heurtent à la nature même des données, qui se dupliquent, se fragmentent et transitent simultanément entre plusieurs juridictions. Une entreprise européenne peut ainsi voir ses informations soumises à des lois étrangères simplement parce qu’elles sont hébergées par un fournisseur non européen. <br />   <br />  Cette friction entre frontières politiques et circulation numérique crée un espace de vulnérabilité où les États peinent à faire valoir leur autorité.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’extraterritorialité, un instrument de puissance assumé</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Les États-Unis ont fait de l’extraterritorialité un outil central de leur influence numérique. Le CLOUD Act et le FISA obligent les entreprises américaines à fournir des données, même stockées hors du territoire national. Cette capacité juridique s’appuie sur une domination industrielle qui place les hyperscalers américains au cœur des infrastructures mondiales. <br />   <br />  L’épisode de 2025, marqué par la suspension de services essentiels pour plusieurs membres de la Cour pénale internationale, a illustré de manière spectaculaire la réalité de cette dépendance. La migration forcée de la CPI vers des solutions européennes a servi d’électrochoc, révélant que la continuité des services numériques peut devenir un levier politique.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’Europe en quête d’autonomie stratégique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Face à ces tensions, l’Union européenne tente de transformer sa vulnérabilité en stratégie. Après une décennie centrée sur la protection des données avec le RGPD, elle s’oriente désormais vers une approche plus offensive, articulée autour de sa Stratégie pour une union des données. L’objectif est de créer un marché unifié, de renforcer la résilience des infrastructures et de soutenir l’émergence d’acteurs capables de rivaliser avec les géants mondiaux. <br />   <br />  Cette ambition s’inscrit dans une vision plus large d’autonomie stratégique, qui passe par la diversification des partenariats, la sécurisation des actifs critiques et la construction d’un écosystème d’intelligence artificielle fondé sur des valeurs européennes. La souveraineté numérique ne se résume plus à localiser les données, mais à garantir que leur exploitation serve les intérêts du continent dans un environnement géopolitique de plus en plus compétitif.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Consulter l'étude</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/95853229-66917207.jpg?v=1775400734" alt="Données sous influence : l’Europe face au défi de l’extraterritorialité." title="Données sous influence : l’Europe face au défi de l’extraterritorialité." />
     </div>
     <div>
      <blockquote>L’étude s’appuie sur une expertise croisant droit international, géopolitique et technologies pour analyser les enjeux de souveraineté des données dans un contexte marqué par la montée des dépendances numériques. L’Ifri fournit un cadre indépendant garantissant la solidité de l’analyse. <br />  Le travail associe <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/anne-thida-norodom-23989410a/" target="_blank">Anne‑Thida Norodom</a>, spécialiste reconnue du droit du numérique, et <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/emma-badaoui-5b7a311ba/" target="_blank">Emma Badaoui </a>  <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/emma-badaoui-5b7a311ba/" target="_blank">,</a>  &nbsp;spécialiste de la Guerre cognitive, des neurodroits et des réseaux sociaux. Leur approche conjointe éclaire les vulnérabilités européennes et propose des orientations politiques pour renforcer l’autonomie stratégique du continent.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>IFRI</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/company/ifri/posts/?feedView=all" target="_blank">L’Institut français des relations internationales (Ifri)</a>, fondé en 1979, est un think tank indépendant dédié à l’analyse des enjeux mondiaux. Il réunit chercheurs et décideurs pour éclairer les politiques publiques et nourrir le débat stratégique en France et en Europe.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Donnees-sous-influence-l-Europe-face-au-defi-de-l-extraterritorialite_a7334.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Groenland : l’Europe face à une épreuve de puissance. </title>
   <updated>2026-01-13T15:04:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Groenland-l-Europe-face-a-une-epreuve-de-puissance_a6864.html</id>
   <category term="Géopolitique" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/93675896-65429548.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-01-13T13:53:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Les velléités de Washington sur le Groenland ne relèvent plus de la provocation diplomatique. Elles sont désormais qualifiées de « priorité de sécurité nationale » par l’administration américaine, plaçant Copenhague — et avec lui l’ensemble du continent européen — sous une pression géopolitique inédite. Entre les États-Unis, qui assument ouvertement leur intérêt pour l’île, le Danemark, déterminé à défendre sa souveraineté, et une Europe sommée de clarifier sa position, le rapport de force se tend. L’enjeu dépasse largement la question territoriale : il touche au cœur de la crédibilité stratégique européenne. Et derrière les discours officiels, un autre facteur, plus discret mais décisif, se dessine : la course mondiale aux métaux critiques.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/93675896-65429548.jpg?v=1768311026" alt="Groenland : l’Europe face à une épreuve de puissance. " title="Groenland : l’Europe face à une épreuve de puissance. " />
