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  <title>www.veillemag.com</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></description>
  <link>https://www.veillemag.com/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-08-24T07:20:11+02:00</dc:date>
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   <title>Libye : le nécessaire double jeu de la Turquie</title>
   <pubDate>Sat, 15 Aug 2026 16:43:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Giuseppe Gagliano, Cestudec</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La visite de Hakan Fidan en Libye révèle une Turquie qui ne se contente plus de soutenir Tripoli : elle cherche désormais à s’imposer des deux côtés du pays, mêlant diplomatie, renseignement, intérêts énergétiques et bataille maritime en Méditerranée pour sécuriser son influence régionale.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97699123-68018846.jpg?v=1786807759" alt="Libye : le nécessaire double jeu de la Turquie" title="Libye : le nécessaire double jeu de la Turquie" />
     </div>
     <div>
      <!--cke_bookmark_523S--><!--cke_bookmark_523E-->
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Fidan, le diplomate venu du renseignement</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Lorsque <a class="link" href="https://www.mfa.gov.tr/minister-of-fa-info.en.mfa" target="_blank">Hakan Fidan</a>  arrive à Tripoli avant de poursuivre vers Benghazi, il effectue plus qu' une visite diplomatique. Pendant treize ans, il a dirigé l’Organisation nationale du renseignement turc, suivant de l’intérieur les guerres, les négociations secrètes et les alliances mouvantes qui ont restructuré la Méditerranée. Aujourd’hui ministre des Affaires étrangères, il demeure le point de rencontre entre la diplomatie, les services de sécurité, les forces armées et les intérêts économiques de la Turquie.&nbsp; <br />   <br />  La Libye est l’un des pays où cette superposition apparaît le plus clairement. Ankara a militairement sauvé le gouvernement de Tripoli face à l’offensive lancée par <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khalifa_Haftar" target="_blank">Khalifa Haftar</a>  entre 2019 et 2020. Pourtant, Fidan rencontre désormais Haftar lui-même, son fils Saddam, le président de la Chambre des représentants Aguila Saleh et Belqasim Haftar, responsable du fonds chargé de la reconstruction.&nbsp; <br />   <br />  Le message est simple : la Turquie ne veut plus être uniquement la protectrice de la Libye occidentale. Elle entend devenir une puissance acceptée également en Cyrénaïque.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Des armes à la médiation</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Cette opération est rendue urgente par la nouvelle initiative américaine. Washington cherche à réunifier les deux administrations libyennes grâce à un partage du pouvoir : <a class="link" href="https://www.lechodusud.com/qui-est-abdel-hamid-dbeibah/" target="_blank">Abdelhamid Dbeibah</a>, ou une personnalité de son entourage, conserverait la direction du gouvernement, tandis que <a class="link" href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/08/21/libye-le-marechal-haftar-organise-sa-succession-en-nommant-ses-fils-a-des-postes-cle_6633127_3212.html" target="_blank">Saddam Haftar</a>  prendrait la tête d’un nouveau conseil présidentiel ou exécutif.&nbsp; <br />   <br />  C’est une solution typiquement libyenne : elle ne supprime pas les centres de pouvoir, mais tente de les installer autour d’une même table. L’adoption d’un cadre budgétaire national commun pour 2026 constitue un premier pas, mais les attentats de Zawiya et de Benghazi montrent à quel point l’édifice demeure fragile.&nbsp; <br />   <br />  La raffinerie de Zawiya a été frappée à plusieurs reprises par des appareils sans pilote, tandis qu’une voiture piégée a tué un haut responsable du renseignement militaire des forces de Haftar. Personne n’a revendiqué ces attaques. En Libye, toutefois, l’absence de signature ne signifie pas l’absence de message. Frapper une raffinerie revient à menacer l’approvisionnement énergétique de la partie occidentale ; éliminer un officier du renseignement signifie intervenir directement dans les équilibres de la partie orientale.