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  <title>www.veillemag.com</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></description>
  <link>https://www.veillemag.com/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-09-16T09:10:19+02:00</dc:date>
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   <title>Jean-Claude Gallet et la succession à École de Guerre Économique (EGE)</title>
   <pubDate>Sat, 06 Jun 2026 09:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Giuseppe Gagliano</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Personnalités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Nous republions cet article précédemment paru le 8 février 2026. Alors que Christian Harbulot s’apprête à quitter la direction de l’École de Guerre Économique, l’arrivée pressentie du général Jean‑Claude Gallet marque un possible tournant pour l’institution. Figure de commandement en situation de crise, passé par le renseignement, la diplomatie et la protection industrielle, jean-Claude Gallet incarne le glissement d’une guerre économique de plus en plus opérationnelle, où sécurité, influence et résilience deviennent des compétences stratégiques.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/96866418-67521598.jpg?v=1770623279" alt="Jean-Claude Gallet et la succession à École de Guerre Économique (EGE)" title="Jean-Claude Gallet et la succession à École de Guerre Économique (EGE)" />
     </div>
     <div>
      <blockquote>L’École de Guerre Économique s’apprête à vivre un tournant stratégique avec l’arrivée annoncée du général Jean‑Claude Gallet. Entre renseignement, gestion de crise et protection industrielle, son profil marque un virage opérationnel dans la formation à la guerre économique. <br />  <a class="link" href="https://www.youtube.com/watch?v=mD82sTLKiwY" target="_blank">Source</a> </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une succession qui reflète l’évolution de la guerre économique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La guerre économique d’aujourd’hui se joue dans les chaînes d’approvisionnement, la contrainte technologique et la vulnérabilité informationnelle. Dans ce contexte, Paris se prépare à une transition qui dépasse la simple passation de relais. Christian Harbulot devrait quitter la direction de l’EGE d’ici mi-2026. <br />   <br />  Le profil pressenti pour lui succéder, le général Jean-Claude Gallet, illustre précisément l’endroit où se déplace la ligne de front : à l’intersection de la culture du renseignement, du commandement en crise et de la protection des actifs industriels.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un chef forgé par les crises</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Formé à École spéciale militaire de Saint-Cyr (promotion 1988) et officier d’artillerie, Jean-Claude Gallet a ensuite construit une trajectoire très opérationnelle au sein de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, où il a alterné commandement et planification pendant de longues années. Ce parcours compte parce qu’il transforme la “sécurité” en méthode : anticiper, décider, coordonner, communiquer, sous contrainte de temps et sous regard public. <br />   <br />  Il a également effectué des missions extérieures, dont un passage en Afghanistan, et commandé des unités d’intervention. À la tête de la Brigade (2015-2019), il traverse la séquence des attentats et des crises majeures, jusqu’à l’incendie de Notre-Dame de Paris en 2019. Dans ce type d’événement, l’enjeu n’est pas seulement d’éteindre un feu : il s’agit de protéger un symbole national, de limiter l’onde de choc, et d’aligner expertise technique, autorité politique et perception publique. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Renseignement, diplomatie, réflexes d’État</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">En 1996, il rejoint l’univers du renseignement extérieur français, DGSE, avec des affectations qui auraient inclus l’Afrique. Il occupe ensuite une fonction diplomatique au Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères comme premier secrétaire en Ouganda. <br />   <br />  Cette double grammaire est centrale : pas seulement l’opérationnel, mais la lecture politique du risque, les codes institutionnels, et l’usage de l’information comme levier.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Michelin, ou la protection d’un champion industriel</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Son rôle actuel chez Michelin est révélateur : anticipation, prévention et protection à l’échelle du groupe, pour les personnes, les sites, l’information et, de plus en plus, les chaînes logistiques. Économiquement, cela signifie continuité de production, protection de la marque, réduction de l’exposition aux sabotages, aux pressions et aux ruptures d’approvisionnement. <br />  Stratégiquement, c’est considérer l’entreprise comme une infrastructure critique : ce qui vise un État passe souvent d’abord par ses industries.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Ce que changerait son arrivée à l’EGE</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>Si la nomination se confirme</strong>, l’EGE pourrait accentuer une empreinte plus opérationnelle: moins de théorie, davantage de gestion de la menace, de résilience et d’influence. Pour les entreprises, l’idée est claire : former des cadres capables de décider sous pression, de protéger des actifs et de négocier dans un environnement de compétition dure. Pour l’État, c’est un pari : faire entrer la culture de la sécurité dans l’économie réelle, là où se jouent désormais des rapports de force. <br />   <br />  L’avantage est évident : élever le niveau de préparation. Le risque l’est tout autant : normaliser l’idée que le conflit est déjà installé dans les contrats, les flux de capitaux et les choix industriels. Mais c’est peut-être moins un basculement qu’une reconnaissance d’une réalité dont l’EGE, depuis sa création, observe l’expansion.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de...</b></div>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.veillemag.com/Jean-Claude-Gallet-et-la-succession-a-Ecole-de-Guerre-Economique-EGE_a7713.html</link>
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   <title>5 mai. Entre diplomatie et influence : le sport en première ligne. Livre blanc SMS &amp; EGE</title>
   <pubDate>Wed, 29 Apr 2026 09:24:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Longtemps présenté comme un espace neutre, le sport n’a jamais été un simple jeu. Il est devenu l’un des miroirs les plus sensibles du pouvoir, un lieu où se lisent les ambitions, les tensions et les récits que les sociétés produisent pour se gouverner. Le Livre blanc « Le sport au‑dessus des conflits, l’arbitre d’un monde sous tension ? », publié par l’École de Guerre Économique et la Sports Management School, analyse la manière dont le sport se retrouve au cœur des rivalités internationales. Une réflexion approfondie qui sera prolongée lors de la rencontre du 5 mai à l’EGE, en présence de Christian Harbulot et Michael Tapiro.     <div><b>Le terrain où le politique s’invite</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/96309572-67173137.jpg?v=1777448831" alt="5 mai. Entre diplomatie et influence : le sport en première ligne. Livre blanc SMS &amp; EGE" title="5 mai. Entre diplomatie et influence : le sport en première ligne. Livre blanc SMS &amp; EGE" />
