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 <title>www.veillemag.com</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-12T17:43:25+02:00</updated>
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   <title>Iran, le désarmement imposé et le retour impossible des chahs</title>
   <updated>2026-02-27T10:57:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Iran-le-desarmement-impose-et-le-retour-impossible-des-chahs_a7110.html</id>
   <category term="Géopolitique" />
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   <published>2026-02-27T10:57:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Présentés comme un débat sur la non-prolifération, les pourparlers irano-américains masquent un objectif plus ambitieux : imposer à Téhéran un désarmement qui remettrait en cause sa souveraineté. Une exigence portée par Israël et ses alliés, qui révèle les asymétries et les doubles standards structurant l’ordre régional.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94962918-66548315.jpg?v=1772186190" alt="Iran, le désarmement imposé et le retour impossible des chahs" title="Iran, le désarmement imposé et le retour impossible des chahs" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>À Genève, on négocie sur le nucléaire, mais l'enjeu réel est bien plus vaste</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Les pourparlers en cours à Genève entre l'Iran et les États-Unis sont présentés comme une étape technique sur le nucléaire, mais le nœud du problème est en réalité politique et stratégique. Si la table de négociation sert réellement à garantir que Téhéran ne transforme pas son programme en instrument militaire, un compromis reste possible. Mais si, au contraire, les discussions deviennent le moyen d'imposer à l'Iran un désarmement plus large, incluant son arsenal de missiles et son réseau de relations régionales, alors il ne s'agit plus d'une négociation, mais d'une exigence de reddition.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La distinction est essentielle. Un accord de non-prolifération peut être construit sur des contrôles, des limites et des garanties réciproques. Un projet de démilitarisation unilatérale, au contraire, touche au cœur même de la souveraineté iranienne. Et pour les dirigeants de Téhéran, l'accepter signifierait renoncer aux seuls instruments qu'ils jugent indispensables pour éviter le sort d'autres pays du Moyen-Orient, balayés par les guerres, les sanctions ou les changements de régime.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le désarmement de l'Iran comme objectif politique d'Israël</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La pression exercée pour que l'Iran réduise ou démantèle son appareil balistique ne naît pas d'un souci abstrait de stabilité, mais d'une vision précise de l'ordre régional : Israël veut rester la seule puissance militairement incontestée au Moyen-Orient. Dans cette logique s'inscrivent les demandes de désarmement adressées au Hamas, au Hezbollah, aux Houthis et désormais, de façon plus systémique, à la République islamique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le problème saute aux yeux. Celui qui exige le désarmement des autres sans remettre en question sa propre supériorité militaire ne propose pas un équilibre, mais une hiérarchie. C'est la doctrine de l'exception permanente : certains acteurs doivent être contenus, désarticulés, neutralisés ; d'autres peuvent conserver intact tout leur potentiel militaire, même lorsqu'ils l'emploient sur plusieurs fronts à la fois.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">D'un point de vue militaire, la demande adressée à l'Iran est difficilement applicable. Les missiles représentent pour Téhéran la forme la plus concrète de dissuasion conventionnelle. L'Iran ne dispose ni d'une supériorité aérienne comparable à celle d'Israël, ni d'un réseau d'alliances formelles semblable à celui garanti par Washington. Son arsenal balistique compense cette infériorité structurelle. Demander qu'il y renonce revient, pour les dirigeants iraniens, à leur demander de s'exposer à un chantage stratégique permanent.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La dissuasion iranienne n'est pas une idéologie, c'est une question de survie</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">En Occident, on tend souvent à lire l'appareil militaire iranien uniquement à travers le prisme idéologique, comme la projection du radicalisme du régime. C'est une lecture partielle. La République islamique utilise certes une rhétorique révolutionnaire, mais sa stratégie militaire répond avant tout à une logique de survie. Après la guerre contre l'Irak, après des décennies de sanctions, après les campagnes occidentales en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie, Téhéran a tiré une conclusion simple : les États faibles ou isolés sont frappés ; ceux capables d'augmenter le coût d'un affrontement sont traités avec davantage de prudence.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">C'est ici que les missiles, les drones et le réseau d'alliés régionaux deviennent essentiels. Ils ne sont pas seulement des instruments offensifs, mais les éléments d'une défense avancée. Réduire ce système sans modifier l'architecture générale de la sécurité régionale signifierait, du point de vue iranien, perdre sa profondeur stratégique et sa capacité de riposte.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Le double standard qui empoisonne toute négociation</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Il y a ensuite une question de crédibilité politique. L'Iran est décrit comme une menace systémique pour la région en raison de sa nature autoritaire, de son soutien à des groupes armés et de son opacité stratégique. Tout cela contient une part de vérité. Mais le problème est que le même critère n'est pas appliqué à d'autres acteurs régionaux.