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 <title>www.veillemag.com</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></subtitle>
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 <updated>2026-09-16T05:55:40+02:00</updated>
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   <title>Relier théorie et terrain : la veille comme école du réel. Entretien avec Lisa Ferreira Gaspar.</title>
   <updated>2025-12-14T10:22:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Relier-theorie-et-terrain-la-veille-comme-ecole-du-reel-Entretien-avec-Lisa-Ferreira-Gaspar_a6718.html</id>
   <category term="Personnalités" />
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   <published>2025-12-13T11:54:00+01:00</published>
   <author><name>David Commarmond</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Portée par une passion pour la veille et ses enjeux, Lisa Ferreira Gaspar revient sur une soutenance marquée par l’exigence, la bienveillance et un véritable plaisir d’apprentissage. Accueillie par un jury expert et attentif, elle raconte comment cette première expérience, d’abord source d’anxiété, s’est transformée en un moment d’échange riche, lui permettant de relier théorie, terrain et pratiques professionnelles avec une aisance nouvelle. Entre la France et la Suisse, la relation s’ancre dans une géopolitique de voisinage où neutralité stratégique, interdépendances économiques et coopération sécuritaire dessinent un espace commun de stabilité au cœur de l’Europe. Rencontre.     <div><b>DC : Enchanté Lisa, vous avez soutenu récemment votre Bachelor en Suisse à HES-GE, pouvez-vous nous en parler ?</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/93088849-65113385.jpg?v=1765228106" alt="Relier théorie et terrain : la veille comme école du réel. Entretien avec Lisa Ferreira Gaspar." title="Relier théorie et terrain : la veille comme école du réel. Entretien avec Lisa Ferreira Gaspar." />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>LG</strong> : Merci beaucoup ! Oui, la <a class="link" href="https://www.veillemag.com/L-Etat-des-lieux-de-la-veille-en-Suisse-romande-en-2025-Une-etude-pour-Swissintell-qui-revele-la-necessite-de-la_a6642.html" target="_blank">soutenance</a>  s'est bien passée. J'étais très investie dans ce sujet, car la veille et ses enjeux me passionnent. J'avoue que j'étais initialement assez anxieuse, car c'était ma première expérience de ce type et j'avais peur d'oublier des informations importantes ou de perdre le fil. <br />   <br />  J'ai été très bien accueillie par le jury. Les membres du jury, notamment Hélène Madinier, Stéphanie Hansen, et Monsieur Kilian Cuche (en tant qu'élément neutre ayant une expertise dans la veille), étaient parfaitement familiarisés avec le sujet. Cette familiarité m'a permis d'être plus naturelle dans mon discours et de partager librement mes points de vue et mes ressentis, ce qui a véritablement enrichi ma présentation. <br />   <br />  <strong>L'expérience d'apprentissage a été formidable</strong> : j'ai énormément appris et j'ai beaucoup gagné en richesse de connaissances et de compétences. J'ai eu un plaisir réel à échanger avec les gens, à visiter les institutions lors des entretiens, ce qui m'a permis de transposer les aspects théoriques de mon travail dans la réalité concrète du terrain et du quotidien professionnel. <br />  <style type="text/css">p { color: #000000; line-height: 115%; orphans: 2; widows: 2; margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; background: transparent }p.western { font-family: "Liberation Serif", "Times New Roman", serif; font-size: 12pt; so-language: fr-FR }p.cjk { font-family: "Noto Serif CJK SC"; font-size: 12pt; so-language: zh-CN }p.ctl { font-family: "Lohit Devanagari", "Calibri"; font-size: 12pt; so-language: hi-IN }strong { font-weight: bold }  </style>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>DC : C'est inspirant d'entendre que vous avez transformé cette anxiété en une expérience positive et enrichissante, notamment grâce à un encadrement compréhensif. J'ai cru comprendre que cet accompagnement a été précieux tout au long de votre mandat.</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>LG </strong>: Absolument. J'ai été très bien entourée, en particulier par Stéphanie Haesen et Hélène Madinier, qui ont fait preuve d'une grande compréhension. Il y a eu des moments où je me sentais perdue dans mes analyses, et elles m'ont aidée à me recentrer sur le sujet, ce qui a été très valorisant pour moi. <br />  <style type="text/css">p { color: #000000; line-height: 115%; orphans: 2; widows: 2; margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; background: transparent }p.western { font-family: "Liberation Serif", "Times New Roman", serif; font-size: 12pt; so-language: fr-FR }p.cjk { font-family: "Noto Serif CJK SC"; font-size: 12pt; so-language: zh-CN }p.ctl { font-family: "Lohit Devanagari", "Calibri"; font-size: 12pt; so-language: hi-IN }strong { font-weight: bol  </style>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>DC : Votre travail a manifestement dépassé le simple exercice académique. Quels ont été les éléments clés que vous avez mis en valeur lors de la soutenance, et quelles sont les contributions marquantes qui en découlent ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>LG</strong> : Je me suis concentrée principalement sur les résultats du sondage quantitatif et un bilan critique des 11 entretiens que j'ai menés. Nous avons mis en lumière des éléments très étonnants, notamment le développement prometteur de l'usage de l'Intelligence Artificielle (IA) dans la veille en Suisse romande. <br />  L'élément nouveau qui a été très apprécié lors de la soutenance est la présentation de deux modèles de veille. Ces modèles sont transversaux et adaptables à différents types d'institutions.</div>    <ol>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Le premier modèle répondait à l'objectif principal de mon mandat : proposer un modèle de recommandation adapté aux PME.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Le second modèle, très bien accueilli par le jury, est une adaptation pour les bibliothèques universitaires.</li>  </ol>    <div style="margin-left: 40px;">Ces modèles sont conçus pour être appliqués de manière concrète, que l'on débute dans la veille ou que l'on souhaite développer des aspects spécifiques comme l'évaluation de la performance ou la diffusion. <br />  <style type="text/css">p { color: #000000; line-height: 115%; orphans: 2; widows: 2; margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; background: transparent }p.western { font-family: "Liberation Serif", "Times New Roman", serif; font-size: 12pt; so-language: fr-FR }p.cjk { font-family: "Noto Serif CJK SC"; font-size: 12pt; so-language: zh-CN }p.ctl { font-family: "Lohit Devanagari", "Calibri"; font-size: 12pt; so-language: hi-IN }strong { font-weight: bold }  </style>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>DC : En parlant d'IA, quel rôle lui attribuez-vous dans le domaine de la veille professionnelle aujourd’hui?</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/93088849-65113392.jpg?v=1765623125" alt="Relier théorie et terrain : la veille comme école du réel. Entretien avec Lisa Ferreira Gaspar." title="Relier théorie et terrain : la veille comme école du réel. Entretien avec Lisa Ferreira Gaspar." />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>LG</strong> : Je pense que l'IA est un atout majeur. Je la vois comme un assistant ou un outil de collaboration. Elle permet notamment l'automatisation de certaines tâches et offre un premier bilan analytique pour faire ressortir les éléments les plus percutants. Cependant, je suis une fervente défenseuse de l'analyse humaine : le bilan critique final doit absolument venir de nous. L'IA nous permet de gagner du temps et peut même être une source d'inspiration.