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 <title>www.veillemag.com</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-27T21:47:42+02:00</updated>
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   <title>La Ligne de Faille : Comprendre le nouveau référentiel du Secret. Carnets de l'incertitude</title>
   <updated>2026-07-11T17:58:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/La-Ligne-de-Faille-Comprendre-le-nouveau-referentiel-du-Secret-Carnets-de-l-incertitude_a7898.html</id>
   <category term="Renseignement" />
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   <published>2026-07-11T17:22:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L’imaginaire de l’espionnage continue de structurer, à tort, la manière dont les États pensent leurs outils de puissance. En confondant renseignement et action clandestine, les décideurs brouillent les frontières entre savoir et agir, au risque d’affaiblir la décision publique. À l’heure de l’OSINT triomphant, de la fragmentation des instruments de force et de la conflictualité en zone grise, cette clarification conceptuelle devient un enjeu de souveraineté.     <div><b>Les Carnets de l'incertitude</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97311448-67787461.jpg?v=1783785255" alt="La Ligne de Faille : Comprendre le nouveau référentiel du Secret. Carnets de l'incertitude" title="La Ligne de Faille : Comprendre le nouveau référentiel du Secret. Carnets de l'incertitude" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: center;"> <br />  Source <br />  <a class="link" href="https://carnetsincertitude.substack.com/p/grammaire-1-le-renseignement-nest?triedRedirect=true" target="_blank">Grammaire #1 : Le renseignement n’est pas la clandestinité La confusion fondatrice</a>  <br />  par&nbsp;<a class="link" href="https://substack.com/@arboitgerald" target="_blank"><span data-state="open" style="min-width: 0px;">Arboit Gerald</span></a> </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La confusion entre savoir et agir</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L’État moderne reste prisonnier d’un imaginaire hérité de la fiction, où l’agent secret incarne à la fois l’enquêteur et l’homme d’action. Cette vision brouille la distinction essentielle entre <strong><span data-url="ca://s?q=Explain_fonction_cognitive" role="button" tabindex="0">fonction cognitive</span></strong> — produire de la connaissance pour réduire l’incertitude — et <strong><span data-url="ca://s?q=Explain_fonction_operationnelle" role="button" tabindex="0">fonction opérationnelle</span></strong> — modifier le réel par des effets ciblés. <br />   <br />  La séparation entre clandestin (secret des moyens) et covert (secret de l’attribution) constitue pourtant le socle doctrinal de l’usage légitime de la force sous le seuil de visibilité.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un secteur bouleversé par trois dynamiques</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L’essor massif de l’OSINT transforme le renseignement en discipline de traitement de données, où la valeur réside dans la synthèse plutôt que dans la possession d’un secret isolé. Parallèlement, l’action clandestine se fragmente : forces spéciales, acteurs privés, externalisations. <br />   <br />  Cette dilution complique l’attribution et fragilise le contrôle démocratique. Enfin, la conflictualité en zone grise installe une compétition permanente, où la perception devient un champ de bataille continu, prolongeant les « mesures actives » d’hier dans l’espace numérique.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La souveraineté à l’épreuve du secret</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L’érosion de la dénégation plausible, l’automatisation de la guerre cognitive par l’IA et la prolifération de programmes hors cadre légal imposent une vigilance institutionnelle accrue. À l’image du <em>Presidential Finding</em>, chaque action couverte devrait laisser une trace décisionnelle. <br />   <br />  La démocratie ne se protège pas par la transparence totale, mais par une <strong>rigueur sémantique</strong> et une <strong>clarté doctrinale</strong> qui empêchent la dérive des outils clandestins.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <blockquote>Historien du renseignement, <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/gerald-arboit/" target="_blank">Gerald Arboit</a>  est l’un des rares spécialistes francophones à documenter de manière systématique les services secrets et leurs cultures institutionnelles. <br />  Chercheur associé au CF2R, il explore l’évolution des doctrines, des pratiques clandestines et des architectures de sécurité. Son travail, fondé sur l’analyse archivistique et comparée, contribue à structurer un champ encore jeune en France, offrant une lecture rigoureuse des usages contemporains du secret.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <br />  #strategic_intelligence, #intelligence_studies, #clandestine_operations, #OSINT_analysis, #national_security, #grey_zone_conflict, #covert_actions, #digital_sovereignty, #cognitive_warfare, #intelligence_policy
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  </entry>
  <entry>
   <title>Cybersécurité : l’IA frontière change la nature du risque</title>
   <updated>2026-07-10T14:44:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Cybersecurite-l-IA-frontiere-change-la-nature-du-risque_a7885.html</id>
   <category term="Cybersécurité" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/97298233-67780327.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-07-10T12:05:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L’essor de l’IA frontière bouleverse en profondeur l’équilibre entre l’attaque et la défense. En quelques mois, la cybersécurité est passée d’un univers régi par la vitesse humaine à un espace où la machine impose son tempo. Les SOC traditionnels, les mécanismes de confiance et les procédures de gouvernance se retrouvent confrontés à des attaques capables de raisonner, d’explorer et d’exploiter à une cadence qui dépasse les capacités humaines. Une nouvelle ère s’ouvre, marquée par une accélération brutale, une dilution de la vérité et une menace qui surgit désormais du cœur même des infrastructures.