     </div>
     <div>
      <blockquote><span style="white-space: pre-wrap;">Dès qu’un ballon roule, le politique n’est jamais loin. Les stades rassemblent des foules, fabriquent des émotions collectives, offrent des images capables de traverser les frontières. Les gouvernants l’ont compris : associer leur action à la ferveur sportive, c’est capter une part de cette énergie symbolique. Une victoire nationale devient un récit de cohésion, une candidature à un méga‑événement se transforme en démonstration de modernité, un plan pour le sport de haut niveau devient un marqueur de volontarisme. Le sport sert alors de langage, parfois de paravent, souvent de levier.</span> <br />  Au XXᵉ siècle, les États ont utilisé les grandes compétitions pour projeter leur image : Berlin 1936 pour la propagande, les boycotts des JO de 1980 et 1984 comme armes diplomatiques, ou encore la Coupe du monde 1998 pour renforcer une cohésion nationale. Chaque méga‑événement sportif reste un levier stratégique pour peser sur la scène internationale.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le sport, un sanctuaire fissuré</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L’ouvrage dresse un constat sans détour : le sport n’est pas un refuge préservé des tensions du monde. À mesure que les compétitions gagnent en visibilité et en valeur symbolique, elles deviennent des instruments d’influence pour les États, les acteurs économiques ou les organisations cherchant à peser sur les opinions. Le Livre blanc montre comment ce qui fut un terrain de paix se transforme en espace stratégique où se jouent réputation, puissance et diplomatie.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Neutralité proclamée, vulnérabilité réelle</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Les auteurs soulignent une contradiction majeure : le sport revendique la neutralité, mais évolue dans un environnement où tout est devenu politique. Dépendance financière, gouvernance fragile, pressions géopolitiques… <br />   <br />  L’écosystème sportif apparaît perméable aux ingérences. Le Livre blanc appelle à une <strong>neutralité opérationnelle</strong>, structurée et défendue, fondée sur des règles explicites, une transparence renforcée et une gouvernance capable de résister aux influences extérieures.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un débat nécessaire le 5 ma</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Ces enjeux seront au cœur de la rencontre du <strong>5 mai</strong> à l’EGE, où interviendront <strong>Christian Harbulot</strong>, directeur de l'EGE, et <strong>Michael Tapiro</strong>, expert du management sportif. <br />   <br />  Leur échange tentera d’éclairer les zones grises où se mêlent compétition, stratégie et diplomatie. En filigrane, une question persiste : le sport peut‑il encore jouer le rôle d’arbitre dans un monde sous tension, ou n’est‑il que le reflet amplifié de nos fractures contemporaines ?</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Pour participer ...</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/96309572-67173176.jpg?v=1777448041" alt="5 mai. Entre diplomatie et influence : le sport en première ligne. Livre blanc SMS &amp; EGE" title="5 mai. Entre diplomatie et influence : le sport en première ligne. Livre blanc SMS &amp; EGE" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: center;"><a class="link" href="https://programmes.ege.fr/conf-sport-au-dessus-des-conflits-5-mai-2026/" target="_blank">Inscription gratuite mais obligatoire&nbsp;</a>   <p class="lplh-24" style="text-align: center;"> <br />  <span style="color: rgb(36, 36, 43);"><span style="font-family:josefin sans;"><span style="font-size: 20px;"><strong>EGE Ecole de Guerre Economique <br />  1, rue Bougainville,</strong></span></span></span><span style="color: rgb(36, 36, 43);"><span style="font-family:josefin sans;"><span style="font-size: 20px;"><strong>&nbsp;75007 Paris</strong></span></span></span> <br />  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      &nbsp; <br />  <span style="white-space: pre-wrap;"><strong style="white-space: pre-wrap;">#SportsDiplomacy #Geopolitics #SportIndustry #SoftPower #InternationalRelations #StrategicInfluence #EconomicIntelligence #GlobalSports #LeadershipInsights #SportsGovernance</strong></span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/96309572-67173137.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.veillemag.com/5-mai-Entre-diplomatie-et-influence-le-sport-en-premiere-ligne-Livre-blanc-SMS-EGE_a7481.html</link>
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   <title>EDUNIVERSAL. Les lauréats 2026 de l’intelligence économique : un secteur qui se consolide</title>
   <pubDate>Sun, 15 Mar 2026 11:48:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Campus &amp; Métiers]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le classement Eduniversal 2026 confirme une tendance devenue presque structurelle : l’intelligence économique reste dominée par un noyau d’écoles solidement installées, dont l’École de Guerre Économique, une fois encore reconnue meilleure formation de France. Derrière cette stabilité apparente, le paysage évolue pourtant, porté par la montée en puissance de nouvelles approches et par la professionnalisation croissante du secteur.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/95357088-66705865.jpg?v=1773573073" alt="EDUNIVERSAL. Les lauréats 2026 de l’intelligence économique : un secteur qui se consolide" title="EDUNIVERSAL. Les lauréats 2026 de l’intelligence économique : un secteur qui se consolide" />
     </div>
     <div>
      <blockquote>Source <br />  <span style="white-space: pre-wrap;">Le classement <a class="link" href="https://www.meilleurs-masters.com/master-intelligence-economique.html" target="_blank">Eduniversal 2026</a>  confirme la domination de l’École de Guerre Économique en intelligence économique et révèle un secteur en pleine structuration, entre stabilité des leaders et évolution des approches stratégiques. <br />   <br />  Palmarès</span> <br />   <br />  1 - EGE - Ecole de Guerre Economique MBA Stratégie et Intelligence Economique <a class="link" href="https://www.meilleurs-masters.com/master-intelligence-economique/ege-ecole-de-guerre-economique-mba-strategie-et-intelligence-economique.html" target="_blank">voir la fiche --&gt;</a>  <br />   <br />  2 - Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne - Ecole de Management de la Sorbonne Master 2 Stratégie Internationale et Intelligence <a class="link" href="https://formations.pantheonsorbonne.fr/fr/catalogue-des-formations/master-M/master-management-et-commerce-international-KBUUVXG6/master-parcours-strategie-internationale-et-intelligence-economique-KBUUWSSE.html" target="_blank">Lien</a>  <br />   <br />  3 - IAE Poitiers Master Intelligence économique <a class="link" href="https://www.meilleurs-masters.com/master-intelligence-economique/iae-poitiers-master-intelligence-economique.html" target="_blank">Voir la fiche</a>  <br />   <br />  4 &nbsp;- SKEMA Business School MSc Business Consulting &amp; Decision Intelligence <a class="link" href="https://www.meilleurs-masters.com/master-intelligence-economique/skema-business-school-msc-business-consulting-decision-intelligence.html" target="_blank">Voir la fiche</a>  <br />   <br />  5 - Rennes School of Business MSc in Geopolitics &amp; Business <a class="link" href="https://www.meilleurs-masters.com/master-intelligence-economique/rennes-school-of-business-msc-in-geopolitics-business.html" target="_blank">Voir la fiche</a>  <br />  &nbsp;</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une première place qui ne se discute plus</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/95357088-66705866.jpg?v=1773581634" alt="EDUNIVERSAL. Les lauréats 2026 de l’intelligence économique : un secteur qui se consolide" title="EDUNIVERSAL. Les lauréats 2026 de l’intelligence économique : un secteur qui se consolide" />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">En 2026, l’École de Guerre Économique (EGE) décroche pour la vingt‑cinquième année consécutive la première place du classement Eduniversal dans la catégorie intelligence économique. <br />  Son MBA <em>Stratégie et Intelligence Économique</em> reste la référence absolue, porté par une pédagogie résolument opérationnelle, un ancrage fort dans les métiers du renseignement économique et un réseau professionnel dense. L’école met également en avant son programme MercurIE, qui renforce l’aspect professionnalisant de son offre et contribue à maintenir son avance sur la concurrence. <br />  Cette longévité exceptionnelle témoigne autant de la solidité de son modèle que de la difficulté, pour les autres établissements, de bousculer un leadership aussi installé.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une concurrence qui se structure mais peine à renverser l’ordre établi</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">Derrière l’EGE, les autres formations classées en intelligence économique poursuivent leur progression, mais sans parvenir à réduire l’écart. <br />   <br />  Les universités et écoles qui occupent traditionnellement les places suivantes — Paris 1 Panthéon‑Sorbonne, CY Tech ou encore certains IAE — consolident leur position grâce à des programmes qui mêlent stratégie, analyse, gestion des risques et cybersécurité. Leur montée en puissance reflète l’évolution du secteur, où l’intelligence économique ne se limite plus à la veille ou à la protection de l’information, mais s’étend désormais à l’influence, à la sûreté internationale et à la gouvernance numérique.</span> <br />  <span style="white-space: pre-wrap;">Cette diversification des approches crée un paysage plus riche, mais aussi plus fragmenté. Les formations universitaires, souvent plus théoriques, peinent encore à rivaliser avec les écoles spécialisées sur le terrain de l’employabilité immédiate, un critère central dans la méthodologie Eduniversal. À l’inverse, les programmes très professionnalisants doivent désormais intégrer des dimensions plus académiques pour répondre aux attentes croissantes des entreprises en matière d’analyse stratégique.</span></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une stabilité qui interroge autant qu’elle rassure</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">Si la domination de l’EGE rassure par sa constance, elle interroge aussi sur la capacité du secteur à se renouveler. <br />   <br />  La difficulté pour de nouveaux acteurs de s’imposer dans le haut du classement reflète la force des positions acquises, mais aussi la nécessité, pour les formations émergentes, de trouver un positionnement clair dans un domaine en expansion. Le classement 2026 montre ainsi un secteur à la fois mature et en mutation, où la stabilité du podium contraste avec l’effervescence des approches pédagogiques.</span> <br />  <strong><span style="white-space: pre-wrap;">L’intelligence économique, longtemps perçue comme une niche, s’affirme désormais comme un champ stratégique majeur. Les lauréats 2026 en sont l’illustration : ils incarnent un secteur qui se consolide, se diversifie et s’adapte à un monde où l’information est devenue un levier de puissance.</span></strong></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/95357088-66705866.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>La Fabrique du Souvenir. Sites touristiques et patrimoniaux français, souvenirs étrangers : anatomie d'une incohérence économique et stratégique. Entretien avec Patrick Cansell</title>
   <pubDate>Thu, 19 Feb 2026 09:51:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[STRATEGIES]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Porté par l’École de Guerre Économique dans le cadre des projets MercurIE, et réalisé par deux groupes d’étudiants de ses promotions SIE27 et SIE28, le rapport La Fabrique du Souvenir a été commandité par Patrick Cansell et Charles de Bisschop.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94609257-66084008.jpg?v=1771491062" alt="La Fabrique du Souvenir. Sites touristiques et patrimoniaux français, souvenirs étrangers : anatomie d'une incohérence économique et stratégique. Entretien avec Patrick Cansell" title="La Fabrique du Souvenir. Sites touristiques et patrimoniaux français, souvenirs étrangers : anatomie d'une incohérence économique et stratégique. Entretien avec Patrick Cansell" />
     </div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/charles-d-b72570151/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Charles de Bisschop</a>  chargé de projet «&nbsp;Made in France&nbsp;» à la Direction générale des entreprises du ministère de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique et <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/patrick-cansell/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Patrick Cansell </a>  est enseignant à l’Ecole de Guerre Economique, où il supervise le programme MercurIE, dirigeant du cabinet ARTEM-IS (Défense, Crise et Sécurité) et enseignant-chercheur associé à l’Université Gustave Eiffel, sous sa casquette de délégué régional Grand-Est du Syndicat français de l’intelligence économique (SYNFIE). <br />   <br />  Ce travail de près de deux ans met en lumière un paradoxe frappant : dans une France leader mondial du tourisme, la très grande majorité des souvenirs vendus sur les sites patrimoniaux sont importés. En s’appuyant sur des enquêtes terrain, des recherches en sources ouvertes, des dizaines d’entretiens et des expérimentations sur trois sites partenaires, menées avec artisans, TPE, PME et gestionnaires de sites, Patrick Cansell et ses étudiants interrogent les incohérences du secteur et esquisse des pistes pour reconnecter patrimoine et économie locale</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>JS. Qu’est-ce qui vous a poussé, personnellement, à vous concentrer sur un sujet aussi peu traité que celui du souvenir touristique — un sujet en apparence anodin, mais qui révèle en réalité des contradictions profondes dans la manière dont la France pense son patrimoine, son économie et son identité ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">A l’origine du projet, il y a un choc. Je suis historien et géographe de formation. J’ai eu la chance d’étudier il y a plus de 30 ans les dynamiques territoriales et les questions d’aménagement à l’Université de Lorraine avec des enseignants comme Jean-Pierre Husson et d’autres, sans parler des rencontres ultérieures avec des chercheurs passionnés comme le géographe Denis Mathis ou des experts du territoire comme Jérôme Barrier (1*) . Difficile dès lors de ne pas s’intéresser à la manière dont un territoire se représente et se raconte. Ses racines, ses enjeux, sa résilience et l’attachement