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  <title>www.veillemag.com</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></description>
  <link>https://www.veillemag.com/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-04-07T07:07:32+02:00</dc:date>
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   <title>Iran, le désarmement imposé et le retour impossible des chahs</title>
   <pubDate>Fri, 27 Feb 2026 10:57:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Présentés comme un débat sur la non-prolifération, les pourparlers irano-américains masquent un objectif plus ambitieux : imposer à Téhéran un désarmement qui remettrait en cause sa souveraineté. Une exigence portée par Israël et ses alliés, qui révèle les asymétries et les doubles standards structurant l’ordre régional.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94962918-66548315.jpg?v=1772186190" alt="Iran, le désarmement imposé et le retour impossible des chahs" title="Iran, le désarmement imposé et le retour impossible des chahs" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>À Genève, on négocie sur le nucléaire, mais l'enjeu réel est bien plus vaste</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Les pourparlers en cours à Genève entre l'Iran et les États-Unis sont présentés comme une étape technique sur le nucléaire, mais le nœud du problème est en réalité politique et stratégique. Si la table de négociation sert réellement à garantir que Téhéran ne transforme pas son programme en instrument militaire, un compromis reste possible. Mais si, au contraire, les discussions deviennent le moyen d'imposer à l'Iran un désarmement plus large, incluant son arsenal de missiles et son réseau de relations régionales, alors il ne s'agit plus d'une négociation, mais d'une exigence de reddition.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La distinction est essentielle. Un accord de non-prolifération peut être construit sur des contrôles, des limites et des garanties réciproques. Un projet de démilitarisation unilatérale, au contraire, touche au cœur même de la souveraineté iranienne. Et pour les dirigeants de Téhéran, l'accepter signifierait renoncer aux seuls instruments qu'ils jugent indispensables pour éviter le sort d'autres pays du Moyen-Orient, balayés par les guerres, les sanctions ou les changements de régime.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le désarmement de l'Iran comme objectif politique d'Israël</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La pression exercée pour que l'Iran réduise ou démantèle son appareil balistique ne naît pas d'un souci abstrait de stabilité, mais d'une vision précise de l'ordre régional : Israël veut rester la seule puissance militairement incontestée au Moyen-Orient. Dans cette logique s'inscrivent les demandes de désarmement adressées au Hamas, au Hezbollah, aux Houthis et désormais, de façon plus systémique, à la République islamique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le problème saute aux yeux. Celui qui exige le désarmement des autres sans remettre en question sa propre supériorité militaire ne propose pas un équilibre, mais une hiérarchie. C'est la doctrine de l'exception permanente : certains acteurs doivent être contenus, désarticulés, neutralisés ; d'autres peuvent conserver intact tout leur potentiel militaire, même lorsqu'ils l'emploient sur plusieurs fronts à la fois.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">D'un point de vue militaire, la demande adressée à l'Iran est difficilement applicable. Les missiles représentent pour Téhéran la forme la plus concrète de dissuasion conventionnelle. L'Iran ne dispose ni d'une supériorité aérienne comparable à celle d'Israël, ni d'un réseau d'alliances formelles semblable à celui garanti par Washington. Son arsenal balistique compense cette infériorité structurelle. Demander qu'il y renonce revient, pour les dirigeants iraniens, à leur demander de s'exposer à un chantage stratégique permanent.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La dissuasion iranienne n'est pas une idéologie, c'est une question de survie</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">En Occident, on tend souvent à lire l'appareil militaire iranien uniquement à travers le prisme idéologique, comme la projection du radicalisme du régime. C'est une lecture partielle. La République islamique utilise certes une rhétorique révolutionnaire, mais sa stratégie militaire répond avant tout à une logique de survie. Après la guerre contre l'Irak, après des décennies de sanctions, après les campagnes occidentales en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie, Téhéran a tiré une conclusion simple : les États faibles ou isolés sont frappés ; ceux capables d'augmenter le coût d'un affrontement sont traités avec davantage de prudence.