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  <title>www.veillemag.com</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></description>
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   <title>Filtres émotionnels : quand l’IA redessine nos voix, nos visages… et nos normes. Entretien de Nadia Guerouaou par Didier Noyé</title>
   <pubDate>Thu, 19 Feb 2026 14:07:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Communication &amp; Influence]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Les IA génératives émotionnelles ne se contentent plus d’assister nos capacités cognitives : elles modèlent désormais nos expressions, gommant une colère jugée inopportune ou affichant un sourire artificiel en visioconférence. Pour Nadia Guerouaou, ces technologies participent à une « domestication affective » aux implications politiques et culturelles profondes. Entre manipulation possible, uniformisation expressive et reconfiguration de notre rapport au monde, elle appelle à une vigilance lucide plutôt qu’à la panique. Rencontre entre Didier Noyé et Nadia Guerouaou.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94613079-66086146.jpg?v=1771506336" alt="Filtres émotionnels : quand l’IA redessine nos voix, nos visages… et nos normes. Entretien de Nadia Guerouaou par Didier Noyé" title="Filtres émotionnels : quand l’IA redessine nos voix, nos visages… et nos normes. Entretien de Nadia Guerouaou par Didier Noyé" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: center;"><a class="link" href="https://www.editions-eyrolles.com/livre/notre-cerveau-sous-influence">Source&nbsp;</a>  <br />  <a class="link" href="https://www.editions-eyrolles.com/livre/notre-cerveau-sous-influence" target="_blank"><strong>Notre cerveau sous influence Comment les IA génératives façonnent nos émotions</strong></a> </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Didier Noyé : Nadia Guerouaou, vous êtes neuroscientifique et psychologue clinicienne. J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre essai ; vous faites état de nombreux travaux de recherche très actuels, vous nous introduisez à la philosophie de la technologie. Vous étudiez la mise en œuvre des IA génératives émotionnelles. Pouvez-vous donner des exemples de ce l’on peut faire avec des filtres émotionnels appliqués à la voix, au visage ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>Nadia Guerouaou - </strong>On parle beaucoup de la délégation de nos capacités cognitives (mémoire, langage) aux systèmes d'IA générative. On interroge encore trop peu celle de notre expressivité émotionnelle. <br />   <br />  Pourtant, des technologies proposent déjà de paramétrer en temps réel l’expression de nos émotions. C’est le cas d’<em>Emotion Canceling Voice Conversation Engine </em>ou <em>Soft Voice</em> du géant <em>Soft Bank</em> qui propose de gommer la colère dans la voix de clients mécontents dans le cadre des <em>calls centers.</em> <br />   <br />  On peut également, toujours afin d’«&nbsp;optimiser&nbsp;» nos interactions&nbsp; afficher un faux sourire sur nos visages&nbsp;; cela nous rendra plus avenant grâce à des dispositifs qui peuvent être installés dans des logiciels de visio conférence tels que ceux qu’on utilise de plus en plus pour nos échanges professionnels, personnels et même de santé (téléconsultations de plus en plus fréquentes).</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>DN - Vous parlez de domestication de nos émotions, de standardisation de notre façon de s’exprimer ; nous créons des outils qui eux-mêmes nous façonnent. Il y aura des effets sur nos régulations émotionnelles, sur nos valeurs, sur notre identité… Cela va-t-il nous rendre plus humain ou moins humain ? </b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>NG –</strong> Aujourd’hui comme hier, le contrôle émotionnel dont ces systèmes d’IA s’emparent n’est pas neutre, mais profondément politique et hiérarchisant. La régulation des émotions exprimées n’a jamais été un simple souci d’hygiène psychique. Elle constitue, historiquement, un instrument de gouvernementalité des individus. Or, c’est bien cette logique qu’on retrouve dans certaines technologies actuelles de paramétrage algorithmique de nos expressions émotionnelles. Prenons la colère. Ces technologies doivent nous amener à nous questionner&nbsp;: Qui a le droit d’être en colère ? Qui verrait son discours tue par le «&nbsp;mute&nbsp;» algorithmique ? Et, bien évidemment, qui décide de ce qu’est une émotion acceptable et pour qui ? <br />   <br />  La colère est un bon exemple car sa légitimité est, entre autres, genrée. <br />  La « standardisation » de l’expressivité émotionnelle est également une possibilité à envisager. Nos expressions faciales, que nous croyons spontanées, ont toujours subi un formatage culturel profond. L’histoire du sourire montre que même cette manifestation que l’on pense «&nbsp;naturelle&nbsp;» de la joie fait en réalité l’objet de codifications sociales et culturelles strictes. Avec les technologies d’IAgen le masque social et la standardisation qu’il génère devient automatique, il est appliqué sur les visages sans aucune conscience des normes qu’il applique. Et pourtant le sourire artificiel produit par les IA génératives crée des modèles expressifs uniformes qui pourraient s’imposer comme nouvelles normes dans nos interactions faisant fi de la diversité culturelle des régimes d’expression humains. <br />   <br />  Faites l’essai, demander à une IA générative d’image de vous générer un selfie de vous et vous verrez ce à quoi ressemble votre sourire&nbsp;; il y a de très fortes probabilités qu’il suive les codes esthétiques du <em>«&nbsp;smile design américain&nbsp;».</em> <br />  J’aime beaucoup votre question, cela va-t-il nous rendre plus humain car il me semble que ces technologies posent en creux la question de l’humanisme. Quelle définition de l’humain pourrait justifier par exemple la nécessité d’un contrôle absolu de nos émotions&nbsp;? Il me semble que cela a fort à voir avec l’idée d’une «&nbsp;part naturelle » animale, passionnée, pas assez raisonnée, que nous avons à rendre docile. D’où mon choix d’appeler cela de la domestication affective. <br />   <br />  Les IA génératives émotionnelles contrôlent les expressions émotionnelles, créent une norme implicite du discours acceptable&nbsp;; elles produisent des discours et des sujets lisses, heureux, optimisés, parfaitement adaptés aux exigences des sociétés dans lesquelles nous vivons. <br />  &nbsp; <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>DN - Voyez-vous avec ces technologies des risques de manipulation, des risques éthiques ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>NG -</strong> Assurément, il y a des risques de manipulation et la question éthique est présente en filigrane tout au long de l’essai, je crois. Le paramétrage algorithmique des émotions pourrait renforcer l’instrumentalisation des émotions qui existe déjà. Les IA génératives pourraient être utilisées pour générer une note vocale synthétique ou alors « augmenter » une voix réelle afin d’en ajuster la tonalité émotionnelle selon les attentes ou les vulnérabilités d’un destinataire donné. <br />   <br />  Ce serait un profilage du message qui ne se limiterait pas à l’information véhiculée mais qui en ajusterait la forme&nbsp;; le but serait de la rendre, par exemple, la plus convaincante possible eu égards aux différentes informations que l’on aura par ailleurs pu récolter sur des destinataires. Une forme de micro-ciblage émotionnel. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>DN – En fait vous nous invitez à la vigilance, à la réflexion sur le genre d’humains que l’on souhaite développer</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>NG –</strong> C’est exactement le propos du livre&nbsp;: l’anthropotechnie – ce processus fondateur par lequel l’humanité se produit et se transforme elle-même.… Le fait que ces technologies ne soient pas simplement au service de transformations ponctuelles de notre apparence mais bien des technologies qui contribuent à modeler, notre perception de nous-même, des autres, du monde. Ce qui nous indigne, nous affecte également. <br />   <br />  Les hommes font leurs propres émotions, mais ils ne savent pas qu’ils les font. Lorsque des algorithmes modifient nos expressions faciales et vocales, ils sont à̀ même de reconfigurer l’environnement affectif à partir duquel notre cerveau construit nos émotions. Cette reconfiguration produit une forme d’affectivité́ hybride que je nomme l’IAffectivité. Un concept qui a pour but de «&nbsp;mettre au jour&nbsp;» ce phénomène dont nous ne sommes pas conscients et que la seule grille de lecture en termes de délégation de nos capacités ne permet pas d’appréhender directement. <br />   <br />  Cette IAffectivité n’est pas un déterminisme technique. Sa forme dépendra de nos choix de société́, des rapports de pouvoir en place et des normes qui orienteront son design. <br />  J’essaie et je ne sais pas si ça se sent, de ne pas traiter ces questions de manière anxiogène car je pense que c’est trop souvent le cas. Je crois sincèrement que les individus peuvent se sentir concernés par ces questions sans agiter la menace existentielle. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Didier Noyé. Je recommande votre livre qui est très riche. J’ai découvert l’histoire du sourire, j’ai compris l’importance de la pensée transcendentale dans la construction de notre identité, j’ai été impressionné par votre recherche expérimentale qui vise à anticiper les effets comportementaux et sociaux des technologies.</b></div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Notre cerveau sous influence Comment les IA génératives façonnent nos émotions Auteur(s) :  Nadia Guerouaou</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94613079-66086338.jpg?v=1771506384" alt="Filtres émotionnels : quand l’IA redessine nos voix, nos visages… et nos normes. Entretien de Nadia Guerouaou par Didier Noyé" title="Filtres émotionnels : quand l’IA redessine nos voix, nos visages… et nos normes. Entretien de Nadia Guerouaou par Didier Noyé" />
     </div>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/nadia-guerouaou-phd-004b28224/" target="_blank">Nadia Guerouaou</a>, docteure en neurosciences cognitives et psychologue clinicienne, explore les transformations de la voix et leur rôle dans le traitement du stress post‑traumatique. Responsable des études TraumacoustiK et TraumaVoice, elle a aussi mené des recherches au Japon sur l’éthique des deepfakes vocaux. Enseignante et conférencière, elle intervient régulièrement sur les enjeux éthiques des technologies affectives.  <ul>  	<li style="white-space: normal;">  	<p style="white-space: normal;"><span style="white-space: pre-wrap;"><strong style="white-space: pre-wrap;">Thèse de doctorat</strong> : <em style="white-space: pre-wrap;">L’objet “filtre vocal”, du laboratoire à la clinique : vers l’anthropotechnie de nos cognitions sociales</em> (CHRU de Lille – CNRS FEMTO‑ST – IRCAM).</span>   	</li>  	<li style="white-space: normal;">  	<p style="white-space: normal;"><span style="white-space: pre-wrap;"><strong style="white-space: pre-wrap;">Article scientifique</strong> (co‑auteur) : travaux sur les <strong style="white-space: pre-wrap;">transformations vocales</strong> et leur usage dans le traitement du <strong style="white-space: pre-wrap;">stress post‑traumatique</strong>, publiés dans des revues de neurosciences et de psychologie clinique.</span>   	</li>  </ul>  </blockquote>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Didier Noyé</b></div>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/didier-noy%C3%A9-43044029/" target="_blank"><strong>Didier Noyé</strong> </a>  est membre de l’<a class="link" href="https://www.langue-francaise.org/" target="_blank">association Défense de la langue française</a>. Il est spécialiste du développement des ressources humaines et auteur de nombeux livres sur la communication et le management</blockquote>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Filtres émotionnels : quand l’IA redessine nos voix, nos visages… et nos normes. Entretien de Nadia Guerouaou par Didier Noyé</title>
   <pubDate>Thu, 19 Feb 2026 14:07:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Communication &amp; Influence]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Les IA génératives émotionnelles ne se contentent plus d’assister nos capacités cognitives : elles modèlent désormais nos expressions, gommant une colère jugée inopportune ou affichant un sourire artificiel en visioconférence. Pour Nadia Guerouaou, ces technologies participent à une « domestication affective » aux implications politiques et culturelles profondes. Entre manipulation possible, uniformisation expressive et reconfiguration de notre rapport au monde, elle appelle à une vigilance lucide plutôt qu’à la panique. Rencontre entre Didier Noyé et Nadia Guerouaou.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94774443-66312996.jpg?v=1771506336" alt="Filtres émotionnels : quand l’IA redessine nos voix, nos visages… et nos normes. Entretien de Nadia Guerouaou par Didier Noyé" title="Filtres émotionnels : quand l’IA redessine nos voix, nos visages… et nos normes. Entretien de Nadia Guerouaou par Didier Noyé" />