que ses habitants, ou des acteurs de passage, le vivent. <br />  &nbsp; <br />  En 2016, lors d’une visite à Carcassonne, je suis entré dans une échoppe médiévale dont la vitrine exposait des épées forgées. Ma pratique (très modeste) des <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Arts_martiaux_historiques_europ%C3%A9ens" target="_blank">AMHE</a>  m’y a naturellement entraîné. À l’intérieur, le choc : lames et cottes de maille étaient Made in India, objets «&nbsp;médiévaux&nbsp;» et bibelots étaient fabriqués en Chine pour la plupart, avec quelques productions polonaises ou made in UK en complément, et une absence quasi-totale de productions françaises. Et rien de local. Dans une ville médiévale comme Carcassonne&nbsp;? Genre il n’y a pas un forgeron dans les environs&nbsp;? Personne pour coordonner cela&nbsp;? Pour encourager le local&nbsp;? Le choc. Je ne pouvais pas ne pas chercher à creuser le sujet. <br />  &nbsp; <br />  Comment les gestionnaires d’un site patrimonial tel que celui-ci peuvent-il abandonner à une pure logique marchande, le marché du «&nbsp;souvenir&nbsp;» qui incarne, au sens propre, la représentation de tels sites d’exception. <br />  &nbsp; <br />  <strong>C’est clairement un problème de cohérence, ou plutôt ici d’incohérence.</strong> <br />  Un site construit sa valeur sur l’authenticité, la transmission, la singularité. Or "l’objet-souvenir" qui constitue la dernière empreinte de la visite, est déconnecté du lieu car massivement importé. Les années ont passé et j’ai cherché une opportunité de lancer une étude sur ce thème. <br />   <br />  En septembre 2023, Charles Pahlawan, directeur adjoint de l’École de Guerre Économique, a accepté mon sujet dans le cadre des projets MercurIE. Ce sont des projets lourds, professionnalisant, dont les donneurs d’ordre sont des institutions de premier plan, des acteurs critiques de la société civile ou des grandes entreprises. Une première équipe s’est lancée avec passion sur le sujet et l’intuition est devenue objet d’étude. <br />  Et Charles de Bisschop, chargé de projet «&nbsp;Made in France&nbsp;» à la DGE, à Bercy, m’a rejoint dans l’aventure en tant que co-commanditaire de ce sujet. La team a été complétée par Louis-Guillaume Treillou, de la SIE22 de l’EGE, expert dans le territorial, pour coacher les élèves. Deux années de travail, et donc deux équipes MercurIE, ont permis de transformer un constat isolé en analyse structurée. <br />  &nbsp; <br />  Heureusement, on s’est rapidement aperçu que, même s’ils sont très minoritaires, de nombreux acteurs sont vertueux – ils ne nous ont pas attendus&nbsp;! Mais le bilan global demeure consternant&nbsp;: la France accueille des centaines de millions de visiteurs nationaux et internationaux chaque année. Le marché du souvenir représente plusieurs milliards d’euros (sans doute entre 4,5 et 6 milliards au total). <br />  <strong>Pourtant, une large proportion des produits vendus dans les boutiques de sites patrimoniaux est importée&nbsp;: 80 à 90% dans la centaine de boutiques visitées en 2024, alors que les chiffres que l’on trouve en ligne indiquent «&nbsp;seulement&nbsp;» 70%.</strong>  <div>&nbsp;  <hr align="left" size="1" width="33%" />  <blockquote>  <div id="ftn1">(1*)&nbsp; (2022). <em>Réconcilier les territoires : Quel avenir pour nos villes et nos campagnes ?</em>. Les éditions Ovadia</div>  </blockquote>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>JS. Les sites patrimoniaux valorisent l’authenticité, l’ancrage territorial, la transmission. Comment justifient-ils la vente massive de souvenirs standardisés, importés, « déconnectés » de ce qu’ils prétendent incarner ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le souvenir est un objet modeste en apparence. Il apparaît facilement négligeable dans une stratégie d’attractivité à l’échelle nationale. On va favoriser la customisation (emblème régional, logo du site, impression d’images) voire ce que Romain BERTRAND, Secrétaire général d’Origine France Garantie, appelle le «&nbsp;Made in France washing&nbsp;» où les revendications de production française pourraient être exagérées ou trompeuses, masquant une réalité de production moins locale que ce qui est prétendu. Sans parler du fait que de nombreuses boutiques peu vertueuses revendent des produits qui reposent sur des objets importés, en apportant une ultime transformation souvent superficielle ou recourent directement à des grossistes importateurs qui offrent des produits customisés clefs en main, parfois fortement inspirés de productions françaises (2*). <br />  &nbsp; <br />  On n’imagine pas le nombre de cigognes «&nbsp;alsaciennes&nbsp;», de tours Eiffel «&nbsp;parisiennes&nbsp;», de savons «&nbsp;de Marseille&nbsp;», de bérets «&nbsp;basques&nbsp;» ou de bol «&nbsp;bretons&nbsp;» proposées sur des plateformes de vente le plus souvent chinoises comme dans des catalogues de grossistes importateurs. A des prix défiants toute concurrence et avec des niveaux de qualité qui vont du bas de gamme à la finition aléatoire à des produits sophistiqués qui «&nbsp;font le job&nbsp;». On fera aussi le distinguo entre les boutiques «&nbsp;officielles&nbsp;» d’un site donné, qui ont tendance à faire quelques efforts sur la qualité des produits, des boutiques riveraines qui ont le même comportement que les boutiques de villes touristiques&nbsp;: import massif, prix cassés, voire traçabilité aléatoire voire affichage trompeur. Nous avons identifié des cas extrêmes dans des boutiques à Paris et Bruxelles par exemple&nbsp;: alignement de mugs sans provenance, magnets sans marquage, textiles imprimés aux couleurs du site (armoirie, drapeau, nom de la ville) mais faits en Turquie ou en Chine, avec les étiquettes d’origine parfois supprimées (sauf qu’on les a retrouvés dans d’autres boutiques et/ou en ligne), ou cartes postales sans marquage, imprimées localement et vendues «&nbsp;au black&nbsp;»… <br />   <br />  Plus subtil&nbsp;: des affichages trompeurs avec des stickers made in France apposés sur des étalages où un seul produit est français et tout le reste, truffé de petits drapeaux tricolores, importé – notamment dans la boutique d’un site touristique qui appartient à la Ville de Paris&nbsp;! Dans la même boutique, un produit emblématique du lieu (que l’on a retrouvé online comme étant chinois) était massivement présent sans étiquette d’origine, vendu évidemment beaucoup plus cher qu’en ligne, et présenté comme «&nbsp;made in UK&nbsp;» quand on posait la question au personnel, très hésitant et pas du tout sensible à la question de la provenance. <br />   <br />  Des pratiques aléatoires, donc, dont certaines sont condamnables légalement, et d’autres très légères avec l’éthique… Enfin, dans certaines boutiques de rue et auprès de certains professionnels, des interviews parfois flippantes évoquant un système quasi-mafieux autour du «&nbsp;souvenir&nbsp;» dans les rues parisiennes. <br />   <br />  Mais revenons à la majorité des cas, heureusement pas aussi extrêmes. Pour la plupart des boutiques, c’est bien la dimension du coût qui est évidemment centrale&nbsp;: les produits importés, même superficiellement transformés en France (impression par ex.), ont un coût de revient extrêmement bas et le recours aux grossistes facilite grandement la logistique. <strong>Prix bas et simplicité</strong>. Ce sont des arguments de poids. Il y a pourtant un tissu industriel du souvenir «&nbsp;Fabriqué en France&nbsp;» (et pas seulement transformé) mais ils affrontent une concurrence vive, qui ne se bat pas avec les mêmes armes.  <div>&nbsp;  <hr align="left" size="1" width="33%" />  <blockquote>  <div id="ftn1">(2*) Des procès pour contrefaçons, difficiles à remporter, ont été menés par des acteurs français qui retrouvaient des clones de leur production sur des catalogues d’importateurs. Quand les éléments de preuve produits par les entreprises chinoises accusées sont leurs propres factures, en chinois, très aisément <em>antidatables</em>, comment lutter&nbsp;pour protéger sa PI ?</div>  </blockquote>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>JS. Les gestionnaires de sites sont garants de la préservation du patrimoine matériel et immatériel. Pourquoi les savoir-faire locaux — qui font partie intégrante de ce patrimoine — restent-ils si peu intégrés dans l’offre commerciale des boutiques ?</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94609257-66084141.jpg?v=1771491037" alt="La Fabrique du Souvenir. Sites touristiques et patrimoniaux français, souvenirs étrangers : anatomie d'une incohérence économique et stratégique. Entretien avec Patrick Cansell" title="La Fabrique du Souvenir. Sites touristiques et patrimoniaux français, souvenirs étrangers : anatomie d'une incohérence économique et stratégique. Entretien avec Patrick Cansell" />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La question est importante car on va au-delà du «&nbsp;Fabriqué en France&nbsp;»&nbsp;: on touche au territoire. Au «&nbsp;terroir&nbsp;» même. Quittons les grandes villes touristiques, qui sont des cas spécifiques. Dans la plupart des territoires, le site patrimonial est un flagship, un navire amiral qui génère de l’attractivité, de l’emploi, de l’activité (restauration, hôtellerie, culture, commerces, services, etc.) dans son «&nbsp;hinterland&nbsp;» - l’arrière-pays du site, c’est-à-dire l’espace dont les ressources humaines, artisanales, productives et culturelles peuvent être mobilisées par le site / grâce au site. Y trouver artisans, TPE semble logique. <strong>Mais en réalité, le marché du souvenir n’est pas paramétré pour eux.</strong> <br />   <br />  D’une part, les artisans et TPE ne sont souvent pas identifiés comme des fournisseurs potentiels. Les boutiques ne disposent pas d’un annuaire structuré, de points de contacts – il n’y a que peu d’acteurs qui tentent de se présenter en intermédiaire et quand c’est le cas, cela a forcément un coût. La difficulté n’est pas l’absence de savoir-faire. Elle est l’absence d’interface. Par ailleurs, les contraintes de volumes, de délais et de régularité généralement imposés pour les souvenirs mis en boutique ne sont pas compatibles avec une production artisanale, qui privilégie la petite série et produit de manière non continue, non standardisée. Une TPE répond davantage à ces critères mais doit fournir de gros efforts commerciaux pour se faire connaître puis s’aligner face à la concurrence, quand les gestionnaires de sites n’ont pas intégré la provenance nationale ou locale comme un atout majeur, un pilier stratégique de leur attractivité. <br />  &nbsp; <br />  Du point de vue du gestionnaire, on raisonne évidemment – et ne soyons pas naïf&nbsp;: c’est un enjeu vital pour les boutiques – en chiffre d’affaires, en marge, en risque de rupture de stock. Ce n’est pas juste la facilité ou l’appât du gain qui conduit à recourir à des grossistes et à l’import. C’est une façon de maîtriser les risques et d’améliorer la profitabilité. Un commerce n’est pas une ONG. Mais ces gestionnaires oublient qu’une boutique où l’on s’attarde est une boutique qui fait du chiffre d’affaires.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>JS. Beaucoup d’acteurs invoquent les appels d’offres, les marchés publics ou les contraintes budgétaires pour justifier l’absence de produits locaux. Votre étude montre-t-elle que ces arguments sont fondés, ou servent-ils parfois de prétexte pour éviter de repenser les modèles d’achat ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Evidemment. Cela n’a absolument aucun sens de faire des appels d’offres quand on cherche du qualitatif, des petites séries originales, du local. C’est à la fois contreproductif et antinomique des jolis discours de RSE qui ont fleuri depuis 10 ans. Il existe des seuils au-delà desquels c’est impératif&nbsp;: 40.000 euros pour certains établissements. Ici, on parle de marchés de quelques centaines à quelques milliers d’euros. <br />   <br />  L’appel d’offres sur de telles sommes devient un prétexte pour ne pas agir. C’est une réponse bête et méchante à la problématique de l’approvisionnement, particulièrement quand, au niveau décisionnaire, on ne veut pas comprendre l’enjeu, et quand, au niveau opérationnel, on ne voit pas pourquoi «&nbsp;on s’emmerderait la vie&nbsp;» à gérer un réseau d’artisans, avec leurs difficultés, leurs impératifs, leurs exigences. On a deux populations qui s’ignorent ou se méfient l’une de l’autre. Beaucoup d’a priori dans tout ça. Et pas beaucoup de vision stratégique. Pire&nbsp;: l’appel d’offres donne l’illusion d’un dispositif neutre, sans parti pris. Alors que justement&nbsp;: c’est le choix mortifère d’une sorte de nihilisme patrimonial. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>JS. Vous donnez le sentiment qu’il y un d’autres formes de retour sur investissement dans le choix de l’artisanat, du local, de la qualité et du vrai « Fabriqué en France » ? Pourriez-vous expliciter ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Absolument&nbsp;: nous avons vu des pratiques extrêmement vertueuses et elles ne sont pas portées par des gens qui font abstraction du retour sur investissement de leur démarche. Bien au contraire&nbsp;: ils ont une vision stratégique et jouent sur le temps long, par la mise en place d’un cercle vertueux qui s’avère à terme bien plus profitable que le court-termisme largement pratiqué dans les boutiques classiques. <br />  &nbsp; <br />  Le «&nbsp;souvenir&nbsp;» concentre plusieurs dimensions clefs : économique, culturelle, territoriale et symbolique. Les bonnes pratiques montrent que l’intégration est possible lorsque certaines conditions sont réunies : relation directe avec les petits producteurs et artisans locaux, clarification des attentes des boutiques, distinction entre produits de flux (gros volumes, coût maîtrisé, standardisation) et les produits artisanaux, qui sont parfois des pièces uniques, ayant une valeur patrimoniale ou symboliques, qui apportent de la diversité et de l’originalité dans une boutique, qui illustrent les valeurs et l’image du site patrimonial, jusque dans le foyer des visiteurs-acquéreur. M. Philippe Brunella, directeur du Musée de la Cour d’Or à Metz au moment de notre expérimentation terrain, a souligné cette stratégie visionnaire consistant à investir sur la durée, sur la réputation, plutôt que de tenter de faire s’aligner les petits producteurs sur les standards d’achat «&nbsp;classiques&nbsp;». <br />  &nbsp; <br />  Le problème n’est pas moral. Il est structurel. L’offre s’est homogénéisée autour de produits standardisés à forte rotation, fournis par des grossistes internationaux. L’origine n’est pas un critère structurant des achats. La logique dominante est celle du flux, du volume et de la marge immédiate. <br />   <br />  Or l’objet-souvenir n’est pas un produit comme un autre. Il est la continuité de l’expérience de visite. Il contribue à la mémoire du lieu, à sa notoriété, à son rayonnement. Le traiter comme un simple article de commerce revient à sous-exploiter un levier stratégique. M. Brunella nous a clairement expliqué que l’objet d’exception (au sens de «&nbsp;différent&nbsp;», pas forcément au sens de «&nbsp;coûteux&nbsp;») est un ambassadeur du site, un emblème qui va suivre le touriste dans son pays et donner envie à d’autres de venir. <br />   <br />  Le beau, le vrai, le local&nbsp;: c’est ça qui fait venir des gens du bout du monde. La boutique d’un site patrimonial doit donc être particulièrement soignée, en recherche permanente de qualité et d’originalité. Elle est un vecteur d’image et un prolongement de l’expérience de visite. Pas juste une cash machine. Quand les gestionnaires de boutiques et les décideurs qui les pilotent au niveau territorial auront compris qu’on peut être les deux à la fois, on aura fait un grand pas sur la bonne voie. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Merci Patrick Cansell, d’avoir répondu à nos questions !</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/patrick-cansell/" target="_blank">Patrick Cansell</a>  est consultant et enseignant‑chercheur associé au sein d’ARTEM IS, où il explore les liens entre intelligence stratégique, industries culturelles et politiques publiques. Spécialiste des dynamiques économiques de l’audiovisuel, il accompagne institutions et organisations dans l’analyse des transformations du secteur. Auteur de plusieurs études de référence, il s’attache à décrypter les enjeux de souveraineté, de patrimoine et de compétitivité qui traversent la fabrique contemporaine des images.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/94609257-66084141.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.veillemag.com/La-Fabrique-du-Souvenir-Sites-touristiques-et-patrimoniaux-francais-souvenirs-etrangers-anatomie-d-une-incoherence_a7068.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Fabrique du Souvenir. Sites touristiques et patrimoniaux français, souvenirs étrangers : anatomie d'une incohérence économique et stratégique. Entretien avec Patrick Cansell</title>
   <pubDate>Thu, 19 Feb 2026 09:51:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[STRATEGIES]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Porté par l’École de Guerre Économique dans le cadre des projets MercurIE, et réalisé par deux groupes d’étudiants de ses promotions SIE27 et SIE28, le rapport La Fabrique du Souvenir a été commandité par Patrick Cansell et Charles de Bisschop.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94726674-66229427.jpg?v=1771491062" alt="Fabrique du Souvenir. Sites touristiques et patrimoniaux français, souvenirs étrangers : anatomie d'une incohérence économique et stratégique. Entretien avec Patrick Cansell" title="Fabrique du Souvenir. Sites touristiques et patrimoniaux français, souvenirs étrangers : anatomie d'une incohérence économique et stratégique. Entretien avec Patrick Cansell" />
     </div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/charles-d-b72570151/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Charles de Bisschop</a>  chargé de projet «&nbsp;Made in France&nbsp;» à la Direction générale des entreprises du ministère de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique et <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/patrick-cansell/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Patrick Cansell </a>  est enseignant à l’Ecole de Guerre Economique, où il supervise le programme MercurIE, dirigeant du cabinet ARTEM-IS (Défense, Crise et Sécurité) et enseignant-chercheur associé à l’Université Gustave Eiffel, sous sa casquette de délégué régional Grand-Est du Syndicat français de l’intelligence économique (SYNFIE). <br />   <br />  Ce travail de près de deux ans met en lumière un paradoxe frappant : dans une France leader mondial du tourisme, la très grande majorité des souvenirs vendus sur les sites patrimoniaux sont importés. En s’appuyant sur des enquêtes terrain, des recherches en sources ouvertes, des dizaines d’entretiens et des expérimentations sur trois sites partenaires, menées avec artisans, TPE, PME et gestionnaires de sites, Patrick Cansell et ses étudiants interrogent les incohérences du secteur et esquisse des pistes pour reconnecter patrimoine et économie locale</blockquote>  
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     <div><b>JS. Qu’est-ce qui vous a poussé, personnellement, à vous concentrer sur un sujet aussi peu traité que celui du souvenir touristique — un sujet en apparence anodin, mais qui révèle en réalité des contradictions profondes dans la manière dont la France pense son patrimoine, son économie et son identité ?</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">A l’origine du projet, il y a un choc. Je suis historien et géographe de formation. J’ai eu la chance d’étudier il y a plus de 30 ans les dynamiques territoriales et les questions d’aménagement à l’Université de Lorraine avec des enseignants comme Jean-Pierre Husson et d’autres, sans parler des rencontres ultérieures avec des chercheurs passionnés comme le géographe Denis Mathis ou des experts du territoire comme Jérôme Barrier (1*) . Difficile dès lors de ne pas s’intéresser à la manière dont un territoire se représente et se raconte. Ses racines, ses enjeux, sa résilience et l’attachement que ses habitants, ou des acteurs de passage, le vivent. <br />  &nbsp; <br />  En 2016, lors d’une visite à Carcassonne, je suis entré dans une échoppe médiévale dont la vitrine exposait des épées forgées. Ma pratique (très modeste) des <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Arts_martiaux_historiques_europ%C3%A9ens" target="_blank">AMHE</a>  m’y a naturellement entraîné. À l’intérieur, le choc : lames et cottes de maille étaient Made in India, objets «&nbsp;médiévaux&nbsp;» et bibelots étaient fabriqués en Chine pour la plupart, avec quelques productions polonaises ou made in UK en complément, et une absence quasi-totale de productions françaises. Et rien de local. Dans une ville médiévale comme Carcassonne&nbsp;? Genre il n’y a pas un forgeron dans les environs&nbsp;? Personne pour coordonner cela&nbsp;? Pour encourager le local&nbsp;? Le choc. Je ne pouvais pas ne pas chercher à creuser le sujet. <br />  &nbsp; <br />  Comment les gestionnaires d’un site patrimonial tel que celui-ci peuvent-il abandonner à une pure logique marchande, le marché du «&nbsp;souvenir&nbsp;» qui incarne, au sens propre, la représentation de tels sites d’exception. <br />  &nbsp; <br />  <strong>C’est clairement un problème de cohérence, ou plutôt ici d’incohérence.