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">C'est ici que les missiles, les drones et le réseau d'alliés régionaux deviennent essentiels. Ils ne sont pas seulement des instruments offensifs, mais les éléments d'une défense avancée. Réduire ce système sans modifier l'architecture générale de la sécurité régionale signifierait, du point de vue iranien, perdre sa profondeur stratégique et sa capacité de riposte.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Le double standard qui empoisonne toute négociation</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Il y a ensuite une question de crédibilité politique. L'Iran est décrit comme une menace systémique pour la région en raison de sa nature autoritaire, de son soutien à des groupes armés et de son opacité stratégique. Tout cela contient une part de vérité. Mais le problème est que le même critère n'est pas appliqué à d'autres acteurs régionaux.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Lorsqu'un État qui maintient une occupation prolongée, qui est accusé de graves violations du droit international et qui conserve une supériorité militaire écrasante prétend définir ce que les autres peuvent ou non posséder, cette prétention perd toute force morale et révèle la nudité du rapport de puissance. C'est ce double standard qui rend presque impossible une négociation fondée sur la confiance. Pour Téhéran, le soupçon est évident : derrière le langage de la sécurité se cache en réalité une stratégie de contenir politiquement l'Iran et de le subordonner sur le plan géopolitique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le spectre du changement de régime et la carte Reza Pahlavi</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Dans ce contexte, le nom de Reza Pahlavi, fils du dernier chah, réapparaît périodiquement comme possible symbole d'une alternative post-islamique. Mais il s'agit d'une suggestion plus utile à la propagande extérieure qu'à la réalité iranienne. La raison en est historique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La révolution de 1978-1979 ne fut pas seulement une insurrection religieuse, mais aussi une révolte nationale contre un régime perçu comme répressif, corrompu et subordonné aux intérêts occidentaux. Le tournant avait eu lieu dès 1953, lorsque le coup d'État organisé par les États-Unis et la Grande-Bretagne renversa Mohammad Mossadegh, mettant fin à une brève mais significative expérience d'autonomie démocratique et restaurant le pouvoir monarchique sous tutelle extérieure.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">À partir de ce moment, le règne du chah se consolida sur une modernisation autoritaire et une répression systématique. La Savak, la police secrète, devint le symbole de cette époque : arrestations arbitraires, torture, contrôle capillaire de la dissidence, élimination des opposants. Les estimations rappelées par des auteurs et des observateurs de l'époque parlent de centaines de milliers d'Iraniens passés par les prisons et de milliers de manifestants tués par les forces de sécurité. Des rapports internationaux de l'époque décrivaient l'Iran comme l'un des régimes les plus durs de la planète en matière de condamnations à mort et de violences d'État.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">En ce sens, la monarchie n'est pas, pour beaucoup d'Iraniens, le souvenir d'un âge d'or, mais le visage d'une autorité imposée, soutenue de l'extérieur et maintenue par la peur. Penser utiliser Reza Pahlavi comme pivot d'un éventuel changement de régime signifie sous-estimer le poids de cette mémoire historique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La continuité entre pression extérieure et radicalisation intérieure</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">C'est ici qu'apparaît l'un des grands paradoxes de la crise iranienne. Chaque fois que l'Occident ou Israël évoquent ouvertement un changement de régime, ils renforcent précisément le récit du pouvoir iranien. La République islamique se présente depuis des décennies comme le rempart contre l'ingérence étrangère, contre le retour d'élites fidèles à l'extérieur, contre une nouvelle humiliation nationale. Et chaque fois que la pression internationale adopte un ton maximaliste, ce récit retrouve une nouvelle vigueur.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Cela ne disculpe pas le régime. Cela signifie cependant que la stratégie de la confrontation absolue tend à produire l'effet inverse de celui qui est proclamé : au lieu d'affaiblir les appareils les plus rigides, elle les ressoude ; au lieu d'ouvrir des espaces internes, elle les referme ; au lieu de favoriser une évolution politique, elle la remplace par la logique du siège.