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 <title>www.veillemag.com</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></subtitle>
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 <updated>2026-05-02T00:05:57+02:00</updated>
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   <title>Descalzi et le retour du réel. Quand l’énergie rappelle à l’Europe le prix de la souveraineté</title>
   <updated>2026-04-15T11:04:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Descalzi-et-le-retour-du-reel-Quand-l-energie-rappelle-a-l-Europe-le-prix-de-la-souverainete_a7393.html</id>
   <category term="Géopolitique" />
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   <published>2026-04-15T10:15:00+02:00</published>
   <author><name>Giuseppe Gagliano</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La guerre au Moyen-Orient rappelle brutalement à l’Europe ce qu’elle avait voulu oublier : avant les normes et les objectifs climatiques, il y a la réalité physique des ressources. Les propos de Claudio Descalzi sonnent comme un rappel à l’ordre : l’énergie n’est pas un principe moral, mais une matière première dont la rareté peut faire vaciller une économie entière. Et c'est aussi une leçon sévère pour une Europe qui, ces dernières années, a souvent confondu réglementation et souveraineté.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/96054207-67015574.jpg?v=1776243843" alt="Descalzi et le retour du réel. Quand l’énergie rappelle à l’Europe le prix de la souveraineté" title="Descalzi et le retour du réel. Quand l’énergie rappelle à l’Europe le prix de la souveraineté" />
     </div>
     <div>
      <blockquote>*&nbsp;<a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Claudio_Descalzi" target="_blank">Claudio Descalzi</a>, né en 1955 à Milan, est le PDG d’<a class="link" href="https://en.wikipedia.org/wiki/Eni" target="_blank">Eni</a>  depuis 2014. Ingénieur de formation, il a gravi tous les échelons du groupe depuis 1981, devenant l’un des dirigeants les plus influents du secteur énergétique. Membre de Confindustria et figure clé des débats européens sur l’énergie, il est reconnu pour son pragmatisme stratégique dans un contexte géopolitique tendu.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quand l'idéologie énergétique se heurte à la guerre</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Il y a une phrase, dans les propos de Claudio Descalzi, qui révèle mieux que toute autre la nature du moment européen : ce ne sont plus les prix qui comptent, ce sont les volumes. C'est une phrase brutale, presque élémentaire, et c'est précisément pour cela qu'elle est décisive. Pendant des années, l'Europe a raisonné sur l'énergie comme s'il s'agissait d'une matière que l'on pouvait gouverner uniquement par des normes, des sanctions, des objectifs climatiques et des déclarations politiques. Mais la guerre, surtout lorsqu'elle frappe le Golfe persique et le détroit d'Hormuz, réintroduit avec violence une vérité que le continent avait tenté d'effacer : avant la transition, avant les choix éthiques, il y a la question de la disponibilité physique des ressources.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Les affirmations de Descalzi ne paraissent paradoxales qu'à ceux qui continuent à lire la crise actuelle avec les catégories du temps de paix. En réalité, elles ne le sont pas. Elles constituent la reconnaissance tardive d'une réalité déjà installée. Si le détroit d'Hormuz est fermé, ou même simplement déstabilisé sur le plan militaire, ce n'est pas seulement une route commerciale qui se trouve interrompue : c'est l'un des piliers de l'économie mondiale qui vacille. Ce n'est pas un hasard si Descalzi parle de l'événement le plus important des quarante dernières années. Exagère-t-il ? Peut-être dans le ton, mais pas sur le fond. <br />  Car nous ne sommes pas face à un simple choc des prix : nous sommes face à la possibilité concrète d'une rupture structurelle entre l'offre et la demande à l'échelle mondiale.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Le tabou russe revient au centre</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">C'est dans ce contexte qu'il faut situer la proposition la plus controversée : suspendre l'interdiction européenne sur le gaz russe prévue pour 2027. Présentée ainsi, elle ressemble à une provocation politique. En réalité, c'est quelque chose de plus inconfortable : l'aveu que l'Europe n'a pas encore construit un système énergétique capable de résister à une crise simultanée sur plusieurs fronts. Le continent a réduit sa dépendance à l'égard de Moscou, mais il ne l'a pas remplacée par une véritable autonomie. Il s'est contenté de redistribuer ses dépendances, en les déplaçant ailleurs : vers le gaz naturel liquéfié, vers les fournisseurs africains, vers les États-Unis, vers des chaînes logistiques plus longues, plus coûteuses et plus exposées au risque géopolitique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">C'est là que réside toute la paradoxe de la situation. L'Europe a voulu présenter l'abandon du gaz russe comme une preuve de force morale et stratégique, mais elle découvre aujourd'hui que la question n'est pas seulement de savoir à qui acheter, mais de savoir si les volumes nécessaires existent réellement, si les infrastructures sont adaptées et si la capacité industrielle permet de tenir dans une guerre énergétique prolongée. La proposition de Descalzi ne naît donc ni d'une nostalgie du passé ni de sympathies géopolitiques. Elle naît du fait que la réalité, lorsqu'elle se radicalise, oblige à réviser même les interdictions proclamées comme irréversibles.