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  <title>www.veillemag.com</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></description>
  <link>https://www.veillemag.com/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-08-10T22:29:09+02:00</dc:date>
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   <title>Guerre économique : trente ans de déni, trente ans de preuves</title>
   <pubDate>Sun, 25 Jan 2026 11:34:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Souveraineté]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Depuis les années 1990, Christian Harbulot décrit méthodiquement les mécanismes de la guerre économique. Loin d’être une découverte récente, cette conflictualité s’est simplement rendue plus visible, plus assumée et plus brutale. Relire ces analyses permet de comprendre que le changement n’est pas dans la nature des rapports de force, mais dans leur exposition publique et dans l’incapacité croissante de l’Europe à s’y soustraire.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/93882756-65534719.jpg?v=1769338848" alt="Guerre économique : trente ans de déni, trente ans de preuves" title="Guerre économique : trente ans de déni, trente ans de preuves" />
     </div>
     <div>
      <blockquote><span style="font-kerning: none">Cette chronologie propose un rappel rétrospectif,&nbsp; fondé sur une sélection de citations tirées des ouvrages de <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/christian-harbulot-a56b2912/" target="_blank">Christian Harbulot</a>, afin de montrer que le diagnostic des mécanismes structurants de la guerre économique est ancien, étayé et formulé de manière méthodique dès le début des années 1990. La perception actuelle de ces dynamiques ne relève donc pas d'une rupture inédite, mais d'un déplacement du seuil d'acceptabilité : elles sont aujourd'hui plus assumées, plus explicitement nommées, plus directement revendiquées et plus brutalement mises en œuvre. <br />  Autrement dit, ce qui change tient moins à la nature des rapports de force qu'à leur visibilité, à leur exposition publique, à leur normalisation et à leur intensification opérationnelle. Dans ce contexte, la lecture rétrospective proposée ici vise à détacher l'analyse de l'actualité immédiate, à prendre du recul, à restituer des continuités, à rappeler des invariants et à stabiliser des repères conceptuels. <br />  Il devient dès lors de plus en plus difficile de faire comme si ces logiques n'existaient pas, puisqu'elles s'imposent simultanément dans les discours, dans les pratiques, dans les normes et dans les effets.</span></blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une conflictualité ancienne, longtemps sous-estimée</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Dès 1991, Christian Harbulot alerte sur une France désarmée face à une concurrence mondiale devenue totale. La disparition d’entreprises ne relève pas d’une fatalité, mais d’un manque de préparation stratégique. La compétition oppose désormais les grandes puissances économiques et fragilise mécaniquement les nations les plus faibles. Dans un environnement en mutation permanente, le retard se paie comptant et l’illusion du temps long devient un luxe. <br />   <br />  À la fin des années 1990, l’analyse se déplace vers la logique d’empire. Une puissance dominante évite de se battre durablement sur deux fronts : si l’Asie devient l’enjeu principal, l’Europe apparaît comme le front vulnérable, celui que l’on affaiblit pour mieux affronter l’autre. Derrière l’affichage du partenariat transatlantique se dessine déjà l’idée d’un allié docile, structurellement moins préparé à la conflictualité géoéconomique.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’ambiguïté stratégique comme nouvelle norme</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Au début des années 2000, Christian Harbulot montre qu’une nation qui revendique le droit de dominer au nom de ses intérêts modifie les règles du jeu entre alliés et adversaires. Les frontières se brouillent, la coopération devient conditionnelle, l’ambiguïté stratégique s’installe. On peut agir ensemble sur un théâtre et s’affronter sur un autre, par des moyens économiques, juridiques ou technologiques. Les plaques géoéconomiques se déplacent, annonçant les chocs à venir.  <p style="white-space: normal;"><span style="white-space: pre-wrap;">En 2014, l’idée se cristallise : l’allié est aussi un adversaire. La solidarité stratégique et la compétition industrielle cessent d’être contradictoires. Un partenaire peut soutenir une opération militaire tout en cherchant à affaiblir des entreprises alliées dans un secteur clé. La guerre économique devient un mode normal de puissance, plus discret que la force armée, mais souvent plus efficace car il agit sur les règles, les dépendances et le temps long.</span> <br />  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une prise de conscience tardive et incomplète</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <p style="white-space: normal;"><span style="white-space: pre-wrap;">Les enquêtes menées en 2021‑2022 montrent que les diplômés spécialisés placent les États-Unis au premier rang des puissances perçues comme attaquant les intérêts économiques français. Ce n’est pas un jugement juridique, mais un indicateur de climat. Les services de sécurité progressent dans l’identification des menaces, mais l’autorité politique hésite encore à assumer une posture offensive, c’est‑à‑dire à accroître la puissance par l’économie.</span> <br />    <p style="white-space: normal;"><span style="white-space: pre-wrap;">Le diagnostic débouche sur une lecture sévère de l’Europe : affaiblie par son histoire, fragmentée par ses divisions internes, dépendante militairement des États-Unis et économiquement de la Chine. Elle conserve des atouts — poids économique, puissance de marché, excédent commercial — mais pour combien de temps si la conflictualité s’intensifie et si les règles du jeu deviennent plus coercitives  ?</span> <br />    <div style="white-space: normal;">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de l'auteur</b></div>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Le Nobel, monnaie d’échange d’un nouveau troc politique ! Mauvais signe.</title>
   <pubDate>Fri, 16 Jan 2026 12:24:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le prix Nobel de la paix n’a jamais été un objet neutre, mais il semble aujourd’hui franchir un seuil inédit. À force d’être brandi, revendiqué, instrumentalisé, il glisse du registre moral vers celui de la transaction symbolique. L’épisode qui a vu Maria Corina Machado remettre sa médaille à Donald Trump en est une démonstration presque brutale. Non pas un simple geste de courtoisie, mais un acte qui révèle la manière dont les acteurs politiques tentent désormais de convertir le prestige en influence, la reconnaissance en capital, la paix en argument stratégique ce qui n'honore ni celle qui y renonce, ni celui qui l'accapare. Et tout cela, sans que l'on sache ce que Maria Corina Machado a obtenu en échange de cet acte d'allégeance.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/93726487-65459312.jpg?v=1768565086" alt="Le Nobel, monnaie d’échange d’un nouveau troc politique ! Mauvais signe." title="Le Nobel, monnaie d’échange d’un nouveau troc politique ! Mauvais signe." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un geste dont on se serait bien passé !</b></div>
     <div>
      <p style="white-space: normal; margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">Lorsque Trump écrit sur Truth Social : « Maria m'a remis son prix Nobel de la paix pour le travail que j'ai accompli. Quel magnifique geste de respect mutuel. Merci Maria ! », il ne se contente pas de relayer une scène. Il s’approprie un symbole. Il transforme une médaille en validation, une rencontre en caution morale. Et il le fait d’autant plus volontiers qu’il convoite ouvertement cette distinction, qu’il présente comme la preuve ultime de son rôle sur la scène internationale.</span> <br />    <p style="white-space: normal; margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">De son côté, </span>Maria Corina Machado<span style="white-space: pre-wrap;"> sortait d’un entretien à la Maison Blanche sans avoir obtenu le soutien qu’elle espérait pour peser davantage dans la recomposition politique du Venezuela. Ce contexte donne à son geste une dimension presque tactique. En offrant sa médaille, elle ne renoncerait pas à son combat : elle tente de déplacer les lignes, de créer une dette symbolique, de forcer l’attention. <br />  Le Nobel devient alors un levier, un outil de négociation, un message adressé autant à Washington, à Caracas qu'au monde entier. <br />   <br />  Et tout cela, sans que l'on sache ce que Maria Corina Machado a obtenu en échange de cet acte d'allégeance.