</div>  <style type="text/css">p { color: #000000; line-height: 115%; orphans: 2; widows: 2; margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; background: transparent }p.western { font-family: "Liberation Serif", "Times New Roman", serif; font-size: 12pt; so-language: fr-FR }p.cjk { font-family: "Noto Serif CJK SC"; font-size: 12pt; so-language: zh-CN }p.ctl { font-family: "Lohit Devanagari", "Calibri"; font-size: 12pt; so-language: hi-IN }strong { font-weight: bold }  </style>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>DC : Votre travail est si riche qu'il a déjà donné lieu à plusieurs présentations distinctes. Est-ce que cette dynamique se poursuivra ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>LG</strong> : Oui ! D'un seul travail de Bachelor, j'ai réussi à en dériver trois ou quatre initiatives différentes. J'ai présenté les résultats lors de ma soutenance, puis de façon plus synthétique à l'événement Swissintell, et je prévois une autre présentation à l'Université de Genève pour les bibliothèques universitaires. <br />  &nbsp; <br />  Ce qui me rend le plus heureuse, c'est de voir que mon travail puisse vivre et qu'il est utile, et qu'il ne va pas juste « prendre la poussière ». Les modèles que j'ai développés ont été pris en main ici à la Haute École de Gestion, et cela va déboucher sur de nouvelles propositions de sujets, des ateliers et des workshops. <br />  <style type="text/css">p { color: #000000; line-height: 115%; orphans: 2; widows: 2; margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; background: transparent }p.western { font-family: "Liberation Serif", "Times New Roman", serif; font-size: 12pt; so-language: fr-FR }p.cjk { font-family: "Noto Serif CJK SC"; font-size: 12pt; so-language: zh-CN }p.ctl { font-family: "Lohit Devanagari", "Calibri"; font-size: 12pt; so-language: hi-IN }strong { font-weight: bold }  </style>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>DC : Allez vous poursuivre votre étude sous la forme d'un Master ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>LG</strong> : Tout à fait. Après une période de réflexion, je suis décidée à continuer. Mon souhait est de poursuivre avec un Master et de donner une continuité à mon travail. Le fait que nos Bachelor HES (Hautes Écoles Spécialisées) soient très axés sur l'aspect pratique, avec des mandats concrets sur le terrain, facilite cette transition vers un niveau Master où l'on porte davantage sur la réflexion, l'analyse et la création de solutions.</div>  <style type="text/css">p { color: #000000; line-height: 115%; orphans: 2; widows: 2; margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; background: transparent }p.western { font-family: "Liberation Serif", "Times New Roman", serif; font-size: 12pt; so-language: fr-FR }p.cjk { font-family: "Noto Serif CJK SC"; font-size: 12pt; so-language: zh-CN }p.ctl { font-family: "Lohit Devanagari", "Calibri"; font-size: 12pt; so-language: hi-IN }strong { font-weight: bold }  </style>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>DC : Votre étude a souligné la particularité de l'écosystème des PME en Suisse romande, notamment l'absence d'institutionnalisation de l'Intelligence Économique (IE) et une culture du secret. En prenant l'exemple du secteur de l'horlogerie, connu pour son besoin de confidentialité comment ces entreprises d'excellence parviennent-elles à concilier cette culture du secret ou de la discrétion avec l'impératif de la veille stratégique et la transmission du savoir-faire aux futurs jeunes professionnels ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>LG :</strong>&nbsp;Historiquement, la veille et l'IE ne sont pas institutionnalisées en Suisse comme elles le sont en France, ce qui rend difficile l'établissement d'une culture du partage d'information. De plus, certains acteurs associent encore la veille à l'espionnage industriel. <br />   <br />  Cependant, le secteur de l'horlogerie investit grandement dans des dispositifs de veille avancés, notamment pour tout ce qui touche aux brevets et aux nouvelles technologies. Ces activités sont souvent menées par des personnes ayant une carrière confirmée et une grande expérience. L'intégration de la nouvelle génération se fait principalement par des mandats d'apprentissage ou des travaux de Bachelor. Ces projets sont très enrichissants pour les étudiants et l'institution, mais en raison des spécificités du domaine horloger, surtout en R&amp;D, ces mandats sont confidentiels. <br />   <br />  Ces projets représentent un point de communication directe essentiel entre les étudiants et les professionnels du secteur. J'ai d'ailleurs pu constater une énorme richesse en termes de méthodes et d'outils appliqués, ce qui m'a été plus facile à recueillir en assurant que je ne m'intéressais qu'aux méthodes et non au contenu.</div>  &nbsp; <br />  DC&nbsp;: Nous espérons avoir de vos nouvelles très bientôt <a class="link" href="https://www.hesge.ch/heg/ecole/annuaire/lisa-ferreira-gaspar" target="_blank">Lisa</a>. <br />  <style type="text/css">p { color: #000000; line-height: 115%; orphans: 2; widows: 2; margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; background: transparent }p.western { font-family: "Liberation Serif", "Times New Roman", serif; font-size: 12pt; so-language: fr-FR }p.cjk { font-family: "Noto Serif CJK SC"; font-size: 12pt; so-language: zh-CN }p.ctl { font-family: "Lohit Devanagari", "Calibri"; font-size: 12pt; so-language: hi-IN }  </style>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <blockquote><span><a class="link" href="https://www.hesge.ch/heg/ecole/annuaire/lisa-ferreira-gaspar" target="_blank">Lisa Ferreira Gaspar </a>  est diplômée de la Haute école de gestion de Genève (HES‑GE), où elle s’est spécialisée dans la veille stratégique et l’analyse de l’information. Passionnée par les enjeux de renseignement ouvert et de gestion des risques, elle a mené un travail de recherche remarqué, salué lors de sa soutenance. Curieuse, rigoureuse et tournée vers le terrain, elle incarne cette nouvelle génération de professionnels capables de relier méthodologie, intelligence informationnelle et compréhension fine des organisations.</span> <br />  &nbsp;</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Relier-theorie-et-terrain-la-veille-comme-ecole-du-reel-Entretien-avec-Lisa-Ferreira-Gaspar_a6718.html" />
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  <entry>
   <title>L’État des lieux de la veille en Suisse romande en 2025 – Une étude pour Swissintell qui révèle la nécessité de la structuration face à l’IA</title>
   <updated>2025-12-08T22:19:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/L-Etat-des-lieux-de-la-veille-en-Suisse-romande-en-2025-Une-etude-pour-Swissintell-qui-revele-la-necessite-de-la_a6642.html</id>
   <category term="Gouvernance" />
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   <published>2025-12-09T09:00:00+01:00</published>
   <author><name>David Commarmond</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans un contexte où la volatilité et la surinformation transforment radicalement le paysage économique, la capacité des organisations à maîtriser l’information stratégique est devenue un facteur déterminant de compétitivité. C’est dans cette optique que l'étude « La veille dans les organisations de Suisse romande : l’état des lieux des pratiques et de modes d’adoption de démarches de veille en 2025 » a été réalisée. Ce Travail de Bachelor (TB) s'impose comme une investigation cruciale visant à actualiser les connaissances sur les pratiques de veille dans la région.     <div><b>Lisa Ferreira et l’engagement de Swissintell</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/92846010-65000935.jpg?v=1764181908" alt="L’État des lieux de la veille en Suisse romande en 2025 – Une étude pour Swissintell qui révèle la nécessité de la structuration face à l’IA" title="L’État des lieux de la veille en Suisse romande en 2025 – Une étude pour Swissintell qui révèle la nécessité de la structuration face à l’IA" />
     </div>
     <div>
