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 <title>www.veillemag.com</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-19T11:54:23+02:00</updated>
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   <title>L’Éthiopie au bord d’un nouvel embrasement de la Corne de l'Afrique : Tigré, la mèche rallumée</title>
   <updated>2026-06-01T17:28:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/L-Ethiopie-au-bord-d-un-nouvel-embrasement-de-la-Corne-de-l-Afrique-Tigre-la-meche-rallumee_a7652.html</id>
   <category term="Géopolitique" />
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   <published>2026-06-01T17:28:00+02:00</published>
   <author><name>Giuseppe Gagliano</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Pris entre un accord de paix inachevé, des rivalités internes au TPLF, la méfiance d’Addis-Abeba, les calculs de l’Érythrée et l’effritement de l’État fédéral, le Tigré redevient l’épicentre d’une crise qui dépasse largement ses frontières. Dans un Corne de l’Afrique traversé par les ambitions maritimes, les luttes d’influence et les fractures ethno-politiques, la moindre étincelle pourrait rallumer une guerre que personne n’a réellement su éteindre.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/96753458-67448332.jpg?v=1779974647" alt="L’Éthiopie au bord d’un nouvel embrasement de la Corne de l'Afrique : Tigré, la mèche rallumée" title="L’Éthiopie au bord d’un nouvel embrasement de la Corne de l'Afrique : Tigré, la mèche rallumée" />
     </div>
     <div>
      <blockquote> <br />  Le Tigré est une région montagneuse du nord de l’Éthiopie, berceau d’une identité politique forte et d’un mouvement central de l’histoire récente, le <span data-url="ca://s?q=Expliquer_le_TPLF" role="button" tabindex="0">TPLF</span>. Ravagé par la guerre de 2020‑2022, il reste marqué par les destructions, les déplacements massifs et une paix inachevée. Situé à la frontière de l’Érythrée et du Soudan, il occupe une position stratégique qui en fait un nœud des tensions éthiopiennes et des rivalités régionales.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une guerre terminée seulement sur le papier</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto"><strong>Le Tigré revient au centre de la crise éthiopienne. Non parce que la guerre de 2020-2022 aurait simplement repris, mais parce qu'elle n'a jamais été réellement conclue.</strong> L'accord de Pretoria de novembre 2022 avait arrêté les armes, sans recomposer le pouvoir. Il avait imposé un cessez-le-feu, sans bâtir une réconciliation. Il avait ouvert une transition, sans créer un nouvel équilibre. Aujourd'hui, cette architecture fragile montre toutes ses fissures.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La région septentrionale de l'Éthiopie vit dans une condition ambiguë : formellement intégrée à l'État fédéral, politiquement suspendue, militairement imparfaitement pacifiée, socialement dévastée par des années de massacres, de famine, de déplacements forcés, de sièges, de vengeances et d'humiliations. Le Tigré n'est plus seulement une affaire éthiopienne. Il est devenu le point d'intersection entre la crise intérieure d'Addis-Abeba, la rivalité avec l'Érythrée, la question de l'accès à la mer Rouge, les tensions avec les milices amhara, le conflit en Oromia et la compétition entre puissances régionales dans le Corne de l'Afrique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La nouveauté la plus grave réside dans la décision du Front populaire de libération du Tigré de relancer des structures politiques antérieures à la guerre, comme s'il voulait remettre sur pied une légitimité parallèle face à l'administration transitoire née après Pretoria. C'est un passage extrêmement délicat. Pour Addis-Abeba, il peut apparaître comme un défi direct lancé à l'autorité fédérale. Pour l'aile dure tigréenne, il constitue au contraire la réponse à un accord jugé trahi, incomplet, humiliant. Entre les deux demeure une population qui a déjà payé un prix immense et qui risque de redevenir l'otage des stratégies des sommets politiques et militaires.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un TPLF divisé : une défaite qui n'a pas produit l'obéissance</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le nœud central est la fracture interne du <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Front_de_lib%C3%A9ration_du_peuple_du_Tigr%C3%A9" target="_blank">TPLF</a>. Pendant la guerre, le mouvement tigréen avait réussi à se présenter comme une force de résistance compacte contre Addis-Abeba, Asmara et les milices amhara. Après Pretoria, cette unité s'est fissurée. D'un côté s'est placée l'aile la plus pragmatique, incarnée par Getachew Reda, favorable à une difficile coexistence avec le gouvernement fédéral, dans la conviction que le Tigré, détruit et isolé, ne pouvait se permettre un nouveau cycle militaire. De l'autre s'est renforcée l'aile liée à <a class="link" href="https://en.wikipedia.org/wiki/Debretsion_Gebremichael" target="_blank">Debretsion Gebremichael</a>, plus hostile au compromis, plus convaincue que l'accord a gelé la défaite politique du Tigré sans garantir la sécurité, le retour des déplacés, le rétablissement complet des services, la justice et une autonomie réelle.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Cette division rend tout plus dangereux. Un TPLF vaincu mais uni aurait au moins conservé une chaîne de commandement identifiable. Un TPLF divisé produit au contraire des autorités concurrentes, des messages contradictoires, des forces armées locales imparfaitement contrôlables, des canaux informels avec des acteurs extérieurs et un risque permanent de provocation. Addis-Abeba peut exploiter cette division pour affaiblir l'ancien groupe dirigeant tigréen, mais risque en même temps de ne plus disposer d'un interlocuteur capable de garantir la stabilité de la région.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>C'est le paradoxe des guerres civiles gelées : le vainqueur croit avoir neutralisé son adversaire, alors qu'il l'a transformé en une masse politique instable, blessée, armée, privée de représentation pleine et donc plus exposée à la radicalisation.</strong></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Addis-Abeba face aux limites de la force</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le premier ministre <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Abiy_Ahmed" target="_blank">Abiy Ahmed</a>  a bâti son image internationale d'abord comme réformateur, puis comme homme de la victoire militaire, enfin comme dirigeant d'une puissance régionale appelée à peser dans la mer Rouge et sur le continent africain. Mais l'Éthiopie apparaît aujourd'hui beaucoup plus fragile que ne le suggère la rhétorique officielle.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le gouvernement fédéral doit contenir le Tigré, affronter l'<a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Insurrection_de_l%27arm%C3%A9e_de_lib%C3%A9ration_oromo" target="_blank">insurrection oromo</a>, gérer la rébellion des milices Fano en Amhara, éviter l'effondrement économique, maintenir l'unité de l'État et soutenir en même temps une projection stratégique vers la mer Rouge. C'est trop pour un seul centre de pouvoir. La force militaire fédérale demeure considérable, surtout grâce à l'aviation, aux drones, à l'artillerie et au contrôle des institutions étatiques. Mais la supériorité technique ne suffit pas lorsque le territoire se fragmente en plusieurs fronts politiques et armés.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Au Tigré, une nouvelle offensive fédérale ne serait pas une simple opération de police. Elle signifierait revenir dans une région qui connaît le combat de montagne, la mobilisation populaire, la guerre d'usure, la clandestinité politique et la résistance territoriale. </strong>Elle signifierait rouvrir des blessures encore vives. Elle signifierait probablement pousser une partie du TPLF à rechercher des appuis extérieurs. Et c'est là qu'entre en jeu le facteur le plus déstabilisant : l'Érythrée.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'Érythrée : l'ennemi d'hier peut devenir le partenaire tactique d'aujourd'hui</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Pendant la guerre du Tigré, l'Érythrée d'Issayas Afwerki fut l'alliée décisive d'Addis-Abeba contre le TPLF. Pour Asmara, l'ancien groupe dirigeant tigréen était l'ennemi historique, le résidu politique de la guerre entre l'Éthiopie et l'Érythrée, le sujet qui avait dominé Addis-Abeba pendant des années et conduit l'affrontement avec le régime érythréen. Pourtant, aujourd'hui, le schéma pourrait s'être inversé.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'Érythrée craint l'Éthiopie d'Abiy Ahmed autant, sinon plus, qu'elle ne craignait l'ancien TPLF. La raison est simple : la mer Rouge. L'Éthiopie est un géant démographique sans accès direct à la mer. Depuis 1993, après l'indépendance érythréenne, Addis-Abeba dépend des ports d'autrui, surtout de Djibouti. Cette dépendance a un coût économique immense et une signification stratégique encore plus grande. Aucune puissance régionale de plus de cent millions d'habitants n'accepte facilement de rester enfermée dans l'arrière-pays.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Lorsque Abiy parle de la nécessité historique d'un accès à la mer, Asmara y entend une menace. Le port d'Assab, perdu par l'Éthiopie avec l'indépendance érythréenne, reste dans la mémoire stratégique éthiopienne comme une blessure ouverte. Même si Addis-Abeba nie tout projet de guerre contre l'Érythrée, la rhétorique du « droit à la mer » produit inévitablement l'alarme. Dans cette logique, un Tigré instable peut devenir pour Asmara un instrument de contenement. Il n'est pas nécessaire d'aimer le TPLF. Il suffit de le considérer utile pour empêcher l'Éthiopie de concentrer ses forces contre l'Érythrée.