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 <title>www.veillemag.com</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-16T13:32:38+02:00</updated>
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   <title>Un contrôle sous tension : la CNCTR face aux défis du renseignement moderne</title>
   <updated>2026-03-19T18:30:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Un-controle-sous-tension-la-CNCTR-face-aux-defis-du-renseignement-moderne_a7239.html</id>
   <category term="Chroniques de la Recherche" />
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   <published>2026-03-19T18:12:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/95465468-66760758.jpg?v=1773941277" alt="Un contrôle sous tension : la CNCTR face aux défis du renseignement moderne" title="Un contrôle sous tension : la CNCTR face aux défis du renseignement moderne" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: center;"><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/chdeschamps/" target="_blank">Signalé par Christophe Deschamps</a> </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une autorité qui façonne un droit du renseignement en construction</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">Depuis sa création en 2015, la <a class="link" href="https://www.cnctr.fr/" target="_blank">CNCTR</a>  a progressivement structuré un véritable cadre de référence pour les services de renseignement. Ses avis, ses contrôles et sa doctrine interne ont contribué à stabiliser un champ juridique longtemps marqué par l’opacité. <br />   <br />  L’article montre comment cette institution, sans produire de normes au sens strict, influence pourtant la manière dont les techniques de renseignement sont autorisées, encadrées et interprétées. Elle joue un rôle de médiation entre impératifs de sécurité et exigences démocratiques, en apportant une expertise technique et juridique devenue indispensable.</span> <br />   <br />  <span style="white-space: pre-wrap;">Cette montée en puissance s’explique aussi par la confiance que lui accordent les acteurs du renseignement, qui y voient un interlocuteur capable de comprendre leurs contraintes tout en garantissant la légitimité de leurs pratiques. La CNCTR apparaît ainsi comme un pilier discret mais structurant de l’État de droit appliqué au renseignement.</span></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un contrôle efficace mais confronté à ses propres limites</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">L’étude souligne toutefois les fragilités d’un modèle fondé sur l’équilibre plutôt que sur la contrainte. <br />   <br />  La CNCTR ne dispose pas d’un pouvoir de sanction, ce qui limite sa capacité à imposer ses positions lorsque les services contestent son interprétation. Elle dépend également de la transparence des services eux‑mêmes, qui restent les seuls à maîtriser l’ensemble des informations opérationnelles. À cela s’ajoutent des défis technologiques majeurs : l’essor de l’intelligence artificielle, la massification des données ou encore les techniques de surveillance algorithmique bousculent un cadre juridique qui peine à suivre le rythme.</span> <br />  <span style="white-space: pre-wrap;">L’article met en lumière une tension croissante entre la sophistication des outils utilisés par les services et les moyens dont dispose la CNCTR pour en contrôler l’usage. Cette asymétrie pourrait, à terme, fragiliser l’équilibre entre sécurité et libertés que la commission est censée garantir.</span></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un enjeu démocratique qui dépasse le seul cadre juridique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Au‑delà de l’analyse institutionnelle, l’article rappelle que le contrôle du renseignement est devenu un enjeu démocratique majeur. <br />   <br />  La CNCTR incarne une forme de transparence compatible avec les impératifs de secret, mais son efficacité dépendra de sa capacité à évoluer au même rythme que les technologies et les menaces. Elle devra renforcer son expertise, adapter ses méthodes et peut‑être repenser ses prérogatives pour continuer à jouer pleinement son rôle.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Source</b></div>
     <div>