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97298233-67780327.jpg?v=1783679935" alt="Cybersécurité : l’IA frontière change la nature du risque" title="Cybersécurité : l’IA frontière change la nature du risque" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: center;"> <br />  <a class="link" href="https://www.enisa.europa.eu/publications/enisas-view-on-cybersecurity-in-the-frontier-ai-era">Source ENISA</a>  <br />   <br />  Télécharger le rapport à la fin de l'article</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La vitesse comme rupture stratégique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L’IA frontière introduit un changement de paradigme fondé sur la vélocité. Les attaques ne suivent plus le rythme des équipes de sécurité, elles le précèdent. <br />   <br />  Le concept de « negative time‑to‑exploit » devient une réalité opérationnelle : des exploits fonctionnels apparaissent avant même la publication des correctifs. La fenêtre d’exposition se réduit à quelques minutes, parfois moins, et les chiffres publiés par l’ENISA montrent l’ampleur de cette bascule. Quinze minutes suffisent pour armer une vulnérabilité fraîchement divulguée, soixante-douze pour exfiltrer des données après un premier accès. <br />   <br />  La défense réactive, pilier historique des SOC, se retrouve prisonnière d’une latence structurelle que l’IA rend insurmontable.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La fin de la confiance intuitive</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">Cette accélération s’accompagne d’une transformation plus profonde : la menace n’est plus seulement celle de l’imitation, mais celle du raisonnement adaptatif. Les modèles d’IA comprennent les logiques métier, les schémas d’accès et les processus internes. Un phishing devient une campagne autonome capable d’orchestrer ses propres étapes, de tester des hypothèses, d’ajuster ses tactiques. <br />  La confiance doit désormais se reconstruire autour de preuves cryptographiques et d’attestations de sécurité.</span>  <div>&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La vérité saturée par la machine</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">À mesure que l’IA industrialise la découverte de vulnérabilités, un autre phénomène apparaît : la dilution du signal. Le volume de rapports explose, les équipes de sécurité suffoquent sous des flux qui dépassent leurs capacités de triage. Là où une organisation traitait une centaine de CVE par an, elle doit désormais en absorber plusieurs centaines par trimestre, parfois plusieurs centaines par jour lorsque des outils IA dédiés sont déployés. <br />   <br />  Le problème n’est plus de trouver la faille, mais de valider des rapports générés par des modèles capables d’imiter la logique interne des logiciels. La découverte perd de sa valeur, remplacée par un goulot d’étranglement : la remédiation humaine.</span>  <div>&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Des attaques qui surgissent de l’intérieur</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">La menace ne vient plus seulement du périmètre, elle émerge du cœur même des infrastructures. Les chaînes d’approvisionnement logicielles deviennent des vecteurs d’intrusion privilégiés. Une mise à jour légitime ou une dépendance compromise suffit à introduire l’adversaire au sein du système. <br />   <br />  Les agents IA déployés sur les terminaux ou dans les navigateurs d’entreprise deviennent des cibles critiques : compromis, ils se transforment en attaquants internes dotés de privilèges légitimes. Face à cette dynamique, le Zero Trust cesse d’être un slogan pour devenir une posture radicale fondée sur l’hypothèse permanente de compromission.</span></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La gouvernance dépassée par la vitesse machine</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">La dernière rupture est procédurale. Les comités de changement, les validations humaines, les arbitrages techniques ne suivent plus. L’écart d’autorité créé par la vitesse machine impose une transformation profonde : la cybersécurité doit devenir programmable. <br />   <br />  Automatiser le triage, la réponse, la segmentation, le patching n’est plus une option mais une condition de survie. Le risque d’une mise à jour automatique doit être comparé à la certitude d’une intrusion si la décision est différée.</span></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Changement de génération</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">Les applications les plus avancées de l’IA frontière dessinent une nouvelle génération de modèles capables de comprendre, d’analyser et d’agir dans des environnements complexes. OpenAI o1 illustre cette bascule en introduisant une IA qui ne se contente plus de prédire, mais qui explore des hypothèses et élabore des stratégies, comme si la machine adoptait une forme de raisonnement opérationnel.</span> <br />   <br />  <span style="white-space: pre-wrap;">Google Gemini 1.5 Pro étend encore ce champ en absorbant des volumes d’information gigantesques. Sa capacité à traiter des architectures logicielles entières ou des dépôts de code lui permet de détecter des vulnérabilités et des incohérences à une échelle inaccessible aux équipes humaines.</span> <br />   <br />  <span style="white-space: pre-wrap;">Anthropic Claude 3.5 Sonnet, plus orienté vers la sûreté, excelle dans la compréhension fine des processus. Il identifie les comportements anormaux, analyse les chaînes d’approvisionnement logicielles et repère les failles qui se nichent dans les zones grises des systèmes complexes.</span> <br />   <br />  <span style="white-space: pre-wrap;">Ensemble, ces modèles incarnent une IA qui ne se limite plus à assister, mais qui devient capable de raisonner sur les structures numériques elles‑mêmes, annonçant une transformation profonde des pratiques d’analyse et de sécurité.</span></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Source</b></div>
     <div>
      <blockquote>- <a class="link" href="https://www.enisa.europa.eu/enisa-nis360-2026" target="_blank">Rapport ENISA NIS360</a>  <br />   <br />  L’ENISA est l’agence européenne chargée de renforcer la cybersécurité au sein de l’Union. Elle produit des analyses stratégiques, coordonne la réponse aux menaces émergentes et soutient les États membres dans la mise en œuvre des politiques de résilience numérique. Devenue un acteur central de la souveraineté technologique européenne, elle éclaire les risques liés aux technologies avancées comme l’IA frontière.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <br />  #cybersecurity_USA, #EU_cyber_policy, #global_threat_landscape, #digital_infrastructure_Europe, #AI_security_UK, #tech_hubs_Silicon_Valley, #cyber_resilience_Germany, #data_protection_France, #emerging_tech_Singapore, #security_research_Japan