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La politique régionale est pleine de ces renversements. Les ennemis absolus deviennent des alliés tactiques lorsque surgit une menace jugée plus grande. Et aujourd'hui, pour l'Érythrée, la menace principale n'est plus nécessairement le TPLF. C'est une Éthiopie qui revendique un rôle maritime.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La mer Rouge comme enjeu géoéconomique</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/96753458-67448345.jpg?v=1779975232" alt="L’Éthiopie au bord d’un nouvel embrasement de la Corne de l'Afrique : Tigré, la mèche rallumée" title="L’Éthiopie au bord d’un nouvel embrasement de la Corne de l'Afrique : Tigré, la mèche rallumée" />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto"><strong>Le cœur de la crise n'est pas seulement identitaire ou politique. Il est géoéconomique. Le Corne de l'Afrique est désormais l'une des charnières les plus importantes du système international : mer Rouge, Bab el-Mandeb, golfe d'Aden, routes vers Suez, bases militaires étrangères, ports, couloirs logistiques, trafics énergétiques, compétition entre puissances arabes, africaines, occidentales et asiatiques.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'Éthiopie, privée d'accès à la mer, voit sa souveraineté économique limitée. Dépendre de Djibouti signifie dépendre de tarifs, d'infrastructures, de vulnérabilités extérieures et de choix politiques qui ne sont pas entièrement maîtrisés. C'est pourquoi Addis-Abeba cherche des alternatives : le Somaliland, le Soudan lorsque les conditions le permettent, le Kenya, l'Érythrée dans l'hypothèse la plus ambitieuse et la plus risquée. Mais chaque ouverture vers la mer modifie les équilibres régionaux.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le mémorandum éthiopien avec le Somaliland avait déjà alarmé la Somalie, l'Égypte et d'autres acteurs régionaux. L'hypothèse d'une pression sur Assab inquiète l'Érythrée. Le rapport avec Djibouti reste indispensable mais coûteux. La Turquie, les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite, le Qatar, l'Égypte et les puissances occidentales observent avec attention, car le contrôle des infrastructures dans le Corne de l'Afrique signifie influence sur les routes entre Méditerranée, océan Indien et Afrique orientale.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Dans ce cadre, le Tigré devient un arrière-pays stratégique. Ce n'est pas un territoire périphérique. C'est une région charnière entre l'Éthiopie, l'Érythrée et le Soudan. Celui qui contrôle ou déstabilise le Tigré conditionne la sécurité du nord éthiopien et donc la liberté de manœuvre d'Addis-Abeba vers la mer Rouge.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Amhara et Oromia : l'État fédéral s'use de l'intérieur</b></div>
     <div>
      <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">La crise tigréenne serait déjà grave à elle seule. Elle devient plus dangereuse encore parce qu'elle s'inscrit dans un État traversé par d'autres fractures. En Amhara, les milices Fano, autrefois alliées du gouvernement fédéral contre le Tigré, se sont rebellées lorsque Addis-Abeba a tenté de limiter leur autonomie armée. Le pacte de guerre s'est brisé. Les Amhara redoutent d'être sacrifiés dans un compromis avec le Tigré, surtout sur les zones contestées du Tigré occidental, occupées pendant le conflit et encore au centre de revendications opposées.</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">En Oromia, le conflit avec l'Armée de libération oromo continue d'user le gouvernement fédéral dans le cœur politique et démographique de l'Éthiopie. C'est une blessure encore plus sensible, car Abiy lui-même provient de l'univers oromo et avait promis de dépasser l'ancienne architecture ethnique du pouvoir. Au contraire, le pays semble prisonnier d'un fédéralisme qui ne parvient ni à garantir une véritable autonomie ni à produire une véritable unité.</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Le résultat est un État formellement fort mais substantiellement surchargé. Trop de périphéries armées, trop de mémoires de violence, trop d'élites régionales méfiantes, trop de milices nées comme alliées et devenues menaces. L'Éthiopie ne risque pas nécessairement une dissolution immédiate, mais plutôt une lente militarisation permanente de la politique.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La dimension humanitaire : une paix sans reconstruction</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto"><strong>Le Tigré est aussi une tragédie sociale. Des millions de personnes ont été déplacées, des communautés entières ont perdu leurs maisons, leurs terres, leurs réseaux familiaux, leurs écoles, leurs hôpitaux, leurs moyens de subsistance. La fin des grandes opérations militaires n'a pas coïncidé avec le retour à la normalité. De nombreuses zones restent marquées par la destruction, la faim, la pauvreté extrême et la défiance envers toute autorité.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Une paix sans reconstruction n'est qu'une trêve administrative. Si les salaires publics n'arrivent pas, si les déplacés ne rentrent pas, si les services ne redémarrent pas, si les territoires contestés restent hors contrôle, si les responsables des violences ne sont pas poursuivis, le ressentiment devient un capital politique pour les plus durs. La population n'a pas besoin de nouveaux discours sur la réconciliation. Elle a besoin de sécurité, de pain, d'écoles, d'hôpitaux, du retour des proches, de la restitution des terres, de certitude juridique.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Sans cela, tout discours sur la stabilisation reste vide. Et le TPLF, même affaibli, peut continuer à se présenter comme le défenseur de l'identité tigréenne face à un pouvoir fédéral perçu comme punitif ou indifférent.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Scénarios économiques : le coût de la guerre permanente</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Sur le plan économique, l'Éthiopie ne peut pas se permettre un nouveau conflit septentrional. Le pays a besoin d'investissements, de crédit international, de stabilité monétaire, d'infrastructures, d'accès aux marchés et de soutien multilatéral. Mais aucun investisseur ne raisonne sereinement face à un État traversé par des guerres internes, des rivalités régionales et des menaces de conflit avec un voisin.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Une nouvelle guerre au Tigré aggraverait trois problèmes. D'abord, elle augmenterait le coût de la sécurité intérieure, retirant des ressources au développement, aux infrastructures et aux services. Ensuite, elle réduirait la crédibilité internationale d'Addis-Abeba au moment même où le gouvernement tente de se présenter comme un pôle économique africain. Enfin, elle rendrait encore plus urgente et plus agressive la recherche d'un débouché maritime, alimentant le cercle vicieux avec l'Érythrée et la Somalie.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>La géoéconomie est ici implacable. L'Éthiopie veut devenir une puissance industrielle et logistique de l'Afrique orientale, mais elle ne contrôle pas son accès à la mer. Elle veut attirer des capitaux, mais elle reste traversée par des conflits ethniques et régionaux. Elle veut parler comme une puissance continentale, mais elle doit encore pacifier son propre territoire. Cette contradiction est la vraie limite du projet d'Abiy Ahmed.</strong></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Évaluation stratégique et militaire</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Du point de vue militaire, une reprise de la guerre aurait des caractéristiques différentes de celles de 2020. À l'époque, le gouvernement fédéral avait pu compter sur une convergence large : armée éthiopienne, Érythrée, milices amhara, isolement diplomatique du TPLF, surprise initiale. Aujourd'hui, cette convergence n'existe plus sous la même forme. Les Amhara sont en tension avec Addis-Abeba. L'Érythrée se méfie d'Abiy. Le TPLF est divisé mais non anéanti. La communauté internationale regarderait avec davantage de suspicion une nouvelle aventure militaire.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'armée fédérale peut frapper, mais occuper et pacifier est une autre affaire. Les drones peuvent détruire des bases, des convois et des commandements, mais ils ne résolvent pas la question politique. L'aviation peut affaiblir une milice, non gouverner une région traumatisée. La supériorité militaire peut produire des victoires tactiques et des défaites stratégiques.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Pour le Tigré, le choix armé serait également désastreux. La région n'a pas la profondeur économique nécessaire pour soutenir un nouveau long conflit. La population est épuisée. Les infrastructures sont fragiles. L'isolement peut devenir mortel. Mais les guerres n'éclatent pas toujours parce que quelqu'un les juge rationnelles. Elles éclatent souvent parce que les acteurs impliqués voient dans la capitulation politique un risque pire que la guerre.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La partie géopolitique de la Corne de l'Afrique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La Corne de l'Afrique n'est plus une périphérie. C'est un carrefour de la compétition mondiale. L'Égypte regarde l'Éthiopie à travers le prisme du barrage sur le Nil Bleu. Les Émirats arabes unis et la Turquie observent les ports, les bases, les couloirs commerciaux et l'influence militaire. L'Arabie saoudite considère la mer Rouge comme profondeur stratégique. Les États-Unis et l'Europe redoutent de nouvelles migrations, le terrorisme, l'instabilité maritime et l'influence de puissances rivales. La Chine raisonne en termes d'infrastructures, de commerce et de continuité logistique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Dans cette partie, le Tigré est une pièce trop importante pour rester une question locale. Une crise dans cette région peut affaiblir Addis-Abeba, renforcer Asmara, influencer l'est soudanais, toucher le Nil, modifier les équilibres portuaires et relancer la compétition pour le contrôle des voies terrestres vers la mer Rouge.