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Lorsqu'un État qui maintient une occupation prolongée, qui est accusé de graves violations du droit international et qui conserve une supériorité militaire écrasante prétend définir ce que les autres peuvent ou non posséder, cette prétention perd toute force morale et révèle la nudité du rapport de puissance. C'est ce double standard qui rend presque impossible une négociation fondée sur la confiance. Pour Téhéran, le soupçon est évident : derrière le langage de la sécurité se cache en réalité une stratégie de contenir politiquement l'Iran et de le subordonner sur le plan géopolitique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le spectre du changement de régime et la carte Reza Pahlavi</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Dans ce contexte, le nom de Reza Pahlavi, fils du dernier chah, réapparaît périodiquement comme possible symbole d'une alternative post-islamique. Mais il s'agit d'une suggestion plus utile à la propagande extérieure qu'à la réalité iranienne. La raison en est historique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La révolution de 1978-1979 ne fut pas seulement une insurrection religieuse, mais aussi une révolte nationale contre un régime perçu comme répressif, corrompu et subordonné aux intérêts occidentaux. Le tournant avait eu lieu dès 1953, lorsque le coup d'État organisé par les États-Unis et la Grande-Bretagne renversa Mohammad Mossadegh, mettant fin à une brève mais significative expérience d'autonomie démocratique et restaurant le pouvoir monarchique sous tutelle extérieure.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">À partir de ce moment, le règne du chah se consolida sur une modernisation autoritaire et une répression systématique. La Savak, la police secrète, devint le symbole de cette époque : arrestations arbitraires, torture, contrôle capillaire de la dissidence, élimination des opposants. Les estimations rappelées par des auteurs et des observateurs de l'époque parlent de centaines de milliers d'Iraniens passés par les prisons et de milliers de manifestants tués par les forces de sécurité. Des rapports internationaux de l'époque décrivaient l'Iran comme l'un des régimes les plus durs de la planète en matière de condamnations à mort et de violences d'État.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">En ce sens, la monarchie n'est pas, pour beaucoup d'Iraniens, le souvenir d'un âge d'or, mais le visage d'une autorité imposée, soutenue de l'extérieur et maintenue par la peur. Penser utiliser Reza Pahlavi comme pivot d'un éventuel changement de régime signifie sous-estimer le poids de cette mémoire historique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La continuité entre pression extérieure et radicalisation intérieure</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">C'est ici qu'apparaît l'un des grands paradoxes de la crise iranienne. Chaque fois que l'Occident ou Israël évoquent ouvertement un changement de régime, ils renforcent précisément le récit du pouvoir iranien. La République islamique se présente depuis des décennies comme le rempart contre l'ingérence étrangère, contre le retour d'élites fidèles à l'extérieur, contre une nouvelle humiliation nationale. Et chaque fois que la pression internationale adopte un ton maximaliste, ce récit retrouve une nouvelle vigueur.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Cela ne disculpe pas le régime. Cela signifie cependant que la stratégie de la confrontation absolue tend à produire l'effet inverse de celui qui est proclamé : au lieu d'affaiblir les appareils les plus rigides, elle les ressoude ; au lieu d'ouvrir des espaces internes, elle les referme ; au lieu de favoriser une évolution politique, elle la remplace par la logique du siège.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les scénarios économiques : le pétrole, les sanctions et l'ordre énergétique régional</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Sur le plan économique, l'enjeu est immense. L'Iran n'est pas seulement un dossier nucléaire : c'est un pays-clé pour l'énergie, pour les corridors commerciaux eurasiens et pour les équilibres du Golfe. Un accord limité et crédible pourrait réduire la pression des sanctions, accroître les marges d'exportation énergétique, remettre en mouvement des flux financiers aujourd'hui comprimés et offrir à Téhéran une réintégration partielle dans les circuits régionaux.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">À l'inverse, un échec des pourparlers suivi d'une escalade militaire ou diplomatique aurait des effets immédiats sur les marchés énergétiques, sur la sécurité maritime dans le Golfe et sur le coût global du risque régional. Il ne s'agirait pas seulement d'une crise iranienne, mais d'un nouveau choc pour l'ensemble du système énergétique qui relie le Moyen-Orient, l'Asie et l'Europe.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Du point de vue géoéconomique, pousser l'Iran hors de tout compromis signifierait aussi consolider son ancrage vers la Russie et la Chine. Plus Téhéran est exclu des circuits occidentaux, plus il cherche une protection dans des réseaux alternatifs : systèmes de paiement parallèles, accords bilatéraux, infrastructures logistiques eurasiatiques, échanges énergétiques dé-occidentalisés. En d'autres termes, la pression maximale risque d'accélérer précisément la fragmentation de l'ordre économique international.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La dimension géopolitique : qui décide de l'équilibre du Moyen-Orient</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le véritable conflit ne porte donc pas seulement sur les armes de l'Iran, mais sur la définition du futur ordre moyen-oriental. Washington et Tel-Aviv veulent une région dans laquelle la puissance iranienne soit réduite au minimum et où ses instruments d'influence soient coupés. Téhéran, au contraire, considère ce réseau d'alliances et de capacités militaires comme la condition préalable pour ne pas être marginalisé ou frappé.