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 <title>www.veillemag.com</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-11T20:10:55+02:00</updated>
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   <title>Rapport « Les systèmes d’alerte et de communication à la population en situation de crise » La Cour des Comptes</title>
   <updated>2025-11-19T15:19:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Rapport-Les-systemes-d-alerte-et-de-communication-a-la-population-en-situation-de-crise-La-Cour-des-Comptes_a6605.html</id>
   <category term="Gestion et Communication de crise" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/92674524-64921027.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-11-19T14:45:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La France peine encore à se doter d’une véritable stratégie de préparation aux crises : à peine plus de la moitié des communes disposent d’un Plan Communal de Sauvegarde, l’outil FR-Alert reste méconnu, le réseau de sirènes vieillit et la culture du risque demeure fragile. Entre dispositifs techniques à clarifier et citoyens trop peu impliqués, l’urgence est désormais de bâtir une résilience collective, en mobilisant administrations, entreprises et professionnels de la gestion de crise.     <div>
      <blockquote>La Cour des comptes vient de livrer une analyse approfondie sur l’état des systèmes d’alerte et de communication à la population en cas de crise, mettant en lumière des avancées notables mais aussi des fragilités persistantes.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Encore des progrès à faire ...</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/92674524-64921027.jpg?v=1763561812" alt="Rapport « Les systèmes d’alerte et de communication à la population en situation de crise » La Cour des Comptes" title="Rapport « Les systèmes d’alerte et de communication à la population en situation de crise » La Cour des Comptes" />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Publié le 14 novembre 2025, ce rapport s’inscrit dans un contexte où les risques naturels, industriels et technologiques se multiplient et où la nécessité d’informer rapidement et efficacement les citoyens devient déterminante. <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.ccomptes.fr/fr/publications/les-systemes-dalerte-et-de-communication-la-population-en-situation-de-crise" target="_blank">La Cour des Comptes</a>  souligne que des outils modernes comme <a class="link" href="https://fr-alert.gouv.fr/" target="_blank">FR-Alert</a>, déployé depuis 2022, ont considérablement renforcé la capacité de l’État à diffuser des messages d’urgence en temps réel. <strong>Toutefois, elle insiste sur le fait que la préparation des acteurs locaux, la coordination des dispositifs et la culture du risque au sein de la population demeurent insuffisantes</strong></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’étude met en évidence une tension entre la sophistication croissante des technologies et la difficulté à les intégrer dans un maillage territorial cohérent. </b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Les collectivités locales, parfois réticentes à identifier les risques auxquels elles sont exposées, peinent à s’approprier ces dispositifs. <br />  La Cour des comptes appelle ainsi à un dialogue renforcé entre l’État et les collectivités, afin d’assurer un accompagnement plus efficace, notamment pour celles qui sont les plus vulnérables. Elle rappelle que l’efficacité d’un système d’alerte ne repose pas seulement sur la technologie, mais aussi sur la capacité des <a class="link" href="https://www.banquedesterritoires.fr/systemes-lalerte-et-de-communication-en-temps-de-crise-la-cour-des-comptes-plaide-pour-un" target="_blank">institutions</a>  à travailler ensemble et sur la confiance des citoyens dans les messages reçus.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le rapport insiste également sur la nécessité de développer une véritable culture du risque en France. </b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Trop souvent, les populations ne connaissent pas les comportements à adopter face à une alerte, ce qui réduit l’impact des dispositifs mis en place. La Cour plaide pour une pédagogie continue, intégrée dans la vie quotidienne, afin que les messages d’urgence ne soient pas perçus comme des injonctions abstraites mais comme des consignes immédiatement compréhensibles et applicables.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Pour une appropriation collection et une meilleure synchronisation</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Ce document met en lumière une contradiction : la France dispose d’outils performants, mais leur efficacité reste conditionnée à une appropriation collective et à une meilleure synchronisation entre les différents niveaux de responsabilité. <br />  La Cour des comptes ne se contente pas de dresser un constat, elle invite à une réflexion sur la manière dont l’État et les collectivités peuvent transformer ces systèmes en véritables leviers de résilience face aux crises à venir. <br />   <br />  La France est à la croisée des chemins : soit elle transforme ses systèmes d’alerte en un réflexe collectif, soit elle continue à exposer sa population à l’incertitude. Le rapport de la Cour des comptes n’est pas une simple recommandation, c’est un appel à la responsabilité. Et dans ce domaine, chaque minute perdue peut coûter des vies.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Consulter le Rapport</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/92674524-64921316.jpg?v=1763561497" alt="Rapport « Les systèmes d’alerte et de communication à la population en situation de crise » La Cour des Comptes" title="Rapport « Les systèmes d’alerte et de communication à la population en situation de crise » La Cour des Comptes" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Rapport-Les-systemes-d-alerte-et-de-communication-a-la-population-en-situation-de-crise-La-Cour-des-Comptes_a6605.html" />