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">C'est pourquoi parler simplement de « crise du Tigré » est réducteur. Nous sommes devant une crise de l'État éthiopien et, en même temps, devant une crise de l'ordre régional de la Corne de l'Afrique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le vrai risque : une guerre par erreur</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le danger principal n'est pas nécessairement une décision planifiée de revenir à la guerre totale. Le danger, c'est l'incident. Un poste de contrôle, un affrontement local, une arrestation politique, une attaque de drones, une provocation le long de la frontière érythréenne, un mouvement de troupes interprété comme préparation offensive. Dans un contexte de défiance absolue, chaque geste peut devenir un casus belli.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La diplomatie devrait travailler sur trois niveaux : recomposer la fracture interne tigréenne, garantir l'application concrète de l'accord de Pretoria, désamorcer la tension entre l'Éthiopie et l'Érythrée sur la mer Rouge. Mais la diplomatie exige du temps, de la confiance et des incitations. Aujourd'hui, les trois manquent.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Addis-Abeba veut l'autorité. Le TPLF veut des garanties. L'Érythrée veut la sécurité. Les Amhara veulent des territoires et une protection. Les Oromo veulent une représentation. Les acteurs extérieurs veulent l'accès, les ports, l'influence et une stabilité sélective. C'est une somme de demandes incompatibles dans un système politique fragile.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Conclusion : la trêve ne suffit plus</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le Tigré démontre qu'une guerre peut finir sans vraiment finir. Les armes peuvent se taire, mais les causes demeurent. Le pouvoir peut changer de forme, mais non de nature. Les dirigeants peuvent signer des accords, mais les sociétés blessées demandent bien davantage : justice, sécurité, dignité, retour, mémoire.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'Éthiopie est aujourd'hui devant un choix décisif. Elle peut transformer Pretoria en véritable processus politique, en acceptant des compromis difficiles, la réintégration, la reconstruction et des garanties régionales. Ou bien elle peut considérer le défi du TPLF comme un problème à résoudre par la force. La première voie est lente, coûteuse, imparfaite. La seconde peut sembler plus rapide, mais elle risque d'incendier non seulement le Tigré, mais tout le nord éthiopien et peut-être le Corne de l'Afrique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le Tigré est une mèche parce que tous les acteurs ont de bonnes raisons de craindre les autres et de mauvaises raisons de leur faire confiance. C'est précisément ce mélange, plus encore que les armes, qui rend la crise explosive.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/africa/tigray-party-restores-pre-war-government-threat-northern-ethiopia-peace-2026-05-05/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/africa/tigray-party-restores-pre-war-government-threat-northern-ethiopia-peace-2026-05-05/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.crisisgroup.org/qna/africa/ethiopia-eritrea/power-struggle-ethiopias-tigray-averting-return-war" target="_blank">https://www.crisisgroup.org/qna/africa/ethiopia-eritrea/power-struggle-ethiopias-tigray-averting-return-war</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.crisisgroup.org/brf/africa/ethiopia-eritrea/b210-ethiopia-eritrea-and-tigray-powder-keg-horn-africa" target="_blank">https://www.crisisgroup.org/brf/africa/ethiopia-eritrea/b210-ethiopia-eritrea-and-tigray-powder-keg-horn-africa</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.atlanticcouncil.org/blogs/africasource/ethiopia-and-eritrea-are-on-the-brink-of-war-again/" target="_blank">https://www.atlanticcouncil.org/blogs/africasource/ethiopia-and-eritrea-are-on-the-brink-of-war-again/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://apnews.com/article/142daa3702199385ab5a66478af752b1" target="_blank">https://apnews.com/article/142daa3702199385ab5a66478af752b1</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://apnews.com/article/108f32cdd0c24ed009bb623b597b7c96" target="_blank">https://apnews.com/article/108f32cdd0c24ed009bb623b597b7c96</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://reliefweb.int/report/ethiopia/peace-and-instability-tigray-pretoria-agreement" target="_blank">https://reliefweb.int/report/ethiopia/peace-and-instability-tigray-pretoria-agreement</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.cfr.org/global-conflict-tracker/conflict/conflict-ethiopia" target="_blank">https://www.cfr.org/global-conflict-tracker/conflict/conflict-ethiopia</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.globalr2p.org/publications/ethiopia-on-the-brink-international-community-must-act-urgently-to-prevent-mass-atrocities/" target="_blank">https://www.globalr2p.org/publications/ethiopia-on-the-brink-international-community-must-act-urgently-to-prevent-mass-atrocities/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://igad.int/wp-content/uploads/2022/11/Download-the-signed-agreement-here.pdf" target="_blank">https://igad.int/wp-content/uploads/2022/11/Download-the-signed-agreement-here.pdf</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/giuseppe-gagliano-60785235/?originalSubdomain=it" target="_blank"><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span></a>  a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis). Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/christian-harbulot-a56b2912/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Christian Harbulot</a>, (EGE). <br />  Il collabore avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">Iassp de Milan</a>. <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels</strong></span>.</div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <br />  #RedSea #Geoeconomics #HornOfAfrica #MaritimeSecurity #GlobalTradeRoutes #EthiopiaCrisis #StrategicCorridors #BabElMandeb #RegionalStability #GeopoliticalAnalysis
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/L-Ethiopie-au-bord-d-un-nouvel-embrasement-de-la-Corne-de-l-Afrique-Tigre-la-meche-rallumee_a7652.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>La France globale se joue dans le Mare Nostrum.  Rivalités, énergie, profondeur stratégique : la Méditerranée révèle l’ambition française.</title>
   <updated>2026-05-31T11:05:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/La-France-globale-se-joue-dans-le-Mare-Nostrum-Rivalites-energie-profondeur-strategique-la-Mediterranee-revele-l_a7671.html</id>
   <category term="Géopolitique" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/96787804-67468556.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-05-31T10:11:00+02:00</published>
   <author><name>Giuseppe Gagliano</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La Méditerranée demeure le révélateur le plus sensible des ambitions françaises : un espace où se croisent rivalités de puissances, routes énergétiques, tensions migratoires et guerre invisible des fonds marins. Pour une France qui refuse le déclassement, tenir ce théâtre stratégique — de Toulon à Suez, de la Libye à Chypre — n’est plus un choix mais une condition de crédibilité, entre héritage maritime, compétition régionale et moyens militaires sous tension.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/96787804-67468556.jpg?v=1780218017" alt="La France globale se joue dans le Mare Nostrum.  Rivalités, énergie, profondeur stratégique : la Méditerranée révèle l’ambition française." title="La France globale se joue dans le Mare Nostrum.  Rivalités, énergie, profondeur stratégique : la Méditerranée révèle l’ambition française." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La Méditerranée, cœur battant d'une puissance qui refuse le déclassement</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La France aime se penser comme une puissance mondiale. Elle en a les attributs : siège permanent au Conseil de sécurité, force nucléaire, réseau diplomatique, territoires ultramarins, deuxième espace maritime mondial, industrie de défense, marine océanique, capacité de projection. Mais une puissance ne se mesure pas seulement à ses symboles. Elle se mesure à sa capacité de tenir les espaces où se décide l'histoire.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Et pour la France, l'un de ces espaces reste la Méditerranée.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La Méditerranée n'est pas une mer secondaire. Elle est le lieu où se croisent l'Europe, l'Afrique, le Proche-Orient, le monde turc, le monde russe, les routes de l'énergie, les câbles sous-marins, les flux migratoires, les trafics, les ports, les bases militaires, les mémoires coloniales et les ambitions impériales. Elle n'est pas seulement un espace maritime. Elle est un théâtre politique total.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La France le sait. Elle sait que son rang mondial ne se joue pas uniquement dans l'Indo-Pacifique, dans les Caraïbes ou dans l'océan Indien. Il se joue aussi à Toulon, à Marseille, en Corse, au large de la Libye, dans le Levant, en mer Rouge, autour de Suez, de Chypre, de la Grèce et du Maghreb. Le Mare Nostrum n'est plus romain, mais il demeure l'un des laboratoires de la puissance.