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      <div style="text-align: center;"><a class="link" href="https://www.editions-eyrolles.com/livre/notre-cerveau-sous-influence">Source&nbsp;</a>  <br />  <a class="link" href="https://www.editions-eyrolles.com/livre/notre-cerveau-sous-influence" target="_blank"><strong>Notre cerveau sous influence Comment les IA génératives façonnent nos émotions</strong></a> </div>  
     </div>
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     <div><b>Didier Noyé : Nadia Guerouaou, vous êtes neuroscientifique et psychologue clinicienne. J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre essai ; vous faites état de nombreux travaux de recherche très actuels, vous nous introduisez à la philosophie de la technologie. Vous étudiez la mise en œuvre des IA génératives émotionnelles. Pouvez-vous donner des exemples de ce l’on peut faire avec des filtres émotionnels appliqués à la voix, au visage ?</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;"><strong>Nadia Guerouaou - </strong>On parle beaucoup de la délégation de nos capacités cognitives (mémoire, langage) aux systèmes d'IA générative. On interroge encore trop peu celle de notre expressivité émotionnelle. <br />   <br />  Pourtant, des technologies proposent déjà de paramétrer en temps réel l’expression de nos émotions. C’est le cas d’<em>Emotion Canceling Voice Conversation Engine </em>ou <em>Soft Voice</em> du géant <em>Soft Bank</em> qui propose de gommer la colère dans la voix de clients mécontents dans le cadre des <em>calls centers.</em> <br />   <br />  On peut également, toujours afin d’«&nbsp;optimiser&nbsp;» nos interactions&nbsp; afficher un faux sourire sur nos visages&nbsp;; cela nous rendra plus avenant grâce à des dispositifs qui peuvent être installés dans des logiciels de visio conférence tels que ceux qu’on utilise de plus en plus pour nos échanges professionnels, personnels et même de santé (téléconsultations de plus en plus fréquentes).</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>DN - Vous parlez de domestication de nos émotions, de standardisation de notre façon de s’exprimer ; nous créons des outils qui eux-mêmes nous façonnent. Il y aura des effets sur nos régulations émotionnelles, sur nos valeurs, sur notre identité… Cela va-t-il nous rendre plus humain ou moins humain ? </b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;"><strong>NG –</strong> Aujourd’hui comme hier, le contrôle émotionnel dont ces systèmes d’IA s’emparent n’est pas neutre, mais profondément politique et hiérarchisant. La régulation des émotions exprimées n’a jamais été un simple souci d’hygiène psychique. Elle constitue, historiquement, un instrument de gouvernementalité des individus. Or, c’est bien cette logique qu’on retrouve dans certaines technologies actuelles de paramétrage algorithmique de nos expressions émotionnelles. Prenons la colère. Ces technologies doivent nous amener à nous questionner&nbsp;: Qui a le droit d’être en colère ? Qui verrait son discours tue par le «&nbsp;mute&nbsp;» algorithmique ? Et, bien évidemment, qui décide de ce qu’est une émotion acceptable et pour qui ? <br />   <br />  La colère est un bon exemple car sa légitimité est, entre autres, genrée. <br />  La « standardisation » de l’expressivité émotionnelle est également une possibilité à envisager. Nos expressions faciales, que nous croyons spontanées, ont toujours subi un formatage culturel profond. L’histoire du sourire montre que même cette manifestation que l’on pense «&nbsp;naturelle&nbsp;» de la joie fait en réalité l’objet de codifications sociales et culturelles strictes. Avec les technologies d’IAgen le masque social et la standardisation qu’il génère devient automatique, il est appliqué sur les visages sans aucune conscience des normes qu’il applique. Et pourtant le sourire artificiel produit par les IA génératives crée des modèles expressifs uniformes qui pourraient s’imposer comme nouvelles normes dans nos interactions faisant fi de la diversité culturelle des régimes d’expression humains. <br />   <br />  Faites l’essai, demander à une IA générative d’image de vous générer un selfie de vous et vous verrez ce à quoi ressemble votre sourire&nbsp;; il y a de très fortes probabilités qu’il suive les codes esthétiques du <em>«&nbsp;smile design américain&nbsp;».