</strong> <br />  Un site construit sa valeur sur l’authenticité, la transmission, la singularité. Or "l’objet-souvenir" qui constitue la dernière empreinte de la visite, est déconnecté du lieu car massivement importé. Les années ont passé et j’ai cherché une opportunité de lancer une étude sur ce thème. <br />   <br />  En septembre 2023, Charles Pahlawan, directeur adjoint de l’École de Guerre Économique, a accepté mon sujet dans le cadre des projets MercurIE. Ce sont des projets lourds, professionnalisant, dont les donneurs d’ordre sont des institutions de premier plan, des acteurs critiques de la société civile ou des grandes entreprises. Une première équipe s’est lancée avec passion sur le sujet et l’intuition est devenue objet d’étude. <br />  Et Charles de Bisschop, chargé de projet «&nbsp;Made in France&nbsp;» à la DGE, à Bercy, m’a rejoint dans l’aventure en tant que co-commanditaire de ce sujet. La team a été complétée par Louis-Guillaume Treillou, de la SIE22 de l’EGE, expert dans le territorial, pour coacher les élèves. Deux années de travail, et donc deux équipes MercurIE, ont permis de transformer un constat isolé en analyse structurée. <br />  &nbsp; <br />  Heureusement, on s’est rapidement aperçu que, même s’ils sont très minoritaires, de nombreux acteurs sont vertueux – ils ne nous ont pas attendus&nbsp;! Mais le bilan global demeure consternant&nbsp;: la France accueille des centaines de millions de visiteurs nationaux et internationaux chaque année. Le marché du souvenir représente plusieurs milliards d’euros (sans doute entre 4,5 et 6 milliards au total). <br />  <strong>Pourtant, une large proportion des produits vendus dans les boutiques de sites patrimoniaux est importée&nbsp;: 80 à 90% dans la centaine de boutiques visitées en 2024, alors que les chiffres que l’on trouve en ligne indiquent «&nbsp;seulement&nbsp;» 70%.</strong>  <div>&nbsp;  <hr align="left" size="1" width="33%" />  <blockquote>  <div id="ftn1">(1*)&nbsp; (2022). <em>Réconcilier les territoires : Quel avenir pour nos villes et nos campagnes ?</em>. Les éditions Ovadia</div>  </blockquote>  </div>  </div>  
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     <div><b>JS. Les sites patrimoniaux valorisent l’authenticité, l’ancrage territorial, la transmission. Comment justifient-ils la vente massive de souvenirs standardisés, importés, « déconnectés » de ce qu’ils prétendent incarner ?</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">Le souvenir est un objet modeste en apparence. Il apparaît facilement négligeable dans une stratégie d’attractivité à l’échelle nationale. On va favoriser la customisation (emblème régional, logo du site, impression d’images) voire ce que Romain BERTRAND, Secrétaire général d’Origine France Garantie, appelle le «&nbsp;Made in France washing&nbsp;» où les revendications de production française pourraient être exagérées ou trompeuses, masquant une réalité de production moins locale que ce qui est prétendu. Sans parler du fait que de nombreuses boutiques peu vertueuses revendent des produits qui reposent sur des objets importés, en apportant une ultime transformation souvent superficielle ou recourent directement à des grossistes importateurs qui offrent des produits customisés clefs en main, parfois fortement inspirés de productions françaises (2*). <br />  &nbsp; <br />  On n’imagine pas le nombre de cigognes «&nbsp;alsaciennes&nbsp;», de tours Eiffel «&nbsp;parisiennes&nbsp;», de savons «&nbsp;de Marseille&nbsp;», de bérets «&nbsp;basques&nbsp;» ou de bol «&nbsp;bretons&nbsp;» proposées sur des plateformes de vente le plus souvent chinoises comme dans des catalogues de grossistes importateurs. A des prix défiants toute concurrence et avec des niveaux de qualité qui vont du bas de gamme à la finition aléatoire à des produits sophistiqués qui «&nbsp;font le job&nbsp;». On fera aussi le distinguo entre les boutiques «&nbsp;officielles&nbsp;» d’un site donné, qui ont tendance à faire quelques efforts sur la qualité des produits, des boutiques riveraines qui ont le même comportement que les boutiques de villes touristiques&nbsp;: import massif, prix cassés, voire traçabilité aléatoire voire affichage trompeur. Nous avons identifié des cas extrêmes dans des boutiques à Paris et Bruxelles par exemple&nbsp;: alignement de mugs sans provenance, magnets sans marquage, textiles imprimés aux couleurs du site (armoirie, drapeau, nom de la ville) mais faits en Turquie ou en Chine, avec les étiquettes d’origine parfois supprimées (sauf qu’on les a retrouvés dans d’autres boutiques et/ou en ligne), ou cartes postales sans marquage, imprimées localement et vendues «&nbsp;au black&nbsp;»… <br />   <br />  Plus subtil&nbsp;: des affichages trompeurs avec des stickers made in France apposés sur des étalages où un seul produit est français et tout le reste, truffé de petits drapeaux tricolores, importé – notamment dans la boutique d’un site touristique qui appartient à la Ville de Paris&nbsp;! Dans la même boutique, un produit emblématique du lieu (que l’on a retrouvé online comme étant chinois) était massivement présent sans étiquette d’origine, vendu évidemment beaucoup plus cher qu’en ligne, et présenté comme «&nbsp;made in UK&nbsp;» quand on posait la question au personnel, très hésitant et pas du tout sensible à la question de la provenance. <br />   <br />  Des pratiques aléatoires, donc, dont certaines sont condamnables légalement, et d’autres très légères avec l’éthique… Enfin, dans certaines boutiques de rue et auprès de certains professionnels, des interviews parfois flippantes évoquant un système quasi-mafieux autour du «&nbsp;souvenir&nbsp;» dans les rues parisiennes. <br />   <br />  Mais revenons à la majorité des cas, heureusement pas aussi extrêmes. Pour la plupart des boutiques, c’est bien la dimension du coût qui est évidemment centrale&nbsp;: les produits importés, même superficiellement transformés en France (impression par ex.), ont un coût de revient extrêmement bas et le recours aux grossistes facilite grandement la logistique. <strong>Prix bas et simplicité</strong>. Ce sont des arguments de poids. Il y a pourtant un tissu industriel du souvenir «&nbsp;Fabriqué en France&nbsp;» (et pas seulement transformé) mais ils affrontent une concurrence vive, qui ne se bat pas avec les mêmes armes.  <div>&nbsp;  <hr align="left" size="1" width="33%" />  <blockquote>  <div id="ftn1">(2*) Des procès pour contrefaçons, difficiles à remporter, ont été menés par des acteurs français qui retrouvaient des clones de leur production sur des catalogues d’importateurs. Quand les éléments de preuve produits par les entreprises chinoises accusées sont leurs propres factures, en chinois, très aisément <em>antidatables</em>, comment lutter&nbsp;pour protéger sa PI ?</div>  </blockquote>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>JS. Les gestionnaires de sites sont garants de la préservation du patrimoine matériel et immatériel. Pourquoi les savoir-faire locaux — qui font partie intégrante de ce patrimoine — restent-ils si peu intégrés dans l’offre commerciale des boutiques ?</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94726674-66229430.jpg?v=1771491037" alt="Fabrique du Souvenir. Sites touristiques et patrimoniaux français, souvenirs étrangers : anatomie d'une incohérence économique et stratégique. Entretien avec Patrick Cansell" title="Fabrique du Souvenir. Sites touristiques et patrimoniaux français, souvenirs étrangers : anatomie d'une incohérence économique et stratégique. Entretien avec Patrick Cansell" />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La question est importante car on va au-delà du «&nbsp;Fabriqué en France&nbsp;»&nbsp;: on touche au territoire. Au «&nbsp;terroir&nbsp;» même. Quittons les grandes villes touristiques, qui sont des cas spécifiques. Dans la plupart des territoires, le site patrimonial est un flagship, un navire amiral qui génère de l’attractivité, de l’emploi, de l’activité (restauration, hôtellerie, culture, commerces, services, etc.) dans son «&nbsp;hinterland&nbsp;» - l’arrière-pays du site, c’est-à-dire l’espace dont les ressources humaines, artisanales, productives et culturelles peuvent être mobilisées par le site / grâce au site. Y trouver artisans, TPE semble logique. <strong>Mais en réalité, le marché du souvenir n’est pas paramétré pour eux.