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  <title>www.veillemag.com</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></description>
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   <title>Le sport saoudien à l'épreuve du réel : de la vision 2030 au Mondial 2034. Tribune libre de Dr. Yassine El Yattioui </title>
   <pubDate>Thu, 16 Jul 2026 15:56:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Dr. Yassine El Yattioui </dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique]]></dc:subject>
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   Faire du sport un levier de puissance : telle est l’ambition du royaume saoudien, qui voit dans le Mondial 2034 l’aboutissement d’une stratégie mêlant diplomatie, modernisation sociale et influence globale. Mais derrière l’élan de Vision 2030 affleurent des fragilités structurelles, entre dépendance aux mégaprojets, centralisation du pouvoir et difficulté à convertir la visibilité en influence durable.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97365463-67817020.jpg?v=1784215099" alt="Le sport saoudien à l'épreuve du réel : de la vision 2030 au Mondial 2034. Tribune libre de Dr. Yassine El Yattioui " title="Le sport saoudien à l'épreuve du réel : de la vision 2030 au Mondial 2034. Tribune libre de Dr. Yassine El Yattioui " />
     </div>
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le Mondial 2034, vitrine d’une puissance saoudienne en construction</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Lorsque l’Arabie saoudite a été officiellement désignée, le 11 décembre 2024, pour organiser la Coupe du monde de football 2034, cette décision a immédiatement été interprétée comme l’aboutissement d’un projet multidimensionnel fort entremêlant diplomatie, influence, image de marque et économie. Seule candidate encore en lice, la Fédération saoudienne de football avait présenté un projet reposant sur cinq villes hôtes, quinze stades et une transformation accélérée des infrastructures sportives, urbaines et touristiques du royaume. <br />   <br />  Pour Riyad, l’organisation du plus grand événement sportif mondial ne constitue cependant pas une finalité isolée. Elle s’inscrit dans une architecture géoéconomique beaucoup plus vaste où investissements souverains, diplomatie sportive, transformation sociale, tourisme, divertissement et politique étrangère convergent autour d’un même objectif : faire du sport l’un des principaux vecteurs de la puissance saoudienne au XXIe siècle. <br />   <br />  Depuis le lancement de Vision 2030 en avril 2016, le royaume ne considère plus le sport comme une simple politique sectorielle. Il en a fait un instrument de diversification économique, un levier de mobilisation de sa jeunesse, un support de nationalisme institutionnel et une vitrine de sa modernisation. Le sport doit à la fois transformer la société saoudienne de l’intérieur et modifier la perception du pays à l’extérieur. <br />   <br />  Mais derrière l’ampleur des investissements et la multiplication des compétitions apparaissent plusieurs fragilités. La <a class="link" href="https://www.spl.com.sa/en" target="_blank">Saudi Pro League</a>  reste encore faiblement intégrée aux habitudes médiatiques internationales. Le développement de Newcastle United, racheté par le Fond Souverain saoudien (PIF – Public Investment Fund) est encadré par les règles financières du football européen. Plusieurs mégaprojets associés à la transformation saoudienne, à commencer par NEOM, connaissent des révisions, des phasages ou des interrogations croissantes quant à leur soutenabilité. Enfin, l’extrême personnalisation de la stratégie autour du prince héritier Mohammed ben Salmane limite l’institutionnalisation d’une véritable politique sportive de long terme. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vision 2030 : du sport de loisir au sport de puissance</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La place accordée au sport dans Vision 2030 répond d’abord à des transformations internes. L’Arabie saoudite compte 63% de sa population qui est âgée de moins de 30 ans ajouté à une urbanisation croissante. Le développement d’une économie du divertissement doit permettre de répondre aux attentes sociales de cette jeunesse, mais également de conserver dans le royaume une partie des dépenses traditionnellement réalisées à l’étranger. <br />   <br />  Cette stratégie a déjà produit des effets mesurables. Selon les données officielles de Vision 2030, la proportion d’adultes pratiquant au moins 150 minutes d’activité physique par semaine aurait atteint 59,1 % en 2025, dépassant les objectifs intermédiaires fixés par les autorités. La participation sportive des femmes aurait, quant à elle, progressé de plus de 150 % depuis le lancement du programme, avec plus de 330 000 sportives enregistrées selon les chiffres gouvernementaux communiqués en 2024. <br />   <br />  Ces résultats ne doivent pas être minimisés. Dans un pays longtemps marqué par une offre limitée de loisirs publics, l’ouverture des stades aux femmes, le développement du sport scolaire, l’émergence de compétitions féminines et la multiplication des manifestations sportives représentent de véritables transformations sociales. <br />   <br />  <strong>Le sport power saoudien ne se réduit donc pas à une stratégie exclusivement tournée vers l’étranger. Il constitue également un instrument de reconfiguration du contrat social</strong>. Le divertissement, les compétitions internationales et les nouvelles pratiques sportives participent à la construction d’une relation renouvelée entre l’État, la jeunesse et la société. <br />   <br />  Cette difficulté à institutionnaliser une véritable production de connaissances se retrouve également dans le projet SAFFIR (<a class="link" href="https://saffir.com.sa/" target="_blank">Saudi Arabian Football Federation Institute of Research</a>), lancé par la Fédération saoudienne de football et dirigé par l'historien français <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/pierre-lanfranchi-787ab017/" target="_blank">Pierre Lanfranchi</a>. Présenté comme le premier centre de recherche consacré au football directement rattaché à une fédération nationale, SAFFIR ambitionne de devenir une référence mondiale en matière de recherche appliquée au football et d'éclairer les décideurs sportifs par la production de travaux scientifiques. Pourtant, malgré cette ambition affichée, son influence demeure aujourd'hui relativement limitée. <br />   <br />  Les publications, séminaires et programmes de recherche peinent encore à produire des livrables identifiables ayant une réelle portée dans les politiques publiques sportives, la gouvernance du football ou les grandes décisions stratégiques de la Fédération saoudienne. Plus largement, SAFFIR souffre d'une faible visibilité académique internationale, d'un nombre encore restreint de productions scientifiques de référence et d'un impact difficilement perceptible sur les débats contemporains relatifs à l'économie, à la gouvernance ou à la diplomatie du football. Ce décalage entre les ambitions initiales et les résultats observables illustre une limite plus générale de la stratégie sportive saoudienne : investir massivement dans les structures ne garantit pas, à lui seul, la production d'une influence intellectuelle durable ni d'un véritable leadership scientifique. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le football, langue nationale de la société saoudienne</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Cette politique bénéficie d’un avantage que plusieurs autres monarchies du Golfe ne possèdent pas au même degré : l’existence d’une véritable culture populaire du football. <br />   <br />  L’Arabie saoudite n’a pas découvert ce sport avec l’arrivée de Cristiano Ronaldo à Al-Nassr en janvier 2023. Le royaume a remporté trois Coupes d’Asie, participé régulièrement à la Coupe du monde depuis 1994 et développé des clubs disposant d’un ancrage social et territorial ancien. Al-Hilal, Al-Ittihad, Al-Ahli et Al-Nassr ne sont pas des marques créées artificiellement pour répondre aux besoins de Vision 2030. Ils constituent des institutions sportives profondément enracinées dans les métropoles de Riyad et de Djeddah. Par exemple, le club d’Al-Ittihad, ancien club de Karim Benzema ou de N’Golo Kanté, existe depuis 1927 et fêtera donc son centenaire, la saison prochaine. <br />   <br />  La saison 2025-2026 de la Saudi Pro League a attiré près de 2,3 millions de spectateurs dans les stades, soit une progression de 11 % par rapport à la décennie précédente. Plusieurs rencontres ont dépassé les 50 000 spectateurs, notamment les grandes affiches organisées à Djeddah. <br />   <br />  Cette fréquentation demeure inégalement répartie entre les clubs et dépend fortement des derbys et des grandes équipes. Elle révèle néanmoins l’existence d’un marché intérieur réel. Contrairement à certains championnats voisins, dont l’intérêt reste souvent concentré sur les équipes nationales ou les grands événements ponctuels, le championnat saoudien bénéficie d’un public local historiquement attaché à ses clubs. <br />   <br />  Cette réalité constitue l’une des principales forces du projet saoudien. La stratégie ne repose pas uniquement sur l’importation de stars internationales. Elle s’appuie sur une société où le football est déjà un élément central de la culture populaire. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La Saudi Pro League, puissance financière sans centralité médiatique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L’arrivée de Cristiano Ronaldo devait transformer la visibilité du championnat. Elle a effectivement produit une rupture majeure. Karim Benzema, Sadio Mané, Riyad Mahrez, Kalidou Koulibaly, Roberto Firmino, Sergej Milinković-Savić ou encore Aleksandar Mitrović ont rejoint les clubs saoudiens au cours des saisons suivantes. <br />   <br />  La Saudi Pro League affirme désormais être diffusée dans plus de 160 pays et sur plusieurs dizaines de plateformes. Pour la saison 2025-2026, elle indique avoir étendu sa présence à environ 180 pays et revendique une audience cumulée pouvant atteindre 230 millions de téléspectateurs au cours de la saison précédente. <br />   <br />  Ces chiffres doivent toutefois être interprétés avec prudence. Une présence dans 160 ou 180 territoires ne signifie pas que le championnat bénéficie dans chacun d’entre eux d’une audience régulière et significative. La couverture géographique mesure la disponibilité potentielle du produit, non son enracinement effectif dans les habitudes de consommation. <br />   <br />  La distinction entre portée théorique et audience réelle est centrale. Une compétition peut être disponible sur une plateforme internationale sans être véritablement suivie. Elle peut également enregistrer une audience cumulée importante en additionnant des téléspectateurs occasionnels, des extraits numériques et des rencontres regardées principalement pour Cristiano Ronaldo, sans que cette consommation ne débouche sur une fidélité durable envers les clubs ou le championnat. <br />   <br />  <strong>C’est ici que se situe le principal paradoxe de la Saudi Pro League. Elle a acquis une forte notoriété internationale, mais pas encore une véritable centralité médiatique. Ses joueurs sont connus, ses résultats circulent sur les réseaux sociaux, ses buts sont largement partagés, mais son feuilleton sportif reste marginal dans la plupart des grands marchés footballistiques.</strong> <br />   <br />  En effet, les données d’audience disponibles illustrent avec une particulière netteté les difficultés rencontrées par la Saudi Pro League pour s’imposer dans le paysage audiovisuel français. Selon les informations rapportées par Sacha Nokovitch dans L’Équipe, les rencontres phares rassemblerait environ 15 000 téléspectateurs sur Canal+ Sport, lors de la saison 2024-2025. D’après les mesures de Médiamétrie, le match saoudien aurait ainsi représenté une part d’audience arrondie à 0 % sur l’ensemble du public. <br />   <br />  Ces résultats témoignent d’un décalage persistant entre la notoriété internationale de certains joueurs recrutés par les clubs saoudiens et la capacité réelle de la compétition à susciter un intérêt régulier auprès des publics étrangers. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le projet Zack Nani, révélateur d’une fragilité médiatique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L’acquisition des droits français de la Saudi Pro League par le créateur de contenu Zack Nani constitue, à cet égard, un cas particulièrement révélateur. <br />   <br />  En août 2025, le streamer français a obtenu les droits lui permettant de diffuser gratuitement sur YouTube et Twitch jusqu’à trois rencontres par semaine, avec l’obligation d’en proposer au moins une par journée de championnat. Le montant exact de l’accord n’a pas été officiellement communiqué, mais plusieurs médias spécialisés ont évoqué un investissement à six chiffres. Zack Nani disposait alors d’une communauté dépassant 900 000 abonnés sur YouTube et environ 650 000 abonnés sur Twitch. <br />   <br />  Cette initiative peut être présentée comme une innovation. Elle permet de toucher un public jeune, habitué aux plateformes numériques et moins dépendant de la télévision traditionnelle. Elle correspond également aux transformations contemporaines de la consommation sportive, marquées par l’interaction, les commentaires communautaires et l’émergence de créateurs capables de fédérer des audiences spécifiques. <br />   <br />  Mais le recours à un créateur de contenu pour diffuser gratuitement une compétition disposant de stars mondiales révèle aussi les limites de sa valorisation sur certains marchés. En France, malgré la présence de Karim Benzema, Yassine Bono, Moussa Diaby ou Riyad Mahrez, le championnat n’a pas encore suscité un niveau de demande permettant d’en faire un produit premium comparable aux grands championnats européens. <br />   <br />  Le projet Zack Nani constitue ainsi à la fois une stratégie d’adaptation et un symptôme. Il montre que la ligue sait expérimenter de nouveaux modes de diffusion, mais également qu’elle peine à convaincre les diffuseurs traditionnels et les consommateurs de payer durablement pour son contenu. <br />   <br />  La gratuité permet de créer de la visibilité. Elle ne garantit ni la rentabilité des droits ni l’attachement à long terme au produit. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une économie de l’attention encore dépendante de Cristiano Ronaldo</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le cas de Cristiano Ronaldo résume cette contradiction. Son arrivée a donné au championnat une visibilité incomparable. Son influence sur les réseaux sociaux offre à Al-Nassr et à la ligue une exposition que presque aucun investissement publicitaire traditionnel n’aurait pu acheter. <br />   <br />  Mais cette centralité individuelle constitue également une vulnérabilité. Une part importante de l’attention internationale demeure concentrée sur un seul joueur. Le championnat peut donc enregistrer une forte visibilité numérique sans parvenir à convertir cette exposition en intérêt structurel pour l’ensemble de la compétition. <br />   <br />  <strong>La différence entre «&nbsp;celebrity branding&nbsp;» et «&nbsp;league branding&nbsp;» est ici fondamentale. </strong>Le premier repose sur la notoriété d’une personnalité ; le second exige que la compétition elle-même devienne une marque autonome. <br />   <br />  Or l’influence d’une star est par définition temporaire. La Saudi Pro League doit préparer l’après-Ronaldo en développant ses propres récits, en améliorant son équilibre compétitif, en valorisant ses joueurs saoudiens et en construisant une identité éditoriale capable de survivre au départ de ses principales vedettes. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>NEOM, vitrine futuriste ou avertissement stratégique ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L’association entre la Coupe du monde 2034 et <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Neom_Sports_Club" target="_blank">NEOM</a>  illustre les risques d’une stratégie fondée sur les mégaprojets. <br />   <br />  Annoncé comme l’un des principaux laboratoires urbains de Vision 2030, NEOM devait symboliser la rupture du royaume avec son modèle économique traditionnel. «&nbsp;The Line&nbsp;», ville linéaire initialement présentée sur une longueur de 170 kilomètres, devait devenir l’incarnation architecturale de cette ambition. <br />   <br />  La communication officielle décrit désormais The Line comme un projet « multi-phases » développé selon une approche progressive et adaptée à la demande. Cette évolution sémantique traduit un éloignement par rapport à la représentation initiale d’une réalisation rapide et intégrale. <br />   <br />  Certains segments de NEOM connaissent des avancées concrètes. Le projet d’hydrogène vert, développé notamment avec ACWA Power, avait atteint environ 80 % d’avancement au début de 2025, avec une mise en service progressive envisagée à partir de 2027. <br />   <br />  Il serait donc excessif de présenter l’ensemble de NEOM comme un projet fictif ou abandonné. Mais les révisions de calendrier, la priorisation de certains modules et les interrogations sur les coûts révèlent une tension croissante entre ambition politique et rationalité économique. <br />   <br />  Le danger pour le sport power saoudien réside dans la répétition de cette logique : annoncer des transformations spectaculaires, associer leur réalisation à un calendrier politique et médiatique, puis devoir réduire ou phaser les projets lorsque les contraintes financières, techniques ou opérationnelles apparaissent. <br />   <br />  Une stratégie de puissance ne peut durablement reposer sur la seule capacité à produire des annonces. Elle doit être évaluée à partir des infrastructures effectivement livrées, de leur utilisation après les événements et de leur contribution réelle à l’économie nationale. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le mégaprojet comme prolongement de l’autorité politique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Cette préférence pour les projets monumentaux n’est pas uniquement économique. Elle participe à la construction d’un nouveau récit politique saoudien. <br />   <br />  La littérature récente consacrée à la politique sportive du royaume souligne que le football et Vision 2030 sont étroitement liés au processus de centralisation du pouvoir autour de Mohammed ben Salmane. Le sport sert simultanément à moderniser l’image du pays, à mobiliser le sentiment national et à légitimer un ordre politique restructuré. <br />   <br />  Le risque est alors de voir la politique sportive se confondre progressivement avec la mise en scène personnelle du prince héritier. Les investissements, les compétitions et les projets urbains ne sont plus seulement présentés comme des politiques publiques ; ils deviennent les manifestations visibles de sa capacité à transformer le pays. Cette personnalisation peut accélérer la prise de décision. Elle permet de mobiliser rapidement les institutions, les financements publics et les entreprises contrôlées par l’État. <br />   <br />  Mais elle fragilise également la continuité stratégique. Une politique durable nécessite des institutions capables de fonctionner au-delà d’un dirigeant, des mécanismes d’évaluation indépendants, des critères transparents d’allocation des ressources et une capacité à reconnaître les échecs. <br />   <br />  Lorsque chaque projet est intégré à un récit de réussite nationale et personnelle, la possibilité de le réviser objectivement devient politiquement plus difficile. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Newcastle United, laboratoire européen du PIF</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L’acquisition de Newcastle United en octobre 2021 devait fournir au Public Investment Fund un instrument de projection comparable à ceux construits par Abu Dhabi avec Manchester City ou par Qatar Sports Investments avec le Paris Saint-Germain. <br />   <br />  Les premiers résultats ont été significatifs. Le club s’est qualifié pour la Ligue des champions, a retrouvé une compétitivité nationale et a renforcé considérablement ses revenus commerciaux. En 2025, Newcastle a annoncé un chiffre d’affaires record d’environ 335 millions de livres sterling. Le club a également remporté la Coupe de la Ligue anglaise, mettant fin à plusieurs décennies sans trophée national majeur. <br />   <br />  Il serait donc incorrect de parler d’un échec absolu. Newcastle a progressé sportivement, commercialement et institutionnellement depuis sa reprise. <br />   <br />  Cependant, le club n’a pas reproduit la trajectoire rapide de Manchester City ou du Paris Saint-Germain. Les règles de rentabilité et de soutenabilité financière de la Premier League, ainsi que les normes de l’UEFA, limitent la capacité du PIF à injecter directement des capitaux sans augmentation parallèle des revenus. <br />   <br />  Newcastle doit ainsi vendre des joueurs, développer ses recettes commerciales et arbitrer entre ambitions sportives et contraintes comptables. Le modèle fondé sur une dépense presque illimitée, utilisé lors des premières années de transformation de Manchester City et du PSG, est devenu beaucoup plus difficile à reproduire. <br />   <br />  Cette situation montre que la puissance financière souveraine ne se traduit pas automatiquement en domination sportive. Le football européen dispose désormais de mécanismes réglementaires, certes imparfaits et contestés, qui ralentissent la conversion directe du capital public en succès. <br />   <br />  Newcastle constitue donc un actif d’influence important, mais son développement reste plus lent, plus incertain et plus contraint que ne le laissait imaginer la puissance financière du PIF. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La Coupe du monde 2034, test ultime du sport power saoudien</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>La réussite du projet dépendra de la capacité du royaume à passer d’une politique d’acquisition à une politique d’enracinement.</strong> <br />   <br />  Il ne suffira pas d’organiser une Coupe du monde techniquement réussie. Il faudra démontrer que les stades disposent d’un avenir après le tournoi, que la Saudi Pro League peut conserver son public international après le départ de Cristiano Ronaldo, que les clubs deviennent économiquement plus autonomes et que les investissements sportifs produisent des bénéfices durables pour la population. <br />   <br />  Il faudra également accepter que la modernisation ne puisse être réduite à une succession de symboles architecturaux et de compétitions mondiales. Une stratégie crédible exige une gouvernance transparente, une planification réaliste et une distinction plus claire entre politique publique, ambition nationale et mise en scène personnelle du pouvoir. <br />   <br />  Pour l’Arabie saoudite, la route vers le statut de grande puissance sportive semble désormais passer par Riyad, Djeddah, Newcastle et les futurs stades du Mondial 2034. <br />   <br />  Mais si cette ascension demeure fondée sur l’hyper-personnalisation du pouvoir, la dépendance aux dépenses souveraines et la multiplication de projets dont la portée symbolique dépasse parfois la rationalité économique, elle risque de produire une puissance spectaculaire mais fragile…</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de l'auteur</b></div>
     <div>
      <div class="photo shadow top" style="margin-bottom: 10px"><img alt="L'empire de l'or égyptien : comment Le Caire militarise les ressources aurifères du Soudan pour bâtir la future place financière de l'or en Afrique. Tribune libre Dr. Yassine El Yattioui" class="not-responsive" src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97300300-67782255.jpg?v=1783785563" title="L'empire de l'or égyptien : comment Le Caire militarise les ressources aurifères du Soudan pour bâtir la future place financière de l'or en Afrique. Tribune libre Dr. Yassine El Yattioui" /></div>    <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote>  <div><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/dr-yassine-el-yattioui-b5a48a126/" target="_blank">Dr. Yassine El Yattioui </a>  <br />  Docteur en Science Politique et Relations Internationales à l'Université de Salamanque (Espagne) <br />  Enseignant-chercheur à l'Université Lumière Lyon II (France) <br />  Chercheur associé à la Benemérita Universidad Autónoma de Puebla - BUAP (Mexique)</div>  </blockquote>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <strong><span data-url="ca://s?q=Saudi_Arabia" role="button" tabindex="0">Saudi_Arabia</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Riyadh" role="button" tabindex="0">Riyadh</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Jeddah" role="button" tabindex="0">Jeddah</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Gulf_Region" role="button" tabindex="0">Gulf_Region</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Middle_East" role="button" tabindex="0">Middle_East</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Vision_2030" role="button" tabindex="0">Vision_2030</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=NEOM" role="button" tabindex="0">NEOM</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Saudi_Pro_League" role="button" tabindex="0">Saudi_Pro_League</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Public_Investment_Fund" role="button" tabindex="0">Public_Investment_Fund</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=World_Cup_2034" role="button" tabindex="0">World_Cup_2034&nbsp;</span><span data-url="ca://s?q=Saudi_Football" role="button" tabindex="0">Saudi_Football</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Saudi_Pro_League" role="button" tabindex="0">Saudi_Pro_League</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Al_Hilal" role="button" tabindex="0">Al_Hilal</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Al_Nassr" role="button" tabindex="0">Al_Nassr</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Al_Ittihad" role="button" tabindex="0">Al_Ittihad</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Cristiano_Ronaldo" role="button" tabindex="0">Cristiano_Ronaldo</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=World_Cup_2034" role="button" tabindex="0">World_Cup_2034</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Gulf_Football" role="button" tabindex="0">Gulf_Football</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Football_Geopolitics" role="button" tabindex="0">Football_Geopolitics</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=PIF_Football" role="button" tabindex="0">PIF_Football</span></strong>
