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  <title>www.veillemag.com</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-05-13T13:40:39+02:00</dc:date>
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   <title>Le gaz libanais dans le viseur de la nouvelle frontière israélienne.</title>
   <pubDate>Mon, 27 Apr 2026 15:22:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Au‑delà des affrontements terrestres, la crise entre Israël et le Liban s’étend désormais aux eaux profondes de la Méditerranée. Le gisement gazier de Qana, symbole d’espoir économique pour Beyrouth, devient un levier stratégique dans un rapport de force où frontières, sécurité et souveraineté se redessinent.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/96277627-67153614.jpg?v=1777296101" alt="Le gaz libanais dans le viseur de la nouvelle frontière israélienne." title="Le gaz libanais dans le viseur de la nouvelle frontière israélienne." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une ligne tracée sur la mer</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La nouvelle crise entre Israël et le Liban ne se joue pas seulement sur les hauteurs, dans les villages du Sud ou le long du fleuve Litani. Elle se joue aussi plus au large, sous les fonds de la Méditerranée orientale, là où le gaz naturel transforme chaque ligne de frontière en question de souveraineté, de dissuasion et de puissance économique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La carte diffusée par l'armée israélienne, avec l'extension de la ligne jaune de la terre ferme aux eaux liées au gisement de Qana, a provoqué à Beyrouth une inquiétude compréhensible. Non pas parce qu'Israël pourrait, dès demain matin, installer des plateformes et commencer à extraire du gaz libanais. Cela serait techniquement, politiquement et juridiquement très difficile. Mais parce que cette carte semble vouloir introduire un principe nouveau : la sécurité israélienne ne s'arrêterait plus à la frontière terrestre, mais comprendrait une bande opérationnelle continue, de la Syrie à la Méditerranée, capable de conditionner aussi les ressources énergétiques libanaises.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">C'est ici que la question militaire devient immédiatement géopolitique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Qana n'est pas seulement un gisement</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le gisement de Qana, dans le bloc 9, est bien plus qu'une promesse énergétique. Pour le Liban, il représente l'une des rares possibilités de sortir, au moins à terme, de la longue agonie économique qui a emporté les banques, la monnaie, l'épargne, les infrastructures et la crédibilité de l'État. Un pays appauvri, divisé et paralysé regarde le gaz au large de ses côtes comme une rente future, mais aussi comme un symbole de souveraineté résiduelle.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Israël le sait. Il sait aussi qu'au Proche-Orient les ressources naturelles ne sont jamais seulement des ressources. Elles sont des instruments de négociation, des leviers de pression, des garanties d'alliance et, parfois, des objectifs de guerre.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'accord de 2022 sur la délimitation maritime, négocié sous médiation américaine, avait précisément cette fonction : geler un différend potentiellement explosif et permettre au Liban de revendiquer le droit de développer le gisement de Qana, tandis qu'Israël consolidait ses propres intérêts énergétiques en Méditerranée orientale. Ce n'était ni une paix, ni une normalisation, ni une réconciliation. C'était un compromis technique et politique entre deux pays officiellement ennemis.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Aujourd'hui, cette architecture fragile risque de se fissurer.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La limite du contrôle militaire</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Sur le plan strictement militaire, Israël peut certainement exercer une pression. Il peut projeter des forces, imposer des zones interdites, frapper des infrastructures, surveiller le trafic maritime et créer une situation d'insécurité telle qu'elle décourage les compagnies internationales et les investisseurs. Mais contrôler militairement une zone ne signifie pas automatiquement la transformer en richesse.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Un gisement en mer n'est pas une colline à occuper ni un village à tenir. Il exige des plateformes, des navires spécialisés, des contrats, des assurances, des technologies, du personnel international, des autorisations et des débouchés commerciaux. Aucune grande compagnie énergétique ne prendrait facilement le risque d'opérer dans une zone contestée, sous menace militaire, sans couverture juridique et diplomatique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">De ce point de vue, la puissance israélienne peut bloquer, perturber, retarder. Mais elle peut difficilement se substituer au droit, à la finance et à l'industrie énergétique mondiale. Le vrai pouvoir, dans cette phase, ne consiste pas à prendre le gaz libanais, mais à rendre difficile son exploitation par le Liban.