      Ce travail universitaire a été mené par <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/lisa-ferreira-gaspar-825709229/" target="_blank">Lisa FERREIRA</a>, étudiante en Bachelor of Science HES-SO en Information Documentaire à la <a class="link" href="https://www.hesge.ch/heg/">Haute École de Gestion de Genève</a>  (HEG-GE). Son intérêt marqué pour les disciplines de la veille stratégique et de l'intelligence économique (IE) a trouvé un aboutissement concret après un stage auprès de l'association. <br />  &nbsp; <br />  L'étude a été spécifiquement mandatée par Swissintell, une association de référence dans le domaine de l’intelligence économique en Suisse. Ce partenariat souligne l'engagement actif de Swissintell à combler le retard structurel souvent observé en Suisse romande en matière de stratégie d'information. En effet, l’association, aux côtés de structures académiques comme la HEG-GE, est l'un des principaux acteurs qui s’efforcent de promouvoir et de structurer l'intelligence économique dans un contexte où elle est traditionnellement moins institutionnalisée qu'en France. Lisa Ferreira remercie d’ailleurs Madame Hélène Madinier pour son intérêt à suivre le projet en tant que mandante pour <a class="link" href="https://swissintell.ch/" target="_blank">Swissintell</a>. <br />   <br />  L'objectif principal du travail de Lisa Ferreira était d'identifier et d’explorer les pratiques et besoins actuels en matière de veille stratégique au sein des entreprises et organisations de Suisse romande. Pour y parvenir, l'auteur a adopté une approche méthodologique rigoureuse basée sur la triangulation des données : une revue de la littérature, un questionnaire quantitatif, et des entretiens qualitatifs semi-directifs avec des acteurs clés du secteur, y compris des prestataires de veille.  <h3>  <style type="text/css">p { color: #000000; line-height: 115%; orphans: 2; widows: 2; margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; background: transparent }p.western { font-family: "Liberation Serif", "Times New Roman", serif; font-size: 12pt; so-language: fr-FR }p.cjk { font-family: "Noto Serif CJK SC"; font-size: 12pt; so-language: zh-CN }p.ctl { font-family: "Lohit Devanagari"; font-size: 12pt; so-language: hi-IN }strong { font-weight: bold }  </style>  </h3>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’intérêt du sujet : de l’informel à la nécessité stratégique</b></div>
     <div>
      Le sujet de l’état des lieux de la veille en 2025 est d’un intérêt capital en raison des constats antérieurs et des enjeux contemporains. Les enquêtes précédentes (2008-2017) avaient établi que la veille en Suisse romande, en particulier au sein des PME (qui représentent 99% du tissu économique national), restait largement informelle, sans processus définis ni outils dédiés. Ce manque de formalisation et l’absence de stratégie nationale claire en matière d’intelligence économique ont maintenu la Suisse en retrait par rapport à des pays voisins comme la France. <br />  &nbsp; <br />  <strong>L'enquête de Lisa Ferreira visait à évaluer si la situation avait évolué, en posant des questions clés sur les outils utilisés, les structures mises en place, et les événements déclencheurs de la formalisation. Les résultats confirment l’urgence de structurer ces pratiques : <br />  &nbsp;</strong>  <ol>  	<li class="list"><strong>Une pratique universelle mais peu formalisée </strong>: La pratique de la veille est quasiment généralisée, avec 95 % des participants déclarant y recourir. Cependant, seulement 25 % disposent d’une structure dédiée, et 21 % fonctionnent encore de manière totalement informelle. La veille dépend souvent d'individus moteurs plutôt que d'une organisation systématique.</li>  	<li class="list"><strong>La dualité du marché</strong> : L’échantillon de 43 répondants a permis de distinguer clairement les prestataires de services de veille (36 %), qui possèdent des pratiques structurées et des outils spécialisés, des entreprises utilisatrices (64 %), dont la veille reste majoritairement informelle.</li>  	<li class="list"><strong>Des objectifs clairement stratégiques</strong> : Les finalités dominantes de la veille sont l’anticipation des tendances, l’innovation et l’aide à la prise de décision stratégique. Les veilles les plus courantes sont la veille technologique (27,6 %) et la veille concurrentielle (23,8 %).</li>  	<li class="list"><strong>Des freins persistants </strong>: Malgré cette reconnaissance stratégique, les organisations sont toujours confrontées au manque de temps et de ressources, à l'absence d’une culture de l’information stratégique, et à une difficulté à démontrer le retour sur investissement (ROI). Ce dernier point est accentué par le fait que 51 % des organisations n’utilisent aucun indicateur de performance pour mesurer l'efficacité de leur veille.</li>  </ol>    <h3>  <style type="text/css">p { color: #000000; line-height: 115%; orphans: 2; widows: 2; margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; background: transparent }p.western { font-family: "Liberation Serif", "Times New Roman", serif; font-size: 12pt; so-language: fr-FR }p.cjk { font-family: "Noto Serif CJK SC"; font-size: 12pt; so-language: zh-CN }p.ctl { font-family: "Lohit Devanagari"; font-size: 12pt; so-language: hi-IN }strong { font-weight: bold }  </style>  </h3>  <style type="text/css">h3 { color: #000000; orphans: 2; widows: 2; margin-top: 0.25cm; margin-bottom: 0.21cm; direction: ltr; background: transparent; page-break-after: avoid }h3.western { font-family: "Liberation Serif", "Times New Roman", serif; font-size: 14pt; so-language: fr-FR; font-weight: bold }h3.cjk { font-family: "Noto Serif CJK SC"; font-size: 14pt; so-language: zh-CN; font-weight: bold }h3.ctl { font-family: "Lohit Devanagari"; font-size: 14pt; so-language: hi-IN; font-weight: bold }p { color: #000000; line-height: 115%; orphans: 2; widows: 2; margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; background: transparent }p.western { font-family: "Liberation Serif", "Times New Roman", serif; font-size: 12pt; so-language: fr-FR }p.cjk { font-family: "Noto Serif CJK SC"; font-size: 12pt; so-language: zh-CN }p.ctl { font-family: "Lohit Devanagari"; font-size: 12pt; so-language: hi-IN }  </style>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’Intelligence Artificielle et le rôle de l’humain</b></div>
     <div>
      L’intérêt du sujet est exacerbé par l'émergence des Intelligences Artificielles (IA) génératives, qui transforment la gestion de l'information. L'étude révèle que le développement de l'IA est l'une des évolutions les plus attendues par les répondants. <br />  &nbsp; <br />  Si l’IA est perçue comme utile pour l'automatisation des tâches (collecte, tri, synthèse), l'analyse met en lumière une prudence générale chez les professionnels. Le rôle du veilleur évolue pour devenir un analyste critique et un interprète du sens, jouant le rôle d'« human in the loop ». L’expertise humaine reste indispensable pour la validation des résultats, la contextualisation stratégique, et la vérification des sources afin d’éviter les biais et les risques d’« hallucination informationnelle ». <br />  <style type="text/css">p { color: #000000; line-height: 115%; orphans: 2; widows: 2; margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; background: transparent }p.western { font-family: "Liberation Serif", "Times New Roman", serif; font-size: 12pt; so-language: fr-FR }p.cjk { font-family: "Noto Serif CJK SC"; font-size: 12pt; so-language: zh-CN }p.ctl { font-family: "Lohit Devanagari"; font-size: 12pt; so-language: hi-IN }strong { font-weight: bold }  </style>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>En conclusion</b></div>
     <div>
      Le travail de Lisa Ferreira (<a class="link" href="https://www.veillemag.com/Entretien-avec-Lisa-Ferreira-Gaspar-etudiante-a-l-HESGE_a6718.html" target="_blank">voir son interview</a>), mandaté par Swissintell, non seulement dresse un état des lieux précis des pratiques en Suisse romande en 2025, mais propose également des recommandations pour un modèle de veille adapté, fondé sur la progressivité, la légèreté et la participation. L’enjeu final est de permettre aux organisations de franchir le cap de la formalisation pour renforcer leur compétitivité et leur résilience informationnelle face aux défis de l'ère numérique. <br />  <style type="text/css">p { color: #000000; line-height: 115%; orphans: 2; widows: 2; margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; background: transparent }p.western { font-family: "Liberation Serif", "Times New Roman", serif; font-size: 12pt; so-language: fr-FR }p.cjk { font-family: "Noto Serif CJK SC"; font-size: 12pt; so-language: zh-CN }p.ctl { font-family: "Lohit Devanagari"; font-size: 12pt; so-language: hi-IN }strong { font-weight: bold }  </style>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/L-Etat-des-lieux-de-la-veille-en-Suisse-romande-en-2025-Une-etude-pour-Swissintell-qui-revele-la-necessite-de-la_a6642.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Psychologie de la désinformation : approche croisée entre cognition individuelle et influence sociale.</title>
   <updated>2025-08-03T10:19:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Psychologie-de-la-desinformation-approche-croisee-entre-cognition-individuelle-et-influence-sociale_a6217.html</id>
