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  <title>www.veillemag.com</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-08-10T22:34:22+02:00</dc:date>
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   <title>De Dallas à Davos : deux imaginaires du capitalisme et la recomposition du monde social</title>
   <pubDate>Fri, 23 Jan 2026 14:37:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entre l’Amérique spectaculaire de Dallas et le forum feutré de Davos, ce ne sont pas seulement deux lieux qui s’opposent, mais deux régimes symboliques du capitalisme contemporain. L’un repose sur la confrontation, l’affect et la mise en scène de la puissance individuelle. L’autre sur la coopération, la rationalisation et la légitimité institutionnelle. Leur affrontement révèle une mutation profonde des structures sociales et des représentations collectives.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/93850836-65523406.jpg?v=1769176424" alt="De Dallas à Davos : deux imaginaires du capitalisme et la recomposition du monde social" title="De Dallas à Davos : deux imaginaires du capitalisme et la recomposition du monde social" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Dallas, scène d’un capitalisme racoleur et agonistique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <p style="white-space: normal;"><span style="white-space: pre-wrap;">Dallas renvoie à un imaginaire où la réussite se mesure à la capacité d’imposer son récit. Ce capitalisme-là s’inscrit dans une logique agonistique : il valorise la compétition, la visibilité, la conquête. Il s’appuie sur une grammaire émotionnelle où la force, la loyauté et la défiance envers les élites constituent des repères identitaires. Dans cette configuration, l’économie n’est pas seulement un système de production, mais <strong>un théâtre où se jouent des rapports de domination symbolique.</strong></span> <br />    <p style="white-space: normal;"><span style="white-space: pre-wrap;">Ce modèle prospère dans des contextes de désaffiliation sociale, où les individus cherchent des récits simples pour donner sens à un monde perçu comme chaotique. Dallas devient alors un mythe moderne, celui d’une Amérique qui se raconte à travers des figures de réussite fulgurante, des trajectoires héroïques et des promesses de restauration. La politique y adopte les codes du divertissement, et le capitalisme se confond avec une dramaturgie permanente.</span> <br />  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Davos, espace d’un capitalisme institutionnel et réflexif</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <p style="white-space: normal;"><span style="white-space: pre-wrap;">À l’autre extrémité du spectre, Davos incarne un capitalisme qui se veut rationnel, globalisé, fondé sur la coopération entre élites transnationales. Le forum repose sur une logique de légitimation institutionnelle : on y parle de gouvernance, de risques systémiques, de transition écologique, de stabilité financière. Les acteurs qui s’y retrouvent partagent un langage commun, celui de la modération, de la prévisibilité et de la gestion des interdépendances.</span> <br />    <p style="white-space: normal;"><span style="white-space: pre-wrap;">Davos fonctionne comme un dispositif de reproduction sociale. Il renforce les réseaux d’influence, consolide les alliances entre États, entreprises et organisations internationales, et produit un discours qui vise à stabiliser l’ordre économique mondial. Ce capitalisme-là se veut réflexif, conscient de ses externalités, soucieux de son image. Il s’inscrit dans une temporalité longue, celle des trajectoires globales plutôt que des ruptures spectaculaires.</span> <br />  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Deux régimes de justification qui ne dialoguent plus ou dialoguent encore ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <p style="white-space: normal;"><span style="white-space: pre-wrap;">L’opposition entre Dallas et Davos ne relève pas seulement de la géographie ou de l’économie. Elle renvoie à deux régimes de justification, pour reprendre les termes de la sociologie pragmatique. Dallas mobilise un registre héroïque, fondé sur la volonté, la force et la capacité à rompre avec les normes établies. Davos s’appuie sur un registre civique et industriel, où la légitimité découle de l’expertise, de la coordination et de la rationalité.