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Il en résulte un affrontement non seulement militaire, mais aussi lié à l'architecture régionale elle-même. Qui doit avoir le droit de projeter de la force ? Qui peut définir le seuil de sécurité acceptable ? Qui décide si un acteur est légitime et un autre non ? Tant que ces questions continueront d'être tranchées unilatéralement, toute négociation technique sur le nucléaire restera fragile, car le véritable désaccord se situe à un niveau bien plus profond.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La paix ne peut pas naître d'une reddition déguisée</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La leçon finale est nette. Un accord n'est possible que s'il reste dans le cadre de la non-prolifération et de la limitation réciproque. Mais s'il devient la tentative d'imposer à l'Iran une reddition stratégique, alors la négociation est vouée à l'échec ou à produire une trêve apparente, bientôt suivie de nouvelles tensions.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La stabilité ne naît pas du monopole de la force, mais d'un équilibre, même inconfortable, entre puissances rivales. Au Moyen-Orient, la prétention qu'un seul reste armé tandis que tous les autres se désarment n'est pas une formule de paix. C'est, plus simplement, le prélude d'une guerre future.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.haaretz.com/opinion/2026-02-25/ty-article-opinion/.premium/israel-waged-a-war-of-annihilation-now-it-wants-everyone-but-itself-to-disarm/0000019c-9639-dfa9-a7bd-d6f9cf090000" target="_blank">https://www.haaretz.com/opinion/2026-02-25/ty-article-opinion/.premium/israel-waged-a-war-of-annihilation-now-it-wants-everyone-but-itself-to-disarm/0000019c-9639-dfa9-a7bd-d6f9cf090000</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.haaretz.com/israel-news/israel-security/2026-02-24/ty-article/.premium/israel-backs-reza-pahlavi-to-rule-iran-thats-a-dangerous-gamble/0000019c-9043-dab1-adbe-ba6b9f570000" target="_blank">https://www.haaretz.com/israel-news/israel-security/2026-02-24/ty-article/.premium/israel-backs-reza-pahlavi-to-rule-iran-thats-a-dangerous-gamble/0000019c-9043-dab1-adbe-ba6b9f570000</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de...</b></div>
     <div>
      <blockquote><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Nucléaire : le retour de la puissance, entre désarmement illusoire et course stratégique</title>
   <updated>2025-11-03T15:00:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Nucleaire-le-retour-de-la-puissance-entre-desarmement-illusoire-et-course-strategique_a6540.html</id>
   <category term="STRATEGIES" />
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   <published>2025-11-03T12:58:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le nucléaire civil redevient un levier de puissance mondiale. Derrière les investissements énergétiques, une compétition géostratégique s’intensifie : Chine et Russie exportent leur modèle technologique, pendant que les démocraties occidentales tentent de reconstruire un contrepoids industriel et sécuritaire. L’atome, hier outil de modernité, redevient un instrument d’influence.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/92274742-64742640.jpg?v=1762173900" alt="Nucléaire : le retour de la puissance, entre désarmement illusoire et course stratégique" title="Nucléaire : le retour de la puissance, entre désarmement illusoire et course stratégique" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le monde réarme ses réacteurs</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La renaissance du nucléaire ne relève plus du discours politique mais d'un mouvement&nbsp;géostratégique global. <br />   <br />  Alors que la <a class="link" href="https://www.world-nuclear-exhibition.com/fr-fr/le-salon.html" target="_blank">World Nuclear Exhibition de Villepinte </a>  réunit les acteurs d'un secteur en pleine effervescence, la planète entre dans une nouvelle ère de compétition atomique. <strong>Selon l'Agence internationale de l'énergie, les investissements dans le nucléaire civil ont bondi de 50 % en cinq ans.</strong> Derrière cette relance énergétique se profile une autre dynamique, plus silencieuse mais plus lourde : la réhabilitation du nucléaire comme instrument de puissance. <br />   <br />  La Chine et la Russie occupent aujourd'hui le sommet de cette hiérarchie. <br />  Pékin, avec plus de cinquante réacteurs en activité et une trentaine en construction, projette son modèle industriel jusqu'en Afrique et en Europe de l'Est. <br />  Moscou, via Rosatom, détient un portefeuille de 35 projets à l'étranger et reste le premier exportateur mondial de technologie nucléaire civile. Ce duopole sino-russe combine la maîtrise de la filière, la diplomatie de l'énergie et le soutien militaire implicite : chaque centrale construite s'accompagne d'accords de sécurité, de contrats d'entretien et souvent d'un ancrage politique durable.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'atome comme arme d'influence</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/92274742-64742722.jpg?v=1762174230" alt="Nucléaire : le retour de la puissance, entre désarmement illusoire et course stratégique" title="Nucléaire : le retour de la puissance, entre désarmement illusoire et course stratégique" />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>Dans les années 1970, les centrales représentaient la modernité. Aujourd'hui, elles incarnent la souveraineté. </strong> <br />   <br />  La Russie a utilisé la dépendance énergétique européenne comme un levier de dissuasion économique ; la Chine applique la même logique à travers ses technologies nucléaires, ses terres rares et ses métaux critiques. L'énergie est redevenue une ligne de front. <br />   <br />  Le nucléaire civil sert de vecteur d'influence : il crée une dépendance structurelle sur plusieurs décennies, exige la formation de techniciens, l'importation de pièces, et une coopération constante entre les gouvernements. Rosatom en Égypte ou en Turquie, CNNC au Pakistan ou en Argentine, agissent comme des prolongements de la politique étrangère. Pékin propose des financements à taux préférentiels et des partenariats « clé en main », tandis que Moscou installe des ingénieurs et des techniciens qui deviennent des relais permanents. <br />   <br />  <strong>C'est un modèle d'occupation pacifique, fondé sur la technologie et la dette.</strong> <br />  &nbsp;</div>  <!--cke_bookmark_575S--><!--cke_bookmark_575E-->