     </div>
     <div>
      <blockquote>Source en pj. <br />   <br />  Entre Washington et Bruxelles, le Danemark et le Groenland enchaînent les réunions de haut niveau : d’abord le 14 janvier avec JD Vance à la Maison‑Blanche, puis avec l’OTAN le 19 janvier, alors que la pression américaine sur le Groenland se confirme.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’ambition américaine : un calcul stratégique assumé</b></div>
     <div>
      <p style="white-space: normal; margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">Washington justifie son intérêt par l’importance géopolitique du Groenland, un argument présenté comme une évidence. Le territoire occupe une position clé dans l’Arctique, au cœur des routes polaires émergentes et des dispositifs de surveillance stratégique. L’administration américaine dépeint par ailleurs le Danemark comme incapable d’assurer la protection de l’île, évoquant des menaces russes et chinoises et ridiculisant les capacités militaires danoises. Cette offensive s’accompagne de gestes symboliques destinés à contester le statut juridique du territoire, comme la diffusion d’une carte du Groenland recouvert d’un drapeau américain.</span> <br />    <p style="white-space: normal; margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">Mais cette justification stratégique masque un autre intérêt, rarement assumé publiquement : le Groenland abrite certaines des plus importantes réserves mondiales de terres rares, de cobalt, de nickel et d’autres métaux critiques indispensables aux technologies de défense, aux batteries et aux industries de pointe. Dans un contexte de rivalité technologique avec la Chine, cet argument pèse lourd. <br />   <br />  Lire à ce sujet l'article d'Alexandre Marciel : </span><a class="link" href="https://www.veillemag.com/Reagissons--Proteger-le-Groenland-dans-l-interet-superieur-de-l-Humanite-Alexandre-Marciel_a6854.html" target="_blank">Réagissons ! Protéger le Groenland dans l’intérêt supérieur de l’Humanité.</a>  <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une riposte européenne structurée mais encore fragile</b></div>
     <div>
      <p style="white-space: normal; margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">Face à cette pression, Copenhague a renforcé ses capacités arctiques, avec des investissements militaires significatifs incluant de nouveaux avions de combat, des navires spécialisés et des moyens de surveillance maritime. Sur le plan diplomatique, une déclaration conjointe signée à Paris par plusieurs capitales européennes a réaffirmé la souveraineté du Danemark et du Groenland, un message renforcé par le président du Conseil européen.</span> <br />    <p style="white-space: normal; margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">Cette réaction, solide dans son principe, reste toutefois insuffisante pour dissuader une administration américaine déterminée. D’autant que l’Europe dépend elle aussi massivement des métaux critiques importés, notamment de Chine. Laisser Washington prendre pied au Groenland reviendrait à accepter une dépendance stratégique supplémentaire dans un domaine déjà vulnérable.</span> <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les vulnérabilités européennes : un risque de paralysie </b></div>
     <div>
      <p style="white-space: normal; margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">L’Europe se heurte à plusieurs failles majeures. La menace diplomatique, même radicale, n’aurait qu’un impact limité sur une partie de la classe politique américaine qui voit déjà l’OTAN comme un instrument dépassé. L’idée d’invoquer l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord se transformerait en piège, plongeant l’Alliance dans un processus long et divisé, laissant aux États-Unis le temps d’imposer un fait accompli.</span> <br />    <p style="white-space: normal; margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">Une crise interne de cette ampleur offrirait par ailleurs à la Russie une occasion rêvée de tester la cohésion occidentale sur son flanc est. Et pendant que l’OTAN se débattrait, Washington pourrait sécuriser un accès privilégié aux ressources minières groenlandaises, verrouillant un avantage industriel majeur.</span> <br />    <div style="white-space: normal; margin-left: 40px;">&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La voie préventive : seule stratégie réellement dissuasive</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/93675896-65429839.jpg?v=1768311764" alt="Groenland : l’Europe face à une épreuve de puissance. " title="Groenland : l’Europe face à une épreuve de puissance. " />
     </div>
     <div>
      <p style="white-space: normal; margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;"><strong>Dans ce contexte, la seule stratégie efficace repose sur l’action préventive</strong>. L’Europe doit proposer immédiatement au Danemark et au Groenland un renforcement concret de son soutien militaire, afin de rassurer Copenhague et Nuuk sur la disponibilité de forces européennes prêtes à se déployer. Pour être crédible, cette initiative doit être conçue en autonomie, sans impliquer les États-Unis dans les discussions initiales, et organisée sous un commandement indépendant des moyens américains.</span> <br />    <p style="white-space: normal; margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">Il s’agit non seulement de protéger un territoire européen, mais aussi de préserver un accès stratégique à des ressources essentielles pour la transition énergétique et la souveraineté industrielle du continent.</span> <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un moment de vérité pour l’Union européenne</b></div>