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La partie économique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Pour Beyrouth, le dommage potentiel est immense. Le Liban n'a pas aujourd'hui la solidité financière nécessaire pour supporter des années d'incertitude. Chaque mois de guerre ou de tension réduit l'appétit des investisseurs, augmente le risque politique, affaiblit la position de négociation du gouvernement et rend plus coûteux tout projet énergétique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La présence de TotalEnergies, de QatarEnergy et de l'italienne Eni dans les blocs libanais constitue une garantie partielle. Partielle, parce qu'aucune compagnie ne peut travailler sérieusement si le cadre militaire reste instable. Mais garantie tout de même importante, parce qu'elle insère le Liban dans un réseau d'intérêts français, qataris et italiens. Autrement dit, il ne s'agit plus seulement de Beyrouth face à Tel-Aviv. Autour du gaz libanais gravitent des capitaux européens, des ambitions du Golfe, des équilibres énergétiques méditerranéens et la médiation américaine.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Pour Israël, la pression sur le dossier énergétique peut devenir une carte de négociation. Pas nécessairement pour s'approprier directement les ressources, mais pour imposer des conditions politiques et sécuritaires plus favorables : recul du Hezbollah, redéfinition de la zone de sécurité, contrôle des mouvements le long de la frontière, garanties sur le Sud-Liban.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Hezbollah et la dissuasion</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La variable la plus dangereuse demeure le Hezbollah. Toute perception d'une attaque israélienne contre les ressources stratégiques libanaises pourrait offrir au mouvement chiite un puissant argument politique et militaire : défendre non seulement le territoire, mais aussi l'avenir économique du pays.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">C'est le nœud qui rend la crise particulièrement instable. Israël peut considérer la bande de sécurité comme une nécessité défensive. Le Hezbollah peut la présenter comme une occupation déguisée. Le gouvernement libanais peut la dénoncer comme une violation de la souveraineté. Les États-Unis peuvent tenter de la contenir dans le périmètre de la diplomatie. Mais il suffit d'une erreur de calcul pour que la dimension énergétique devienne un détonateur militaire.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La Méditerranée orientale, déjà traversée par les rivalités entre Israël, Liban, Chypre, Turquie, Grèce, Égypte et puissances extérieures, n'a pas besoin d'un nouveau front. Et pourtant, le gaz lui-même, qui aurait pu favoriser coopération et stabilisation, risque de devenir un terrain supplémentaire d'affrontement.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La géoéconomie de la pression</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto"><strong>La question centrale n'est donc pas de savoir si Israël peut « prendre » le gaz libanais. La question plus réaliste est de savoir s'il peut utiliser la pression militaire pour redessiner les rapports de force avant que ce gaz ne devienne économiquement exploitable.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">En ce sens, la ligne jaune a une valeur moins juridique que politique. Elle n'efface pas l'accord de 2022, ne remplace pas la ligne 23, n'attribue pas à Israël de nouveaux droits reconnus. Mais elle produit un fait : elle signale la volonté israélienne de fusionner sécurité terrestre et sécurité maritime dans une même profondeur stratégique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Pour le Liban, répondre uniquement par le droit ne suffit pas. Répondre uniquement par la dissuasion militaire serait désastreux. Il faut une combinaison de pression diplomatique, de recours aux Nations unies, de mobilisation des États-Unis comme garants de l'accord et de valorisation de la présence des compagnies internationales.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Le paradoxe est évident : un État faible comme le Liban ne peut défendre son gaz qu'en internationalisant la question. Plus le dossier reste bilatéral, plus Israël pèse. Plus il devient européen, américain et régional, plus Beyrouth récupère des marges de manœuvre.</strong></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une frontière fragile entre trêve et guerre</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La prolongation du cessez-le-feu annoncée par Washington ne résout rien. Elle ne fait que geler le risque immédiat. Les frappes israéliennes, les tirs de roquettes du Hezbollah et la guerre plus vaste qui implique l'Iran, les États-Unis et Israël restent en arrière-plan comme un incendie non éteint.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Le gaz de Qana est donc le symbole parfait du Liban contemporain : une richesse possible, mais prisonnière de la guerre ; un espoir économique, mais suspendu entre milices, puissances étrangères et faiblesse de l'État ; une promesse de souveraineté, mais exposée à la pression du voisin le plus fort.