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   <title>Le sport saoudien à l'épreuve du réel : de la vision 2030 au Mondial 2034. Tribune libre de Dr. Yassine El Yattioui </title>
   <pubDate>Thu, 16 Jul 2026 15:56:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique]]></dc:subject>
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   Faire du sport un levier de puissance : telle est l’ambition du royaume saoudien, qui voit dans le Mondial 2034 l’aboutissement d’une stratégie mêlant diplomatie, modernisation sociale et influence globale. Mais derrière l’élan de Vision 2030 affleurent des fragilités structurelles, entre dépendance aux mégaprojets, centralisation du pouvoir et difficulté à convertir la visibilité en influence durable.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
       <br />  <!--cke_bookmark_679S--><!--cke_bookmark_679E-->
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le Mondial 2034, vitrine d’une puissance saoudienne en construction</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Lorsque l’Arabie saoudite a été officiellement désignée, le 11 décembre 2024, pour organiser la Coupe du monde de football 2034, cette décision a immédiatement été interprétée comme l’aboutissement d’un projet multidimensionnel fort entremêlant diplomatie, influence, image de marque et économie. Seule candidate encore en lice, la Fédération saoudienne de football avait présenté un projet reposant sur cinq villes hôtes, quinze stades et une transformation accélérée des infrastructures sportives, urbaines et touristiques du royaume. <br />   <br />  Pour Riyad, l’organisation du plus grand événement sportif mondial ne constitue cependant pas une finalité isolée. Elle s’inscrit dans une architecture géoéconomique beaucoup plus vaste où investissements souverains, diplomatie sportive, transformation sociale, tourisme, divertissement et politique étrangère convergent autour d’un même objectif : faire du sport l’un des principaux vecteurs de la puissance saoudienne au XXIe siècle. <br />   <br />  Depuis le lancement de Vision 2030 en avril 2016, le royaume ne considère plus le sport comme une simple politique sectorielle. Il en a fait un instrument de diversification économique, un levier de mobilisation de sa jeunesse, un support de nationalisme institutionnel et une vitrine de sa modernisation. Le sport doit à la fois transformer la société saoudienne de l’intérieur et modifier la perception du pays à l’extérieur. <br />   <br />  Mais derrière l’ampleur des investissements et la multiplication des compétitions apparaissent plusieurs fragilités. La <a class="link" href="https://www.spl.com.sa/en" target="_blank">Saudi Pro League</a>  reste encore faiblement intégrée aux habitudes médiatiques internationales. Le développement de Newcastle United, racheté par le Fond Souverain saoudien (PIF – Public Investment Fund) est encadré par les règles financières du football européen. Plusieurs mégaprojets associés à la transformation saoudienne, à commencer par NEOM, connaissent des révisions, des phasages ou des interrogations croissantes quant à leur soutenabilité. Enfin, l’extrême personnalisation de la stratégie autour du prince héritier Mohammed ben Salmane limite l’institutionnalisation d’une véritable politique sportive de long terme. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vision 2030 : du sport de loisir au sport de puissance</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La place accordée au sport dans Vision 2030 répond d’abord à des transformations internes. L’Arabie saoudite compte 63% de sa population qui est âgée de moins de 30 ans ajouté à une urbanisation croissante. Le développement d’une économie du divertissement doit permettre de répondre aux attentes sociales de cette jeunesse, mais également de conserver dans le royaume une partie des dépenses traditionnellement réalisées à l’étranger. <br />   <br />  Cette stratégie a déjà produit des effets mesurables. Selon les données officielles de Vision 2030, la proportion d’adultes pratiquant au moins 150 minutes d’activité physique par semaine aurait atteint 59,1 % en 2025, dépassant les objectifs intermédiaires fixés par les autorités. La participation sportive des femmes aurait, quant à elle, progressé de plus de 150 % depuis le lancement du programme, avec plus de 330 000 sportives enregistrées selon les chiffres gouvernementaux communiqués en 2024. <br />   <br />  Ces résultats ne doivent pas être minimisés. Dans un pays longtemps marqué par une offre limitée de loisirs publics, l’ouverture des stades aux femmes, le développement du sport scolaire, l’émergence de compétitions féminines et la multiplication des manifestations sportives représentent de véritables transformations sociales. <br />   <br />  <strong>Le sport power saoudien ne se réduit donc pas à une stratégie exclusivement tournée vers l’étranger. Il constitue également un instrument de reconfiguration du contrat social</strong>. Le divertissement, les compétitions internationales et les nouvelles pratiques sportives participent à la construction d’une relation renouvelée entre l’État, la jeunesse et la société. <br />   <br />  Cette difficulté à institutionnaliser une véritable production de connaissances se retrouve également dans le projet SAFFIR (<a class="link" href="https://saffir.com.sa/" target="_blank">Saudi Arabian Football Federation Institute of Research</a>), lancé par la Fédération saoudienne de football et dirigé par l'historien français <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/pierre-lanfranchi-787ab017/" target="_blank">Pierre Lanfranchi</a>. Présenté comme le premier centre de recherche consacré au football directement rattaché à une fédération nationale, SAFFIR ambitionne de devenir une référence mondiale en matière de recherche appliquée au football et d'éclairer les décideurs sportifs par la production de travaux scientifiques. Pourtant, malgré cette ambition affichée, son influence demeure aujourd'hui relativement limitée. <br />   <br />  Les publications, séminaires et programmes de recherche peinent encore à produire des livrables identifiables ayant une réelle portée dans les politiques publiques sportives, la gouvernance du football ou les grandes décisions stratégiques de la Fédération saoudienne. Plus largement, SAFFIR souffre d'une faible visibilité académique internationale, d'un nombre encore restreint de productions scientifiques de référence et d'un impact difficilement perceptible sur les débats contemporains relatifs à l'économie, à la gouvernance ou à la diplomatie du football. Ce décalage entre les ambitions initiales et les résultats observables illustre une limite plus générale de la stratégie sportive saoudienne : investir massivement dans les structures ne garantit pas, à lui seul, la production d'une influence intellectuelle durable ni d'un véritable leadership scientifique. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le football, langue nationale de la société saoudienne</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Cette politique bénéficie d’un avantage que plusieurs autres monarchies du Golfe ne possèdent pas au même degré : l’existence d’une véritable culture populaire du football. <br />   <br />  L’Arabie saoudite n’a pas découvert ce sport avec l’arrivée de Cristiano Ronaldo à Al-Nassr en janvier 2023. Le royaume a remporté trois Coupes d’Asie, participé régulièrement à la Coupe du monde depuis 1994 et développé des clubs disposant d’un ancrage social et territorial ancien. Al-Hilal, Al-Ittihad, Al-Ahli et Al-Nassr ne sont pas des marques créées artificiellement pour répondre aux besoins de Vision 2030. Ils constituent des institutions sportives profondément enracinées dans les métropoles de Riyad et de Djeddah. Par exemple, le club d’Al-Ittihad, ancien club de Karim Benzema ou de N’Golo Kanté, existe depuis 1927 et fêtera donc son centenaire, la saison prochaine. <br />   <br />  La saison 2025-2026 de la Saudi Pro League a attiré près de 2,3 millions de spectateurs dans les stades, soit une progression de 11 % par rapport à la décennie précédente. Plusieurs rencontres ont dépassé les 50 000 spectateurs, notamment les grandes affiches organisées à Djeddah. <br />   <br />  Cette fréquentation demeure inégalement répartie entre les clubs et dépend fortement des derbys et des grandes équipes. Elle révèle néanmoins l’existence d’un marché intérieur réel. Contrairement à certains championnats voisins, dont l’intérêt reste souvent concentré sur les équipes nationales ou les grands événements ponctuels, le championnat saoudien bénéficie d’un public local historiquement attaché à ses clubs. <br />   <br />  Cette réalité constitue l’une des principales forces du projet saoudien. La stratégie ne repose pas uniquement sur l’importation de stars internationales. Elle s’appuie sur une société où le football est déjà un élément central de la culture populaire. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La Saudi Pro League, puissance financière sans centralité médiatique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L’arrivée de Cristiano Ronaldo devait transformer la visibilité du championnat. Elle a effectivement produit une rupture majeure. Karim Benzema, Sadio Mané, Riyad Mahrez, Kalidou Koulibaly, Roberto Firmino, Sergej Milinković-Savić ou encore Aleksandar Mitrović ont rejoint les clubs saoudiens au cours des saisons suivantes. <br />   <br />  La Saudi Pro League affirme désormais être diffusée dans plus de 160 pays et sur plusieurs dizaines de plateformes. Pour la saison 2025-2026, elle indique avoir étendu sa présence à environ 180 pays et revendique une audience cumulée pouvant atteindre 230 millions de téléspectateurs au cours de la saison précédente. <br />   <br />  Ces chiffres doivent toutefois être interprétés avec prudence. Une présence dans 160 ou 180 territoires ne signifie pas que le championnat bénéficie dans chacun d’entre eux d’une audience régulière et significative. La couverture géographique mesure la disponibilité potentielle du produit, non son enracinement effectif dans les habitudes de consommation. <br />   <br />  La distinction entre portée théorique et audience réelle est centrale. Une compétition peut être disponible sur une plateforme internationale sans être véritablement suivie. Elle peut également enregistrer une audience cumulée importante en additionnant des téléspectateurs occasionnels, des extraits numériques et des rencontres regardées principalement pour Cristiano Ronaldo, sans que cette consommation ne débouche sur une fidélité durable envers les clubs ou le championnat. <br />   <br />  <strong>C’est ici que se situe le principal paradoxe de la Saudi Pro League. Elle a acquis une forte notoriété internationale, mais pas encore une véritable centralité médiatique. Ses joueurs sont connus, ses résultats circulent sur les réseaux sociaux, ses buts sont largement partagés, mais son feuilleton sportif reste marginal dans la plupart des grands marchés footballistiques.</strong> <br />   <br />  En effet, les données d’audience disponibles illustrent avec une particulière netteté les difficultés rencontrées par la Saudi Pro League pour s’imposer dans le paysage audiovisuel français. Selon les informations rapportées par Sacha Nokovitch dans L’Équipe, les rencontres phares rassemblerait environ 15 000 téléspectateurs sur Canal+ Sport, lors de la saison 2024-2025. D’après les mesures de Médiamétrie, le match saoudien aurait ainsi représenté une part d’audience arrondie à 0 % sur l’ensemble du public. <br />   <br />  Ces résultats témoignent d’un décalage persistant entre la notoriété internationale de certains joueurs recrutés par les clubs saoudiens et la capacité réelle de la compétition à susciter un intérêt régulier auprès des publics étrangers. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le projet Zack Nani, révélateur d’une fragilité médiatique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L’acquisition des droits français de la Saudi Pro League par le créateur de contenu Zack Nani constitue, à cet égard, un cas particulièrement révélateur. <br />   <br />  En août 2025, le streamer français a obtenu les droits lui permettant de diffuser gratuitement sur YouTube et Twitch jusqu’à trois rencontres par semaine, avec l’obligation d’en proposer au moins une par journée de championnat. Le montant exact de l’accord n’a pas été officiellement communiqué, mais plusieurs médias spécialisés ont évoqué un investissement à six chiffres. Zack Nani disposait alors d’une communauté dépassant 900 000 abonnés sur YouTube et environ 650 000 abonnés sur Twitch. <br />   <br />  Cette initiative peut être présentée comme une innovation. Elle permet de toucher un public jeune, habitué aux plateformes numériques et moins dépendant de la télévision traditionnelle. Elle correspond également aux transformations contemporaines de la consommation sportive, marquées par l’interaction, les commentaires communautaires et l’émergence de créateurs capables de fédérer des audiences spécifiques. <br />   <br />  Mais le recours à un créateur de contenu pour diffuser gratuitement une compétition disposant de stars mondiales révèle aussi les limites de sa valorisation sur certains marchés. En France, malgré la présence de Karim Benzema, Yassine Bono, Moussa Diaby ou Riyad Mahrez, le championnat n’a pas encore suscité un niveau de demande permettant d’en faire un produit premium comparable aux grands championnats européens. <br />   <br />  Le projet Zack Nani constitue ainsi à la fois une stratégie d’adaptation et un symptôme. Il montre que la ligue sait expérimenter de nouveaux modes de diffusion, mais également qu’elle peine à convaincre les diffuseurs traditionnels et les consommateurs de payer durablement pour son contenu. <br />   <br />  La gratuité permet de créer de la visibilité. Elle ne garantit ni la rentabilité des droits ni l’attachement à long terme au produit. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une économie de l’attention encore dépendante de Cristiano Ronaldo</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le cas de Cristiano Ronaldo résume cette contradiction. Son arrivée a donné au championnat une visibilité incomparable. Son influence sur les réseaux sociaux offre à Al-Nassr et à la ligue une exposition que presque aucun investissement publicitaire traditionnel n’aurait pu acheter. <br />   <br />  Mais cette centralité individuelle constitue également une vulnérabilité. Une part importante de l’attention internationale demeure concentrée sur un seul joueur. Le championnat peut donc enregistrer une forte visibilité numérique sans parvenir à convertir cette exposition en intérêt structurel pour l’ensemble de la compétition. <br />   <br />  <strong>La différence entre «&nbsp;celebrity branding&nbsp;» et «&nbsp;league branding&nbsp;» est ici fondamentale. </strong>Le premier repose sur la notoriété d’une personnalité ; le second exige que la compétition elle-même devienne une marque autonome. <br />   <br />  Or l’influence d’une star est par définition temporaire. La Saudi Pro League doit préparer l’après-Ronaldo en développant ses propres récits, en améliorant son équilibre compétitif, en valorisant ses joueurs saoudiens et en construisant une identité éditoriale capable de survivre au départ de ses principales vedettes. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>NEOM, vitrine futuriste ou avertissement stratégique ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L’association entre la Coupe du monde 2034 et <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Neom_Sports_Club" target="_blank">NEOM</a>  illustre les risques d’une stratégie fondée sur les mégaprojets. <br />   <br />  Annoncé comme l’un des principaux laboratoires urbains de Vision 2030, NEOM devait symboliser la rupture du royaume avec son modèle économique traditionnel. «&nbsp;The Line&nbsp;», ville linéaire initialement présentée sur une longueur de 170 kilomètres, devait devenir l’incarnation architecturale de cette ambition. <br />   <br />  La communication officielle décrit désormais The Line comme un projet « multi-phases » développé selon une approche progressive et adaptée à la demande. Cette évolution sémantique traduit un éloignement par rapport à la représentation initiale d’une réalisation rapide et intégrale. <br />   <br />  Certains segments de NEOM connaissent des avancées concrètes. Le projet d’hydrogène vert, développé notamment avec ACWA Power, avait atteint environ 80 % d’avancement au début de 2025, avec une mise en service progressive envisagée à partir de 2027. <br />   <br />  Il serait donc excessif de présenter l’ensemble de NEOM comme un projet fictif ou abandonné. Mais les révisions de calendrier, la priorisation de certains modules et les interrogations sur les coûts révèlent une tension croissante entre ambition politique et rationalité économique. <br />   <br />  Le danger pour le sport power saoudien réside dans la répétition de cette logique : annoncer des transformations spectaculaires, associer leur réalisation à un calendrier politique et médiatique, puis devoir réduire ou phaser les projets lorsque les contraintes financières, techniques ou opérationnelles apparaissent. <br />   <br />  Une stratégie de puissance ne peut durablement reposer sur la seule capacité à produire des annonces. Elle doit être évaluée à partir des infrastructures effectivement livrées, de leur utilisation après les événements et de leur contribution réelle à l’économie nationale. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le mégaprojet comme prolongement de l’autorité politique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Cette préférence pour les projets monumentaux n’est pas uniquement économique. Elle participe à la construction d’un nouveau récit politique saoudien. <br />   <br />  La littérature récente consacrée à la politique sportive du royaume souligne que le football et Vision 2030 sont étroitement liés au processus de centralisation du pouvoir autour de Mohammed ben Salmane. Le sport sert simultanément à moderniser l’image du pays, à mobiliser le sentiment national et à légitimer un ordre politique restructuré. <br />   <br />  Le risque est alors de voir la politique sportive se confondre progressivement avec la mise en scène personnelle du prince héritier. Les investissements, les compétitions et les projets urbains ne sont plus seulement présentés comme des politiques publiques ; ils deviennent les manifestations visibles de sa capacité à transformer le pays. Cette personnalisation peut accélérer la prise de décision. Elle permet de mobiliser rapidement les institutions, les financements publics et les entreprises contrôlées par l’État. <br />   <br />  Mais elle fragilise également la continuité stratégique. Une politique durable nécessite des institutions capables de fonctionner au-delà d’un dirigeant, des mécanismes d’évaluation indépendants, des critères transparents d’allocation des ressources et une capacité à reconnaître les échecs. <br />   <br />  Lorsque chaque projet est intégré à un récit de réussite nationale et personnelle, la possibilité de le réviser objectivement devient politiquement plus difficile. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Newcastle United, laboratoire européen du PIF</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L’acquisition de Newcastle United en octobre 2021 devait fournir au Public Investment Fund un instrument de projection comparable à ceux construits par Abu Dhabi avec Manchester City ou par Qatar Sports Investments avec le Paris Saint-Germain. <br />   <br />  Les premiers résultats ont été significatifs. Le club s’est qualifié pour la Ligue des champions, a retrouvé une compétitivité nationale et a renforcé considérablement ses revenus commerciaux. En 2025, Newcastle a annoncé un chiffre d’affaires record d’environ 335 millions de livres sterling. Le club a également remporté la Coupe de la Ligue anglaise, mettant fin à plusieurs décennies sans trophée national majeur. <br />   <br />  Il serait donc incorrect de parler d’un échec absolu. Newcastle a progressé sportivement, commercialement et institutionnellement depuis sa reprise. <br />   <br />  Cependant, le club n’a pas reproduit la trajectoire rapide de Manchester City ou du Paris Saint-Germain. Les règles de rentabilité et de soutenabilité financière de la Premier League, ainsi que les normes de l’UEFA, limitent la capacité du PIF à injecter directement des capitaux sans augmentation parallèle des revenus. <br />   <br />  Newcastle doit ainsi vendre des joueurs, développer ses recettes commerciales et arbitrer entre ambitions sportives et contraintes comptables. Le modèle fondé sur une dépense presque illimitée, utilisé lors des premières années de transformation de Manchester City et du PSG, est devenu beaucoup plus difficile à reproduire. <br />   <br />  Cette situation montre que la puissance financière souveraine ne se traduit pas automatiquement en domination sportive. Le football européen dispose désormais de mécanismes réglementaires, certes imparfaits et contestés, qui ralentissent la conversion directe du capital public en succès. <br />   <br />  Newcastle constitue donc un actif d’influence important, mais son développement reste plus lent, plus incertain et plus contraint que ne le laissait imaginer la puissance financière du PIF. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La Coupe du monde 2034, test ultime du sport power saoudien</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>La réussite du projet dépendra de la capacité du royaume à passer d’une politique d’acquisition à une politique d’enracinement.</strong> <br />   <br />  Il ne suffira pas d’organiser une Coupe du monde techniquement réussie. Il faudra démontrer que les stades disposent d’un avenir après le tournoi, que la Saudi Pro League peut conserver son public international après le départ de Cristiano Ronaldo, que les clubs deviennent économiquement plus autonomes et que les investissements sportifs produisent des bénéfices durables pour la population. <br />   <br />  Il faudra également accepter que la modernisation ne puisse être réduite à une succession de symboles architecturaux et de compétitions mondiales. Une stratégie crédible exige une gouvernance transparente, une planification réaliste et une distinction plus claire entre politique publique, ambition nationale et mise en scène personnelle du pouvoir. <br />   <br />  Pour l’Arabie saoudite, la route vers le statut de grande puissance sportive semble désormais passer par Riyad, Djeddah, Newcastle et les futurs stades du Mondial 2034. <br />   <br />  Mais si cette ascension demeure fondée sur l’hyper-personnalisation du pouvoir, la dépendance aux dépenses souveraines et la multiplication de projets dont la portée symbolique dépasse parfois la rationalité économique, elle risque de produire une puissance spectaculaire mais fragile…</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de l'auteur</b></div>
     <div>
      <div class="photo shadow top" style="margin-bottom: 10px"><img alt="L'empire de l'or égyptien : comment Le Caire militarise les ressources aurifères du Soudan pour bâtir la future place financière de l'or en Afrique. Tribune libre Dr. Yassine El Yattioui" class="not-responsive" src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/97300300-67782255.jpg?v=1783785563" title="L'empire de l'or égyptien : comment Le Caire militarise les ressources aurifères du Soudan pour bâtir la future place financière de l'or en Afrique. Tribune libre Dr. Yassine El Yattioui" /></div>    <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote>  <div><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/dr-yassine-el-yattioui-b5a48a126/" target="_blank">Dr. Yassine El Yattioui </a>  <br />  Docteur en Science Politique et Relations Internationales à l'Université de Salamanque (Espagne) <br />  Enseignant-chercheur à l'Université Lumière Lyon II (France) <br />  Chercheur associé à la Benemérita Universidad Autónoma de Puebla - BUAP (Mexique)</div>  </blockquote>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <strong><span