     <div>
      <p style="white-space: normal; margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">L’Europe se trouve face à un choix déterminant. Elle peut rester spectatrice d’une possible tentative américaine de prise de contrôle d’un territoire européen ou choisir d’agir rapidement pour l’empêcher. Le calendrier est serré et ne laisse aucune place à l’hésitation.</span> <br />    <p style="white-space: normal; margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">Au-delà de la souveraineté danoise, c’est la maîtrise des ressources critiques de demain qui se joue. Seule une démonstration de détermination, calme mais résolue, permettra de dissuader toute tentation américaine. Pour l’Union, c’est un test de maturité stratégique qui engage son avenir industriel autant que sa crédibilité géopolitique.</span> <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de Claude-France Arnould</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.veillemag.com/Claude‑France Arnould, diplomate française, a dirigé l’Agence européenne de défense de 2011 à 2015 après une carrière au Quai d’Orsay consacrée aux questions de sécurité. Ancienne ambassadrice de France en Belgique, elle est une figure clé de la coopération européenne en matière de défense." target="_blank">Claude‑France Arnould</a>, diplomate française, a dirigé l’Agence européenne de défense de 2011 à 2015 après une carrière au Quai d’Orsay consacrée aux questions de sécurité. Ancienne ambassadrice de France en Belgique, elle est une figure clé de la coopération européenne en matière de défense.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Pour aller plus loin...</b></div>
     <div>
      <strong style="white-space: normal;">- Diploweb – <a class="link" href="https://www.diploweb.com/Carte-commentee-Le-Groenland-dans-le-viseur-de-Trump-menace-chinoise-ou-course-aux-mineraux.html" target="_blank">“Le Groenland dans le viseur de Trump : menace chinoise ou course aux minéraux critiques ?”</a>  </strong><a class="link" href="https://www.diploweb.com/Carte-commentee-Le-Groenland-dans-le-viseur-de-Trump-menace-chinoise-ou-course-aux-mineraux.html" target="_blank"> </a>  <br />  Analyse géopolitique détaillée, avec cartes commentées et mise en perspective des rivalités sino‑américaines autour des ressources groenlandaises <br />   <br />  -&nbsp;<strong style="white-space: normal;">Major‑Prépa – <a class="link" href="https://major-prepa.com/geopolitique/groenland-enjeux-strategiques-arctique/" target="_blank">“Géopolitique du Groenland : enjeux stratégiques en Arctique”</a>  </strong><a class="link" href="https://major-prepa.com/geopolitique/groenland-enjeux-strategiques-arctique/" target="_blank"> </a>  <br />  Article pédagogique pour comprendre les dynamiques internes et externes qui redéfinissent la place du Groenland dans l’Arctique <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Groenland-l-Europe-face-a-une-epreuve-de-puissance_a6864.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Trump, l’Europe et la nouvelle géopolitique du désordre. IHEDN</title>
   <updated>2025-12-26T11:17:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Trump-l-Europe-et-la-nouvelle-geopolitique-du-desordre-IHEDN_a6739.html</id>
   <category term="Intelligence des risques" />
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   <published>2025-12-26T11:17:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La Stratégie nationale de sécurité dévoilée par Donald Trump en 2025 marque une rupture profonde dans la politique étrangère américaine. En réactivant la Doctrine Monroe et en ciblant l’Union européenne avec une virulence inédite, Washington redéfinit ses priorités et fragilise ses alliances historiques. Pour le politiste Ronald Hatto, cette brutalité diplomatique pourrait se retourner contre les États-Unis et accélérer la recomposition d’un paysage géostratégique déjà instable.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/93212819-65191065.jpg?v=1765817825" alt="Trump, l’Europe et la nouvelle géopolitique du désordre. IHEDN" title="Trump, l’Europe et la nouvelle géopolitique du désordre. IHEDN" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: center;"><a class="link" href="https://www.linkedin.com/pulse/ronald-hatto-brutalit%C3%A9-et-condescendance-risquent-de-se-retourner-k7uue/" target="_blank">Source</a> </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La <a class="link" href="https://www.veillemag.com/National-Security-Strategy-2025-la-doctrine-strategique-americaine-sous-Trump_a6691.html" target="_blank">nouvelle Stratégie nationale de sécurité </a>  présentée par Donald Trump en 2025 marque, selon Ronald Hatto, une rupture profonde dans la politique étrangère américaine et dans la manière même de concevoir un document stratégique. <br />   <br />  Derrière une mise en forme jugée brouillonne, le texte révèle une volonté de recentrer la politique américaine sur l’hémisphère occidental, en particulier l’Amérique latine, en réactivant la Doctrine Monroe à travers un « corollaire Trump » largement dirigé contre l’influence chinoise. <br />   <br />  L’Europe, reléguée au troisième rang des priorités, est décrite dans des termes qui reprennent les éléments de langage de la propagande russe et cherchent à affaiblir l’Union européenne en encourageant une approche strictement nationale des relations internationales. Trump privilégie les rapports bilatéraux, perçus comme plus favorables à la puissance américaine, et n’hésite pas à s’ingérer dans les affaires politiques européennes, allant jusqu’à proposer des orientations pour « corriger » la trajectoire du continent.