</em> <br />  J’aime beaucoup votre question, cela va-t-il nous rendre plus humain car il me semble que ces technologies posent en creux la question de l’humanisme. Quelle définition de l’humain pourrait justifier par exemple la nécessité d’un contrôle absolu de nos émotions&nbsp;? Il me semble que cela a fort à voir avec l’idée d’une «&nbsp;part naturelle » animale, passionnée, pas assez raisonnée, que nous avons à rendre docile. D’où mon choix d’appeler cela de la domestication affective. <br />   <br />  Les IA génératives émotionnelles contrôlent les expressions émotionnelles, créent une norme implicite du discours acceptable&nbsp;; elles produisent des discours et des sujets lisses, heureux, optimisés, parfaitement adaptés aux exigences des sociétés dans lesquelles nous vivons. <br />  &nbsp; <br />  &nbsp;</div>  
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     <div><b>DN - Voyez-vous avec ces technologies des risques de manipulation, des risques éthiques ?</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;"><strong>NG -</strong> Assurément, il y a des risques de manipulation et la question éthique est présente en filigrane tout au long de l’essai, je crois. Le paramétrage algorithmique des émotions pourrait renforcer l’instrumentalisation des émotions qui existe déjà. Les IA génératives pourraient être utilisées pour générer une note vocale synthétique ou alors « augmenter » une voix réelle afin d’en ajuster la tonalité émotionnelle selon les attentes ou les vulnérabilités d’un destinataire donné. <br />   <br />  Ce serait un profilage du message qui ne se limiterait pas à l’information véhiculée mais qui en ajusterait la forme&nbsp;; le but serait de la rendre, par exemple, la plus convaincante possible eu égards aux différentes informations que l’on aura par ailleurs pu récolter sur des destinataires. Une forme de micro-ciblage émotionnel. <br />  &nbsp;</div>  
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     <div><b>DN – En fait vous nous invitez à la vigilance, à la réflexion sur le genre d’humains que l’on souhaite développer</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;"><strong>NG –</strong> C’est exactement le propos du livre&nbsp;: l’anthropotechnie – ce processus fondateur par lequel l’humanité se produit et se transforme elle-même.… Le fait que ces technologies ne soient pas simplement au service de transformations ponctuelles de notre apparence mais bien des technologies qui contribuent à modeler, notre perception de nous-même, des autres, du monde. Ce qui nous indigne, nous affecte également. <br />   <br />  Les hommes font leurs propres émotions, mais ils ne savent pas qu’ils les font. Lorsque des algorithmes modifient nos expressions faciales et vocales, ils sont à̀ même de reconfigurer l’environnement affectif à partir duquel notre cerveau construit nos émotions. Cette reconfiguration produit une forme d’affectivité́ hybride que je nomme l’IAffectivité. Un concept qui a pour but de «&nbsp;mettre au jour&nbsp;» ce phénomène dont nous ne sommes pas conscients et que la seule grille de lecture en termes de délégation de nos capacités ne permet pas d’appréhender directement. <br />   <br />  Cette IAffectivité n’est pas un déterminisme technique. Sa forme dépendra de nos choix de société́, des rapports de pouvoir en place et des normes qui orienteront son design. <br />  J’essaie et je ne sais pas si ça se sent, de ne pas traiter ces questions de manière anxiogène car je pense que c’est trop souvent le cas. Je crois sincèrement que les individus peuvent se sentir concernés par ces questions sans agiter la menace existentielle. <br />  &nbsp;</div>  
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     <div><b>Didier Noyé. Je recommande votre livre qui est très riche. J’ai découvert l’histoire du sourire, j’ai compris l’importance de la pensée transcendentale dans la construction de notre identité, j’ai été impressionné par votre recherche expérimentale qui vise à anticiper les effets comportementaux et sociaux des technologies.</b></div>
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     <div><b>Notre cerveau sous influence Comment les IA génératives façonnent nos émotions Auteur(s) :  Nadia Guerouaou</b></div>
