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 <title>www.veillemag.com</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></subtitle>
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 <updated>2026-05-09T19:12:48+02:00</updated>
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   <title>L’IA, une intelligence très artificielle. Tribune libre par Jan-Cédric Hansen</title>
   <updated>2025-10-24T17:24:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/L-IA-une-intelligence-tres-artificielle-Tribune-libre-par-Jan-Cedric-Hansen_a6507.html</id>
   <category term="Management" />
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   <published>2025-10-24T11:56:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L’intelligence artificielle, promue comme la panacée du XXIᵉ siècle, s’impose dans le discours stratégique des entreprises comme un levier d’efficacité, de compétitivité et d’innovation. Mais quel degré de confiance y accorder ?     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/92025825-64593954.jpg?v=1761319003" alt="L’IA, une intelligence très artificielle. Tribune libre par Jan-Cédric Hansen" title="L’IA, une intelligence très artificielle. Tribune libre par Jan-Cédric Hansen" />
     </div>
     <div>
      <blockquote>  <div>Derrière le halo technologique et les slogans marketing, se dessine une réalité plus nuancée : celle d’une « intelligence » très artificielle, c’est-à-dire une construction algorithmique qui mime certaines performances cognitives humaines sans en reproduire la profondeur, la plasticité ni la finalité.</div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’intelligence : raisonner et relier</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le mot « intelligence » vient du latin <em>inter legere</em>, « lire entre ». Il renvoie à deux dimensions complémentaires. <br />   <br />  <strong>La première est cognitive</strong> : c’est la capacité à raisonner, à interpréter, à relier les informations pour produire du sens. Aristote y voit la <em>noèsis</em>, faculté de saisir les causes premières ; Kant en fait une fonction de synthèse des représentations ; Bergson, une adaptation orientée vers l’action. <br />   <br />  <strong>La seconde est relationnelle</strong> : « être en intelligence avec autrui », c’est comprendre les intentions, les émotions, les contextes ; c’est ajuster son comportement à celui des autres. Cette forme d’intelligence, que la psychologie sociale nomme <em>empathique</em> ou <em>intersubjective</em>, suppose la reconnaissance de l’autre comme sujet, pas seulement comme variable. <br />   <br />  Ces deux versants — raisonner et relier — coexistent chez l’humain et font de son intelligence une faculté profondément incarnée, affective et finalisée. Or, les systèmes d’IA actuels ne possèdent ni corps, ni affects, ni intention. <strong>Ils ne « comprennent » pas, ils calculent ; ils ne dialoguent pas, ils imitent ; ils ne s’ajustent pas, ils s’adaptent statistiquement. Ce que l’on nomme intelligence dans l’IA relève donc d’une métaphore, séduisante pour les décideurs, mais trompeuse sur le plan philosophique.</strong> <br />   <br />  De plus, en anglais, « intelligence » est un faux-ami. Le mot renvoie autant au « renseignement » (<em>intelligence service</em>) qu’à la capacité cognitive. Ce glissement sémantique n’est pas anodin. Il alimente un malentendu fondamental. Dans la culture anglo-saxonne technologique, « intelligence » évoque d’abord <strong>la collecte et le traitement de l’information</strong>, non pas la compréhension au sens humaniste. Ce décalage explique pourquoi les ingénieurs parlent de « machine intelligence » sans se soucier de conscience, de jugement ou d’intention à la différence des chefs d’entreprise, des journalistes ou du grand public.