data-url="ca://s?q=Saudi_Arabia" role="button" tabindex="0">Saudi_Arabia</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Riyadh" role="button" tabindex="0">Riyadh</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Jeddah" role="button" tabindex="0">Jeddah</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Gulf_Region" role="button" tabindex="0">Gulf_Region</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Middle_East" role="button" tabindex="0">Middle_East</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Vision_2030" role="button" tabindex="0">Vision_2030</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=NEOM" role="button" tabindex="0">NEOM</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Saudi_Pro_League" role="button" tabindex="0">Saudi_Pro_League</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Public_Investment_Fund" role="button" tabindex="0">Public_Investment_Fund</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=World_Cup_2034" role="button" tabindex="0">World_Cup_2034&nbsp;</span><span data-url="ca://s?q=Saudi_Football" role="button" tabindex="0">Saudi_Football</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Saudi_Pro_League" role="button" tabindex="0">Saudi_Pro_League</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Al_Hilal" role="button" tabindex="0">Al_Hilal</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Al_Nassr" role="button" tabindex="0">Al_Nassr</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Al_Ittihad" role="button" tabindex="0">Al_Ittihad</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Cristiano_Ronaldo" role="button" tabindex="0">Cristiano_Ronaldo</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=World_Cup_2034" role="button" tabindex="0">World_Cup_2034</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Gulf_Football" role="button" tabindex="0">Gulf_Football</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=Football_Geopolitics" role="button" tabindex="0">Football_Geopolitics</span></strong>, # <strong><span data-url="ca://s?q=PIF_Football" role="button" tabindex="0">PIF_Football</span></strong>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.veillemag.com/Le-sport-saoudien-a-l-epreuve-du-reel-de-la-vision-2030-au-Mondial-2034-Tribune-libre-de-Dr-Yassine-El-Yattioui_a7951.html</link>
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   <title>Coupe du monde de foot 2026 : Droit au but, le monde en tension</title>
   <pubDate>Mon, 08 Jun 2026 10:50:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Sous la surface brillante d’un tournoi censé rassembler la planète, la Coupe du monde 2026 lrévèle des lignes de fracture bien plus profondes. En Amérique du Nord, le football ne se contente plus d’être un spectacle : il devient un vecteur de puissance, un révélateur des tensions migratoires et un terrain d’expérimentation pour un monde qui bascule vers la multipolarité. Trois pays se partagent l’affiche, mais derrière les stades et les cérémonies, c’est une autre histoire qui se joue, celle d’un système international en recomposition, où chaque match semble faire vibrer un pan de la géopolitique contemporaine.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/96890015-67532829.jpg?v=1780911356" alt="Coupe du monde de foot 2026 : Droit au but, le monde en tension" title="Coupe du monde de foot 2026 : Droit au but, le monde en tension" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: center;"> <br />  <a class="link" href="https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7469643153608843264/" target="_blank">Source</a> </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un mondial sous hégémonie américaine</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Officiellement tri‑national, le tournoi repose en réalité sur un déséquilibre massif : 78 matchs aux États‑Unis, 13 au Canada, 13 au Mexique. <br />   <br />  Cette distribution dit tout de la centralité américaine, dont les infrastructures, la capacité d’accueil et la puissance économique imposent leur rythme. Le mondial épouse la géographie de l’<a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Accord_Canada%E2%80%93%C3%89tats-Unis%E2%80%93Mexique" target="_blank">USMCA</a>, où les métropoles hôtes sont autant de nœuds logistiques que de vitrines sportives. Le football devient un prolongement des chaînes de valeur nord‑américaines, un spectacle inscrit dans les flux commerciaux autant que dans les récits nationaux. Sous la façade de coopération, c’est bien Washington qui orchestre l’événement et en capte la rentabilité symbolique.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Trois nations, trois récits concurrents</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><b _ngcontent-ng-c1563440087="" class="ng-star-inserted" data-start-index="1424">« Aucun risque... Toutes les garanties de sécurité sont réunies. »</b><span _ngcontent-ng-c1563440087="" class="ng-star-inserted" data-start-index="1490"> — Claudia Sheinbaum, Présidente du Mexique.</span>  <blockquote>  <div _ngcontent-ng-c1563440087="" class="paragraph normal ng-star-inserted" data-start-index="1777"><b _ngcontent-ng-c1563440087="" class="ng-star-inserted" data-start-index="1777">Chiffres clés du dispositif de sécurité :</b></div>    <ul _ngcontent-ng-c2801706693="" class="ng-star-inserted">  	<li _ngcontent-ng-c1563440087="" class="paragraph list-item normal ng-star-inserted" data-start-index="1818"><b _ngcontent-ng-c1563440087="" class="ng-star-inserted" data-start-index="1818">100 000 agents</b><span _ngcontent-ng-c1563440087="" class="ng-star-inserted" data-start-index="1832"> mobilisés (publics et privés).</span></li>  	<li _ngcontent-ng-c1563440087="" class="paragraph list-item normal ng-star-inserted" data-start-index="1863"><b _ngcontent-ng-c1563440087="" class="ng-star-inserted" data-start-index="1863">20 000 militaires</b><span _ngcontent-ng-c1563440087="" class="ng-star-inserted" data-start-index="1880"> et gardes nationaux déployés en renfort territorial.</span></li>  	<li _ngcontent-ng-c1563440087="" class="paragraph list-item normal ng-star-inserted" data-start-index="1933"><b _ngcontent-ng-c1563440087="" class="ng-star-inserted" data-start-index="1933">55 000 policiers</b><span _ngcontent-ng-c1563440087="" class="ng-star-inserted" data-start-index="1949"> dédiés à la sécurisation urbaine.</span></li>  	<li _ngcontent-ng-c1563440087="" class="paragraph list-item normal ng-star-inserted" data-start-index="1983"><b _ngcontent-ng-c1563440087="" class="ng-star-inserted" data-start-index="1983">2 500 véhicules</b><span _ngcontent-ng-c1563440087="" class="ng-star-inserted" data-start-index="1998"> et </span><b _ngcontent-ng-c1563440087="" class="ng-star-inserted" data-start-index="2002">24 aéronefs</b><span _ngcontent-ng-c1563440087="" class="ng-star-inserted" data-start-index="2013">, incluant l'avion-radar EMB-145 et </span><b _ngcontent-ng-c1563440087="" class="ng-star-inserted" data-start-index="2049">trois chasseurs F5</b><span _ngcontent-ng-c1563440087="" class="ng-star-inserted" data-start-index="2067">.</span></li>  	<li _ngcontent-ng-c1563440087="" class="paragraph list-item normal ng-star-inserted" data-start-index="2068"><b _ngcontent-ng-c1563440087="" class="ng-star-inserted" data-start-index="2068">113 814 caméras</b><span _ngcontent-ng-c1563440087="" class="ng-star-inserted" data-start-index="2083"> de vidéosurveillance à Mexico, dépassant les capacités de New York.</span></li>  	<li _ngcontent-ng-c1563440087="" class="paragraph list-item normal ng-star-inserted" data-start-index="2151"><b _ngcontent-ng-c1563440087="" class="ng-star-inserted" data-start-index="2151">Neutralisation de drones :</b><span _ngcontent-ng-c1563440087="" class="ng-star-inserted" data-start-index="2177"> Formations tactiques spécifiques dispensées par les forces américaines pour contrer les menaces aériennes asymétriques.</span></li>  </ul>  </blockquote>  Chaque pays utilise la compétition pour affirmer une vision du monde. <br />   <br />  Les États‑Unis veulent transformer le football en produit culturel total, tout en assumant une contradiction majeure : célébrer un sport de mobilité dans un pays obsédé par le contrôle des frontières. Le Canada, lui, fait du mondial la démonstration de son multiculturalisme, comme un contre‑récit adressé à son voisin du Sud. Le Mexique, enfin, puise dans son histoire : accueillir pour la troisième fois la Coupe du monde, c’est réactiver la mémoire sacrée du stade Azteca et inscrire le pays dans une continuité mythologique que les autres n’ont pas. <br />   <br />  La géographie du soutien populaire bouleversera l’équilibre sportif. Dans un pays où un habitant sur cinq est hispanique, Los Angeles, Houston ou Miami deviendront des prolongements naturels de l’Amérique latine. Les tribunes offriront un territoire symbolique aux nations du Sud, tandis que les contrôles migratoires rappelleront la dureté des frontières. Le tournoi se jouera autant dans les stades que dans les mémoires diasporiques, révélant une Amérique traversée par des allégeances multiples.