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  <entry>
   <title>Quand la diffusion en direct d’actes de barbarie sort de l’ombre numérique. Par Jan-Cédric Hansen</title>
   <updated>2025-08-25T15:47:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Quand-la-diffusion-en-direct-d-actes-de-barbarie-sort-de-l-ombre-numerique-Par-Jan-Cedric-Hansen_a6276.html</id>
   <category term="Intelligence des risques" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/90693824-63908024.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-08-24T10:45:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quand la réalité la plus barbare dépasse la fiction, force est de constater qu’il existe un véritable malaise dans la société. Refuser que l’écran devienne le théâtre d’une barbarie participative sans horizon d’élaboration est la condition pour préserver une frontière entre le vivre ensemble et sa négation.     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La mort diffusée à grande échelle n’a rien de nouveau. <br />   <br />  Depuis les premiers reportages de guerre, les catastrophes retransmises en direct ou les exécutions filmées par des groupes terroristes à des fins de propagande, le monde est familier de la mort donnée à voir. <br />   <br />  Ces images ont progressivement été encadrées, contextualisées, régulées par les médias et les institutions. <br />   <br />  L’événement traumatique, même en direct, s’inscrivait toujours dans une logique politique, militaire ou journalistique.&nbsp; <br />   <br />  La nouveauté ne réside donc pas dans la visibilité de la mort. Ce qui surgit aujourd’hui est d’une autre nature : le paradigme du <a class="link" href="https://en.wikipedia.org/wiki/Snuff_film" target="_blank">snuff movie</a>, longtemps resté ultraconfidentiel, s’invite désormais brutalement dans l’espace numérique grand public. <br />   <br />   <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le cas du streamer français mort en direct sur la plateforme Kick illustre cette bascule. </b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/90693824-63908024.jpg?v=1756034154" alt="Quand la diffusion en direct d’actes de barbarie sort de l’ombre numérique. Par Jan-Cédric Hansen" title="Quand la diffusion en direct d’actes de barbarie sort de l’ombre numérique. Par Jan-Cédric Hansen" />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Après dix jours de privations et d’ingestions toxiques, son agonie a été suivie, commentée et encouragée en ligne. <br />   <br />  Nous ne sommes plus dans l’instant tragique mais dans la temporalité d’un supplice. Et surtout, la logique n’est plus celle de l’information ou de l’intimidation : la souffrance devient spectacle interactif, marchandisé par le flux, les dons et les abonnements. <br />   <br />  <strong>La mort n’est plus un événement, mais une performance produite pour l’audience.</strong> <br />   <br />  Les philosophes avaient anticipé certains des ressorts que nous voyons à l’œuvre. <br />   <br />  Emmanuel Levinas rappelait que le visage d’autrui nous engage à une responsabilité infinie. Ici, ce visage est nié, réduit à une ressource émotionnelle pour capter des vues. <br />   <br />  Hannah Arendt, en analysant la banalisation du mal, montrait combien l’inhumain devient plus redoutable lorsqu’il s’inscrit dans la normalité : dix jours d’agonie suivis comme un feuilleton en donnent une illustration extrême. <br />   <br />  Michel Foucault avait décrit la mise en scène des supplices comme rituel politique de souveraineté ; elle ressurgit aujourd’hui dans le numérique, non plus au service du pouvoir, mais de l’économie de l’attention. <br />   <br />  Les sociologues offrent également des clés. <br />   <br />  Zygmunt Bauman parlait de « modernité liquide », où les repères collectifs se dissolvent. <br />  Dans ce flux, tout peut devenir contenu, y compris la destruction d’un être humain. <br />   <br />  Pierre Bourdieu soulignait que la logique d’audience structure les champs médiatiques : elle se déploie désormais dans les plateformes, où chaque clic se convertit en valeur marchande. <br />   <br />  Jean Baudrillard décrivait la confusion entre réel et simulacre : le paradoxe ultime est que la mort filmée en direct peut sembler plus réelle que la personne qui meurt. <br />   <br />  La psychologie, elle, met en lumière des mécanismes individuels et collectifs. <br />   <br />  Freud avait montré combien la répétition d’une scène traumatique entretient fascination et sidération. Ici, le supplice devient série, absorbant le spectateur dans un récit destructif. <br />   <br />  Stanley Milgram révélait l’obéissance à un