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Face à Washington et Moscou, l’urgence d’une souveraineté européenne assumée</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Ronald Hatto souligne que cette stratégie repose sur une vision impériale des rapports de force et sur une brutalité diplomatique susceptible de se retourner contre les États-Unis, dont l’image et le leadership se sont déjà dégradés depuis plusieurs années. <br />   <br />  Il met en garde contre les conséquences de cette approche, qui pourrait pousser l’Europe à repenser sa souveraineté et sa défense dans un contexte où elle se retrouve prise en étau entre Washington et Moscou. Face à une Amérique instable et à une Russie agressive, l’Europe doit, selon lui, trouver les moyens de s’unir, de renforcer ses capacités militaires et de surmonter ses divisions internes pour ne pas subir les recompositions géopolitiques en cours.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de Ronal Hatto</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/93212819-65191116.jpg?v=1765817997" alt="Trump, l’Europe et la nouvelle géopolitique du désordre. IHEDN" title="Trump, l’Europe et la nouvelle géopolitique du désordre. IHEDN" />
     </div>
     <div>
      <blockquote>  <p class="ember-view reader-text-block__paragraph" id="ember59" style="margin-left: 40px;"> <br />  <em>Spécialiste des questions de stratégie et de sécurité internationale à Sciences Po Paris, le politiste canadien <a class="link" href=" https://ras-nsa.ca/expert/ronald-hatto/" target="_blank">Ronald Hatto</a> analyse la nouvelle Stratégie nationale de sécurité américaine, « une rupture » qui pourrait conduire à « reconfigurer le paysage géostratégique d’une manière qui n’avantagerait pas les États-Unis sur le moyen et le long terme ». <br />  Entretien proposé par l'<a class="link" href="https://www.linkedin.com/pulse/ronald-hatto-brutalit%C3%A9-et-condescendance-risquent-de-se-retourner-k7uue/" target="_blank">IHEDN.</a>  </em> <br />  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Trump-l-Europe-et-la-nouvelle-geopolitique-du-desordre-IHEDN_a6739.html" />
  </entry>
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   <title>L'équilibre fragile du polycentrisme et le défi européen.</title>
   <updated>2026-01-02T12:01:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/L-equilibre-fragile-du-polycentrisme-et-le-defi-europeen_a6699.html</id>
   <category term="Géopolitique" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/93040705-65095099.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-12-06T10:42:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L’année 2025 consacre un monde polycentrique où chaque puissance avance selon sa propre logique, sans attendre l’Europe. Tandis que l’Inde affirme une diplomatie d’optionnalité qui bouscule Washington et consolide son partenariat avec Moscou, l’Union européenne se découvre spectatrice d’un ordre international qu’elle ne maîtrise plus. Entre recomposition des alliances, affirmation des intérêts nationaux et éclatement des centres de gravité, le continent doit choisir s’il veut redevenir un acteur stratégique ou accepter sa marginalisation dans un système mondial qui ne laisse aucune place à ceux qui ne la prennent pas.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/93040705-65095099.jpg?v=1765015906" alt="L'équilibre fragile du polycentrisme et le défi européen." title="L'équilibre fragile du polycentrisme et le défi européen." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un monde qui change sans attendre l'Europe</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L'année 2025 confirme que l'ancien ordre international n'existe plus. <br />   <br />  Il n'y a ni empire dirigeant, ni duopole enfermé dans une logique de confrontation permanente. Il existe désormais une mosaïque de puissances qui avancent selon leurs propres logiques, parfois convergentes, souvent conflictuelles. L'Inde, dans son partenariat privilégié avec la Russie, en est l'illustration parfaite : ni satellite, ni alliée docile, mais acteur souverain qui utilise chaque relation pour accroître sa marge de manœuvre. C'est là le cœur du polycentrisme : personne n'accepte plus de laisser autrui écrire son agenda.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La diplomatie de l'optionnalité indienne</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le sommet Poutine-Modi a rappelé ce que beaucoup en Europe et aux États-Unis préfèrent ignorer : New Delhi n'a aucune intention de se détacher de Moscou. Elle ne le fera ni sous pression politique, ni par injonction morale, ni sous menace de sanctions. <br />   <br />  L'Inde achète des armes russes, les intègre, les produit parfois en partie sur son territoire. Il ne s'agit pas seulement d'un commerce, mais d'une relation industrielle, technologique et stratégique. Et lorsque Washington brandit sa loi sur les sanctions comme un instrument de contrainte, l'Inde répond en ouvrant des circuits de paiement en monnaies locales et en acceptant du pétrole russe à prix réduit pour contenir l'inflation intérieure. Aucun idéalisme : seulement l'application stricte de l'intérêt national.