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 <title>www.veillemag.com</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-03T21:01:56+02:00</updated>
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   <title>Le Mali face au paradoxe algérien : comment Alger normalise ses relations avec Bamako sans renoncer à son levier d'influence au nord</title>
   <updated>2026-08-01T11:18:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Le-Mali-face-au-paradoxe-algerien-comment-Alger-normalise-ses-relations-avec-Bamako-sans-renoncer-a-son-levier-d_a8058.html</id>
   <category term="Géopolitique" />
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   <published>2026-07-31T17:35:00+02:00</published>
   <author><name>Dr. Yassine El Yattioui</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Depuis plusieurs mois, les signaux d'un rapprochement diplomatique entre Alger et Bamako se multiplient. Le retour des ambassadeurs, la réouverture de l'espace aérien et la reprise progressive du dialogue bilatéral semblent mettre un terme à plus d'une année de tensions particulièrement vives entre les deux capitales. À première vue, cette normalisation pourrait laisser penser que l'Algérie et le Mali convergent désormais vers une même lecture des enjeux sécuritaires sahéliens. Une telle interprétation demeure pourtant incomplète.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97539052-67923248.jpg?v=1785513382" alt="Le Mali face au paradoxe algérien : comment Alger normalise ses relations avec Bamako sans renoncer à son levier d'influence au nord" title="Le Mali face au paradoxe algérien : comment Alger normalise ses relations avec Bamako sans renoncer à son levier d'influence au nord" />
     </div>
     <div>
      <blockquote> <br />  Derrière l'apaisement diplomatique, les divergences stratégiques persistent. Alors que les autorités maliennes privilégient une approche essentiellement militaire, fondée sur la reconquête territoriale avec l'appui de la Russie, Alger continue de défendre une logique où la stabilisation durable passe par une solution politique intégrant les acteurs du Nord. Cette différence de doctrine constitue aujourd'hui l'une des principales lignes de fracture dans la gestion de la crise malienne.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une insurrection qui change de nature</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le paradoxe est d'autant plus marqué que la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader. Tout au long du mois de juillet 2026, les attaques du <a class="link" href="https://en.wikipedia.org/wiki/Jama%27at_Nusrat_al-Islam_wal-Muslimin" target="_blank">Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin</a>  (JNIM) se sont intensifiées, tandis que les coordinations tactiques entre groupes jihadistes et mouvements séparatistes touaregs se sont renforcées. Bien que leurs objectifs politiques demeurent distincts, leur convergence opérationnelle accroît considérablement la pression exercée sur les Forces armées maliennes et remet en question l'efficacité d'une stratégie reposant principalement sur la réponse militaire. <br />   <br />  Cette évolution révèle une transformation plus profonde du conflit. L'insurrection ne se limite plus à une succession d'attaques localisées ; elle tend à devenir une stratégie d'érosion progressive visant autant les capacités militaires de l'État que sa légitimité politique. <strong>Malgré l'appui sécuritaire russe, les opérations conduites par Bamako n'ont pas modifié de manière décisive le rapport de force stratégique.</strong> Les groupes armés conservent une capacité d'adaptation élevée et exploitent les fragilités persistantes de la gouvernance dans les régions septentrionales. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'Algérie, entre coopération officielle et préservation de son influence</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">C'est dans ce contexte que la posture algérienne prend une importance particulière. <br />   <br />  Depuis plusieurs décennies, l'Algérie considère le nord du Mali comme un espace directement lié à sa propre sécurité nationale. Sa politique sahélienne repose traditionnellement sur un équilibre entre coopération avec les autorités centrales et maintien de relations avec les principales composantes politiques, tribales et communautaires de l'<a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Azawad" target="_blank">Azawad</a>. Cette approche répond moins à une logique idéologique qu'à une volonté de préserver sa capacité d'influence dans un espace frontalier jugé vital. <br />   <br />  L'abandon de l'Accord d'Alger de 2015 constitue, à cet égard, un tournant majeur. Pour Alger, cet accord représentait non seulement un instrument de stabilisation, mais également le principal vecteur de son rôle de médiateur régional. Sa remise en cause a été perçue comme un affaiblissement direct de son influence diplomatique au Sahel. Dès lors, la normalisation récente avec Bamako ne signifie pas nécessairement une convergence stratégique. Elle traduit davantage une volonté de restaurer des canaux de communication sans renoncer aux intérêts fondamentaux de l'Algérie dans le nord malien. <br />   <br />  Cette nuance est essentielle. <br />   <br />  Les analyses disponibles en arabe, en français et en anglais convergent sur un point : rien ne permet d'affirmer qu'Alger chercherait activement à provoquer un changement de régime à Bamako. En revanche, tout indique que les autorités algériennes demeurent réticentes à voir le pouvoir militaire consolider sans partage son contrôle sur les régions septentrionales. Préserver des liens avec les élites touarègues et les réseaux tribaux permet à l'Algérie de conserver des leviers d'influence indépendants de l'évolution des rapports de force au sein de l'État malien. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La rivalité silencieuse entre Alger et Moscou</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>Cette stratégie répond également à une autre préoccupation : l'expansion de l'influence russe au Sahel.</strong> Si Moscou est devenu le principal partenaire sécuritaire de Bamako, Alger observe avec prudence cette recomposition géopolitique qui réduit progressivement son propre rôle régional. Sans s'opposer frontalement à cette présence, l'Algérie cherche à préserver un équilibre lui permettant de rester un acteur incontournable dans toute future architecture de sécurité sahélienne. <br />   <br />  Le conflit malien dépasse ainsi largement les frontières nationales. Il devient l'un des principaux théâtres de compétition entre différentes conceptions de la stabilité régionale. D'un côté, Bamako privilégie une reconquête militaire appuyée par Moscou. De l'autre, Alger continue de défendre une approche où la négociation politique demeure indispensable à toute stabilisation durable. Cette divergence stratégique explique pourquoi la normalisation diplomatique ne saurait être interprétée comme une véritable réconciliation politique. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le véritable enjeu : la gouvernance du nord du Mali</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L'avenir du Mali dépendra donc moins du retour des ambassadeurs que de la capacité des acteurs régionaux à dépasser cette contradiction fondamentale. Tant que les réponses sécuritaires ne seront pas accompagnées d'un processus politique crédible, les groupes armés continueront d'exploiter les fractures locales et les rivalités géopolitiques. La reprise du dialogue entre Alger et Bamako constitue incontestablement une étape importante. Elle ne marque toutefois pas la fin des divergences stratégiques, mais plutôt l'ouverture d'une nouvelle phase où coopération diplomatique et compétition d'influence coexisteront durablement. <br />   <br />  Au fond, le véritable paradoxe malien réside là : les relations bilatérales se normalisent, mais les visions de l'ordre régional restent profondément antagonistes. C'est précisément cette tension entre rapprochement diplomatique et rivalité stratégique qui continuera de structurer les équilibres sahéliens dans les années à venir.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le risque d'une fragmentation durable du Sahel</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Au-delà des dynamiques propres au Mali, la crise actuelle révèle une recomposition plus profonde de l'ordre sécuritaire sahélo-saharien. Le retour du dialogue entre Alger et Bamako ne doit pas masquer la persistance d'une compétition d'influence entre puissances régionales et partenaires extérieurs, chacun cherchant à façonner l'architecture sécuritaire du Sahel selon ses propres intérêts. Dans ce contexte, la stabilisation du Mali ne dépendra pas uniquement des succès militaires contre les groupes armés, mais de la capacité des acteurs régionaux à élaborer une vision politique commune de la gouvernance des espaces septentrionaux. <br />   <br />  À défaut, le pays risque de s'enfoncer dans une conflictualité chronique où la multiplication des alliances opportunistes entre groupes jihadistes, mouvements séparatistes et rivalités géopolitiques extérieures transformerait durablement le nord du Mali en un espace de compétition stratégique permanente. Plus largement, c'est l'ensemble de l'équilibre sahélien qui pourrait être redéfini, faisant du Mali non plus une simple crise nationale, mais le principal laboratoire des recompositions géopolitiques contemporaines en Afrique de l'Ouest. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>Alain Antil et Thierry Vircoulon, « Après l'échec sahélien, repenser le logiciel de la politique française en Afrique », Briefings de l’Ifri, Ifri, 10 avril 2024. <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/07/17/derriere-le-rapprochement-entre-le-mali-et-l-algerie-la-main-de-la-russie_6724221_3212.html">https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/07/17/derriere-le-rapprochement-entre-le-mali-et-l-algerie-la-main-de-la-russie_6724221_3212.html</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.reuters.com/world/africa/insurgents-attack-multiple-towns-northern-central-mali-sources-say-2026-07-04/">https://www.reuters.com/world/africa/insurgents-attack-multiple-towns-northern-central-mali-sources-say-2026-07-04/</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://icct.nl/publication/mali-what-were-reasons-and-consequences-25-april-attacks?utm">https://icct.nl/publication/mali-what-were-reasons-and-consequences-25-april-attacks?utm</a> </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de l'auteur</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div class="photo shadow top" style="margin-bottom: 10px"><img alt="L'empire de l'or égyptien : comment Le Caire militarise les ressources aurifères du Soudan pour bâtir la future place financière de l'or en Afrique. Tribune libre Dr. Yassine El Yattioui" class="not-responsive" height="203" src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97300300-67782255.jpg?v=1783785563" title="L'empire de l'or égyptien : comment Le Caire militarise les ressources aurifères du Soudan pour bâtir la future place financière de l'or en Afrique. Tribune libre Dr. Yassine El Yattioui" width="238" /></div>    <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote>  <div><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/dr-yassine-el-yattioui-b5a48a126/" target="_blank">Dr. Yassine El Yattioui </a>  <br />  Docteur en Science Politique et Relations Internationales à l'Université de Salamanque (Espagne) <br />  Enseignant-chercheur à l'Université Lumière Lyon II (France) <br />  Chercheur associé à la Benemérita Universidad Autónoma de Puebla - BUAP (Mexique)</div>  </blockquote>  </div>  </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <br />  #Mali_Sahel, #Algeria_Maghreb, #Azawad_region, #Gao_Timbuktu, #Sahel_security, #Maghreb_geopolitics, #West_Africa_conflict, #Russian_influence_Sahel, #JNIM_activity, #Tuareg_regions
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Le Mali face au paradoxe algérien : comment Alger normalise ses relations avec Bamako sans renoncer à son levier d'influence au nord</title>
   <updated>2026-08-03T14:37:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Le-Mali-face-au-paradoxe-algerien-comment-Alger-normalise-ses-relations-avec-Bamako-sans-renoncer-a-son-levier-d_a8072.html</id>
   <category term="Géopolitique" />
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   <published>2026-07-31T17:35:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Depuis plusieurs mois, les signaux d'un rapprochement diplomatique entre Alger et Bamako se multiplient. Le retour des ambassadeurs, la réouverture de l'espace aérien et la reprise progressive du dialogue bilatéral semblent mettre un terme à plus d'une année de tensions particulièrement vives entre les deux capitales. À première vue, cette normalisation pourrait laisser penser que l'Algérie et le Mali convergent désormais vers une même lecture des enjeux sécuritaires sahéliens. Une telle interprétation demeure pourtant incomplète.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97565907-67936174.jpg?v=1785748016" alt="Le Mali face au paradoxe algérien : comment Alger normalise ses relations avec Bamako sans renoncer à son levier d'influence au nord" title="Le Mali face au paradoxe algérien : comment Alger normalise ses relations avec Bamako sans renoncer à son levier d'influence au nord" />
     </div>
     <div>
      <blockquote> <br />  Derrière l'apaisement diplomatique, les divergences stratégiques persistent. Alors que les autorités maliennes privilégient une approche essentiellement militaire, fondée sur la reconquête territoriale avec l'appui de la Russie, Alger continue de défendre une logique où la stabilisation durable passe par une solution politique intégrant les acteurs du Nord. Cette différence de doctrine constitue aujourd'hui l'une des principales lignes de fracture dans la gestion de la crise malienne.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une insurrection qui change de nature</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le paradoxe est d'autant plus marqué que la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader. Tout au long du mois de juillet 2026, les attaques du <a class="link" href="https://en.wikipedia.org/wiki/Jama%27at_Nusrat_al-Islam_wal-Muslimin" target="_blank">Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin</a>  (JNIM) se sont intensifiées, tandis que les coordinations tactiques entre groupes jihadistes et mouvements séparatistes touaregs se sont renforcées. Bien que leurs objectifs politiques demeurent distincts, leur convergence opérationnelle accroît considérablement la pression exercée sur les Forces armées maliennes et remet en question l'efficacité d'une stratégie reposant principalement sur la réponse militaire. <br />   <br />  Cette évolution révèle une transformation plus profonde du conflit. L'insurrection ne se limite plus à une succession d'attaques localisées ; elle tend à devenir une stratégie d'érosion progressive visant autant les capacités militaires de l'État que sa légitimité politique. <strong>Malgré l'appui sécuritaire russe, les opérations conduites par Bamako n'ont pas modifié de manière décisive le rapport de force stratégique.