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  <title>www.veillemag.com</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></description>
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  <dc:date>2026-04-14T19:55:33+02:00</dc:date>
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   <title>L'impasse du Golfe. De la guerre brève imaginée par Washington à la guerre énergétique totale</title>
   <pubDate>Sat, 21 Mar 2026 10:37:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La guerre contre l'Iran devait être rapide, chirurgicale, politiquement décisive. Elle devait frapper le sommet du pouvoir, briser la capacité de riposte de Téhéran, ouvrir des fractures internes et contraindre le régime à une capitulation de fait. C'est l'inverse qui s'est produit. Le système iranien ne s'est pas effondré, sa résilience s'est révélée bien plus solide que prévu et sa capacité de représailles a continué à se manifester contre des bases, des infrastructures et des intérêts régionaux. C'est de là que naît le saut qualitatif qui rend aujourd'hui le conflit infiniment plus dangereux : l'échec de la guerre courte a conduit à la destruction des conditions matérielles de la survie économique.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/95504837-66775261.jpg?v=1774085790" alt="L'impasse du Golfe. De la guerre brève imaginée par Washington à la guerre énergétique totale" title="L'impasse du Golfe. De la guerre brève imaginée par Washington à la guerre énergétique totale" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>South Pars, la cible qui change la nature du conflit</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Frapper le grand gisement de South Pars ne signifie pas attaquer un objectif énergétique parmi d'autres. Cela revient à toucher l'un des piliers de la stabilité iranienne : électricité, industrie, chimie, engrais, continuité productive, équilibre social. Lorsqu'une guerre vise une infrastructure de cette nature, elle ne frappe plus seulement les forces armées ou les centres de commandement de l'ennemi. Elle frappe le système-Pays. Et comme ce bassin énergétique est lié à l'autre grande moitié qatarie, le message devient encore plus grave : le Golfe n'est plus un simple théâtre d'opérations, mais le cœur vulnérable de la sécurité énergétique mondiale.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>C'est ici que le conflit change de nature. </strong>Nous ne sommes plus dans une campagne classique de contre-force destinée à neutraliser missiles, radars, bases ou sites nucléaires. Nous entrons dans une logique de dégradation systémique, où la cible devient la capacité même d'un État à continuer de fonctionner. C'est le moment où la guerre cesse d'être seulement militaire pour devenir ouvertement économique, industrielle et géoéconomique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La riposte iranienne et la réciprocité de la vulnérabilité</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Il était inévitable que Téhéran réponde sur le même terrain. Si les infrastructures dont dépend sa survie économique sont frappées, la réponse la plus cohérente consiste à montrer qu'aucun voisin du Golfe n'est réellement à l'abri. Le Qatar, l'Arabie saoudite, les Émirats, Bahreïn et même les nœuds énergétiques israéliens entrent ainsi dans l'horizon des représailles. La guerre se transforme en une compétition de vulnérabilités réciproques : chaque terminal, chaque raffinerie, chaque installation de liquéfaction, chaque oléoduc, chaque port énergétique devient une cible potentielle.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">C'est le passage le plus dramatique. L'Iran n'a pas besoin de gagner militairement au sens classique. Il lui suffit de rendre la région insécure, d'augmenter le coût des assurances maritimes, de ralentir les trafics, de jeter les marchés dans la panique, d'obliger ses adversaires à consommer toujours plus de ressources pour protéger routes et infrastructures. Ainsi, sa faiblesse relative sur le plan technologique est compensée par une capacité redoutable à produire du désordre systémique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Ormuz et la double strangulation</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Tant que le problème semblait limité au détroit d'Ormuz, on pouvait encore espérer une crise grave mais temporaire, concentrée surtout sur le passage de la molécule. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Le conflit a fini par frapper à la fois la route et la source. D'un côté, Ormuz comme point d'étranglement maritime ; de l'autre, South Pars et les autres nœuds du Golfe comme origine physique de la chaîne énergétique. Cette double strangulation change tout.