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Cybersecurite-l-IA-frontiere-change-la-nature-du-risque_a7885.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Europe, quand la censure devient droit. Giuseppe Gagliano, Cestudec</title>
   <updated>2026-07-06T09:49:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Europe-quand-la-censure-devient-droit-Giuseppe-Gagliano-Cestudec_a7854.html</id>
   <category term="Géopolitique" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/97244909-67745349.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-07-05T15:44:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L’arrêt Ickeroth étend l’interdiction de Russia Today aux sites gratuits et non professionnels, faisant glisser la liberté d’expression vers un régime où la provenance d’un contenu suffit à déclencher la censure. En ciblant désormais tout citoyen relayant un média sanctionné, l’Europe transforme l’espace public en zone de guerre cognitive. À vouloir se protéger de l’influence hostile, elle s’expose à administrer sa propre vérité.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97244909-67745349.jpg?v=1783254124" alt="Europe, quand la censure devient droit. Giuseppe Gagliano, Cestudec" title="Europe, quand la censure devient droit. Giuseppe Gagliano, Cestudec" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <blockquote>(*)&nbsp;L’<a class="link" href="https://curia.europa.eu/site/upload/docs/application/pdf/2026-07/cp260094fr.pdf" target="_blank">arrêt Ickeroth </a>  étend l’interdiction visant Russia Today à tout site gratuit ou non professionnel, faisant de chaque citoyen un potentiel relais sanctionnable. La provenance devient critère de censure et l’espace public un champ de guerre cognitive. En voulant contrer l’influence hostile, l’Europe risque de glisser vers une administration de la vérité.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le cas Russia Today et la nouvelle frontière de la liberté d'expression</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne dans l'<a class="link" href="https://curia.europa.eu/site/upload/docs/application/pdf/2026-07/cp260094fr.pdf" target="_blank">affaire C-67/25, Traugott Ickeroth</a>, n'est pas une simple décision technique destinée aux spécialistes du droit communautaire. C'est un passage politique. Et comme tous les véritables passages politiques, il se présente sous le langage neutre des normes, des compétences et des définitions juridiques, mais il produit des effets qui dépassent largement la salle d'audience. <br />   <br />  Le 2 juillet 2026, la Cour a établi que l'interdiction de diffuser des contenus de Russia Today s'applique aussi à un site gratuit, accessible au public, soutenu uniquement par des dons volontaires. Son application ne dépend ni d'un but lucratif ni de la durée ou de l'ampleur de la diffusion. Autrement dit, même celui qui n'est pas une entreprise médiatique, même celui qui ne tire aucun profit, même celui qui relaie des contenus sur un espace d'information privé, peut entrer dans la notion d'« opérateur » soumis aux restrictions européennes. <br />   <br />  <strong>C'est là que se situe le saut qualitatif.</strong> L'Union européenne disait vouloir frapper l'appareil médiatique russe en tant qu'instrument d'influence géopolitique. Aujourd'hui, le périmètre s'élargit au citoyen, au site indépendant, au sujet non professionnel. On n'évalue plus d'abord le contenu. On évalue la provenance. Si le contenu vient d'un média russe sanctionné, sa rediffusion devient le problème, indépendamment du fait qu'il soit vrai, faux, pertinent ou insignifiant. <br />   <br />  C'est une transformation profonde. La culture juridique européenne s'était fondée, au moins en théorie, sur l'idée que la vérité, l'intérêt public et la libre confrontation étaient des éléments essentiels du débat démocratique. Avec cette décision, au contraire, l'origine du message tend à l'emporter sur son contenu. Ce qui compte n'est plus seulement ce qui est dit. Ce qui compte est de savoir qui l'a dit en premier.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>De la lutte contre la propagande à la guerre cognitive</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La question ne concerne pas seulement Russia Today. Elle concerne la manière dont l'Europe redéfinit la liberté d'information en temps de guerre. Après l'invasion russe de l'Ukraine, Bruxelles a construit un système de restrictions contre les médias russes considérés comme des instruments de la politique du Kremlin. La Cour, dans l'affaire Ickeroth, a confirmé que ces mesures s'appliquent aussi à des personnes physiques qui gèrent des sites accessibles gratuitement et financés par des contributions volontaires. <br />   <br />  <strong>La logique est celle de la guerre cognitive : on ne combat pas seulement sur le terrain militaire, économique ou diplomatique, mais aussi dans la formation des perceptions collectives</strong>. Le champ de bataille n'est pas seulement le Donbass, la mer Noire ou la frontière orientale de l'Europe. Il est aussi l'esprit du citoyen européen. <br />   <br />  De ce point de vue, la décision possède une rationalité stratégique : empêcher qu'un acteur hostile utilise l'espace informationnel européen pour affaiblir le consensus interne, nourrir la méfiance envers les institutions, diviser les opinions publiques et user le soutien à l'Ukraine. Mais c'est précisément ici que naît le problème. <strong>Une démocratie peut-elle se défendre contre la propagande en transformant la circulation des informations en matière pénale ? Peut-elle combattre l'influence extérieure en restreignant aussi largement le droit d'accès et de partage ?</strong> <br />   <br />  La réponse n'est pas simple. Mais le risque est évident : la défense de la démocratie peut devenir, pas à pas, l'administration de la vérité autorisée.