</strong> Les groupes armés conservent une capacité d'adaptation élevée et exploitent les fragilités persistantes de la gouvernance dans les régions septentrionales. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'Algérie, entre coopération officielle et préservation de son influence</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">C'est dans ce contexte que la posture algérienne prend une importance particulière. <br />   <br />  Depuis plusieurs décennies, l'Algérie considère le nord du Mali comme un espace directement lié à sa propre sécurité nationale. Sa politique sahélienne repose traditionnellement sur un équilibre entre coopération avec les autorités centrales et maintien de relations avec les principales composantes politiques, tribales et communautaires de l'<a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Azawad" target="_blank">Azawad</a>. Cette approche répond moins à une logique idéologique qu'à une volonté de préserver sa capacité d'influence dans un espace frontalier jugé vital. <br />   <br />  L'abandon de l'Accord d'Alger de 2015 constitue, à cet égard, un tournant majeur. Pour Alger, cet accord représentait non seulement un instrument de stabilisation, mais également le principal vecteur de son rôle de médiateur régional. Sa remise en cause a été perçue comme un affaiblissement direct de son influence diplomatique au Sahel. Dès lors, la normalisation récente avec Bamako ne signifie pas nécessairement une convergence stratégique. Elle traduit davantage une volonté de restaurer des canaux de communication sans renoncer aux intérêts fondamentaux de l'Algérie dans le nord malien. <br />   <br />  Cette nuance est essentielle. <br />   <br />  Les analyses disponibles en arabe, en français et en anglais convergent sur un point : rien ne permet d'affirmer qu'Alger chercherait activement à provoquer un changement de régime à Bamako. En revanche, tout indique que les autorités algériennes demeurent réticentes à voir le pouvoir militaire consolider sans partage son contrôle sur les régions septentrionales. Préserver des liens avec les élites touarègues et les réseaux tribaux permet à l'Algérie de conserver des leviers d'influence indépendants de l'évolution des rapports de force au sein de l'État malien. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La rivalité silencieuse entre Alger et Moscou</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;"><strong>Cette stratégie répond également à une autre préoccupation : l'expansion de l'influence russe au Sahel.</strong> Si Moscou est devenu le principal partenaire sécuritaire de Bamako, Alger observe avec prudence cette recomposition géopolitique qui réduit progressivement son propre rôle régional. Sans s'opposer frontalement à cette présence, l'Algérie cherche à préserver un équilibre lui permettant de rester un acteur incontournable dans toute future architecture de sécurité sahélienne. <br />   <br />  Le conflit malien dépasse ainsi largement les frontières nationales. Il devient l'un des principaux théâtres de compétition entre différentes conceptions de la stabilité régionale. D'un côté, Bamako privilégie une reconquête militaire appuyée par Moscou. De l'autre, Alger continue de défendre une approche où la négociation politique demeure indispensable à toute stabilisation durable. Cette divergence stratégique explique pourquoi la normalisation diplomatique ne saurait être interprétée comme une véritable réconciliation politique. <br />  &nbsp;</div>  
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     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le véritable enjeu : la gouvernance du nord du Mali</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">L'avenir du Mali dépendra donc moins du retour des ambassadeurs que de la capacité des acteurs régionaux à dépasser cette contradiction fondamentale. Tant que les réponses sécuritaires ne seront pas accompagnées d'un processus politique crédible, les groupes armés continueront d'exploiter les fractures locales et les rivalités géopolitiques. La reprise du dialogue entre Alger et Bamako constitue incontestablement une étape importante. Elle ne marque toutefois pas la fin des divergences stratégiques, mais plutôt l'ouverture d'une nouvelle phase où coopération diplomatique et compétition d'influence coexisteront durablement. <br />   <br />  Au fond, le véritable paradoxe malien réside là : les relations bilatérales se normalisent, mais les visions de l'ordre régional restent profondément antagonistes. C'est précisément cette tension entre rapprochement diplomatique et rivalité stratégique qui continuera de structurer les équilibres sahéliens dans les années à venir.</div>  
     </div>
