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 <title>www.veillemag.com</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-25T04:25:46+02:00</updated>
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   <title>La France fait du contrôle des investissements étrangers une question de sécurité nationale</title>
   <updated>2026-08-04T12:05:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/La-France-fait-du-controle-des-investissements-etrangers-une-question-de-securite-nationale_a8074.html</id>
   <category term="Souveraineté" />
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   <published>2026-08-04T11:58:00+02:00</published>
   <author><name>Giuseppe Gagliano, Cestudec</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La France durcit son dispositif de protection économique : en abaissant à 10 % le seuil de contrôle des investissements non européens dans les entreprises sensibles, le gouvernement transforme une règle financière en outil de souveraineté. Derrière ce filtre renforcé, une même logique : empêcher que des acteurs étrangers accèdent aux technologies, données et leviers industriels capables d’infléchir l'autonomie nationale.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97568049-67938298.jpg?v=1785837435" alt="La France fait du contrôle des investissements étrangers une question de sécurité nationale" title="La France fait du contrôle des investissements étrangers une question de sécurité nationale" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: center;"><a class="link" href="https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf?id=kVX9lxDRbKtRiikoUdew94k85GgPqvffEsbnZjwEPRE=" target="_blank">Source</a> </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Contrôle des investissements : la France élargit son périmètre de sécurité économique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf?id=kVX9lxDRbKtRiikoUdew94k85GgPqvffEsbnZjwEPRE=" target="_blank">Le décret signé le 2 août 2026</a>  par le Premier ministre français Sébastien Lecornu ne constitue pas une simple correction technique des règles financières. Il s'agit d'un acte de guerre économique défensive : l'État français renforce son droit de surveiller, de conditionner ou d'empêcher l'entrée de capitaux non européens dans les entreprises considérées comme stratégiques.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le texte prévoit qu'un investisseur extérieur à l'Union européenne et à l'Espace économique européen devra obtenir une autorisation gouvernementale lorsqu'il souhaitera acquérir au moins 10 % du capital d'une société française cotée en bourse et active dans un secteur sensible. La mesure concerne également les entreprises françaises cotées sur des places financières étrangères, ce qui permet de supprimer une zone grise liée au lieu de négociation des titres.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La France n'introduit pas pour la première fois le seuil de 10 %. Une mesure analogue avait été adoptée temporairement pendant la crise sanitaire, avant d'être rendue permanente en janvier 2024 pour les entreprises cotées jugées stratégiques. Le nouveau décret élargit et précise le champ d'application, afin de rendre plus difficile le contournement du contrôle par des montages sociétaires, des marchés financiers étrangers ou des prises de participation officiellement minoritaires.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’investissement minoritaire, un risque majeur pour les actifs sensibles</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Selon les catégories élaborées par l'École de guerre économique de Paris, cette mesure relève avant tout de la guerre économique défensive. L'État ne cherche pas directement à conquérir un&nbsp;marché étranger, mais à empêcher que des acteurs extérieurs prennent le contrôle de leviers décisifs au sein de son propre système productif.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le capital n'est plus considéré comme neutre. Un investissement peut garantir l'accès à des informations confidentielles, à la propriété intellectuelle, aux brevets, aux chaînes d'approvisionnement, aux compétences des salariés et aux processus de décision de l'entreprise. <strong>Une participation de 10 % peut être insuffisante pour obtenir formellement le contrôle, mais suffisante pour accéder à certaines informations, influencer les organes dirigeants ou préparer une acquisition ultérieure.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La deuxième catégorie est celle de la souveraineté économique. Paris entend conserver sur le territoire national les capacités indispensables à la continuité de l'État : défense, énergie, transports, communications, cybersécurité, intelligence artificielle, espace, santé, matières premières et technologies à double usage civil et militaire.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Dans cette perspective, le décret ne protège pas seulement des entreprises. Il protège des fonctions stratégiques sans lesquelles la France risquerait de dépendre de puissances étrangères.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'investissement comme instrument d'influence</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La troisième catégorie concerne la prédation économique. Une entreprise stratégique peut être acquise non seulement pour générer des bénéfices, mais aussi pour absorber ses technologies, transférer sa production, contrôler ses brevets ou l'éliminer en tant que concurrente.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'acquisition financière devient alors un instrument de puissance. L'acheteur peut s'emparer d'une technologie sans avoir à la développer lui-même, tout en réduisant l'autonomie du pays dans lequel l'entreprise est née.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La France a déjà bloqué ou conditionné des opérations concernant des entreprises actives dans la Défense, le nucléaire et l'électronique. En 2023, Paris avait notamment empêché l'acquisition par un groupe américain de deux fournisseurs de composants destinés aux sous-marins nucléaires français et aux centrales électriques. Cette décision avait montré qu'un allié politique pouvait également être considéré comme un concurrent économique lorsque des technologies souveraines étaient en jeu.