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La Marine nationale comme instrument de souveraineté</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La Marine nationale n'est pas seulement une force armée. Elle est l'expression concrète de la souveraineté française sur les mers. Dans un monde où la mondialisation repose sur les flux maritimes, protéger une route, surveiller un détroit, escorter un navire, contrôler une zone économique exclusive, sécuriser un câble sous-marin ou déployer un groupe aéronaval signifie exercer du pouvoir.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La France dispose d'un outil rare en Europe : une marine capable d'opérer loin, longtemps, avec une profondeur stratégique. La présence du porte-avions Charles de Gaulle donne à Paris une capacité que peu d'États possèdent : déplacer un morceau de territoire souverain, armé, aérien et politique au cœur d'une crise. Le porte-avions n'est pas seulement un bâtiment militaire. C'est un message diplomatique. Lorsqu'il apparaît en Méditerranée orientale, en mer Rouge ou dans l'océan Indien, il dit que la France ne veut pas être spectatrice.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Mais cette ambition a un coût. Une marine mondiale exige des frégates, des sous-marins, des patrouilleurs, des avions, des équipages, des ports, de la maintenance, du renseignement, des satellites, des munitions, des capacités industrielles. La puissance maritime ne se décrète pas. Elle se finance, se construit et s'entretient.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La Méditerranée face au retour brutal des puissances</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La Méditerranée est redevenue un espace de rivalités ouvertes. La Russie y maintient une présence stratégique à travers la Syrie, malgré les fragilités créées par la guerre en Ukraine. Moscou a compris depuis longtemps que la Méditerranée orientale est une profondeur politique : elle permet de parler au Moyen-Orient, de peser sur l'Europe, de surveiller l'OTAN, de menacer indirectement les routes énergétiques et de montrer que la Russie n'est pas enfermée dans son espace continental.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La Turquie, de son côté, mène une stratégie maritime de plus en plus affirmée. La doctrine de la Patrie bleue traduit une volonté claire : faire de la mer un prolongement de la puissance turque. En Méditerranée orientale, à Chypre, en Libye, en mer Égée, Ankara conteste les équilibres anciens et cherche à imposer une lecture nouvelle des zones maritimes, des ressources énergétiques et des rapports de force.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Face à cela, la France se présente comme puissance d'équilibre, mais aussi comme puissance de résistance. Son rapprochement avec la Grèce, son soutien à Chypre, ses déploiements navals en Méditerranée orientale, sa vigilance en Libye et au Levant montrent que Paris ne veut pas laisser la Turquie redessiner seule l'ordre maritime régional.</strong></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La France et l'Italie : coopération nécessaire, rivalité permanente</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La Méditerranée est aussi le lieu d'une ambiguïté franco-italienne. Paris et Rome sont alliées, membres de l'Union européenne, membres de l'OTAN, partenaires industriels et voisins stratégiques. Mais elles sont aussi concurrentes. En Libye, en Afrique du Nord, dans les industries navales, dans les ports, dans l'énergie et dans les relations avec certains États du Sud, leurs intérêts ne coïncident pas toujours.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'Italie a une centralité géographique que la France ne peut pas ignorer. Elle est au milieu de la Méditerranée, face aux Balkans, à la Tunisie, à la Libye, à Malte, au canal de Sicile. La France, elle, possède une profondeur maritime plus vaste grâce à ses territoires ultramarins, à sa zone économique exclusive et à sa capacité de projection globale. <br />  <strong>Rome a la géographie immédiate. Paris a l'architecture mondiale.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">C'est pourquoi les deux pays sont condamnés à coopérer, mais aussi à se surveiller. La question migratoire, l'énergie, la Libye, la défense navale, les chantiers industriels, les routes commerciales et la présence en Afrique créent une rivalité feutrée. <br />  Elle n'empêche pas les convergences, mais elle interdit les illusions.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> La mer Rouge et Suez : le prolongement naturel du théâtre méditerranéen</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/96787804-67468713.jpg?v=1780218196" alt="La France globale se joue dans le Mare Nostrum.  Rivalités, énergie, profondeur stratégique : la Méditerranée révèle l’ambition française." title="La France globale se joue dans le Mare Nostrum.  Rivalités, énergie, profondeur stratégique : la Méditerranée révèle l’ambition française." />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">On ne peut plus penser la Méditerranée sans penser la mer Rouge. Le canal de Suez relie l'Europe à l'océan Indien, au Golfe, à l'Asie et à l'Indo-Pacifique. Dès qu'une crise éclate au Yémen, dans le détroit de Bab el-Mandeb, dans le golfe d'Aden ou autour de la mer Rouge, c'est l'économie européenne qui tremble : délais de livraison, assurances, prix du carburant, coûts logistiques, réorientation des routes par le cap de Bonne-Espérance.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Pour la France, la mer Rouge n'est donc pas un théâtre lointain. C'est l'arrière-cour stratégique de la Méditerranée. Protéger Suez, c'est protéger Marseille, Fos, Le Havre, les chaînes industrielles européennes, les importations énergétiques et les flux commerciaux. C'est aussi maintenir la crédibilité d'une Europe qui prétend défendre la liberté de navigation.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La présence française à Djibouti, les coopérations dans l'océan Indien et les déploiements navals dans la région s'inscrivent dans cette logique. La Méditerranée, la mer Rouge et l'Indo-Pacifique ne sont plus trois espaces séparés. Ils forment une seule chaîne maritime.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'Indo-Pacifique, miroir lointain de la puissance française</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La France parle beaucoup d'Indo-Pacifique parce qu'elle y possède des territoires, des citoyens, des bases, des intérêts et une immense zone économique exclusive. Mais l'Indo-Pacifique ne doit pas faire oublier la Méditerranée. Au contraire, il la prolonge.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Une France absente en Méditerranée ne serait pas crédible dans l'Indo-Pacifique. Une France incapable de défendre ses approches proches ne pourrait pas prétendre peser dans les mers lointaines. Le rang mondial commence près de chez soi. C'est pourquoi Toulon, la Corse, la Méditerranée orientale, Suez, Djibouti et l'océan Indien appartiennent à la même grammaire stratégique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le discours français sur l'autonomie stratégique européenne n'a de sens que si la France peut montrer, par ses moyens navals, qu'elle n'est pas seulement une puissance de conférence. Elle doit pouvoir surveiller, intervenir, dissuader, escorter, protéger et durer.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les fonds marins, les câbles et la guerre invisible</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La puissance maritime contemporaine ne se joue pas seulement à la surface. Elle se joue aussi sous la mer. Câbles de télécommunications, pipelines, infrastructures énergétiques, capteurs, drones sous-marins, zones de pêche, nodules, ressources minières : les fonds marins deviennent un espace de compétition stratégique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>La France, avec son immense zone économique exclusive, ne peut pas traiter cette question comme un détail technique. Celui qui contrôle les fonds marins contrôle une partie de l'économie numérique mondiale. Celui qui peut couper, espionner ou protéger les câbles sous-marins possède un levier considérable.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La guerre économique passe désormais par la mer invisible. Saboter un câble, surveiller une infrastructure, menacer un gazoduc, cartographier les fonds, développer des drones sous-marins : tout cela appartient au nouveau langage de la puissance. La Marine nationale doit donc être non seulement une marine de surface et de dissuasion, mais aussi une marine des profondeurs.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'énergie, les ports et la géoéconomie maritime</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto"><strong>La Méditerranée est aussi un espace énergétique</strong>. Gaz de Méditerranée orientale, terminaux portuaires, importations de gaz naturel liquéfié, pipelines, routes pétrolières, câbles électriques, interconnexions avec l'Afrique du Nord : tout ramène à la mer.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La France observe ce jeu avec une double préoccupation. D'un côté, elle veut sécuriser ses approvisionnements et ceux de l'Europe. De l'autre, elle veut empêcher que d'autres puissances utilisent l'énergie comme instrument de pression. La Russie l'a fait avec le gaz. La Turquie cherche à peser sur les routes et les zones maritimes. Les monarchies du Golfe investissent dans les ports, les infrastructures et les chaînes logistiques. La Chine avance par les terminaux, les financements et les corridors commerciaux.