</span> <br />    <p style="white-space: normal;"><span style="white-space: pre-wrap;">Ce qui frappe aujourd’hui, c’est la rupture du dialogue entre ces deux univers. Pendant des décennies, ils coexistaient dans une forme d’équilibre instable : la mondialisation offrait des opportunités, et le capitalisme entrepreneurial américain en tirait profit. Mais la montée des inégalités, la fragmentation des identités collectives, les coups de boutoires de Donald Trump et la défiance envers les institutions ont fissuré cette articulation. <br />  Les deux imaginaires ne se reconnaissent plus, ne se répondent plus, ne se légitiment plus mutuellement mais font semblant devant les caméras du monde entier d'entretenir un dialogue "diplomatique".</span> <br />  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Deux régimes de justification qui cherchent à maintenir un équilibre fragile, mais nécessaire !</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L’opposition entre Dallas et Davos ne relève pas seulement de la géographie ou de l’économie. <br />   <br />  Elle renvoie à deux régimes de justification, pour reprendre les termes de la sociologie pragmatique. <br />  Dallas mobilise un registre héroïque, fondé sur la volonté, la force et la capacité à rompre avec les normes établies. <br />  Davos s’appuie sur un registre civique et industriel, où la légitimité découle de l’expertise, de la coordination et de la rationalité.&nbsp; <br />   <br />  Ce qui frappe aujourd’hui, c’est les tentatives désespérées de maintenir un dialogue entre ces deux univers. <br />  Pendant des décennies, ils coexistaient dans une forme d’équilibre instable : la mondialisation offrait des opportunités, et le capitalisme entrepreneurial américain en tirait profit. Mais la montée des inégalités, la fragmentation des identités collectives et la défiance envers les institutions ont fissuré cette articulation. <br />  Les deux imaginaires ne se reconnaissent plus, ne se répondent plus, ne se légitiment plus mutuellement, mais sont obligés au risque de fracture plus grave, de se rencontrer, de se parler... de s'entendre, bref de négocier&nbsp; !</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <link>https://www.veillemag.com/De-Dallas-a-Davos-deux-imaginaires-du-capitalisme-et-la-recomposition-du-monde-social_a6918.html</link>
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   <title>Groenland. L’Arctique sous tension : l’Europe face au chantage feutré de Washington.</title>
   <pubDate>Thu, 22 Jan 2026 12:04:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Davos révèle un basculement stratégique : Washington transforme un territoire arctique en instrument de pression pour tester la cohésion européenne, redessiner l’équilibre au sein de l’OTAN et affirmer son monopole sécuritaire dans le Nord. Le Groenland devient ainsi le prisme d’une rivalité où ressources, souveraineté et influence se mêlent, et où l’Europe doit enfin décider si elle subit ou si elle pèse.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/93829876-65511877.jpg?v=1769086700" alt="Groenland. L’Arctique sous tension : l’Europe face au chantage feutré de Washington." title="Groenland. L’Arctique sous tension : l’Europe face au chantage feutré de Washington." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Davos comme scène : quand la menace se déguise en négociation</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">À Davos, Donald Trump n'a pas simplement parlé du Groenland : il l'a transformé en test de discipline pour l'Europe et pour l'OTAN. Le message, au-delà de la mise en scène, est limpide: ouvrons immédiatement des négociations en vue d'une acquisition, nous n'emploierons pas la force, mais si vous dites non, nous nous en souviendrons. C'est la formule classique de la pression asymétrique : je te propose une issue "amicale", tout en te faisant comprendre que le prix du refus, tu le paieras ailleurs, par des droits de douane, par une coopération réduite, par une protection plus chère, par un isolement politique. <br />  &nbsp; <br />  Dans cette logique, l'Amérique se réserve le rôle de garant global et exige d'être payée d'avance. Le Groenland devient le symbole parfait : un territoire immense, stratégique, potentiellement riche en ressources, et politiquement rattaché à un pays européen. Si le Danemark cède, c'est un morceau de l'idée d'Europe qui cède. Si l'Europe cède, c'est sa prétention à peser sur l'ordre international qui s'effondre. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Scénarios économiques: ressources, tarifs et une économie américaine qui veut encaisser</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Trump a lié la question groenlandaise à un récit économique précis : les États-Unis seraient le moteur de la croissance mondiale et auraient le droit de rééquilibrer les comptes à l'aide d'instruments coercitifs "légaux", c'est-à-dire les droits de douane. Dans ce cadre, le Groenland n'est pas seulement une affaire géopolitique, c'est une affaire de chaîne d'approvisionnement, l'accès à des métaux critiques et à des matières premières indispensables à l'industrie, à la transition technologique et à la défense. L'ultimatum déguisé en négociation naît de là : qui contrôle les ressources contrôle les prix, et qui contrôle les prix influence les choix des autres. <br />  &nbsp; <br />  Le passage sur les tarifs est complémentaire:&nbsp; ce n'est pas un sujet séparé, c'est la matraque de la négociation. D'abord on t'angoisse avec une menace tarifaire, ensuite on te propose la suspension comme "récompense" si tu acceptes de t'asseoir à la table. C'est la diplomatie du péage, où la coopération n'est plus une valeur mais un service payant. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Évaluation stratégique et militaire : l'Arctique comme avant-poste. Le parapluie se resserre</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La phrase centrale est celle de la sécurité mondiale. Seuls les États-Unis, en contrôlant le Groenland, garantiraient la sécurité. Traduction : la posture militaire dans le Nord Atlantique et dans l'Arctique n'est plus une responsabilité partagée, mais un monopole que Washington entend renforcer. Le Gronland est un point d'observation et de projection, une plateforme qui croise routes, communications, trajectoires potentielles, et surtout la nouvelle géographie de la compétition arctique. <br />  &nbsp; <br />  Dans ce contexte, la demande française d'un exercice de l'OTAN au Groenland ressemble à une réponse de drapeau : montrer sa présence pour ne pas paraître insignifiant. Mais le problème est là : si la mise en scène reste américaine, l'exercice risque de devenir un accessoire de la négociation, pas une démonstration de souveraineté européenne. Et lorsque le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, invite à "ne pas se concentrer sur le Groenland" parce que le vrai sujet serait l'Ukraine, il réaffirme de fait la hiérarchie : l'Europe doit gérer le front qui coûte, tandis que l'Amérique se réserve la partie qui rapporte.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Géopolitique: Danemark, OTAN, Ukraine, et la ligne rouge que personne ne veut voir...</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Donald Trump alterne déférence de façade et chantage explicite : respect pour le Danemark et le Groenland, mais si vous refusez, nous nous en souviendrons. C'est une pression directe sur un allié, rendue possible par des années de dépendance politique et militaire. Le passage sur l'Ukraine complète le tableau. La guerre doit être "clôturée", Moscou et Kiev "veulent un accord", et pourtant l'essentiel de la charge revient à l'Europe et à l'OTAN. Le message est double : vous assumerez la gestion de la crise qui épuise les ressources, pendant que nous fixons les paramètres d'une négociation qui renforce notre avantage stratégique. <br />  &nbsp; <br />  La référence à des rencontres bilatérales avec des dirigeants européens s'inscrit dans une méthode éprouvée : diviser pour négocier. Une Europe qui répond en ordre dispersé perd même quand elle croit avoir sauvé la face. Parce que chaque concession "nationale" devient un précédent contre l'intérêt commun.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Géoéconomie: l'Europe comme marché et comme terrain de compensation</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Derrière la rhétorique du "moteur économique" se cache une idée très concrète. L'Amérique entend rentabiliser son rôle global en transformant alliés et partenaires en clients. Le problème n'est pas seulement le Groenland. C'est la méthode. Si l'on accepte qu'une question de souveraineté européenne soit mise sur la table au langage de la gratitude ou de la représaille, alors tout devient négociable : énergie, défense, technologies, règles commerciales. <br />  &nbsp; <br />  Le Groenland est, en outre, le prototype d'un dossier du futur : ressources rares, position stratégique, investissements à forte intensité de capital, et concurrence où le civil et le militaire s'entremêlent. Dans un tel scénario, celui qui n'a ni politique industrielle propre ni capacité de dissuasion finit par céder des morceaux de son espace économique en échange d'une "protection".