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les scénarios économiques : le pétrole, les sanctions et l'ordre énergétique régional</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Sur le plan économique, l'enjeu est immense. L'Iran n'est pas seulement un dossier nucléaire : c'est un pays-clé pour l'énergie, pour les corridors commerciaux eurasiens et pour les équilibres du Golfe. Un accord limité et crédible pourrait réduire la pression des sanctions, accroître les marges d'exportation énergétique, remettre en mouvement des flux financiers aujourd'hui comprimés et offrir à Téhéran une réintégration partielle dans les circuits régionaux.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">À l'inverse, un échec des pourparlers suivi d'une escalade militaire ou diplomatique aurait des effets immédiats sur les marchés énergétiques, sur la sécurité maritime dans le Golfe et sur le coût global du risque régional. Il ne s'agirait pas seulement d'une crise iranienne, mais d'un nouveau choc pour l'ensemble du système énergétique qui relie le Moyen-Orient, l'Asie et l'Europe.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Du point de vue géoéconomique, pousser l'Iran hors de tout compromis signifierait aussi consolider son ancrage vers la Russie et la Chine. Plus Téhéran est exclu des circuits occidentaux, plus il cherche une protection dans des réseaux alternatifs : systèmes de paiement parallèles, accords bilatéraux, infrastructures logistiques eurasiatiques, échanges énergétiques dé-occidentalisés. En d'autres termes, la pression maximale risque d'accélérer précisément la fragmentation de l'ordre économique international.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La dimension géopolitique : qui décide de l'équilibre du Moyen-Orient</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le véritable conflit ne porte donc pas seulement sur les armes de l'Iran, mais sur la définition du futur ordre moyen-oriental. Washington et Tel-Aviv veulent une région dans laquelle la puissance iranienne soit réduite au minimum et où ses instruments d'influence soient coupés. Téhéran, au contraire, considère ce réseau d'alliances et de capacités militaires comme la condition préalable pour ne pas être marginalisé ou frappé.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Il en résulte un affrontement non seulement militaire, mais aussi lié à l'architecture régionale elle-même. Qui doit avoir le droit de projeter de la force ? Qui peut définir le seuil de sécurité acceptable ? Qui décide si un acteur est légitime et un autre non ? Tant que ces questions continueront d'être tranchées unilatéralement, toute négociation technique sur le nucléaire restera fragile, car le véritable désaccord se situe à un niveau bien plus profond.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La paix ne peut pas naître d'une reddition déguisée</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La leçon finale est nette. Un accord n'est possible que s'il reste dans le cadre de la non-prolifération et de la limitation réciproque. Mais s'il devient la tentative d'imposer à l'Iran une reddition stratégique, alors la négociation est vouée à l'échec ou à produire une trêve apparente, bientôt suivie de nouvelles tensions.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La stabilité ne naît pas du monopole de la force, mais d'un équilibre, même inconfortable, entre puissances rivales. Au Moyen-Orient, la prétention qu'un seul reste armé tandis que tous les autres se désarment n'est pas une formule de paix. C'est, plus simplement, le prélude d'une guerre future.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.haaretz.com/opinion/2026-02-25/ty-article-opinion/.premium/israel-waged-a-war-of-annihilation-now-it-wants-everyone-but-itself-to-disarm/0000019c-9639-dfa9-a7bd-d6f9cf090000" target="_blank">https://www.haaretz.com/opinion/2026-02-25/ty-article-opinion/.premium/israel-waged-a-war-of-annihilation-now-it-wants-everyone-but-itself-to-disarm/0000019c-9639-dfa9-a7bd-d6f9cf090000</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.haaretz.com/israel-news/israel-security/2026-02-24/ty-article/.premium/israel-backs-reza-pahlavi-to-rule-iran-thats-a-dangerous-gamble/0000019c-9043-dab1-adbe-ba6b9f570000" target="_blank">https://www.haaretz.com/israel-news/israel-security/2026-02-24/ty-article/.premium/israel-backs-reza-pahlavi-to-rule-iran-thats-a-dangerous-gamble/0000019c-9043-dab1-adbe-ba6b9f570000</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de...</b></div>