&nbsp; <br />   <br />  Fidan connaît ce langage. Son passé lui permet de dialoguer simultanément avec les gouvernements, les généraux, les responsables de la sécurité et les commandants locaux. Il ne propose pas seulement des déclarations diplomatiques : il peut mettre sur la table la formation militaire, le renseignement, la protection des infrastructures et la coopération en matière de défense.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les bases turques et le nouvel équilibre militaire</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La Turquie maintient en Libye une présence estimée à environ trois mille personnes, comprenant militaires, conseillers et personnels de sécurité. La base aérienne d’Al-Watiya assure la surveillance, la défense et la capacité d’intervention. Misrata représente le principal point d’appui naval et logistique. Le centre de coordination de Mitiga permet de former les forces locales et de surveiller les équilibres armés dans la capitale.&nbsp; <br />   <br />  Sur le plan militaire, Ankara dispose donc d’un dispositif cohérent. Elle n’a pas besoin d’occuper le territoire : il lui suffit de contrôler les points décisifs, de soutenir les forces alliées et de conserver une capacité de réaction supérieure à celle des groupes armés locaux.&nbsp; <br />   <br />  Cette présence reste cependant liée aux accords conclus avec Tripoli. Si les États-Unis réussissaient à établir une nouvelle architecture nationale, le camp oriental pourrait demander leur révision. Fidan s’est rendu à Benghazi précisément pour empêcher cette éventualité. <strong>La Turquie veut que sa présence ne soit plus reconnue par une seule faction, mais par le futur État libyen réunifié.</strong></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le véritable objectif se trouve en Méditerranée</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Derrière la pacification libyenne se déroule une partie beaucoup plus vaste. L’accord maritime signé en 2019 entre Ankara et Tripoli permet à la Turquie de revendiquer une zone de juridiction en Méditerranée orientale et de s’opposer aux prétentions grecques.&nbsp; <br />   <br />  Tant que cet accord dépend uniquement du gouvernement occidental, il reste politiquement vulnérable. Son éventuelle approbation par la Chambre des représentants de Tobrouk le transformerait en une entente acceptée par les deux parties du pays. Ce serait une victoire stratégique pour Ankara et une défaite pour Athènes.&nbsp; <br />   <br />  La Libye ne représente donc pas seulement du pétrole. Elle constitue le pont par lequel la Turquie cherche à projeter son influence de la Méditerranée orientale vers la Méditerranée centrale, en pesant sur les routes énergétiques, les frontières maritimes et les échanges commerciaux entre l’Europe et l’Afrique.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Pétrole, chantiers et milliards</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La dimension économique est tout aussi importante. La Turquie importe plus de 70 % de l’énergie qu’elle consomme et considère les hydrocarbures libyens comme un moyen de réduire sa vulnérabilité. La compagnie pétrolière publique turque a déjà conclu un accord portant sur des études géologiques et géophysiques dans quatre zones maritimes libyennes.&nbsp; <br />   <br />  Il y a ensuite la reconstruction. Avant 2011, les entreprises turques avaient réalisé en Libye des travaux représentant plusieurs dizaines de milliards de dollars. Au total, elles ont conduit 633 projets pour une valeur d’environ 31 milliards de dollars. Aujourd’hui, plus de quarante projets, dépassant 2,3 milliards de dollars, sont en cours, tandis que les échanges commerciaux ont atteint 3,5 milliards de dollars en 2025.&nbsp; <br />   <br />  Ce n’est pas un hasard si Fidan a également rencontré Belqasim Haftar, l’homme qui contrôle le fonds pour la reconstruction. Ankara propose des capitaux, des entreprises et des infrastructures en échange d’une sécurité politique, d’un accès aux ressources énergétiques et de la reconnaissance des accords maritimes.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un allié des États-Unis, mais pas un subordonné</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><span style="white-space:nowrap">La&nbsp;Turquie&nbsp;soutient&nbsp;la&nbsp;tentative&nbsp;américaine&nbsp;de&nbsp;réunification,&nbsp;mais.