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le double standard géopolitique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le point le plus fragile du raisonnement européen est sa sélectivité. Si le critère était réellement la protection de l'espace public contre toutes les propagandes de guerre, alors la règle devrait s'appliquer de manière uniforme. Or ce n'est pas le cas. Les contenus provenant de médias étatiques ou para-étatiques de pays alliés, même lorsqu'ils accompagnent des guerres sanglantes, des opérations militaires controversées ou des campagnes d'influence, ne subissent pas le même traitement. <br />   <br />  <strong>C'est ici que l'arrêt prend une valeur géopolitique. </strong>La Russie est l'ennemi désigné. Israël, les États-Unis et d'autres acteurs alignés sur l'Occident restent dans le périmètre des alliés ou des partenaires. Il en découle une hiérarchie implicite : certaines propagandes sont considérées comme des menaces pour la sécurité européenne, d'autres sont tolérées comme faisant partie du pluralisme international ordinaire. <br />   <br />  Cette asymétrie affaiblit la crédibilité de l'Union. Non pas parce que la propagande russe n'existe pas. Elle existe, et elle fait partie intégrante de la stratégie de Moscou. Mais parce que le droit, lorsqu'il est appliqué selon des lignes géopolitiques variables, cesse d'apparaître comme un droit pur et commence à ressembler à un instrument de camp.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le scénario économique : information, plateformes et souveraineté numérique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Il existe aussi un versant économique. La décision de la Cour s'inscrit dans un processus plus vaste : la construction d'un marché informationnel européen réglementé, surveillé et progressivement discipliné par des normes publiques. Les grandes plateformes numériques, les fournisseurs de services en ligne, les sites indépendants, les chaînes vidéo et même les petits espaces financés par des dons entrent dans le même environnement de contrôle. <br />   <br />  Cela produit des coûts. Des coûts juridiques, car celui qui gère un site devra comprendre ce qu'il peut relayer et ce qu'il ne peut pas relayer. Des coûts technologiques, car les filtres, les systèmes de surveillance, les procédures de retrait et l'autocensure préventive vont se multiplier. Des coûts politiques, car de nombreux petits acteurs, dépourvus d'avocats et de structures professionnelles, préféreront ne pas courir de risques. <br />   <br />  Le résultat économique possible est une concentration supplémentaire de l'information. Les grands groupes éditoriaux et les grandes plateformes pourront s'adapter. Les petits opérateurs, beaucoup moins. Ainsi, au nom de la lutte contre la désinformation, on peut finir par renforcer précisément les acteurs les plus puissants et réduire les espaces autonomes.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Évaluation stratégique et militaire</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Sur le plan militaire, cet arrêt confirme que l'Europe considère l'information comme une composante de la sécurité collective. Ce n'est pas un détail. Cela signifie que le domaine cognitif est désormais traité comme une extension du champ de bataille. <br />   <br />  Pour l'Alliance atlantique et pour l'Union européenne, la guerre en Ukraine a montré que missiles, drones, sanctions, gaz, banques, câbles sous-marins et récits font partie de la même architecture de conflit. <strong>La Russie utilise les médias comme levier stratégique ; l'Europe répond en transformant la réglementation des contenus en mesure de sécurité.</strong> <br />   <br />  Mais une stratégie efficace ne peut pas se limiter à l'interdiction. Si l'Europe interdit sans convaincre, réprime sans expliquer, sanctionne sans garantir le pluralisme, elle risque d'obtenir l'effet inverse : alimenter l'image d'un pouvoir inquiet, fermé, incapable de soutenir la confrontation ouverte.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le véritable enjeu</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L'arrêt Ickeroth ne clôt pas une question. Il l'ouvre. Il établit qu'en Europe, dans certaines conditions, le partage de contenus provenant de médias sanctionnés peut être traité comme une partie d'un dispositif interdit. C'est un choix qui peut être justifié par la sécurité, mais qui ne peut pas être minimisé comme un simple détail technique. <br />   <br />  La démocratie européenne entre ainsi dans une zone grise. D'un côté, elle doit se défendre contre des opérations informationnelles hostiles. De l'autre, elle risque de sacrifier l'un de ses fondements : la capacité de laisser circuler même ce qui dérange, irrite, contredit ou met en crise la version officielle. <br />   <br />  Le point n'est pas de défendre Russia Today. Le point est de défendre le principe selon lequel une société libre ne peut pas remplacer le jugement des citoyens par l'interdiction préventive de l'État. Lorsque la provenance devient plus importante que la vérité, et lorsque la sécurité devient le contenant dans lequel tout peut être interdit, la frontière entre démocratie protégée et démocratie surveillée devient dangereusement mince.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Source</b></div>
     <div>
      <blockquote>&nbsp;https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/CASE/?uri=CELEX:62025CJ0067 <br />   <br />  https://infocuria.curia.europa.eu/tabs/redirect/juris/liste.jsf?num=C-67</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <div><a rel="https://www.veillemag.com/photo/art/grande/88954236-62959841.jpg?v=1748523774&amp;ibox" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question."><img alt="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/88954236-62959841.jpg?v=1748523774" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." /></a></div>    <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <blockquote>Giuseppe Gagliano&nbsp;a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <br />  #European_Union, #Brussels, #Russia, #Ukraine, #NATO, #Eastern_Europe, #Moscow, #Strasbourg, #Baltic_States, #Black_Sea
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Europe-quand-la-censure-devient-droit-Giuseppe-Gagliano-Cestudec_a7854.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Europe, quand la censure devient droit. Giuseppe Gagliano, Cestudec</title>
   <updated>2026-07-05T14:23:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Europe-quand-la-censure-devient-droit-Giuseppe-Gagliano-Cestudec_a7850.html</id>
   <category term="Géopolitique" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/97237243-67741949.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-07-05T15:44:00+02:00</published>