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      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/nadia-guerouaou-phd-004b28224/" target="_blank">Nadia Guerouaou</a>, docteure en neurosciences cognitives et psychologue clinicienne, explore les transformations de la voix et leur rôle dans le traitement du stress post‑traumatique. Responsable des études TraumacoustiK et TraumaVoice, elle a aussi mené des recherches au Japon sur l’éthique des deepfakes vocaux. Enseignante et conférencière, elle intervient régulièrement sur les enjeux éthiques des technologies affectives.  <ul>  	<li style="white-space: normal;">  	<p style="white-space: normal;"><span style="white-space: pre-wrap;"><strong style="white-space: pre-wrap;">Thèse de doctorat</strong> : <em style="white-space: pre-wrap;">L’objet “filtre vocal”, du laboratoire à la clinique : vers l’anthropotechnie de nos cognitions sociales</em> (CHRU de Lille – CNRS FEMTO‑ST – IRCAM).</span>   	</li>  	<li style="white-space: normal;">  	<p style="white-space: normal;"><span style="white-space: pre-wrap;"><strong style="white-space: pre-wrap;">Article scientifique</strong> (co‑auteur) : travaux sur les <strong style="white-space: pre-wrap;">transformations vocales</strong> et leur usage dans le traitement du <strong style="white-space: pre-wrap;">stress post‑traumatique</strong>, publiés dans des revues de neurosciences et de psychologie clinique.</span>   	</li>  </ul>  </blockquote>  </div>  </div>  
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   <title>Lancement du nouveau Livre blanc Identité numérique 5.0, Mise à jour 2022</title>
   <pubDate>Fri, 28 Jan 2022 17:19:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>David Commarmond</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Livres Blancs Partenaires]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div><b>L’identité numérique cristallise toutes les attentions.</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/61938864-45034336.jpg?v=1643396284" alt="Lancement du nouveau Livre blanc Identité numérique 5.0, Mise à jour 2022" title="Lancement du nouveau Livre blanc Identité numérique 5.0, Mise à jour 2022" />
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      <h2>«&nbsp;L’identité numérique 5.0 » est un Livre Blanc avec pour vocation première de décomplexifier sur un plan juridique l’actualité foisonnante qui entoure l’identité numérique et de porter le débat.</h2>    <h2>&nbsp; <br />  Identité numérique 5.0</h2>  Le droit s’est construit sur l’assurance biologique de savoir qui on est. Dans le monde physique, pas d’action de l’homme sans acteur. Dans le monde physique, il y a des distances et des frontières. <br />  Puis nous avons inventé l’Internet qui s’est mué d’un système de communication sans distances et sans frontières en une formidable machinerie de constructions virtuelles au sein de laquelle une nouvelle forme d’existence sociale s’est imposée… au droit. Un monde d’actions sans acteurs. Un monde peuplé d’entités sans assurance de savoir qui elles sont, et qui produit quotidiennement ses effets dans le monde physique, au point d’en prendre le contrôle, trop souvent à notre insu, voire contre notre volonté. <br />  Pour stopper cette dérive et restaurer la confiance – et le droit – il manque une chose essentielle : mettre une identité derrière chaque action. L’identité numérique est dès lors l’enjeu qui cristallise toutes les attentions. <br />  &nbsp;  <h2>Identité et souveraineté numérique</h2>  Les études sur la question abondent… et piétinent. Au-delà d’améliorations ponctuelles, elles reformulent les mêmes conseils et inventaires sans jamais trancher les questions de souveraineté, de délégation, de preuve, ni de statut des entités autonomes comme les robots et les intelligences artificielles (IA). Une répétition qui nous conduit insensiblement à accepter comme un état de fait la prédominance du commerce et de la technologie sur le droit et la vie privée. <br />  &nbsp; <br />  C’est une convergence fortuite de rencontres et d’évènements qui a amené une équipe de spécialiste de l’identité numérique à entrevoir la possibilité de se poser la question autrement. A la base, le souci de ne pas – une fois de plus – tenter de légaliser de la technologie pour créer une identité, mais de partir du droit « strict » et de l’évidence d’un monde numérique qui crée une forme d’existence où le « doute » est roi. Que le monde soit physique ou virtuel, il y a des personnes (humaines, morales, et désormais aussi des robots et entités intelligentes), et des communautés, avec un édifice central à tout système de droit : la souveraineté ; et un mécanisme essentiel à l’action : le mandat.