</span> <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Ouverture des Soldes ! </b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Ce troc évident révèle une fragilisation du sens même du prix. <br />   <br />  La médaille n’est plus seulement la trace d’un engagement pour la paix, mais un objet que l’on mobilise pour exister dans un rapport de force. Le prestige se retrouve mis en circulation, comme si la valeur morale pouvait être transférée, offerte, réassignée. Ce glissement interroge : que reste‑t‑il de la portée universelle du Nobel lorsque son usage devient un acte politique parmi d’autres, soumis aux stratégies individuelles et aux ambitions nationales les plus violentes et méprisantes du Droit International.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une époque où les symboles s’usent plus vite que les conflits</b></div>
     <div>
      <p style="white-space: normal; margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">L’affaire Machado–Trump n’est pas un accident isolé. Elle s’inscrit dans un moment où les symboles s’érodent à grande vitesse, où les distinctions autrefois intouchables deviennent des objets de communication, où la paix elle-même se retrouve instrumentalisée dans des récits concurrents. Le Nobel, censé incarner une forme d’autorité morale, se retrouve pris dans un jeu où chaque geste est calculé, chaque image scénarisée, chaque mot calibré pour produire un effet politique.</span> <br />    <p style="white-space: normal; margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">Ce qui frappe, au fond, c’est moins le geste lui-même que ce qu’il dit de notre époque. Une époque où les conflits se multiplient, où les alliances se recomposent, où les acteurs cherchent désespérément des marqueurs de légitimité. Une époque où même les symboles les plus sacrés peuvent devenir des monnaies d’échange. </span> <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Maria Corina Machado : une figure centrale de l’opposition vénézuélienne</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div><a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mar%C3%ADa_Corina_Machado" target="_blank"><strong style="white-space: normal;">Maria Corina Machado</strong></a>, née en 1967 à Caracas, est une figure majeure de l’opposition vénézuélienne. Ingénieure de formation, elle se fait connaître en cofondant l’ONG électorale Súmate au début des années 2000, ce qui la place rapidement dans la ligne de mire du pouvoir chaviste. <br />  Élue députée en 2010, elle est destituée quatre ans plus tard après avoir soutenu les manifestations antigouvernementales. <br />  Interdite de candidature par le régime, elle reste l’une des voix les plus déterminées contre Nicolás Maduro et a remporté la primaire de l’opposition en 2023, malgré les obstacles politiques qui l’empêchent de se présenter à la présidentielle.</div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>-&nbsp;<strong style="white-space: normal;">Le Monde</strong> – <em style="white-space: normal;">Maria Corina Machado a « offert » à Donald Trump sa médaille du Nobel de la paix</em> <br />  <span aria-label="https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/16/maria-corina-machado-a-offert-a-donald-trump-sa-medaille-du-nobel-de-la-paix_6662448_3210.html, vous serez amené(e) à www.lemonde.fr" data-url="https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/16/maria-corina-machado-a-offert-a-donald-trump-sa-medaille-du-nobel-de-la-paix_6662448_3210.html" role="button" style="white-space: normal;" tabindex="0">https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/16/maria-corina-machado-a-offert-a-donald-trump-sa-medaille-du-nobel-de-la-paix_6662448_3210.html <br />   <br />  -&nbsp;</span><strong style="white-space: normal;">L’Indépendant</strong> (avec mention Reuters) – <em style="white-space: normal;">Venezuela : Donald Trump a "reçu" le prix Nobel de la paix des mains de Maria Corina Machado</em> <br />  <span aria-label="https://www.lindependant.fr/2026/01/16/venezuela-donald-trump-a-recu-le-prix-nobel-de-la-paix-des-mains-de-maria-corina-machado-qui-lui-offre-sa-medaille-13165415.php, vous serez amené(e) à www.lindependant.fr" data-url="https://www.lindependant.fr/2026/01/16/venezuela-donald-trump-a-recu-le-prix-nobel-de-la-paix-des-mains-de-maria-corina-machado-qui-lui-offre-sa-medaille-13165415.php" role="button" style="white-space: normal;" tabindex="0">https://www.lindependant.fr/2026/01/16/venezuela-donald-trump-a-recu-le-prix-nobel-de-la-paix-des-mains-de-maria-corina-machado-qui-lui-offre-sa-medaille-13165415.php <br />   <br />  -&nbsp;</span><strong style="white-space: normal;">Radio‑Canada</strong> – <em