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Israël pourra difficilement s'approprier légalement les ressources au large des côtes libanaises. Mais il peut tenter de les transformer en otage stratégique. Et pour Beyrouth, c'est déjà une menace suffisante. Car en Méditerranée orientale, aujourd'hui, le véritable contrôle ne consiste pas toujours à posséder une ressource. Souvent, il suffit d'empêcher l'autre de l'utiliser.</div>    <div>&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/giuseppe-gagliano-60785235/?originalSubdomain=it" target="_blank"><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span></a>  a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis). Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/christian-harbulot-a56b2912/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Christian Harbulot</a>, (EGE). <br />  Il collabore avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">Iassp de Milan</a>. <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.arabnews.com/node/2641182/middle-east" target="_blank">https://www.arabnews.com/node/2641182/middle-east</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.arabnews.jp/en/middle-east/article_168920/" target="_blank">https://www.arabnews.jp/en/middle-east/article_168920/</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.reuters.com/world/middle-east/israeli-military-publishes-map-south-lebanon-territory-under-its-control-2026-04-19/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/middle-east/israeli-military-publishes-map-south-lebanon-territory-under-its-control-2026-04-19/</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.reuters.com/world/middle-east/israel-entrenches-hold-south-lebanon-warns-residents-stay-out-2026-04-20/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/middle-east/israel-entrenches-hold-south-lebanon-warns-residents-stay-out-2026-04-20/</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.reuters.com/world/middle-east/israel-will-face-resistance-if-troops-stay-in-lebanon-speaker-berri-says-2026-04-21/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/middle-east/israel-will-face-resistance-if-troops-stay-in-lebanon-speaker-berri-says-2026-04-21/</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://english.news.cn/20260419/c623ea4547cd4a27af4f66504e274c4a/c.html" target="_blank">https://english.news.cn/20260419/c623ea4547cd4a27af4f66504e274c4a/c.html</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.almodon.com/economy/2026/03/15/israeli-minister-calls-lebanon-maritime-deal-surrender" target="_blank">https://www.almodon.com/economy/2026/03/15/israeli-minister-calls-lebanon-maritime-deal-surrender</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.newarab.com/news/lebanons-gas-under-threat-israel-may-scrap-maritime-border" target="_blank">https://www.newarab.com/news/lebanons-gas-under-threat-israel-may-scrap-maritime-border</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.jns.org/israel-news/gas-pact-with-lebanon-ought-to-be-nullified-israeli-minister-says" target="_blank">https://www.jns.org/israel-news/gas-pact-with-lebanon-ought-to-be-nullified-israeli-minister-says</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.jpost.com/middle-east/article-893604" target="_blank">https://www.jpost.com/middle-east/article-893604</a> </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <br />  #IsraelLebanon #EasternMediterranean #EnergyGeopolitics #OffshoreGas #QanaField #MaritimeSecurity #MiddleEastPolitics #RegionalTensions #EnergyStrategy #Geoeconomics
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.veillemag.com/Le-gaz-libanais-dans-le-viseur-de-la-nouvelle-frontiere-israelienne_a7475.html</link>
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   <title>Liban, la guerre au-delà de la frontière. Tribune libre Giuseppe Gagliano, Cestudec</title>
   <pubDate>Tue, 14 Apr 2026 10:30:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Giuseppe Gagliano</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Au-delà des bombardements et des discours sur la sécurité, une autre bataille se joue au Liban : celle du contrôle du territoire, de l’eau, des ressources, et de l’équilibre régional. Une guerre qui vise autant à détruire qu’à empêcher l’autre de se reconstruire.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/96001489-66976077.jpg?v=1776012480" alt="Liban, la guerre au-delà de la frontière. Tribune libre Giuseppe Gagliano, Cestudec" title="Liban, la guerre au-delà de la frontière. Tribune libre Giuseppe Gagliano, Cestudec" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: center;"><span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Pas seulement la sécurité : ce qui est réellement en jeu</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L'idée selon laquelle Israël ne regarderait le Liban que comme une menace militaire est incomplète. <br />   <br />  C'est l'aspect le plus visible, mais ce n'est pas le seul. Le point central reste le Hezbollah : sa présence armée dans le sud du pays, sa capacité balistique, sa fonction d'avant-poste iranien sur la Méditerranée, sa possibilité de frapper le nord d'Israël et de maintenir un front permanent. La résolution 1701 du Conseil de sécurité demandait déjà en 2006 la cessation des attaques du Hezbollah et l'existence d'une zone au sud du Liban dépourvue d'armes non autorisées. Depuis lors, pourtant, ce cadre n'a jamais été véritablement stabilisé. Pour Israël, le Liban est donc avant tout l'espace où se décide si le front nord restera une blessure ouverte ou s'il deviendra une bande de confinement stratégique.