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 <title>www.veillemag.com</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-18T20:26:04+02:00</updated>
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   <title>L'Héritage des Titans : Comment Trump, Poutine et Xi Forgent un Ordre Mondial Multipolarisé à l'Horizon 2030</title>
   <updated>2025-12-10T11:17:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/L-Heritage-des-Titans-Comment-Trump-Poutine-et-Xi-Forgent-un-Ordre-Mondial-Multipolarise-a-l-Horizon-2030_a6705.html</id>
   <category term="Intelligence des risques" />
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   <published>2025-12-10T09:00:00+01:00</published>
   <author><name>David Commarmond</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le 27 novembre dernier s’est tenu au Sénat un Dîner débat intitulé « La planète sous tension : entre guerre froide et guerres chaudes », organisée par le Think Tank LIBERTÉ & PROSPECTIVE ». L'événement a réuni plusieurs intervenants de renom pour discuter de la situation actuelle, marquée par des guerres et des recompositions de puissances, ainsi que par la remise en cause de l'ordre international libéral :     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/93058479-65099727.jpg?v=1765105412" alt="L'Héritage des Titans : Comment Trump, Poutine et Xi Forgent un Ordre Mondial Multipolarisé à l'Horizon 2030" title="L'Héritage des Titans : Comment Trump, Poutine et Xi Forgent un Ordre Mondial Multipolarisé à l'Horizon 2030" />
     </div>
     <div>
      L'analyse de ces experts confirme que la planète est sous tension, avec un climat géopolitique délétère où l'ordre mondial, tel qu'il s'est construit après la Seconde Guerre mondiale, est « presque méconnaissable ». <br />  &nbsp; <br />  Cet événement explore comment l'héritage de figures majeures comme Donald Trump, Vladimir Poutine et Xi Jinping est en train de forger un nouvel ordre mondial multipolarisé, caractérisé par une compétition stratégique exacerbée et des menaces croissantes à l'horizon 2030. <br />  &nbsp; <br />  <strong>L'horizon 2030 ne marque pas la fin d'un cycle, mais l'accélération brutale d'une phase de transformation initiée par trois figures politiques majeures </strong>: Donald Trump, Vladimir Poutine et Xi Jinping. Le système international édifié après la Seconde Guerre mondiale sera "presque méconnaissable". Les forces motrices sont la mondialisation, les changements démographiques, et surtout l'ascension de nouvelles puissances qui contestent l'ordre occidental libéral. L'héritage combiné de ces leaders se cristallise autour d'une intensification de la compétition géopolitique, d'une rupture technologique et d'une déstabilisation des cadres démocratiques traditionnels. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Le Démantèlement de l'Hégémonie Américaine (Trump)</strong> <br />  La perspective d'un second mandat de Donald Trump, amorcé en janvier 2025, est analysée comme une séquence politique de rupture. Ses actions visent une transformation radicale du régime américain, remettant en cause la séparation des pouvoirs et l'État de droit. L'administration Trump adopte une "politique étrangère agressive et déstabilisatrice", caractérisée par un unilatéralisme agressif et des visées prédatrices. <br />  &nbsp; <br />  Sur le plan économique, le virage protectionniste se traduit par de nouvelles guerres tarifaires. L'Union Européenne est explicitement désignée comme un "adversaire déloyal", et les tensions commerciales ravivées au début de 2025 ont fait l'objet de communications accrues de la BCE. Le projet politique américain, inspiré par des idéologies telles que le "<a class="link" href="https://www.heritage.org/conservatism/commentary/project-2025" target="_blank">Projet 2025</a>  " et le "Dark Enlightenment", cherche à consolider le pouvoir de l'exécutif. <br />  &nbsp; <br />  L'impact le plus profond concerne l'Alliance atlantique (OTAN) : le rapprochement et l'alignement avec Moscou sur des positions russes marquent une rupture sans précédent. L'objectif russe de "tester l’article 5" du Traité de l'Atlantique Nord pourrait être facilité par un pouvoir américain qui se révélerait "neutre". Face à cette menace de "découplage", les alliés traditionnels, dont l'Europe, sont contraints d'accélérer la recherche d'une autonomie stratégique et de renforcer leurs capacités militaires et technologiques. <br />  <style type="text/css">p { color: #000000; line-height: 115%; orphans: 2; widows: 2; margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; background: transparent }p.western { font-family: "Liberation Serif", "Times New Roman", serif; font-size: 12pt; so-language: fr-FR }p.cjk { font-family: "Noto Serif CJK SC"; font-size: 12pt; so-language: zh-CN }p.ctl { font-family: "Lohit Devanagari"; font-size: 12pt; so-language: hi-IN }  </style>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La Russie : menace militaire et guerre informationnelle </b></div>
     <div>
