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 <title>www.veillemag.com</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-16T13:48:43+02:00</updated>
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  <entry>
   <title>Le grand retour de la RSE stratégique ?  </title>
   <updated>2025-10-29T08:29:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Le-grand-retour-de-la-RSE-strategique_a6520.html</id>
   <category term="Prospective" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/92119121-64673625.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-10-28T13:13:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Cette table ronde, très animée, s’est interrogée sur le rôle de la RSE à l’heure des remises en cause de certaines exigences réglementaires par l’UE et des propos définitifs de Donald Trump sur « l’arnaque du changement climatique ».     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/92119121-64673625.jpg?v=1761581107" alt="Le grand retour de la RSE stratégique ?  " title="Le grand retour de la RSE stratégique ?  " />
     </div>
     <div>
      <blockquote>Intervenants <br />  Eric CAMPOS<strong> (</strong>CRÉDIT AGRICOLE)&nbsp;- Directeur de l'engagement sociétal <br />  <a class="link" href="https://www.produrable.com/speakers/68347feb8571a79d76af496b">Julien DENORMANDIE</a>  (SWEEP) - Chief impact officer <br />  Linda FREINER (ZURICH INSURANCE GROUP) - Chief sustainability officer <br />  Alexis KRYCÈVE - HAATCH / WE ARE EUROPE - Associé &amp; fondateur <br />   <br />  Animée par Vanessa Logerais&nbsp; (PARANGONE / GENACT &amp; C3D Fondatrice / déléguée) <br />   <br />  Vidéo :&nbsp;https://www.youtube.com/watch?v=4YestNsjBKk</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La RSE : bien plus que des normes</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Alexis KRYCÈVE l’affirme <em>“ La RSE, c’est bien plus que des normes réglementaires’</em> et si on les a peut-être trop complexifiées, le virage RSE est résolument pris par les grandes structures pour lesquelles il n’y aura pas de retour en arrière. Il précise qu’a contrario <em>«&nbsp;le risque de décrochage est grand chez les acteurs qui ne sont pas encore engagés sur cette voie&nbsp;».</em> <br />   <br />  Linda Freiner souligne l’importance de l’impact financier des risques climatiques pour les assureurs. Les prévisions sont alarmantes et il est critique de mettre en place à la fois des politiques de prévention et d’adaptation. <br />   <br />  Julien Denormandie (ex ministre de l’agriculture et de l’alimentation reconverti aujourd’hui au sein d’une plateforme de gestion des données ESG) insiste sur la différence à faire entre la Vision qui se doit d’être très ambitieuse et la Méthode qui doit privilégier la progressivité. <br />   <br />  Pour Eric Campos, les acteurs économiques sont très conscients des enjeux. En témoigne une étude récente du Crédit Agricole dans laquelle ils se déclarent confrontés à 4 chocs majeurs&nbsp;: écologique, technologique, démographique, géopolitique. Face à ces chocs, la mise en œuvre d’une stratégie ESG s’avère critique.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Qu’est qu’une RSE stratégique ? </b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">On retiendra qu’elle <em>«&nbsp;s’appuie d’abord sur une vision</em>&nbsp;» (Alexis KRYCÈVE). Approche confirmée par Eric Campos qui souligne&nbsp; <em>«&nbsp;l’importance de la Raison d’être&nbsp;»</em> et à s’attacher à bien comprendre <em>«&nbsp;le monde qui vient&nbsp;»</em>. Linda Freiner est d’accord «&nbsp;<em>un modèle d’affaires doit &nbsp;permettre d’anticiper les défis de demain&nbsp;» </em>sans oublier &nbsp;<em>«&nbsp;les risques climatiques et cyber&nbsp;».</em> Une <em>«organisation résiliente&nbsp;»</em> capable de prévenir et de s’adapter sera clé. <br />   <br />  Julien Denormandie insiste sur la nécessité de réconcilier 2 temporalités&nbsp;: ROI &amp; RSE&nbsp;; Robustesse &amp; Performance (référence aux travaux de Olivier Hamant).&nbsp; Si l’on veut briser <em>«&nbsp;La tragédie des horizons&nbsp;»</em> -cf discours de MarK Carney lors de la COP de Paris (2015), il faut établir des ponts entre Risques et Rentabilité. Autrement dit jeter un pont entre les intérêts de court et long terme de la finance. <br />  Comment faire&nbsp;? <br />   <br />  Y parvenir, c’est mettre la RSE au cœur de la stratégie en la rattachant à la direction générale, donner de la valeur aux externalités, passer à l’échelle en impliquant tous les acteurs… <br />  &nbsp; <br />  On ne peut que souscrire&nbsp;: les engagés de la RSE ne doivent pas seulement prêcher des convaincus mais démontrer qu’il en va de l’intérêt de tous.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <blockquote><span><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/christophepouilly/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Christophe Pouilly</a>  &nbsp;est Vice-président exécutif de&nbsp;<a class="link" href="https://www.lafabriquedufutur.global/" target="_blank">La Fabrique du Futur&nbsp;&amp; Co</a>. Il assure la direction opérationnelle&nbsp;de ce&nbsp;"Do Tank"&nbsp;qui compte 57 associés aux expertises transdisciplinaires. Sa mission :&nbsp;aider les structures (publiques ou privées) à se projeter dans le futur et les&nbsp;accompagner dans leurs grandes transitions. <br />  Membre de la <a class="link" href="https://www.societefrancaisedeprospective.fr/" target="_blank">Société Française de Prospective</a>  et l'<a class="link" href="https://www.apf.org/about/" target="_blank">Association of Professionnel Futurists</a>,&nbsp;Christophe est également formateur au sein de l'organisme de formation (certifié Qualiopi) de la Fabrique du Futur.</span></blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Le-grand-retour-de-la-RSE-strategique_a6520.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Investir dans l'économie bleue, gardons les pieds sur terre ! </title>