   <category term="Communication &amp; Influence" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/90290636-63700938.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-07-30T15:17:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Pourquoi la désinformation se porte-t-elle si bien ? Parce qu’elle s’appuie sur nos biais cognitifs, nos émotions et les dynamiques sociales qui influencent notre rapport à l’information. Dans un monde saturé de messages contradictoires, renforcer l’esprit critique, cultiver le doute raisonné et promouvoir l’éducation aux médias ne sont plus des options ...     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/90290636-63700938.jpg?v=1753952188" alt="Psychologie de la désinformation : approche croisée entre cognition individuelle et influence sociale." title="Psychologie de la désinformation : approche croisée entre cognition individuelle et influence sociale." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/90290636-63700939.jpg?v=1753882524" alt="Psychologie de la désinformation : approche croisée entre cognition individuelle et influence sociale." title="Psychologie de la désinformation : approche croisée entre cognition individuelle et influence sociale." />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Cette étude analyse les biais mentaux tels que le biais de confirmation ou l’effet de simple exposition peuvent altérer notre jugement en favorisant des raisonnements rapides mais souvent erronés. La mémoire elle-même, loin d’être fiable, peut être le théâtre de distorsions insidieuses comme les faux souvenirs ou le sentiment illusoire qu’un mensonge répété devient vérité. <br />   <br />  Les émotions jouent également un rôle déterminant dans ce processus. Peur, anxiété ou indignation peuvent exacerber la crédulité et amplifier la viralité de certains messages, en particulier dans des contextes marqués par l’incertitude. Mais au-delà des biais individuels, c’est tout un ensemble de dynamiques collectives qui vient soutenir l’adhésion aux récits manipulés : pression sociale, polarisation des opinions ou autorité supposée renforcent la légitimité apparente de certaines idées au sein des groupes. L’attachement identitaire, conjugué à la dissonance cognitive, explique pourquoi certaines croyances persistent malgré les faits. <br />   <br />  Enfin, les auteurs insistent sur le rôle stratégique que peuvent jouer les minorités actives. Grâce à leur cohérence et leur persévérance, elles sont en mesure d’orienter l’opinion publique, parfois au détriment d’une majorité silencieuse.</div>    <blockquote>  <div style="margin-left: 40px;">Croiser les apports de la psychologie sociale et cognitive permet ainsi de dépasser les simples approches correctives et d’envisager une riposte plus robuste. Renforcer l’esprit critique, cultiver le doute raisonné et promouvoir une véritable éducation aux médias s’imposent comme des leviers essentiels pour contrer durablement l’impact de la désinformation.</div>  </blockquote>  Licence :<a class="link" href="https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/deed.fr" target="_blank">&nbsp;https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/deed.fr</a> 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le rôle des biais cognitifs dans la réception et la diffusion de fausses informations</b></div>
     <div>
      <p style="margin-left: 40px;">Dans un contexte d’inondation informationnelle, notre cerveau fait appel à des schémas de pensée automatiques – biais cognitifs et heuristiques – pour gérer la surcharge, au prix d’erreurs de jugement et de distorsions mémorielles. <br />   <br />  Ces raccourcis, indispensables au quotidien, se retournent contre nous quand ils sont exploités pour manipuler l’opinion : le biais de confirmation, l’ancrage ou l’effet de simple exposition, renforcés par les algorithmes des réseaux sociaux, favorisent la propagation de récits fallacieux. Mieux comprendre ces mécanismes et renforcer l’esprit critique par l’éducation aux médias constituent des pistes essentielles pour contenir la désinformation. <br />    <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Mémoire fragile, croyances tenaces : pourquoi les fausses informations persistent ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L’effet de vérité illusoire désigne notre propension à juger un énoncé plus crédible dès qu’il nous est présenté de façon répétée, quel que soit son degré de véracité. Découvert par <a class="link" href="https://psychologie-positive.com/la-repetition-de-la-desinformation-un-phenomene-qui-influence-nos-croyances/" target="_blank">Hasher et ses collègues en 1977</a>, ce biais s’appuie sur la familiarité : plus un message nous paraît familier, plus notre cerveau le traite aisément (effet de fluence), et plus nous l’estimons vrai. Dans le flux continu des médias, des réseaux sociaux et des sites d’actualité, la redondance informationnelle renforce automatiquement cette illusion de vérité, favorisant l’ancrage de croyances inexactes. <br />   <br />  Si la théorie classique attribue cet effet au seul sentiment de familiarité, des recherches plus récentes soulignent l’intervention d’un mécanisme de remémoration : au fil des expositions répétées, nous avons parfois l’impression de « nous souvenir » d’une information, alors même que cette mémoire est façonnée par la répétition elle-même. Cette double influence – fluence cognitive et faux sentiment de souvenir – rend la désinformation particulièrement tenace et complique la correction des idées fausses. <br />   <br />  <strong>Pour contrer l’effet de vérité illusoire, il ne suffit pas de rappeler la réalité </strong>: il faut encourager un examen critique des sources et adopter des stratégies pédagogiques qui réveillent notre esprit d’analyse (questions factuelles, vérification croisée, mise en perspective historique). En misant sur un traitement cognitif plus approfondi, on limite l’emprise de la simple répétition et on renforce notre capacité collective à résister aux idées trompeuses.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Formation de faux souvenirs : entre reconstruction mnésique et désinformation</b></div>
     <div>
      <p style="margin-left: 40px;">La mémoire humaine reconstruit les souvenirs plutôt que de les enregistrer fidèlement, ce qui la rend sujette aux faux souvenirs nés de la confusion, de l’imagination ou de l’influence d’autrui. Les recherches de <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Elizabeth_Loftus">Loftus</a>  ont démontré que les suggestions post-événement et la répétition de récits biaisés altèrent notre souvenir des faits, un phénomène d’autant plus critique à l’ère de la désinformation massive. <br />  &nbsp; <br />    <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/90290636-63700943.jpg?v=1753951544" alt="Psychologie de la désinformation : approche croisée entre cognition individuelle et influence sociale." title="Psychologie de la désinformation : approche croisée entre cognition individuelle et influence sociale." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <p style="margin-left: 40px;">Les émotions telles que la peur, l’anxiété et l’indignation morale façonnent profondément la manière dont nous recevons et relayons l’information, qu’elle soit vraie ou fabriquée. Les techniques de prévention sanitaire ou de sécurité routière ont depuis longtemps exploité l’appel à la peur pour capter l’attention et encourager un changement de comportement, mais ce même levier se retourne en un puissant outil de manipulation lorsqu’il est détourné au service de la désinformation. <br />   <br />  En période de crise, l’incertitude et la confusion amplifient ce phénomène : face à une menace perçue, notre attention se focalise sur les éléments anxiogènes, notre esprit critique s’amenuise et le biais de confirmation renforce nos craintes préexistantes. L’entourage, les autorités ou les médias accentuent alors le sentiment de vulnérabilité, nourrissant des boucs émissaires, exacerbant les préjugés et favorisant la xénophobie. <br />    <p style="margin-left: 40px;">La persuasion par la peur dépend néanmoins de la croyance en l’efficacité des réponses proposées : lorsque nous jugeons pouvoir agir face au danger, ces messages sont plus convaincants, mais dès que la menace paraît inévitable, ils suscitent déni, minimisation ou passivité. Les recherches montrent que l’intensité émotionnelle peut primer sur la qualité des arguments ; les récits dramatiques et sensoriels, relayés massivement sur les réseaux sociaux, s’ancrent plus facilement dans la mémoire et échappent aux corrections factuelles. <br />   <br />  Comprendre ces mécanismes est indispensable pour contrer la propagation des contenus trompeurs : il s’agit de concevoir des communications informatives qui offrent des solutions crédibles, stimulent l’analyse rationnelle et résistent à l’attrait émotionnel des messages anxiogènes. <br />    <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vous l'avez compris !</b></div>