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     <div><b>Les auteurs</b></div>
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      <ul>  	<li style="font-weight: 400;"><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/philippemorelwoobe/" target="_blank"><strong>Philippe Morel</strong></a>, spécialiste de l’identité numérique, co-fondateur de Woobe ;</li>  	<li style="font-weight: 400;"><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/bernardhauzeur/" target="_blank"><strong>Bernard Hauzeur</strong></a>, architecte informatique, expert en sécurité et identité numérique, co-fondateur de Woobe ;</li>  	<li style="font-weight: 400;"><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/dineshujoodah/" target="_blank"><strong>Dinesh Ujoodah</strong></a>, CEO d’A3BC ;</li>  	<li style="font-weight: 400;"><a class="link" href="https://www.alain-bensoussan.com/avocat/alain-bensoussan/" target="_blank"><strong>Alain Bensoussan</strong></a>, avocat à la Cour, Alain Bensoussan Avocats Lexing ;</li>  	<li style="font-weight: 400;"><a class="link" href="https://www.alain-bensoussan.com/avocat/anthony-sitbon/" target="_blank"><strong>Anthony Sitbon</strong></a>, directeur du département Sécurité, Lexing Technologies ;</li>  	<li style="font-weight: 400;"><a class="link" href="https://www.alain-bensoussan.com/avocat/frederic-forster/" target="_blank"><strong>Frédéric Forster</strong></a>, directeur du pôle Télécoms, Alain Bensoussan Avocats Lexing.</li>  </ul>    <p style="font-weight: 400; text-align: justify;"><strong>&nbsp; <br />  Découvrez le livre blanc « L’identité numérique 5.0 » à l’occasion du petit-déjeuner débat qu’animeront Alain Bensoussan et Anthony Sitbon, le jeudi 6 janvier 2022, en visioconférence sur zoom</strong>, auquel participeront également <strong>Philippe Morel, Bernard Hauzeur et Dinesh Ujoodah.</strong> <br />  <a class="link" href="https://www.alain-bensoussan.com/download/livre-blanc-identite-numerique-5-0/" target="_blank">Lien de téléchargement</a>  <br />  
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   <title>Le Pacte numérique lance le débat politique sur l'indépendance et la sécurité internet de la France</title>
   <pubDate>Wed, 01 Mar 2017 22:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>David Commarmond</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Gouvernance]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      <div>Le Pacte numérique pour l’Indépendance et la Sécurité Internet en France va dépasser les 10.000 signataires du fait de la forte mobilisation du réseau INNOOO en France et dans les pays francophones.  <div>&nbsp;</div>  Les réponses de MM. Fillon, Mélenchon et de Me Le Pen, candidats à l'élection présidentielle donnent de la&nbsp; profondeur au débat politique, dans une campagne plus que houleuse et pleine de surprises. Elles ont été publiées aujourd’hui (<a class="link" href="http://www.innovativity.org/pourquoi-innooo-v52.php?PHPSESSID=. " target="_blank">ici</a>).&nbsp;<span style="line-height: 1.6;">Les réponses de MM. Hamon et Macron étant encore attendues.