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les Occidentaux à la recherche d'un contrepoids</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Face à cette offensive, les États-Unis ont décidé de réinvestir massivement dans la filière, avec un plan de 80 milliards de dollars destiné à relancer leur parc civil et à soutenir les réacteurs modulaires de nouvelle génération. Washington cherche à rétablir une chaîne d'approvisionnement nucléaire complète, en s'alliant au Japon et à la Corée du Sud. L'objectif : reconstruire un écosystème industriel indépendant du combustible russe et capable de concurrencer les modèles chinois. <br />   <br />  Mais l'initiative américaine reste avant tout stratégique. Derrière les réacteurs civils, il y a la maîtrise du cycle du combustible, des isotopes et des technologies duales – celles qui permettent le passage du nucléaire civil au militaire. En soutenant des programmes civils alliés, Washington renforce un arc indo-pacifique de confiance : Japon, Corée, Australie, Philippines, Inde. Chacun de ces pays devient un nœud potentiel d'accès au savoir-faire nucléaire occidental, et donc un partenaire dans la dissuasion régionale. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'Europe entre dépendance et renouveau</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le Vieux Continent, longtemps paralysé par ses propres contradictions, redécouvre le nucléaire après deux décennies de déclin. <br />  La France tente de relancer sa filière avec les EPR2 et de redéfinir son rôle de leader européen, mais les retards de Flamanville et les surcoûts minent sa crédibilité. <br />  L'Allemagne, sortie du nucléaire, investit désormais dans la fusion, espérant contourner le débat politique sans renoncer à la technologie. <br />  L'Europe centrale, elle, s'ouvre à Rosatom et à la Chine, créant une fracture au sein de l'Union : d'un côté les tenants de la souveraineté énergétique, de l'autre ceux de la neutralité écologique. <br />   <br />  Cette division affaiblit la position stratégique du continent. Alors que les États-Unis et l'Asie conçoivent le nucléaire comme un outil d'équilibre militaire et industriel, Bruxelles continue à le traiter comme un problème environnemental. La dépendance au gaz liquéfié américain ou aux panneaux solaires chinois traduit cette absence de vision géopolitique. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La dimension militaire cachée du nucléaire civil</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Aucune renaissance nucléaire n'est neutre. La maîtrise du cycle de l'uranium enrichi et du plutonium permet, en cas de crise, une conversion rapide vers des usages militaires. C'est pourquoi les infrastructures civiles deviennent des points névralgiques de sécurité. En Ukraine, la centrale de Zaporijjia illustre cette réalité : un site civil transformé en levier militaire. En Iran, la frontière entre recherche civile et programme balistique reste floue. <br />   <br />  <strong>La multiplication des réacteurs dans le monde – plus de 440 en service et 60 en construction – élargit la carte des vulnérabilités : sabotage, cyberattaque, terrorisme, mais aussi coercition politique. </strong> <br />  Les satellites de renseignement surveillent désormais les signatures thermiques des centrales autant que celles des bases militaires. <strong>L'atome, civil ou non, est redevenu un marqueur de puissance.</strong> <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une alliance occidentale à reconstruire</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La coopération qui se dessine entre Washington, Séoul et Tokyo vise à opposer une offre nucléaire « sûre et démocratique » à la domination russo-chinoise. Cette alliance tripartite repose sur la complémentarité : la technologie américaine, la rigueur industrielle sud-coréenne, la précision japonaise. Ensemble, ils entendent proposer aux pays émergents une alternative crédible à Rosatom ou CNNC. <br />   <br />  Mais la bataille ne se jouera pas seulement sur la qualité technique. Elle se gagnera sur la capacité à financer les projets, à former des ingénieurs locaux, et à assurer la sécurité du combustible. Là où Pékin offre des crédits souples, Washington oppose des conditions politiques ; là où Moscou promet la continuité, l'Europe impose la transparence. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La guerre de l'atome est aussi cognitive</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>Les puissances ne se disputent plus seulement les marchés, mais les imaginaires. </strong> <br />  La Russie met en avant la fiabilité et la souveraineté ; la Chine, l'efficacité et la rapidité ; l'Occident, la sécurité et l'écologie. Derrière ces récits se joue une bataille d'influence culturelle : à qui appartiendra le futur énergétique du monde ? L'atome, hier symbole de peur, devient à nouveau symbole de puissance. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une dissuasion énergétique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La renaissance du nucléaire signe la fin d'une illusion : celle d'un monde dénucléarisé et apaisé. L'atome n'a jamais disparu ; il a simplement changé de fonction. D'arme de destruction, il est devenu instrument d'influence, pivot économique et pilier stratégique. <br />   <br />  <strong>Dans la compétition entre l'Est et l'Ouest, chaque réacteur est désormais un avant-poste : il alimente, il dissuade, il lie. La guerre de l'énergie se déroule autant sous les océans que dans les salles de contrôle des centrales. Et pendant que la Chine et la Russie avancent, les démocraties occidentales redécouvrent que la souveraineté, dans le monde d'aujourd'hui, commence au cœur d'un réacteur.</strong> <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/92274742-64742837.jpg?v=1762172923" alt="Nucléaire : le retour de la puissance, entre désarmement illusoire et course stratégique" title="Nucléaire : le retour de la puissance, entre désarmement illusoire et course stratégique" />
     </div>
     <div>
      <div>&nbsp;</div>    <div>&nbsp;  <ol>  	<li class="list">Fondation pour la recherche stratégique, <em>French Nuclear Deterrence Policy, Forces, and Future: A Handbook</em> — PDF completo. <br />  	<a class="link" href="https://www.frstrategie.org/sites/default/files/documents/publications/recherches-et-documents/2020/202004.pdf" target="_blank">https://www.frstrategie.org/sites/default/files/documents/publications/recherches-et-documents/2020/202004.pdf</a> </li>  	<li class="list">Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), <em>French nuclear forces</em> (estratto PDF su forze nucleari francesi) — PDF. <br />  	<a class="link" href="https://www.sipri.org/sites/default/files/SIPRIYB21c10sIV.pdf" target="_blank">https://www.sipri.org/sites/default/files/SIPRIYB21c10sIV.pdf</a> </li>  	<li class="list">International Centre for Defence and Security (ICDS), <em>French Nuclear Policy</em> — analisi 2023. <br />  	<a class="link" href="https://icds.ee/wp-content/uploads/dlm_uploads/2023/01/ICDS_Brief_French_Nuclear_Policy_Jean-Louis_Lozier_January_2023.pdf" target="_blank">https://icds.ee/wp-content/uploads/dlm_uploads/2023/01/ICDS_Brief_French_Nuclear_Policy_Jean-Louis_Lozier_January_2023.pdf</a> </li>  	<li class="list">Politique étrangère, <em>France's Nuclear Arsenal: What Sort of Renewal?</em> — articolo (2017) con focus sul rinnovamento dell'arsenale francese. <br />  	<a class="link" href="https://politique-etrangere.com/2021/01/08/frances-nuclear-arsenal-what-sort-of-renewal/" target="_blank">https://politique-etrangere.com/2021/01/08/frances-nuclear-arsenal-what-sort-of-renewal/</a> </li>  	<li class="list">The Bulletin of the Atomic Scientists, <em>French nuclear weapons, 2023</em> — panoramica dell'arsenale francese. <br />  	<a class="link" href="https://fas.org/wp-content/uploads/2023/07/French-nuclear-weapons-2023.pdf" target="_blank">https://fas.org/wp-content/uploads/2023/07/French-nuclear-weapons-2023.pdf</a> </li>  	<li class="list">Ministry for Europe and Foreign Affairs (Francia), sezione "Nuclear Disarmament" — politiche di disarmo nucleare della Francia. <br />  	<a class="link" href="https://www.diplomatie.gouv.fr/en/french-foreign-policy/security-disarmament-and-non-proliferation/disarmament-and-non-proliferation/treaty-on-the-non-proliferation-of-nuclear-weapons/nuclear-disarmament/" target="_blank">https://www.diplomatie.gouv.fr/en/french-foreign-policy/security-disarmament-and-non-proliferation/disarmament-and-non-proliferation/treaty-on-the-non-proliferation-of-nuclear-weapons/nuclear-disarmament/</a> </li>  </ol>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Nucleaire-le-retour-de-la-puissance-entre-desarmement-illusoire-et-course-strategique_a6540.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Souveraineté énergétique durable : retour des Réacteurs à Neutrons Rapides (RNR-Na). Rapport EGE</title>
   <updated>2025-07-16T09:52:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Souverainete-energetique-durable-retour-des-Reacteurs-a-Neutrons-Rapides-RNR-Na-Rapport-EGE_a6160.html</id>
   <category term="STRATEGIES" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/89898882-63491871.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-07-14T14:52:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le rapport met en lumière l'importance stratégique des réacteurs à neutrons rapides refroidis au sodium (RNR-Na) pour assurer la souveraineté énergétique de la France dans un contexte de transition écologique, de tensions géopolitiques croissantes et de dépendance aux ressources importées. Cette technologie, développée dès les années 1960 en France, offre une solution unique pour recycler le combustible nucléaire usé, réduire les déchets radioactifs à long terme et produire une énergie durable à grande échelle. Elle permettrait à la France d'exploiter ses réserves de combustible nucléaire pendant plusieurs millénaires, renforçant ainsi son autonomie énergétique tout en consolidant sa position de leader mondial dans le secteur nucléaire.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/89898882-63491871.jpg?v=1752499934" alt="Souveraineté énergétique durable : retour des Réacteurs à Neutrons Rapides (RNR-Na). Rapport EGE" title="Souveraineté énergétique durable : retour des Réacteurs à Neutrons Rapides (RNR-Na). Rapport EGE" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <p style="margin-left: 40px;">Cependant, malgré un demi-siècle d'avance technologique, la filière RNR-Na a été fragilisée par des décisions politiques incohérentes, notamment l'arrêt des projets emblématiques Superphénix (1997) et ASTRID (2019). Ces interruptions, motivées par des considérations politiques plutôt que techniques, ont conduit à un ralentissement, permettant à des puissances concurrentes comme la Russie, la Chine, l'Inde et les États-Unis d'accélérer leurs propres programmes de RNR. <br />   <br />  Ce rapport insiste sur la nécessité d'une relance urgente de cette filière, en s'appuyant sur une complémentarité avec les réacteurs à eau pressurisée (REP) et les petits réacteurs modulaires (SMR), pour garantir une indépendance énergétique durable et répondre aux défis climatiques et géopolitiques. <br />    <p style="margin-left: 40px;">La relance des RNR-Na nécessite une vision stratégique claire, des investissements conséquents et un calendrier précis. Sans une action concertée, la France risque de perdre son leadership technologique au profit de puissances étrangères, se retrouvant potentiellement dépendante de technologies importées dans un secteur qu'elle a historiquement dominé. <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un impératif stratégique pour la France</b></div>