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Une route, en théorie, peut être rouverte. Une infrastructure de production endommagée exige au contraire sécurité, pièces de rechange, techniciens, temps politique et temps opérationnel. Le problème n'est donc plus seulement de savoir quand les navires recommenceront à passer. Le problème est de savoir s'il existera encore une capacité suffisante pour alimenter rapidement ces flux. Voilà pourquoi les marchés ne réagissent plus seulement à une rareté immédiate, mais à la possibilité d'un dommage durable.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le désastre énergétique payé par le reste du monde</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">C'est ici qu'apparaît la contradiction la plus brutale. Les États-Unis peuvent se permettre d'affirmer qu'ils ne dépendent pas d'Ormuz pour leur approvisionnement intérieur. Israël dispose d'une autonomie énergétique relative grâce aux gisements de la Méditerranée orientale. En revanche, ce sont l'Europe et l'Asie qui paient le prix le plus élevé. Ce sont elles qui dépendent de manière décisive de la continuité des flux du Golfe, et ce sont elles qui risquent de subir hausse des coûts, ralentissement industriel, crise logistique et nouvelle inflation.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La guerre ne frappe donc pas seulement l'Iran. Elle reporte aussi son coût sur les alliés et les partenaires de ceux qui l'ont déclenchée. C'est un point géopolitique essentiel, car il révèle une divergence de plus en plus nette entre les intérêts de Washington et de Tel-Aviv d'un côté, et ceux des Européens et des Asiatiques de l'autre. Ceux qui ont allumé l'incendie ne sont pas nécessairement ceux qui en supporteront le prix le plus lourd. Et cela, à moyen terme, use les alliances, la confiance et la cohésion stratégique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'échec politique et la confusion stratégique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Sur le plan politique, le tableau est tout aussi inquiétant. Les voix critiques apparues aux États-Unis, les fissures visibles au sein de l'appareil de sécurité, les aveux sur l'absence d'effondrement iranien et les divergences sur les objectifs réels de la guerre montrent que le conflit a été lancé sans définition claire de la finalité politique. <strong>Or, quand la finalité politique manque, c'est presque toujours le catalogue des cibles qui s'élargit</strong>. C'est exactement ce que nous observons : une campagne conçue pour être brève qui, faute d'avoir produit le résultat attendu, se transforme en guerre longue et en escalade énergétique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Même l'idée de pousser la pression jusqu'au contrôle direct de nœuds stratégiques de l'exportation iranienne révélerait non pas une force, mais une forme de désespoir stratégique. Cela signifierait passer d'une guerre de pression à une logique d'occupation et d'affrontement ouvert encore plus risquée, juridiquement isolante et militairement incertaine. C'est le signe typique de ceux qui ne savent plus comment terminer une guerre et pensent en sortir en augmentant encore la mise.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le seuil désormais franchi</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto"><strong>La vérité est que le seuil a déjà été franchi.</strong> Quand on frappe en même temps la production, le transit, la transformation et l'exportation de l'énergie, on n'est plus dans une simple escalade régionale. On entre dans une guerre énergétique totale. Et une guerre de cette nature ne détruit pas seulement des installations : elle altère les marchés, les chaînes d'approvisionnement, les capacités industrielles, les équilibres diplomatiques et les hiérarchies stratégiques.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Le Golfe est ainsi devenu le lieu où se mesure non seulement la résistance iranienne, mais aussi la fragilité de l'ordre international. </strong>La guerre née pour redessiner le Moyen-Orient risque désormais de produire quelque chose de bien plus vaste : une déstabilisation mondiale dans laquelle la véritable victime ne sera pas seulement celui qui perdra sur le terrain, mais tous ceux qui dépendent de l'énergie, des routes et de la stabilité que ce terrain garantissait encore au monde entier.