      <blockquote>Le contrôle du renseignement par la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR) : un cadre quasi-normatif efficient présentant certaines limites.  <div class="entry-authors">Par Sylvain Keller</div>    <div class="entry-source">La Revue des droits de l’homme. Revue du Centre de recherches et d’études sur les droits fondamentaux, 2026/janv./01 <br />  <a class="link" href="https://journals.openedition.org/revdh/24798" target="_blank">Lien</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://journals.openedition.org/revdh/24840" target="_blank">Sylvain Keller</a>  est juriste et chercheur en droit public, spécialiste du contrôle démocratique des activités de renseignement. Maître de conférences associé et membre d’un centre de recherche dédié aux droits fondamentaux, il travaille sur les enjeux de transparence, de régulation et de gouvernance des services de renseignement. <br />  Ses publications analysent l’équilibre entre impératifs de sécurité nationale et protection des libertés publiques, avec un intérêt particulier pour le rôle des autorités indépendantes comme la CNCTR.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      #veilleStratégique #intelligenceÉconomique #contrôleDuRenseignement #CNCTR #droitsFondamentaux #gouvernancePublique #sécuritéNationale #transparenceDémocratique #surveillanceNumérique #cadreJuridique
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  </entry>
  <entry>
   <title>Filtres émotionnels : quand l’IA redessine nos voix, nos visages… et nos normes. Entretien de Nadia Guerouaou par Didier Noyé</title>
   <updated>2026-02-20T09:59:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Filtres-emotionnels-quand-l-IA-redessine-nos-voix-nos-visages-et-nos-normes-Entretien-de-Nadia-Guerouaou-par-Didier_a7069.html</id>
   <category term="Communication &amp; Influence" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/94613079-66086146.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-02-19T14:07:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Les IA génératives émotionnelles ne se contentent plus d’assister nos capacités cognitives : elles modèlent désormais nos expressions, gommant une colère jugée inopportune ou affichant un sourire artificiel en visioconférence. Pour Nadia Guerouaou, ces technologies participent à une « domestication affective » aux implications politiques et culturelles profondes. Entre manipulation possible, uniformisation expressive et reconfiguration de notre rapport au monde, elle appelle à une vigilance lucide plutôt qu’à la panique. Rencontre entre Didier Noyé et Nadia Guerouaou.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94613079-66086146.jpg?v=1771506336" alt="Filtres émotionnels : quand l’IA redessine nos voix, nos visages… et nos normes. Entretien de Nadia Guerouaou par Didier Noyé" title="Filtres émotionnels : quand l’IA redessine nos voix, nos visages… et nos normes. Entretien de Nadia Guerouaou par Didier Noyé" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: center;"><a class="link" href="https://www.editions-eyrolles.com/livre/notre-cerveau-sous-influence">Source&nbsp;</a>  <br />  <a class="link" href="https://www.editions-eyrolles.com/livre/notre-cerveau-sous-influence" target="_blank"><strong>Notre cerveau sous influence Comment les IA génératives façonnent nos émotions</strong></a> </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Didier Noyé : Nadia Guerouaou, vous êtes neuroscientifique et psychologue clinicienne. J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre essai ; vous faites état de nombreux travaux de recherche très actuels, vous nous introduisez à la philosophie de la technologie. Vous étudiez la mise en œuvre des IA génératives émotionnelles. Pouvez-vous donner des exemples de ce l’on peut faire avec des filtres émotionnels appliqués à la voix, au visage ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>Nadia Guerouaou - </strong>On parle beaucoup de la délégation de nos capacités cognitives (mémoire, langage) aux systèmes d'IA générative. On interroge encore trop peu celle de notre expressivité émotionnelle. <br />   <br />  Pourtant, des technologies proposent déjà de paramétrer en temps réel l’expression de nos émotions. C’est le cas d’<em>Emotion Canceling Voice Conversation Engine </em>ou <em>Soft Voice</em> du géant <em>Soft Bank</em> qui propose de gommer la colère dans la voix de clients mécontents dans le cadre des <em>calls centers.</em> <br />   <br />  On peut également, toujours afin d’«&nbsp;optimiser&nbsp;» nos interactions&nbsp; afficher un faux sourire sur nos visages&nbsp;; cela nous rendra plus avenant grâce à des dispositifs qui peuvent être installés dans des logiciels de visio conférence tels que ceux qu’on utilise de plus en plus pour nos échanges professionnels, personnels et même de santé (téléconsultations de plus en plus fréquentes).