     <div>
      <p style="margin-left: 40px;">Le rapport débute par un constat alarmant : la France, jadis un modèle de stabilité énergétique grâce à son parc nucléaire, fait face à une érosion progressive de sa souveraineté énergétique. La hausse des prix de l'énergie, les menaces de pannes électriques et la fragilité croissante du réseau témoignent d'un affaiblissement structurel. Dans un monde où l'accès à l'énergie devient un levier géopolitique majeur, la France ne peut se permettre de naviguer sans cap stratégique. <br />    <p style="margin-left: 40px;">L'histoire du nucléaire français, marquée par des initiatives visionnaires comme les programmes RNR-Na (Rapsodie, Phénix, Superphénix, ASTRID), illustre l'ambition d'un modèle énergétique durable et indépendant. Ces réacteurs, capables de recycler le combustible usé et de minimiser les déchets, représentaient une réponse aux défis actuels : réduction des importations d'uranium, gestion des déchets radioactifs et renforcement de la compétitivité industrielle. Pourtant, des revirements politiques successifs ont freiné cette dynamique, entraînant un démantèlement progressif de cette filière prometteuse. <br />    <p style="margin-left: 40px;">Le Conseil de politique nucléaire (CPN) de mars 2025 marque un tournant avec l'annonce d'une relance des RNR. Cependant, cette décision ne doit pas rester symbolique. Elle exige une stratégie industrielle robuste, soutenue par des moyens financiers et humains conséquents, ainsi qu'une clarification de la position de l'État vis-à-vis de la filière sodium. Sans cette mobilisation, la France risque une colonisation technologique inversée, où elle deviendrait cliente de technologies étrangères, perdant ainsi son statut de pionnier. <br />    <p style="margin-left: 40px;">&nbsp; <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La dépendance au gaz naturel : un risque géopolitique majeur</b></div>
     <div>
      <p style="margin-left: 40px;">L'Europe, et par extension la France, souffre d'une dépendance structurelle au gaz naturel, qui représentait 32 % de la consommation énergétique de l'Union européenne en 2022. Cette dépendance a été exacerbée par la diminution de la production domestique (chute de 50 % entre 2010 et 2020) et la limitation des capacités de stockage, rendant l'Europe vulnérable aux fluctuations des marchés internationaux et aux stratégies des pays producteurs, notamment la Russie. <br />    <p style="margin-left: 40px;">La guerre en Ukraine a accentué cette vulnérabilité, révélant les failles de la stratégie énergétique européenne. Malgré les discours sur la diversification des approvisionnements, l'Europe reste perméable au gaz russe, avec des importations de GNL en hausse en 2024 (25 milliards de m³/an). Des pays comme la France, la Belgique et l'Espagne continuent d'importer du gaz liquéfié russe à des prix compétitifs, tandis que le gazoduc TurkStream, reliant la Russie à l'Europe via la Turquie, a vu ses flux augmenter de 16 % au premier trimestre 2025. <br />    <p style="margin-left: 40px;">Parallèlement, l'Europe investit massivement dans les infrastructures gazières, avec 10 milliards d'euros alloués dans le cadre du plan <a class="link" href="https://commission.europa.eu/topics/energy/repowereu_en" target="_blank">REPowerEU</a>  pour la construction de nouveaux terminaux méthaniers. Des pays comme l'Allemagne et l'Italie, confrontés à l'arrêt des livraisons russes, ont accéléré le développement de terminaux de regazéification (par exemple, à Wilhelmshaven et Lübmin en Allemagne, ou à Piombino et Ravenna en Italie). Ces investissements, bien que présentés comme des solutions de court terme, ancrent l'Europe dans une dépendance durable au gaz, au détriment de solutions plus pérennes comme le nucléaire. <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>    Le rôle stratégique du combustible nucléaire</b></div>
     <div>
      <p style="margin-left: 40px;">La maîtrise du combustible nucléaire est un pilier essentiel de la souveraineté énergétique. Les réacteurs à eau pressurisée (REP), qui constituent l'épine dorsale du parc nucléaire français, dépendent de l'uranium-235, un isotope rare représentant seulement 0,7 % de l'uranium naturel. La France, dépourvue de ressources d'uranium sur son sol, importe 100 % de ses besoins, ce qui constitue une vulnérabilité stratégique. <br />    <p style="margin-left: 40px;">Bien que les réserves mondiales d'uranium soient suffisantes à court et moyen terme (jusqu'aux années 2100 selon l'OCDE-NEA et l'AIEA), la relance mondiale du nucléaire (notamment aux États-Unis, qui ambitionnent de quadrupler leur capacité d'ici 2050) pourrait entraîner une hausse des prix et une concurrence accrue pour l'accès à cette ressource. La France a diversifié ses sources d'approvisionnement (Kazakhstan, Mongolie, Canada, Australie), mais ces partenariats restent soumis à des influences géopolitiques, notamment russes ou chinoises, dans certaines régions. <br />    <p style="margin-left: 40px;">Les RNR-Na offrent une solution à cette dépendance en permettant le recyclage du combustible usé, notamment l'uranium-238 et le plutonium, pour produire davantage de matière fissile (surgénération). Cette technologie pourrait garantir une autonomie énergétique de plusieurs millénaires, tout en réduisant les volumes de déchets radioactifs. <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les RNR-Na : un héritage stratégique</b></div>