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le point le plus grave : non pas le gaz, mais les carburants</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">L'aspect le plus intéressant du raisonnement de Descalzi est ailleurs. Sur le gaz, du moins pour l'Italie, la question reste encore relativement gérable grâce à la diversification des approvisionnements. Le point critique concerne plutôt le carburant pour les avions et le gazole. Ici apparaît une vulnérabilité que l'Europe a fabriquée de ses propres mains : la fermeture de dizaines de raffineries a érodé sa capacité à transformer le pétrole brut en produits essentiels à la mobilité civile, au transport de marchandises et à la logistique. <strong>En d'autres termes, l'Europe ne souffre pas seulement parce qu'elle importe de l'énergie ; elle souffre parce qu'elle a affaibli sa capacité à la transformer.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">C'est là le véritable nœud géoéconomique. Une puissance industrielle peut survivre à des prix élevés ; elle survit beaucoup plus difficilement à la rareté physique de produits stratégiques. Si six cents stations-service restent sans gazole au cours d'un week-end, le signal n'est pas anecdotique. C'est le symptôme d'un système qui s'approche de sa limite. Et lorsque cette limite est atteinte dans le gazole et dans le carburant aérien, le risque n'est plus seulement l'inflation. C'est la désarticulation de la circulation économique. Marchandises, transports, approvisionnements, chaînes logistiques : tout commence à ralentir.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Hormuz et la guerre des goulets d'étranglement</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le détroit d'Hormuz est le goulet d'étranglement géopolitique par excellence : un passage étroit par lequel transite une part décisive de la richesse mondiale. Celui qui en contrôle le trafic, ou même seulement la sécurité, frappe bien au-delà des marchés énergétiques. Il frappe la confiance, la logistique, les anticipations, les primes d'assurance, la capacité des États à planifier. Si l'on ajoute à cela un blocus naval qui retire du marché le pétrole iranien, la tension se transforme en compétition directe pour les cargaisons disponibles. Ce n'est plus le marché qui décide de manière ordonnée. C'est la course à l'accaparement.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Ici, Claudio Descalzi saisit un point essentiel : dans la phase extrême de la crise, le prix financier devient presque secondaire par rapport au prix réel de la disponibilité. <strong>Le pétrole va là où l'on paie le plus et là où le contrat est signé le plus vite.</strong> La finance continue à coter, mais le pouvoir revient entre les mains de ceux qui contrôlent les flux physiques. C'est la victoire du matériel sur le virtuel. Et c'est aussi une leçon sévère pour une Europe qui, ces dernières années, a souvent confondu réglementation et souveraineté.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La récession comme instrument de rééquilibrage</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto"><strong>Le passage le plus inquiétant du tableau est sans doute le dernier. Si la fermeture d'Hormuz se prolonge, la seule manière de rééquilibrer un marché privé de volumes suffisants est de détruire la demande. C'est-à-dire ralentir l'économie. C'est-à-dire entrer en récession. En ce sens, la crise énergétique ne serait plus seulement une conséquence de la guerre : elle deviendrait un instrument implicite de réorganisation des consommations et des rapports de force économiques. C'est ce que les ministres italiens commencent à évoquer avec prudence, mais que le langage de Descalzi laisse déjà clairement entrevoir.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Et c'est précisément ici que tombe la dernière illusion européenne. Pendant des années, on a pensé que la sécurité économique n'était qu'une conséquence de la sécurité militaire garantie par d'autres. Aujourd'hui, on découvre au contraire que l'énergie, le raffinage, les routes maritimes et les approvisionnements font partie intégrante de la guerre elle-même. Descalzi, avec le réalisme souvent dérangeant de l'industriel, s'est contenté de dire que l'Europe ne peut pas affronter une crise historique avec des instruments idéologiques. Cela peut plaire ou déplaire. Mais la question n'est pas la cohérence morale du discours. La question est que la guerre, comme toujours, redonne toute sa valeur au principe le plus ancien de la politique : survit celui qui dispose des ressources nécessaires pour tenir.