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     <div><b>Le risque d'une fragmentation durable du Sahel</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">Au-delà des dynamiques propres au Mali, la crise actuelle révèle une recomposition plus profonde de l'ordre sécuritaire sahélo-saharien. Le retour du dialogue entre Alger et Bamako ne doit pas masquer la persistance d'une compétition d'influence entre puissances régionales et partenaires extérieurs, chacun cherchant à façonner l'architecture sécuritaire du Sahel selon ses propres intérêts. Dans ce contexte, la stabilisation du Mali ne dépendra pas uniquement des succès militaires contre les groupes armés, mais de la capacité des acteurs régionaux à élaborer une vision politique commune de la gouvernance des espaces septentrionaux. <br />   <br />  À défaut, le pays risque de s'enfoncer dans une conflictualité chronique où la multiplication des alliances opportunistes entre groupes jihadistes, mouvements séparatistes et rivalités géopolitiques extérieures transformerait durablement le nord du Mali en un espace de compétition stratégique permanente. Plus largement, c'est l'ensemble de l'équilibre sahélien qui pourrait être redéfini, faisant du Mali non plus une simple crise nationale, mais le principal laboratoire des recompositions géopolitiques contemporaines en Afrique de l'Ouest. <br />  &nbsp;</div>  
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     <div><b>Sources</b></div>
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      <blockquote>Alain Antil et Thierry Vircoulon, « Après l'échec sahélien, repenser le logiciel de la politique française en Afrique », Briefings de l’Ifri, Ifri, 10 avril 2024. <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/07/17/derriere-le-rapprochement-entre-le-mali-et-l-algerie-la-main-de-la-russie_6724221_3212.html">https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/07/17/derriere-le-rapprochement-entre-le-mali-et-l-algerie-la-main-de-la-russie_6724221_3212.html</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.reuters.com/world/africa/insurgents-attack-multiple-towns-northern-central-mali-sources-say-2026-07-04/">https://www.reuters.com/world/africa/insurgents-attack-multiple-towns-northern-central-mali-sources-say-2026-07-04/</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://icct.nl/publication/mali-what-were-reasons-and-consequences-25-april-attacks?utm">https://icct.nl/publication/mali-what-were-reasons-and-consequences-25-april-attacks?utm</a> </blockquote>  
     </div>
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     <div><b>A propos de l'auteur</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div class="photo shadow top" style="margin-bottom: 10px"><img alt="L'empire de l'or égyptien : comment Le Caire militarise les ressources aurifères du Soudan pour bâtir la future place financière de l'or en Afrique. Tribune libre Dr. Yassine El Yattioui" class="not-responsive" height="203" src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97300300-67782255.jpg?v=1783785563" title="L'empire de l'or égyptien : comment Le Caire militarise les ressources aurifères du Soudan pour bâtir la future place financière de l'or en Afrique. Tribune libre Dr. Yassine El Yattioui" width="238" /></div>    <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote>  <div><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/dr-yassine-el-yattioui-b5a48a126/" target="_blank">Dr. Yassine El Yattioui </a>  <br />  Docteur en Science Politique et Relations Internationales à l'Université de Salamanque (Espagne) <br />  Enseignant-chercheur à l'Université Lumière Lyon II (France) <br />  Chercheur associé à la Benemérita Universidad Autónoma de Puebla - BUAP (Mexique)</div>  </blockquote>  </div>  </div>  </blockquote>  
     </div>
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       <br />  #Mali_Sahel, #Algeria_Maghreb, #Azawad_region, #Gao_Timbuktu, #Sahel_security, #Maghreb_geopolitics, #West_Africa_conflict, #Russian_influence_Sahel, #JNIM_activity, #Tuareg_regions
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   <title>Le pari nucléaire saoudien redessine le Moyen-Orient</title>
   <updated>2026-07-23T09:28:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Le-pari-nucleaire-saoudien-redessine-le-Moyen-Orient_a7990.html</id>
   <category term="Géopolitique" />
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   <published>2026-07-22T17:32:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Sous couvert de coopération civile, Washington ouvre à Riyad l’accès à l’enrichissement de l’uranium, rebattant les équilibres du Moyen‑Orient. L’accord, qui promet aux États-Unis une influence durable sur le programme saoudien, fait émerger une puissance nucléaire virtuelle dont l’ascension pourrait accélérer la rivalité avec l’Iran et fragiliser le régime international de non‑prolifération.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97434998-67858244.jpg?v=1784735830" alt="Le pari nucléaire saoudien redessine le Moyen-Orient" title="Le pari nucléaire saoudien redessine le Moyen-Orient" />