</span></div>    <div>  <div>&nbsp;</div>  <strong>Luc Rubiello Président d'INNOOO précise que dans un contexte mondial troublé</strong>&nbsp;: "Un tel succès du Pacte numérique est une heureuse surprise et une bonne nouvelle pour la France : il amorce la prise de conscience politique de tous les Français mais aussi des Francophones des dangers réels que nous font courir les Etats-Unis à l’heure où Monsieur Trump réarme et développe massivement son outil de renseignement civil et militaire (America first) sous le commandement du général McMaster suite au départ précipité du général Flynn." <br />   <br />  <strong>Quelques Commentaires :</strong>    <div style="text-align: justify;">Si Edward Snowden dans son dernier twitt se veut philosophe :&nbsp;"<em>Abandonner une société libre par peur du terrorisme est le seul moyen&nbsp;de se laisser vaincre par celui-ci</em>". Le grand public n'est pas en&nbsp;reste, conscient du problème, mais avec ses mots, les commentaires sur&nbsp;l'impérieuse nécessité de mettre un peu d'ordre dans le cyberespace.</div>  &nbsp;    <div style="text-align: justify;">Le grand public exprime son inquiétude comme le démontre le succès du&nbsp;pacte numérique d'innooo. Ils se manifeste par des attitudes hostiles,&nbsp;de la colère, à la fatalité, les comportements sont divers, certains&nbsp;se prennent en charge, ou considère&nbsp;<span style="text-align: justify; line-height: 1.6;">que les individus ont l'obligation de se maîtriser et résister au&nbsp;</span><span style="text-align: justify; line-height: 1.6;">sirènes des GAFA, "On doit laisser le&nbsp; choix à l’utilisateur final"&nbsp;</span><span style="text-align: justify; line-height: 1.6;">estime Bernadette. Soury de Malakoff plus pessimiste estime que "Ça va&nbsp;</span><span style="text-align: justify; line-height: 1.6;">être difficile tellement nous sommes "traçables soulignant ainsi que&nbsp;</span><span style="text-align: justify; line-height: 1.6;">les GAFA détiennent maintena</span><span style="text-align: justify; line-height: 1.6;">nt près de dix ans de données personnelles&nbsp;</span><span style="text-align: justify; line-height: 1.6;">pour certaines. Plus militant, plus rageur, Sandrine pense qu'il faut&nbsp;</span><span style="text-align: justify; line-height: 1.6;">"conserver le droit à l indépendance et à la préservation de nos&nbsp;</span><span style="text-align: justify; line-height: 1.6;">libertés, posant ainsi des questions fondamentales sur les libertés&nbsp;</span><span style="text-align: justify; line-height: 1.6;">publiques numériques.</span></div>  &nbsp;    <div style="text-align: justify;">L'ennemi est cependant insaisissable, tellement il est protéiforme,&nbsp;sur nos mobiles, il nous suis, grâce à des algorithmes apprenant, il&nbsp;s’affranchit de nous et anticipe nos besoins grâce à l’historique de&nbsp;nos applications, sites et déplacement, quand nous livrons pas nous&nbsp;même avec nos usages notre vie privée, difficile dans&nbsp; ces conditions&nbsp;d'identifier le coupable idéal. Les publicités entrent&nbsp; souvent dans&nbsp;le viseur du mécontement, suivi par les comportements agressifs de&nbsp;certains utilisateurs et l’orchestration volontaires de conflits&nbsp;inutiles.</div>    <div>&nbsp;</div>  </div>    <div>&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>https://www.veillemag.com/Le-Pacte-numerique-lance-le-debat-politique-sur-l-independance-et-la-securite-internet-de-la-France_a3171.html</link>
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