     <div>
      <p style="margin-left: 40px;">La désinformation n’est pas seulement une question de contenus douteux, c’est avant tout un phénomène social profondément ancré dans nos dynamiques collectives. Les individus, souvent sans s’en rendre compte, ajustent leur comportement et leurs opinions pour se conformer à leur entourage. <br />   <br />   <br />  Ce besoin d’appartenance pousse chacun à suivre la majorité, même lorsque celle-ci a manifestement tort, comme l’ont montré les célèbres expériences de Solomon Asch. Cette conformité est renforcée par l’influence de figures perçues comme crédibles ou autoritaires, et par le désir d’éviter le rejet. L’autorité, en effet, peut parfois suffire à faire taire le jugement moral, comme l’a mis en lumière Stanley Milgram dans ses travaux sur l’obéissance. Ajoutons à cela l’effet de halo qui, à partir d’un seul trait perçu comme positif, amène à accorder à une personne une confiance bien plus large que justifiée. <br />  &nbsp; <br />    <p style="margin-left: 40px;">L’adhésion à une information ne repose donc pas uniquement sur sa véracité, mais sur des repères sociaux, émotionnels et identitaires. Lorsqu’un message vient heurter des croyances profondes, la réaction peut être de le rejeter non pas parce qu’il est faux, mais parce qu’il menace une cohésion interne précieuse. La dissonance cognitive, décrite par Festinger, explique ce malaise face à l’inconfort de l’incertitude. À ce moment-là, la rationalité ne sert plus à chercher la vérité, mais à défendre un récit qui protège l’image de soi et celle du groupe. La résistance à l’information vérifiée peut donc relever d’un réflexe identitaire plutôt que d’une mauvaise analyse. <br />  &nbsp; <br />    <p style="margin-left: 40px;"><strong>Dans ce paysage, les minorités actives ont un rôle décisif. Bien que numériquement faibles, leur cohérence et leur persistance leur permettent de bousculer les normes établies. En exploitant les ressorts émotionnels et les mécanismes viraux des réseaux sociaux, elles imposent des récits alternatifs au sein d’une majorité souvent passive. Cette dernière, même si elle adhère aux faits, s'engage peu dans leur défense, laissant ainsi le terrain libre à ceux qui, animés par des convictions profondes, redessinent les lignes du débat public.</strong> <br />   <br />   <br />  &nbsp; <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Auteurs </b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/mdamineb/" target="_blank">Mohamed Amine Belka</a>  &nbsp; est analyste en stratégie économique et doctorant en Sciences de l'information et de la communication (SIC) à l’Université de Lorraine (CREM – équipe PRAXIS). Ses travaux portent sur les stratégies d’influence des entreprises de la BITD face à la concurrence internationale. Il intervient sur les enjeux de souveraineté industrielle, d’intelligence économique et de sécurisation des chaînes de valeur. Il a également occupé des fonctions de coordination territoriale, de pilotage de projets et de management des risques. Son parcours allie expertise managériale, action publique et accompagnement des entreprises. Il est membre de la commission « manipulations de l’information » de l’IE IHEDN. Ses travaux croisent SIC, management stratégique et politiques industrielles. <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/taradecondappa/" target="_blank">Tara de Condappa</a>  est docteure en psychologie sociale, chercheuse associée au CURAPP-ESS (Centre Universitaire de Recherches sur l'Action Publique et le Politique Épistémologie &amp; Sciences Sociales) et au CRP-CPO (Centre de Recherche en Psychologie : Cognition, Psychisme et Organisation). Professionnelle engagée, elle conçoit, pilote et évalue des projets à fort impact humain et social. Elle intervient à l’interface entre recherche, action publique et coopération internationale. Son parcours pluridisciplinaire croise psychologie, sciences sociales et politiques publiques. Elle développe des approches transversales pour penser et transformer les pratiques. <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/thibault-renard-5925063/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Thibault Renard</a>  est expert en intelligence économique, prospective et anticipation du risque numérique. Jusqu’à fin 2019, il a occupé le poste de responsable de l’intelligence économique à CCI France, l’établissement national chargé de fédérer et d’animer les Chambres de commerce et d’industrie. Il a précédemment été en poste à la Mission économique de l’Ambassade de France en Autriche. Il est par ailleurs administrateur au Syndicat français de l’intelligence économique (Synfie), senior advisor au CyberCercle, et responsable de la commission « manipulations de l’information » de l’IE-IHEDN, qui réunit une vingtaine d’experts spécialisés dans ce domaine.</blockquote>   <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Psychologie-de-la-desinformation-approche-croisee-entre-cognition-individuelle-et-influence-sociale_a6217.html" />
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  <entry>
   <title>Psychologie de la désinformation : approche croisée entre cognition individuelle et influence sociale.</title>
   <updated>2025-08-03T09:14:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Psychologie-de-la-desinformation-approche-croisee-entre-cognition-individuelle-et-influence-sociale_a6209.html</id>
   <category term="Communication &amp; Influence" />
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   <published>2025-07-30T15:17:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans un écosystème médiatique saturé, où l’information circule en continu et dans le désordre, comprendre les ressorts psychologiques de la désinformation devient un enjeu majeur. Cette analyse récente met en lumière la façon dont nos mécanismes cognitifs, émotionnels et sociaux influencent notre rapport aux contenus trompeurs.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/90223770-63664507.jpg?v=1753952188" alt="Psychologie de la désinformation : approche croisée entre cognition individuelle et influence sociale." title="Psychologie de la désinformation : approche croisée entre cognition individuelle et influence sociale." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/90223770-63664508.jpg?v=1753882524" alt="Psychologie de la désinformation : approche croisée entre cognition individuelle et influence sociale." title="Psychologie de la désinformation : approche croisée entre cognition individuelle et influence sociale." />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Cette étude analyse les biais mentaux tels que le biais de confirmation ou l’effet de simple exposition peuvent altérer notre jugement en favorisant des raisonnements rapides mais souvent erronés. La mémoire elle-même, loin d’être fiable, peut être le théâtre de distorsions insidieuses comme les faux souvenirs ou le sentiment illusoire qu’un mensonge répété devient vérité. <br />   <br />  Les émotions jouent également un rôle déterminant dans ce processus. Peur, anxiété ou indignation peuvent exacerber la crédulité et amplifier la viralité de certains messages, en particulier dans des contextes marqués par l’incertitude. Mais au-delà des biais individuels, c’est tout un ensemble de dynamiques collectives qui vient soutenir l’adhésion aux récits manipulés : pression sociale, polarisation des opinions ou autorité supposée renforcent la légitimité apparente de certaines idées au sein des groupes. L’attachement identitaire, conjugué à la dissonance cognitive, explique pourquoi certaines croyances persistent malgré les faits. <br />   <br />  Enfin, les auteurs insistent sur le rôle stratégique que peuvent jouer les minorités actives. Grâce à leur cohérence et leur persévérance, elles sont en mesure d’orienter l’opinion publique, parfois au détriment d’une majorité silencieuse.</div>    <blockquote>  <div style="margin-left: 40px;">Croiser les apports de la psychologie sociale et cognitive permet ainsi de dépasser les simples approches correctives et d’envisager une riposte plus robuste. Renforcer l’esprit critique, cultiver le doute raisonné et promouvoir une véritable éducation aux médias s’imposent comme des leviers essentiels pour contrer durablement l’impact de la désinformation.</div>  </blockquote>  Licence :<a class="link" href="https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/deed.fr" target="_blank">&nbsp;https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/deed.fr</a> 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le rôle des biais cognitifs dans la réception et la diffusion de fausses informations</b></div>