&nbsp; <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La projection des dirigeants : entre fascination et croyance technicienne</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La plupart des dirigeants d’entreprises abordent l’IA à travers le prisme d’une promesse : celle d’une rationalité supérieure, délivrée des biais humains. L’IA serait l’outil ultime pour décider « objectivement », automatiser les arbitrages complexes, anticiper les risques, repérer les opportunités invisibles à l’œil humain. <br />   <br />  Cette représentation relève d’une forme de <em>transfert cognitif</em> : le décideur projette sur la machine la capacité qu’il souhaiterait posséder lui-même, celle de traiter la complexité sans incertitude ni émotion. Mais la décision humaine, comme l’ont montré Crozier ou Bourdieu, reste traversée par des logiques de pouvoir, de statut et de reconnaissance symbolique. <br />  L’IA ne les efface pas : elle les prolonge dans un langage algorithmique où les biais deviennent invisibles, donc plus pernicieux. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les limites méthodologiques : biais, opacité et dépendance contextuelle</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Les modèles d’IA tirent leur puissance du traitement massif de données. Mais ces données sont le produit de pratiques humaines, donc chargées d’intentions implicites. Une IA d’évaluation de CV reproduira les discriminations de genre ou d’origine présentes dans les historiques de recrutement ; un modèle d’analyse de risque médical amplifie les angles morts des bases cliniques dont il est issu. <br />   <br />  La promesse d’objectivité se heurte donc à une <strong>reproductibilité des biais</strong>. Pire encore, l’opacité des algorithmes — ces « boîtes noires » — empêche de comprendre pourquoi une décision a été prise. Le <em>machine learning</em> n’est pas une science explicative mais une technique d’ajustement statistique : il apprend à reconnaître des régularités en lissant les données exceptionnelles ou hors normes, alors que justement, les signaux d’alerte ou les points d’entrée dans des raisonnements créatifs sont précisément dans cette frange des données atypiques. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’illusion d’une raison sans relation</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>La psychologie cognitive éclaire ce paradoxe : face à la complexité, l’esprit humain cherche des repères. </strong> <br />   <br />  L’IA, par sa précision apparente, apaise l’anxiété décisionnelle. Mais cette <strong>délégation cognitive</strong> crée une nouvelle dépendance : celle à un outil dont on ne maîtrise ni les tenants, ni les aboutissants. <br />  Les travaux de <a class="link" href="https://www.linkedin.com/pulse/daniel-kahneman-lhomme-qui-tu%C3%A9-lhomo-economicus-et-r%C3%A9v%C3%A9l%C3%A9-mukadi-tw13e/" target="_blank">Daniel Kahneman</a>  sur les biais cognitifs trouvent ici une résonance inattendue : l’IA prétend corriger nos biais, mais elle en introduit de nouveaux, d’autant plus dangereux qu’ils sont invisibles. Le biais de confiance dans la machine (<em>automation bias</em>) conduit à la tentation de suivre ses recommandations même lorsqu’elles sont manifestement absurdes. Ici l’IA se substitue à la «&nbsp;blouse blanche&nbsp;» de l’expérience de Milgram. <br />   <br />  En somme, en nous laissant accroire qu’une intelligence «&nbsp;purement rationnelle&nbsp;» sans affect, serait supérieure, l’usage de l’IA nous expose au risque d’éroder notre <strong>intelligence relationnelle</strong>&nbsp;: notre capacité à douter, à écouter, à coopérer, à</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Pour une intelligence augmentée, pas suppléée</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <p class="p1" style="margin-left: 40px;">L’enjeu n’est pas de rejeter l’usage de l’IA, mais de le <span class="s1"><b>recontextualiser</b></span>. L’IA peut devenir un auxiliaire précieux de l’intelligence humaine à condition que son usage reste conscient de ses limites. Les organisations les plus lucides développent des modèles d’IA explicables (<i>explainable AI</i>) et instituent des comités éthiques