cadre autorisant la souffrance : la plateforme joue ce rôle, légitimant ce qui est en train de se passer. <br />   <br />  Albert Bandura avait souligné l’effet d’imitation : voir un supplice suivi massivement augmente le risque de reproduction. <br />   <br />  Gustave Le Bon, dans sa&nbsp;<em>Psychologie des foules</em>, montrait que l’individu immergé dans une collectivité émotionnelle perd sa distance critique ; les réseaux sociaux fonctionnent précisément comme des foules numériques, où sidération et fascination se renforcent. <br />   <br />  C’est désormais une question de santé publique : l’exposition massive à de tels contenus fragilise les psychismes, banalise la violence et installe une contamination émotionnelle diffuse, lente et insidieuse. <br />   <br />  L’approche cindynique permet de mesurer la gravité systémique de cette rupture. <br />   <br />  Tant que le snuff restait clandestin, le danger demeurait circonscrit. <br />  Aujourd’hui, le cadre est endommagé. Structurellement, les plateformes ne savent pas stopper en temps réel la retransmission d’un acte de mise à mort. <br />   <br />  Au niveau organisationnel, elles subordonnent la gestion du risque à la logique de production et se réfugient derrière la dilution des responsabilités. <br />   <br />  Au niveau du fonctionnement, elles révèlent des lacunes d’anticipation et de formation, des incohérences dans l’application des règles, des dégénérescences dans la qualité des arbitrages. <br />   <br />  Au niveau de la communication, la viralité interdit tout confinement et accroît le risque de dissonances. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une vraie question</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">S’agit-il d’une crise réversible, pouvant conduire à restaurer le cadre « ad integrum », ou sommes-nous déjà dans la catastrophe, où la distinction entre espace de vie et espace de mort s’effondre ? <br />   <br />  La rupture, en définitive, ne tient pas à la mort diffusée en direct — déjà connue et encadrée — mais à l’irruption du snuff movie dans la sphère publique, marchandisé, interactif, prolongé et consommé comme spectacle. <br />   <br />  Et cette différence engage un constat radical : il n’y a pas de catharsis possible dans le snuff. <br />   <br />  Là où la tragédie, depuis Aristote, permettait de sublimer l’horreur par la médiation esthétique, le snuff prive de toute médiation. <br />  Il ne purifie rien, ne dépasse rien, n’élabore rien. Il enferme le spectateur dans la sidération, la fascination ou la banalisation. <br />  C’est une impasse anthropologique, et désormais un enjeu de santé publique majeur. <br />   <br />  <strong>Refuser que l’écran devienne le théâtre d’une barbarie participative sans horizon d’élaboration est la condition pour préserver une frontière entre le vivre ensemble et sa négation.</strong> <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de l'auteur</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/jancedrichansen/?originalSubdomain=fr" target="_blank"><strong>Dr Jan-Cédric Hansen</strong></a>  <br />  Praticien hospitalier, expert en pilotage stratégique de crise, vice-président de GloHSA et de WADEM Europe, Administrateur de StratAdviser Ltd -&nbsp;http://www.stratadviser.com/</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>« LE LABORATOIRE IRANIEN-ISRAELIEN DE LA METHODE BEN-ISRAEL». THIERRY LAFON</title>
   <updated>2025-07-05T12:28:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/LE-LABORATOIRE-IRANIEN-ISRAELIEN-DE-LA-METHODE-BEN-ISRAEL-THIERRY-LAFON_a6072.html</id>
   <category term="Le biais de l'angle mort" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/89391055-63205784.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-06-18T09:34:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Bruits de fond : une centrifugeuse pulvérisée, une nuée d’aéronefs en retour et comme à l’accoutumée des dommages collatéraux disproportionnés, voici donc un sujet d’étude complexe pour éprouver ce que notre regretté Eric Denécé qualifiait de « coquetterie épistémologique ». Ce qui suit dissèque mécaniquement et sans émotion le premier duel Natanz–Tel-Aviv, à partir des trois moments de la méthode – empiler des faits indiscutables, ériger des hypothèses jetables, les dynamiter aussitôt – puis observer, avec la même froideur clinique. Comble de l’ironie, l’outil peut s’appliquer sur son créateur. Demeurent, en conclusion, quelques leçons glacées et une morale unique : dans l’IE au XXIème, 30 ans après le Rapport Martre, seule la falsification surnage au vacarme médiatique.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/89391055-63205784.jpg?v=1750322592" alt="« LE LABORATOIRE IRANIEN-ISRAELIEN DE LA METHODE BEN-ISRAEL». THIERRY LAFON" title="« LE LABORATOIRE IRANIEN-ISRAELIEN DE LA METHODE BEN-ISRAEL». THIERRY LAFON" />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L'Intelligence Économique, forgée durant la guerre froide et formalisée dans le Rapport Martre il y a trois décennies, n'a pas été conçue pour faire face au tumulte informationnel caractéristique du XXIème siècle, marqué par l'essor d'internet et la prédominance des algorithmes. <br />   <br />  En complément, la méthode Ben-Israel - issue de ses recherches doctorales sur "la surprise stratégique provoquée par la Guerre du Yom-Kippour, suite à l'échec du renseignement à analyser l'information disponible" - offre une alternative aux cadres d'analyse désormais obsolètes (notamment dans la qualification des sources et des informations). Cette approche pourrait se substituer aux méthodes structurées traditionnelles toujours enseignées, dont la fiabilité a été remise en question par plusieurs études universitaires dans le domaine du renseignement."