&nbsp;</span>elle n’entend pas laisser à Washington la direction exclusive du processus. Elle peut coopérer avec les États-Unis, à condition que le nouvel équilibre ne favorise pas excessivement la Russie, l’Égypte ou les Émirats arabes unis et qu’il ne remette pas en cause les positions conquises par Ankara.&nbsp; <br />   <br />  La visite de Fidan marque ainsi le passage d’une politique fondée sur le soutien à un camp à une stratégie de pénétration de l’ensemble du système libyen. Hier, la Turquie combattait Haftar ; aujourd’hui, elle négocie avec sa famille. Non parce qu’elle aurait oublié la guerre, mais parce qu’elle estime en avoir déjà obtenu le résultat essentiel : être devenue indispensable.&nbsp; <br />   <br />  <strong>La réunification de la Libye reste incertaine.</strong> Ankara se prépare néanmoins à gagner dans les deux scénarios. Si le pays reste divisé, elle conservera son contrôle stratégique sur l’Ouest. S’il est réunifié, elle tentera d’intégrer la nouvelle structure nationale grâce aux accords conclus avec l’Est. Fidan est l’homme choisi pour accomplir cette transformation, car il connaît aussi bien la diplomatie visible que celle qui n’apparaît jamais dans les communiqués officiels.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote><span style="white-space:nowrap"><a class="link" href="https://www.mfa.gov.tr/minister-of-fa-info.en.mfa" target="_blank">https://www.mfa.gov.tr/minister-of-fa-info.en.mfa</a>  </span> <br />   <br />  <span style="white-space:nowrap"><a class="link" href="https://www.mfa.gov.tr/sayin-bakanimizin-libya-yi-ziyareti--11-12-agustos-2026.en.mfa" target="_blank">https://www.mfa.gov.tr/sayin-bakanimizin-libya-yi-ziyareti--11-12-agustos-2026.en.mfa</a>  </span> <br />   <br />  <span style="white-space:nowrap"><a class="link" href="https://digitallibrary.un.org/record/3905159/files/S_2021_229-EN.pdf" target="_blank">https://digitallibrary.un.org/record/3905159/files/S_2021_229-EN.pdf</a>  </span> <br />   <br />  <span style="white-space:nowrap"><a class="link" href="https://www.mfa.gov.tr/sc_-73_-yunanistan-ve-misir-aciklamalari-hk-sc.en.mfa" target="_blank">https://www.mfa.gov.tr/sc_-73_-yunanistan-ve-misir-aciklamalari-hk-sc.en.mfa</a>  </span> <br />  &nbsp;</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div><a rel="https://www.veillemag.com/photo/art/grande/88954236-62959841.jpg?v=1748523774&amp;ibox" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question."><img alt="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/88954236-62959841.jpg?v=1748523774" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." /></a></div>    <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <blockquote>Giuseppe Gagliano&nbsp;a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <br />  #Libya_geopolitics, #Turkey_strategy, #Hakan_Fidan, #Mediterranean_power, #AI_ready_content, #MiddleEast_dynamics, #Energy_routes, #Security_influence, #Regional_realpolitik, #Geoeconomic_shift
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Israël et la Grèce resserrent les rangs : la Méditerranée orientale devient un échiquier face à Ankara</title>
   <pubDate>Fri, 10 Jul 2026 11:20:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Giuseppe Gagliano, Cestudec</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La reprise des exercices aériens entre Israël et la Grèce s’inscrit dans une architecture stratégique désormais structurée autour des États-Unis, où sécurité, énergie et infrastructures critiques convergent. En Méditerranée orientale, cet axe émergent redéfinit les équilibres régionaux et encadre les tensions maritimes persistantes, tandis que la Turquie demeure l’acteur incontournable de toute configuration durable de stabilité.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97297842-67779808.jpg?v=1783676622" alt="Israël et la Grèce resserrent les rangs : la Méditerranée orientale devient un échiquier face à Ankara" title="Israël et la Grèce resserrent les rangs : la Méditerranée orientale devient un échiquier face à Ankara" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Ce n'est pas seulement un exercice aérien</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le retour des avions israéliens dans le ciel grec n'est ni un détail technique ni une simple reprise d'entraînement entre pays amis. C'est un signal. Les forces aériennes d'Israël et de la Grèce ont repris leurs exercices conjoints après une pause liée à la guerre de Gaza ; selon les informations disponibles, des avions ravitailleurs israéliens ont ravitaillé en vol des chasseurs F-16 grecs au-dessus de l'Égée et dans la zone de la Méditerranée orientale. Israël a présenté cette activité comme un entraînement ordinaire, mené dans une zone autorisée au sud de la Crète, en dehors des espaces de friction directe avec la Turquie ou avec l'Alliance atlantique. Mais en géopolitique, les coïncidences comptent peu : lorsqu'un exercice militaire a lieu à ce moment-là, dans cette mer-là et avec ces acteurs-là, le message est évident.