   <updated>2025-10-29T08:27:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Investir-dans-l-economie-bleue-gardons-les-pieds-sur-terre-_a6523.html</id>
   <category term="Prospective" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/92141428-64685323.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-10-28T12:23:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Après une belle introduction poétique de Maia MedAli, ‘Le chant des baleines est richesse, témoin de nos cœurs en détresse’, les intervenants se sont plongés de manière très incarnée dans un échange rondement mené sur le sujet de l’économie bleue. Le récent Sommet de l’ONU sur les océans a montré la préoccupation des institutions internationales, des Etats et des entreprises pour le rôle essentiel joué par les écosystèmes marins dans la captation des gaz à effet de serre et la sécurité alimentaire de 3 milliards d’êtres humains. Mais quelle économie bleue, si l’on souhaite respecter la fragilité des océans et de renoncer à son exploitation à outrance ?     <div>
      <blockquote>Intervenants&nbsp;: <br />  Gilles BOEUF - Muséum national d'Histoire naturelle- Collège de France <br />  Emmanuelle PÉRIÉ-BARDOUT – Fondatrice Under the pole <br />  Antoine PERSON – Louis Dreyfus Armateur <br />  Alexandre YACHINE – DG Fondation de la Mer <br />   <br />  Animée par Catherine CHAZAL, Entreprises pour l'Environnement</blockquote>   <br />   <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Océan &amp; enjeux : quelques chiffres</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/92141428-64685323.jpg?v=1761653287" alt="Investir dans l'économie bleue, gardons les pieds sur terre ! " title="Investir dans l'économie bleue, gardons les pieds sur terre ! " />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le Transport maritime représente 90% du commerce mondial. 99% des données Internet-telecom passent par des câbles sous-marins. Les mers et océans absorbent près 1/3 de nos émissions de CO2 et produisent 50% de notre oxygène… et 35% des hydrocarbures. <br />   <br />  Le potentiel de l’économie bleue&nbsp;est estimé à 3 200mds €&nbsp;d’ici 2030. <br />  Les chiffres sont têtus&nbsp;: les enjeux de l’économie bleue sont globaux et les défis nombreux.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Aller au fond des choses</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Emmanuelle PÉRIÉ-BARDOUT voue sa vie à la Mer et en explore les fonds. Elle constate les effets du changement climatique, notamment sur les barrières de corail. Mais les grands fonds réservent encore de bonnes surprises. Forêts aquatiques et résilience du milieu lui donnent encore l’espoir de pouvoir changer de cap. <br />   <br />  L’inimitable Gilles BŒUF s’emporte&nbsp; <em>«&nbsp;Le monde de l’entreprise s’intéresse au climat mais néglige la mer&nbsp;»</em>. Il a tort. La mer (ou plutôt les mers et l’océan), c’est nous&nbsp;: <em>«&nbsp;il y a dans un plancton un tiers de nos gènes</em>&nbsp;». <br />   <br />  La mer, c’est <em>«&nbsp;un espace intrinsèquement ouvert et multilatéral&nbsp;»</em> &nbsp;ajoute Alexandre Yachine. Elle fait partie du <em>«&nbsp;patrimoine mondiale de l’Humanité&nbsp;». </em>Pour la protéger, il faut <em>«&nbsp;lui donner plus de droits et créer des coalitions&nbsp;». </em></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Blue is the new green ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Problème&nbsp;: la mer est également un lieu de concurrence et de confrontation. Les difficultés à y faire observer les réglementations internationales sont très grandes admet Antoine Person. Il estime malgré tout que le coût des investissements est tel, notamment dans le transport maritime, qu’il va obliger à intégrer les enjeux environnementaux. Faute d’être à côté de la plaque. <br />   <br />  Pour Gilles Bœuf, concilier développement économique et préservation passe par une meilleure compréhension scientifique des phénomènes <em>«&nbsp;La science n’est pas une opinion mais elle doit être plus ouverte pour sensibiliser le maximum de monde&nbsp;».</em> <br />   <br />  Cette sensibilisation est au cœur de la <a class="link" href="https://www.fondationdelamer.org/la-fondation-de-la-mer/" target="_blank">mission de la Fondation de la Mer</a>. Alexandre Yachine témoigne du succès des actions menées notamment auprès des établissements scolaires&nbsp;: &nbsp;<em>«&nbsp;Enjeux maritimes&nbsp;: réenchanter les classes&nbsp;»</em> ou le&nbsp; <em>«&nbsp;Concours Megaplasticus</em>&nbsp;».&nbsp;&nbsp; <br />  Il fait part également des actions menées auprès des entreprises&nbsp;pour les sensibiliser au respect des ODD 6 &amp; 14 de l’ONU ou les engager dans des projets à impact. <br />   <br />  Emmanuelle PÉRIÉ-BARDOUT n’est pas en reste. Elle aussi cherche à sensibiliser les générations futures. Elle veut également associer exploration, mobilisation et sciences pour mener des projets d’envergure comme celui de développer un outil de mesure ‘Empreinte Océan’. <br />   <br />  Chez Louis Dreyfus Armateur, 1 semaine par an est entièrement dédiée aux enjeux d’environnement pour tous les collaborateurs. Mais au-delà de ce temps dédié, c’est toute l’année que l’entreprise se sent concernée. <br />   <br />  On aura apprécié l’énergie communicatrice des intervenants comme la sincérité de leur engagement. Dans la salle, ils ont été très applaudis. Reste à entendre si cette vague de soutien aura atteint des sphères ou continents plus lointains. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <blockquote><span><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/christophepouilly/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Christophe Pouilly</a>  &nbsp;est Vice-président exécutif de&nbsp;<a class="link" href="https://www.lafabriquedufutur.global/" target="_blank">La Fabrique du Futur&nbsp;&amp; Co</a>. Il assure la direction opérationnelle&nbsp;de ce&nbsp;"Do Tank"&nbsp;qui compte 57 associés aux expertises transdisciplinaires. Sa mission :&nbsp;aider les structures (publiques ou privées) à se projeter dans le futur et les&nbsp;accompagner dans leurs grandes transitions. <br />  Membre de la <a class="link" href="https://www.societefrancaisedeprospective.fr/" target="_blank">Société Française de Prospective</a>  et l'<a class="link" href="https://www.apf.org/about/" target="_blank">Association of Professionnel Futurists</a>,&nbsp;Christophe est également formateur au sein de l'organisme de formation (certifié Qualiopi) de la Fabrique du Futur.</span></blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  </entry>
  <entry>
   <title>Entretien avec Thomas Parisot à l’occasion du Forum gf2i &amp; ADBS du 9 octobre. Rassembler, Mobiliser, Partager.</title>
   <updated>2025-10-03T14:16:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Entretien-avec-Thomas-Parisot-a-l-occasion-du-Forum-gf2i-ADBS-du-9-octobre-Rassembler-Mobiliser-Partager_a6406.html</id>
   <category term="Personnalités" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/91423711-64266075.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-09-30T10:31:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
À la croisée de ses responsabilités au GF2I, à l’ADBS et chez Cairn.info, Thomas Parisot porte une conviction forte : les professionnels de l’information doivent unir leurs compétences pour bâtir des écosystèmes résilients, transparents et durables. Dans un contexte de mutations technologiques et de désinformation croissante, il plaide pour une communauté capable de conjuguer héritage documentaire et innovation afin de garantir l’avenir du savoir partagé. Nous l 'avons rencontré à l'occasion du Forum ADBS & gf2i du 9 octobre.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/91423711-64266075.jpg?v=1759483203" alt="Entretien avec Thomas Parisot à l’occasion du Forum gf2i &amp; ADBS du 9 octobre. Rassembler, Mobiliser, Partager." title="Entretien avec Thomas Parisot à l’occasion du Forum gf2i &amp; ADBS du 9 octobre. Rassembler, Mobiliser, Partager." />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"> <br />  <strong>Président du <a class="link" href="https://www.gf2i.org/" target="_blank">GF2I</a>  et administrateur de l’<a class="link" href="https://adbs.fr/" target="_blank">ADBS</a>, <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/thomas-parisot-58a89033/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Thomas Parisot</a>  s’engage depuis plusieurs années pour renforcer la place des professionnels de l’information dans le débat public. Au <a class="link" href="https://www.veillemag.com/Relever-les-defis-de-l-Infodoc-FORUM-ADBS-GF2I-le-9-octobre-CNAM_a6396.html" target="_blank">Forum du 9 octobre</a>, il partage sa conviction : face aux mutations numériques et aux enjeux de fiabilité, la communauté doit affirmer ses valeurs d’innovation, de fiabilité, et de transparence.</strong> <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Thomas Parisot, vous êtes à la fois directeur général adjoint de Cairn.info, président du GF2I et administrateur de l’ADBS. Qu’est-ce qui relie ces trois responsabilités et comment se complètent-elles dans votre vision de l’écosystème de l’information ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Chez Cairn.info, nous cultivons une culture plurielle, à la jonction entre des mondes très divers&nbsp;: édition, médias, documentation, recherche, etc. L’information originale et de qualité est au cœur de ces secteurs, qui ne dialoguent pas suffisamment et pensent souvent les mêmes objets sans forcément en avoir conscience. <br />  Je retrouve cette culture de métissage au sein du Gf2i et de l’ADBS – entre métiers, entre secteurs public et privé, entre enjeux techniques, économiques, juridiques et sociétaux – et suis heureux de participer à mon niveau à l’établissement de passerelles entre acteurs de la connaissance. <br />   <br />   <br />   <br />   <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>En tant que président du GF2I et administrateur de l’ADBS, comment percevez-vous la complémentarité entre ces structures et leur capacité à peser dans le débat public sur l’information ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le Gf2i confronte depuis plus de 40 ans les idées, les points de vue, les propositions et les analyses des acteurs qui composent la chaine de valeur de la connaissance. <br />  L’ADBS est, quant à elle, un vivier d’utilisateurs/trices, aguerri(e)s aux outils et services qui structurent l’espace informationnel, en position d’observation directe de l’évolution (rapide) des usages. <br />   <br />  Le dialogue entre ces deux espaces me semble particulièrement fécond et nécessaire à l’heure où l’on observe une concentration grandissante de l’attention autour d’outils généralistes, portés par des géants technologiques peu enclins au dialogue et au jeu collectif. La co-construction par toutes les parties prenantes d’alternatives informationnelles n’est plus simplement souhaitable&nbsp;: elle est indispensable à la construction d’un socle sur lequel toute organisation, publique comme privée, doit se fonder pour construire un futur plus désirable que celui que l’on souhaite nous imposer. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’intelligence artificielle bouleverse la chaîne éditoriale et documentaire. Quels risques et quelles opportunités identifiez-vous pour les éditeurs et les professionnels de l’information ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le risque est immense, plus fondamental certainement que ceux qu’a pu nous donner à penser le web ouvert durant ces 20 dernières années&nbsp;: il s’agit ni plus ni moins que de préserver un espace informationnel commun, à l’heure où <em>fake news</em>, services abusivement génératifs et concentration de l’attention au sein de bulles fermées mettent dramatiquement à mal la bibliodiversité de notre écosystème. <br />   <br />  De la même manière qu’une coexistence plus harmonieuse de l’humanité avec son environnement reste à inventer dans la décennie à venir, nous avons la responsabilité de construire des bases informationnelles qui permettront de garantir l’accessibilité des savoirs au plus grand nombre, de favoriser la découverte et&nbsp;la&nbsp;créativité. <br />  L’enjeu est considérable&nbsp;: quand les GAFAM voient dans les productions des acteurs de la connaissance des supports de publicité et d’exploitation des données personnelles, il importe de miser au contraire sur leur valeur propre, si fondamentale pour nos sociétés : leur apport à la connaissance, au débat, à l’émancipation personnelle et collective. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le Forum ADBS–GF2I met en avant la question de la désinformation et de la traçabilité. Quel rôle spécifique peuvent jouer ces associations professionnelles dans ce combat ? </b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Les professionnels qui composent ces associations sont au cœur de la transformation qu’il nous faut opérer&nbsp;: mobiliser les savoir-faire anciens (création et entretien de métadonnées, de référentiels, mise en place de passerelles d’interopérabilité, etc.) et nouveaux (granularisation fine de la connaissance, mobilisation à bon escient des modèles de langage, nouveaux formats porteurs d’une remobilisation de l’attention sur les contenus fiables à forte valeur ajoutée, etc.) pour lutter contre la désinformation et permettre une sédimentation plus solide des connaissances chez les apprenants et les professionnels. <br />   <br />  Loin des solutions «&nbsp;sur étagère&nbsp;», les chaînes de traitement susceptibles de créer réellement et durablement de la valeur dans les organisations remobilisent nos métiers sur leurs fondamentaux, mais doivent aussi les pousser à évoluer, à hybrider les savoir-faire issus des cultures documentaires, éditoriales, médiatiques, pour saisir les opportunités nouvelles qui se font jour et faire advenir une vision positive de l’intelligence artificielle, loin des sur-promesses et des dérives qui nous guettent. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Comment concilier ouverture (open access, science ouverte) et modèles économiques viables pour les éditeurs et plateformes de diffusion ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Cette question, déjà ancienne, se voit revisitée à l’aune du nouveau schéma d’attention qui s’impose et des nouvelles médiations opérées par les agents IA ou les réseaux sociaux. La question de la découvrabilité remplace peu à peu celle de l’accès, avec des frontières de plus en plus floues entre service et contenu. <br />   <br />  Les investissements à consentir pour permettre cette découvrabilité sont importants, pourraient devenir insoutenables si nous n’intégrons pas la sobriété et la coopération dès les fondations de la nouvelle architecture de l’information à construire. L’ouverture est nécessaire mais ne peut constituer une fin en soit, à l’heure où réutilisation rime trop souvent avec captation par les plus puissants. Les écosystèmes informationnels à construire doivent au contraire impliquer l’ensemble des acteurs qui participent à la production et à la circulation de l’information de qualité, prendre en compte leurs contraintes et leur donner les moyens de jouer pleinement leur rôle. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quel conseil donneriez-vous à un jeune professionnel de l’information qui entre aujourd’hui dans le métier ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">De constituer un bagage technique solide, de ne pas négliger systématiquement les stratégies de traitement plus classiques au profit des plus nouvelles, de travailler en réseau et de rejoindre nos associations pour échanger et débattre de l’évolution de nos métiers en pleine transformation ! <br />   <br />   <br />   <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Si vous deviez projeter le rôle des professionnels de l’information à horizon 2030, quelles compétences seront décisives ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La maitrise et l’intériorisation des capacités des modèles de langage, mais aussi de leurs limites. La conduite de projets complexes, associant des profils très techniques, mais aussi juridiques, éditoriaux, créatifs, etc. La capacité à maintenir les utilisateurs au centre des dispositifs, pour ne jamais perdre de vue que la valeur est créée pour eux, non pour les concepteurs des outils mis en place.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>En une phrase, quel est selon vous l’enjeu majeur du Forum 2025 ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>Plus qu’une phrase, quelques mots clés&nbsp;: rassembler, mobiliser, partager.</strong></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Peut-être une remarque plus personnelle, une recommandation, un souhait…</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Après quelques années dans le secteur, voir enfin les professionnels de l’information (éditeurs, chercheurs, journalistes, veilleurs, documentalistes, etc.), si proches dans leurs valeurs et leurs objectifs, partager et construire ensemble des systèmes d’information robustes et responsables pour demain.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Merci Thomas Parisot pour ces éclairages et rendez-vous le 9 octobre !</b></div>