   <author><name>Giuseppe Gagliano, Cestudec</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L’arrêt Ickeroth étend l’interdiction de Russia Today aux sites gratuits et non professionnels, faisant glisser la liberté d’expression vers un régime où la provenance d’un contenu suffit à déclencher la censure. En ciblant désormais tout citoyen relayant un média sanctionné, l’Europe transforme l’espace public en zone de guerre cognitive. À vouloir se protéger de l’influence hostile, elle s’expose à administrer sa propre vérité.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97237243-67741949.jpg?v=1783254124" alt="Europe, quand la censure devient droit. Giuseppe Gagliano, Cestudec" title="Europe, quand la censure devient droit. Giuseppe Gagliano, Cestudec" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <blockquote>(*)&nbsp;L’<a class="link" href="https://curia.europa.eu/site/upload/docs/application/pdf/2026-07/cp260094fr.pdf" target="_blank">arrêt Ickeroth </a>  étend l’interdiction visant Russia Today à tout site gratuit ou non professionnel, faisant de chaque citoyen un potentiel relais sanctionnable. La provenance devient critère de censure et l’espace public un champ de guerre cognitive. En voulant contrer l’influence hostile, l’Europe risque de glisser vers une administration de la vérité.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le cas Russia Today et la nouvelle frontière de la liberté d'expression</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne dans l'<a class="link" href="https://curia.europa.eu/site/upload/docs/application/pdf/2026-07/cp260094fr.pdf" target="_blank">affaire C-67/25, Traugott Ickeroth</a>, n'est pas une simple décision technique destinée aux spécialistes du droit communautaire. C'est un passage politique. Et comme tous les véritables passages politiques, il se présente sous le langage neutre des normes, des compétences et des définitions juridiques, mais il produit des effets qui dépassent largement la salle d'audience. <br />   <br />  Le 2 juillet 2026, la Cour a établi que l'interdiction de diffuser des contenus de Russia Today s'applique aussi à un site gratuit, accessible au public, soutenu uniquement par des dons volontaires. Son application ne dépend ni d'un but lucratif ni de la durée ou de l'ampleur de la diffusion. Autrement dit, même celui qui n'est pas une entreprise médiatique, même celui qui ne tire aucun profit, même celui qui relaie des contenus sur un espace d'information privé, peut entrer dans la notion d'« opérateur » soumis aux restrictions européennes. <br />   <br />  <strong>C'est là que se situe le saut qualitatif.</strong> L'Union européenne disait vouloir frapper l'appareil médiatique russe en tant qu'instrument d'influence géopolitique. Aujourd'hui, le périmètre s'élargit au citoyen, au site indépendant, au sujet non professionnel. On n'évalue plus d'abord le contenu. On évalue la provenance. Si le contenu vient d'un média russe sanctionné, sa rediffusion devient le problème, indépendamment du fait qu'il soit vrai, faux, pertinent ou insignifiant. <br />   <br />  C'est une transformation profonde. La culture juridique européenne s'était fondée, au moins en théorie, sur l'idée que la vérité, l'intérêt public et la libre confrontation étaient des éléments essentiels du débat démocratique. Avec cette décision, au contraire, l'origine du message tend à l'emporter sur son contenu. Ce qui compte n'est plus seulement ce qui est dit. Ce qui compte est de savoir qui l'a dit en premier.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>De la lutte contre la propagande à la guerre cognitive</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La question ne concerne pas seulement Russia Today. Elle concerne la manière dont l'Europe redéfinit la liberté d'information en temps de guerre. Après l'invasion russe de l'Ukraine, Bruxelles a construit un système de restrictions contre les médias russes considérés comme des instruments de la politique du Kremlin. La Cour, dans l'affaire Ickeroth, a confirmé que ces mesures s'appliquent aussi à des personnes physiques qui gèrent des sites accessibles gratuitement et financés par des contributions volontaires. <br />   <br />  <strong>La logique est celle de la guerre cognitive : on ne combat pas seulement sur le terrain militaire, économique ou diplomatique, mais aussi dans la formation des perceptions collectives</strong>. Le champ de bataille n'est pas seulement le Donbass, la mer Noire ou la frontière orientale de l'Europe. Il est aussi l'esprit du citoyen européen. <br />   <br />  De ce point de vue, la décision possède une rationalité stratégique : empêcher qu'un acteur hostile utilise l'espace informationnel européen pour affaiblir le consensus interne, nourrir la méfiance envers les institutions, diviser les opinions publiques et user le soutien à l'Ukraine. Mais c'est précisément ici que naît le problème. <strong>Une démocratie peut-elle se défendre contre la propagande en transformant la circulation des informations en matière pénale ? Peut-elle combattre l'influence extérieure en restreignant aussi largement le droit d'accès et de partage ?</strong> <br />   <br />  La réponse n'est pas simple. Mais le risque est évident : la défense de la démocratie peut devenir, pas à pas, l'administration de la vérité autorisée.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le double standard géopolitique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le point le plus fragile du raisonnement européen est sa sélectivité. Si le critère était réellement la protection de l'espace public contre toutes les propagandes de guerre, alors la règle devrait s'appliquer de manière uniforme. Or ce n'est pas le cas. Les contenus provenant de médias étatiques ou para-étatiques de pays alliés, même lorsqu'ils accompagnent des guerres sanglantes, des opérations militaires controversées ou des campagnes d'influence, ne subissent pas le même traitement. <br />   <br />  <strong>C'est ici que l'arrêt prend une valeur géopolitique. </strong>La Russie est l'ennemi désigné. Israël, les États-Unis et d'autres acteurs alignés sur l'Occident restent dans le périmètre des alliés ou des partenaires. Il en découle une hiérarchie implicite : certaines propagandes sont considérées comme des menaces pour la sécurité européenne, d'autres sont tolérées comme faisant partie du pluralisme international ordinaire. <br />   <br />  Cette asymétrie affaiblit la crédibilité de l'Union. Non pas parce que la propagande russe n'existe pas. Elle existe, et elle fait partie intégrante de la stratégie de Moscou. Mais parce que le droit, lorsqu'il est appliqué selon des lignes géopolitiques variables, cesse d'apparaître comme un droit pur et commence à ressembler à un instrument de camp.