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources </b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div><a class="link" href="https://www.reuters.com/business/energy/eu-should-reconsider-its-plans-ban-imports-russian-gas-eni-ceo-says-2026-04-13/" target="_blank">https://www.reuters.com/business/energy/eu-should-reconsider-its-plans-ban-imports-russian-gas-eni-ceo-says-2026-04-13/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/china/us-military-enforce-blockade-gulf-oman-arabian-sea-note-seafarers-2026-04-13/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/china/us-military-enforce-blockade-gulf-oman-arabian-sea-note-seafarers-2026-04-13/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/restoring-traffic-strait-hormuz-is-paramount-importance-von-der-leyen-says-2026-04-13/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/restoring-traffic-strait-hormuz-is-paramount-importance-von-der-leyen-says-2026-04-13/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/middle-east/what-does-us-naval-blockade-iran-mean-oil-flows-2026-04-13/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/middle-east/what-does-us-naval-blockade-iran-mean-oil-flows-2026-04-13/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/business/energy/oil-tankers-steer-clear-hormuz-ahead-us-blockade-2026-04-13/" target="_blank">https://www.reuters.com/business/energy/oil-tankers-steer-clear-hormuz-ahead-us-blockade-2026-04-13/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://energy.ec.europa.eu/strategy/repowereu-phase-out-russian-energy-imports_en" target="_blank">https://energy.ec.europa.eu/strategy/repowereu-phase-out-russian-energy-imports_en</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://energy.ec.europa.eu/news/eu-takes-next-step-towards-energy-independence-russia-2026-02-02_en" target="_blank">https://energy.ec.europa.eu/news/eu-takes-next-step-towards-energy-independence-russia-2026-02-02_en</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.eia.gov/international/content/analysis/special_topics/World_Oil_Transit_Chokepoints/" target="_blank">https://www.eia.gov/international/content/analysis/special_topics/World_Oil_Transit_Chokepoints/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.eia.gov/todayinenergy/detail.php?id=65584" target="_blank">https://www.eia.gov/todayinenergy/detail.php?id=65584</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de l'auteur</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/giuseppe-gagliano-60785235/?originalSubdomain=it" target="_blank"><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span></a>  a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis). Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/christian-harbulot-a56b2912/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Christian Harbulot</a>, (EGE). <br />  Il collabore avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">Iassp de Milan</a>. <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <br />  #Europe #SouveraineteEnergetique #CriseEnergetique #ClaudioDescalzi #Eni #GeopolitiqueEnergie #DetroitHormuz #TransitionEnergetique #GuerreMoyenOrient #MarchesEnergetiques #News&nbsp;#Geopolitique
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  </entry>
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   <title>La reddition inconditionnelle et la fin de la politique</title>
   <updated>2026-03-14T15:36:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/La-reddition-inconditionnelle-et-la-fin-de-la-politique_a7161.html</id>
   <category term="Géopolitique" />
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   <published>2026-03-07T11:21:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Lorsque Donald Trump affirme que la seule issue acceptable à la guerre est la « reddition inconditionnelle » de l'Iran, il franchit un seuil qui change la nature même du conflit. Ce n'est plus le langage d'une pression destinée à ouvrir une négociation. C'est le langage de la guerre absolue, celui dans lequel l'objectif n'est plus de modifier le comportement de l'adversaire, mais de briser son régime, de vider sa souveraineté et d'imposer de l'extérieur un nouvel ordre politique.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/95149662-66628187.jpg?v=1772878865" alt="La reddition inconditionnelle et la fin de la politique" title="La reddition inconditionnelle et la fin de la politique" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le premier effet : fermer l'espace diplomatique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Une telle formule produit un effet immédiat : elle réduit presque à néant l'espace d'une médiation. Si la condition posée par Washington est la reddition, Téhéran ne peut l'accepter sans signer sa propre dissolution politique. C'est pourquoi la phrase de Trump ne doit pas être lue comme une simple démonstration de force, mais comme une fermeture stratégique. Elle expulse le conflit du champ du compromis pour le transférer sur le terrain de la guerre d'usure, où la négociation compte moins que la capacité à encaisser et à durer.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le deuxième effet : l'élargissement des objectifs de guerre</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Sur le plan militaire, l'idée de reddition inconditionnelle tend presque inévitablement à élargir la cible. S'il ne s'agit plus seulement de neutraliser des missiles, des sites nucléaires ou des capacités navales, alors le conflit glisse vers une logique de paralysie systémique : commandement politique, infrastructures, appareils de sécurité, réseaux économiques, cohésion interne. Dès lors, la guerre cesse d'être limitée. Elle devient une entreprise visant à désarticuler un État dans son ensemble.