     <div>
      <blockquote><strong>Directeur général adjoint de la plateforme Cairn.info, <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/thomas-parisot-58a89033/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Thomas Parisot</a>  est par ailleurs président du Groupement français de l'industrie de l’information (Gf2i), vice-président du groupe universitaire du Syndicat national de l’édition (SNE) et administrateur de l’Association des professionnels de l’information et de la documentation (ADBS).</strong></blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de l 'ADBS</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/91423711-64268041.jpg?v=1759228277" alt="Entretien avec Thomas Parisot à l’occasion du Forum gf2i &amp; ADBS du 9 octobre. Rassembler, Mobiliser, Partager." title="Entretien avec Thomas Parisot à l’occasion du Forum gf2i &amp; ADBS du 9 octobre. Rassembler, Mobiliser, Partager." />
     </div>
     <div>
      <blockquote>L’<a class="link" href="https://adbs.fr/" target="_blank">ADBS</a>, créée en 1963, est la principale association française rassemblant les professionnels de l’information et de la documentation. Elle fédère un réseau de spécialistes – documentalistes, bibliothécaires, veilleurs, gestionnaires de données – engagés dans la valorisation et la maîtrise stratégique de l’information. Par ses formations, ses publications et ses événements, elle accompagne l’évolution des métiers, défend la place de l’infodoc dans la société de la connaissance. Elle édite notamment la revue <em>I2D – Information, données &amp; documents</em>, référence dans le domaine.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Inscription gratuite au Forum</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/91423711-64268098.jpg?v=1759228420" alt="Entretien avec Thomas Parisot à l’occasion du Forum gf2i &amp; ADBS du 9 octobre. Rassembler, Mobiliser, Partager." title="Entretien avec Thomas Parisot à l’occasion du Forum gf2i &amp; ADBS du 9 octobre. Rassembler, Mobiliser, Partager." />
     </div>
     <div>
      
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     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Entretien-avec-Thomas-Parisot-a-l-occasion-du-Forum-gf2i-ADBS-du-9-octobre-Rassembler-Mobiliser-Partager_a6406.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>5 &amp; 6 novembre. Université de la e-santé. garantir l’équité d’accès, renforcer la souveraineté des données et inscrire l’innovation dans une démarche durable.</title>
   <updated>2025-09-29T17:53:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/5-6-novembre-Universite-de-la-e-sante-garantir-l-equite-d-acces-renforcer-la-souverainete-des-donnees-et-inscrire-l_a6388.html</id>
   <category term="Santé" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/91345515-64235877.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-09-29T17:53:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Les 5 et 6 novembre, Castres accueillera la 19ᵉ édition de l’Université de la e-santé. Chercheurs, professionnels et décideurs publics y exploreront ensemble les grands défis du numérique en santé, autour de trois axes majeurs : garantir l’équité d’accès, renforcer la souveraineté des données et inscrire l’innovation dans une démarche durable.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/91345515-64235877.jpg?v=1759160347" alt="5 &amp; 6 novembre. Université de la e-santé. garantir l’équité d’accès, renforcer la souveraineté des données et inscrire l’innovation dans une démarche durable." title="5 &amp; 6 novembre. Université de la e-santé. garantir l’équité d’accès, renforcer la souveraineté des données et inscrire l’innovation dans une démarche durable." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>3 défis majeurs : : l’équité, la souveraineté et la durabilité.</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Les 5 et 6 novembre prochains, Castres redeviendra le point de convergence de l’écosystème numérique en santé avec la 19ᵉ édition de l’Université de la e-santé. <br />  Installé à l’école d’ingénieurs ISIS, l’événement s’annonce comme un moment de réflexion et de prospective autour de trois défis qui traversent aujourd’hui la transformation du secteur : l’équité, la souveraineté et la durabilité. <br />   <br />  Derrière ces mots, il y a des enjeux très concrets. Comment garantir un accès aux soins réellement universel à l’heure où la fracture numérique menace de créer de nouvelles inégalités ? Comment affirmer une maîtrise française et européenne des données de santé face aux géants mondiaux du numérique ? Et comment inscrire l’innovation dans une logique soutenable, tant sur le plan environnemental qu’économique ?</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Laboratoire d’idées et lieu de rencontres</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Portée par la Technopole de Castres-Mazamet et organisée en synergie avec la journée de la filière Numérique en Santé Occitanie, cette université se veut à la fois laboratoire d’idées et lieu de rencontres. <br />   <br />  Chercheurs, entrepreneurs, décideurs publics et professionnels de santé y croiseront leurs regards, entre conférences, ateliers et rendez-vous d’affaires. L’ambition est claire : dépasser le stade du prototype pour penser des solutions viables, éthiques et durables, capables de transformer en profondeur la pratique médicale et l’organisation des systèmes de soins.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Ce rendez-vous ne se contente pas de suivre l’actualité de la e-santé, mais entend en écrire les prochaines pages, en plaçant au cœur du débat la question de la confiance, de la responsabilité et de l’impact sociétal du numérique appliqué à la santé</b></div>