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      <p style="margin-left: 40px;">Dans un contexte d’inondation informationnelle, notre cerveau fait appel à des schémas de pensée automatiques – biais cognitifs et heuristiques – pour gérer la surcharge, au prix d’erreurs de jugement et de distorsions mémorielles. <br />   <br />  Ces raccourcis, indispensables au quotidien, se retournent contre nous quand ils sont exploités pour manipuler l’opinion : le biais de confirmation, l’ancrage ou l’effet de simple exposition, renforcés par les algorithmes des réseaux sociaux, favorisent la propagation de récits fallacieux. Mieux comprendre ces mécanismes et renforcer l’esprit critique par l’éducation aux médias constituent des pistes essentielles pour contenir la désinformation. <br />    <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Mémoire fragile, croyances tenaces : pourquoi les fausses informations persistent ?</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">L’effet de vérité illusoire désigne notre propension à juger un énoncé plus crédible dès qu’il nous est présenté de façon répétée, quel que soit son degré de véracité. Découvert par <a class="link" href="https://psychologie-positive.com/la-repetition-de-la-desinformation-un-phenomene-qui-influence-nos-croyances/" target="_blank">Hasher et ses collègues en 1977</a>, ce biais s’appuie sur la familiarité : plus un message nous paraît familier, plus notre cerveau le traite aisément (effet de fluence), et plus nous l’estimons vrai. Dans le flux continu des médias, des réseaux sociaux et des sites d’actualité, la redondance informationnelle renforce automatiquement cette illusion de vérité, favorisant l’ancrage de croyances inexactes. <br />   <br />  Si la théorie classique attribue cet effet au seul sentiment de familiarité, des recherches plus récentes soulignent l’intervention d’un mécanisme de remémoration : au fil des expositions répétées, nous avons parfois l’impression de « nous souvenir » d’une information, alors même que cette mémoire est façonnée par la répétition elle-même. Cette double influence – fluence cognitive et faux sentiment de souvenir – rend la désinformation particulièrement tenace et complique la correction des idées fausses. <br />   <br />  <strong>Pour contrer l’effet de vérité illusoire, il ne suffit pas de rappeler la réalité </strong>: il faut encourager un examen critique des sources et adopter des stratégies pédagogiques qui réveillent notre esprit d’analyse (questions factuelles, vérification croisée, mise en perspective historique). En misant sur un traitement cognitif plus approfondi, on limite l’emprise de la simple répétition et on renforce notre capacité collective à résister aux idées trompeuses.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Formation de faux souvenirs : entre reconstruction mnésique et désinformation</b></div>
     <div>
      <p style="margin-left: 40px;">La mémoire humaine reconstruit les souvenirs plutôt que de les enregistrer fidèlement, ce qui la rend sujette aux faux souvenirs nés de la confusion, de l’imagination ou de l’influence d’autrui. Les recherches de <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Elizabeth_Loftus">Loftus</a>  ont démontré que les suggestions post-événement et la répétition de récits biaisés altèrent notre souvenir des faits, un phénomène d’autant plus critique à l’ère de la désinformation massive. <br />  &nbsp; <br />    <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>  
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     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
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     <br style="clear:both;"/>
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      <p style="margin-left: 40px;">Les émotions telles que la peur, l’anxiété et l’indignation morale façonnent profondément la manière dont nous recevons et relayons l’information, qu’elle soit vraie ou fabriquée. Les techniques de prévention sanitaire ou de sécurité routière ont depuis longtemps exploité l’appel à la peur pour capter l’attention et encourager un changement de comportement, mais ce même levier se retourne en un puissant outil de manipulation lorsqu’il est détourné au service de la désinformation. <br />   <br />  En période de crise, l’incertitude et la confusion amplifient ce phénomène : face à une menace perçue, notre attention se focalise sur les éléments anxiogènes, notre esprit critique s’amenuise et le biais de confirmation renforce nos craintes préexistantes. L’entourage, les autorités ou les médias accentuent alors le sentiment de vulnérabilité, nourrissant des boucs émissaires, exacerbant les préjugés et favorisant la xénophobie. <br />    <p style="margin-left: 40px;">La persuasion par la peur dépend néanmoins de la croyance en l’efficacité des réponses proposées : lorsque nous jugeons pouvoir agir face au danger, ces messages sont plus convaincants, mais dès que la menace paraît inévitable, ils suscitent déni, minimisation ou passivité. Les recherches montrent que l’intensité émotionnelle peut primer sur la qualité des arguments ; les récits dramatiques et sensoriels, relayés massivement sur les réseaux sociaux, s’ancrent plus facilement dans la mémoire et échappent aux corrections factuelles. <br />   <br />  Comprendre ces mécanismes est indispensable pour contrer la propagation des contenus trompeurs : il s’agit de concevoir des communications informatives qui offrent des solutions crédibles, stimulent l’analyse rationnelle et résistent à l’attrait émotionnel des messages anxiogènes. <br />    <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vous l'avez compris !</b></div>
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      <p style="margin-left: 40px;">La désinformation n’est pas seulement une question de contenus douteux, c’est avant tout un phénomène social profondément ancré dans nos dynamiques collectives. Les individus, souvent sans s’en rendre compte, ajustent leur comportement et leurs opinions pour se conformer à leur entourage. <br />   <br />   <br />  Ce besoin d’appartenance pousse chacun à suivre la majorité, même lorsque celle-ci a manifestement tort, comme l’ont montré les célèbres expériences de Solomon Asch. Cette conformité est renforcée par l’influence de figures perçues comme crédibles ou autoritaires, et par le désir d’éviter le rejet. L’autorité, en effet, peut parfois suffire à faire taire le jugement moral, comme l’a mis en lumière Stanley Milgram dans ses travaux sur l’obéissance. Ajoutons à cela l’effet de halo qui, à partir d’un seul trait perçu comme positif, amène à accorder à une personne une confiance bien plus large que justifiée. <br />  &nbsp; <br />    <p style="margin-left: 40px;">L’adhésion à une information ne repose donc pas uniquement sur sa véracité, mais sur des repères sociaux, émotionnels et identitaires. Lorsqu’un message vient heurter des croyances profondes, la réaction peut être de le rejeter non pas parce qu’il est faux, mais parce qu’il menace une cohésion interne précieuse. La dissonance cognitive, décrite par Festinger, explique ce malaise face à l’inconfort de l’incertitude. À ce moment-là, la rationalité ne sert plus à chercher la vérité, mais à défendre un récit qui protège l’image de soi et celle du groupe. La résistance à l’information vérifiée peut donc relever d’un réflexe identitaire plutôt que d’une mauvaise analyse. <br />  &nbsp; <br />    <p style="margin-left: 40px;"><strong>Dans ce paysage, les minorités actives ont un rôle décisif. Bien que numériquement faibles, leur cohérence et leur persistance leur permettent de bousculer les normes établies. En exploitant les ressorts émotionnels et les mécanismes viraux des réseaux sociaux, elles imposent des récits alternatifs au sein d’une majorité souvent passive. Cette dernière, même si elle adhère aux faits, s'engage peu dans leur défense, laissant ainsi le terrain libre à ceux qui, animés par des convictions profondes, redessinent les lignes du débat public.</strong> <br />   <br />   <br />  &nbsp; <br />  