&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La motivation immédiate : briser le Hezbollah</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Si l'on observe la logique militaire, l'explication la plus forte d'une invasion ou d'une destruction systématique du sud du Liban est simple : éloigner le Hezbollah de la frontière, détruire tunnels, dépôts, rampes de lancement, réseaux de commandement et infrastructures territoriales, puis créer une zone de sécurité profonde au moins jusqu'au Litani. <br />   <br />  Les analyses stratégiques américaines les plus sérieuses insistent sur ce point : après le 7 octobre, l'idée s'est imposée en Israël qu'aucune dissuasion à distance ne suffisait plus et que la frontière devait être matériellement vidée de ses menaces. Ce n'est pas un hasard si les chroniques les plus récentes parlent ouvertement de villages rasés et de projets israéliens destinés à empêcher le retour des habitants tant que le nord d'Israël ne sera pas considéré comme sûr. Ici, la guerre n'est pas seulement offensive : elle relève aussi d'une ingénierie du territoire.&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La véritable cible régionale est l'Iran</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Pour Israël, le Liban n'est pas seulement le Liban. Il est le terminal le plus dangereux de la projection iranienne au Levant. Le Hezbollah n'est pas simplement un acteur local : il est le levier par lequel Téhéran maintient une pression sur Israël, compense sa distance géographique et construit une dissuasion indirecte. Frapper le Liban signifie donc, en réalité, frapper l'architecture régionale iranienne. <br />   <br />  Dans cette perspective, la destruction d'infrastructures civiles, de réseaux de transport, de quartiers, de villages et d'appareils logistiques ne sert pas seulement à gagner une bataille, mais à rendre plus difficile pour l'Iran la reconstruction de son corridor d'influence. C'est une logique de guerre systémique : on ne combat pas seulement une force armée, on décompose l'environnement qui la rend possible.&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le gaz : un facteur réel, mais pas encore décisif</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Sur le gaz, il faut être très clair. Le Liban possède un potentiel énergétique en mer, mais ne dispose pas aujourd'hui de grandes découvertes commerciales avérées et développées comparables à celles d'Israël ou de l'Égypte. L'Agence américaine d'information sur l'énergie a écrit en 2025 que le Liban et la Jordanie n'avaient pas signalé récemment de découvertes maritimes significatives en Méditerranée orientale. Cela signifie que le gaz existe comme possibilité géologique et stratégique, non encore comme richesse immédiatement exploitable et contrôlable. Il serait donc erroné d'affirmer qu'Israël envahirait le Liban pour lui voler son gaz. <br />   <br />  Mais il serait tout aussi naïf de penser que la dimension énergétique ne compte pas du tout. Elle compte, mais d'une autre manière : un Liban, militairement fragmenté et politiquement dépendant ne peut pas transformer ce potentiel en autonomie économique et en poids régional. Israël, à l'inverse, conserve ainsi l'avantage d'être le pôle énergétique le plus solide du Levant oriental.&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'eau : plus importante que le gaz à long terme</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Sur l'eau, le raisonnement est encore plus intéressant. Le Liban, à la différence de nombreux pays voisins, n'est pas naturellement pauvre en eau. La Banque mondiale le décrit comme un paradoxe : le pays est relativement riche en ressources hydriques, mais souffre dans la pratique d'une pénurie causée par des infrastructures inadéquates, une mauvaise gestion, des pertes de réseau et une capacité de stockage insuffisante. En d'autres termes, le Liban possède une richesse stratégique qu'il ne parvient pas à organiser. <br />   <br />  Pour Israël, qui vit dans une obsession constante de l'eau et du territoire, le contrôle des hauteurs, des bassins, des zones frontalières et des équilibres hydriques demeure une composante structurelle de la sécurité nationale. Même si l'eau n'est pas la raison immédiate d'une guerre, elle est une ressource qui pèse dans le temps long : qui domine un territoire marqué par l'instabilité peut aussi influer sur l'accès à ses ressources.