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources </b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div><a class="link" href="https://www.reuters.com/business/energy/irans-giant-south-pars-gas-field-centre-gulf-war-escalation-2026-03-19/" target="_blank">https://www.reuters.com/business/energy/irans-giant-south-pars-gas-field-centre-gulf-war-escalation-2026-03-19/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/iran/attacks-major-oil-gas-sites-middle-east-2026-03-20/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/iran/attacks-major-oil-gas-sites-middle-east-2026-03-20/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/middle-east/iran-issues-evacuation-warnings-several-energy-facilities-across-gulf-state-2026-03-18/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/middle-east/iran-issues-evacuation-warnings-several-energy-facilities-across-gulf-state-2026-03-18/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/middle-east/us-israeli-war-aims-iran-are-not-same-gabbard-says-2026-03-19/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/middle-east/us-israeli-war-aims-iran-are-not-same-gabbard-says-2026-03-19/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/legal/government/us-senators-grill-trump-intelligence-team-weeks-into-iran-war-2026-03-18/" target="_blank">https://www.reuters.com/legal/government/us-senators-grill-trump-intelligence-team-weeks-into-iran-war-2026-03-18/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://apnews.com/article/5e80fc0f405e57a505c5c7f70d0e4c58" target="_blank">https://apnews.com/article/5e80fc0f405e57a505c5c7f70d0e4c58</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/iran-war-live-trump-administration-intelligence-officials-testify-after-joe-kent-2026-03-18/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/iran-war-live-trump-administration-intelligence-officials-testify-after-joe-kent-2026-03-18/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/business/aerospace-defense/us-allies-rebuff-trumps-request-support-strait-hormuz-2026-03-16/" target="_blank">https://www.reuters.com/business/aerospace-defense/us-allies-rebuff-trumps-request-support-strait-hormuz-2026-03-16/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/middle-east/trump-calls-allies-help-secure-strait-hormuz-iran-vows-step-up-retaliation-2026-03-15/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/middle-east/trump-calls-allies-help-secure-strait-hormuz-iran-vows-step-up-retaliation-2026-03-15/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/business/energy/us-authorizes-temporary-delivery-sale-oil-originating-iran-2026-03-20/" target="_blank">https://www.reuters.com/business/energy/us-authorizes-temporary-delivery-sale-oil-originating-iran-2026-03-20/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/business/energy/us-may-remove-sanctions-iranian-oil-stranded-tankers-bessent-says-2026-03-19/" target="_blank">https://www.reuters.com/business/energy/us-may-remove-sanctions-iranian-oil-stranded-tankers-bessent-says-2026-03-19/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/asia-pacific/sri-lanka-declined-ground-access-two-us-combat-aircraft-president-says-2026-03-20/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/asia-pacific/sri-lanka-declined-ground-access-two-us-combat-aircraft-president-says-2026-03-20/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.trtworld.com/article/3e9bce167fde/amp" target="_blank">https://www.trtworld.com/article/3e9bce167fde/amp</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/middle-east/iran-us-negotiate-oman-amid-deep-rifts-mounting-war-fears-2026-02-06/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/middle-east/iran-us-negotiate-oman-amid-deep-rifts-mounting-war-fears-2026-02-06/</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/giuseppe-gagliano-60785235/?originalSubdomain=it" target="_blank"><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span></a>  a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis). Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/christian-harbulot-a56b2912/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Christian Harbulot</a>, (EGE). <br />  Il collabore avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">Iassp de Milan</a>. <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      #GolfePersique #ConflitIranUSA #SouthPars #DetroitDOrmuz #SecuriteEnergetique #GeopolitiqueMoyenOrient #TensionsDansLeGolfe #InfrastructuresEnergetiques #CriseEnergetiqueMondiale #GuerreEnergetiqueTotale
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <link>https://www.veillemag.com/L-impasse-du-Golfe-De-la-guerre-breve-imaginee-par-Washington-a-la-guerre-energetique-totale_a7251.html</link>
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   <title>L'Inde, le pétrole russe et la vérité brutale de la crise d'Ormuz</title>