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le scénario économique : information, plateformes et souveraineté numérique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Il existe aussi un versant économique. La décision de la Cour s'inscrit dans un processus plus vaste : la construction d'un marché informationnel européen réglementé, surveillé et progressivement discipliné par des normes publiques. Les grandes plateformes numériques, les fournisseurs de services en ligne, les sites indépendants, les chaînes vidéo et même les petits espaces financés par des dons entrent dans le même environnement de contrôle. <br />   <br />  Cela produit des coûts. Des coûts juridiques, car celui qui gère un site devra comprendre ce qu'il peut relayer et ce qu'il ne peut pas relayer. Des coûts technologiques, car les filtres, les systèmes de surveillance, les procédures de retrait et l'autocensure préventive vont se multiplier. Des coûts politiques, car de nombreux petits acteurs, dépourvus d'avocats et de structures professionnelles, préféreront ne pas courir de risques. <br />   <br />  Le résultat économique possible est une concentration supplémentaire de l'information. Les grands groupes éditoriaux et les grandes plateformes pourront s'adapter. Les petits opérateurs, beaucoup moins. Ainsi, au nom de la lutte contre la désinformation, on peut finir par renforcer précisément les acteurs les plus puissants et réduire les espaces autonomes.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Évaluation stratégique et militaire</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Sur le plan militaire, cet arrêt confirme que l'Europe considère l'information comme une composante de la sécurité collective. Ce n'est pas un détail. Cela signifie que le domaine cognitif est désormais traité comme une extension du champ de bataille. <br />   <br />  Pour l'Alliance atlantique et pour l'Union européenne, la guerre en Ukraine a montré que missiles, drones, sanctions, gaz, banques, câbles sous-marins et récits font partie de la même architecture de conflit. <strong>La Russie utilise les médias comme levier stratégique ; l'Europe répond en transformant la réglementation des contenus en mesure de sécurité.</strong> <br />   <br />  Mais une stratégie efficace ne peut pas se limiter à l'interdiction. Si l'Europe interdit sans convaincre, réprime sans expliquer, sanctionne sans garantir le pluralisme, elle risque d'obtenir l'effet inverse : alimenter l'image d'un pouvoir inquiet, fermé, incapable de soutenir la confrontation ouverte.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le véritable enjeu</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L'arrêt Ickeroth ne clôt pas une question. Il l'ouvre. Il établit qu'en Europe, dans certaines conditions, le partage de contenus provenant de médias sanctionnés peut être traité comme une partie d'un dispositif interdit. C'est un choix qui peut être justifié par la sécurité, mais qui ne peut pas être minimisé comme un simple détail technique. <br />   <br />  La démocratie européenne entre ainsi dans une zone grise. D'un côté, elle doit se défendre contre des opérations informationnelles hostiles. De l'autre, elle risque de sacrifier l'un de ses fondements : la capacité de laisser circuler même ce qui dérange, irrite, contredit ou met en crise la version officielle. <br />   <br />  Le point n'est pas de défendre Russia Today. Le point est de défendre le principe selon lequel une société libre ne peut pas remplacer le jugement des citoyens par l'interdiction préventive de l'État. Lorsque la provenance devient plus importante que la vérité, et lorsque la sécurité devient le contenant dans lequel tout peut être interdit, la frontière entre démocratie protégée et démocratie surveillée devient dangereusement mince.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Source</b></div>
     <div>
      <blockquote>&nbsp;https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/CASE/?uri=CELEX:62025CJ0067 <br />   <br />  https://infocuria.curia.europa.eu/tabs/redirect/juris/liste.jsf?num=C-67</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <div><a rel="https://www.veillemag.com/photo/art/grande/88954236-62959841.jpg?v=1748523774&amp;ibox" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question."><img alt="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/88954236-62959841.jpg?v=1748523774" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." /></a></div>    <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <blockquote>Giuseppe Gagliano&nbsp;a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <br />  #European_Union, #Brussels, #Russia, #Ukraine, #NATO, #Eastern_Europe, #Moscow, #Strasbourg, #Baltic_States, #Black_Sea
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Europe-quand-la-censure-devient-droit-Giuseppe-Gagliano-Cestudec_a7850.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>De la souveraineté à l’indépendance technologique : le réveil français passe-t-il enfin à l’échelle ?</title>
   <updated>2026-07-02T14:11:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/De-la-souverainete-a-l-independance-technologique-le-reveil-francais-passe-t-il-enfin-a-l-echelle_a7827.html</id>
   <category term="Souveraineté" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/97204797-67722927.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-07-01T13:49:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Au Salon de la Souveraineté Numérique, le sujet semblait avoir changé de nature. Entre la conférence inaugurale et la table ronde consacrée aux champions européens de demain, la souveraineté n’apparaissait plus seulement comme un mot d’ordre politique, mais comme une question d’infrastructures, d’achats, de dépendances industrielles et de marché. Reste à savoir si cette inflexion relève d’un mouvement durable ou d’une séquence de communication qui devra encore faire ses preuves.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97204797-67722927.jpg?v=1782897460" alt="De la souveraineté à l’indépendance technologique : le réveil français passe-t-il enfin à l’échelle ?" title="De la souveraineté à l’indépendance technologique : le réveil français passe-t-il enfin à l’échelle ?" />