</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>DN - Vous parlez de domestication de nos émotions, de standardisation de notre façon de s’exprimer ; nous créons des outils qui eux-mêmes nous façonnent. Il y aura des effets sur nos régulations émotionnelles, sur nos valeurs, sur notre identité… Cela va-t-il nous rendre plus humain ou moins humain ? </b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>NG –</strong> Aujourd’hui comme hier, le contrôle émotionnel dont ces systèmes d’IA s’emparent n’est pas neutre, mais profondément politique et hiérarchisant. La régulation des émotions exprimées n’a jamais été un simple souci d’hygiène psychique. Elle constitue, historiquement, un instrument de gouvernementalité des individus. Or, c’est bien cette logique qu’on retrouve dans certaines technologies actuelles de paramétrage algorithmique de nos expressions émotionnelles. Prenons la colère. Ces technologies doivent nous amener à nous questionner&nbsp;: Qui a le droit d’être en colère ? Qui verrait son discours tue par le «&nbsp;mute&nbsp;» algorithmique ? Et, bien évidemment, qui décide de ce qu’est une émotion acceptable et pour qui ? <br />   <br />  La colère est un bon exemple car sa légitimité est, entre autres, genrée. <br />  La « standardisation » de l’expressivité émotionnelle est également une possibilité à envisager. Nos expressions faciales, que nous croyons spontanées, ont toujours subi un formatage culturel profond. L’histoire du sourire montre que même cette manifestation que l’on pense «&nbsp;naturelle&nbsp;» de la joie fait en réalité l’objet de codifications sociales et culturelles strictes. Avec les technologies d’IAgen le masque social et la standardisation qu’il génère devient automatique, il est appliqué sur les visages sans aucune conscience des normes qu’il applique. Et pourtant le sourire artificiel produit par les IA génératives crée des modèles expressifs uniformes qui pourraient s’imposer comme nouvelles normes dans nos interactions faisant fi de la diversité culturelle des régimes d’expression humains. <br />   <br />  Faites l’essai, demander à une IA générative d’image de vous générer un selfie de vous et vous verrez ce à quoi ressemble votre sourire&nbsp;; il y a de très fortes probabilités qu’il suive les codes esthétiques du <em>«&nbsp;smile design américain&nbsp;».</em> <br />  J’aime beaucoup votre question, cela va-t-il nous rendre plus humain car il me semble que ces technologies posent en creux la question de l’humanisme. Quelle définition de l’humain pourrait justifier par exemple la nécessité d’un contrôle absolu de nos émotions&nbsp;? Il me semble que cela a fort à voir avec l’idée d’une «&nbsp;part naturelle » animale, passionnée, pas assez raisonnée, que nous avons à rendre docile. D’où mon choix d’appeler cela de la domestication affective. <br />   <br />  Les IA génératives émotionnelles contrôlent les expressions émotionnelles, créent une norme implicite du discours acceptable&nbsp;; elles produisent des discours et des sujets lisses, heureux, optimisés, parfaitement adaptés aux exigences des sociétés dans lesquelles nous vivons. <br />  &nbsp; <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>DN - Voyez-vous avec ces technologies des risques de manipulation, des risques éthiques ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>NG -</strong> Assurément, il y a des risques de manipulation et la question éthique est présente en filigrane tout au long de l’essai, je crois. Le paramétrage algorithmique des émotions pourrait renforcer l’instrumentalisation des émotions qui existe déjà. Les IA génératives pourraient être utilisées pour générer une note vocale synthétique ou alors « augmenter » une voix réelle afin d’en ajuster la tonalité émotionnelle selon les attentes ou les vulnérabilités d’un destinataire donné. <br />   <br />  Ce serait un profilage du message qui ne se limiterait pas à l’information véhiculée mais qui en ajusterait la forme&nbsp;; le but serait de la rendre, par exemple, la plus convaincante possible eu égards aux différentes informations que l’on aura par ailleurs pu récolter sur des destinataires. Une forme de micro-ciblage émotionnel. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>DN – En fait vous nous invitez à la vigilance, à la réflexion sur le genre d’humains que l’on souhaite développer</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>NG –</strong> C’est exactement le propos du livre&nbsp;: l’anthropotechnie – ce processus fondateur par lequel l’humanité se produit et se transforme elle-même.… Le fait que ces technologies ne soient pas simplement au service de transformations ponctuelles de notre apparence mais bien des technologies qui contribuent à modeler, notre perception de nous-même, des autres, du monde. Ce qui nous indigne, nous affecte également. <br />   <br />  Les hommes font leurs propres émotions, mais ils ne savent pas qu’ils les font. Lorsque des algorithmes modifient nos expressions faciales et vocales, ils sont à̀ même de reconfigurer l’environnement affectif à partir duquel notre cerveau construit nos émotions. Cette reconfiguration produit une forme d’affectivité́ hybride que je nomme l’IAffectivité. Un concept qui a pour but de «&nbsp;mettre au jour&nbsp;» ce phénomène dont nous ne sommes pas conscients et que la seule grille de lecture en termes de délégation de nos capacités ne permet pas d’appréhender directement. <br />   <br />  Cette IAffectivité n’est pas un déterminisme technique. Sa forme dépendra de nos choix de société́, des rapports de pouvoir en place et des normes qui orienteront son design. <br />  J’essaie et je ne sais pas si ça se sent, de ne pas traiter ces questions de manière anxiogène car je pense que c’est trop souvent le cas. Je crois sincèrement que les individus peuvent se sentir concernés par ces questions sans agiter la menace existentielle. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Didier Noyé. Je recommande votre livre qui est très riche. J’ai découvert l’histoire du sourire, j’ai compris l’importance de la pensée transcendentale dans la construction de notre identité, j’ai été impressionné par votre recherche expérimentale qui vise à anticiper les effets comportementaux et sociaux des technologies.</b></div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Notre cerveau sous influence Comment les IA génératives façonnent nos émotions Auteur(s) :  Nadia Guerouaou</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94613079-66086338.jpg?v=1771506384" alt="Filtres émotionnels : quand l’IA redessine nos voix, nos visages… et nos normes. Entretien de Nadia Guerouaou par Didier Noyé" title="Filtres émotionnels : quand l’IA redessine nos voix, nos visages… et nos normes. Entretien de Nadia Guerouaou par Didier Noyé" />
     </div>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/nadia-guerouaou-phd-004b28224/" target="_blank">Nadia Guerouaou</a>, docteure en neurosciences cognitives et psychologue clinicienne, explore les transformations de la voix et leur rôle dans le traitement du stress post‑traumatique. Responsable des études TraumacoustiK et TraumaVoice, elle a aussi mené des recherches au Japon sur l’éthique des deepfakes vocaux. Enseignante et conférencière, elle intervient régulièrement sur les enjeux éthiques des technologies affectives.  <ul>  	<li style="white-space: normal;">  	<p style="white-space: normal;"><span style="white-space: pre-wrap;"><strong style="white-space: pre-wrap;">Thèse de doctorat</strong> : <em style="white-space: pre-wrap;">L’objet “filtre vocal”, du laboratoire à la clinique : vers l’anthropotechnie de nos cognitions sociales</em> (CHRU de Lille – CNRS FEMTO‑ST – IRCAM).</span>   	</li>  	<li style="white-space: normal;">  	<p style="white-space: normal;"><span style="white-space: pre-wrap;"><strong style="white-space: pre-wrap;">Article scientifique</strong> (co‑auteur) : travaux sur les <strong style="white-space: pre-wrap;">transformations vocales</strong> et leur usage dans le traitement du <strong style="white-space: pre-wrap;">stress post‑traumatique</strong>, publiés dans des revues de neurosciences et de psychologie clinique.</span>   	</li>  </ul>  </blockquote>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Didier Noyé</b></div>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/didier-noy%C3%A9-43044029/" target="_blank"><strong>Didier Noyé</strong> </a>  est membre de l’<a class="link" href="https://www.langue-francaise.org/" target="_blank">association Défense de la langue française</a>. Il est spécialiste du développement des ressources humaines et auteur de nombeux livres sur la communication et le management</blockquote>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Filtres-emotionnels-quand-l-IA-redessine-nos-voix-nos-visages-et-nos-normes-Entretien-de-Nadia-Guerouaou-par-Didier_a7069.html" />
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   <title>Filtres émotionnels : quand l’IA redessine nos voix, nos visages… et nos normes. Entretien de Nadia Guerouaou par Didier Noyé</title>
   <updated>2026-02-22T11:23:00+01:00</updated>
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   <published>2026-02-19T14:07:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
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    <![CDATA[
Les IA génératives émotionnelles ne se contentent plus d’assister nos capacités cognitives : elles modèlent désormais nos expressions, gommant une colère jugée inopportune ou affichant un sourire artificiel en visioconférence. Pour Nadia Guerouaou, ces technologies participent à une « domestication affective » aux implications politiques et culturelles profondes. Entre manipulation possible, uniformisation expressive et reconfiguration de notre rapport au monde, elle appelle à une vigilance lucide plutôt qu’à la panique. Rencontre entre Didier Noyé et Nadia Guerouaou.