</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un protocole mis à l’épreuve</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L’enchaînement des premières frappes israéliennes du 13 juin 2025 contre le complexe d’enrichissement de Natanz, et des deux premières ripostes balistico-dronique iraniennes dans la nuit suivante qui ont conduit à l’activation immédiate des mécanismes de crise de l’AIEA fournit un cas d’école pour apprécier, in situ, la robustesse de la « méthode de confirmation par tentative d’infirmation » telle qu’elle fut formalisée par <a class="link" href="https://en.wikipedia.org/wiki/Isaac_Ben-Israel" target="_blank">I. Ben-Israel</a>  dans <a class="link" href="https://www.amazon.fr/Philosophie-renseignement-Logique-morale-lespionnage/dp/2841620735" target="_blank">Philosophie du renseignement (1999</a>). <br />  L’enjeu consiste à démontrer qu’un protocole reposant sur (1) la collecte exhaustive de faits qui n’ont pu être contestés, (2) la formulation d’hypothèses provisoires, puis (3) la recherche active de nouveaux faits tout aussi indiscutables destinés à détruire ces hypothèses, demeure opératoire dans une crise contemporaine saturée de flux informationnels concurrents ; plus encore, la même procédure peut s’appliquer – ironie assumée – au propos méthodologique de son propre concepteur. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Étape 1 : isoler les faits de référence</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>Identification des faits « inattaquables ». </strong> <br />  Pour l’attaque israélienne, la conjugaison des télémesures de la constellation Sentinel-1, des alertes sismiques iraniennes et du message NOTAM D0423/25 émis par l’Iran Civil Aviation Organisation établit l’heure, la zone et la cinétique de l’opération. À l’instant où ces données convergent, elles deviennent inaptes à être raisonnablement infirmées : elles entrent dans la catégorie des « faits de référence ». <br />  Le même raisonnement vaut pour la riposte iranienne : comptage radar publié par l’IDF, images thermiques recueillies par le satellite américain SBIRS, bilan médical consolidé par Magen David Adom. <br />  Peu importe que la narration politique diverge ; l’empreinte physique, technique ou administrative de chaque événement verrouille la donnée. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Étape 2 : fabriquer des hypothèses jetables</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>Elaboration d’hypothèses.</strong> <br />  À partir de ces « faits de référence », trois hypothèses prioritaires sont formulées. <br />  H1 : Israël vise à retarder l’atteinte du seuil d’armes nucléaires par Téhéran ; <br />  H2 : la manœuvre est conçue comme une expérimentation tactique pour valider la prochaine couche laser (« Iron Beam ») du système antimissiles ; <br />  H3 : il s’agit essentiellement d’un signal de dissuasion destiné aux États du Golfe, membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), en l’absence de garanties américaines plus explicites. <br />  Conformément à la procédure, aucune de ces hypothèses n’est considérée vraie ; elles ne sont que des échafaudages logiques promis à la destruction.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Étape 3 : falsifier sans relâche</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>Recherche d’éléments de réfutation. </strong> <br />  L’activation, le 14 juin, du radar Green Pine B situé à Ein Shemer et l’allocation de 140 millions de shekels à la livraison accélérée de batteries Iron Beam constituent deux nouveaux « faits infalsifiables ». Ils infirment partiellement H1 (l’objectif d’entrave nucléaire n’implique pas forcément un déploiement antimissiles national élargi) tout en renforçant H2. À l’inverse, l’absence d’une communication offensive vers le CCG atténue la force probante de H3. <br />  Ici, le processus de falsification ne se contente pas de hiérarchiser les hypothèses ; il les reconfigure en continu. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La méthode appliquée sur son créateur</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La séquence se prolonge lorsque les données radiologiques transmises par les balises de Natanz à l’AIEA confirment une contamination négligeable. Cette mesure invalide l’argument iranien selon lequel « une catastrophe nucléaire régionale » était en cours. <br />  Simultanément, le jugement du professeur Ben-Israel selon lequel « le résidu d’échec des systèmes antimissiles crée un dilemme insoluble pour la défense civile » est, pour l’instant, corroboré : malgré un taux d’interception supérieur à 90 %, trois victimes israéliennes suffisent à illustrer la fragilité psychologique du dispositif. En poussant l’exercice jusqu’au bout, le même protocole d’infirmation pourrait un jour ruiner la promesse tactique du laser – par exemple si des données futures démontrent une incapacité systémique à gérer des nuées de drones à basse signature radar. <br />  Autrement dit, la méthode tourne son scalpel critique contre son propre théoricien, démonstration circulaire de son impartialité. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Leçons pour l’analyste</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>Quatre conclusions s’en dégagent.</strong></div>    <div style="margin-left: 40px;"><strong>Primo</strong>, la distinction entre fait potentiellement réfutable et fait irréfutable demeure un travail d’OSINT même dans un environnement informationnel dense ; elle exige seulement la pluralité des capteurs et la traçabilité des chaînes de mesure. <br />  <strong>Secundo</strong>, l’édifice hypothétique gagne en finesse à chaque cycle de réfutation, tandis que les hypothèses non invalidées restent par définition provisoires. <br />  <strong>Tertio</strong>, l’efficacité analytique ne tient pas à l’autorité d’une source ou à la notoriété d’un concept, mais à la possibilité permanente d’être contredit par une observation ultérieure. <br />  <strong>Quarto</strong>, appliquer la méthode à son propre créateur — ici Ben-Israel et son paradigme défensif — confirme la symétrie épistémique fondamentale : aucune proposition, fût-elle méthodologique, n’échappe au tribunal des faits.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Conclusion : la falsification permanente, ultime boussole</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">En somme, la crise initiée le 13 juin 2025 aussi sujette à polémique soit-elle, illustre à la fois la validité et la réflexivité d’une procédure de collecte de traitement et d’analyse fondée sur l’auto-falsification permanente pour résister aux « manipulations politiques, aux agendas d'Etats ou de multinationales et à l’influence&nbsp;». <br />  Elle rappelle que <strong>l’unique antidote à l’incertitude stratégique n’est ni la certitude proclamée, ni la foi technologique, dogmatique ou religieuse mais la capacité d’accumuler des observations indestructibles et de laisser ces observations réviser, voire congédier, les grilles d’analyse les plus séduisantes ou les mieux médiatisées</strong>. <br />   <br />  Les différents faits collectés depuis la rédaction de cette tribune, conduisent aussi à formuler une nouvelle hypothèse qui les coifferaient toutes H4&nbsp;: Comme pour l’Ukraine, il s’agirait comme à l’accoutumée d’une tentative de «&nbsp;régime change&nbsp;», plaçant les Etats-Unis dans un déni plausible, Israël en proxy et les populations civiles comme éternelles victimes de la Guerre. Bien qu'Eric Denécé ne soit hélas plus parmi nous pour proposer une analyse sur ce sujet, il s'avère que sur les thématiques qui lui tenaient à cœur et sur lesquelles il s'était prononcé, ses conclusions d'expert ne différaient guère de celles auxquelles peut parvenir un novice appliquant rigoureusement la méthode Ben-Israel en Intelligence économique. <br />   <br />  Comme le dit un proverbe Zen&nbsp;: «&nbsp;Il y a plusieurs chemins pour aller admirer la lune en haut d’une colline&nbsp;». Et le sage de répondre&nbsp;: «&nbsp;Le Zen, c’est l’oiseau sur la branche&nbsp;». Telle est donc la méthode Ben-Israel&nbsp;: quasi-impossible à utiliser dans le renseignement en raison du droit d’en connaitre et pourtant facile à appliquer aux sources ouvertes&nbsp;; sous réserve de les collecter, etc… <br />  Car vous l’avez reconnue, il s’agit ni plus ni moins que la méthode scientifique appliquée à l’IE. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Notes</b></div>
     <div>
      1️⃣ <a class="link" href="https://lnkd.in/enws6RPa"><strong>https://lnkd.in/enws6RPa</strong></a>  <br />  2️⃣ <a class="link" href="https://lnkd.in/ezWsUynD"><strong>https://lnkd.in/ezWsUynD</strong></a>  <br />  3️⃣ <a class="link" href="https://lnkd.in/eeEM94U2"><strong>https://lnkd.in/eeEM94U2</strong></a>  <br />  4️⃣<a class="link" href="https://lnkd.in/eutBZMRj"><strong>https://lnkd.in/eutBZMRj</strong></a>  <br />  5️⃣ <a class="link" href="https://www.linkedin.com/posts/lafonthierry_lanalyse-des-concepts-de-signaux-faibles-activity-7341096258079518720-q901?utm_source=share&amp;utm_medium=member_desktop&amp;rcm=ACoAAABXsQ4BnPiCrWqeNtaYVvzsXtE4spSNnEE" target="_blank">"Les signaux faibles : définitions, méthodes et critiques"&nbsp;"Les signaux faibles : définitions, méthodes et critiques</a> <br />  6️⃣ <a class="link" href="https://www.linkedin.com/posts/lafonthierry_dans-un-environnement-international-de-plus-activity-7341116963257016323-1d8w/?utm_source=share&amp;utm_medium=member_desktop&amp;rcm=ACoAAABXsQ4BnPiCrWqeNtaYVvzsXtE4spSNnEE" target="_blank">Lafon, T. (2025). "Les cygnes noirs : définitions, méthodes et critiques", Linkedin<span class="white-space-pre"> </span></a><a class="link" href="https://lnkd.in/e__d9uF7" target="_blank">https://lnkd.in/e__d9uF7</a>  <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Auteur</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div class="photo shadow left"><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/lafonthierry/" target="_blank"><strong>Thierry Lafon Dr</strong></a>  <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/lafonthierry/?originalSubdomain=fr" target="_blank"> </a>  PhD 博士 Chercheur associé au laboratoire CeReGe (UR 13564) axe Intelligence Stratégique Internationale chez Université de Poitiers. <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/LE-LABORATOIRE-IRANIEN-ISRAELIEN-DE-LA-METHODE-BEN-ISRAEL-THIERRY-LAFON_a6072.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Éric Denécé, spécialiste du Renseignement, nous a quittés. Guiseppe Gagliano</title>
