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  <title>www.veillemag.com</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></description>
  <link>https://www.veillemag.com/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-03-12T09:28:09+01:00</dc:date>
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   <title>De Dallas à Davos : deux imaginaires du capitalisme et la recomposition du monde social</title>
   <pubDate>Fri, 23 Jan 2026 14:37:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entre l’Amérique spectaculaire de Dallas et le forum feutré de Davos, ce ne sont pas seulement deux lieux qui s’opposent, mais deux régimes symboliques du capitalisme contemporain. L’un repose sur la confrontation, l’affect et la mise en scène de la puissance individuelle. L’autre sur la coopération, la rationalisation et la légitimité institutionnelle. Leur affrontement révèle une mutation profonde des structures sociales et des représentations collectives.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/93850836-65523406.jpg?v=1769176424" alt="De Dallas à Davos : deux imaginaires du capitalisme et la recomposition du monde social" title="De Dallas à Davos : deux imaginaires du capitalisme et la recomposition du monde social" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Dallas, scène d’un capitalisme racoleur et agonistique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <p style="white-space: normal;"><span style="white-space: pre-wrap;">Dallas renvoie à un imaginaire où la réussite se mesure à la capacité d’imposer son récit. Ce capitalisme-là s’inscrit dans une logique agonistique : il valorise la compétition, la visibilité, la conquête. Il s’appuie sur une grammaire émotionnelle où la force, la loyauté et la défiance envers les élites constituent des repères identitaires. Dans cette configuration, l’économie n’est pas seulement un système de production, mais <strong>un théâtre où se jouent des rapports de domination symbolique.</strong></span> <br />    <p style="white-space: normal;"><span style="white-space: pre-wrap;">Ce modèle prospère dans des contextes de désaffiliation sociale, où les individus cherchent des récits simples pour donner sens à un monde perçu comme chaotique. Dallas devient alors un mythe moderne, celui d’une Amérique qui se raconte à travers des figures de réussite fulgurante, des trajectoires héroïques et des promesses de restauration. La politique y adopte les codes du divertissement, et le capitalisme se confond avec une dramaturgie permanente.</span> <br />  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Davos, espace d’un capitalisme institutionnel et réflexif</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <p style="white-space: normal;"><span style="white-space: pre-wrap;">À l’autre extrémité du spectre, Davos incarne un capitalisme qui se veut rationnel, globalisé, fondé sur la coopération entre élites transnationales. Le forum repose sur une logique de légitimation institutionnelle : on y parle de gouvernance, de risques systémiques, de transition écologique, de stabilité financière. Les acteurs qui s’y retrouvent partagent un langage commun, celui de la modération, de la prévisibilité et de la gestion des interdépendances.</span> <br />    <p style="white-space: normal;"><span style="white-space: pre-wrap;">Davos fonctionne comme un dispositif de reproduction sociale. Il renforce les réseaux d’influence, consolide les alliances entre États, entreprises et organisations internationales, et produit un discours qui vise à stabiliser l’ordre économique mondial. Ce capitalisme-là se veut réflexif, conscient de ses externalités, soucieux de son image. Il s’inscrit dans une temporalité longue, celle des trajectoires globales plutôt que des ruptures spectaculaires.</span> <br />  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Deux régimes de justification qui ne dialoguent plus ou dialoguent encore ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <p style="white-space: normal;"><span style="white-space: pre-wrap;">L’opposition entre Dallas et Davos ne relève pas seulement de la géographie ou de l’économie. Elle renvoie à deux régimes de justification, pour reprendre les termes de la sociologie pragmatique. Dallas mobilise un registre héroïque, fondé sur la volonté, la force et la capacité à rompre avec les normes établies. Davos s’appuie sur un registre civique et industriel, où la légitimité découle de l’expertise, de la coordination et de la rationalité.