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le droit comme arme économique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le décret relève aussi de la guerre normative. La France utilise le droit non seulement pour réglementer le marché, mais pour modifier le rapport de force entre l'État et les investisseurs internationaux.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'investisseur non européen doit déclarer préalablement ses intentions. Le gouvernement peut autoriser l'opération, imposer des conditions, exiger des garanties sur le maintien des activités en France ou opposer son veto.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La norme devient ainsi une arme stratégique. Elle ne confisque pas le capital étranger et n'interdit pas de manière générale les investissements, mais elle donne à l'État un pouvoir de sélection. La distinction décisive ne passe plus entre capital public et capital privé, mais entre capital compatible et capital potentiellement hostile.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">C'est la même logique que celle utilisée par les États-Unis avec le contrôle des investissements étrangers, les restrictions sur les exportations technologiques et l'application extraterritoriale de leur droit. La France cherche à construire une capacité comparable, même si elle reste plus limitée, afin d'éviter que l'ouverture économique ne se transforme en vulnérabilité stratégique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La bataille de l'information</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Les acquisitions d'entreprises permettent en effet d'accéder non seulement aux usines et aux brevets, mais aussi aux données.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Détenir une participation importante dans une société signifie pouvoir connaître ses clients, ses fournisseurs, ses programmes de recherche, ses technologies futures, ses fragilités industrielles et ses relations avec l'État. Dans les secteurs stratégiques, ces informations peuvent avoir une valeur supérieure à celle des actifs matériels.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le décret répond donc à une menace qui n'est pas exclusivement financière. Un investisseur peut agir directement ou par l'intermédiaire de fonds, de filiales, de prête-noms et de chaînes de propriété réparties entre plusieurs juridictions. Le contrôle public doit identifier le bénéficiaire effectif et déterminer si l'opération est conduite par une entreprise privée, un fonds souverain ou un appareil étatique étranger.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les véritables acteurs visés : États-Unis, Chine et fonds souverains</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le texte ne désigne officiellement aucun pays. Les principaux acteurs concernés sont néanmoins les investisseurs américains, chinois, britanniques, moyen-orientaux et asiatiques.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La Chine représente le cas le plus évident en raison de sa stratégie d'acquisition de technologies occidentales et des liens existant entre entreprises, financements et objectifs étatiques. Mais le décret concerne aussi les États-Unis, qui disposent d'une puissance financière, technologique et juridique capable d'absorber les entreprises européennes les plus prometteuses.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Dans la vision française, l'alliance militaire n'efface pas la compétition économique. Washington peut être un allié au sein de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord tout en restant un concurrent capable d'utiliser le dollar, le droit, les fonds d'investissement et les grandes entreprises technologiques pour étendre son influence.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Les fonds souverains du Golfe seront eux aussi soumis à une surveillance renforcée lorsqu'ils chercheront à entrer au capital d'entreprises françaises sensibles. Leur puissance financière peut être utile à l'économie nationale, mais elle peut également créer des dépendances politiques et industrielles.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une stratégie défensive, mais pas encore offensive</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le décret renforce la protection des entreprises françaises, mais il ne résout pas la question de leur fragilité financière. Bloquer une acquisition étrangère sert peu si aucun investisseur français ou européen n'est en mesure de fournir les capitaux nécessaires à leur développement.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La guerre économique défensive doit donc être accompagnée d'une politique offensive : fonds souverains nationaux, participations publiques, crédit industriel, soutien à la recherche, commandes de l'État et instruments européens capables de financer les entreprises stratégiques.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Sans cette seconde dimension, le contrôle des investissements risque de devenir une ligne Maginot financière : il ralentit l'adversaire, mais ne construit pas la puissance nécessaire pour lui faire face.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La France démontre néanmoins qu'elle a compris une réalité longtemps ignorée par l'Europe : dans l'économie contemporaine, une acquisition d'entreprise peut produire des effets stratégiques comparables à ceux d'une opération politique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Il n'est pas toujours nécessaire d'envoyer des chars pour conquérir une technologie, un réseau de communication ou une capacité industrielle. Il suffit parfois d'en acheter 10 %.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Source</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97568049-67947720.jpg?v=1785835743" alt="La France fait du contrôle des investissements étrangers une question de sécurité nationale" title="La France fait du contrôle des investissements étrangers une question de sécurité nationale" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <div><a rel="https://www.veillemag.com/photo/art/grande/88954236-62959841.jpg?v=1748523774&amp;ibox" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question."><img alt="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/88954236-62959841.jpg?v=1748523774" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." /></a></div>    <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <blockquote>Giuseppe Gagliano&nbsp;a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      #economic_security, #foreign_investment_control, #strategic_assets, #national_sovereignty, #defensive_economic_warfare, #critical_technologies, #nonEU_capital, #state_power, #investment_screening, #geoeconomics,&nbsp;#France, #European_Union, #United_States, #China, #Middle_East