interdisciplinaires qui participent à la supervision éthique du développement et du déploiement des systèmes IA, veillant à ce que les technologies soient utilisées de manière responsable, en respectant des normes d'équité, de transparence, de protection des données et d'absence de biais. <br />  &nbsp; <br />    <p class="p1" style="margin-left: 40px;">Mais une question centrale demeure : que devient le <span class="s1">management</span> lorsque la perception de la réalité opérationnelle repose sur des analyses produites par une IA ? <br />    <p class="p1" style="margin-left: 40px;">Une matrice SWOT (forces, faiblesses, opportunités, menaces) élaborée par algorithme reflète nécessairement les biais de son corpus d’apprentissage et les hypothèses de ses concepteurs. Elle offre une <span class="s1"><b>illusion de rationalité</b></span>, mais sans la profondeur contextuelle, ni la sensibilité humaine aux dynamiques d’équipe, aux signaux faibles ou aux affects collectifs. <br />  &nbsp; <br />    <p class="p1" style="margin-left: 40px;">Dans le monde de l’entreprise, cette illusion de rationalité a un pouvoir immense. Les dirigeants, soumis à la pression de la complexité et de l’incertitude, voient dans l’IA un outil d’aide à la décision quasi oraculaire : le moyen de trancher « objectivement ». <br />  &nbsp; <br />    <p class="p1" style="margin-left: 40px;">Mais la délégation du discernement à une machine pose une question philosophique redoutable : <span class="s1"><b>qui décide vraiment ?</b></span> <br />    <p class="p1" style="margin-left: 40px;">La psychologie du leadership montre que plus la responsabilité d’un arbitrage est diluée, plus la propension à se défausser augmente. Derrière l’argument « c’est l’IA qui l’a dit », se profile un renoncement à la responsabilité morale. <br />    <p class="p1" style="margin-left: 40px;">Sociologiquement, cette tendance nourrit une dépendance technocratique : le manager cesse d’être stratège pour devenir simple exécutant d’un modèle prédictif. Le risque est alors d’installer une nouvelle forme d’hétéronomie : une gouvernance où la norme décisionnelle est dictée non par la raison humaine, mais par l’algorithme. <br />    <p class="p1" style="margin-left: 40px;">Le risque est alors celui d’un <span class="s1"><b>management par procuration</b></span>, où le cadre, rassuré par la sophistication apparente de l’analyse, abdique une part de son jugement propre. La responsabilité managériale se dilue derrière la machine, et la décision cesse d’être un acte de discernement pour devenir un acte de conformité. <br />    <div style="margin-left: 40px;">  <style type="text/css">@font-face  	{font-family:"Cambria Math";  	panose-1:2 4 5 3 5 4 6 3 2 4;  	mso-font-charset:0;  	mso-generic-font-family:roman;  	mso-font-pitch:variable;  	mso-font-signature:-536870145 1107305727 0 0 415 0;}@font-face  	{font-family:Calibri;  	panose-1:2 15 5 2 2 2 4 3 2 4;  	mso-font-charset:0;  	mso-generic-font-family:swiss;  	mso-font-pitch:variable;  	mso-font-signature:-469750017 -1073732485 9 0 511 0;}p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal  	{mso-style-unhide:no;  	mso-style-qformat:yes;  	mso-style-parent:"";  	margin-top:0cm;  	margin-right:0cm;  	margin-bottom:6.0pt;  	margin-left:0cm;  	text-align:justify;  	mso-pagination:widow-orphan;  	font-size:12.0pt;  	font-family:"Calibri",sans-serif;  	mso-ascii-font-family:Calibri;  	mso-ascii-theme-font:minor-latin;  	mso-fareast-font-family:Calibri;  	mso-fareast-theme-font:minor-latin;  	mso-hansi-font-family:Calibri;  	mso-hansi-theme-font:minor-latin;  	mso-bidi-font-family:"Times New Roman";  	mso-bidi-theme-font:minor-bidi;  	mso-font-kerning:1.0pt;  	mso-ligatures:standardcontextual;  	mso-fareast-language:EN-US;}p.MsoFooter, li.MsoFooter, div.MsoFooter  	{mso-style-priority:99;  	mso-style-qformat:yes;  	mso-style-link:"Pied de page Car";  	margin-top:0cm;  	margin-right:0cm;  	margin-bottom:6.0pt;  	margin-left:0cm;  	text-align:right;  	