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Dans ce monde, un port n'est plus seulement un port. C'est une plateforme de souveraineté, un point d'entrée des marchandises, un lieu de renseignement économique, un instrument d'influence. Marseille-Fos, Toulon, Gênes, Trieste, Le Pirée, Tanger Med, Port-Saïd, Haïfa, Alexandrie : tous appartiennent à une même carte de la compétition.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La Méditerranée africaine : Maghreb, Sahel et profondeur stratégique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La France ne peut pas penser la Méditerranée sans penser l'Afrique du Nord et le Sahel. Le Maghreb est le voisinage immédiat. L'Algérie, le Maroc, la Tunisie et la Libye ne sont pas seulement des partenaires diplomatiques. Ils sont des espaces de mémoire, d'énergie, de migration, de sécurité et d'influence.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La crise sahélienne a affaibli la position française en Afrique de l'Ouest, mais elle renforce paradoxalement l'importance du littoral méditerranéen africain. Si la profondeur terrestre devient instable, la mer devient encore plus nécessaire. Les ports, les routes maritimes, les coopérations sécuritaires, les accords énergétiques et les relations migratoires deviennent des instruments de compensation.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La Libye reste le cas le plus révélateur. Pays fragmenté, riche en hydrocarbures, porte d'entrée migratoire, espace d'intervention turque, russe, égyptienne, émiratie et européenne, elle montre ce que devient la Méditerranée lorsque l'État s'effondre : une mer ouverte aux puissances extérieures.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La limite française : l'ambition mondiale face aux moyens</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La France veut être une puissance globale, mais ses moyens sont contraints. Le format de la Marine nationale reste tendu. Les frégates sont sollicitées, les équipages usés, les théâtres d'opération multiples. Méditerranée, Atlantique, mer Rouge, océan Indien, Pacifique, Caraïbes, golfe de Guinée : la carte est immense.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le risque est celui de la dispersion. Vouloir être partout peut conduire à ne dominer nulle part. La France doit donc hiérarchiser. Or la Méditerranée est un espace qu'elle ne peut pas abandonner. C'est là que se joue une part de sa sécurité intérieure, de son rang européen, de sa relation avec l'Afrique, de son influence au Moyen-Orient et de sa crédibilité maritime.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Il ne suffit pas de posséder une grande zone économique exclusive pour être une grande puissance maritime. Il faut être capable de la surveiller, de la défendre, de l'exploiter et de l'intégrer dans une stratégie cohérente.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Conclusion : la France maritime ou le risque du déclassement</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La France globale se joue dans le Mare Nostrum parce que la Méditerranée concentre toutes les contradictions du monde contemporain : guerre économique, rivalités militaires, routes commerciales, migrations, énergie, infrastructures, puissance turque, présence russe, ambitions chinoises, fragilité africaine, dépendance européenne, retour des marines et guerre invisible des fonds marins.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Paris possède encore des atouts considérables : Marine nationale, dissuasion nucléaire, industrie navale, porte-avions, territoires ultramarins, diplomatie, présence en Afrique et dans l'océan Indien. Mais ces atouts ne suffisent pas s'ils ne sont pas soutenus par une volonté politique durable.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>La mer ne pardonne pas les illusions</strong>. Elle appartient à ceux qui y sont présents, à ceux qui y investissent, à ceux qui savent relier ports, industries, diplomatie, renseignement, défense et commerce. La France a compris que son destin ne se joue pas seulement sur le continent européen. Il se joue aussi dans les détroits, les ports, les profondeurs, les routes et les zones grises de la mondialisation maritime.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>La Méditerranée n'est donc pas le passé de la puissance française. Elle en est l'épreuve présente. Et peut-être la condition de son avenir.</strong></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div id="message-objects">  <div class="notice" id="remote-objects-message" style="display: block;">&nbsp;</div>  </div>    <div id="messagebody">  <div class="message-htmlpart" id="message-htmlpart1">  <div class="rcmBody">  <div dir="auto">  <div><a class="link" href="https://www.defense.gouv.fr/sites/default/files/cesm/EM-hors-s%C3%A9rie-ForcesEtFaiblesses.pdf" target="_blank">https://www.defense.gouv.fr/sites/default/files/cesm/EM-hors-s%C3%A9rie-ForcesEtFaiblesses.pdf</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.defense.gouv.fr/cesm/nos-publications/breves-marines-du-cesm" target="_blank">https://www.defense.gouv.fr/cesm/nos-publications/breves-marines-du-cesm</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.defense.gouv.fr/sites/default/files/cesm/Etudes%20Marines%20-%20la%20M%C3%A9diterran%C3%A9e%20-%20format%20planche%20-%20NUM.pdf" target="_blank">https://www.defense.gouv.fr/sites/default/files/cesm/Etudes%20Marines%20-%20la%20M%C3%A9diterran%C3%A9e%20-%20format%20planche%20-%20NUM.pdf</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.vie-publique.fr/en-bref/294644-la-nouvelle-strategie-nationale-pour-la-mer-et-le-littoral" target="_blank">https://www.vie-publique.fr/en-bref/294644-la-nouvelle-strategie-nationale-pour-la-mer-et-le-littoral</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.vie-publique.fr/rapport/298655-strategie-nationale-pour-la-mer-et-le-littoral-selection-de-rapports" target="_blank">https://www.vie-publique.fr/rapport/298655-strategie-nationale-pour-la-mer-et-le-littoral-selection-de-rapports</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.vie-publique.fr/discours/300788-emmanuel-macron-05112025-puissance-maritime-de-la-france" target="_blank">https://www.vie-publique.fr/discours/300788-emmanuel-macron-05112025-puissance-maritime-de-la-france</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.ifri.org/sites/default/files/2026-01/plaquette_complete_cnp_2026_fr.pdf" target="_blank">https://www.ifri.org/sites/default/files/2026-01/plaquette_complete_cnp_2026_fr.pdf</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.ifri.org/sites/default/files/2025-08/ifri_chaker_guerre_au_commerce_marine_francaise_fs127_2025.pdf" target="_blank">https://www.ifri.org/sites/default/files/2025-08/ifri_chaker_guerre_au_commerce_marine_francaise_fs127_2025.pdf</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.ifri.org/sites/default/files/2025-06/ifri_audrand_securiser_economie_maritime_2025.pdf" target="_blank">https://www.ifri.org/sites/default/files/2025-06/ifri_audrand_securiser_economie_maritime_2025.pdf</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.defense.gouv.fr/sites/default/files/ministere-armees/20220210_LANCEMENT%20STRATEGIE%20FONDS%20MARINS_strat%C3%A9gie%20-%202.pdf" target="_blank">https://www.defense.gouv.fr/sites/default/files/ministere-armees/20220210_LANCEMENT%20STRATEGIE%20FONDS%20MARINS_strat%C3%A9gie%20-%202.pdf</a> </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/giuseppe-gagliano-60785235/?originalSubdomain=it" target="_blank"><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span></a>  a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis). Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/christian-harbulot-a56b2912/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Christian Harbulot</a>, (EGE). <br />  Il collabore avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">Iassp de Milan</a>. <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels</strong></span>.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <br />  <span>#Geopolitics </span><span>#MediterraneanSecurity </span><span>#MaritimeStrategy </span><span>#FrenchNavy </span><span>#GlobalPowerDynamics </span><span>#IndoPacific </span><span>#EnergySecurity </span><span>#NavalDefense </span><span>#StrategicRivalries </span><span>#InternationalRelations</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/La-France-globale-se-joue-dans-le-Mare-Nostrum-Rivalites-energie-profondeur-strategique-la-Mediterranee-revele-l_a7671.html" />
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  <entry>
   <title>France globale se joue dans le Mare Nostrum.  Rivalités, énergie, profondeur stratégique : la Méditerranée révèle l’ambition française.</title>
   <updated>2026-06-01T16:37:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/France-globale-se-joue-dans-le-Mare-Nostrum-Rivalites-energie-profondeur-strategique-la-Mediterranee-revele-l-ambition_a7672.html</id>