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le troisième effet : renforcer la cohésion du régime iranien</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">C'est l'un des paradoxes classiques de l'histoire stratégique. Menacer un adversaire de reddition inconditionnelle peut l'affaiblir matériellement, mais souvent le renforcer politiquement à l'intérieur. Car cela transforme le conflit en guerre existentielle. Une partie de la population qui conteste éventuellement le régime peut se rallier à lui dès lors qu'elle perçoit que l'objectif extérieur n'est pas une concession, mais une humiliation nationale. Plus Washington élève donc l'enjeu jusqu'à la capitulation totale, plus il offre à Téhéran le récit idéal de la résistance patriotique.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le quatrième effet : entraîner la région dans une guerre plus longue</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le conflit ne reste pas enfermé dans les frontières iraniennes. Il déborde au Liban, dans le Golfe, sur les routes maritimes et dans l'ensemble des équilibres régionaux. Plus la Maison-Blanche parle de reddition, plus les acteurs voisins comprennent qu'il ne s'agit pas de préparer une désescalade, mais d'entrer dans une phase plus dure, plus longue et plus incertaine. Une guerre pensée en termes de capitulation totale n'ouvre pas la voie à une sortie de crise. Elle prépare au contraire une montée supplémentaire des coûts humains, politiques et économiques.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le cadre politique américain</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Il faut aussi observer la scène intérieure des États-Unis. Le président ne parle pas ici comme un dirigeant paralysé ou isolé, mais comme un chef d'État qui estime disposer encore d'une marge politique et militaire suffisante pour pousser plus loin l'escalade. La formule de la reddition inconditionnelle sert donc aussi à imposer un cadre mental au débat américain : il ne s'agirait plus de contenir une guerre, mais de la mener jusqu'à une victoire complète. C'est un glissement fondamental, parce qu'il modifie la manière dont l'opinion, les institutions et les alliés perçoivent les buts réels de Washington.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'implication géoéconomique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Chaque jour supplémentaire de guerre régionale accroît la pression sur les marchés de l'énergie, les chaînes logistiques, les assurances maritimes et la stabilité des échanges. Une guerre conçue autour de la reddition de l'adversaire n'est pas compatible avec une normalisation rapide. Elle nourrit au contraire l'incertitude durable et transforme le Golfe, ses détroits et ses infrastructures en multiplicateurs de risque global. Il ne s'agit donc pas seulement d'un problème militaire. Il s'agit d'un choc géoéconomique potentiellement profond pour l'Europe, l'Asie et l'économie mondiale.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le point final</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La phrase de Trump n'est pas seulement brutale. Elle est révélatrice. Elle signifie que Washington ne cherche plus une issue politiquement soutenable pour les deux camps, mais une conclusion hiérarchique, dans laquelle l'un gagne et l'autre capitule. Or les guerres de cette nature sont toujours plus faciles à proclamer qu'à terminer. Car lorsqu'on fixe comme objectif la reddition inconditionnelle, on cesse de faire de la politique pour tout miser sur la destruction, l'effondrement ou la peur. Et c'est généralement à ce moment-là que les guerres cessent d'être contrôlables.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/us/trump-says-there-will-be-no-deal-with-iran-except-unconditional-surrender-2026-03-06/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/us/trump-says-there-will-be-no-deal-with-iran-except-unconditional-surrender-2026-03-06/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/middle-east/trump-urges-iranian-kurds-attack-iran-war-widens-2026-03-06/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/middle-east/trump-urges-iranian-kurds-attack-iran-war-widens-2026-03-06/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/middle-east/one-week-into-iran-war-dangers-us-trump-multiply-2026-03-07/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/middle-east/one-week-into-iran-war-dangers-us-trump-multiply-2026-03-07/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://apnews.com/article/d347fd6a03185f51d670bf4e7cbf5373" target="_blank">https://apnews.com/article/d347fd6a03185f51d670bf4e7cbf5373</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.theguardian.com/world/2026/mar/06/us-israel-threaten-major-escalation-airstrikes-iran-lebanon" target="_blank">https://www.theguardian.com/world/2026/mar/06/us-israel-threaten-major-escalation-airstrikes-iran-lebanon</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/giuseppe-gagliano-60785235/?originalSubdomain=it" target="_blank"><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span></a>  a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis). Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/christian-harbulot-a56b2912/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Christian Harbulot</a>, (EGE). <br />  Il collabore avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">Iassp de Milan</a>. <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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