     </div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://r.info.expopgp.fr/mk/mr/sh/1t6AVsd2XFnIGK91P1cU93YlSUHFxJ/W_ZdzIIZOwVU" target="_blank">Source</a>  <br />  Photo : de gauche à droite : &nbsp; <br />  <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/christophegrosbost/" target="_blank">Christophe Grosbost</a>, Chief Strategy Officer – IMA - Innovation Makers Alliance <br />  <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/marc-antoine-safranai/" target="_blank">Marc Antoine</a>,&nbsp; Directeur des affaires publiques – Safran.AI <br />  <a class="link" href="https://www.linkedin.com/company/frenchtechgrandparis/?original_referer=https%3A%2F%2Ffr%2Esearch%2Eyahoo%2Ecom%2F&amp;originalSubdomain=in" target="_blank">Alexandra André</a>, CEO – French Tech Grand Paris <br />  <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/dennis-diefenbach-645533178/" target="_blank">Dennis Diefenbach</a>, CEO – The QA Company <br />  5eme personne : animateur</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un salon qui ne voulait plus parler dans le vide</b></div>
     <div>
      <div>  <div title="Page 1">  <div>  <div>  <p style="margin-left: 40px;">À l’Espace Champerret, la chaleur était aussi présente dans les allées et les espaces de conférence, non climatisés. Pourtant, dès la conférence inaugurale, le public restait très attentif. Environ soixante-dix personnes assistaient à cette première séquence, dans une ambiance plus professionnelle que spectaculaire. Ce détail compte. On sentait un salon où les briques existent déjà, où les solutions sont montrées, où les discours commencent à devoir se confronter au réel. <br />    <p style="margin-left: 40px;"> <br />  <strong>Olivier Biton, Thibault de Tersant et Charlotte Marelli ont tous trois ramené le débat à un terrain très concret : la continuité de service.</strong> C’est sans doute l’un des fils rouges les plus intéressants de cette journée. Derrière le mot souveraineté, souvent galvaudé, il s’agit moins d’un drapeau que d’une capacité à ne pas être dépendant d’un tiers lorsque les infrastructures, les données ou les outils deviennent critiques. Olivier Biton a eu raison de commencer par rappeler qu’il fallait d’abord redonner une définition sérieuse à ce terme, tant il est désormais utilisé à tout propos. <br />  </div>  </div>  </div>    <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La souveraineté, oui — mais à partir de quelles dépendances ?</b></div>
     <div>
      <div>  <div title="Page 1">  <div>  <div>  <p style="margin-left: 40px;">L’intérêt de cette conférence inaugurale était aussi de ne pas chercher à rassurer trop vite. <br />   <br />   <br />  Olivier Biton a tenu une ligne de crête utile : l’IA ne va pas mécaniquement supprimer les postes, elle va surtout transformer les métiers et exiger une montée en compétences, y compris chez les plus jeunes profils. Mais il a aussitôt posé une question plus embarrassante : jusqu’où peut-on parler de souveraineté si les fondations matérielles elles-mêmes restent dépendantes d’acteurs extérieurs ? La question des GPU ramène immédiatement le débat à sa réalité industrielle. <br />    <p style="margin-left: 40px;"> <br />  C’est précisément ici que l’exemple de Sesterce prend du relief. L’entreprise française a engagé un plan de montée en puissance autour d’infrastructures de calcul dédiées à l’IA, avec notamment un site annoncé à Valence autour de 40 000 GPU. L’intérêt de cet exemple est simple : il rappelle que la souveraineté ne se joue pas seulement dans le cloud ou dans les logiciels, mais aussi dans le calcul lui-même, donc au cœur de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle. <br />  </div>  </div>  </div>    <div title="Page 2">  <div>  <div>  <p style="margin-left: 40px;"> <br />  Autrement dit, la souveraineté ne se décrète pas. Elle suppose des centres de données, des capacités de calcul, des modèles, des standards, des choix d’achat et une exécution industrielle. Elle oblige aussi à regarder les angles morts, pas seulement les annonces. <br />  </div>  </div>  </div>    <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le marché commence lui aussi à poser les bonnes questions</b></div>
     <div>
      <div>  <div title="Page 2">  <div>  <div>  <p style="margin-left: 40px;">L’un des signes les plus nets de cette évolution se trouvait peut-être hors micro. Rémi, 32 ans, chef de projet numérique responsable dans une banque en ligne française, était venu faire de la veille. Son constat était limpide : les clients demandent de plus en plus où sont stockées les données. Ils regardent, questionnent, veulent comprendre. Pour lui, si ce salon gagne en pertinence, c’est précisément parce que la souveraineté n’est plus seulement un sujet d’experts ; elle devient une question que le marché commence à formuler lui-même. <br />    <p style="margin-left: 40px;"> <br />  <strong>Ce point me paraît décisif. Tant que la souveraineté reste un sujet de table ronde, elle demeure en partie abstraite. Quand elle commence à remonter dans les demandes clients, dans les arbitrages d’achat, dans la vigilance sur l’hébergement ou dans le choix des prestataires, elle change de nature. Elle devient un critère de marché. </strong> <br />    <p style="margin-left: 40px;"> <br />  Cela vaut aussi pour les données issues du terrain. Trop souvent, les informations recueillies dans les salons, les rendez-vous, les visites, les missions ou les audits restent dispersées, puis traitées dans des environnements dont la souveraineté est peu interrogée. Or ces données sont parfois très stratégiques. Si elles sont ensuite exploitées dans des chaînes techniques qui nourrissent des compétiteurs étrangers, alors la question de la compétitivité ne se joue plus seulement dans l’innovation, mais aussi dans la maîtrise des flux. <br />  </div>  </div>  </div>    <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>“Indépendance technologique” : un mot plus exigeant que “souveraineté”</b></div>
     <div>