   <category term="Géopolitique" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/96788133-67468872.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-05-31T10:11:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La Méditerranée demeure le révélateur le plus sensible des ambitions françaises : un espace où se croisent rivalités de puissances, routes énergétiques, tensions migratoires et guerre invisible des fonds marins. Pour une France qui refuse le déclassement, tenir ce théâtre stratégique — de Toulon à Suez, de la Libye à Chypre — n’est plus un choix mais une condition de crédibilité, entre héritage maritime, compétition régionale et moyens militaires sous tension.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/96788133-67468872.jpg?v=1780218017" alt="France globale se joue dans le Mare Nostrum.  Rivalités, énergie, profondeur stratégique : la Méditerranée révèle l’ambition française." title="France globale se joue dans le Mare Nostrum.  Rivalités, énergie, profondeur stratégique : la Méditerranée révèle l’ambition française." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La Méditerranée, cœur battant d'une puissance qui refuse le déclassement</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La France aime se penser comme une puissance mondiale. Elle en a les attributs : siège permanent au Conseil de sécurité, force nucléaire, réseau diplomatique, territoires ultramarins, deuxième espace maritime mondial, industrie de défense, marine océanique, capacité de projection. Mais une puissance ne se mesure pas seulement à ses symboles. Elle se mesure à sa capacité de tenir les espaces où se décide l'histoire.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Et pour la France, l'un de ces espaces reste la Méditerranée.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La Méditerranée n'est pas une mer secondaire. Elle est le lieu où se croisent l'Europe, l'Afrique, le Proche-Orient, le monde turc, le monde russe, les routes de l'énergie, les câbles sous-marins, les flux migratoires, les trafics, les ports, les bases militaires, les mémoires coloniales et les ambitions impériales. Elle n'est pas seulement un espace maritime. Elle est un théâtre politique total.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La France le sait. Elle sait que son rang mondial ne se joue pas uniquement dans l'Indo-Pacifique, dans les Caraïbes ou dans l'océan Indien. Il se joue aussi à Toulon, à Marseille, en Corse, au large de la Libye, dans le Levant, en mer Rouge, autour de Suez, de Chypre, de la Grèce et du Maghreb. Le Mare Nostrum n'est plus romain, mais il demeure l'un des laboratoires de la puissance.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La Marine nationale comme instrument de souveraineté</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La Marine nationale n'est pas seulement une force armée. Elle est l'expression concrète de la souveraineté française sur les mers. Dans un monde où la mondialisation repose sur les flux maritimes, protéger une route, surveiller un détroit, escorter un navire, contrôler une zone économique exclusive, sécuriser un câble sous-marin ou déployer un groupe aéronaval signifie exercer du pouvoir.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La France dispose d'un outil rare en Europe : une marine capable d'opérer loin, longtemps, avec une profondeur stratégique. La présence du porte-avions Charles de Gaulle donne à Paris une capacité que peu d'États possèdent : déplacer un morceau de territoire souverain, armé, aérien et politique au cœur d'une crise. Le porte-avions n'est pas seulement un bâtiment militaire. C'est un message diplomatique. Lorsqu'il apparaît en Méditerranée orientale, en mer Rouge ou dans l'océan Indien, il dit que la France ne veut pas être spectatrice.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Mais cette ambition a un coût. Une marine mondiale exige des frégates, des sous-marins, des patrouilleurs, des avions, des équipages, des ports, de la maintenance, du renseignement, des satellites, des munitions, des capacités industrielles. La puissance maritime ne se décrète pas. Elle se finance, se construit et s'entretient.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La Méditerranée face au retour brutal des puissances</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La Méditerranée est redevenue un espace de rivalités ouvertes. La Russie y maintient une présence stratégique à travers la Syrie, malgré les fragilités créées par la guerre en Ukraine. Moscou a compris depuis longtemps que la Méditerranée orientale est une profondeur politique : elle permet de parler au Moyen-Orient, de peser sur l'Europe, de surveiller l'OTAN, de menacer indirectement les routes énergétiques et de montrer que la Russie n'est pas enfermée dans son espace continental.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La Turquie, de son côté, mène une stratégie maritime de plus en plus affirmée. La doctrine de la Patrie bleue traduit une volonté claire : faire de la mer un prolongement de la puissance turque. En Méditerranée orientale, à Chypre, en Libye, en mer Égée, Ankara conteste les équilibres anciens et cherche à imposer une lecture nouvelle des zones maritimes, des ressources énergétiques et des rapports de force.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Face à cela, la France se présente comme puissance d'équilibre, mais aussi comme puissance de résistance. Son rapprochement avec la Grèce, son soutien à Chypre, ses déploiements navals en Méditerranée orientale, sa vigilance en Libye et au Levant montrent que Paris ne veut pas laisser la Turquie redessiner seule l'ordre maritime régional.</strong></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La France et l'Italie : coopération nécessaire, rivalité permanente</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La Méditerranée est aussi le lieu d'une ambiguïté franco-italienne. Paris et Rome sont alliées, membres de l'Union européenne, membres de l'OTAN, partenaires industriels et voisins stratégiques. Mais elles sont aussi concurrentes. En Libye, en Afrique du Nord, dans les industries navales, dans les ports, dans l'énergie et dans les relations avec certains États du Sud, leurs intérêts ne coïncident pas toujours.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'Italie a une centralité géographique que la France ne peut pas ignorer. Elle est au milieu de la Méditerranée, face aux Balkans, à la Tunisie, à la Libye, à Malte, au canal de Sicile. La France, elle, possède une profondeur maritime plus vaste grâce à ses territoires ultramarins, à sa zone économique exclusive et à sa capacité de projection globale. <br />  <strong>Rome a la géographie immédiate. Paris a l'architecture mondiale.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">C'est pourquoi les deux pays sont condamnés à coopérer, mais aussi à se surveiller. La question migratoire, l'énergie, la Libye, la défense navale, les chantiers industriels, les routes commerciales et la présence en Afrique créent une rivalité feutrée. <br />  Elle n'empêche pas les convergences, mais elle interdit les illusions.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> La mer Rouge et Suez : le prolongement naturel du théâtre méditerranéen</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/96788133-67468877.jpg?v=1780218196" alt="France globale se joue dans le Mare Nostrum.  Rivalités, énergie, profondeur stratégique : la Méditerranée révèle l’ambition française." title="France globale se joue dans le Mare Nostrum.  Rivalités, énergie, profondeur stratégique : la Méditerranée révèle l’ambition française." />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">On ne peut plus penser la Méditerranée sans penser la mer Rouge. Le canal de Suez relie l'Europe à l'océan Indien, au Golfe, à l'Asie et à l'Indo-Pacifique. Dès qu'une crise éclate au Yémen, dans le détroit de Bab el-Mandeb, dans le golfe d'Aden ou autour de la mer Rouge, c'est l'économie européenne qui tremble : délais de livraison, assurances, prix du carburant, coûts logistiques, réorientation des routes par le cap de Bonne-Espérance.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Pour la France, la mer Rouge n'est donc pas un théâtre lointain. C'est l'arrière-cour stratégique de la Méditerranée. Protéger Suez, c'est protéger Marseille, Fos, Le Havre, les chaînes industrielles européennes, les importations énergétiques et les flux commerciaux. C'est aussi maintenir la crédibilité d'une Europe qui prétend défendre la liberté de navigation.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La présence française à Djibouti, les coopérations dans l'océan Indien et les déploiements navals dans la région s'inscrivent dans cette logique. La Méditerranée, la mer Rouge et l'Indo-Pacifique ne sont plus trois espaces séparés. Ils forment une seule chaîne maritime.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'Indo-Pacifique, miroir lointain de la puissance française</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La France parle beaucoup d'Indo-Pacifique parce qu'elle y possède des territoires, des citoyens, des bases, des intérêts et une immense zone économique exclusive. Mais l'Indo-Pacifique ne doit pas faire oublier la Méditerranée. Au contraire, il la prolonge.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Une France absente en Méditerranée ne serait pas crédible dans l'Indo-Pacifique. Une France incapable de défendre ses approches proches ne pourrait pas prétendre peser dans les mers lointaines. Le rang mondial commence près de chez soi. C'est pourquoi Toulon, la Corse, la Méditerranée orientale, Suez, Djibouti et l'océan Indien appartiennent à la même grammaire stratégique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le discours français sur l'autonomie stratégique européenne n'a de sens que si la France peut montrer, par ses moyens navals, qu'elle n'est pas seulement une puissance de conférence. Elle doit pouvoir surveiller, intervenir, dissuader, escorter, protéger et durer.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les fonds marins, les câbles et la guerre invisible</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La puissance maritime contemporaine ne se joue pas seulement à la surface. Elle se joue aussi sous la mer. Câbles de télécommunications, pipelines, infrastructures énergétiques, capteurs, drones sous-marins, zones de pêche, nodules, ressources minières : les fonds marins deviennent un espace de compétition stratégique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>La France, avec son immense zone économique exclusive, ne peut pas traiter cette question comme un détail technique. Celui qui contrôle les fonds marins contrôle une partie de l'économie numérique mondiale. Celui qui peut couper, espionner ou protéger les câbles sous-marins possède un levier considérable.