   <pubDate>Tue, 10 Mar 2026 11:01:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Washington finit par assouplir ses sanctions contre Moscou pour éviter une crise énergétique majeure en Inde, révélant les limites d’un système de coercition qui cède dès que les intérêts stratégiques sont menacés. Entre le blocage d’Ormuz, la dépendance pétrolière indienne et le retour opportuniste du brut russe, la realpolitik reprend ses droits et rappelle que, dans les moments de tension, ce sont les barils — plus que les principes — qui dictent l’ordre du monde.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/95217273-66652852.jpg?v=1773155349" alt="L'Inde, le pétrole russe et la vérité brutale de la crise d'Ormuz" title="L'Inde, le pétrole russe et la vérité brutale de la crise d'Ormuz" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Quand la géopolitique force Washington à desserrer l'étau des sanctions</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Dans les grandes crises internationales, les principes affichés tiennent jusqu'au moment où les nécessités stratégiques les renversent. C'est exactement ce qui se passe aujourd'hui avec l'Inde, le pétrole russe et le détroit d'Ormuz. Face à la désorganisation croissante des flux énergétiques provoquée par la guerre au Moyen-Orient et par la quasi-paralysie du trafic pétrolier dans le Golfe, les États-Unis ont choisi le pragmatisme. Washington a accordé à New Delhi une licence temporaire autorisant l'achat de brut russe déjà chargé sur des navires au plus tard le 5 mars. En apparence, il s'agit d'une mesure technique et limitée dans le temps. <br />  <strong>En réalité, c'est un aveu politique : lorsqu'un grand pays importateur est menacé sur le plan énergétique, les sanctions deviennent flexibles.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La décision américaine révèle toute la fragilité de l'architecture occidentale de coercition économique. Depuis des mois, Washington exerçait une pression directe sur l'Inde pour réduire ses achats de brut russe. Mais dès lors que la crise d'Ormuz met en péril l'approvisionnement d'un acteur central de l'Indo-Pacifique, la logique punitive cède la place à la logique de stabilisation. L'Inde n'est pas un simple client énergétique. C'est une puissance pivot, un partenaire indispensable dans la stratégie américaine de containment face à la Chine. <br />  La laisser entrer dans une crise énergétique majeure reviendrait à affaiblir un maillon essentiel de la chaîne d'équilibre asiatique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Reliance et le retour du réalisme énergétique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La position de <a class="link" href="https://www.ril.com/" target="_blank">Reliance Industries</a>  résume parfaitement la brutalité du moment. Avant le durcissement des sanctions américaines de 2025 contre les grands groupes russes, la société de <a class="link" href="https://www.forbes.com/profile/mukesh-ambani/" target="_blank">Mukesh Ambani </a>  était l'un des principaux acheteurs de brut russe, important plus de 500 000 barils par jour grâce à des accords structurés avec Rosneft. Puis, sous la pression des mesures américaines, elle avait suspendu ces achats et diversifié ses approvisionnements. Aujourd'hui, la guerre change de nouveau la hiérarchie des choix.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Reliance entend profiter de la fenêtre ouverte par Washington pour récupérer une partie du brut russe immobilisé sur des pétroliers proches de l'Inde, en mer d'Arabie et dans le golfe du Bengale, ainsi qu'autour de Singapour. Le point décisif est simple : ce pétrole existe déjà, il est disponible, et surtout il permet de contourner partiellement la vulnérabilité créée par le blocage d'Ormuz. Dans une situation normale, ce retour au brut russe aurait été présenté comme une entorse embarrassante aux efforts occidentaux. Dans la situation actuelle, il devient une solution de sécurité nationale.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une dépendance structurelle que la guerre met à nu</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">L'Inde dépend d'environ 60 % de ses importations pétrolières en provenance du Moyen-Orient. Ce chiffre suffit à comprendre pourquoi New Delhi ne peut se permettre aucune posture idéologique. Pour un pays de cette taille, avec une croissance rapide, une industrie lourde en expansion et une demande énergétique gigantesque, la sécurité des approvisionnements n'est pas un sujet secondaire. C'est la condition même de la stabilité économique et sociale.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La crise actuelle montre donc une vérité que beaucoup préféraient ignorer : la mondialisation énergétique n'a pas supprimé les dépendances, elle les a simplement rendues plus sophistiquées. Quand un goulet stratégique comme Ormuz se grippe, les grands importateurs ne cherchent pas la cohérence politique, mais des barils immédiatement disponibles. Et ces barils, aujourd'hui, sont russes.