     <div>
      <p style="margin-left: 40px;">La filière RNR-Na, initiée en France avec le réacteur Rapsodie dans les années 1960, a atteint un haut degré de maturité technologique grâce à des décennies d'exploitation (Phénix, Superphénix) et de recherche (ASTRID). Ces réacteurs se distinguent par leur capacité à : <br />    <ul>  	<li style="margin-left: 40px;">Recycler le combustible usé, prolongeant ainsi la durée de vie des ressources nucléaires.</li>  	<li style="margin-left: 40px;">Réduire les déchets radioactifs à long terme.</li>  	<li style="margin-left: 40px;">Produire plus de matière fissile qu'ils n'en consomment, offrant une solution à la dépendance aux importations d'uranium.</li>  </ul>    <p style="margin-left: 40px;">La complémentarité entre les RNR-Na et les REP est un atout majeur : les REP produisent du plutonium, qui peut être recyclé dans les RNR pour générer de l'énergie, créant ainsi un cycle fermé et durable. Cependant, les arrêts successifs de Superphénix et d'ASTRID, motivés par des pressions politiques et non par des contraintes techniques, ont freiné cet élan, laissant la France en retard face à des concurrents comme la Chine (avec un rapport de surgénération de 1,15) et la Russie. <br />    <p style="margin-left: 40px;">&nbsp; <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de l'auteur</b></div>
     <div>
      <div class="para_63210408 resize" id="para_7" style="background-color: #CCCCCC; padding: 6px; max-width: 1066px;">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="photo shadow left"><a rel="https://www.veillemag.com/photo/art/grande/88954236-62959841.jpg?v=1748523774&amp;ibox" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question."><img alt="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." class="not-responsive" src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/88954236-62959841.jpg?v=1748523774" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." /></a></div>    <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Souverainete-energetique-durable-retour-des-Reacteurs-a-Neutrons-Rapides-RNR-Na-Rapport-EGE_a6160.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Iran, bombe ou pas bombe : la sentence est déjà prononcée. Guiseppe Gagliano</title>
   <updated>2025-06-21T10:38:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Iran-bombe-ou-pas-bombe-la-sentence-est-deja-prononcee-Guiseppe-Gagliano_a6080.html</id>
   <category term="STRATEGIES" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/89461107-63252870.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-06-21T10:00:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La question qui hante depuis des mois les cercles de pouvoir occidentaux — « l'Iran est-il sur le point de fabriquer la bombe ? » — risque de n'être qu'un écran de fumée. Derrière le récit officiel, les mouvements stratégiques révèlent une vérité bien plus sombre : bombe ou pas, l'Iran doit tomber.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/89461107-63252870.jpg?v=1750495030" alt="Iran, bombe ou pas bombe : la sentence est déjà prononcée. Guiseppe Gagliano" title="Iran, bombe ou pas bombe : la sentence est déjà prononcée. Guiseppe Gagliano" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les États-Unis de Donald Trump semblent agir dans une incohérence apparente.</b></div>
     <div>
      <p dir="ltr" style="margin-left: 40px;">Après avoir cru, à tort, pouvoir résoudre les plus graves crises de la planète en quelques jours pour entrer dans l'Histoire comme artisan de la paix, le président américain exige aujourd'hui une "reddition inconditionnelle" de l'Iran, tout en n'ayant pas encore décidé s'il s'engagera ou non dans la guerre aux côtés d'Israël. Une posture ambiguë, alors même que les bases américaines dans le Golfe sont renforcées et que la machine militaire s'active. <br />    <p dir="ltr" style="margin-left: 40px;"><strong>Les derniers rapports des services de renseignement américains et de l'AIEA dressent un tableau complexe.</strong> <br />  Malgré les accusations, l'Iran n'était pas en mesure de fabriquer une arme nucléaire avant l'offensive israélienne du 12 juin. Mais les soupçons sur l'enrichissement de l'uranium et les réticences de Téhéran à coopérer pleinement avec les inspecteurs ont suffi à offrir à Tel-Aviv un prétexte. <br />    <p dir="ltr" style="margin-left: 40px;">&nbsp; <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Aucune preuve d'un programme structuré renouvelé n'aurait été trouvée, et pourtant ...</b></div>
     <div>
      <p dir="ltr" style="margin-left: 40px;">Trois des quatre sites concernés faisaient partie, selon l'<a class="link" href="https://www.iaea.org/fr">AIEA</a>  et les agences de renseignement américaines, d'un programme nucléaire militaire coordonné par l'Iran jusqu'en 2003. Bien que des expériences isolées aient pu se poursuivre, aucune preuve d'un programme structuré renouvelé n'a été trouvée. <br />    <p dir="ltr" style="margin-left: 40px;">Mais un paradoxe subsiste : tandis que l'Iran est soumis à des inspections rigoureuses, Israël n'a jamais permis à l'AIEA d'inspecter son site nucléaire de Dimona — soupçonné d'abriter environ 200 ogives — et refuse toujours de signer le Traité de non-prolifération nucléaire, contrairement à l'Iran. <br />    <p dir="ltr" style="margin-left: 40px;">Une étude récente de l'Institute for Science and International Security montre que l'Iran aurait déjà produit ses premiers 25 kilos d'uranium hautement enrichi (WGU) à Fordow, quantité suffisante pour une ogive. En combinant les capacités de Fordow et de Natanz, l'Iran pourrait accumuler en un mois suffisamment de matière fissile pour 11 bombes, et jusqu'à 22 en cinq mois. <br />  La weaponization — c'est-à-dire la transformation en ogives opérationnelles — pourrait déjà être en cours. <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Course contre la montre</b></div>