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La guerre économique passe désormais par la mer invisible. Saboter un câble, surveiller une infrastructure, menacer un gazoduc, cartographier les fonds, développer des drones sous-marins : tout cela appartient au nouveau langage de la puissance. La Marine nationale doit donc être non seulement une marine de surface et de dissuasion, mais aussi une marine des profondeurs.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'énergie, les ports et la géoéconomie maritime</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto"><strong>La Méditerranée est aussi un espace énergétique</strong>. Gaz de Méditerranée orientale, terminaux portuaires, importations de gaz naturel liquéfié, pipelines, routes pétrolières, câbles électriques, interconnexions avec l'Afrique du Nord : tout ramène à la mer.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La France observe ce jeu avec une double préoccupation. D'un côté, elle veut sécuriser ses approvisionnements et ceux de l'Europe. De l'autre, elle veut empêcher que d'autres puissances utilisent l'énergie comme instrument de pression. La Russie l'a fait avec le gaz. La Turquie cherche à peser sur les routes et les zones maritimes. Les monarchies du Golfe investissent dans les ports, les infrastructures et les chaînes logistiques. La Chine avance par les terminaux, les financements et les corridors commerciaux.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Dans ce monde, un port n'est plus seulement un port. C'est une plateforme de souveraineté, un point d'entrée des marchandises, un lieu de renseignement économique, un instrument d'influence. Marseille-Fos, Toulon, Gênes, Trieste, Le Pirée, Tanger Med, Port-Saïd, Haïfa, Alexandrie : tous appartiennent à une même carte de la compétition.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La Méditerranée africaine : Maghreb, Sahel et profondeur stratégique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La France ne peut pas penser la Méditerranée sans penser l'Afrique du Nord et le Sahel. Le Maghreb est le voisinage immédiat. L'Algérie, le Maroc, la Tunisie et la Libye ne sont pas seulement des partenaires diplomatiques. Ils sont des espaces de mémoire, d'énergie, de migration, de sécurité et d'influence.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La crise sahélienne a affaibli la position française en Afrique de l'Ouest, mais elle renforce paradoxalement l'importance du littoral méditerranéen africain. Si la profondeur terrestre devient instable, la mer devient encore plus nécessaire. Les ports, les routes maritimes, les coopérations sécuritaires, les accords énergétiques et les relations migratoires deviennent des instruments de compensation.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La Libye reste le cas le plus révélateur. Pays fragmenté, riche en hydrocarbures, porte d'entrée migratoire, espace d'intervention turque, russe, égyptienne, émiratie et européenne, elle montre ce que devient la Méditerranée lorsque l'État s'effondre : une mer ouverte aux puissances extérieures.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La limite française : l'ambition mondiale face aux moyens</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La France veut être une puissance globale, mais ses moyens sont contraints. Le format de la Marine nationale reste tendu. Les frégates sont sollicitées, les équipages usés, les théâtres d'opération multiples. Méditerranée, Atlantique, mer Rouge, océan Indien, Pacifique, Caraïbes, golfe de Guinée : la carte est immense.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le risque est celui de la dispersion. Vouloir être partout peut conduire à ne dominer nulle part. La France doit donc hiérarchiser. Or la Méditerranée est un espace qu'elle ne peut pas abandonner. C'est là que se joue une part de sa sécurité intérieure, de son rang européen, de sa relation avec l'Afrique, de son influence au Moyen-Orient et de sa crédibilité maritime.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Il ne suffit pas de posséder une grande zone économique exclusive pour être une grande puissance maritime. Il faut être capable de la surveiller, de la défendre, de l'exploiter et de l'intégrer dans une stratégie cohérente.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Conclusion : la France maritime ou le risque du déclassement</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La France globale se joue dans le Mare Nostrum parce que la Méditerranée concentre toutes les contradictions du monde contemporain : guerre économique, rivalités militaires, routes commerciales, migrations, énergie, infrastructures, puissance turque, présence russe, ambitions chinoises, fragilité africaine, dépendance européenne, retour des marines et guerre invisible des fonds marins.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Paris possède encore des atouts considérables : Marine nationale, dissuasion nucléaire, industrie navale, porte-avions, territoires ultramarins, diplomatie, présence en Afrique et dans l'océan Indien. Mais ces atouts ne suffisent pas s'ils ne sont pas soutenus par une volonté politique durable.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>La mer ne pardonne pas les illusions</strong>. Elle appartient à ceux qui y sont présents, à ceux qui y investissent, à ceux qui savent relier ports, industries, diplomatie, renseignement, défense et commerce. La France a compris que son destin ne se joue pas seulement sur le continent européen. Il se joue aussi dans les détroits, les ports, les profondeurs, les routes et les zones grises de la mondialisation maritime.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>La Méditerranée n'est donc pas le passé de la puissance française. Elle en est l'épreuve présente. Et peut-être la condition de son avenir.</strong></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div id="message-objects">  <div class="notice" id="remote-objects-message" style="display: block;">&nbsp;</div>  </div>    <div id="messagebody">  <div class="message-htmlpart" id="message-htmlpart1">  <div class="rcmBody">  <div dir="auto">  <div><a class="link" href="https://www.defense.gouv.fr/sites/default/files/cesm/EM-hors-s%C3%A9rie-ForcesEtFaiblesses.pdf" target="_blank">https://www.defense.gouv.fr/sites/default/files/cesm/EM-hors-s%C3%A9rie-ForcesEtFaiblesses.pdf</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.defense.gouv.fr/cesm/nos-publications/breves-marines-du-cesm" target="_blank">https://www.defense.gouv.fr/cesm/nos-publications/breves-marines-du-cesm</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.defense.gouv.fr/sites/default/files/cesm/Etudes%20Marines%20-%20la%20M%C3%A9diterran%C3%A9e%20-%20format%20planche%20-%20NUM.pdf" target="_blank">https://www.defense.gouv.fr/sites/default/files/cesm/Etudes%20Marines%20-%20la%20M%C3%A9diterran%C3%A9e%20-%20format%20planche%20-%20NUM.pdf</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.vie-publique.fr/en-bref/294644-la-nouvelle-strategie-nationale-pour-la-mer-et-le-littoral" target="_blank">https://www.vie-publique.fr/en-bref/294644-la-nouvelle-strategie-nationale-pour-la-mer-et-le-littoral</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.vie-publique.fr/rapport/298655-strategie-nationale-pour-la-mer-et-le-littoral-selection-de-rapports" target="_blank">https://www.vie-publique.fr/rapport/298655-strategie-nationale-pour-la-mer-et-le-littoral-selection-de-rapports</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.vie-publique.fr/discours/300788-emmanuel-macron-05112025-puissance-maritime-de-la-france" target="_blank">https://www.vie-publique.fr/discours/300788-emmanuel-macron-05112025-puissance-maritime-de-la-france</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.ifri.org/sites/default/files/2026-01/plaquette_complete_cnp_2026_fr.pdf" target="_blank">https://www.ifri.org/sites/default/files/2026-01/plaquette_complete_cnp_2026_fr.pdf</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.ifri.org/sites/default/files/2025-08/ifri_chaker_guerre_au_commerce_marine_francaise_fs127_2025.pdf" target="_blank">https://www.ifri.org/sites/default/files/2025-08/ifri_chaker_guerre_au_commerce_marine_francaise_fs127_2025.pdf</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.ifri.org/sites/default/files/2025-06/ifri_audrand_securiser_economie_maritime_2025.pdf" target="_blank">https://www.ifri.org/sites/default/files/2025-06/ifri_audrand_securiser_economie_maritime_2025.pdf</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.defense.gouv.fr/sites/default/files/ministere-armees/20220210_LANCEMENT%20STRATEGIE%20FONDS%20MARINS_strat%C3%A9gie%20-%202.pdf" target="_blank">https://www.defense.gouv.fr/sites/default/files/ministere-armees/20220210_LANCEMENT%20STRATEGIE%20FONDS%20MARINS_strat%C3%A9gie%20-%202.pdf</a> </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/giuseppe-gagliano-60785235/?originalSubdomain=it" target="_blank"><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span></a>  a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis). Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/christian-harbulot-a56b2912/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Christian Harbulot</a>, (EGE). <br />  Il collabore avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">Iassp de Milan</a>. <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels</strong></span>.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <br />  <span>#Geopolitics </span><span>#MediterraneanSecurity </span><span>#MaritimeStrategy </span><span>#FrenchNavy </span><span>#GlobalPowerDynamics </span><span>#IndoPacific </span><span>#EnergySecurity </span><span>#NavalDefense </span><span>#StrategicRivalries </span><span>#InternationalRelations</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/France-globale-se-joue-dans-le-Mare-Nostrum-Rivalites-energie-profondeur-strategique-la-Mediterranee-revele-l-ambition_a7672.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Bab el-Mandeb, l'autre détroit où peut se jouer la guerre</title>