mso-pagination:widow-orphan;  	tab-stops:center 8.0cm right 16.0cm;  	font-size:10.0pt;  	mso-bidi-font-size:12.0pt;  	font-family:"Calibri",sans-serif;  	mso-ascii-font-family:Calibri;  	mso-ascii-theme-font:minor-latin;  	mso-fareast-font-family:Calibri;  	mso-fareast-theme-font:minor-latin;  	mso-hansi-font-family:Calibri;  	mso-hansi-theme-font:minor-latin;  	mso-bidi-font-family:"Times New Roman";  	mso-bidi-theme-font:minor-bidi;  	mso-font-kerning:1.0pt;  	mso-ligatures:standardcontextual;  	mso-fareast-language:EN-US;}span.PieddepageCar  	{mso-style-name:"Pied de page Car";  	mso-style-priority:99;  	mso-style-unhide:no;  	mso-style-locked:yes;  	mso-style-link:"Pied de page";  	mso-ansi-font-size:10.0pt;}p.p1, li.p1, div.p1  	{mso-style-name:p1;  	mso-style-unhide:no;  	mso-margin-top-alt:auto;  	margin-right:0cm;  	mso-margin-bottom-alt:auto;  	margin-left:0cm;  	mso-pagination:widow-orphan;  	font-size:12.0pt;  	font-family:"Times New Roman",serif;  	mso-fareast-font-family:"Times New Roman";}span.s1  	{mso-style-name:s1;  	mso-style-unhide:no;}.MsoChpDefault  	{mso-style-type:export-only;  	mso-default-props:yes;  	font-family:"Calibri",sans-serif;  	mso-ascii-font-family:Calibri;  	mso-ascii-theme-font:minor-latin;  	mso-fareast-font-family:Calibri;  	mso-fareast-theme-font:minor-latin;  	mso-hansi-font-family:Calibri;  	mso-hansi-theme-font:minor-latin;  	mso-bidi-font-family:"Times New Roman";  	mso-bidi-theme-font:minor-bidi;  	mso-fareast-language:EN-US;}.MsoPapDefault  	{mso-style-type:export-only;  	text-align:justify;}div.WordSection1  	{page:WordSection1;}  </style>  </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/jancedrichansen/?originalSubdomain=fr" target="_blank"><strong>Dr Jan-Cédric Hansen</strong></a>  <br />  Praticien hospitalier, expert en pilotage stratégique de crise, vice-président de GloHSA et de WADEM Europe, Administrateur de StratAdviser Ltd -&nbsp;http://www.stratadviser.com <br />  Lien :&nbsp;https://www.linkedin.com/in/jancedrichansen/?originalSubdomain=fr</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Ré-approprions-nous notre futur ! Tribune libre de Geneviève Bouché.</title>
   <updated>2024-09-24T15:45:00+02:00</updated>
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   <category term="Le Cahier des Tendances" />
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   <published>2024-09-08T16:55:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le vivant évolue localement, mais il est en connexion permanente avec le reste du monde. En affichant leur volonté de favoriser le « retour au local », les générations montantes mettent un terme aux folles tentatives de globalisation qui ont marqué la fin du siècle dernier.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/82804970-59346901.jpg?v=1725810946" alt="Ré-approprions-nous notre futur ! Tribune libre de Geneviève Bouché." title="Ré-approprions-nous notre futur ! Tribune libre de Geneviève Bouché." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>« Quand l’actualité va vite, il faut regarder loin pour prendre des décisions sur l’avenir proche ». </b></div>
     <div>
      <blockquote>La grogne monte chez les consommateurs d’analyses financières et autres prévisions économiques&nbsp;: «&nbsp;Pourquoi ne cessent-ils de se tromper&nbsp;?&nbsp;». <br />   <br />  Philippe Gattet, dans <a href="https://www.xerficanal.com/economie/emission/Philippe-Gattet-Le-fiasco-des-previsions-economiques-faut-il-s-obstiner-a-utiliser-des-outils-obsoletes-_3753027.html?utm_source=sendinblue&amp;utm_campaign=&amp;utm_medium=email">sa vidéo</a> Xerfi du 5/9/24 y apporte sa réponse. La réalité est plus complexe, mais accepter la réalité nous conduit vers plus d’autonomie de pensée économique et stratégique. <br />  <em>«&nbsp;Quand l’actualité va vite, il faut regarder loin pour prendre des décisions sur l’avenir proche&nbsp;».