   <updated>2025-06-14T08:08:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Eric-Denece-specialiste-du-Renseignement-nous-a-quittes-Guiseppe-Gagliano_a6064.html</id>
   <category term="Renseignement" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/89267154-63146343.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-06-13T15:03:00+02:00</published>
   <author><name>Guiseppe Gagliano, Cestudec</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans une époque dominée par la désinformation, la manipulation médiatique et les conflits cognitifs, la leçon qu'Éric et moi avons voulu transmettre reste plus que jamais d'actualité : comprendre le pouvoir est le premier pas pour lui résister. Et seule une pensée rigoureuse, indépendante et pluridisciplinaire permettra à l'Europe de ne pas devenir une simple périphérie dans le grand jeu des puissances.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/89267154-63146343.jpg?v=1749821940" alt="Éric Denécé, spécialiste du Renseignement, nous a quittés. Guiseppe Gagliano" title="Éric Denécé, spécialiste du Renseignement, nous a quittés. Guiseppe Gagliano" />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>Dans un monde marqué par des tensions croissantes, des guerres hybrides et des stratégies d'influence souvent invisibles au regard de l'opinion publique, ma collaboration avec Éric Denécé a représenté l'une des expériences les plus fécondes et les plus significatives de mon parcours intellectuel dans le domaine du renseignement stratégique. De Côme à Paris, entre le CESTUDEC et le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R), nous avons construit au fil des années un pont culturel et stratégique solide, qui a permis de rapprocher deux traditions analytiques — l'italienne et la française — trop souvent restées disjointes malgré une vocation géopolitique commune. <br />  Nos sincères condoléances à sa famille et à ses proches.</strong></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Éric, ancien analyste du contre-espionnage français et infatigable directeur du CF2R jusqu'à sa disparition prématurée, a toujours défendu avec vigueur l'autonomie de la recherche sur le renseignement, en dénonçant la colonisation stratégique et culturelle de l'Europe par des puissances extérieures. J'ai pleinement adhéré à cette vision, en l'adaptant au contexte italien et en m'efforçant, à travers mes travaux, de faire connaître au public italien la pensée d'Éric et l'école française du renseignement.</div>    <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div style="margin-left: 40px;">Notre collaboration s'est traduite par de nombreux échanges intellectuels : publications croisées, traductions, dossiers communs et projets éditoriaux. L'un des moments les plus représentatifs fut la publication sur le site du CF2R de plusieurs de mes articles reprenant, actualisant et développant les thèses d'Éric. Je pense notamment au dossier du 28 novembre 2023, <i>La CIA et les plans secrets pour déstabiliser la Syrie</i> : dans cette analyse, fondée sur des sources ouvertes et des documents déclassifiés, j'ai cherché à approfondir la lecture critique d'Éric sur le rôle déstabilisateur des services américains au Moyen-Orient. Nos approches méthodologiques, rigoureuses et critiques, s'étaient déjà harmonisées depuis longtemps.</div>    <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div style="margin-left: 40px;">Mais notre coopération ne s'est pas limitée à l'actualité géopolitique. J'ai eu l'honneur de traduire personnellement en italien l'une de ses études les plus précieuses : une analyse de l'évolution des services de renseignement cambodgiens de 1953 à nos jours, publiée par le CESTUDEC en 2018. Je ne me suis pas contenté de traduire ; j'ai introduit et contextualisé le texte pour le rendre accessible au public académique italien. Cette initiative fut pionnière : elle a permis de combler un vide dans la littérature italienne sur l'Asie du Sud-Est.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Autre moment clé : la parution du volume Les Conséquences Géopolitiques de la Guerre d'Ukraine, dirigé par Éric et publié par le CF2R</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Même si mon nom ne figure pas sur la couverture, de nombreuses analyses du livre reflètent les positions que j'ai moi-même développées dans mes publications sur le site du CF2R ou au sein du CESTUDEC, notamment sur les dangers de la soumission stratégique de l'Europe aux États-Unis et sur la nécessité d'une vision autonome pour notre continent.</div>    <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div style="margin-left: 40px;">Notre lien s'est renforcé également dans le domaine historique. J'ai eu le plaisir de contribuer à l'ouvrage <i>Renseignement et Espionnage de la Renaissance à la Révolution (XVe–XVIIIe siècles)</i>, dirigé par Éric Denécé , et préfacé par Yves Bonnet, ancien directeur de la DST. Ma contribution, centrée sur l'Italie, a permis d'apporter un éclairage inédit sur les pratiques italiennes du renseignement pré-moderne. J'ai également participé au numéro spécial de <i>Histoire Magazine</i> consacré au renseignement de l'Empire à la Seconde Guerre mondiale, avec un article intitulé <i>Espionnage et contre-espionnage à Venise (XVIe et XVIIe siècles)</i>, dans lequel j'ai reconstitué la sophistication du contre-espionnage vénitien.