   <updated>2026-04-15T14:47:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Bab-el-Mandeb-l-autre-detroit-ou-peut-se-jouer-la-guerre_a7396.html</id>
   <category term="Géopolitique" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/96056767-67017489.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-04-15T14:47:00+02:00</published>
   <author><name>Giuseppe Gagliano</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Alors que l’attention internationale reste braquée sur le détroit d’Hormuz, un autre passage stratégique pourrait devenir l’épicentre de la confrontation entre Washington et Téhéran. À Bab el-Mandeb, l’Iran dispose d’un levier discret mais potentiellement déstabilisateur, capable de transformer une crise régionale en choc global pour les routes énergétiques et commerciales.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/96056767-67017489.jpg?v=1776256920" alt="Bab el-Mandeb, l'autre détroit où peut se jouer la guerre" title="Bab el-Mandeb, l'autre détroit où peut se jouer la guerre" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Bab el-Mandeb, l’autre détroit où pourrait basculer la crise</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">À force de regarder Hormuz, on risque de ne pas voir l'autre verrou. Pourtant, si la confrontation entre Washington et Téhéran devait franchir un nouveau seuil, c'est peut-être moins dans le Golfe persique que sur la route de la mer Rouge que se jouerait la prochaine phase de la crise. <br />   <br />  <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bab-el-Mandeb" target="_blank">Bab el-Mandeb</a>  n'a ni la célébrité stratégique d'Hormuz ni sa charge symbolique, mais il possède un avantage décisif dans la logique iranienne : il permettrait à Téhéran de frapper indirectement ses adversaires, en élargissant le conflit sans s'exposer tout de suite à un affrontement frontal total.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une négociation devenue champ de bataille symbolique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La crise est arrivée à un point où les deux camps veulent sortir non pas avec un compromis, mais avec une image de victoire. C'est là que réside le danger. Quand une négociation n'est plus pensée comme une médiation entre intérêts opposés, mais comme l'instrument d'une reddition de l'adversaire, elle cesse d'être un chemin de désescalade et devient un simple intervalle entre deux poussées de violence. <br />   <br />  <strong>C'est exactement ce que suggère l'attitude américaine : exiger non pas presque tout, mais tout. Une telle ligne place l'Iran devant une alternative brutale : céder ou déplacer le champ de bataille.</strong></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’axe yéménite, profondeur stratégique de Téhéran</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">Sous cet angle, Bab el-Mandeb devient une carte plausible. Après les affrontements des dernières semaines, Téhéran a vu se réduire une partie de ses options. Il lui reste surtout deux leviers majeurs : menacer les installations énergétiques des monarchies du Golfe et utiliser l'axe yéménite pour perturber le trafic dans le détroit reliant la mer Rouge au golfe d'Aden. Ce n'est pas un détail technique. Depuis la crise du Golfe persique, cette route a pris une importance croissante pour les exportations saoudiennes. Cela signifie qu'une fermeture, même partielle, ne toucherait pas seulement Riyad : elle frapperait les chaînes logistiques, les assurances maritimes, les coûts énergétiques et l'ensemble du commerce passant par Suez.</span> <br />   <br />  <span style="white-space: pre-wrap;">L'aspect le plus intéressant est que cette menace serait asymétrique. L'Iran n'aurait pas besoin d'apparaître en première ligne. Il lui suffirait d'activer une pression par intermédiaires, en utilisant l'espace yéménite comme profondeur stratégique. De cette manière, Téhéran pourrait envoyer un message clair : si les États-Unis cherchent à l'étrangler à Hormuz, eux peuvent étendre l'instabilité jusqu'à la mer Rouge. C'est une logique de compensation géopolitique. À chaque tentative d'encerclement répond une extension du théâtre de crise.</span></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’Europe, victime collatérale d’un bras de fer qui la dépasse</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">Le paradoxe est que cette spirale naît d'une question que Washington présente comme strictement nucléaire. Or c'est précisément là que l'argument américain perd en crédibilité. L'Iran avait déjà accepté par le passé des limitations sévères sur l'enrichissement de l'uranium et les inspections internationales avaient reconnu le respect des engagements pendant plusieurs années. <br />   <br />  En se retirant de cet équilibre, les États-Unis ont rouvert un dossier qu'ils affirment aujourd'hui vouloir fermer à tout prix. Le problème n'est donc pas seulement la prolifération. Le problème est le type d'ordre régional que Washington veut imposer et le refus iranien d'accepter une capitulation stratégique déguisée en accord diplomatique.</span> <br />   <br />  <span style="white-space: pre-wrap;"><strong>Dans ce contexte, l'Europe apparaît comme la grande perdante. Elle subit les conséquences de décisions qu'elle n'a pas prises, paie l'énergie plus cher, redécouvre sa dépendance et voit se réduire sa marge de manœuvre sur tous les autres fronts, y compris l'Ukraine.</strong> <br />   <br />  Plus la crise s'allonge, plus le continent s'affaiblit. Pendant ce temps, la Russie gagne du temps, consolide ses positions et bénéficie d'un environnement international devenu plus défavorable aux intérêts européens. Il y a là une ironie sévère de l'histoire : en cherchant à isoler l'Iran et à contenir Moscou, l'Occident risque de renforcer indirectement les deux dynamiques qu'il voulait briser.</span></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quatre scénarios, du compromis fragile à la rupture systémique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">Les scénarios possibles sont désormais au nombre de quatre. <br />   <br />  Le premier est celui d'un compromis provisoire : suspension partielle de l'enrichissement, langage diplomatique dur pour sauver les apparences, et reprise d'un dialogue fragile. <br />   <br />  Le deuxième est celui d'un maintien de la pression sur Hormuz, avec une réponse iranienne calibrée mais sans explosion générale. <br />   <br />  Le troisième, plus dangereux, verrait l'axe yéménite entrer pleinement en scène et Bab el-Mandeb devenir la nouvelle ligne de fracture de la guerre énergétique mondiale. <br />   <br />  Le quatrième, le plus redoutable, serait une attaque élargie contre les infrastructures pétrolières du Golfe, ce qui propulserait immédiatement le conflit à un niveau systémique.</span> <br />   <br />  <span style="white-space: pre-wrap;">Ce qui se joue, en réalité, dépasse l'Iran, Trump ou même la question nucléaire. Il s'agit de savoir si le système international peut encore absorber des crises régionales sans qu'elles ne se transforment en guerre des détroits, des flux commerciaux et des approvisionnements énergétiques. <br />   <br />  <strong>Bab el-Mandeb n'est pas seulement un passage maritime. C'est l'un des points où l'on mesure la fragilité d'un monde qui croyait pouvoir dominer les routes du commerce sans payer le prix de la fragmentation géopolitique.</strong></span></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources </b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.iaea.org/newscenter/news/jcpoa-implementation-day-ushers-new-phase-iaea-iran-director-general-amano" target="_blank">https://www.iaea.org/newscenter/news/jcpoa-implementation-day-ushers-new-phase-iaea-iran-director-general-amano</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.iaea.org/newscenter/news/iran-is-implementing-nuclear-related-jcpoa-commitments-director-general-amano-tells-iaea-board" target="_blank">https://www.iaea.org/newscenter/news/iran-is-implementing-nuclear-related-jcpoa-commitments-director-general-amano-tells-iaea-board</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.iaea.org/sites/default/files/documents/gov2018-47.pdf" target="_blank">https://www.iaea.org/sites/default/files/documents/gov2018-47.pdf</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.iaea.org/newscenter/focus/iran/iaea-and-iran-iaea-board-reports" target="_blank">https://www.iaea.org/newscenter/focus/iran/iaea-and-iran-iaea-board-reports</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de l'auteur</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/giuseppe-gagliano-60785235/?originalSubdomain=it" target="_blank"><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span></a>  a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis). Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/christian-harbulot-a56b2912/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Christian Harbulot</a>, (EGE). <br />  Il collabore avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">Iassp de Milan</a>. <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <br />  #géopolitique #Iran #ÉtatsUnis #BabElMandeb #détroitsstratégiques #merRouge #crisenucléaire #MoyenOrient #commerceMaritime #tensionsinternationales
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Bab-el-Mandeb-l-autre-detroit-ou-peut-se-jouer-la-guerre_a7396.html" />
  </entry>
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