     <div>
      <p style="margin-left: 40px;">Voici les grands temps forts annoncés pour l’Université de la e-santé des <strong>5 et 6 novembre 2025 à Castres</strong> : <br />    <p style="margin-left: 40px;">L’ouverture de l’événement sera marquée par la <strong>journée de la filière Numérique en Santé Occitanie</strong>, organisée le 5 novembre. Elle mettra l’accent sur un enjeu très concret : comment passer de l’idée au marché. Les porteurs de projets et start-up pourront y explorer les étapes clés pour transformer une innovation en solution viable, conforme et économiquement solide. <br />    <p style="margin-left: 40px;">Tout au long des deux jours, les débats s’articuleront autour des <strong>trois grands défis structurants</strong> : <br />    <ul>  	<li style="margin-left: 40px;"><strong>L’équité</strong>, avec la question de l’accès universel aux soins et la lutte contre la fracture numérique, notamment dans les zones rurales ou auprès des publics vulnérables.</li>  	<li style="margin-left: 40px;"><strong>La souveraineté</strong>, qui interroge la maîtrise française et européenne des données de santé, leur hébergement et leur gouvernance face aux géants internationaux du numérique.</li>  	<li style="margin-left: 40px;"><strong>La durabilité</strong>, qui englobe l’impact environnemental des technologies, la soutenabilité des usages et la viabilité économique des modèles d’innovation.</li>  </ul>    <p style="margin-left: 40px;">En parallèle, l’Université proposera des <strong>conférences plénières, ateliers thématiques, rendez-vous d’affaires et trophées de l’innovation</strong>, offrant un espace de dialogue entre chercheurs, entrepreneurs, décideurs publics et professionnels de santé. <br />    <p style="margin-left: 40px;">En somme, c’est un rendez-vous qui ne se limite pas à la prospective : il vise à confronter visions stratégiques et retours d’expérience pour dessiner des solutions concrètes et responsables. <br />    <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Programme</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/91345515-64260168.jpg?v=1759160650" alt="5 &amp; 6 novembre. Université de la e-santé. garantir l’équité d’accès, renforcer la souveraineté des données et inscrire l’innovation dans une démarche durable." title="5 &amp; 6 novembre. Université de la e-santé. garantir l’équité d’accès, renforcer la souveraineté des données et inscrire l’innovation dans une démarche durable." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Participation gratuite. Inscriptions</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/91345515-64260190.jpg?v=1759160761" alt="5 &amp; 6 novembre. Université de la e-santé. garantir l’équité d’accès, renforcer la souveraineté des données et inscrire l’innovation dans une démarche durable." title="5 &amp; 6 novembre. Université de la e-santé. garantir l’équité d’accès, renforcer la souveraineté des données et inscrire l’innovation dans une démarche durable." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/91345515-64260201.jpg?v=1759160833" alt="5 &amp; 6 novembre. Université de la e-santé. garantir l’équité d’accès, renforcer la souveraineté des données et inscrire l’innovation dans une démarche durable." title="5 &amp; 6 novembre. Université de la e-santé. garantir l’équité d’accès, renforcer la souveraineté des données et inscrire l’innovation dans une démarche durable." />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: center;"><a class="link" href="https://www.youtube.com/c/esanteTV/videos" target="_blank"><strong>Une chaîne dédiée à la e-santé</strong></a> </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/5-6-novembre-Universite-de-la-e-sante-garantir-l-equite-d-acces-renforcer-la-souverainete-des-donnees-et-inscrire-l_a6388.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Circuits courts : une confiance biaisée . Par Jean-Marie Carrara</title>
   <updated>2025-09-05T15:56:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Circuits-courts-une-confiance-biaisee-Par-Jean-Marie-Carrara_a6306.html</id>
   <category term="Management" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/90918974-64024151.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-09-05T15:53:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Les circuits courts s’imposent désormais comme le symbole d’une alimentation responsable mais la multiplication des intoxications alimentaires, notamment en période estivale, interroge sur le risque de santé publique qui y est associé et sur la nécessité de définir des signaux d’alerte pertinents     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/90918974-64024151.jpg?v=1757079673" alt="Circuits courts : une confiance biaisée . Par Jean-Marie Carrara" title="Circuits courts : une confiance biaisée . Par Jean-Marie Carrara" />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L’achat en circuits courts semble être une parade à l’éloignement toujours plus grand entre producteurs et consommateurs et constituer même, pour certains, la base d’une souveraineté retrouvée. <br />   <br />  Acheter directement au producteur semble garantir authenticité, sécurité et soutien économique aux producteurs locaux. <br />   <br />  Pourtant, derrière cette image «&nbsp;vendue&nbsp;» comme rassurante se cache la raréfaction des vétérinaires de santé publique, ces acteurs invisibles qui protègent les populations contre les risques alimentaires et zoonotiques. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’idéal philosophique du « proche »</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Philosophiquement, la vogue des circuits courts traduit une aspiration à retrouver l’authenticité d’un lien non médiatisé.</div>    <div style="margin-left: 40px;">Le marché local évoque une forme de contrat social primitif : celui où l’on connaît celui qui produit, où l’acte d’achat engage une relation de confiance directe. <br />   <br />  Ce retour à la proximité exprime le besoin de ré-enracinement dans un monde où la mondialisation a dissous les repères. <br />  Mais cette confiance accordée à la proximité s’apparente à une croyance : elle suppose que la vertu d’un produit découle de sa localisation, et non de l’existence d’un cadre collectif de contrôle. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sociologie des nouvelles « tribus alimentaires »</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>Sociologiquement, les circuits courts engendrent des micro-communautés de consommateurs.</strong> <br />   <br />  Acheter bio et local devient un marqueur identitaire, une appartenance à une tribu urbaine ou rurale qui valorise la proximité et la durabilité. <br />  Ces groupes construisent leur propre récit : manger local, c’est « voter avec sa fourchette ». <br />   <br />  Mais en se suffisant à eux-mêmes, ces archipels alimentaires affaiblissent le récit national de la sécurité sanitaire, autrefois incarné par les institutions vétérinaires et sanitaires publiques. <br />  À mesure que se multiplient ces bulles, le socle commun se fragilise. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La psychologie de la confiance immédiate</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Sur le plan psychologique, l’achat direct au producteur nourrit une illusion de maîtrise. <br />   <br />  En rencontrant celui qui cultive ou élève, le consommateur projette une proximité affective qui abolit l’angoisse de la contamination ou de la fraude. <br />  Cette confiance agit comme un apaisement face aux peurs contemporaines de l’alimentation industrielle. <br />   <br />  Mais elle peut se retourner en sentiment de trahison lors d’un accident sanitaire : plus la confiance était forte, plus la désillusion est brutale. <br />  Là où l’infrastructure publique de contrôle produit une vigilance discrète et constante, la confiance interpersonnelle expose à des ruptures soudaines pouvant se révéler d’une extrême gravité pour le consommateur. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le rôle essentiel bien qu’invisible des vétérinaires de santé publique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">C’est ici que surgit la tension principale. <br />  Les vétérinaires de santé publique, dont le rôle est de surveiller la sécurité des filières alimentaires et de prévenir les <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zoonose" target="_blank">zoonoses</a>, se raréfient. <br />  Leur présence, jadis massive, s’effrite au moment même où les circuits courts se développent. <br />   <br />  Pourtant, l’équation sanitaire reste la même : la proximité géographique ne protège pas contre une salmonellose, une listeria ou un virus émergent et les circuits courts reposent sur un présupposé fragile : que la confiance personnelle peut se substituer au contrôle collectif. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’accélération des problèmes sanitaires</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Les chiffres confirment que ni l’industrie ni les circuits courts ne sont exempts de risques. <br />   <br />  Selon l’EFSA (European Food Safety Authority), l’Union européenne enregistre encore&nbsp;<strong>plus de 4 000 foyers de toxi-infections alimentaires collectives chaque année</strong>, touchant près de&nbsp;<strong>40 000 personnes</strong>. <br />   <br />  En France, Santé Publique France recensait environ&nbsp;<strong>1 200 épisodes par an</strong>&nbsp;avant la pandémie, la moitié liés à des salmonelles. <br />  Du côté industriel, les crises sont spectaculaires : l’affaire&nbsp;<strong>Buitoni (2022)</strong> et ses dizaines de cas graves dont plusieurs décès d’enfants, le scandale du&nbsp;<strong>lait infantile Lactalis (2017)</strong>, où des centaines de nourrissons ont été contaminés. <br />   <br />  Mais les circuits courts ne sont pas épargnés :</div>    <ul>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Listériose mortelle</strong> chez un producteur artisanal de fromages au lait cru dans le Tarn (2011)</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Salmonellose collective</strong> pour des charcuteries vendues sur des marchés locaux dans le Centre-Val de Loire</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Salmonelloses </strong>et <strong>Listérioses</strong> pour<strong> des produits artisanaux vendus en vente directe ou via internet</strong>.</li>  </ul>    <div style="margin-left: 40px;">La multiplication de ces cas traduit une double dynamique : l’industrie expose par l’ampleur de ses volumes, les circuits courts par la fragilité de leurs contrôles. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une lecture cindynique riche d’enseignements</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">À la lumière des cindyniques, la situation peut se lire comme une déformation du cadre qui régit la sécurité alimentaire :</div>    <ul>  	<li style="margin-left: 40px;"><strong>Au niveau structurel</strong>, les filières éclatent en microcircuits qui échappent aux grandes infrastructures de contrôle.</li>  	<li style="margin-left: 40px;"><strong>Au niveau organisationnel</strong>, les institutions peinent à déployer des vétérinaires en nombre suffisant pour assurer un maillage territorial.