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     <div><b>Washington ouvre la voie à l'enrichissement de l'uranium et transforme l'énergie civile en instrument de puissance</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Donald Trump a approuvé un accord de coopération nucléaire civile avec l'Arabie saoudite qui pourrait profondément modifier les équilibres stratégiques du Moyen-Orient. Prévu pour une durée de trente ans, le dispositif devrait permettre aux entreprises américaines de jouer un rôle central dans la construction des réacteurs, des infrastructures de sûreté et, éventuellement, d'une installation d'enrichissement de l'uranium sur le territoire saoudien.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Selon les informations disponibles, cette dernière possibilité dépendrait d'une étude conjointe menée par Washington et Riyad. Celle-ci devrait déterminer si l'enrichissement local peut être justifié sur les plans économique, industriel et énergétique. L'accord doit encore être soumis au Congrès américain, où il suscite déjà des inquiétudes en raison de l'absence de certaines garanties renforcées de non-prolifération.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'enjeu dépasse donc très largement la production d'électricité. Ce qui se joue est la transformation progressive de l'Arabie saoudite en puissance nucléaire potentielle, c'est-à-dire en État ne possédant pas nécessairement l'arme atomique, mais disposant d'une partie des moyens techniques, industriels et humains nécessaires pour s'en rapprocher rapidement.</div>  </div>  
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     <div><b>Préparer l'après-pétrole sans renoncer au pétrole</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le programme nucléaire saoudien s'inscrit dans la stratégie de diversification économique du royaume. Riyad cherche à réduire la consommation intérieure de pétrole et de gaz pour la production d'électricité, afin de réserver une part plus importante de ses hydrocarbures à l'exportation.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le nucléaire doit également soutenir les usines de dessalement, les nouvelles villes industrielles, les centres informatiques et les grands projets associés à la transformation économique du pays. Il ne s'agit donc pas de remplacer immédiatement le pétrole, mais d'utiliser l'atome pour prolonger la puissance pétrolière saoudienne.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Chaque baril qui ne sera plus brûlé dans une centrale électrique pourra être vendu sur les marchés internationaux. Le nucléaire devient ainsi un multiplicateur de revenus et un moyen de préserver la capacité d'influence de Riyad au sein du marché mondial de l'énergie.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Mais l'Arabie saoudite ne veut pas seulement acheter des réacteurs étrangers. Elle souhaite développer une véritable filière nationale, former ses propres techniciens et maîtriser progressivement le cycle du combustible. C'est précisément cette ambition qui transforme un programme économique en problème stratégique.</div>  </div>  
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     <div><b>L'enrichissement, véritable cœur de l'accord</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">L'enrichissement de l'uranium permet de produire le combustible destiné à certains réacteurs civils. Mais la même technologie, poussée à des niveaux beaucoup plus élevés, peut servir à obtenir la matière nécessaire à la fabrication d'une arme nucléaire.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La différence entre usage civil et usage militaire ne réside donc pas dans la nature fondamentale de l'installation, mais dans son niveau d'utilisation, dans la quantité de matière produite et dans le contrôle exercé sur les opérations.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">En autorisant potentiellement la construction d'une installation d'enrichissement en Arabie saoudite, Washington offrirait à Riyad davantage qu'une autonomie énergétique. Le royaume pourrait acquérir les centrifugeuses, les connaissances et les personnels qualifiés constituant la base d'une capacité nucléaire latente.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le gouvernement américain défend une logique pragmatique. Selon Washington, mieux vaut que les infrastructures saoudiennes soient construites et surveillées par les États-Unis plutôt que confiées à la Russie ou à la Chine. L'influence américaine permettrait d'imposer des contrôles, de suivre les matières nucléaires et de limiter les risques de détournement.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Cette argumentation n'est pas sans fondement. Mais elle repose sur la permanence de l'alliance entre Washington et Riyad. Or une centrale ou une installation d'enrichissement peut fonctionner pendant plusieurs décennies, tandis que les alliances politiques peuvent se dégrader beaucoup plus rapidement.</div>  </div>  