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les limites du régime des sanctions</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">L'autre enseignement est plus large. Le système des sanctions fonctionne tant qu'il ne heurte pas trop directement les intérêts vitaux de ceux qui l'appliquent ou de leurs alliés essentiels. Dès qu'une crise majeure éclate, les exemptions, licences temporaires et dérogations réapparaissent. Cela ne signifie pas que les sanctions sont inutiles. Cela signifie qu'elles ne sont jamais absolues. Elles sont des instruments de pouvoir, mais des instruments soumis à la hiérarchie mouvante des intérêts stratégiques.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Dans le cas indien, Washington a choisi de sauver l'équilibre énergétique d'un partenaire plutôt que de défendre jusqu'au bout la pureté de sa ligne anti-russe. Ce n'est pas une contradiction. C'est la géopolitique réelle. Les grandes puissances ne sacrifient jamais un allié central pour la beauté d'un dispositif juridique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'Europe face à sa propre contradiction</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">L'affaire contient aussi une leçon indirecte pour l'Europe. Reliance séparera ses flux de raffinage : une partie du brut russe servira au marché intérieur indien, tandis que l'unité destinée à l'exportation continuera à utiliser du pétrole non russe afin de ne pas tomber sous le coup de l'interdiction européenne visant les produits raffinés issus de brut russe transformé dans des pays tiers. Ce détail industriel dit beaucoup sur notre époque. Le marché mondial du pétrole n'est plus seulement un marché. C'est un labyrinthe juridique, logistique et politique où chaque puissance tente d'optimiser ses intérêts tout en respectant formellement des interdictions de plus en plus complexes.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'Union européenne, de son côté, croit souvent agir comme puissance normative. Mais dans un monde dominé par les chocs énergétiques, la norme suit souvent la réalité des flux au lieu de la commander. L'Inde, elle, l'a compris depuis longtemps. Elle ne raisonne ni en termes moraux ni en termes idéologiques, mais en fonction d'un intérêt national clair : assurer son approvisionnement, préserver son marché intérieur, conserver sa marge diplomatique entre Washington et Moscou.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le retour du pétrole comme arme de souveraineté</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Au fond, cette affaire rappelle une évidence que l'on croyait atténuée par les discours sur la transition énergétique : le pétrole reste une arme de souveraineté. Celui qui le produit possède une rente stratégique. Celui qui le transporte contrôle un levier logistique. Celui qui l'achète en période de crise gagne un sursis politique. Et celui qui tente de réguler tout cela par des sanctions découvre vite que la puissance ne réside pas seulement dans l'interdiction, mais dans la capacité à adapter l'interdiction à ses propres besoins.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'Inde ne revient pas au pétrole russe par choix idéologique. Elle y revient parce que la guerre a rétabli la hiérarchie du réel. Et dans le réel, quand les routes du Golfe deviennent incertaines, le brut immobilisé au large redevient un trésor stratégique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une leçon de géoéconomie sans illusion</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Ce qui se joue ici dépasse de loin le cas de Reliance. Nous assistons à une scène classique de géoéconomie : un conflit régional perturbe un point de passage vital, une grande puissance importatrice cherche une solution de contournement, la puissance sanctionneuse accorde une exception, et le marché réorganise ses flux au mépris des récits officiels. Chacun sauve ses intérêts, chacun ajuste sa doctrine, chacun redécouvre que l'énergie reste le noyau dur de la puissance.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La crise d'Ormuz ne montre donc pas seulement la vulnérabilité du système mondial. Elle montre aussi que, dans les moments décisifs, les principes s'effacent et les barils parlent.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/giuseppe-gagliano-60785235/?originalSubdomain=it" target="_blank"><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span></a>  a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis). Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/christian-harbulot-a56b2912/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Christian Harbulot</a>, (EGE). <br />  Il collabore avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">Iassp de Milan</a>. <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div><a class="link" href="https://www.reuters.com/business/energy/indian-refiners-studying-legal-implication-us-order-allowing-russian-oil-imports-2026-03-06/" target="_blank">https://www.reuters.com/business/energy/indian-refiners-studying-legal-implication-us-order-allowing-russian-oil-imports-2026-03-06/</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.reuters.com/business/energy/indian-refiners-buying-prompt-russian-oil-iran-war-hits-supplies-sources-say-2026-03-05/" target="_blank">https://www.reuters.com/business/energy/indian-refiners-buying-prompt-russian-oil-iran-war-hits-supplies-sources-say-2026-03-05/</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.reuters.com/business/energy/russia-prepared-divert-oil-india-middle-east-conflict-disrupts-flows-source-says-2026-03-04/" target="_blank">https://www.reuters.com/business/energy/russia-prepared-divert-oil-india-middle-east-conflict-disrupts-flows-source-says-2026-03-04/</a> </div>    <div> <br />  <a class="link" href="https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-03-06/us-issues-license-to-allow-some-russian-oil-sales-to-india-mme5qix4" target="_blank">https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-03-06/us-issues-license-to-allow-some-russian-oil-sales-to-india-mme5qix4</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-03-02/indian-refiners-eye-russian-oil-again-as-iran-crisis-hits-supply" target="_blank">https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-03-02/indian-refiners-eye-russian-oil-again-as-iran-crisis-hits-supply</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-03-10/india-snaps-up-30-million-barrels-of-russian-oil-after-us-waiver" target="_blank">https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-03-10/india-snaps-up-30-million-barrels-of-russian-oil-after-us-waiver</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.bbc.com/news/articles/cy031d1ny7jo" target="_blank">https://www.bbc.com/news/articles/cy031d1ny7jo</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/95217273-66652852.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.veillemag.com/L-Inde-le-petrole-russe-et-la-verite-brutale-de-la-crise-d-Ormuz_a7181.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>L'Inde, le pétrole russe et la vérité brutale de la crise d'Ormuz</title>
   <pubDate>Tue, 10 Mar 2026 11:01:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Washington finit par assouplir ses sanctions contre Moscou pour éviter une crise énergétique majeure en Inde, révélant les limites d’un système de coercition qui cède dès que les intérêts stratégiques sont menacés. Entre le blocage d’Ormuz, la dépendance pétrolière indienne et le retour opportuniste du brut russe, la realpolitik reprend ses droits et rappelle que, dans les moments de tension, ce sont les barils — plus que les principes — qui dictent l’ordre du monde.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/95338053-66701540.jpg?v=1773155349" alt="L'Inde, le pétrole russe et la vérité brutale de la crise d'Ormuz" title="L'Inde, le pétrole russe et la vérité brutale de la crise d'Ormuz" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Quand la géopolitique force Washington à desserrer l'étau des sanctions</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Dans les grandes crises internationales, les principes affichés tiennent jusqu'au moment où les nécessités stratégiques les renversent. C'est exactement ce qui se passe aujourd'hui avec l'Inde, le pétrole russe et le détroit d'Ormuz. Face à la désorganisation croissante des flux énergétiques provoquée par la guerre au Moyen-Orient et par la quasi-paralysie du trafic pétrolier dans le Golfe, les États-Unis ont choisi le pragmatisme. Washington a accordé à New Delhi une licence temporaire autorisant l'achat de brut russe déjà chargé sur des navires au plus tard le 5 mars. En apparence, il s'agit d'une mesure technique et limitée dans le temps. <br />  <strong>En réalité, c'est un aveu politique : lorsqu'un grand pays importateur est menacé sur le plan énergétique, les sanctions deviennent flexibles.