</em> (Wilson Churchill). En ce moment, l’actualité va vite. Il nous est donc nécessaire de revoir notre manière d’appréhender le futur. <br />   <br />  Cela est nécessaire pour chaque décideur afin qu’il ajuste ses prises de décision et qu’il contribue à la cohérence des stratégies de son territoire, de sa nation et de son bloc géopolitique. <br />  Cela concerne aussi tous les citoyens pour qu’ils soient exigeants envers les partis politiques qui les représentent&nbsp;: une compréhension partager des mutations sociétales en cours et des débats argumentés sur la manière d’en tirer des opportunités. <br />  Le futur n’est pas <a class="link" href="https://www.manager-go.com/strategie-entreprise/vuca.htm">VUCA</a>  [[1]] . Le futur, c’est le vivant qui le produit et le vivant a des capacités incroyables d’adaptation face à des dangers ou des opportunités. Ce que nous attribuons au hasard relève généralement de notre ignorance quant à l’interprétation des arbitrages faits par le vivant, dont les Hommes font partie. <br />  Appréhender le futur relève d’une série de savoir-faire.  <div>&nbsp;  <hr align="left" size="1" width="33%" />  <div id="ftn1">[[1]] Volatile, incertain, complexe et ambgü&nbsp;: cet acronyme a été créé dans les années 70 par l’armée américaine pour développer l’idée que les USA sont protecteurs de leurs ressortissants et de leurs alliés. Il a été propagé à la fin de la guerre froide en 1987.</div>  </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Retour vers le Futur</b></div>
     <div>
      <blockquote><strong>Le plus ancien est l’astrologie</strong>. <br />  Nos aînés utilisaient les astres comme un calendrier. Ils ont ainsi observé que les astres avaient une influence sur le vivant. <br />  <em>Cette approche nous indique par exemple que nous terminons l’ère du poisson au profit de l’ère du verseau. Concrètement, nous quittons la gouvernance par les dogmes au profit de la gouvernance par la rationalité.</em> <br />   <br />  <strong>À partir du 20<sup>ème</sup> siècle, </strong>l’approche s’est décomposée en 3 temps&nbsp;:  <ul>  	<li class="list"><u>Le court terme</u> (0 à 3 ans) qui est l’affaire des prévisionnistes. Ils travaillent avec des données qu’ils mettent en corrélation.</li>  	<li class="list"><u>Le moyen terme</u> (3 à 5 ans) qui est l’affaire des prospectivistes. Ils travaillent avec des scénarios à partir d’hypothèses.</li>  	<li class="list"><u>Le long terme</u> (30 à 120 ans) qui est l’affaire des futurologues. Ils produisent des tendances qui permettent aux prospectivistes de travailler et aux auteurs de science-fiction de s’adresser à des publics larges pour les influencer ou simplement les faire réfléchir.</li>  </ul>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La futurologie comporte deux branches </b></div>
     <div>
      <blockquote>  <ul>  	<li class="list"><u>La futurologie systémique</u> qui part du principe que tout est lié. Donc si un élément du système vivant bouge, les autres bougent automatiquement. Ils travaillent avec des séquences statistiques dont ils tirent des corrélations.</li>  </ul>  Cette approche est confrontée aux mêmes reproches que ceux adressés à l’IA&nbsp;: elle dépend de la disponibilité et de la qualité des données. Ses résultats sont empreints des biais cognitifs des équipes qui réalisent les travaux. Mais surtout, elle est incapable d’appréhender les capacités d’adaptation du vivant. <br />  &nbsp;  <ul>  	<li class="list"><u><strong>La futurologie cybernéticienne</strong></u> part du principe que le vivant s’adapte à travers des processus de décision enclenchés au gré des dangers et des opportunités.</li>  </ul>  Cette approche part de l’état des connaissances les plus avancées en matière de sciences de la vie et de la terre et elle opère une veille permanente sur les innovations et les expressions artistiques, puisque l’Homme est lui-même en phase incessante d’évolution. <br />  Avec les progrès considérables réalisés actuellement pour appréhender l’infiniment petit et l’infiniment grand et pour remonter dans le temps, cette discipline devient de plus en plus riche et capable de proposer des visions explicites. <br />  &nbsp;</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Travailler le futur devient donc moins hypothétique et de plus en plus nécessaire.</b></div>