      L'héritage de Vladimir Poutine s'inscrit dans un révisionnisme persistant, visant le rétablissement du statut de grande puissance de la Russie. Moscou accentue les tensions, notamment en Europe, en utilisant des moyens de guerre "infra-militaires". <br />  &nbsp; <br />  L'horizon 2030 est un jalon stratégique majeur : il correspond à la date annoncée de l’aboutissement du redressement militaire russe, avec l'objectif de disposer d'une force d’1,5 million d’hommes. <br />  &nbsp; <br />  La Russie déploie une guerre hybride, qui vise à manipuler les informations et les populations. Les conflits sont menés dans l'espace informationnel, où la manipulation et la désinformation sont essentielles pour influencer l'opinion publique et affaiblir les démocraties occidentales. Les "fermes à trolls" (comme l'Internet Research Agency, attribuée à un proche de Poutine) et les tactiques d'ingérence numérique visent à catalyser le mécontentement et à déstabiliser les fondements du système politique européen. <br />  &nbsp; <br />  La Russie intensifie également l'usage d'outils cybernétiques pour les conflits futurs. La vulnérabilité des infrastructures critiques, telles que les câbles sous-marins de communication (qui sont des cibles de guerre ou d'espionnage à grande échelle) et les systèmes satellitaires (comme l'attaque subie en Ukraine), est un enjeu majeur. <br />  <style type="text/css">p { color: #000000; line-height: 115%; orphans: 2; widows: 2; margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; background: transparent }p.western { font-family: "Liberation Serif", "Times New Roman", serif; font-size: 12pt; so-language: fr-FR }p.cjk { font-family: "Noto Serif CJK SC"; font-size: 12pt; so-language: zh-CN }p.ctl { font-family: "Lohit Devanagari"; font-size: 12pt; so-language: hi-IN }strong { font-weight: bold }  </style>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La Chine : L'ascension technologique et le modèle alternatif</b></div>
     <div>
      <strong>Sous Xi Jinping, la République Populaire de Chine (RPC) a un objectif clair </strong>: s’affirmer comme une superpuissance mondiale et devenir la première puissance mondiale. L'influence chinoise s'exerce par un modèle de "capitalisme d'État" qui remet en question le modèle libéral occidental. <br />  &nbsp; <br />  La Chine est engagée dans une course pour la domination technologique d'ici 2030, investissant massivement dans les technologies du futur (IA, 5G, quantique). Bien que l'Europe investisse également dans l'IA, l'écart avec les États-Unis et la RPC reste considérable. <br />  &nbsp; <br />  La stratégie d'influence chinoise est globale et numérique. La RPC cherche à être le leader mondial des infrastructures numériques (câbles sous-marins, 5G) et utilise ses initiatives commerciales comme les Nouvelles Routes de la Soie (BRI) pour bousculer l’ordre établi et étendre son rôle stratégique. La Chine utilise également des méthodes agressives de cyber-influence, incluant des "fermes à trolls" et de faux comptes pour manipuler l'opinion. <br />  &nbsp; <br />  Le paysage mondial issu de ces trois héritages est un monde plus contesté, où la compétition stratégique est exacerbée. Ce contexte d’incertitude, accentué par les menaces de mercantilisme économique et de déstabilisation cybernétique, force les autres nations, et en particulier l'Europe, à une mobilisation collective urgente. Pour l'Europe, l'enjeu est de construire un modèle d'IA unique au monde, fondé sur ses valeurs et capable de renforcer son autonomie stratégique ouverte.  <p align="left" class="western" style="line-height: 100%; margin-bottom: 0cm">&nbsp; <br />  <style type="text/css">p { color: #000000; line-height: 115%; orphans: 2; widows: 2; margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; background: transparent }p.western { font-family: "Liberation Serif", "Times New Roman", serif; font-size: 12pt; so-language: fr-FR }p.cjk { font-family: "Noto Serif CJK SC"; font-size: 12pt; so-language: zh-CN }p.ctl { font-family: "Lohit Devanagari"; font-size: 12pt; so-language: hi-IN }  </style>   <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A voir et à écouter</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/fUEU8xOlnLg?si=XLQpBDWhv_oHSiIF" title="YouTube video player" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>     </div>
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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  <entry>
   <title>Une guerre froide façonnée par la désinformation. Par Giuseppe Gagliano</title>
   <updated>2025-10-13T11:38:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Une-guerre-froide-faconnee-par-la-desinformation-Par-Giuseppe-Gagliano_a6462.html</id>
   <category term="Communication &amp; Influence" />
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   <published>2025-10-13T11:15:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Fuites, think tanks et groupes de hackers alimentent un brouillard médiatique où la crédibilité des grandes marques d’information devient une arme stratégique, brouillant la frontière entre renseignement, propagande et journalisme. Quand le récit prend le pas sur le fait, le risque de calcul stratégique erroné augmente.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/91728540-64403565.jpg?v=1760348244" alt="Une guerre froide façonnée par la désinformation. Par Giuseppe Gagliano" title="Une guerre froide façonnée par la désinformation. Par Giuseppe Gagliano" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quand la crédibilité médiatique devient un instrument stratégique</b></div>