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La Grèce ne possède pas sa propre flotte d'avions ravitailleurs. Cela signifie que la coopération avec Israël lui offre une capacité opérationnelle précieuse : allonger le rayon d'action de ses chasseurs, s'entraîner à des missions plus complexes, rendre crédible une projection militaire au-delà du périmètre immédiat de l'Égée. Ce n'est pas négligeable dans une région où la distance entre exercice et dissuasion peut être très faible. Pour Athènes, voler avec Israël signifie montrer à Ankara que le front grec n'est plus isolé ; pour Israël, cela signifie consolider une profondeur stratégique en Méditerranée, au moment même où les relations avec la Turquie restent marquées par la méfiance, la rivalité et l'hostilité politique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La bataille de l'énergie</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto"><strong>Derrière les avions, il y a le gaz. Derrière le gaz, il y a les routes. Derrière les routes, il y a les États-Unis.</strong> <br />   <br />  Le 11 juin 2026, Washington, Chypre, la Grèce, Israël et l'université Rice ont signé à Houston la déclaration instituant le Centre énergétique de la Méditerranée orientale. Le Département américain de l'Énergie le présente comme un cadre destiné à renforcer la coopération sur le gaz naturel, les infrastructures critiques, les réseaux énergétiques, la recherche technologique et la croissance économique régionale. Autrement dit : les États-Unis veulent institutionnaliser un axe énergétique et stratégique réunissant Israël, la Grèce et Chypre sous garantie américaine.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La nouveauté n'est pas le projet pris isolément, mais la fusion entre énergie et sécurité. La Méditerranée orientale n'est plus seulement un bassin de réserves, de câbles, de ports et de terminaux. C'est une plateforme politico-militaire. Les hydrocarbures au large des côtes israéliennes et chypriotes, les liaisons électriques sous-marines, les corridors entre l'Inde, le Moyen-Orient et l'Europe, ainsi que les alternatives aux goulets d'étranglement maritimes du golfe Persique composent désormais une architecture unique. Après les tensions dans le détroit d'Ormuz et en mer Rouge, l'Europe cherche des voies moins vulnérables ; Washington cherche à les orienter ; Israël cherche à ne pas rester enfermé dans son propre encerclement régional ; la Grèce cherche à transformer sa géographie en rente stratégique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le facteur turc</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La Turquie est le convive invisible de cette affaire. Ankara voit grandir autour d'elle un réseau associant la Grèce, Chypre, Israël et les États-Unis. Un réseau qui parle d'énergie, mais produit des effets militaires ; qui parle de stabilité, mais délimite des espaces d'influence ; qui parle de coopération, mais réduit la marge de manœuvre turque en Méditerranée orientale.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Ce n'est pas un hasard si le débat turc sur la loi relative aux zones maritimes est redevenu central. Le projet, inspiré par la doctrine de la « Patrie bleue », vise à consolider dans le droit interne les revendications maritimes turques sur la mer territoriale, le plateau continental et la zone économique exclusive. Selon plusieurs analyses, la proposition permettrait aussi de formaliser une zone économique exclusive jusqu'à 200 milles nautiques depuis les côtes turques, avec d'inévitables chevauchements par rapport aux revendications grecques et chypriotes.