     <div>
      <blockquote>Le vivant évolue localement, mais il est en connexion permanente avec le reste du monde. En affichant leur volonté de favoriser le «&nbsp;retour au local&nbsp;», les générations montantes mettent un terme aux folles tentatives de globalisation qui ont marqué la fin du siècle dernier. <br />  Ceci ne les empêche pas de rendre leurs visions compatibles avec celles de leurs partenaires, comme le font les API[[1] dans les systèmes informatiques. <br />   <br />  Travailler le futur devient donc moins hypothétique et de plus en plus nécessaire. Les décideurs qui vont y avoir recours vont être plus réactifs et plus crédibles que les analystes haut perchés et trop souvent drapés dans des dogmes. <br />  Profitons de la manne de connaissances que nous produisent avec passion nos chercheurs, nos découvreurs et nos créatifs pour nous doter de stratégies qui protègent le long terme tout en rendant le moyen et court terme réactif. <br />  &nbsp;  <div>  <hr align="left" size="1" width="33%" />  <div id="ftn1">[[1]] Interfaces permettant l’interopérabilité avec d’autres systèmes et la scalabilité pour pouvoir suiver les évolutions à la hausse ou à la baisse …</div>  </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Merci Geneviève Bouché pour ce regard vers le futur !</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/82804970-59346906.jpg?v=1725809355" alt="Ré-approprions-nous notre futur ! Tribune libre de Geneviève Bouché." title="Ré-approprions-nous notre futur ! Tribune libre de Geneviève Bouché." />
     </div>
     <div>
      <blockquote><span class="result-text" data-v-4c7a99ff=""><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/gbouche/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Geneviève Bouché</a>, futurologue cybernéticienne française, se spécialise dans l'économie de l'innovation et la prospective. Docteure en sciences des organisations, elle a une formation en télécommunications, économie, sociologie et futurologie. Elle a contribué à l'industrie du numérique en France et a fondé une agence de management de l'innovation. <br />  Dirigeante d'entreprise, auteure et intervenante dans des think tanks, elle est reconnue pour ses conférences TEDx. Ses travaux et publications portent sur l'économie, la ré-industrialisation, la recomposition du tissu entrepreneurial et les évolutions sociétales. En tant que futurologue, elle identifie les grandes tendances sociétales et propose des stratégies à long terme pour relever les défis du changement civilisationnel actuel.</span></blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Ré-approprions-nous notre futur ! Tribune libre de Geneviève Bouché.</title>
   <updated>2024-09-09T17:41:00+02:00</updated>
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   <category term="Le Cahier des Tendances" />
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   <published>2024-09-08T16:55:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
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    <![CDATA[
Le vivant évolue localement, mais il est en connexion permanente avec le reste du monde. En affichant leur volonté de favoriser le « retour au local », les générations montantes mettent un terme aux folles tentatives de globalisation qui ont marqué la fin du siècle dernier.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/82667824-59264537.jpg?v=1725810946" alt="Ré-approprions-nous notre futur ! Tribune libre de Geneviève Bouché." title="Ré-approprions-nous notre futur ! Tribune libre de Geneviève Bouché." />
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     <div><b>« Quand l’actualité va vite, il faut regarder loin pour prendre des décisions sur l’avenir proche ». </b></div>