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La décision américaine révèle toute la fragilité de l'architecture occidentale de coercition économique. Depuis des mois, Washington exerçait une pression directe sur l'Inde pour réduire ses achats de brut russe. Mais dès lors que la crise d'Ormuz met en péril l'approvisionnement d'un acteur central de l'Indo-Pacifique, la logique punitive cède la place à la logique de stabilisation. L'Inde n'est pas un simple client énergétique. C'est une puissance pivot, un partenaire indispensable dans la stratégie américaine de containment face à la Chine. <br />  La laisser entrer dans une crise énergétique majeure reviendrait à affaiblir un maillon essentiel de la chaîne d'équilibre asiatique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Reliance et le retour du réalisme énergétique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La position de <a class="link" href="https://www.ril.com/" target="_blank">Reliance Industries</a>  résume parfaitement la brutalité du moment. Avant le durcissement des sanctions américaines de 2025 contre les grands groupes russes, la société de <a class="link" href="https://www.forbes.com/profile/mukesh-ambani/" target="_blank">Mukesh Ambani </a>  était l'un des principaux acheteurs de brut russe, important plus de 500 000 barils par jour grâce à des accords structurés avec Rosneft. Puis, sous la pression des mesures américaines, elle avait suspendu ces achats et diversifié ses approvisionnements. Aujourd'hui, la guerre change de nouveau la hiérarchie des choix.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Reliance entend profiter de la fenêtre ouverte par Washington pour récupérer une partie du brut russe immobilisé sur des pétroliers proches de l'Inde, en mer d'Arabie et dans le golfe du Bengale, ainsi qu'autour de Singapour. Le point décisif est simple : ce pétrole existe déjà, il est disponible, et surtout il permet de contourner partiellement la vulnérabilité créée par le blocage d'Ormuz. Dans une situation normale, ce retour au brut russe aurait été présenté comme une entorse embarrassante aux efforts occidentaux. Dans la situation actuelle, il devient une solution de sécurité nationale.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une dépendance structurelle que la guerre met à nu</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">L'Inde dépend d'environ 60 % de ses importations pétrolières en provenance du Moyen-Orient. Ce chiffre suffit à comprendre pourquoi New Delhi ne peut se permettre aucune posture idéologique. Pour un pays de cette taille, avec une croissance rapide, une industrie lourde en expansion et une demande énergétique gigantesque, la sécurité des approvisionnements n'est pas un sujet secondaire. C'est la condition même de la stabilité économique et sociale.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La crise actuelle montre donc une vérité que beaucoup préféraient ignorer : la mondialisation énergétique n'a pas supprimé les dépendances, elle les a simplement rendues plus sophistiquées. Quand un goulet stratégique comme Ormuz se grippe, les grands importateurs ne cherchent pas la cohérence politique, mais des barils immédiatement disponibles. Et ces barils, aujourd'hui, sont russes.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les limites du régime des sanctions</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">L'autre enseignement est plus large. Le système des sanctions fonctionne tant qu'il ne heurte pas trop directement les intérêts vitaux de ceux qui l'appliquent ou de leurs alliés essentiels. Dès qu'une crise majeure éclate, les exemptions, licences temporaires et dérogations réapparaissent. Cela ne signifie pas que les sanctions sont inutiles. Cela signifie qu'elles ne sont jamais absolues. Elles sont des instruments de pouvoir, mais des instruments soumis à la hiérarchie mouvante des intérêts stratégiques.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Dans le cas indien, Washington a choisi de sauver l'équilibre énergétique d'un partenaire plutôt que de défendre jusqu'au bout la pureté de sa ligne anti-russe. Ce n'est pas une contradiction. C'est la géopolitique réelle. Les grandes puissances ne sacrifient jamais un allié central pour la beauté d'un dispositif juridique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'Europe face à sa propre contradiction</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">L'affaire contient aussi une leçon indirecte pour l'Europe. Reliance séparera ses flux de raffinage : une partie du brut russe servira au marché intérieur indien, tandis que l'unité destinée à l'exportation continuera à utiliser du pétrole non russe afin de ne pas tomber sous le coup de l'interdiction européenne visant les produits raffinés issus de brut russe transformé dans des pays tiers. Ce détail industriel dit beaucoup sur notre époque. Le marché mondial du pétrole n'est plus seulement un marché. C'est un labyrinthe juridique, logistique et politique où chaque puissance tente d'optimiser ses intérêts tout en respectant formellement des interdictions de plus en plus complexes.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'Union européenne, de son côté, croit souvent agir comme puissance normative. Mais dans un monde dominé par les chocs énergétiques, la norme suit souvent la réalité des flux au lieu de la commander. L'Inde, elle, l'a compris depuis longtemps. Elle ne raisonne ni en termes moraux ni en termes idéologiques, mais en fonction d'un intérêt national clair : assurer son approvisionnement, préserver son marché intérieur, conserver sa marge diplomatique entre Washington et Moscou.