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>La France fait du contrôle des investissements étrangers une question de sécurité nationale</title>
   <updated>2026-08-05T10:51:00+02:00</updated>
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   <published>2026-08-04T11:58:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
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    <![CDATA[
La France durcit son dispositif de protection économique : en abaissant à 10 % le seuil de contrôle des investissements non européens dans les entreprises sensibles, le gouvernement transforme une règle financière en outil de souveraineté. Derrière ce filtre renforcé, une même logique : empêcher que des acteurs étrangers accèdent aux technologies, données et leviers industriels capables d’infléchir l'autonomie nationale.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97590508-67954969.jpg?v=1785837435" alt="La France fait du contrôle des investissements étrangers une question de sécurité nationale" title="La France fait du contrôle des investissements étrangers une question de sécurité nationale" />
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      <div style="text-align: center;"><a class="link" href="https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf?id=kVX9lxDRbKtRiikoUdew94k85GgPqvffEsbnZjwEPRE=" target="_blank">Source</a> </div>  
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     <div><b>Contrôle des investissements : la France élargit son périmètre de sécurité économique</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf?id=kVX9lxDRbKtRiikoUdew94k85GgPqvffEsbnZjwEPRE=" target="_blank">Le décret signé le 2 août 2026</a>  par le Premier ministre français Sébastien Lecornu ne constitue pas une simple correction technique des règles financières. Il s'agit d'un acte de guerre économique défensive : l'État français renforce son droit de surveiller, de conditionner ou d'empêcher l'entrée de capitaux non européens dans les entreprises considérées comme stratégiques.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le texte prévoit qu'un investisseur extérieur à l'Union européenne et à l'Espace économique européen devra obtenir une autorisation gouvernementale lorsqu'il souhaitera acquérir au moins 10 % du capital d'une société française cotée en bourse et active dans un secteur sensible. La mesure concerne également les entreprises françaises cotées sur des places financières étrangères, ce qui permet de supprimer une zone grise liée au lieu de négociation des titres.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La France n'introduit pas pour la première fois le seuil de 10 %. Une mesure analogue avait été adoptée temporairement pendant la crise sanitaire, avant d'être rendue permanente en janvier 2024 pour les entreprises cotées jugées stratégiques. Le nouveau décret élargit et précise le champ d'application, afin de rendre plus difficile le contournement du contrôle par des montages sociétaires, des marchés financiers étrangers ou des prises de participation officiellement minoritaires.</div>  </div>  
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     <div><b>L’investissement minoritaire, un risque majeur pour les actifs sensibles</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Selon les catégories élaborées par l'École de guerre économique de Paris, cette mesure relève avant tout de la guerre économique défensive. L'État ne cherche pas directement à conquérir un&nbsp;marché étranger, mais à empêcher que des acteurs extérieurs prennent le contrôle de leviers décisifs au sein de son propre système productif.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le capital n'est plus considéré comme neutre. Un investissement peut garantir l'accès à des informations confidentielles, à la propriété intellectuelle, aux brevets, aux chaînes d'approvisionnement, aux compétences des salariés et aux processus de décision de l'entreprise. <strong>Une participation de 10 % peut être insuffisante pour obtenir formellement le contrôle, mais suffisante pour accéder à certaines informations, influencer les organes dirigeants ou préparer une acquisition ultérieure.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La deuxième catégorie est celle de la souveraineté économique. Paris entend conserver sur le territoire national les capacités indispensables à la continuité de l'État : défense, énergie, transports, communications, cybersécurité, intelligence artificielle, espace, santé, matières premières et technologies à double usage civil et militaire.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Dans cette perspective, le décret ne protège pas seulement des entreprises. Il protège des fonctions stratégiques sans lesquelles la France risquerait de dépendre de puissances étrangères.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
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     <div><b>L'investissement comme instrument d'influence</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La troisième catégorie concerne la prédation économique. Une entreprise stratégique peut être acquise non seulement pour générer des bénéfices, mais aussi pour absorber ses technologies, transférer sa production, contrôler ses brevets ou l'éliminer en tant que concurrente.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'acquisition financière devient alors un instrument de puissance. L'acheteur peut s'emparer d'une technologie sans avoir à la développer lui-même, tout en réduisant l'autonomie du pays dans lequel l'entreprise est née.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La France a déjà bloqué ou conditionné des opérations concernant des entreprises actives dans la Défense, le nucléaire et l'électronique. En 2023, Paris avait notamment empêché l'acquisition par un groupe américain de deux fournisseurs de composants destinés aux sous-marins nucléaires français et aux centrales électriques. Cette décision avait montré qu'un allié politique pouvait également être considéré comme un concurrent économique lorsque des technologies souveraines étaient en jeu.</div>  </div>  