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      <blockquote>La grogne monte chez les consommateurs d’analyses financières et autres prévisions économiques&nbsp;: «&nbsp;Pourquoi ne cessent-ils de se tromper&nbsp;?&nbsp;». <br />   <br />  Philippe Gattet, dans <a href="https://www.xerficanal.com/economie/emission/Philippe-Gattet-Le-fiasco-des-previsions-economiques-faut-il-s-obstiner-a-utiliser-des-outils-obsoletes-_3753027.html?utm_source=sendinblue&amp;utm_campaign=&amp;utm_medium=email">sa vidéo</a> Xerfi du 5/9/24 y apporte sa réponse. La réalité est plus complexe, mais accepter la réalité nous conduit vers plus d’autonomie de pensée économique et stratégique. <br />  <em>«&nbsp;Quand l’actualité va vite, il faut regarder loin pour prendre des décisions sur l’avenir proche&nbsp;».</em> (Wilson Churchill). En ce moment, l’actualité va vite. Il nous est donc nécessaire de revoir notre manière d’appréhender le futur. <br />   <br />  Cela est nécessaire pour chaque décideur afin qu’il ajuste ses prises de décision et qu’il contribue à la cohérence des stratégies de son territoire, de sa nation et de son bloc géopolitique. <br />  Cela concerne aussi tous les citoyens pour qu’ils soient exigeants envers les partis politiques qui les représentent&nbsp;: une compréhension partager des mutations sociétales en cours et des débats argumentés sur la manière d’en tirer des opportunités. <br />  Le futur n’est pas <a class="link" href="https://www.manager-go.com/strategie-entreprise/vuca.htm">VUCA</a>  [[1]] . Le futur, c’est le vivant qui le produit et le vivant a des capacités incroyables d’adaptation face à des dangers ou des opportunités. Ce que nous attribuons au hasard relève généralement de notre ignorance quant à l’interprétation des arbitrages faits par le vivant, dont les Hommes font partie. <br />  Appréhender le futur relève d’une série de savoir-faire.  <div>&nbsp;  <hr align="left" size="1" width="33%" />  <div id="ftn1">[[1]] Volatile, incertain, complexe et ambgü&nbsp;: cet acronyme a été créé dans les années 70 par l’armée américaine pour développer l’idée que les USA sont protecteurs de leurs ressortissants et de leurs alliés. Il a été propagé à la fin de la guerre froide en 1987.</div>  </div>  </blockquote>  
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     <div><b>Retour vers le Futur</b></div>
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      <blockquote><strong>Le plus ancien est l’astrologie</strong>. <br />  Nos aînés utilisaient les astres comme un calendrier. Ils ont ainsi observé que les astres avaient une influence sur le vivant. <br />  <em>Cette approche nous indique par exemple que nous terminons l’ère du poisson au profit de l’ère du verseau. Concrètement, nous quittons la gouvernance par les dogmes au profit de la gouvernance par la rationalité.</em> <br />   <br />  <strong>À partir du 20<sup>ème</sup> siècle, </strong>l’approche s’est décomposée en 3 temps&nbsp;:  <ul>  	<li class="list"><u>Le court terme</u> (0 à 3 ans) qui est l’affaire des prévisionnistes. Ils travaillent avec des données qu’ils mettent en corrélation.</li>  	<li class="list"><u>Le moyen terme</u> (3 à 5 ans) qui est l’affaire des prospectivistes. Ils travaillent avec des scénarios à partir d’hypothèses.</li>  	<li class="list"><u>Le long terme</u> (30 à 120 ans) qui est l’affaire des futurologues. Ils produisent des tendances qui permettent aux prospectivistes de travailler et aux auteurs de science-fiction de s’adresser à des publics larges pour les influencer ou simplement les faire réfléchir.</li>  </ul>  </blockquote>  
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     <div><b>La futurologie comporte deux branches </b></div>