</span> <br />    <p style="white-space: normal;"><span style="white-space: pre-wrap;">Ce qui frappe aujourd’hui, c’est la rupture du dialogue entre ces deux univers. Pendant des décennies, ils coexistaient dans une forme d’équilibre instable : la mondialisation offrait des opportunités, et le capitalisme entrepreneurial américain en tirait profit. Mais la montée des inégalités, la fragmentation des identités collectives, les coups de boutoires de Donald Trump et la défiance envers les institutions ont fissuré cette articulation. <br />  Les deux imaginaires ne se reconnaissent plus, ne se répondent plus, ne se légitiment plus mutuellement mais font semblant devant les caméras du monde entier d'entretenir un dialogue "diplomatique".</span> <br />  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Deux régimes de justification qui cherchent à maintenir un équilibre fragile, mais nécessaire !</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L’opposition entre Dallas et Davos ne relève pas seulement de la géographie ou de l’économie. <br />   <br />  Elle renvoie à deux régimes de justification, pour reprendre les termes de la sociologie pragmatique. <br />  Dallas mobilise un registre héroïque, fondé sur la volonté, la force et la capacité à rompre avec les normes établies. <br />  Davos s’appuie sur un registre civique et industriel, où la légitimité découle de l’expertise, de la coordination et de la rationalité.&nbsp; <br />   <br />  Ce qui frappe aujourd’hui, c’est les tentatives désespérées de maintenir un dialogue entre ces deux univers. <br />  Pendant des décennies, ils coexistaient dans une forme d’équilibre instable : la mondialisation offrait des opportunités, et le capitalisme entrepreneurial américain en tirait profit. Mais la montée des inégalités, la fragmentation des identités collectives et la défiance envers les institutions ont fissuré cette articulation. <br />  Les deux imaginaires ne se reconnaissent plus, ne se répondent plus, ne se légitiment plus mutuellement, mais sont obligés au risque de fracture plus grave, de se rencontrer, de se parler... de s'entendre, bref de négocier&nbsp; !</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/93850836-65523406.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.veillemag.com/De-Dallas-a-Davos-deux-imaginaires-du-capitalisme-et-la-recomposition-du-monde-social_a6918.html</link>
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   <title>Produire, oui — mais pas n’importe comment : une sémiotique du vivant en trois niveaux. Isabel Marcos</title>
   <pubDate>Mon, 29 Dec 2025 16:29:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Intelligence des Territoires, PME, ETI]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Au-delà du cas du Verdon-sur-Mer, c’est une question décisive qui est posée : qu’est-ce qui rend un projet “acceptable” pour un territoire ? En mobilisant une lecture sémiotique stratifiée, Isabel Marcos montre qu’une installation industrielle ne peut être légitime que si elle respecte les bases vitales, s’ancre dans une économie territoriale réelle et assume clairement les valeurs qu’elle met en jeu.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/93397133-65290439.jpg?v=1766918088" alt="Produire, oui — mais pas n’importe comment : une sémiotique du vivant en trois niveaux. Isabel Marcos" title="Produire, oui — mais pas n’importe comment : une sémiotique du vivant en trois niveaux. Isabel Marcos" />
     </div>
     <div>
      <blockquote>À partir du projet d’aquaculture au Verdon-sur-Mer, <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/isabel-marcos-/" target="_blank">Isabel Marcos</a>  propose une analyse critique fondée sur une grille en <strong>trois strates</strong> :  <ol>  	<li class="list"><strong>les bases vitales (vivres)</strong> — eau, milieux, biodiversité, santé écologique ;</li>  	<li class="list"><strong>les biens construits</strong> — institutions, procédures, infrastructures, organisation économique ;</li>  	<li class="list"><strong>les objets de culte</strong> — valeurs, récits, légitimités, et surtout la manière dont la «&nbsp;valeur&nbsp;» est définie (croissance, rentabilité, intérêt général, commun).