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le point central est là : Ankara ne veut pas être exclue de la nouvelle géographie de l'énergie. La Turquie n'accepte pas que la Grèce et Chypre, soutenues par Israël et les États-Unis, définissent de fait les règles de la Méditerranée orientale. Athènes, de son côté, ne veut plus vivre la pression turque comme une affaire strictement bilatérale. Elle l'inscrit dans un système d'alliances plus large. Ainsi, le contentieux gréco-turc, qui porte depuis des décennies sur les frontières maritimes, l'espace aérien, les îles, le plateau continental et Chypre, entre dans une nouvelle phase : moins diplomatique, plus structurelle.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> L'évaluation militaire</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Sur le plan militaire, l'exercice sert trois objectifs. Premièrement : améliorer l'autonomie opérationnelle grecque grâce au ravitaillement en vol. Deuxièmement : habituer les deux forces aériennes à agir ensemble dans des scénarios réalistes. Troisièmement : envoyer un message de dissuasion à la Turquie sans le transformer en provocation ouverte.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Israël possède une expérience opérationnelle, une technologie avancée, une capacité de guerre aérienne et des systèmes de commandement mûris par des décennies de conflits. La Grèce offre une profondeur géographique, des bases, une connaissance de l'Égée et une position charnière entre l'Europe, le Levant et l'Afrique du Nord. La combinaison de ces deux facteurs produit une coopération utile aux deux parties. Pour Athènes, c'est un multiplicateur de puissance. Pour Tel-Aviv, c'est une forme d'assurance stratégique dans une Méditerranée de moins en moins secondaire.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La conséquence est claire : la supériorité turque n'est pas annulée, mais elle devient plus difficile à exploiter. Ankara reste une grande puissance régionale, dispose de forces armées importantes, d'une industrie militaire en expansion et d'une position géographique irremplaçable. Toutefois, plus l'axe gréco-israélien se consolide, plus la Turquie doit calculer le risque de se trouver non pas face à un adversaire isolé, mais face à un réseau.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le scénario économique et géoéconomique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La dimension économique est tout aussi décisive. <br />   <br />  La Méditerranée orientale est devenue un marché de la sécurité : sécurité des routes, sécurité des câbles, sécurité des terminaux, sécurité des gisements, sécurité des approvisionnements. Cela signifie contrats, investissements, industrie militaire, infrastructures énergétiques, assurances maritimes, chantiers, ports, réseaux électriques et gaz naturel liquéfié.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Pour la Grèce, tout cela représente une possible sortie de la marginalité économique des années de crise.</strong> Athènes peut se présenter comme un pont entre le Moyen-Orient et l'Europe, comme une arrière-base logistique du corridor vers l'Inde, comme un point d'arrivée pour l'énergie et les données. Pour Israël, l'axe avec la Grèce et Chypre sert à transformer une vulnérabilité géopolitique en capacité de connexion. Pour les États-Unis, l'avantage est double : contenir l'autonomie turque sans rompre formellement avec Ankara et renforcer leur emprise sur les infrastructures énergétiques européennes.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La Turquie, toutefois, ne restera pas immobile. Elle peut utiliser sa position entre la mer Noire, la Méditerranée, le Caucase et le Moyen-Orient comme levier de négociation. Elle peut se rapprocher ou s'éloigner de Moscou, dialoguer avec Washington, conditionner l'Alliance atlantique, exercer une pression sur Chypre et revendiquer des droits maritimes plus étendus. C'est une puissance trop grande pour être ignorée et trop autonome pour être facilement disciplinée.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La Méditerranée comme nouveau front long</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La reprise des vols conjoints entre Israël et la Grèce n'annonce donc pas nécessairement une guerre. Elle annonce quelque chose de plus subtil : la formation d'un équilibre armé. En Méditerranée orientale, l'énergie, la guerre, le commerce et la diplomatie avancent désormais ensemble. Chaque exercice aérien parle aussi de gaz. Chaque gazoduc parle aussi de bases. Chaque corridor commercial parle aussi d'alliances.