&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> La géoéconomie de la destruction</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">C'est ici qu'apparaît le véritable point géoéconomique. Une puissance ne détruit pas toujours pour annexer. Souvent, elle détruit pour empêcher l'autre de devenir autonome, compétitif, organisé. Un Liban dévasté, vidé de ses habitants dans les zones frontalières, dépendant de l'aide extérieure, incapable d'exploiter sa façade maritime, ses réseaux et ses ressources, est un Liban qui ne pèse pas. Il devient un espace tampon, non un acteur. <br />   <br />  Voilà la forme contemporaine de la guerre géoéconomique : je ne te prends pas nécessairement ce que tu possèdes, mais je fais en sorte que tu ne puisses pas l'utiliser. Dans cette logique, la dévastation du Liban ne produit pas seulement un résultat militaire, mais un effet économique structurel : elle abaisse la valeur politique du voisin et gèle son avenir. Les destructions récentes de villages entiers dans le sud montrent que cette logique n'appartient pas seulement aux laboratoires stratégiques : elle est déjà une pratique sur le terrain.&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'enjeu de politique intérieure israélienne</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Il existe ensuite une raison souvent sous-estimée : la politique intérieure israélienne. Une guerre contre le Hezbollah peut servir à reconstruire la dissuasion, à resserrer un système politique fracturé, à rassurer l'opinion publique du nord d'Israël et à différer des règlements de comptes internes. Les guerres ne sont pas menées uniquement pour modifier les frontières de la sécurité, mais aussi pour redéfinir les rapports de force à l'intérieur de ceux qui les conduisent. Lorsque le pouvoir politique est sous pression, la frontière extérieure devient souvent le lieu où l'on cherche une solution à la crise interne. <br />   <br />  Ce n'est pas la cause unique, mais c'est une composante récurrente des escalades. Les récentes ouvertures à des contacts directs entre Israël et le Liban, accompagnées pourtant d'attaques continues et de la centralité persistante de la question du Hezbollah, montrent précisément ce double mouvement : la diplomatie comme couverture, la pression militaire comme substance.&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le sens stratégique final</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Oui, il est donc possible qu'Israël regarde aussi vers le gaz et l'eau. Mais non comme des objectifs simples, immédiats, presque prédateurs au sens le plus banal du terme. Il les regarde à l'intérieur d'une stratégie plus large. D'abord vient la destruction de la capacité militaire du Hezbollah. Ensuite vient l'affaiblissement du corridor iranien. Puis apparaît l'avantage géopolitique d'avoir au nord non pas un État fonctionnel, mais un espace fragile, pénétrable, dépendant. Dans ce schéma, les ressources naturelles comptent parce qu'elles renforcent la valeur du territoire et le sens du contrôle. <br />   <br />  Au fond, la vraie question n'est pas de savoir si Israël veut prendre le Liban. La vraie question est de savoir s'il veut empêcher que le Liban, avec ses ressources, sa position et ses liens régionaux, puisse jamais devenir un voisin souverain, stable et capable de se soustraire à l'équilibre imposé par la force.&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div dir="auto"><a class="link" href="https://unsco.unmissions.org/sites/default/files/s_res_17012006.pdf" target="_blank">https://unsco.unmissions.org/sites/default/files/s_res_17012006.pdf</a>  <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.csis.org/analysis/coming-conflict-hezbollah" target="_blank">https://www.csis.org/analysis/coming-conflict-hezbollah</a>  <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.eia.gov/international/content/analysis/regions_of_interest/Eastern_Mediterranean/pdf/eastern-mediterranean.pdf" target="_blank">https://www.eia.gov/international/content/analysis/regions_of_interest/Eastern_Mediterranean/pdf/eastern-mediterranean.pdf</a>  <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://documents1.worldbank.org/curated/en/099110724144024430/pdf/P504170-a0db9916-bbaa-480c-bad7-9f352100dd8b.pdf" target="_blank">https://documents1.worldbank.org/curated/en/099110724144024430/pdf/P504170-a0db9916-bbaa-480c-bad7-9f352100dd8b.pdf</a>  <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.theguardian.com/world/2026/apr/12/how-israeli-offensive-destroyed-entire-villages-in-lebanon" target="_blank">https://www.theguardian.com/world/2026/apr/12/how-israeli-offensive-destroyed-entire-villages-in-lebanon</a>  <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://apnews.com/article/7760f88f183ed2a13a721057e31f3ce7" target="_blank">https://apnews.com/article/7760f88f183ed2a13a721057e31f3ce7</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/giuseppe-gagliano-60785235/?originalSubdomain=it" target="_blank"><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span></a>  a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis). Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/christian-harbulot-a56b2912/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Christian Harbulot</a>, (EGE). <br />  Il collabore avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">Iassp de Milan</a>.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/96001489-66976077.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.veillemag.com/Liban-la-guerre-au-dela-de-la-frontiere-Tribune-libre-Giuseppe-Gagliano-Cestudec_a7375.html</link>
  </item>

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