     <div>
      <p style="margin-left: 40px;">Nous sommes désormais entrés dans une phase du système international où la brume informationnelle n'est plus accidentelle mais fabriquée. Ce qui est présenté comme une « nouvelle guerre froide » n'est pas tant le produit de mouvements stratégiques tangibles que celui d'un écosystème médiatique structuré par des fuites d'agences de renseignement, des groupes de hackers opaques et des marques médiatiques occidentales capables de transformer une rumeur en vérité perçue. <br />    <p style="margin-left: 40px;">Deux affaires récentes l'illustrent clairement : l'accusation selon laquelle la Chine aurait fourni un appui satellitaire à la Russie en Ukraine et l'histoire d'un entraînement russe à une invasion amphibie de Taïwan. Dans les deux cas, le schéma est identique : des fuites issues des services ukrainiens, relayées par des sources anonymes ou des groupes de hackers aux contours indéfinis, puis amplifiées par des médias majeurs. <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>RUSI : une indépendance toute relative</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Un acteur central de la seconde affaire est (RUSI), think tank londonien fondé en 1831. <br />  Officiellement indépendant, il entretient des liens structurels et financiers étroits avec le gouvernement britannique, le ministère de la Défense et, via ses partenariats, avec les agences américaines. Dans les faits, il s'agit moins d'un observateur neutre que d'un relais de narrations stratégiques occidentales. Publier sous la bannière du RUSI confère une autorité immédiate, même lorsque les données à la base sont invérifiables.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Black Moon : un groupe de hackers ou un outil d'influence ?</b></div>
     <div>
      <p style="margin-left: 40px;">Le groupe de hackers « Black Moon », mentionné dans le rapport du RUSI, est encore plus nébuleux. Présenté comme un réseau décentralisé qui s'attaque à des systèmes russes pour exposer des documents classifiés, il agit dans l'ombre et aligne ses objectifs sur les priorités stratégiques ukrainiennes. Cette combinaison d'opacité, d'activisme ciblé et de timing politique correspond parfaitement au profil d'un instrument d'influence indirect, utilisé pour nourrir certaines narrations géopolitiques. <br />    <p style="margin-left: 40px;">Même si certains documents sont authentiques, leur sélection et leur diffusion peuvent servir une stratégie bien déterminée. Ce mécanisme classique est amplifié par la crédibilité de grands médias : Reuters reconnaît ne pas avoir vérifié les allégations sur les satellites chinois ; CNN admet ne pas avoir confirmé les documents liés à Taïwan. Mais l'histoire est tout de même diffusée, car la marque médiatique remplace la preuve. <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un climat psychologique façonné pour la confrontation</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Cette construction narrative prépare l'opinion occidentale à une confrontation stratégique avec la Chine et la Russie. Elle crée un environnement psychologique où des décisions lourdes — augmentation des budgets militaires, alignement stratégique renforcé, acceptation de restrictions économiques ou sécuritaires — deviennent politiquement plus faciles à faire accepter. <br />  <strong>C'est une mécanique bien connue des périodes de guerre froide : transformer une menace floue en réalité ressentie.</strong></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La vérité reléguée au second plan</b></div>
     <div>
      <p style="margin-left: 40px;">Dans un monde fragmenté en blocs rivaux, la possibilité d'une autorité épistémique réellement indépendante s'amenuise. Chaque source devient suspecte, chaque récit une arme potentielle. L'opacité des groupes comme Black Moon et l'ancrage structurel d'institutions comme le RUSI illustrent cette dilution des frontières entre renseignement, propagande et journalisme. <br />    <p style="margin-left: 40px;">Quand le récit prend le pas sur le fait, le risque de calcul stratégique erroné augmente considérablement. C'est cela, le vrai danger de cette « nouvelle guerre froide » : non seulement la confrontation entre États, mais aussi l'érosion progressive de notre capacité collective à distinguer le vrai, le plausible et le fabriqué. <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de Giuseppe Gagliano</b></div>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Une guerre froide façonnée par la désinformation. Par Giuseppe Gagliano</title>
   <updated>2025-11-09T14:47:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Une-guerre-froide-faconnee-par-la-desinformation-Par-Giuseppe-Gagliano_a6559.html</id>
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   <published>2025-10-13T11:15:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
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    <![CDATA[