     <div>
      <blockquote><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/94962918-66548315.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.veillemag.com/Iran-le-desarmement-impose-et-le-retour-impossible-des-chahs_a7110.html</link>
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   <title>La terre tourne, la prospérité aussi ! Tribune Libre de Geneviève Bouché</title>
   <pubDate>Mon, 16 Feb 2026 17:50:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Prospective]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   À travers l’histoire, chaque région du monde connaît son cycle d’essor avant de céder le relais du progrès à une autre. Alors que ces rotations s’accélèrent et perdent en solidité, l’Europe a l’occasion de réinventer ses modes de production et ses échanges pour retrouver une dynamique d’innovation, à condition de lever les entraves qu’elle a laissées s’installer.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94434516-65808746.jpg?v=1771172614" alt="La terre tourne, la prospérité aussi ! Tribune Libre de Geneviève Bouché" title="La terre tourne, la prospérité aussi ! Tribune Libre de Geneviève Bouché" />
     </div>
     <div>
      <blockquote> <br />  <em>La vidéo «&nbsp;<a class="link" href="https://www.youtube.com/watch?v=qPWP_OXNqcs">Comment la Chine est devenue imbattable&nbsp;?&nbsp;</a>  &nbsp;» de <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/stefani/">Matthieu Stefani</a>  montre une Chine qui a su être antifragile après que les Européens, puis les USA l’aient sortie de sa torpeur.</em> <br />  <em>C’est à notre tour de <a href="https://www.youtube.com/watch?v=5F35s_T6mGw&amp;t=5s">nous montrer «&nbsp;antifragile</a>s », d’ailleurs, nous y sommes acculés.</em></blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La vision futurologique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L’Europe, la Chine et les USA ont en commun une géographie favorable à l’épanouissement des Hommes. Par exemple&nbsp;: des plaines fertiles et des saisons. <br />   <br />  Leurs histoires respectives se déroulent au gré de l’évolution de leur géographie et d’opportunités. En particulier, l’affaiblissement de l’un profite à un autre et ainsi de suite. <br />   <br />  Chaque zone géopolitique connaît donc des phases de progrès. Mais, ces progrès nécessitent des encadrements, et ces encadrements finissent par rendre difficile l’accès aux progrès suivants. <br />   <br />  Alors, il y a transfert de progrès vers une autre zone, qui à son tour va dérouler sa phase d’évolution puis d’essoufflement. <br />   <br />  Ainsi, l’Europe s’est nourrie des connaissances du Moyen-Orient. L’Amérique du Nord a prolongé les savoir-faire du 19<sup>ème</sup> siècle de l’Europe. La Chine a, durant la seconde moitié du 20<sup>ème</sup> siècle «&nbsp;repiqué&nbsp;» les ambitions de l’Occident pour les exacerber. <br />   <br />  La rotation s’accélère, mais plus ces phases sont courtes, moins elles sont robustes. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La vision politique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le progrès résulte d’un long enchaînement d’essais – erreurs. C’est une affaire de patience. Ces derniers temps, les USA puis la Chine ont poussé à outrance les progrès technologiques, ainsi que les armes financières et numériques. <br />   <br />  Ces progrès améliorent éventuellement la vie matérielle, mais pas vraiment la vie sociale et ils génèrent des externalités négatives sur l’environnement. <br />   <br />  Les USA ont poussé à l’extrême le capitalisme, ce qui a généré les hyper-riches. La Chine a développé le communisme concurrentiel et donc «&nbsp;antirobuste&nbsp;». <br />   <br />  Or, le modèle durable est celui qui donne de la latitude aux citoyens puisqu’ils sont tous potentiellement porteurs de talents. Contrarier ses talents par un environnement trop sélectif, expose à des retournements populaires potentiellement violents. <br />   <br />  Ce sont donc des progrès non durables qui explosent hors d’Europe. Ils ont néanmoins le mérite de la sortir de sa torpeur. <br />   <br />  La Chine montre avec gourmandise ses villes exubérantes, affiche fièrement ses ambitions spatiales et explique aux Occidentaux comment ses modes de pensées sont puissants. <br />   <br />  Avec la valse des droits de douane, le drame ukrainien, «&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Mage_du_Kremlin_(roman)">le mage du Kremlin</a>&nbsp;», ou encore l’affaire Epstein, l’Europe découvre combien elle s’est laissée fragiliser et qu’elle est dirigée par des personnalités peu préparées à poser un problème sans s’engouffrer dans des postures partisanes. <br />   <br />  L’Histoire nous montre que ce ne sont pas les institutions qui vont assurer le rebondissement, ce sont les générations montantes, avec l’aide de leurs aînés. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Avec quels moyens ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La Chine allonge des chiffres impressionnants quant aux moyens humains et financiers qu’elle consacre à ses innovations. <br />   <br />  Les USA comptent sur ses partenaires pour continuer à nourrir ses propres innovations. <br />   <br />  Pour l’Europe le renouveau devient une affaire de volonté collective. Cela a été doucement rappelé dans le discours du Premier ministre canadien <strong>Mark Carney</strong> à Davos, dans celui de <strong>Giovanni Malago, </strong>lors de l’ouverture des jeux Olympiques de Milan Cortina 2026 ou encore cette semaine à Berlin. Elle va le faire à sa manière. <br />  &nbsp; <br />  L’Europe puise sa singularité dans sa géographie en forme de mosaïque, contrairement aux USA et à la Chine qui bénéficient de grands espaces. Cela lui confère, l’obligation d’avoir une gouvernance fractale qui va du local vers le global. <br />   <br />  Elle a donc l’obligation de développer une économie elle-même fractale&nbsp;: <strong>basée sur l’économie circulaire</strong> et composée de <strong>maillages d’entreprises à taille humaine</strong>, adossées à un <strong>vivier de start-ups</strong>&nbsp;et piloté avec une stratégie industrielle et sociale qui met en <strong>synergie les intérêts locaux </strong>et la<strong> cohérence globale.</strong> <br />   <br />  Selon le proverbe africain&nbsp;: «&nbsp;Seul, on va plus vite, ensemble on va plus loin&nbsp;», notre problème&nbsp;est «&nbsp;faire ensemble&nbsp;», c’est-à-dire trouver un équilibre entre la concentration de talents et l’ensemencement des savoirs au sein de notre mosaïque. <br />   <br />  Nos challengers ont beaucoup innové et nous montrent les limites à ne pas dépasser. Il nous revient d’en tirer les enseignements pour nous diriger vers un <strong>modèle de société plus mature</strong> qui ne vise pas seulement le <strong>bien-être matériel</strong>, mais aussi la <strong>qualité du vivre ensemble</strong>. <br />   <br />  Un modèle qui ne vise pas la performance, mais la robustesse. Cela passe par un modèle qui équilibre la rente de la terre (économie agraire), la rente du capital (économie productive) et la rente du patrimoine humain (économie contributive). <br />   <br />  C’est autour de cette approche que nous nous nous réinventons. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Concrètement...</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La Chine veut vendre ses surplus aux Européens. Mais, nous n’allons pas lui acheter des grilles pains fabriqués dans ses «&nbsp;usines noires&nbsp;» (entièrement robotisées). Nous allons les fabriquer nous-mêmes avec nos propres robots et à partir de matériaux en partie recyclés. Ainsi, nous ramènerons à des proportions raisonnables la circulation des milliers de cargos sur nos mers et sur nos routes. <br />   <br />  Pour y parvenir, bien <strong>des progrès sociétaux</strong> sont à développer pour transférer les gains de ressources humaines obtenues dans les usines pour les <strong>redéployer dans l’économie agraire </strong>et<strong> l’économie contributive</strong>. <br />   <br />  Au niveau international, nous allons progressivement échanger des biens et des services exceptionnels ainsi que des ressources minières, énergétiques ou agricoles, dans le cadre d’<strong>une souveraineté basée sur les réciprocités réfléchies.</strong> <br />   <br />  Tant mieux pour les Chinois qui ont fait un bond en avant, comme nous l’avons fait durant les siècles précédents et comme nous allons le faire à présent si nous <strong>nous libérons des entraves</strong> que nous avons laissé prospérer sur notre sol. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de...</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/gbouche/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Geneviève Bouché</a>  est futurologue, conférencière et membre de La Fabrique du Futur. Ingénieure de formation, elle analyse depuis plus de vingt ans les transformations économiques, technologiques et sociétales. Auteure et entrepreneure, elle défend une vision humaniste de l’innovation et accompagne dirigeants et institutions dans la construction de modèles durables, résilients et centrés sur la valeur humaine. <br />  &nbsp;</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.veillemag.com/La-terre-tourne-la-prosperite-aussi--Tribune-Libre-de-Genevieve-Bouche_a7062.html</link>
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