     <div>
      <p dir="ltr" style="margin-left: 40px;">Trump, selon CBS News, aurait reçu des briefings confidentiels recommandant la destruction du site de Fordow. Ce site, enterré dans la montagne, est quasiment imprenable avec des armes conventionnelles. Israël, seul, ne peut pas le détruire. D'où l'appel de Netanyahu à une "aide extérieure". <br />    <p dir="ltr" style="margin-left: 40px;">La réponse de l'ayatollah Khamenei, publiée sur X, ne s'est pas fait attendre : "L'arrivée des Américains aux côtés du régime sioniste prouve leur faiblesse." Pour l'Iran, l'attaque israélienne est moins un acte de force qu'un aveu : Israël sent que le monopole régional de la dissuasion nucléaire est en train de s'effriter. <br />    <p dir="ltr" style="margin-left: 40px;">Selon la CNN, un rapport confidentiel dirigé par Tulsi Gabbard, à la tête du renseignement américain, affirme que l'Iran est encore à au moins trois ans de la mise au point d'une arme nucléaire opérationnelle. Les frappes israéliennes auraient endommagé Natanz mais laissé Fordow intact. <br />  Or, c'est là que réside désormais le cœur du programme nucléaire iranien. <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une stratégie du chaos.</b></div>
     <div>
      <p dir="ltr" style="margin-left: 40px;">Certains analystes estiment même que les frappes pourraient pousser l'Iran à accélérer sa marche vers la bombe. Le professeur Foad Izadi, de l'université de Téhéran, l'a résumé ainsi : "Si l'Iran avait eu la bombe, 500 civils ne seraient pas morts." La pression populaire monte, et la confiance envers un futur accord avec Washington s'évapore. <br />    <p dir="ltr" style="margin-left: 40px;">Les divergences entre États-Unis et Israël, jusqu'ici contenues, éclatent désormais au grand jour. Les services partagent les données mais divergent dans les conclusions. <a class="link" href="https://www.ledevoir.com/monde/etats-unis/823777/nomination-tete-renseignement-americain-tulsi-gabbard-inquiete-divise?" target="_blank">Gabbard</a>, dans son rapport, réaffirme que "la République islamique n'a pas relancé son programme d'armement". <br />    <p dir="ltr" style="margin-left: 40px;">Trump, pourtant, écarte ces évaluations. "Ils sont à quelques semaines de l'avoir", affirme-t-il — contredisant ainsi à la fois ses propres agences et l'<a class="link" href="https://www.iaea.org/fr" target="_blank">AIEA</a>. <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Rafael_Grossi" target="_blank">Rafael Grossi</a>, directeur général de l'agence onusienne, a été très clair : "Aucune preuve d'un effort systématique pour fabriquer une arme nucléaire n'a été trouvée." <br />    <p dir="ltr" style="margin-left: 40px;"><strong>Pourquoi alors tant d'insistance ? Pourquoi construire un récit d'urgence ?</strong> <br />    <p dir="ltr" style="margin-left: 40px;">Parce que, selon Foad Izadi, le véritable objectif est la destruction de la République islamique. Comme en Libye, il s'agirait de faire tomber le pouvoir, démanteler les institutions, et provoquer un effondrement. Une stratégie du chaos. <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Nouvelle course à l'armement nucléaire</b></div>
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      <p dir="ltr" style="margin-left: 40px;">Mais les précédents historiques sont accablants. Afghanistan, Irak, Libye : autant de régimes renversés au prix de décennies de violence, d'instabilité régionale, de terrorisme globalisé. Appliquer cette logique à la Perse serait ouvrir les portes de l'enfer sur le Golfe et l'Asie centrale. <br />    <p dir="ltr" style="margin-left: 40px;">Et avec quelles conséquences ? Le risque est de précipiter une nouvelle course à l'armement nucléaire. La Corée du Nord, en devenant puissance atomique, est devenue intouchable. Un précédent que Téhéran observe attentivement. <br />    <p dir="ltr" style="margin-left: 40px;">Le SIPRI et le CNA avertissent : les frappes contre l'Iran pourraient pousser d'autres pays — Arabie saoudite, Turquie, Égypte — à chercher la bombe. Même les alliés de Washington pourraient reconsidérer la valeur de ses garanties sécuritaires et vouloir leur propre dissuasion. <br />    <p dir="ltr" style="margin-left: 40px;">Dans ce contexte, la question "bombe ou pas bombe ?" perd tout son sens. La guerre est déjà là. Et il ne s'agit plus d'empêcher une arme. Il s'agit d'abattre un État. À tout prix. <br />    <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>  
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      &nbsp;  <div class="para_63210408 resize" id="para_7" style="background-color: #CCCCCC; padding: 6px; max-width: 1066px;">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="photo shadow left"><a rel="https://www.veillemag.com/photo/art/grande/88954236-62959841.jpg?v=1748523774&amp;ibox" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question."><img alt="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." class="not-responsive" src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/88954236-62959841.jpg?v=1748523774" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." /></a></div>    <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
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   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Iran-bombe-ou-pas-bombe-la-sentence-est-deja-prononcee-Guiseppe-Gagliano_a6080.html" />
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