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94774443-66312996.jpg?v=1771506336" alt="Filtres émotionnels : quand l’IA redessine nos voix, nos visages… et nos normes. Entretien de Nadia Guerouaou par Didier Noyé" title="Filtres émotionnels : quand l’IA redessine nos voix, nos visages… et nos normes. Entretien de Nadia Guerouaou par Didier Noyé" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: center;"><a class="link" href="https://www.editions-eyrolles.com/livre/notre-cerveau-sous-influence">Source&nbsp;</a>  <br />  <a class="link" href="https://www.editions-eyrolles.com/livre/notre-cerveau-sous-influence" target="_blank"><strong>Notre cerveau sous influence Comment les IA génératives façonnent nos émotions</strong></a> </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Didier Noyé : Nadia Guerouaou, vous êtes neuroscientifique et psychologue clinicienne. J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre essai ; vous faites état de nombreux travaux de recherche très actuels, vous nous introduisez à la philosophie de la technologie. Vous étudiez la mise en œuvre des IA génératives émotionnelles. Pouvez-vous donner des exemples de ce l’on peut faire avec des filtres émotionnels appliqués à la voix, au visage ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>Nadia Guerouaou - </strong>On parle beaucoup de la délégation de nos capacités cognitives (mémoire, langage) aux systèmes d'IA générative. On interroge encore trop peu celle de notre expressivité émotionnelle. <br />   <br />  Pourtant, des technologies proposent déjà de paramétrer en temps réel l’expression de nos émotions. C’est le cas d’<em>Emotion Canceling Voice Conversation Engine </em>ou <em>Soft Voice</em> du géant <em>Soft Bank</em> qui propose de gommer la colère dans la voix de clients mécontents dans le cadre des <em>calls centers.</em> <br />   <br />  On peut également, toujours afin d’«&nbsp;optimiser&nbsp;» nos interactions&nbsp; afficher un faux sourire sur nos visages&nbsp;; cela nous rendra plus avenant grâce à des dispositifs qui peuvent être installés dans des logiciels de visio conférence tels que ceux qu’on utilise de plus en plus pour nos échanges professionnels, personnels et même de santé (téléconsultations de plus en plus fréquentes).</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>DN - Vous parlez de domestication de nos émotions, de standardisation de notre façon de s’exprimer ; nous créons des outils qui eux-mêmes nous façonnent. Il y aura des effets sur nos régulations émotionnelles, sur nos valeurs, sur notre identité… Cela va-t-il nous rendre plus humain ou moins humain ? </b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>NG –</strong> Aujourd’hui comme hier, le contrôle émotionnel dont ces systèmes d’IA s’emparent n’est pas neutre, mais profondément politique et hiérarchisant. La régulation des émotions exprimées n’a jamais été un simple souci d’hygiène psychique. Elle constitue, historiquement, un instrument de gouvernementalité des individus. Or, c’est bien cette logique qu’on retrouve dans certaines technologies actuelles de paramétrage algorithmique de nos expressions émotionnelles. Prenons la colère. Ces technologies doivent nous amener à nous questionner&nbsp;: Qui a le droit d’être en colère ? Qui verrait son discours tue par le «&nbsp;mute&nbsp;» algorithmique ? Et, bien évidemment, qui décide de ce qu’est une émotion acceptable et pour qui ? <br />   <br />  La colère est un bon exemple car sa légitimité est, entre autres, genrée. <br />  La « standardisation » de l’expressivité émotionnelle est également une possibilité à envisager. Nos expressions faciales, que nous croyons spontanées, ont toujours subi un formatage culturel profond. L’histoire du sourire montre que même cette manifestation que l’on pense «&nbsp;naturelle&nbsp;» de la joie fait en réalité l’objet de codifications sociales et culturelles strictes. Avec les technologies d’IAgen le masque social et la standardisation qu’il génère devient automatique, il est appliqué sur les visages sans aucune conscience des normes qu’il applique. Et pourtant le sourire artificiel produit par les IA génératives crée des modèles expressifs uniformes qui pourraient s’imposer comme nouvelles normes dans nos interactions faisant fi de la diversité culturelle des régimes d’expression humains. <br />   <br />  Faites l’essai, demander à une IA générative d’image de vous générer un selfie de vous et vous verrez ce à quoi ressemble votre sourire&nbsp;; il y a de très fortes probabilités qu’il suive les codes esthétiques du <em>«&nbsp;smile design américain&nbsp;».</em> <br />  J’aime beaucoup votre question, cela va-t-il nous rendre plus humain car il me semble que ces technologies posent en creux la question de l’humanisme. Quelle définition de l’humain pourrait justifier par exemple la nécessité d’un contrôle absolu de nos émotions&nbsp;? Il me semble que cela a fort à voir avec l’idée d’une «&nbsp;part naturelle » animale, passionnée, pas assez raisonnée, que nous avons à rendre docile. D’où mon choix d’appeler cela de la domestication affective. <br />   <br />  Les IA génératives émotionnelles contrôlent les expressions émotionnelles, créent une norme implicite du discours acceptable&nbsp;; elles produisent des discours et des sujets lisses, heureux, optimisés, parfaitement adaptés aux exigences des sociétés dans lesquelles nous vivons. <br />  &nbsp; <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>DN - Voyez-vous avec ces technologies des risques de manipulation, des risques éthiques ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>NG -</strong> Assurément, il y a des risques de manipulation et la question éthique est présente en filigrane tout au long de l’essai, je crois. Le paramétrage algorithmique des émotions pourrait renforcer l’instrumentalisation des émotions qui existe déjà. Les IA génératives pourraient être utilisées pour générer une note vocale synthétique ou alors « augmenter » une voix réelle afin d’en ajuster la tonalité émotionnelle selon les attentes ou les vulnérabilités d’un destinataire donné. <br />   <br />  Ce serait un profilage du message qui ne se limiterait pas à l’information véhiculée mais qui en ajusterait la forme&nbsp;; le but serait de la rendre, par exemple, la plus convaincante possible eu égards aux différentes informations que l’on aura par ailleurs pu récolter sur des destinataires. Une forme de micro-ciblage émotionnel. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>DN – En fait vous nous invitez à la vigilance, à la réflexion sur le genre d’humains que l’on souhaite développer</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>NG –</strong> C’est exactement le propos du livre&nbsp;: l’anthropotechnie – ce processus fondateur par lequel l’humanité se produit et se transforme elle-même.… Le fait que ces technologies ne soient pas simplement au service de transformations ponctuelles de notre apparence mais bien des technologies qui contribuent à modeler, notre perception de nous-même, des autres, du monde. Ce qui nous indigne, nous affecte également. <br />   <br />  Les hommes font leurs propres émotions, mais ils ne savent pas qu’ils les font. Lorsque des algorithmes modifient nos expressions faciales et vocales, ils sont à̀ même de reconfigurer l’environnement affectif à partir duquel notre cerveau construit nos émotions. Cette reconfiguration produit une forme d’affectivité́ hybride que je nomme l’IAffectivité. Un concept qui a pour but de «&nbsp;mettre au jour&nbsp;» ce phénomène dont nous ne sommes pas conscients et que la seule grille de lecture en termes de délégation de nos capacités ne permet pas d’appréhender directement. <br />   <br />  Cette IAffectivité n’est pas un déterminisme technique. Sa forme dépendra de nos choix de société́, des rapports de pouvoir en place et des normes qui orienteront son design. <br />  J’essaie et je ne sais pas si ça se sent, de ne pas traiter ces questions de manière anxiogène car je pense que c’est trop souvent le cas. Je crois sincèrement que les individus peuvent se sentir concernés par ces questions sans agiter la menace existentielle. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Didier Noyé. Je recommande votre livre qui est très riche. J’ai découvert l’histoire du sourire, j’ai compris l’importance de la pensée transcendentale dans la construction de notre identité, j’ai été impressionné par votre recherche expérimentale qui vise à anticiper les effets comportementaux et sociaux des technologies.</b></div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Notre cerveau sous influence Comment les IA génératives façonnent nos émotions Auteur(s) :  Nadia Guerouaou</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94774443-66313002.jpg?v=1771506384" alt="Filtres émotionnels : quand l’IA redessine nos voix, nos visages… et nos normes. Entretien de Nadia Guerouaou par Didier Noyé" title="Filtres émotionnels : quand l’IA redessine nos voix, nos visages… et nos normes. Entretien de Nadia Guerouaou par Didier Noyé" />
     </div>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/nadia-guerouaou-phd-004b28224/" target="_blank">Nadia Guerouaou</a>, docteure en neurosciences cognitives et psychologue clinicienne, explore les transformations de la voix et leur rôle dans le traitement du stress post‑traumatique. Responsable des études TraumacoustiK et TraumaVoice, elle a aussi mené des recherches au Japon sur l’éthique des deepfakes vocaux. Enseignante et conférencière, elle intervient régulièrement sur les enjeux éthiques des technologies affectives.  <ul>  	<li style="white-space: normal;">  	<p style="white-space: normal;"><span style="white-space: pre-wrap;"><strong style="white-space: pre-wrap;">Thèse de doctorat</strong> : <em style="white-space: pre-wrap;">L’objet “filtre vocal”, du laboratoire à la clinique : vers l’anthropotechnie de nos cognitions sociales</em> (CHRU de Lille – CNRS FEMTO‑ST – IRCAM).</span>   	</li>  	<li style="white-space: normal;">  	<p style="white-space: normal;"><span style="white-space: pre-wrap;"><strong style="white-space: pre-wrap;">Article scientifique</strong> (co‑auteur) : travaux sur les <strong style="white-space: pre-wrap;">transformations vocales</strong> et leur usage dans le traitement du <strong style="white-space: pre-wrap;">stress post‑traumatique</strong>, publiés dans des revues de neurosciences et de psychologie clinique.