Fuites, think tanks et groupes de hackers alimentent un brouillard médiatique où la crédibilité des grandes marques d’information devient une arme stratégique, brouillant la frontière entre renseignement, propagande et journalisme. Quand le récit prend le pas sur le fait, le risque de calcul stratégique erroné augmente.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/92424597-64812436.jpg?v=1760348244" alt="Une guerre froide façonnée par la désinformation. Par Giuseppe Gagliano" title="Une guerre froide façonnée par la désinformation. Par Giuseppe Gagliano" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quand la crédibilité médiatique devient un instrument stratégique</b></div>
     <div>
      <p style="margin-left: 40px;">Nous sommes désormais entrés dans une phase du système international où la brume informationnelle n'est plus accidentelle mais fabriquée. Ce qui est présenté comme une « nouvelle guerre froide » n'est pas tant le produit de mouvements stratégiques tangibles que celui d'un écosystème médiatique structuré par des fuites d'agences de renseignement, des groupes de hackers opaques et des marques médiatiques occidentales capables de transformer une rumeur en vérité perçue. <br />    <p style="margin-left: 40px;">Deux affaires récentes l'illustrent clairement : l'accusation selon laquelle la Chine aurait fourni un appui satellitaire à la Russie en Ukraine et l'histoire d'un entraînement russe à une invasion amphibie de Taïwan. Dans les deux cas, le schéma est identique : des fuites issues des services ukrainiens, relayées par des sources anonymes ou des groupes de hackers aux contours indéfinis, puis amplifiées par des médias majeurs. <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>RUSI : une indépendance toute relative</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Un acteur central de la seconde affaire est (RUSI), think tank londonien fondé en 1831. <br />  Officiellement indépendant, il entretient des liens structurels et financiers étroits avec le gouvernement britannique, le ministère de la Défense et, via ses partenariats, avec les agences américaines. Dans les faits, il s'agit moins d'un observateur neutre que d'un relais de narrations stratégiques occidentales. Publier sous la bannière du RUSI confère une autorité immédiate, même lorsque les données à la base sont invérifiables.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Black Moon : un groupe de hackers ou un outil d'influence ?</b></div>
     <div>
      <p style="margin-left: 40px;">Le groupe de hackers « Black Moon », mentionné dans le rapport du RUSI, est encore plus nébuleux. Présenté comme un réseau décentralisé qui s'attaque à des systèmes russes pour exposer des documents classifiés, il agit dans l'ombre et aligne ses objectifs sur les priorités stratégiques ukrainiennes. Cette combinaison d'opacité, d'activisme ciblé et de timing politique correspond parfaitement au profil d'un instrument d'influence indirect, utilisé pour nourrir certaines narrations géopolitiques. <br />    <p style="margin-left: 40px;">Même si certains documents sont authentiques, leur sélection et leur diffusion peuvent servir une stratégie bien déterminée. Ce mécanisme classique est amplifié par la crédibilité de grands médias : Reuters reconnaît ne pas avoir vérifié les allégations sur les satellites chinois ; CNN admet ne pas avoir confirmé les documents liés à Taïwan. Mais l'histoire est tout de même diffusée, car la marque médiatique remplace la preuve. <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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     </div>
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     <div><b>Un climat psychologique façonné pour la confrontation</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Cette construction narrative prépare l'opinion occidentale à une confrontation stratégique avec la Chine et la Russie. Elle crée un environnement psychologique où des décisions lourdes — augmentation des budgets militaires, alignement stratégique renforcé, acceptation de restrictions économiques ou sécuritaires — deviennent politiquement plus faciles à faire accepter. <br />  <strong>C'est une mécanique bien connue des périodes de guerre froide : transformer une menace floue en réalité ressentie.</strong></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La vérité reléguée au second plan</b></div>
     <div>
      <p style="margin-left: 40px;">Dans un monde fragmenté en blocs rivaux, la possibilité d'une autorité épistémique réellement indépendante s'amenuise. Chaque source devient suspecte, chaque récit une arme potentielle. L'opacité des groupes comme Black Moon et l'ancrage structurel d'institutions comme le RUSI illustrent cette dilution des frontières entre renseignement, propagande et journalisme. <br />    <p style="margin-left: 40px;">Quand le récit prend le pas sur le fait, le risque de calcul stratégique erroné augmente considérablement. C'est cela, le vrai danger de cette « nouvelle guerre froide » : non seulement la confrontation entre États, mais aussi l'érosion progressive de notre capacité collective à distinguer le vrai, le plausible et le fabriqué. <br />  
     </div>
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     <div><b>A propos de Giuseppe Gagliano</b></div>
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