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     <div><b>Le modèle émirati abandonné</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">L'accord conclu autrefois entre les États-Unis et les Émirats arabes unis reposait sur ce que Washington appelait la norme la plus exigeante : Abou Dhabi renonçait à l'enrichissement de l'uranium et au traitement du combustible usé.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Riyad n'a jamais accepté une telle limitation. Le royaume estime qu'il doit pouvoir exploiter ses ressources naturelles et maîtriser les technologies nécessaires à son développement. L'accord approuvé par Trump ne comporterait ni renoncement absolu à l'enrichissement ni adhésion obligatoire au protocole additionnel de l'Agence internationale de l'énergie atomique, qui permet des inspections plus étendues.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Ce changement crée un précédent. Si l'Arabie saoudite obtient des conditions plus favorables que les Émirats, d'autres pays pourront demander le même traitement. La Turquie, l'Égypte ou d'autres puissances régionales pourraient considérer qu'elles ont elles aussi le droit de développer leur propre cycle du combustible.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Le danger n'est donc pas seulement la prolifération directe. C'est aussi la multiplication d'États techniquement proches du seuil nucléaire.</strong></div>  </div>  
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     <div><b>L'Iran comme justification et comme menace</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Toute la stratégie saoudienne doit être lue à travers la rivalité avec l'Iran. Mohammed ben Salmane a déjà déclaré que son pays chercherait à obtenir l'arme nucléaire si Téhéran venait à s'en doter.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Dans cette perspective, le programme civil représente une assurance stratégique. Riyad n'a pas besoin de fabriquer immédiatement une bombe. Il lui suffit de réduire progressivement la distance technologique qui l'en sépare.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Cette stratégie peut produire un effet dissuasif. Elle signifie à l'Iran que toute progression vers l'arme nucléaire entraînerait une réponse saoudienne. Mais elle risque également d'accélérer la compétition régionale.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Téhéran pourrait considérer l'installation d'une capacité d'enrichissement saoudienne comme une menace directe. L'Iran serait alors incité à renforcer encore son propre programme, ce qui pousserait Riyad à accélérer le sien. Un mécanisme classique de course aux armements pourrait se mettre en place, même si aucun des deux États ne décidait immédiatement de fabriquer une arme.</div>  </div>  
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     <div><b>Israël face à une contradiction stratégique</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Israël observe avec inquiétude toute diffusion des technologies nucléaires sensibles au Moyen-Orient. Sa doctrine repose depuis longtemps sur la prévention de l'apparition d'une capacité militaire nucléaire chez ses adversaires.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Mais l'Arabie saoudite est aussi un partenaire potentiel dans la construction d'un front régional destiné à contenir l'Iran. Israël doit donc choisir entre deux priorités contradictoires : empêcher la diffusion de l'enrichissement ou préserver le rapprochement avec Riyad.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Sous l'administration précédente, la coopération nucléaire avec l'Arabie saoudite avait été partiellement liée à la normalisation des relations entre Riyad et Israël. L'administration Trump semble avoir dissocié les deux dossiers, réduisant ainsi le pouvoir de négociation israélien.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Riyad obtient donc un avantage majeur sans avoir à accorder immédiatement la contrepartie diplomatique attendue par Israël.</div>  </div>  
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     <div><b>Une bataille industrielle contre la Chine et la Russie</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">L'accord répond également à une logique géoéconomique. Le marché nucléaire saoudien pourrait représenter plusieurs dizaines de milliards de dollars. Les entreprises américaines espèrent obtenir des contrats dans la construction des réacteurs, la production de combustible, la sûreté, la formation et la maintenance.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Washington veut éviter que la Russie, la Chine, la Corée du Sud ou la France ne s'imposent dans ce secteur stratégique. La bataille ne porte pas seulement sur les réacteurs, mais sur des relations de dépendance technologique pouvant durer un demi-siècle.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le pays qui construit une centrale fournit généralement aussi une partie du combustible, de l'entretien, des pièces détachées, des logiciels et de la formation. Contrôler le programme nucléaire saoudien signifie donc conserver une influence durable sur l'un des États les plus importants du monde arabe.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Trump privilégie ainsi une conception transactionnelle de la non-prolifération : accepter davantage de souplesse sur l'enrichissement pour empêcher Riyad de se tourner vers Pékin ou Moscou.</strong></div>  </div>  