</span>   	</li>  </ul>  </blockquote>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Didier Noyé</b></div>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/didier-noy%C3%A9-43044029/" target="_blank"><strong>Didier Noyé</strong> </a>  est membre de l’<a class="link" href="https://www.langue-francaise.org/" target="_blank">association Défense de la langue française</a>. Il est spécialiste du développement des ressources humaines et auteur de nombeux livres sur la communication et le management</blockquote>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Filtres-emotionnels-quand-l-IA-redessine-nos-voix-nos-visages-et-nos-normes-Entretien-de-Nadia-Guerouaou-par-Didier_a7089.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Pékin contre-attaque : quatorze entreprises de défense occidentales inscrites sur la liste noire. Par Giuseppe Gagliano</title>
   <updated>2025-10-10T16:00:00+02:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Pekin-contre-attaque-quatorze-entreprises-de-defense-occidentales-inscrites-sur-la-liste-noire-Par-Giuseppe-Gagliano_a6440.html</id>
   <category term="STRATEGIES" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/91668864-64384757.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-10-10T15:25:00+02:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La décision des autorités chinoises de placer quatorze entreprises du complexe militaro-industriel occidental sur la liste des « organisations non fiables » marque une étape significative dans la montée en puissance de la guerre économique mondiale.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/91668864-64384757.jpg?v=1760104756" alt="Pékin contre-attaque : quatorze entreprises de défense occidentales inscrites sur la liste noire. Par Giuseppe Gagliano" title="Pékin contre-attaque : quatorze entreprises de défense occidentales inscrites sur la liste noire. Par Giuseppe Gagliano" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une riposte économique calibrée</b></div>
     <div>
      <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">L'annonce du ministère chinois du Commerce s'inscrit dans une stratégie méthodique, visant à opposer des contre-mesures ciblées aux politiques de sanctions occidentales. Ce geste est tout sauf symbolique : il redéfinit les lignes d'influence économiques, industrielles et sécuritaires entre Pékin et les acteurs stratégiques occidentaux.</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;"><strong>Les sociétés concernées sont pour la plupart des acteurs clés de l'appareil de défense américain </strong>: Dedrone by Axon, DZYNE Technologies, Elbit Systems of America, Epirus, AeroVironment, Exelis, Alliant Techsystems Operations, Teledyne FLIR, VSE Corporation, Cubic Global Defense et Recorded Future. À celles-ci s'ajoutent la britannique BAE Systems et les canadiennes Halifax International Security Forum et TechInsights. Toutes sont désormais interdites d'activités commerciales et d'investissements sur le territoire chinois.</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La stratégie de Pékin : souveraineté et contre-sanctions</b></div>
     <div>
      <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Pékin justifie cette mesure par la nécessité de protéger sa souveraineté nationale, ses intérêts stratégiques et son développement technologique. Le ministère du Commerce invoque les lois sur le commerce extérieur, la sécurité nationale et la lutte contre les sanctions étrangères pour légitimer cette contre-offensive réglementaire. <strong>La Chine ne se contente plus de dénoncer les sanctions occidentales : elle les retourne contre leurs initiateurs.</strong></div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">L'interdiction faite aux entreprises et particuliers basés en Chine de coopérer avec les entités inscrites sur cette liste ajoute une couche coercitive supplémentaire. En pratique, il s'agit d'un gel total de leurs activités dans un marché stratégique de 1,4 milliard de consommateurs et, surtout, d'un écosystème industriel et technologique en rapide expansion. Pékin envoie un message clair : la Chine n'est plus un terrain neutre mais un acteur de puissance qui impose ses propres lignes rouges.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un signal géoéconomique aux États-Unis et à leurs alliés</b></div>
     <div>