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le triangle États-Unis–Inde–Chine et la fracture émergente</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Washington tolère ce double jeu tant qu'il sert à contenir la Chine. <br />   <br />  Mais tolérer ne signifie pas approuver. Les taxes spéciales appliquées aux produits indiens proviennent de cette irritation croissante : l'Amérique se rend compte que son partenaire le plus courtisé n'a nullement l'intention de sacrifier son autonomie au nom de la rivalité sino-américaine. <br />   <br />  Or la Chine, rivale territoriale de l'Inde dans l'Himalaya, reste aussi un partenaire économique incontournable dans les plateformes non occidentales. Voilà le paradoxe du monde nouveau : adversaires sur les crêtes, partenaires potentiels dans la construction d'un espace financier mondial moins dépendant des structures occidentales.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'Europe face à un miroir impitoyable</b></div>
     <div>
      <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Où se situe l'Europe dans ce jeu mouvant ? <br />   <br />  L'Union européenne se découvre spectatrice d'un polycentrisme qu'elle n'a ni choisi ni anticipé. Liée militairement aux États-Unis, dépendante de sources énergétiques instables, enfermée dans une politique de sanctions souvent adoptée par réflexe plus que par intérêt, l'Europe risque de devenir un centre privé de puissance dans un monde où les puissances n'ont plus de centre. L'Inde, que Bruxelles souhaite attirer pour des raisons économiques et technologiques, ne peut être séduite par un continent qui juge ses choix énergétiques, décourage ses relations militaires et ne propose aucune alternative crédible.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Autonomie stratégique ou marginalisation</b></div>
     <div>
      <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Si l'Europe veut survivre comme pôle autonome, elle doit sortir des incantations et entrer dans la construction concrète. <br />   <br />  Cela signifie une capacité de défense indépendante, fondée sur une industrie militaire solide et une technologie qui ne dépend pas entièrement d'acteurs externes. Cela implique aussi de dialoguer avec les puissances émergentes sans conditionner toute coopération à l'adhésion à des sanctions occidentales. <br />  Le polycentrisme n'est pas une anomalie à corriger, mais le terrain de jeu réel. L'Europe doit apprendre à bouger sans demander la permission, à parler avec l'Inde ou le Brésil sans imposer de lignes rouges, à rivaliser avec la Chine par la qualité de son innovation plutôt que par le protectionnisme. Elle doit aussi utiliser sa force normative comme une ressource, non comme un outil punitif.</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'enjeu du nouvel ordre mondial</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L'unipolarité s'est dissipée, le multipolarisme n'explique plus une réalité où les domaines thématiques – énergie, technologie, finance – priment sur les blocs militaires. <br />   <br />  Dans ce cadre, le partenariat indo-russe montre que le monde a choisi de ne plus se laisser choisir. Les puissances émergentes veulent compter, pas suivre. Et si l'Europe ne saisit pas cette transformation, elle risque de rester prisonnière d'une vision de l'ordre mondial qui n'a plus cours.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’Europe face au monde polycentrique : agir ou disparaître</b></div>
     <div>
      <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Le polycentrisme peut engendrer le chaos ou évoluer vers un équilibre dynamique. <br />   <br />  Cela dépendra de ceux qui sauront se transformer. L'Inde le fait avec pragmatisme. La Russie l'utilise pour desserrer l'étau occidental. Les États-Unis tentent de l'adapter à leurs intérêts. L'Europe, elle, doit encore décider si elle veut être un centre d'influence ou la périphérie du nouveau système. Cette décision sera déterminante pour la prochaine décennie, car <strong>dans un monde polycentrique, personne ne laisse de place à ceux qui n'essaient pas de la prendre.</strong></div>    <div>&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales.&nbsp; <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/L-equilibre-fragile-du-polycentrisme-et-le-defi-europeen_a6699.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Vietnam, la diplomatie du bambou : l’art d’allier flexibilité diplomatique et stratégie économique. Entretien avec Jean-Philippe Eglinger</title>
   <updated>2026-01-02T12:03:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Vietnam-la-diplomatie-du-bambou-l-art-d-allier-flexibilite-diplomatique-et-strategie-economique-Entretien-avec-Jean_a6631.html</id>