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     <div><b>Le droit comme arme économique</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le décret relève aussi de la guerre normative. La France utilise le droit non seulement pour réglementer le marché, mais pour modifier le rapport de force entre l'État et les investisseurs internationaux.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'investisseur non européen doit déclarer préalablement ses intentions. Le gouvernement peut autoriser l'opération, imposer des conditions, exiger des garanties sur le maintien des activités en France ou opposer son veto.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La norme devient ainsi une arme stratégique. Elle ne confisque pas le capital étranger et n'interdit pas de manière générale les investissements, mais elle donne à l'État un pouvoir de sélection. La distinction décisive ne passe plus entre capital public et capital privé, mais entre capital compatible et capital potentiellement hostile.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">C'est la même logique que celle utilisée par les États-Unis avec le contrôle des investissements étrangers, les restrictions sur les exportations technologiques et l'application extraterritoriale de leur droit. La France cherche à construire une capacité comparable, même si elle reste plus limitée, afin d'éviter que l'ouverture économique ne se transforme en vulnérabilité stratégique.</div>  </div>  
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     <div><b>La bataille de l'information</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Les acquisitions d'entreprises permettent en effet d'accéder non seulement aux usines et aux brevets, mais aussi aux données.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Détenir une participation importante dans une société signifie pouvoir connaître ses clients, ses fournisseurs, ses programmes de recherche, ses technologies futures, ses fragilités industrielles et ses relations avec l'État. Dans les secteurs stratégiques, ces informations peuvent avoir une valeur supérieure à celle des actifs matériels.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le décret répond donc à une menace qui n'est pas exclusivement financière. Un investisseur peut agir directement ou par l'intermédiaire de fonds, de filiales, de prête-noms et de chaînes de propriété réparties entre plusieurs juridictions. Le contrôle public doit identifier le bénéficiaire effectif et déterminer si l'opération est conduite par une entreprise privée, un fonds souverain ou un appareil étatique étranger.</div>  </div>  
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     <div><b>Les véritables acteurs visés : États-Unis, Chine et fonds souverains</b></div>
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     <div><b>Une stratégie défensive, mais pas encore offensive</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le décret renforce la protection des entreprises françaises, mais il ne résout pas la question de leur fragilité financière. Bloquer une acquisition étrangère sert peu si aucun investisseur français ou européen n'est en mesure de fournir les capitaux nécessaires à leur développement.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La guerre économique défensive doit donc être accompagnée d'une politique offensive : fonds souverains nationaux, participations publiques, crédit industriel, soutien à la recherche, commandes de l'État et instruments européens capables de financer les entreprises stratégiques.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Sans cette seconde dimension, le contrôle des investissements risque de devenir une ligne Maginot financière : il ralentit l'adversaire, mais ne construit pas la puissance nécessaire pour lui faire face.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La France démontre néanmoins qu'elle a compris une réalité longtemps ignorée par l'Europe : dans l'économie contemporaine, une acquisition d'entreprise peut produire des effets stratégiques comparables à ceux d'une opération politique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Il n'est pas toujours nécessaire d'envoyer des chars pour conquérir une technologie, un réseau de communication ou une capacité industrielle. Il suffit parfois d'en acheter 10 %.</div>  </div>  
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      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97590508-67954977.jpg?v=1785835743" alt="La France fait du contrôle des investissements étrangers une question de sécurité nationale" title="La France fait du contrôle des investissements étrangers une question de sécurité nationale" />
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     <div><b>A propos de ...</b></div>
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      <div><a rel="https://www.veillemag.com/photo/art/grande/88954236-62959841.jpg?v=1748523774&amp;ibox" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question."><img alt="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/88954236-62959841.jpg?v=1748523774" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." /></a></div>    <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <blockquote>Giuseppe Gagliano&nbsp;a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
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      #economic_security, #foreign_investment_control, #strategic_assets, #national_sovereignty, #defensive_economic_warfare, #critical_technologies, #nonEU_capital, #state_power, #investment_screening, #geoeconomics,&nbsp;#France, #European_Union, #United_States, #China, #Middle_East
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