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La Turquie voit dans cet axe une ceinture de containment. La Grèce, Chypre et Israël le présentent comme une coopération défensive et stabilisatrice. Les États-Unis y voient un instrument d'ordre régional. Mais l'histoire enseigne que les ordres régionaux ne sont jamais neutres : ils incluent certains acteurs et en excluent d'autres.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Le véritable nœud est là. Si la Méditerranée orientale devient une carte dessinée contre Ankara, Ankara réagira. Si elle devient au contraire un espace négocié, la tension pourra être gérée. Pour l'instant, cependant, le ciel au-dessus de l'Égée dit que la confiance est faible et que la dissuasion prend la place de la diplomatie.</strong></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div>&nbsp;</div>    <div><a class="link" href="https://www.israelhayom.com/2026/07/06/israeli-air-force-drill-with-greece-sends-signal-in-turkeys-backyard/" target="_blank">https://www.israelhayom.com/2026/07/06/israeli-air-force-drill-with-greece-sends-signal-in-turkeys-backyard/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.timesofisrael.com/greece-israel-and-cyprus-to-step-up-joint-exercises-in-eastern-mediterranean/" target="_blank">https://www.timesofisrael.com/greece-israel-and-cyprus-to-step-up-joint-exercises-in-eastern-mediterranean/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/business/aerospace-defense/greece-israel-cyprus-step-up-joint-exercises-eastern-mediterranean-2025-12-29/" target="_blank">https://www.reuters.com/business/aerospace-defense/greece-israel-cyprus-step-up-joint-exercises-eastern-mediterranean-2025-12-29/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.energy.gov/articles/united-states-cyprus-greece-israel-and-rice-university-establish-eastern-mediterranean" target="_blank">https://www.energy.gov/articles/united-states-cyprus-greece-israel-and-rice-university-establish-eastern-mediterranean</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://news.rice.edu/news/2026/rices-baker-institute-launches-eastern-mediterranean-energy-center-us-department-energy" target="_blank">https://news.rice.edu/news/2026/rices-baker-institute-launches-eastern-mediterranean-energy-center-us-department-energy</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://cyprus-mail.com/2026/06/12/cyprus-greece-israel-and-us-launch-eastern-mediterranean-energy-centre" target="_blank">https://cyprus-mail.com/2026/06/12/cyprus-greece-israel-and-us-launch-eastern-mediterranean-energy-centre</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.globalpanorama.org/en/2026/06/turkiyes-move-in-the-law-of-the-sea-the-blue-homeland-law-kenan-sahin/" target="_blank">https://www.globalpanorama.org/en/2026/06/turkiyes-move-in-the-law-of-the-sea-the-blue-homeland-law-kenan-sahin/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://nordicmonitor.com/2026/06/turkey-shelves-blue-homeland-bill-before-nato-summit-but-erdogan-will-keep-it-as-election-card/" target="_blank">https://nordicmonitor.com/2026/06/turkey-shelves-blue-homeland-bill-before-nato-summit-but-erdogan-will-keep-it-as-election-card/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.euractiv.com/news/eu-faces-turkey-test-over-maritime-territory-grab/" target="_blank">https://www.euractiv.com/news/eu-faces-turkey-test-over-maritime-territory-grab/</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <div><a rel="https://www.veillemag.com/photo/art/grande/88954236-62959841.jpg?v=1748523774&amp;ibox" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question."><img alt="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/88954236-62959841.jpg?v=1748523774" title="Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question." /></a></div>    <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <div>  <blockquote>Giuseppe Gagliano&nbsp;a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <br />  #EasternMediterranean, #GreeceIsrael, #GeopoliticalStrategy, #USRegionalInfluence, #TurkeyMaritimePolicy, #EnergySecurity, #MilitaryCooperation, #AegeanTensions, #StrategicAlliances, #MediterraneanSecurity
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.veillemag.com/Israel-et-la-Grece-resserrent-les-rangs-la-Mediterranee-orientale-devient-un-echiquier-face-a-Ankara_a7884.html</link>
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