</div>    <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div style="margin-left: 40px;">L'un des axes majeurs de notre convergence intellectuelle fut sans doute notre critique commune de l'atlantisme idéologique, qui compromet l'autonomie stratégique européenne. Dans de nombreux articles, entretiens ou ouvrages publiés dans des espaces communs tels que le CF2R ou <i>Le Diplomate</i>, nous avons dénoncé ensemble l'expansion de l'OTAN, la logique des sanctions contre la Russie et le contrôle exercé par Washington sur les infrastructures critiques du continent. Cette vision commune s'inscrivait également dans notre dialogue avec Jean-François Geneste, autre figure importante du réalisme stratégique français.</div>    <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div style="margin-left: 40px;">Notre entente a eu un véritable impact formateur. Par le biais de conférences, d'articles, de dossiers et d'initiatives pédagogiques, nous avons contribué à faire émerger une nouvelle génération d'analystes et d'experts en sécurité. Les méthodes de l'École de Guerre Économique, que j'ai adapté au contexte italien, se sont parfaitement combinées à la vision lucide et iconoclaste d'Éric. Aucun dogmatisme atlantiste, aucune illusion sur la mondialisation : seulement le réalisme, l'interdisciplinarité et l'indépendance de pensée.</div>    <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Aujourd'hui, Éric n'est plus parmi nous.</b></div>
     <div>
      <div dir="ltr">  <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;Mais son travail, sa pensée, son exigence intellectuelle vivent encore. À travers mes publications, mes traductions, mes interventions, je porte avec moi ce que nous avons construit ensemble. Notre collaboration n'a pas été un simple échange d'idées, mais un véritable exercice de diplomatie stratégique et culturelle. Un pont entre Côme et Paris, destiné à renforcer l'autonomie intellectuelle de l'Europe face aux nouvelles formes de puissance.</div>    <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div style="margin-left: 40px;">Dans une époque dominée par la désinformation, la manipulation médiatique et les conflits cognitifs, la leçon qu'Éric et moi avons voulu transmettre reste plus que jamais d'actualité : comprendre le pouvoir est le premier pas pour lui résister. Et seule une pensée rigoureuse, indépendante et pluridisciplinaire permettra à l'Europe de ne pas devenir une simple périphérie dans le grand jeu des puissances.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de l'auteur</b></div>
     <div>
      <div class="photo shadow left"><a rel="https://www.veillemag.com/photo/art/grande/88954236-62959841.jpg?v=1748523774&amp;ibox" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question."><img alt="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." class="not-responsive" src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/88954236-62959841.jpg?v=1748523774" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." /></a></div>    <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Eric-Denece-specialiste-du-Renseignement-nous-a-quittes-Guiseppe-Gagliano_a6064.html" />
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   <title>McDonald’s. Gestion de crise : de l'infiniment grand à l'infiniment petit. Par Johnny Maroun</title>
   <updated>2024-10-24T10:51:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/McDonald-s-Gestion-de-crise-de-l-infiniment-grand-a-l-infiniment-petit-Par-Johnny-Maroun_a5375.html</id>
   <category term="Gestion et Communication de crise" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/83709458-59873839.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-10-24T10:03:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Cette crise rappelle que, dans l’ère de l’information rapide et des médias sociaux, la gestion de crise doit être pensée et exécutée avec une précision chirurgicale, afin d’éviter que l’infiniment petit ne se transforme en un désastre d’envergure mondiale.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/83709458-59873839.jpg?v=1729761113" alt="McDonald’s. Gestion de crise : de l'infiniment grand à l'infiniment petit. Par Johnny Maroun" title="McDonald’s. Gestion de crise : de l'infiniment grand à l'infiniment petit. Par Johnny Maroun" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>De la crise sanitaire à la crise de réputation</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 80px;">Récemment, McDonald’s Corporation a été frappée par une crise sanitaire majeure après qu’une bactérie présente dans des burgers ait causé la mort d’une personne et rendu au moins 49 consommateurs malades aux États-Unis. <br />  Cet "incident" a provoqué une réaction en chaîne, impactant non seulement la réputation de l’entreprise, mais également ses performances boursières, avec une chute brutale de son action à 295,50 $ après une baisse de 6,03 % en pré-marché à ce jour. <br />  Cette situation met en lumière l’importance cruciale de la gestion de crise, de l’infiniment petit, une bactérie invisible, à l’infiniment grand avec des répercussions majeures sur la santé publique, la réputation d’une multinationale et sa stabilité économique.