      <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Cette initiative s'inscrit dans un contexte de confrontation structurée entre les États-Unis et la Chine, où la compétition militaire se double d'une rivalité économique systémique. Les entreprises ciblées appartiennent à des secteurs sensibles : renseignement, technologies de surveillance, drones, systèmes de défense, analyse stratégique. Leur rôle dans la chaîne logistique de la puissance militaire occidentale est central. En les excluant de son marché, Pékin ne cherche pas seulement à se protéger, mais à peser sur l'équilibre stratégique global.</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Cette stratégie rappelle les méthodes étudiées à la École de guerre économique : il ne s'agit pas seulement de réagir, mais de modeler le rapport de force par la maîtrise des flux économiques et technologiques. Là où les États-Unis utilisent les sanctions comme arme d'influence mondiale, la Chine construit une contre-architecture juridique et économique.</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Redéfinition des chaînes de valeur stratégiques</b></div>
     <div>
      <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Au-delà de l'effet immédiat sur les entreprises sanctionnées, cette mesure participe à une reconfiguration silencieuse des chaînes de valeur. Les grands groupes occidentaux sont confrontés à un dilemme : accepter des restrictions en Chine ou repenser leurs stratégies industrielles à l'échelle mondiale. Les secteurs de la défense, de l'aéronautique, des technologies de surveillance et de la cybersécurité sont particulièrement exposés.</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;"><strong>Ce processus s'inscrit dans une logique plus large d'autonomisation technologique de la Chine, qui accélère ses programmes de R&amp;D dans l'intelligence artificielle, la robotique militaire et les capteurs de surveillance avancés.</strong> <br />  En coupant les canaux de dépendance occidentale, Pékin renforce son souverainisme industriel, une démarche comparable à celle qu'elle observe chez Washington depuis la mise en œuvre du <a class="link" href="https://en.wikipedia.org/wiki/CHIPS_and_Science_Act" target="_blank">CHIPS and Science Act</a>.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vers une architecture multipolaire de la guerre économique</b></div>
     <div>
      <div dir="auto" style="margin-left: 40px;"><strong>Cette décision révèle une tendance lourde : l'économie mondiale se fragmente en blocs techno-stratégiques rivaux. </strong> <br />   <br />  Les États-Unis cherchent à verrouiller les chaînes d'approvisionnement occidentales autour de leur système normatif et sécuritaire ; la Chine réplique en consolidant un espace économique autonome, relié à ses partenaires des BRICS et à de nouvelles alliances asiatiques, africaines et latino-américaines.</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Dans ce bras de fer, la capacité à contrôler les flux d'innovation et d'investissement devient une arme aussi déterminante que les capacités militaires classiques. Pékin n'agit pas dans l'improvisation : elle structure méthodiquement une stratégie d'endiguement inversée. Cette approche consiste à créer des effets de levier géoéconomiques pour affaiblir la domination occidentale sur les infrastructures critiques de la défense et de la sécurité.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une nouvelle étape dans la guerre économique globale</b></div>
     <div>
      <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">En inscrivant ces quatorze entreprises sur sa liste noire, Pékin assume pleinement son rôle d'acteur offensif dans la guerre économique globale. La Chine n'est plus un simple récepteur des sanctions : elle impose ses propres règles, trace ses lignes rouges et impose un coût stratégique à ceux qui cherchent à l'isoler. Cette évolution modifie profondément la dynamique du rapport de force international.</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;"><strong>Ce n'est donc pas seulement un affrontement technologique : c'est la construction d'un nouvel ordre économique multipolaire dans lequel chaque bloc tente d'imposer ses normes et de protéger ses intérêts vitaux.</strong> Un ordre où, pour reprendre la <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Harbulot" target="_blank">logique harbulotienne</a>, la souveraineté économique redevient un instrument central de puissance et de sécurité nationale.</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de Giuseppe Gagliano</b></div>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="photo shadow left"><a rel="https://www.veillemag.com/photo/art/grande/88954236-62959841.jpg?v=1748523774&amp;ibox" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question."><img alt="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." class="not-responsive" src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/88954236-62959841.jpg?v=1748523774" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." /></a></div>    <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Pekin-contre-attaque-quatorze-entreprises-de-defense-occidentales-inscrites-sur-la-liste-noire-Par-Giuseppe-Gagliano_a6440.html" />
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