      <div title="Page 2">  <div>  <div>  <p style="margin-left: 40px;">La conférence “SouvTech : quels leviers pour faire émerger les champions européens de demain ?” donnait un second étage au débat. Alexandra André l’a dit sans détour : le mot souveraineté est souvent galvaudé ; elle préfère parler d’indépendance technologique. La nuance est importante, parce qu’elle oblige à quitter le registre déclaratif pour entrer dans celui des capacités réelles. <br />    <p style="margin-left: 40px;"> <br />  Marc Antoine, de son côté, a rappelé qu’avant même le financement, il faut de la volonté : volonté de l’État, volonté de l’Europe, volonté des fondateurs. Il invitait aussi à sortir du fatalisme, en rappelant que l’Europe dispose d’atouts massifs : des talents, des écoles solides, un grand marché, et plusieurs pays parmi les plus riches au monde. Ce qu’il manque parfois, suggérait-il, ce n’est pas la capacité ; c’est la conscience du marché et la discipline collective. <br />  </div>  </div>  </div>    <div title="Page 3">  <div>  <div>  <p style="margin-left: 40px;"> <br />  Deux phrases entendues pendant cette séquence résument assez bien l’enjeu. La première, formulée par Christophe Grosbost : <strong>« Acheter un LLM étranger, c’est acheter un point de vue étranger. »</strong> Elle a le mérite de rappeler qu’un modèle n’est jamais neutre : il porte des corpus, des biais, des hiérarchies implicites et une vision du monde. <br />    <p style="margin-left: 40px;"> <br />  La seconde, portée par Marc Antoine, est encore plus tranchante : «<strong> Les achats hors UE, c’est un aiaiblissement stratégique. »</strong> Derrière cette formule, il y a une idée simple : chaque achat structure un écosystème. Acheter hors d’Europe, ce n’est pas seulement consommer ailleurs ; c’est aussi parfois fragiliser les acteurs que l’on prétend vouloir faire émerger. <br />  </div>  </div>  </div>    <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un réveil, oui — mais l’épreuve sera celle de l’exécution</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97204797-67722932.jpg?v=1782906378" alt="De la souveraineté à l’indépendance technologique : le réveil français passe-t-il enfin à l’échelle ?" title="De la souveraineté à l’indépendance technologique : le réveil français passe-t-il enfin à l’échelle ?" />
     </div>
     <div>
      <div title="Page 3">  <div>  <div>  <p style="margin-left: 40px;">Le salon donnait donc le sentiment d’un réveil. Pas seulement parce que l’État communique davantage sur la réduction des dépendances extra-européennes, ni parce que les industriels multiplient les annonces, mais parce que le sujet paraît désormais se déplacer vers des arbitrages concrets : où héberger, avec qui s’équiper, quels modèles utiliser, quelles dépendances accepter, quels acteurs soutenir. <br />    <p style="margin-left: 40px;"> <br />  Reste que ce réveil devra encore faire ses preuves. Le risque d’effet d’annonce existe toujours, d’autant plus dans une période où le numérique, l’IA et la souveraineté deviennent aussi des objets de récit politique. Ce salon avait justement le mérite de montrer qu’une autre étape commence : celle où la crédibilité ne se jouera plus dans les formules, mais dans les infrastructures, les achats, les usages et la capacité à tenir. <br />    <p style="margin-left: 40px;"> <br />  Au milieu de cet univers très technique, la présence des œuvres de Nicolas Delay, réalisées à partir d’anciens serveurs par exemple, apportait une forme de contrepoint discret. C’était visuellement original, mais surtout très juste : une manière de rappeler que le numérique reste aussi un monde matériel, industriel, obsolescent, et que toute souveraineté commence peut-être par la lucidité sur ce que l’on manipule vraiment. <br />  </div>  </div>  </div>    <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Personnes mentionnées :</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div class="page" title="Page 3">  <div class="layoutArea">  <div class="column"><span style="font-size: 12.000000pt; font-family: 'Aptos'">1/ Olivier Biton Directeur de la Transformation technologique et Directeur général CA- GIP – Crédit Agricole <br />  2/ Thibault de Tersant Vice-président – Numeum <br />  3/ Charlotte Marelli Directrice de projets Réseaux du futur, souveraineté et compétences numériques – Direction générale des Entreprises <br />  4/ Alexandra André CEO – French Tech Grand Paris <br />  5/ Marc Antoine Directeur des aiaires publiques – Safran.AI <br />  6/ Christophe Grosbost Chief Strategy Oiicer – IMA - Innovation Makers Alliance </span></div>  </div>  </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de l'auteur</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/alexandre-lambert-5b72b6120/" target="_blank">Alexandre Lambert</a>  est analyste en intelligence économique, spécialiste du renseignement terrain, de l’OSINT et de la veille stratégique. Ancien journaliste d’investigation de terrain, il travaille sur les liens entre collecte humaine, structuration de l’information et souveraineté. Il est le fondateur de <a class="link" href="https://www.linkedin.com/company/humint-solution/posts/?feedView=all" target="_blank">Humint</a>, une solution dédiée à la centralisation et à l’exploitation du renseignement terrain.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <br />  #<strong><span data-url="ca://s?q=Europe_Tech" role="button" tabindex="0">EuropeTech</span></strong>, #<strong><span data-url="ca://s?q=EU_Innovation" role="button" tabindex="0">EUInnovation</span></strong>, #<strong><span data-url="ca://s?q=European_AI" role="button" tabindex="0">EuropeanAI</span></strong>, #<strong><span data-url="ca://s?q=France_Digital" role="button" tabindex="0">FranceDigital</span></strong>, #<strong><span data-url="ca://s?q=EU_Data_Infrastructure" role="button" tabindex="0">EUDataInfrastructure</span></strong>, #<strong><span data-url="ca://s?q=European_Cloud" role="button" tabindex="0">EuropeanCloud</span></strong>, #<strong><span data-url="ca://s?q=Tech_Geopolitics" role="button" tabindex="0">TechGeopolitics</span></strong>, #<strong><span data-url="ca://s?q=EU_Computing_Power" role="button" tabindex="0">EUComputingPower</span></strong>, #<strong><span data-url="ca://s?q=European_Sovereignty" role="button" tabindex="0">EuropeanSovereignty</span></strong>, #<strong><span data-url="ca://s?q=Digital_Europe" role="button" tabindex="0">DigitalEurope,&nbsp;</span></strong>#<strong><span data-url="ca://s?q=France_Tech_Sovereignty" role="button" tabindex="0">FranceTechSovereignty</span></strong>, #<strong><span data-url="ca://s?q=French_Digital_Infrastructure" role="button" tabindex="0">FrenchDigitalInfrastructure</span></strong>, #<strong><span data-url="ca://s?q=France_AI_Industry" role="button" tabindex="0">FranceAIIndustry</span></strong>, #<strong><span data-url="ca://s?q=French_Cloud_Strategy" role="button" tabindex="0">FrenchCloudStrategy</span></strong>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/De-la-souverainete-a-l-independance-technologique-le-reveil-francais-passe-t-il-enfin-a-l-echelle_a7827.html" />
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