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le retour du pétrole comme arme de souveraineté</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Au fond, cette affaire rappelle une évidence que l'on croyait atténuée par les discours sur la transition énergétique : le pétrole reste une arme de souveraineté. Celui qui le produit possède une rente stratégique. Celui qui le transporte contrôle un levier logistique. Celui qui l'achète en période de crise gagne un sursis politique. Et celui qui tente de réguler tout cela par des sanctions découvre vite que la puissance ne réside pas seulement dans l'interdiction, mais dans la capacité à adapter l'interdiction à ses propres besoins.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'Inde ne revient pas au pétrole russe par choix idéologique. Elle y revient parce que la guerre a rétabli la hiérarchie du réel. Et dans le réel, quand les routes du Golfe deviennent incertaines, le brut immobilisé au large redevient un trésor stratégique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une leçon de géoéconomie sans illusion</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Ce qui se joue ici dépasse de loin le cas de Reliance. Nous assistons à une scène classique de géoéconomie : un conflit régional perturbe un point de passage vital, une grande puissance importatrice cherche une solution de contournement, la puissance sanctionneuse accorde une exception, et le marché réorganise ses flux au mépris des récits officiels. Chacun sauve ses intérêts, chacun ajuste sa doctrine, chacun redécouvre que l'énergie reste le noyau dur de la puissance.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La crise d'Ormuz ne montre donc pas seulement la vulnérabilité du système mondial. Elle montre aussi que, dans les moments décisifs, les principes s'effacent et les barils parlent.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/giuseppe-gagliano-60785235/?originalSubdomain=it" target="_blank"><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span></a>  a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis). Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/christian-harbulot-a56b2912/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Christian Harbulot</a>, (EGE). <br />  Il collabore avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">Iassp de Milan</a>. <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div><a class="link" href="https://www.reuters.com/business/energy/indian-refiners-studying-legal-implication-us-order-allowing-russian-oil-imports-2026-03-06/" target="_blank">https://www.reuters.com/business/energy/indian-refiners-studying-legal-implication-us-order-allowing-russian-oil-imports-2026-03-06/</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.reuters.com/business/energy/indian-refiners-buying-prompt-russian-oil-iran-war-hits-supplies-sources-say-2026-03-05/" target="_blank">https://www.reuters.com/business/energy/indian-refiners-buying-prompt-russian-oil-iran-war-hits-supplies-sources-say-2026-03-05/</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.reuters.com/business/energy/russia-prepared-divert-oil-india-middle-east-conflict-disrupts-flows-source-says-2026-03-04/" target="_blank">https://www.reuters.com/business/energy/russia-prepared-divert-oil-india-middle-east-conflict-disrupts-flows-source-says-2026-03-04/</a> </div>    <div> <br />  <a class="link" href="https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-03-06/us-issues-license-to-allow-some-russian-oil-sales-to-india-mme5qix4" target="_blank">https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-03-06/us-issues-license-to-allow-some-russian-oil-sales-to-india-mme5qix4</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-03-02/indian-refiners-eye-russian-oil-again-as-iran-crisis-hits-supply" target="_blank">https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-03-02/indian-refiners-eye-russian-oil-again-as-iran-crisis-hits-supply</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-03-10/india-snaps-up-30-million-barrels-of-russian-oil-after-us-waiver" target="_blank">https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-03-10/india-snaps-up-30-million-barrels-of-russian-oil-after-us-waiver</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.bbc.com/news/articles/cy031d1ny7jo" target="_blank">https://www.bbc.com/news/articles/cy031d1ny7jo</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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