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     <div><b>Auteurs </b></div>
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      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/mdamineb/" target="_blank">Mohamed Amine Belka</a>  &nbsp; est analyste en stratégie économique et doctorant en Sciences de l'information et de la communication (SIC) à l’Université de Lorraine (CREM – équipe PRAXIS). Ses travaux portent sur les stratégies d’influence des entreprises de la BITD face à la concurrence internationale. Il intervient sur les enjeux de souveraineté industrielle, d’intelligence économique et de sécurisation des chaînes de valeur. Il a également occupé des fonctions de coordination territoriale, de pilotage de projets et de management des risques. Son parcours allie expertise managériale, action publique et accompagnement des entreprises. Il est membre de la commission « manipulations de l’information » de l’IE IHEDN. Ses travaux croisent SIC, management stratégique et politiques industrielles. <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/taradecondappa/" target="_blank">Tara de Condappa</a>  est docteure en psychologie sociale, chercheuse associée au CURAPP-ESS (Centre Universitaire de Recherches sur l'Action Publique et le Politique Épistémologie &amp; Sciences Sociales) et au CRP-CPO (Centre de Recherche en Psychologie : Cognition, Psychisme et Organisation). Professionnelle engagée, elle conçoit, pilote et évalue des projets à fort impact humain et social. Elle intervient à l’interface entre recherche, action publique et coopération internationale. Son parcours pluridisciplinaire croise psychologie, sciences sociales et politiques publiques. Elle développe des approches transversales pour penser et transformer les pratiques. <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/thibault-renard-5925063/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Thibault Renard</a>  est expert en intelligence économique, prospective et anticipation du risque numérique. Jusqu’à fin 2019, il a occupé le poste de responsable de l’intelligence économique à CCI France, l’établissement national chargé de fédérer et d’animer les Chambres de commerce et d’industrie. Il a précédemment été en poste à la Mission économique de l’Ambassade de France en Autriche. Il est par ailleurs administrateur au Syndicat français de l’intelligence économique (Synfie), senior advisor au CyberCercle, et responsable de la commission « manipulations de l’information » de l’IE-IHEDN, qui réunit une vingtaine d’experts spécialisés dans ce domaine.</blockquote>   <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Psychologie-de-la-desinformation-approche-croisee-entre-cognition-individuelle-et-influence-sociale_a6209.html" />
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   <title>L’amnésie corporate doit-elle constituer une norme managériale ? Jean-Marie Carrara</title>
   <updated>2025-05-18T15:34:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/L-amnesie-corporate-doit-elle-constituer-une-norme-manageriale-Jean-Marie-Carrara_a5965.html</id>
   <category term="Management" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/88500501-62675983.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-05-15T16:42:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L’amnésie corporate est une pratique managériale qui tend à se répandre ; les entreprises privilégiant une vision tournée vers le présent et l’avenir plutôt que vers leur passé. Cette posture découle d’une mentalité de type « tomorrow is another day » et reflète une volonté de se libérer des contraintes historiques pour s’adapter à un environnement économique, présent et futur, en mutation toujours plus rapide.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/88500501-62675983.jpg?v=1747133582" alt="L’amnésie corporate doit-elle constituer une norme managériale ? Jean-Marie Carrara" title="L’amnésie corporate doit-elle constituer une norme managériale ? Jean-Marie Carrara" />
     </div>
     <div>
      Comprendre cette évolution est essentiel, car elle influence la gestion des actifs immatériels, tels que la mémoire organisationnelle, pourtant cruciaux pour la compétitivité et la résilience des entreprises. <br />   <br />  Cet article analyse cette tendance et explore ses implications stratégiques en les illustrant d’exemples récents. Il propose des recommandations pour valoriser le passé en le transformant en un levier d’efficacité et de performance
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La nécessité d’être disruptif</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L’amnésie corporate s’explique par la nécessité d’être agile dans un monde où l’innovation et la disruption sont des impératifs pour assurer la pérennité de l’entreprise. <br />   <br />  Les entreprises, sous la pression des actionnaires et de cycles économiques toujours plus courts, valorisent les résultats immédiats et les projections futures, en oubliant souvent les leçons tirées du passé. <br />   <br />  Au premier abord, cette approche peut être séduisante. <br />   <br />  En se concentrant sur l’avenir, les organisations évitent l’inertie que pourraient engendrer des pratiques obsolètes ou une nostalgie stérile. <br />   <br />  Cependant, cette vision présente des failles significatives. Oublier les échecs passés peut conduire à répéter des erreurs stratégiques, comme des lancements de produits mal préparés ou des investissements hasardeux. <br />   <br />  De même, négliger les succès historiques affaiblit la cohésion interne, car les collaborateurs perdent un sentiment d’appartenance à la réussite d’une histoire commune. <br />   <br />  <strong>En intelligence économique, l’amnésie corporate est un risque majeur.</strong> <br />   <br />  Elle prive les entreprises d’une analyse rétrospective essentielle pour anticiper les tendances, comprendre les dynamiques internes et externes, et renforcer leur positionnement sur leurs marchés actuels et futurs. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un court-terme qui fragilise la pérennité</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Les attentes court-termistes des investisseurs poussent les dirigeants à privilégier des gains rapides, reléguant la gestion de la mémoire organisationnelle à une priorité secondaire. <br />   <br />  Pourtant, dans un contexte de concurrence accrue, où l’authenticité et la différenciation sont des atouts, le passé peut devenir un levier stratégique. <br />   <br />  Les entreprises, grandes comme petites, qui valorisent leur histoire, gagnent en légitimité et en fidélité, tant de la part des clients que des employés. En revanche, celles qui adoptent une amnésie volontaire, notamment dans la tech, risquent de perdre leur ancrage culturel et de fragiliser leur résilience face aux crises. <br />   <br />  La vague de licenciements massive résultant d’une intégration mal maîtrisée de l’IA chez les développeurs informatiques a déstabilisé de nombreux acteurs de ce secteur qui se trouvent, aujourd’hui, fort marris de manquer des compétences dont elles ont encore besoin mais dont elles ne disposent plus. <br />   <br />  L’enjeu, pour l’intelligence économique, est de réconcilier la projection vers l’avenir avec une gestion active de la mémoire, transformant le passé en un outil d’analyse, de décision et de communication. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La valorisation du passé : un argument marketing</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Au-delà de l’artisanat et de son savoir-faire parfois ancestral reconnu, prenons quelques exemples de grands groupes valorisant la force de leur passé comme support marketing et de cohésion de leurs équipes. <br />   <br />  <strong>L’Oréal et la célébration de son héritage</strong> : En juin 2024, L’Oréal a marqué ses 115 ans en lançant une campagne mondiale qui mettait en avant son histoire d’innovation, depuis la création de la première teinture capillaire par Eugène Schueller en 1909. Cette initiative a renforcé l’image de marque et l’engagement des équipes, tout en attirant une nouvelle génération de consommateurs sensibles à l’authenticité. <br />   <br />  <strong>Airbus et l’archivage numérique</strong> : En septembre 2024, Airbus a lancé un projet d’archivage numérique de ses 50 ans d’histoire, rendant ses archives accessibles aux employés pour inspirer les nouvelles générations et informer les stratégies futures. Ce projet illustre une volonté de contrer l’amnésie corporate en intégrant le passé dans la culture d’entreprise. <br />   <br />  <strong>BNP Paribas et son musée virtuel</strong> : En mai 2024, BNP Paribas a inauguré un musée virtuel retraçant 200 ans d’histoire bancaire, utilisé pour renforcer son image de stabilité et fédérer ses collaborateurs autour d’une identité commune. Cette initiative montre comment le passé peut être un actif stratégique. <br />   <br />  <strong>Start-ups et perte de mémoire</strong> : Une étude de Station F, publiée en juillet 2024, révèle que 60 % des start-ups européennes négligent leur histoire fondatrice, ce qui limite leur capacité à construire une culture d’entreprise solide et à fidéliser leurs talents. Ce constat souligne les dangers de l’amnésie corporate dans les jeunes entreprises. <br />   <br />  <strong>Tesla et l’oubli stratégique</strong> : Tesla, sous la direction d’Elon Musk, incarne l’amnésie corporate en se focalisant sur les innovations futures, comme le Cybertruck, tout en négligeant les leçons des problèmes de production passés mais cette approche, qui a conduit à des retards et des surcoûts. <br />  &nbsp; <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quelle stratégie adopter ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"> <br />  Pour contrer l’amnésie corporate et faire du passé un levier stratégique, les entreprises doivent adopter une approche très structurée : <br />   <br />  <strong>La création d’archives numériques accessibles</strong> <br />  Mettre en place des bases de données centralisées pour documenter les projets, succès et échecs passés. <br />  Ces archives doivent être facilement consultables par les équipes, comme l’a fait Airbus, pour informer les décisions stratégiques. <br />   <br />  <strong>La formation des managers à la mémoire organisationnelle</strong> <br />  Intégrer des modules sur l’histoire de l’entreprise dans les programmes de formation des cadres, afin de sensibiliser à l’importance des leçons du passé, comme l’illustre l’initiative de L’Oréal. <br />  Recueillir de façon très détaillée les pratiques et habitudes des personnes partant à la retraite. <br />   <br />  <strong>Une communication interne et régulière basée sur l’histoire</strong> <br />  Utiliser des récits historiques pour renforcer la cohésion des équipes, en s’inspirant de l’exeple de BNP Paribas, qui a mobilisé ses collaborateurs via son musée virtuel. <br />   <br />  <strong>Une veille historique en intelligence économique</strong> <br />  Analyser les dynamiques passées (cycles économiques, crises sectorielles) pour anticiper les tendances futures, en s’appuyant sur des outils d’analyse rétrospective. <br />  J’avais institué dans une entreprise le «&nbsp;mois du retour&nbsp;» où durant un mois, chaque employé reprenait l’ensemble des documents et analyses produits durant les onze mois précédents afin d’en examiner l’intérêt et expliquer les raisons de leur création, de leur abandon, de leur utilisation totale ou partielle&nbsp; et de leur possible intérêt pour le futur. Le «&nbsp;mois du retour&nbsp;» était très riche d’enseignements et d’amélioration de la performance des équipes. <br />   <br />  <strong>Une intégration du passé dans la stratégie de marque</strong> <br />  Faire de l’histoire un pilier de la communication externe, comme L’Oréal, pour renforcer la différenciation et la fidélité des clients. <br />   <br />  Ces mesures permettent de transformer le passé en un actif stratégique et fortement valorisable, tout en évitant une focalisation nostalgique qui freinerait l’innovation. <br />  L’expérience montre que l’investissement initial génère un retour sur investissement important se mesurant en termes de résilience, de cohésion, de compétitivité et d’image. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Conclusion</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L’amnésie corporate, bien que séduisante pour sa promesse d’agilité, fragilise les entreprises en les privant d’un capital précieux : la mémoire de leur savoir-faire et de leurs expériences positives et surtout négatives qui sont toujours une source de progrès. <br />   <br />  En intelligence économique, valoriser le passé permet de mieux comprendre les dynamiques internes et externes, d’anticiper les crises et de renforcer la compétitivité. <br />   <br />  De nombreux exemples montrent que les organisations qui intègrent leur histoire dans leur stratégie gagnent en légitimité, en engagement et en résilience, tandis que celles qui l’ignorent s’exposent à des erreurs coûteuses. <br />  À l’avenir, l’enjeu sera de trouver un équilibre entre projection vers l’avenir et ancrage dans le passé, pour construire des entreprises à la fois agiles et solides. <br />   <br />  En adoptant des pratiques comme l’archivage numérique, la formation des managers et la veille historique, les organisations peuvent transformer leur passé en un moteur de performance durable. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de l'auteur</b></div>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter"><a class="link" href="https://www.veillemag.com/www.sicafi.eu" target="_blank"><img alt="Source" class="not-responsive" src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/85461609-60919147.jpg?v=1736587492" title="Source" /></a>   <div class="legende legende_60919147"><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/jean-marie-carrara/?originalSubdomain=be" target="_blank">Source</a> </div>    <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div style="margin-left: 80px;">Né en 1958 à Rabat (Maroc), Jean-Marie CARRARA a effectué toutes ses études à Lille (France). D’abord attiré par la santé de l’Homme, il devient Docteur en Pharmacie et diplômé de Biologie Humaine. <br />  Comme la santé des entreprises et des organisations sont essentielles pour l’Homme, il compléta sa formation par un DESS d’Administration des Entreprises et un DESS de Finance et de Fiscalité Internationales. <br />  Il est auditeur en Intelligence Economique et Stratégique à l'Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (JHEDN) <br />  <a class="link" href="https://sicafi.eu/" target="_blank">Source</a>  <a class="link" href="https://www.sicafi.eu" target="_blank">www.sicafi.eu</a>  <br />  Contact mail : <a class="link" href="https://sicafi.eu/">info@sicafi.eu</a> </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>English summary</b></div>
     <div>
      <blockquote>Corporate amnesia is a growing trend where companies prioritize the present and future over the past, often forgetting lessons learned from the past. This can lead to repeated strategic mistakes and weakening internal cohesion. In business intelligence, this can be a risk as it deprives companies of the retrospective analysis needed to anticipate trends and understand internal and external dynamics. <br />   <br />  Short-termism undermines sustainability, as companies that value their history gain legitimacy and loyalty from customers and employees. However, companies that voluntarily adopt amnesia risk losing their cultural roots and weakening their resilience in the face of crises. The challenge for business intelligence is to reconcile projection into the future with active memory management, transforming the past into a tool for analysis, decision-making, and communication. <br />   <br />  Examples of companies using the strength of their past as a marketing and team-building tool include L'Oréal, Airbus, and BNP Paribas. Startups and Tesla also face challenges due to corporate amnesia, as they often neglect their founding history, limiting their ability to build a solid corporate culture and retain talent. <br />   <br />  To counter corporate amnesia and turn the past into a strategic lever, companies should adopt a highly structured approach, such as creating accessible digital archives and setting up centralized databases to document past projects, successes, and failures.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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