</strong> <br />   <br />  D’une part, les artisans et TPE ne sont souvent pas identifiés comme des fournisseurs potentiels. Les boutiques ne disposent pas d’un annuaire structuré, de points de contacts – il n’y a que peu d’acteurs qui tentent de se présenter en intermédiaire et quand c’est le cas, cela a forcément un coût. La difficulté n’est pas l’absence de savoir-faire. Elle est l’absence d’interface. Par ailleurs, les contraintes de volumes, de délais et de régularité généralement imposés pour les souvenirs mis en boutique ne sont pas compatibles avec une production artisanale, qui privilégie la petite série et produit de manière non continue, non standardisée. Une TPE répond davantage à ces critères mais doit fournir de gros efforts commerciaux pour se faire connaître puis s’aligner face à la concurrence, quand les gestionnaires de sites n’ont pas intégré la provenance nationale ou locale comme un atout majeur, un pilier stratégique de leur attractivité. <br />  &nbsp; <br />  Du point de vue du gestionnaire, on raisonne évidemment – et ne soyons pas naïf&nbsp;: c’est un enjeu vital pour les boutiques – en chiffre d’affaires, en marge, en risque de rupture de stock. Ce n’est pas juste la facilité ou l’appât du gain qui conduit à recourir à des grossistes et à l’import. C’est une façon de maîtriser les risques et d’améliorer la profitabilité. Un commerce n’est pas une ONG. Mais ces gestionnaires oublient qu’une boutique où l’on s’attarde est une boutique qui fait du chiffre d’affaires.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>JS. Beaucoup d’acteurs invoquent les appels d’offres, les marchés publics ou les contraintes budgétaires pour justifier l’absence de produits locaux. Votre étude montre-t-elle que ces arguments sont fondés, ou servent-ils parfois de prétexte pour éviter de repenser les modèles d’achat ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Evidemment. Cela n’a absolument aucun sens de faire des appels d’offres quand on cherche du qualitatif, des petites séries originales, du local. C’est à la fois contreproductif et antinomique des jolis discours de RSE qui ont fleuri depuis 10 ans. Il existe des seuils au-delà desquels c’est impératif&nbsp;: 40.000 euros pour certains établissements. Ici, on parle de marchés de quelques centaines à quelques milliers d’euros. <br />   <br />  L’appel d’offres sur de telles sommes devient un prétexte pour ne pas agir. C’est une réponse bête et méchante à la problématique de l’approvisionnement, particulièrement quand, au niveau décisionnaire, on ne veut pas comprendre l’enjeu, et quand, au niveau opérationnel, on ne voit pas pourquoi «&nbsp;on s’emmerderait la vie&nbsp;» à gérer un réseau d’artisans, avec leurs difficultés, leurs impératifs, leurs exigences. On a deux populations qui s’ignorent ou se méfient l’une de l’autre. Beaucoup d’a priori dans tout ça. Et pas beaucoup de vision stratégique. Pire&nbsp;: l’appel d’offres donne l’illusion d’un dispositif neutre, sans parti pris. Alors que justement&nbsp;: c’est le choix mortifère d’une sorte de nihilisme patrimonial. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>JS. Vous donnez le sentiment qu’il y un d’autres formes de retour sur investissement dans le choix de l’artisanat, du local, de la qualité et du vrai « Fabriqué en France » ? Pourriez-vous expliciter ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Absolument&nbsp;: nous avons vu des pratiques extrêmement vertueuses et elles ne sont pas portées par des gens qui font abstraction du retour sur investissement de leur démarche. Bien au contraire&nbsp;: ils ont une vision stratégique et jouent sur le temps long, par la mise en place d’un cercle vertueux qui s’avère à terme bien plus profitable que le court-termisme largement pratiqué dans les boutiques classiques. <br />  &nbsp; <br />  Le «&nbsp;souvenir&nbsp;» concentre plusieurs dimensions clefs : économique, culturelle, territoriale et symbolique. Les bonnes pratiques montrent que l’intégration est possible lorsque certaines conditions sont réunies : relation directe avec les petits producteurs et artisans locaux, clarification des attentes des boutiques, distinction entre produits de flux (gros volumes, coût maîtrisé, standardisation) et les produits artisanaux, qui sont parfois des pièces uniques, ayant une valeur patrimoniale ou symboliques, qui apportent de la diversité et de l’originalité dans une boutique, qui illustrent les valeurs et l’image du site patrimonial, jusque dans le foyer des visiteurs-acquéreur. M. Philippe Brunella, directeur du Musée de la Cour d’Or à Metz au moment de notre expérimentation terrain, a souligné cette stratégie visionnaire consistant à investir sur la durée, sur la réputation, plutôt que de tenter de faire s’aligner les petits producteurs sur les standards d’achat «&nbsp;classiques&nbsp;». <br />  &nbsp; <br />  Le problème n’est pas moral. Il est structurel. L’offre s’est homogénéisée autour de produits standardisés à forte rotation, fournis par des grossistes internationaux. L’origine n’est pas un critère structurant des achats. La logique dominante est celle du flux, du volume et de la marge immédiate. <br />   <br />  Or l’objet-souvenir n’est pas un produit comme un autre. Il est la continuité de l’expérience de visite. Il contribue à la mémoire du lieu, à sa notoriété, à son rayonnement. Le traiter comme un simple article de commerce revient à sous-exploiter un levier stratégique. M. Brunella nous a clairement expliqué que l’objet d’exception (au sens de «&nbsp;différent&nbsp;», pas forcément au sens de «&nbsp;coûteux&nbsp;») est un ambassadeur du site, un emblème qui va suivre le touriste dans son pays et donner envie à d’autres de venir. <br />   <br />  Le beau, le vrai, le local&nbsp;: c’est ça qui fait venir des gens du bout du monde. La boutique d’un site patrimonial doit donc être particulièrement soignée, en recherche permanente de qualité et d’originalité. Elle est un vecteur d’image et un prolongement de l’expérience de visite. Pas juste une cash machine. Quand les gestionnaires de boutiques et les décideurs qui les pilotent au niveau territorial auront compris qu’on peut être les deux à la fois, on aura fait un grand pas sur la bonne voie. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Merci Patrick Cansell, d’avoir répondu à nos questions !</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/patrick-cansell/" target="_blank">Patrick Cansell</a>  &nbsp;dirige le cabinet d’ARTEM-IS et est enseignant‑chercheur associé à l'Université Gustave Eiffel. Il est également enseignant à l'Ecole de Guerre Economique depuis plus de 20 ans. <br />  Outre les sujets Défense/ Crise / Sécurité, il intervient depuis plus de trente ans, il explore les liens entre intelligence stratégique, territoires et politiques publiques autour des thèmes de la résilience et du développement des territoires.</blockquote>  
     </div>
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     </div>
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   ]]>
   </description>
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