style="white-space: normal;">Machado dit avoir « offert » à Trump la médaille de son prix Nobel de la paix</em> <br />  <span aria-label="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2221147/donald-trump-prix-nobel-paix-maria-corina-machado, vous serez amené(e) à ici.radio-canada.ca" data-url="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2221147/donald-trump-prix-nobel-paix-maria-corina-machado" role="button" style="white-space: normal;" tabindex="0">https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2221147/donald-trump-prix-nobel-paix-maria-corina-machado</span></blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>La tyrannie douce de la transparence : comment Washington a mis la planète audit sous surveillance.</title>
   <pubDate>Mon, 26 May 2025 10:41:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[STRATEGIES]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans le théâtre globalisé de la guerre économique, les États-Unis ne sont pas simplement une superpuissance militaire ou technologique : ils sont devenus les architectes d’un empire normatif, utilisant leur droit comme levier d’influence et d’espionnage stratégique. À l’heure où les données comptables et les audits deviennent des mines d’or informationnelles, Washington s’arroge le droit de perquisition intellectuelle sur les comptes de toutes les entreprises opérant dans le giron de ses intérêts, avec la complicité passive – voire volontaire – de ses alliés occidentaux.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/88786577-62830770.jpg?v=1747916369" alt="La tyrannie douce de la transparence : comment Washington a mis la planète audit sous surveillance." title="La tyrannie douce de la transparence : comment Washington a mis la planète audit sous surveillance." />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: center;"><strong>Cette mécanique de domination, longtemps invisible, éclate aujourd’hui dans toute sa brutalité à travers <br />  l’extraordinaire extension de la loi <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Sarbanes-Oxley">Sarbanes-Oxley</a>  et du <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Public_Company_Accounting_Oversight_Board">PCAOB</a>.</strong> <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quand la loi devient une arme : la colonisation juridique américaine</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Tout commence avec un scandale typiquement américain : Enron. Cette multinationale, icône de la réussite entrepreneuriale texane, s’effondre en 2001 dans un fracas de tricheries comptables et de sociétés écrans. Le séisme est tel qu’il emporte avec lui Arthur Andersen, un des cabinets d’audit les plus respectés de la planète. En réponse, le Congrès adopte en 2002 la loi Sarbanes-Oxley (SOX), supposée restaurer la confiance des investisseurs. Derrière la façade vertueuse de la transparence, se cache en réalité une infrastructure normative destinée à étendre l’emprise des États-Unis sur les systèmes comptables mondiaux. <br />  &nbsp; <br />  Au cœur de ce dispositif, le PCAOB (Public Company Accounting Oversight Board), bras armé de la <a class="link" href="https://www.sec.gov/newsroom/press-releases/2024-100" target="_blank">SEC</a>, se donne pour mission de régenter tous les cabinets d’audit, y compris ceux situés à l’étranger, dans un pur geste d’impérialisme juridique. <br />  L’argument ? Toute société ayant une filiale ou des titres négociés sur le sol américain est soumise à cette surveillance. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La France, comme de nombreux pays européens, a fini par accepter</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">En 2013, le Haut Conseil du commissariat aux comptes (H3C) signe deux conventions avec le PCAOB. L'une concerne les échanges d’informations, l’autre autorise des inspections conjointes sur le territoire français. Une rupture juridique manifeste avec les principes énoncés dans le droit français, notamment l’article 1er de la loi de 1968 dite « de blocage », qui interdit la communication de données stratégiques à des puissances étrangères sans autorisation préalable. <br />  &nbsp; <br />  À l’époque, des voix courageuses au sein de l’État – comme Olivier Buquen, Claude Revel ou Floran Vadillo – tirent la sonnette d’alarme. Ils dénoncent une brèche ouverte dans la souveraineté économique française, pointant le risque de captation de secrets industriels au profit de l’administration américaine. Mais le gouvernement, paralysé par le complexe d’infériorité transatlantique, sacrifie l’intérêt national sur l’autel de la coopération politique. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les grandes oreilles de l’audit : quand l’intelligence économique change de camp</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Depuis la signature des accords, plusieurs géants de l’audit français (EY, KPMG, PwC, Mazars) ont été inspectés par le PCAOB. Ce dernier peut désormais réclamer l’intégralité des documents ayant servi à établir les audits – une porte grande ouverte sur les entrailles financières de dizaines d’entreprises françaises. Mieux encore (ou pire) : selon les termes mêmes de la convention, ces informations peuvent être transmises à un large spectre d’autorités américaines, du procureur général à la SEC, en passant par des agences de régulation fédérales. <br />  &nbsp; <br />  L’ensemble s’inscrit dans une architecture juridique conçue pour siphonner les données sensibles à l’abri du secret judiciaire américain : le Patriot Act, le FISA, ou encore la section 314 (a) du département du Trésor permettent de partager les informations reçues par des entités publiques, comme le PCAOB, avec les services de renseignement. On assiste ainsi à la transformation silencieuse d’une autorité de régulation en vecteur d’intelligence économique au service de l’Amérique. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Bruxelles complice, malgré Snowden et Schrems</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">À Bruxelles, le silence est assourdissant. Malgré les révélations explosives d’Edward Snowden sur l’espionnage massif des communications européennes, la Commission européenne renouvelle en 2013 l’« équivalence » accordée au PCAOB, facilitant la poursuite des inspections. Le tout cinq jours après que le monde entier ait découvert l’ampleur du programme PRISM de la NSA. <br />  &nbsp; <br />  Même la CJUE, qui invalide en 2015 le programme Safe Harbor à la suite du recours de Max Schrems contre Facebook, ne parvient pas à infléchir cette complaisance envers Washington. À aucun moment, les autorités européennes ne remettent en cause la légitimité du PCAOB. Le dogme du libre-échange et de la coopération réglementaire prime sur la lucidité stratégique. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un PCAOB en uniforme : la 18e agence de renseignement ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Faut-il rappeler que le premier président du PCAOB, William Webster, fut directeur du FBI et de la CIA ? Ou que son successeur, William Duhnke III, est un ancien officier de la Navy ayant fait carrière au Sénat ? Ce pedigree interroge. Le profil des dirigeants du PCAOB illustre une chose : la frontière entre contrôle financier et renseignement stratégique n’existe plus. <br />  &nbsp; <br />  Dans ce contexte, l’Union européenne, loin d’être une entité souveraine, agit comme un cheval de Troie consentant, livrant aux États-Unis ses secrets industriels au nom d’un partenariat transatlantique devenu, de fait, un rapport de subordination. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’heure du réveil stratégique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">En 2020, Josep Borrell appelle dans un discours retentissant à réapprendre le « langage de la force ». Mais comment prendre ce discours au sérieux lorsque les institutions européennes elles-mêmes entretiennent, par inaction ou lâcheté, des mécanismes de dépendance qui fragilisent l’autonomie stratégique du continent ? <br />  &nbsp; <br />  <strong>Le cas du PCAOB est emblématique d’un impérialisme normatif qui utilise le droit comme cheval de Troie. Le prétexte de la lutte contre la fraude financière masque une logique de prédation, parfaitement orchestrée, qui transforme les partenaires économiques des États-Unis en fournisseurs dociles d’intelligence économique. <br />  À l’heure où la compétition géoéconomique s’intensifie entre Pékin et Washington, l’Europe doit enfin choisir : souveraineté ou servitude.</strong> <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de l'auteur</b></div>
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      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote>  <div style="margin-left: 40px;"><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE) <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a> </div>  </blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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