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      <blockquote>  <ul>  	<li class="list"><u>La futurologie systémique</u> qui part du principe que tout est lié. Donc si un élément du système vivant bouge, les autres bougent automatiquement. Ils travaillent avec des séquences statistiques dont ils tirent des corrélations.</li>  </ul>  Cette approche est confrontée aux mêmes reproches que ceux adressés à l’IA&nbsp;: elle dépend de la disponibilité et de la qualité des données. Ses résultats sont empreints des biais cognitifs des équipes qui réalisent les travaux. Mais surtout, elle est incapable d’appréhender les capacités d’adaptation du vivant. <br />  &nbsp;  <ul>  	<li class="list"><u><strong>La futurologie cybernéticienne</strong></u> part du principe que le vivant s’adapte à travers des processus de décision enclenchés au gré des dangers et des opportunités.</li>  </ul>  Cette approche part de l’état des connaissances les plus avancées en matière de sciences de la vie et de la terre et elle opère une veille permanente sur les innovations et les expressions artistiques, puisque l’Homme est lui-même en phase incessante d’évolution. <br />  Avec les progrès considérables réalisés actuellement pour appréhender l’infiniment petit et l’infiniment grand et pour remonter dans le temps, cette discipline devient de plus en plus riche et capable de proposer des visions explicites. <br />  &nbsp;</blockquote>  
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     <div><b>Travailler le futur devient donc moins hypothétique et de plus en plus nécessaire.</b></div>
     <div>
      <blockquote>Le vivant évolue localement, mais il est en connexion permanente avec le reste du monde. En affichant leur volonté de favoriser le «&nbsp;retour au local&nbsp;», les générations montantes mettent un terme aux folles tentatives de globalisation qui ont marqué la fin du siècle dernier. <br />  Ceci ne les empêche pas de rendre leurs visions compatibles avec celles de leurs partenaires, comme le font les API[[1] dans les systèmes informatiques. <br />   <br />  Travailler le futur devient donc moins hypothétique et de plus en plus nécessaire. Les décideurs qui vont y avoir recours vont être plus réactifs et plus crédibles que les analystes haut perchés et trop souvent drapés dans des dogmes. <br />  Profitons de la manne de connaissances que nous produisent avec passion nos chercheurs, nos découvreurs et nos créatifs pour nous doter de stratégies qui protègent le long terme tout en rendant le moyen et court terme réactif. <br />  &nbsp;  <div>  <hr align="left" size="1" width="33%" />  <div id="ftn1">[[1]] Interfaces permettant l’interopérabilité avec d’autres systèmes et la scalabilité pour pouvoir suiver les évolutions à la hausse ou à la baisse …</div>  </div>  </blockquote>  
     </div>
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     <div><b>Merci Geneviève Bouché pour ce regard vers le futur !</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/82667824-59264578.jpg?v=1725809355" alt="Ré-approprions-nous notre futur ! Tribune libre de Geneviève Bouché." title="Ré-approprions-nous notre futur ! Tribune libre de Geneviève Bouché." />
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      <blockquote><span class="result-text" data-v-4c7a99ff=""><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/gbouche/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Geneviève Bouché</a>, futurologue cybernéticienne française, se spécialise dans l'économie de l'innovation et la prospective. Docteure en sciences des organisations, elle a une formation en télécommunications, économie, sociologie et futurologie. Elle a contribué à l'industrie du numérique en France et a fondé une agence de management de l'innovation. <br />  Dirigeante d'entreprise, auteure et intervenante dans des think tanks, elle est reconnue pour ses conférences TEDx. Ses travaux et publications portent sur l'économie, la ré-industrialisation, la recomposition du tissu entrepreneurial et les évolutions sociétales. En tant que futurologue, elle identifie les grandes tendances sociétales et propose des stratégies à long terme pour relever les défis du changement civilisationnel actuel.</span></blockquote>  
     </div>
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