</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le point politique : soit l'Europe devient adulte, soit elle devient une note en bas de page</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La vraie question n'est pas de savoir si Trump bluffe ou s'il utiliserait réellement la force. La question est qu'il dit ouvertement ce qui, pendant des années, est resté implicite : la fidélité atlantique n'est pas un pacte entre égaux, c'est une relation où le plus fort décide du calendrier, des thèmes et du prix. Aujourd'hui le thème est le Groenland, demain ce peut être n'importe quel autre intérêt européen. <br />  &nbsp; <br />  Si l'Europe répond par une indignation par à-coups puis retourne à la routine, elle aura confirmé la pire image : un continent riche mais hésitant, qui confond tranquillité et stratégie, dépendance et stabilité. <br />   <br />  <strong>Le Groenland, paradoxalement, n'est pas un morceau de glace : c'est un miroir. Et dans ce miroir on voit si l'Europe a encore une âme politique, ou seulement un marché à défendre avec des mots.</strong> <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de l'auteur</b></div>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   </description>
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   <link>https://www.veillemag.com/Groenland-L-Arctique-sous-tension -l-Europe-face-au-chantage-feutre-de-Washington_a6911.html</link>
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   <title>Groenland. L’Arctique sous tension : l’Europe face au chantage feutré de Washington.</title>
   <pubDate>Thu, 22 Jan 2026 12:04:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
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   <![CDATA[
   Davos révèle un basculement stratégique : Washington transforme un territoire arctique en instrument de pression pour tester la cohésion européenne, redessiner l’équilibre au sein de l’OTAN et affirmer son monopole sécuritaire dans le Nord. Le Groenland devient ainsi le prisme d’une rivalité où ressources, souveraineté et influence se mêlent, et où l’Europe doit enfin décider si elle subit ou si elle pèse.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/93886465-65536959.jpg?v=1769086700" alt="Groenland. L’Arctique sous tension : l’Europe face au chantage feutré de Washington." title="Groenland. L’Arctique sous tension : l’Europe face au chantage feutré de Washington." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Davos comme scène : quand la menace se déguise en négociation</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">À Davos, Donald Trump n'a pas simplement parlé du Groenland : il l'a transformé en test de discipline pour l'Europe et pour l'OTAN. Le message, au-delà de la mise en scène, est limpide: ouvrons immédiatement des négociations en vue d'une acquisition, nous n'emploierons pas la force, mais si vous dites non, nous nous en souviendrons. C'est la formule classique de la pression asymétrique : je te propose une issue "amicale", tout en te faisant comprendre que le prix du refus, tu le paieras ailleurs, par des droits de douane, par une coopération réduite, par une protection plus chère, par un isolement politique. <br />  &nbsp; <br />  Dans cette logique, l'Amérique se réserve le rôle de garant global et exige d'être payée d'avance. Le Groenland devient le symbole parfait : un territoire immense, stratégique, potentiellement riche en ressources, et politiquement rattaché à un pays européen. Si le Danemark cède, c'est un morceau de l'idée d'Europe qui cède. Si l'Europe cède, c'est sa prétention à peser sur l'ordre international qui s'effondre. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Scénarios économiques: ressources, tarifs et une économie américaine qui veut encaisser</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Trump a lié la question groenlandaise à un récit économique précis : les États-Unis seraient le moteur de la croissance mondiale et auraient le droit de rééquilibrer les comptes à l'aide d'instruments coercitifs "légaux", c'est-à-dire les droits de douane. Dans ce cadre, le Groenland n'est pas seulement une affaire géopolitique, c'est une affaire de chaîne d'approvisionnement, l'accès à des métaux critiques et à des matières premières indispensables à l'industrie, à la transition technologique et à la défense. L'ultimatum déguisé en négociation naît de là : qui contrôle les ressources contrôle les prix, et qui contrôle les prix influence les choix des autres. <br />  &nbsp; <br />  Le passage sur les tarifs est complémentaire:&nbsp; ce n'est pas un sujet séparé, c'est la matraque de la négociation. D'abord on t'angoisse avec une menace tarifaire, ensuite on te propose la suspension comme "récompense" si tu acceptes de t'asseoir à la table. C'est la diplomatie du péage, où la coopération n'est plus une valeur mais un service payant. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Évaluation stratégique et militaire : l'Arctique comme avant-poste. Le parapluie se resserre</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La phrase centrale est celle de la sécurité mondiale. Seuls les États-Unis, en contrôlant le Groenland, garantiraient la sécurité. Traduction : la posture militaire dans le Nord Atlantique et dans l'Arctique n'est plus une responsabilité partagée, mais un monopole que Washington entend renforcer. Le Gronland est un point d'observation et de projection, une plateforme qui croise routes, communications, trajectoires potentielles, et surtout la nouvelle géographie de la compétition arctique. <br />  &nbsp; <br />  Dans ce contexte, la demande française d'un exercice de l'OTAN au Groenland ressemble à une réponse de drapeau : montrer sa présence pour ne pas paraître insignifiant. Mais le problème est là : si la mise en scène reste américaine, l'exercice risque de devenir un accessoire de la négociation, pas une démonstration de souveraineté européenne. Et lorsque le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, invite à "ne pas se concentrer sur le Groenland" parce que le vrai sujet serait l'Ukraine, il réaffirme de fait la hiérarchie : l'Europe doit gérer le front qui coûte, tandis que l'Amérique se réserve la partie qui rapporte.</div>  
     </div>
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     <div><b>Géopolitique: Danemark, OTAN, Ukraine, et la ligne rouge que personne ne veut voir...</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Donald Trump alterne déférence de façade et chantage explicite : respect pour le Danemark et le Groenland, mais si vous refusez, nous nous en souviendrons. C'est une pression directe sur un allié, rendue possible par des années de dépendance politique et militaire. Le passage sur l'Ukraine complète le tableau. La guerre doit être "clôturée", Moscou et Kiev "veulent un accord", et pourtant l'essentiel de la charge revient à l'Europe et à l'OTAN. Le message est double : vous assumerez la gestion de la crise qui épuise les ressources, pendant que nous fixons les paramètres d'une négociation qui renforce notre avantage stratégique. <br />  &nbsp; <br />  La référence à des rencontres bilatérales avec des dirigeants européens s'inscrit dans une méthode éprouvée : diviser pour négocier. Une Europe qui répond en ordre dispersé perd même quand elle croit avoir sauvé la face. Parce que chaque concession "nationale" devient un précédent contre l'intérêt commun.</div>  
     </div>
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     <div><b>Géoéconomie: l'Europe comme marché et comme terrain de compensation</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Derrière la rhétorique du "moteur économique" se cache une idée très concrète. L'Amérique entend rentabiliser son rôle global en transformant alliés et partenaires en clients. Le problème n'est pas seulement le Groenland. C'est la méthode. Si l'on accepte qu'une question de souveraineté européenne soit mise sur la table au langage de la gratitude ou de la représaille, alors tout devient négociable : énergie, défense, technologies, règles commerciales. <br />  &nbsp; <br />  Le Groenland est, en outre, le prototype d'un dossier du futur : ressources rares, position stratégique, investissements à forte intensité de capital, et concurrence où le civil et le militaire s'entremêlent. Dans un tel scénario, celui qui n'a ni politique industrielle propre ni capacité de dissuasion finit par céder des morceaux de son espace économique en échange d'une "protection".</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le point politique : soit l'Europe devient adulte, soit elle devient une note en bas de page</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">La vraie question n'est pas de savoir si Trump bluffe ou s'il utiliserait réellement la force. La question est qu'il dit ouvertement ce qui, pendant des années, est resté implicite : la fidélité atlantique n'est pas un pacte entre égaux, c'est une relation où le plus fort décide du calendrier, des thèmes et du prix. Aujourd'hui le thème est le Groenland, demain ce peut être n'importe quel autre intérêt européen. <br />  &nbsp; <br />  Si l'Europe répond par une indignation par à-coups puis retourne à la routine, elle aura confirmé la pire image : un continent riche mais hésitant, qui confond tranquillité et stratégie, dépendance et stabilité. <br />   <br />  <strong>Le Groenland, paradoxalement, n'est pas un morceau de glace : c'est un miroir. Et dans ce miroir on voit si l'Europe a encore une âme politique, ou seulement un marché à défendre avec des mots.</strong> <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
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     <div><b>A propos de l'auteur</b></div>
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      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
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     <br style="clear:both;"/>
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