</li>  	<li style="margin-left: 40px;"><strong>Au niveau fonctionnel</strong>, la gouvernance hésite entre valoriser l’autonomie des circuits courts et garantir la sécurité de l’ensemble.</li>  	<li style="margin-left: 40px;"><strong>Au niveau de la communication</strong>, le récit de la proximité masque le risque, en substituant le langage de la confiance au langage du contrôle.</li>  </ul>    <div style="margin-left: 40px;">La&nbsp;<strong>crise</strong>&nbsp;surgit lorsqu’une contamination traverse ces circuits supposés sûrs, mettant en friction l’endovolume (la communauté confiante, autocentrée) et l’exovolume (l’environnement institutionnel et sanitaire). <br />   <br />  La&nbsp;<strong>catastrophe</strong>&nbsp;advient si cette confiance se rompt durablement : dissolution du récit même de la durabilité alimentaire et perte de distinction entre « sûr » et « dangereux ». <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un retour à la nature biaisé</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Philosophiquement encore, le circuit court repose sur une idéalisation de la nature comme garante de vérité. <br />   <br />  Or la nature brute n’est pas toujours protectrice (l’amanite phalloïde est naturelle mais son ingestion est pourtant mortelle). <br />  Aussi, c’est précisément parce que l’alimentation est un fait social total — biologique, économique, culturel, politique — qu’elle requiert une vigilance institutionnelle. <br />   <br />  Croire que la proximité peut remplacer cette médiation est un leurre et revient à oublier que la sécurité est une construction collective, fruit d’une expertise, d’un cadre, d’une mémoire des crises passées. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Pour une articulation nouvelle : confiance et vigilance</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Face à ces tensions, le défi est moins d’opposer circuits courts et sécurité publique que de les articuler harmonieusement. <br />  Philosophiquement, il s’agit de dépasser l’illusion du « naturel » en reconnaissant que la vigilance fait partie intégrante de notre rapport au monde. <br />   <br />  Sociologiquement, il s’agit de recréer un récit commun qui unisse les tribus alimentaires et l’institution sanitaire. <br />  Psychologiquement, il faut redonner confiance dans le rôle protecteur de l’expertise, pour que la vigilance ne soit pas vécue comme une contrainte mais comme un soin collectif. <br />   <br />  D’un point de vue cindynique, l’enjeu est clair : restaurer la plasticité du cadre, avant qu’il ne se rompe. <br />  Cela suppose d’investir dans les vétérinaires de santé publique, de renforcer les médiations entre producteurs et institutions, et de réinscrire la proximité dans un horizon de responsabilité partagée. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les crises récentes montrent que ni l’industrie agroalimentaire ni les circuits courts ne sont à l’abri d’un souci sanitaire</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La première, par ses volumes, expose beaucoup de consommateurs, les autres, exposent leurs fidèles par la faiblesse de leurs contrôles.&nbsp; Dans les deux cas, c’est le cadre collectif de vigilance qui est mis à l’épreuve.&nbsp; <br />   <br />  Philosophiquement, le territoire alimentaire ne peut plus être réduit à une proximité rassurante : il doit être pensé comme un espace de responsabilité partagée.&nbsp; <br />   <br />  Sociologiquement, la multiplication des micro-communautés de confiance menace de fragmenter ce socle commun.&nbsp; <br />   <br />  Psychologiquement, l’illusion d’une sécurité donnée par la proximité ne résiste pas à la brutalité d’un accident sanitaire.&nbsp; Et cindyniquement, la déformation du cadre menace de devenir rupture si la rareté des vétérinaires de santé publique persiste. <br />   <br />  Les signaux d’alarme doivent être clairs et s’allumer à la moindre alerte car le véritable enjeu n’est pas de choisir entre circuits courts et filières industrielles, mais de reconstruire une architecture commune de vigilance, capable de relier confiance et contrôle pour tous les consommateurs.&nbsp; <br />   <br />  <strong>Faute de quoi, l’alimentation, lieu de notre cohésion la plus intime, pourrait devenir le foyer de fractures sanitaires et sociales profondes.</strong></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <a class="link" href="https://www.veillemag.com/www.sicafi.eu" target="_blank"><img alt="Source" class="not-responsive" src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/85461609-60919147.jpg?v=1736587492" title="Source" /></a>   <div class="legende legende_60919147"><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/jean-marie-carrara/?originalSubdomain=be" target="_blank">Source</a> </div>    <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote>  <div style="margin-left: 80px;">Né en 1958 à Rabat (Maroc), Jean-Marie CARRARA a effectué toutes ses études à Lille (France). D’abord attiré par la santé de l’Homme, il devient Docteur en Pharmacie et diplômé de Biologie Humaine. <br />  Comme la santé des entreprises et des organisations sont essentielles pour l’Homme, il compléta sa formation par un DESS d’Administration des Entreprises et un DESS de Finance et de Fiscalité Internationales. <br />  Il est auditeur en Intelligence Economique et Stratégique à l'Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (JHEDN) <br />  <a class="link" href="https://sicafi.eu/" target="_blank">Source</a>  <a class="link" href="https://www.sicafi.eu" target="_blank">www.sicafi.eu</a>  <br />  Contact mail : <a class="link" href="https://sicafi.eu/">info@sicafi.eu</a> </div>  </blockquote>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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