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’expansion du tournoi, arme du Sud Global</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le passage à 48 équipes n’est pas une simple réforme sportive. Il offre une scène nouvelle à l’Afrique, à l’Asie et aux petits États qui voient dans la qualification un acte de souveraineté. Panama, Haïti ou Curaçao utiliseront cette visibilité comme un outil diplomatique. La FIFA, devenue puissance transnationale, arbitre désormais entre les marchés occidentaux et les ambitions du Sud Global, dessinant une géopolitique mouvante où le football sert de levier d’influence. <br />   <br />  <strong><span style="white-space: pre-wrap;">La Coupe du monde 2026 mettra en scène deux réalités parallèles : celle, spectaculaire, du jeu, et celle, plus profonde, des tensions politiques. Entre un ballon qui circule librement et des frontières qui se ferment, l’événement révélera la difficulté croissante à croire en l’universalité du sport. Le mondial devient un laboratoire du futur, où se lisent déjà les rapports de force d’un monde fragmenté.</span></strong> <br />   <br />  <b _ngcontent-ng-c1563440087="" class="ng-star-inserted" data-start-index="4350">« L’issue la plus plausible à court terme semble être un accord interne de commandement partagé (...) la poursuite des activités du groupe reste (...) l’option la plus logique. »</b><span _ngcontent-ng-c1563440087="" class="ng-star-inserted" data-start-index="4528"> — Eduardo Guerrero Gutiérrez, expert en sécurité.</span></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <br />  #GeopoliticsOfSport #WorldCup2026 #NorthAmericanPower #SoftPowerStrategy #GlobalMultipolarity #MigrationDynamics #DiasporaInfluence #USMexicoRelations #FIFAPolitics #GlobalSportEconomy
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/lukas-aubin-ph-d-b0872a6a/" target="_blank">Lukas Aubin</a>, Ph.D, est chercheur en géopolitique du sport et spécialiste reconnu des stratégies d’influence russes. Directeur de recherche à l’IRIS, il analyse la manière dont les États utilisent le sport comme outil de puissance, de diplomatie et de projection internationale. Auteur de plusieurs ouvrages de référence sur la Russie contemporaine et le sport globalisé, il décrypte les logiques de pouvoir qui traversent les compétitions mondiales, de la Coupe du monde aux Jeux olympiques, et éclaire les liens entre soft power, autoritarisme et recomposition géopolitique.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.veillemag.com/Coupe-du-monde-de-foot-2026-Droit-au-but-le-monde-en-tension_a7731.html</link>
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   <title>5 mai. Entre diplomatie et influence : le sport en première ligne. Livre blanc SMS &amp; EGE</title>
   <pubDate>Wed, 29 Apr 2026 09:24:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Longtemps présenté comme un espace neutre, le sport n’a jamais été un simple jeu. Il est devenu l’un des miroirs les plus sensibles du pouvoir, un lieu où se lisent les ambitions, les tensions et les récits que les sociétés produisent pour se gouverner. Le Livre blanc « Le sport au‑dessus des conflits, l’arbitre d’un monde sous tension ? », publié par l’École de Guerre Économique et la Sports Management School, analyse la manière dont le sport se retrouve au cœur des rivalités internationales. Une réflexion approfondie qui sera prolongée lors de la rencontre du 5 mai à l’EGE, en présence de Christian Harbulot et Michael Tapiro.     <div><b>Le terrain où le politique s’invite</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/96309572-67173137.jpg?v=1777448831" alt="5 mai. Entre diplomatie et influence : le sport en première ligne. Livre blanc SMS &amp; EGE" title="5 mai. Entre diplomatie et influence : le sport en première ligne. Livre blanc SMS &amp; EGE" />
     </div>
     <div>
      <blockquote><span style="white-space: pre-wrap;">Dès qu’un ballon roule, le politique n’est jamais loin. Les stades rassemblent des foules, fabriquent des émotions collectives, offrent des images capables de traverser les frontières. Les gouvernants l’ont compris : associer leur action à la ferveur sportive, c’est capter une part de cette énergie symbolique. Une victoire nationale devient un récit de cohésion, une candidature à un méga‑événement se transforme en démonstration de modernité, un plan pour le sport de haut niveau devient un marqueur de volontarisme. Le sport sert alors de langage, parfois de paravent, souvent de levier.</span> <br />  Au XXᵉ siècle, les États ont utilisé les grandes compétitions pour projeter leur image : Berlin 1936 pour la propagande, les boycotts des JO de 1980 et 1984 comme armes diplomatiques, ou encore la Coupe du monde 1998 pour renforcer une cohésion nationale. Chaque méga‑événement sportif reste un levier stratégique pour peser sur la scène internationale.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le sport, un sanctuaire fissuré</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L’ouvrage dresse un constat sans détour : le sport n’est pas un refuge préservé des tensions du monde. À mesure que les compétitions gagnent en visibilité et en valeur symbolique, elles deviennent des instruments d’influence pour les États, les acteurs économiques ou les organisations cherchant à peser sur les opinions. Le Livre blanc montre comment ce qui fut un terrain de paix se transforme en espace stratégique où se jouent réputation, puissance et diplomatie.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Neutralité proclamée, vulnérabilité réelle</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Les auteurs soulignent une contradiction majeure : le sport revendique la neutralité, mais évolue dans un environnement où tout est devenu politique. Dépendance financière, gouvernance fragile, pressions géopolitiques… <br />   <br />  L’écosystème sportif apparaît perméable aux ingérences. Le Livre blanc appelle à une <strong>neutralité opérationnelle</strong>, structurée et défendue, fondée sur des règles explicites, une transparence renforcée et une gouvernance capable de résister aux influences extérieures.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un débat nécessaire le 5 ma</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Ces enjeux seront au cœur de la rencontre du <strong>5 mai</strong> à l’EGE, où interviendront <strong>Christian Harbulot</strong>, directeur de l'EGE, et <strong>Michael Tapiro</strong>, expert du management sportif. <br />   <br />  Leur échange tentera d’éclairer les zones grises où se mêlent compétition, stratégie et diplomatie. En filigrane, une question persiste : le sport peut‑il encore jouer le rôle d’arbitre dans un monde sous tension, ou n’est‑il que le reflet amplifié de nos fractures contemporaines ?</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Pour participer ...</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/96309572-67173176.jpg?v=1777448041" alt="5 mai. Entre diplomatie et influence : le sport en première ligne. Livre blanc SMS &amp; EGE" title="5 mai. Entre diplomatie et influence : le sport en première ligne. Livre blanc SMS &amp; EGE" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: center;"><a class="link" href="https://programmes.ege.fr/conf-sport-au-dessus-des-conflits-5-mai-2026/" target="_blank">Inscription gratuite mais obligatoire&nbsp;</a>   <p class="lplh-24" style="text-align: center;"> <br />  <span style="color: rgb(36, 36, 43);"><span style="font-family:josefin sans;"><span style="font-size: 20px;"><strong>EGE Ecole de Guerre Economique <br />  1, rue Bougainville,</strong></span></span></span><span style="color: rgb(36, 36, 43);"><span style="font-family:josefin sans;"><span style="font-size: 20px;"><strong>&nbsp;75007 Paris</strong></span></span></span> <br />  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      &nbsp; <br />  <span style="white-space: pre-wrap;"><strong style="white-space: pre-wrap;">#SportsDiplomacy #Geopolitics #SportIndustry #SoftPower #InternationalRelations #StrategicInfluence #EconomicIntelligence #GlobalSports #LeadershipInsights #SportsGovernance</strong></span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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