   <category term="Géopolitique" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/92789268-64969079.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-11-24T14:48:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Longtemps cantonné à une posture défensive, le Vietnam déploie aujourd’hui une stratégie plus affirmée : souplesse diplomatique et ambitions économiques s’entrelacent pour transformer ses fragilités en atouts d’influence. Jean‑Philippe Eglinger décrypte cette « diplomatie du bambou » qui désamorce les tensions tout en ouvrant la voie à des offensives ciblées, redéfinissant ainsi les contours de la puissance régionale vietnamienne.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/92789268-64969079.jpg?v=1763995449" alt="Vietnam, la diplomatie du bambou : l’art d’allier flexibilité diplomatique et stratégie économique. Entretien avec Jean-Philippe Eglinger" title="Vietnam, la diplomatie du bambou : l’art d’allier flexibilité diplomatique et stratégie économique. Entretien avec Jean-Philippe Eglinger" />
     </div>
     <div>
      <blockquote><a><em>Jean‑Philippe Eglinger</em></a><em> dans son article paru au </em><a class="link" href="https://cr451.fr/champ-de-recherche/vietnam-entre-diplomatie-du-bambou-et-guerre-economique-du-defensif-a-loffensif/"><em>CR451</em></a>  <em> nous invite à repenser le rôle du Vietnam sur la scène internationale en montrant comment un pays longtemps perçu comme prudent et réactif combine subtilement souplesse diplomatique et ambitions économiques affirmées. Son analyse met en lumière une stratégie où la « diplomatie du bambou » sert autant à désamorcer les tensions qu’à préparer des offensives économiques ciblées, transformant des vulnérabilités historiques en leviers d’influence. À travers exemples récents et lectures stratégiques, l’article trace la trajectoire d’un État qui, sans renoncer à la prudence, redessine les contours de sa puissance régionale. Nous nous sommes entretenus avec lui.</em> <br />  <a class="link" href="https://cr451.fr/champ-de-recherche/vietnam-entre-diplomatie-du-bambou-et-guerre-economique-du-defensif-a-loffensif/"><em>Retrouvez l’article sur le site du CR45</em></a> </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Comment définissez vous la "diplomatie du bambou" dans le contexte vietnamien et en quoi diffère t elle des approches diplomatiques classiques </b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">En 2016, M. <em>Nguyễn Phú Trọng, alors </em>secrétaire général du Parti Communiste Vietnamien,<em> présentait l’art diplomatique de </em>Hồ Chí Minh<em> à l’occasion du 29<sup>e</sup> plénum de la Diplomatie. Il caractérisa cette diplomatie par «&nbsp;flexibilité et sa volonté de cultiver l’amitié du plus grand nombre de pays dans une situation gravement conflictuelle, sans s’alénier durablement les pays démocratiques, comme la base d’une «&nbsp;école de diplomatie unique, fortement imprégnée de l’identité du “bambou vietnamien”&nbsp;: souple mais ferme</em>, humaniste mais obstiné, faisant preuve de douceur et de fermeté, connaissant le contexte global, se connaissant soi-même autant que l’autre... incarnant l’âme et l’esprit vital du peuple vietnamien[[1]]&nbsp; ». <br />  &nbsp; <br />  Cette théorisation de l’approche de la «&nbsp;diplomatie du Bambou&nbsp;» s’accentua avec la promulgation de la Directive 25-CT/TW (8/08/2018)&nbsp;du Comité Central du Parti Communiste Vietnamien concernant «&nbsp;la promotion de la diplomatie multilatérale du Vietnam&nbsp;». Cette Directive insiste sur «&nbsp;le rôle pivot, de premier plan ou de médiation du Vietnam dans les affaires internationales, devant correspondre aux capacités et aux intérêts du Vietnam&nbsp;»[[2]]. <br />   <br />  Par ailleurs, lors du 13e Congrès national du Parti communiste vietnamien (PCV) en janvier 2021, la diplomatie multilatérale a été élevée à un nouveau niveau dans les objectifs généraux de la politique étrangère du Vietnam. <br />  &nbsp; <br />  La très célébrée «&nbsp;diplomatie du bambou&nbsp;» insiste sur la flexibilité et un pragmatisme assumé dans les relations internationales. <br />  Elle est enracinée dans l’indépendance et l’intérêt national et vise à développer et maintenir des relations équidistantes avec toutes les puissances importantes pour en maximiser les bénéfices et réduire l’incertitude stratégique nourrie par la rivalité systémique entre les États-Unis et la Chine. <br />  &nbsp; <br />  C’est une l’école diplomatique d’une puissance moyenne qui doit s’arrimer solidement à l’Asie du Sud-Est et qui explore et valorise dans différentes enceintes régionales et internationales des «&nbsp;niches diplomatiques&nbsp;» telles que la diplomatie environnementale (changement climatique, pollution plastique…), la diplomatie de l’eau, la diplomatie numérique, la diplomatie énergétique, l’autonomisation des femmes et l’égalité de genre, la médiation et la réconciliation placés au sommet des efforts de (re)construction de la paixx.&nbsp;[[3]]. <br />  &nbsp; <br />  Une des déclinaisons de la diplomatie du Bambou est la signature des partenariats stratégiques (de différents niveaux) tous azimuts[[4]] . Avec comme difficulté de savoir de qui le Vietnam est-il vraiment l’allié... <br />  &nbsp; <br />  De part la constitution de son identité nationale forgée par une volonté farouche d’indépendance (độc lập), l’approche vietnamienne de la «&nbsp;diplomatie du Bambou&nbsp;» consiste à garder une équidistance avec ses principaux partenaires. Et ce sur tous les fronts. La volonté de neutralité (trung lập) peut néanmoins faire courir au Vietnam le risque de pouvoir se retrouver isolé (Cô lập).  <div>&nbsp;  <hr align="left" size="1" width="33%" />  <div id="ftn1"><em>[[1]]url:#_ftnref1 Thuy T. Do, «&nbsp;Vietnam’s Emergence as a Middle Power in Asia: Unfolding the Power– Knowledge Nexus&nbsp;», Journal of Current Southeast Asian Affairs, vol.