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     <div><b>Le Congrès devant un choix difficile</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">L'accord sera soumis au Congrès dans le cadre de la législation américaine sur les coopérations nucléaires. Les parlementaires disposeront d'une période d'examen, mais le blocage définitif de l'accord pourrait nécessiter une majorité suffisamment large pour surmonter un éventuel veto présidentiel.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Les critiques devraient porter sur trois points : l'absence d'interdiction permanente de l'enrichissement, l'insuffisance possible des inspections et le risque de créer un précédent régional.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Les partisans de l'accord répondront que le refus américain ne ferait pas disparaître les ambitions saoudiennes. Il pousserait simplement Riyad vers d'autres fournisseurs, moins exigeants en matière de contrôle.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">C'est là tout le dilemme : préserver des normes strictes au risque de perdre toute influence, ou accepter un compromis permettant de rester présent dans le programme saoudien au prix d'un affaiblissement du régime international de non-prolifération.</div>  </div>  
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     <div><b>La naissance d'une puissance nucléaire virtuelle</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">L'accord ne donne pas à l'Arabie saoudite une arme nucléaire. Il lui offre cependant la possibilité de construire une infrastructure qui pourrait, dans certaines circonstances, raccourcir considérablement le chemin vers cette arme.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le royaume obtiendrait de l'énergie, des compétences industrielles et un prestige stratégique accru. Les États-Unis gagneraient des contrats, conserveraient leur influence dans le Golfe et limiteraient l'expansion chinoise et russe.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Mais le Moyen-Orient entrerait dans une période plus instable. L'Iran pourrait accélérer son programme. Israël pourrait durcir sa doctrine préventive. La Turquie et l'Égypte pourraient réclamer des capacités comparables.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Washington présente l'accord comme un moyen de contrôler l'ambition saoudienne. Riyad le considère probablement comme un moyen d'acquérir une autonomie stratégique sous protection américaine.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">C'est précisément cette ambiguïté qui rend l'accord historique. Sous couvert de coopération civile, les États-Unis pourraient contribuer à la naissance d'une nouvelle puissance nucléaire virtuelle au cœur du monde arabe.</div>  </div>  
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     <div><b>Sources</b></div>
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      <blockquote>  <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.wsj.com/world/middle-east/trump-approves-landmark-nuclear-deal-with-saudi-arabia-in-big-win-for-kingdom-2ed77584" target="_blank">https://www.wsj.com/world/middle-east/trump-approves-landmark-nuclear-deal-with-saudi-arabia-in-big-win-for-kingdom-2ed77584</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/business/energy/trump-seek-congress-approval-saudi-arabia-nuclear-energy-pact-that-lacks-2026-07-22/" target="_blank">https://www.reuters.com/business/energy/trump-seek-congress-approval-saudi-arabia-nuclear-energy-pact-that-lacks-2026-07-22/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://apnews.com/article/6bb82164c890a7dc335cbfc2c628a3da" target="_blank">https://apnews.com/article/6bb82164c890a7dc335cbfc2c628a3da</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/middle-east/us-nuclear-power-pact-with-saudi-arabia-lacks-strict-guardrails-letter-says-2026-05-19/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/middle-east/us-nuclear-power-pact-with-saudi-arabia-lacks-strict-guardrails-letter-says-2026-05-19/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/under-trump-saudi-civil-nuclear-talks-delinked-israel-recognition-sources-say-2025-05-08/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/under-trump-saudi-civil-nuclear-talks-delinked-israel-recognition-sources-say-2025-05-08/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.armscontrol.org/issue-briefs/2026-02/trump-jeopardizing-nonproliferation-efforts-get-nuclear-cooperation-deal-saudi" target="_blank">https://www.armscontrol.org/issue-briefs/2026-02/trump-jeopardizing-nonproliferation-efforts-get-nuclear-cooperation-deal-saudi</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div><a rel="https://www.veillemag.com/photo/art/grande/88954236-62959841.jpg?v=1748523774&amp;ibox" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question."><img alt="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/88954236-62959841.jpg?v=1748523774" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." /></a></div>    <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <blockquote>Giuseppe Gagliano&nbsp;a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <br />  #Arabie_Saoudite, #Riyad_nuclear_shift, #Middle_East_power, #US_Saudi_deal, #Uranium_enrichment, #Iran_Saudi_rivalry, #Nuclear_proliferation_risk, #Gulf_geopolitics, #Strategic_energy_transition, #Washington_Riyad_strategy
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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