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’anticipation, un levier essentiel de la gestion de crise</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 80px;">Dans une entreprise de la taille de McDonald’s, l’anticipation est une composante essentielle de la gestion de crise. L’apparition d’une bactérie ayant entraîné la mort d’un client illustre la nécessité d’une vigilance constante dans les processus de production et de sécurité alimentaire. Une seule contamination peut avoir des conséquences dévastatrices, tant sur le plan humain que financier. <br />   <br />  Dans ce contexte, une gestion de crise réussie nécessite la mise en place immédiate d’une cellule de crise dédiée à l’enquête et à la coordination des actions, en collaboration avec les autorités sanitaires et les médias. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une communication rapide et transparente : une obligation</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 80px;">La communication est l’un des piliers fondamentaux d’une gestion de crise réussie. McDonald’s se devait de réagir rapidement en informant le public des mesures correctives mises en œuvre, incluant le rappel des produits contaminés, la suspension temporaire des lignes de production concernées, et la mise en avant des procédures renforcées en matière de sécurité alimentaire. <br />   <br />  Cependant, la communication de l’entreprise sur cette crise risque de susciter des critiques. McDonald’s a publié un <a class="link" href="https://corporate.mcdonalds.com/corpmcd/our-stories/article/always-putting-food-safety-first.htmlhttps:/corporate.mcdonalds.com/corpmcd/our-stories/article/always-putting-food-safety-first.html">communiqué de presse</a>  le 22 octobre,qui peut être perçu comme manquant de considération envers les clients directement touchés et la famille de la personne décédée. <a class="link" href="https://www.youtube.com/watch?v=LCdVXiESfUw">Une vidéo</a>  (non répertoriée sur Youtube) accompagnant ce communiqué a été peu diffusée, n’atteignant qu’un faible nombre de vues (moins de 2000 vues), et semble refléter une volonté de l’entreprise de laisser les autorités sanitaires, notamment la CDC, <a class="link" href="https://www.cdc.gov/ecoli/outbreaks/e-coli-O157.html">gérer l’aspect public de cette crise</a>. Par ailleurs, aucune mention de l’incident n’a été faite sur les réseaux sociaux majeurs de la marque (X, Instagram, LinkedIn, Facebook), laissant penser que leur stratégie consiste à minminimiser la visibilité de cette crise et à éviter une communication trop large sur le sujet. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Répercussions économiques et rétablissement</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 80px;">Sur le plan financier, les effets d'une crise sanitaire se font ressentir immédiatement, comme en témoigne la chute des actions de McDonald’s. Les marchés réagissent fortement aux crises touchant l’industrie alimentaire, et la baisse de confiance des investisseurs peut avoir des conséquences importantes sur la valorisation boursière. Dans ce contexte, il est impératif pour une multinationale comme McDonald’s de rassurer les marchés financiers tout en gérant efficacement la crise en interne. <br />   <br />  Le rétablissement passera par une série de mesures : renforcer la communication avec les investisseurs, auditer les processus de production via des experts indépendants, et restaurer l’image de marque à travers des actions visibles et concrètes pour les consommateurs. Des campagnes de communication spécifiques visant à rétablir la confiance du public pourraient également être nécessaires. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une gestion de crise à 360°</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 80px;">Cet évènement montre que la gestion de crise doit être pensée de manière holistique. De l’infiniment petit à l’infiniment grand. Chaque étape ; de la prévention à la gestion post-crise ; est cruciale. <br />  <strong>N'oublions pas également l’effet de (bad ?) buzz </strong>&nbsp;que McDonald’s a subi après qu’un de ses restaurants ait été épinglé pour des manquements graves aux règles d’hygiène. Ce restaurant, où Donald Trump a servi des frites dans le cadre de sa campagne présidentielle de 2024, a été critiqué pour des employés ne se lavant pas les mains et des aliments mal conservés. Ce type de révélation vient encore aggraver une situation de crise déjà délicate, soulignant l’importance pour McDonald’s de redoubler d’efforts en matière de respect des normes sanitaires et de transparence pour protéger sa réputation. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <div style="text-align: center;"><strong>Cette crise rappelle que, dans l’ère de l’information rapide et des médias sociaux, <br />  la gestion de crise doit être pensée et exécutée avec une précision chirurgicale, <br />  afin d’éviter que l’infiniment petit ne se transforme en un désastre d’envergure mondiale.</strong></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/McDonald-s-Gestion-de-crise-de-l-infiniment-grand-a-l-infiniment-petit-Par-Johnny-Maroun_a5375.html" />
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