&nbsp;41, n°&nbsp;2, mars 2022, p.&nbsp;279–302 (<a class="link" href="https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/18681034221081146">https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/18681034221081146</a>). Sur les acteurs, leurs perceptions, et les grandes étapes de la diplomatie publique au Việt&nbsp;Nam&nbsp;: Vu Lam, Public Diplomacy in Vietnam. National Interests and Identities in the Public Sphere, Londres/New York, Routledge, 2023, chapitre 4.</em> <br />  &nbsp;</div>    <div id="ftn2"><em>[[2]]url:#_ftnref2 A 2025, le Vietnam compte un total de 25 pays comme partenaires stratégiques, dont 13 sont au rang de partenaires stratégiques globaux.</em> <br />  &nbsp;</div>  </div>  </div>    <div>  <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div style="margin-left: 40px;"><em>[[3]] «&nbsp;[…] một trường phái ngoại giao độc đáo, mang đậm bản sắc “cây tre Việt Nam”- mềm mại mà cứng cỏi, nhân ái mà quật cường, biết nhu biết cương, biết thời biết thế, biết mình biết người,... thể hiện tâm hồn và khí phách của dân tộc Việt Nam&nbsp;»&nbsp;: «&nbsp;Phát biểu của Tổng Bí thư tại Hội nghị Ngoại giao lần thứ 29&nbsp;» [Discours du Secrétaire Général à la 29<sup>e&nbsp;</sup>Conférence Diplomatique], Báo Điện tử Chính phủ [Journal électronique du gouvernement] 22 août 2016 (<a class="link" href="https://baochinhphu.vn/print/phat-bieu-cua-tong-bi-thu-tai-hoi-nghi-ngoai-giao-lan-thu-29-102207908.htm">https://baochinhphu.vn/print/phat-bieu-cua-tong-bi-thu-tai-hoi-nghi-ngoai-giao-lan-thu-29-102207908.htm</a>).</em> <br />  &nbsp;</div>    <div id="ftn2" style="margin-left: 40px;"><em>[[4]] <a class="link" href="https://tapchicongsan.org.vn/web/english/international/detail/-/asset_publisher/ZeaSwtFJtMgN/content/external-relations-in-2018-proactive-creative-and-effective">https://tapchicongsan.org.vn/web/english/international/detail/-/asset_publisher/ZeaSwtFJtMgN/content/external-relations-in-2018-proactive-creative-and-effective#</a>  </em></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quelles preuves empiriques ou événements récents vous ont conduit à parler d’une transition de la "guerre économique du défensif à l’offensif" ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">J’ai en tête 3 exemples. Les signes d’un basculement du Vietnam vers une guerre économique offensive apparaissent dans plusieurs événements récents. Le soupçon de cyber‑vol impliquant Vingroup [[5]] - [[6]] , directement ou par proxy, illustre une volonté d’aller chercher des avantages technologiques au-delà des frontières nationales. <br />   <br />  Dans le même temps, un grand groupe industriel militaire vietnamien s’est déplacé en France, non seulement pour approcher des start‑ups dans des secteurs sensibles, mais aussi pour mettre en place des centres de recherche et développement conjoints avec certaines universités et entreprises, une manière de contourner les restrictions liées aux licences d’exportation sur des produits stratégiques. <br />   <br />  À cela s’ajoute l’activisme de l’<a class="link" href="https://www.avsecorp.vn/en/" target="_blank">AVSE </a>  (entre autres), réseau d’experts vietnamiens à l’étranger, qui participe à la diffusion de compétences et à la constitution de relais d’influence. Enfin, le rachat d’entreprises étrangères par des groupes «&nbsp;semi‑étatiques&nbsp;» très en lien avec les plus hautes autorités du pays, comme MK, confirme que Hanoï ne se contente plus de défendre ses positions mais cherche désormais à s’implanter directement dans des secteurs clés à l’international. Ensemble, ces éléments dessinent une stratégie assumée de passage à l’offensive.</div>    <div>  <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <hr align="left" size="1" width="33%" />  <div id="ftn1" style="margin-left: 40px;"><em>[[5]] A 2025, le Vietnam compte un total de 25 pays comme partenaires stratégiques, dont 13 sont au rang de partenaires stratégiques globaux.</em> <br />  &nbsp;</div>    <div id="ftn2" style="margin-left: 40px;"><em>[[6]] A 2025, le Vietnam compte un total de 25 pays comme partenaires stratégiques, dont 13 sont au rang de partenaires stratégiques globaux.</em></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quels sont les principaux instruments économiques (investissements, sanctions non officielles, chaînes d’approvisionnement, cyber économie…) que le Vietnam mobilise pour passer à l’offensive, et avec quels partenaires ou contre quels acteurs ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le Vietnam déploie une palette d’instruments économiques et d’influence qui dépasse largement le cadre strict des investissements ou des sanctions. <br />   <br />  Le pays s’appuie d’abord sur son réseau diplomatique, mobilisant ses ministères et agences pour tisser des liens stratégiques. Il valorise également une partie de sa diaspora, dont l’ancrage à l’étranger constitue un relais précieux, tout comme les associations d’amitié qui maintiennent des connexions avec les partis communistes encore en place. À cela s’ajoute l’attraction de grands investisseurs internationaux, mais aussi la coopération avec des universités et incubateurs, qui deviennent des vecteurs d’innovation et de transfert de compétences. <br />   <br />  Les réseaux d’anciens étudiants formés en Europe, aux États-Unis, au Canada, en Australie ou en Russie jouent un rôle discret mais efficace dans la circulation des idées et des opportunités. Sur le plan interne, Hanoï mise sur la formation, avec la création d’universités privées, et sur la simplification administrative grâce à la numérisation. Enfin, le développement de centres culturels vietnamiens à l’étranger, véritables prolongements officieux des ambassades, permet d’ancrer durablement la présence du pays dans les sociétés partenaires et de renforcer son offensive économique et diplomatique. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Dans quelle mesure cette posture offensive est elle dictée par des contraintes internes (développement, stabilité politique) versus des pressions externes (rivalités régionales, relations avec la Chine et les États Unis) ? </b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le Vietnam articule sa posture offensive à la fois autour de contraintes internes et de pressions externes, mais il le fait en mobilisant un récit historique qui sert de boussole politique. À l’image de la Chine et d’autres puissances régionales, Hanoï fixe ses objectifs de long terme en les inscrivant dans des jalons symboliques : l’horizon 2030 correspond au centenaire de la création du Parti communiste indochinois, tandis que 2045 marque les cent ans de la proclamation de l’indépendance nationale. <br />  &nbsp;</div>    <div style="margin-left: 40px;">Ces repères nourrissent une mobilisation des esprits et donnent une cohérence aux ambitions de développement politique et économique. Dans cette logique, le Vietnam affiche clairement sa volonté de se hisser parmi les trois pays les plus influents de l’<a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Association_des_nations_de_l%27Asie_du_Sud-Est" target="_blank">ASEAN</a>, tant sur le plan économique que politique. <br />   <br />  Cette stratégie offensive vise aussi à offrir au pays une plus grande latitude pour s’adapter à un environnement international mouvant, marqué par les rivalités régionales et les rapports complexes avec la Chine et les États‑Unis.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quelles conséquences géopolitiques et économiques anticipez vous pour l’ASEAN et l’équilibre régional si le Vietnam poursuit cette stratégie, et quelles réponses devraient envisager ses voisins et partenaires ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le besoin de compter plus sur sa puissance économique afin d’être en mesure d’être écouté sur la scène régionale et internationale et de pouvoir pleinement déployer leurs objectifs détaillés dans la «&nbsp;Diplomatie du Bambou&nbsp;», à savoir&nbsp;:&nbsp;« C’est l’école diplomatique d’une puissance moyenne qui doit s’arrimer solidement à l’Asie du Sud-Est et qui explore et valorise dans différentes enceintes régionales et internationales des «&nbsp;niches diplomatiques&nbsp;» telles que la diplomatie environnementale (changement climatique, pollution plastique…), la diplomatie de l’eau, la diplomatie numérique, la diplomatie énergétique, l’autonomisation des femmes et l’égalité des genres, la médiation et la réconciliation placés au sommet des efforts de (re)construction de la paix&nbsp;».</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Peut-être une remarque plus personnelle, un conseil, un rendez-vous…</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Les autorités vietnamiennes ont la volonté de réussir malgré les difficultés et ont un système politique qui leur permet de prendre des décisions en s’affranchissant (autant que faire se peut) de l’opinion publique. Ils ont donc toutes les cartes en main pour poursuivre leur progression...</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Ce que nous pouvons retenir...</b></div>
     <div>
      <blockquote>L’analyse de Jean‑Philippe Eglinger montre un Vietnam qui conjugue souplesse diplomatique et montée en puissance économique, transformant prudence stratégique en capacité d’action proactive. Ce basculement, s’il reste mesuré, redessine les équilibres régionaux et impose aux partenaires et rivaux de repenser leurs approches face à un acteur désormais à la fois discret et résolument influent.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/92789268-64969619.jpg?v=1763997207" alt="Vietnam, la diplomatie du bambou : l’art d’allier flexibilité diplomatique et stratégie économique. Entretien avec Jean-Philippe Eglinger" title="Vietnam, la diplomatie du bambou : l’art d’allier flexibilité diplomatique et stratégie économique. Entretien avec Jean-Philippe Eglinger" />
     </div>
     <div>
      <blockquote>Jean‑Philippe Eglinger, docteur de l’<a class="link" href="https://www.inalco.fr/" target="_blank">INALCO</a>, est un spécialiste du Vietnam où il a vécu et travaillé dès les années 1990, notamment à l’Ambassade de France à Hanoï. <br />   <br />  Après une carrière internationale dans les télécommunications, il fonde <a class="link" href="https://www.vietphapstrategies.net/" target="_blank">Việt Pháp Strategies</a>  pour rapprocher PME françaises et vietnamiennes. <br />   <br />  Responsable des formations en alternance à l’INALCO, il enseigne les affaires vietnamiennes et la communication interculturelle, tout en publiant régulièrement sur les dynamiques économiques et diplomatiques du pays.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Vietnam-la-diplomatie-du-bambou-l-art-d-allier-flexibilite-diplomatique-et-strategie-economique-Entretien-avec-Jean_a6631.html" />
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