</li>  </ol>  Elle défend le passage d’un modèle <strong>extractif</strong> (où le territoire sert de support à une chaîne de valeur extérieure) à une approche <strong>territoriale circulaire</strong>, où une activité n’est recevable que si elle <strong>renforce le vivant local</strong> et <strong>territorialise ses bénéfices</strong>. Plutôt que d’opposer emploi et écologie, elle plaide pour une responsabilité située : <strong>promettre ne suffit pas — il faut prouver</strong>, à partir d’évaluations robustes et de données vérifiables. <br />  &nbsp;  <h2><strong>Qu’est-ce que la sémiotique dans ce cadre ?</strong></h2>  Dans ce travail, la sémiotique n’est pas un commentaire «&nbsp;sur&nbsp;» le territoire : c’est un <strong>ensemble d’outils et de procédures</strong> pour <strong>segmenter</strong> et <strong>analyser</strong> ce qui fait sens — formes, mots, images, dispositifs, objets, espaces — et pour comprendre <strong>comment des décisions deviennent acceptables</strong>, <strong>au nom de quels récits</strong>, et <strong>avec quels effets</strong>. Discipline des sciences humaines, proche de la linguistique, de la psychologie, de la sociologie, de l’anthropologie et de la philosophie, elle aide à décrire et à évaluer les <strong>stratégies de communication</strong> et les <strong>mécanismes de pouvoir</strong> qu’elles mobilisent. "Dans mon cas, je développe une <strong>éco-sémiotique morphodynamique de l’espace</strong>, inspirée de Per Aage Brandt et de René Thom : en tant qu’architecte-urbaniste, j’y applique des outils adaptés au territoire et au vivant, considérés comme une <strong>morphogenèse</strong> (émergence des formes) et une <strong>sémiogenèse</strong> (actualisation des valeurs dans le vécu). Cela permet de lire un projet non seulement dans ses discours, mais aussi dans ses <strong>flux</strong> (eau, énergie, matières, rejets), ses <strong>seuils biophysiques</strong> et ses <strong>effets de structure</strong> sur le territoire."</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Au Verdon sur Mer, vous montrez qu’un projet industriel peut redessiner un territoire sans que ses habitants aient réellement voix au chapitre. Selon vous, qui détient aujourd’hui le pouvoir de décider de ce qui est « acceptable » pour un territoire : les élus, les investisseurs, ou les citoyens qui y vivent ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Dans le cas du Verdon-sur-Mer, la question « qui décide de l’acceptable ? » n’a pas une réponse unique, parce que <strong>le pouvoir est stratifié</strong> — comme je l’ai expliqué dans mon <a class="link" href="https://www.linkedin.com/pulse/produire-des-vivres-oui-pas-au-d%C3%A9triment-du-territoire-dveve" target="_blank">article</a>. <br />  &nbsp;  <h2><strong>1) En pratique, l’« acceptable » est défini par un triangle asymétrique</strong></h2>  <strong>a) Les investisseurs et le système économique abstrait (Strate III – objets de culte)</strong> <br />  Le fait que « l’on agite des billets » — au nom de l’emploi, de l’attractivité, de la concurrence territoriale ou de la dépendance fiscale — renvoie à une logique où <strong>la valeur abstraite</strong> (croissance, rentabilité, parts de marché) devient <strong>l’objet de culte dominant</strong>. C’est là que se joue le risque d’un projet «&nbsp;dimensionné pour un marché mondial abstrait&nbsp;», qui <strong>reconfigure</strong> un territoire local en simple plateforme. <br />   <br />  <strong>b) Les élus et l’appareil politico-administratif (Strate II – biens construits)</strong> <br />  Les élus sont souvent l’interface : ils traduisent les récits d’emploi/innovation en <strong>procédures</strong>, en calendriers, en autorisations (ou en refus). Mais ce niveau est structurellement sous pression : attractivité, promesses d’emplois, concurrence entre territoires, dépendance fiscale, et arbitrages rapides sous contraintes. <br />   <br />  <strong>c) Les citoyens (Strate I et II), consultés mais rarement co-décideurs</strong> <br />  Les habitants disposent d’une connaissance située (milieux, usages, vulnérabilités, mémoire), mais on leur laisse fréquemment un rôle <strong>réactif</strong> : s’exprimer dans des enquêtes publiques ou des concertations dont l’effet n’est pas automatiquement décisif. Le dossier du « Saumon du Médoc » au Verdon illustre ce régime : le public est sollicité, mais la décision demeure principalement institutionnelle — et c’est précisément à cette asymétrie que j’ai répondu. <br />  &nbsp;  <h2><strong>2) Mon point clé : le vivant fixe déjà une part de « l’acceptable » (Strate I – vivres)</strong></h2>  Mon analyse est volontairement tranchante sur ce point : dans un estuaire, <strong>tout se joue dans les flux</strong> — eau prélevée et rejetée, énergie, charges azotées, logistique, effets de cascade. Or ces flux ne se négocient pas par le discours : ils se heurtent à des <strong>seuils biophysiques</strong>. L’avis de la MRAe sur le projet (production annoncée à 10 000 t/an) montre bien que la discussion sérieuse doit porter sur <strong>l’objectivation</strong>, la robustesse de l’évaluation et les effets cumulés. <br />  &nbsp;  <h2><strong>3) Ce qui devrait décider de l’« acceptable » : déplacer l’objet de culte</strong></h2>  Pour compléter ma réflexion avec Meadows : le levier le plus puissant n’est pas un paramètre «&nbsp;technique&nbsp;», mais <strong>le but du système</strong> et le paradigme qui définit ce qui compte. Si le but implicite est «&nbsp;produire plus et vendre plus loin&nbsp;», alors le territoire et la biodiversité deviennent des variables d’ajustement. Si le but devient «&nbsp;maintenir et régénérer les bases vitales&nbsp;», l’économie redevient <strong>un sous-système du vivant</strong>. Concrètement, cela implique :    <ul>  	<li class="list"><strong>Changer le but officiel</strong> des décisions (critère n°1 : non-dégradation des bases vitales + bénéfices réellement territorialisés).</li>  	<li class="list"><strong>Changer les règles</strong> (donner aux habitants un pouvoir effectif&nbsp;: clauses territoriales, conditions suspensives, possibilité d’arrêt si des seuils sont dépassés).</li>  	<li class="list"><strong>Changer les flux d’information</strong> (données publiques en continu&nbsp;: eau/énergie/rejets, audits indépendants, transparence sur intrants et dépendances). <br />  	&nbsp;</li>  </ul>    <h2><strong>Qui détient alors aujourd’hui le pouvoir ?</strong></h2>  Aujourd’hui, le pouvoir réel de dire « acceptable » se situe d’abord du côté de <strong>l’économie abstraite</strong> (investisseurs + récit de valeur), relayée par des dispositifs politico-administratifs. Les citoyens sont trop souvent placés en bout de chaîne. Ma proposition — renforcée par la pensée de Meadows — est de renverser la hiérarchie&nbsp;: l’acceptable doit être défini d’abord par les <strong>bases vitales</strong> (Strate I), encadré par des <strong>dispositifs territoriaux vérifiables</strong> (Strate II), et seulement ensuite autorisé par une Strate III dont l’objet de culte redevient la <strong>richesse réelle</strong> : eau, biodiversité, santé des milieux, cohésion et résilience — pas la seule agitation de billets. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vous décrivez le projet d’aquaculture comme l’expression d’un modèle extractif encore dominant. En quoi ce cas illustre t il, selon vous, une forme de dépossession territoriale au profit d’intérêts économiques extérieurs ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Comme je l’ai déjà esquissé en répondant à la question 1, ce projet illustre une <strong>dépossession territoriale</strong> parce qu’il aligne le territoire local sur un <strong>métabolisme économique externe&nbsp;</strong>: la valeur circule vers l’extérieur, tandis que les <strong>contraintes biophysiques</strong> et les <strong>risques</strong> restent sur place. <br />  &nbsp;</div>    <h3 style="margin-left: 40px;"><strong>1) Un projet «&nbsp;territorialisé&nbsp;» dans l’espace, mais <strong>orienté vers un marché extérieur</strong></strong></h3>    <div style="margin-left: 40px;">Le cas du Verdon est typique d’une production <strong>dimensionnée</strong> et <strong>financée</strong> pour une logique de marché qui dépasse le territoire. Les acteurs et la rentabilité visent d’abord une chaîne de valeur exogène&nbsp;: le territoire devient une <strong>plateforme</strong> (foncier, eau, autorisations, logistique), et non une économie réellement «&nbsp;ancrée&nbsp;» dans la reproduction des conditions locales de vie. Dans le dossier du Verdon, plusieurs éléments publics vont dans ce sens (financement, taille, logique industrielle). <br />  &nbsp;</div>    <h3 style="margin-left: 40px;"><strong>2) La dépossession se lit dans les <strong>flux&nbsp;</strong>: profits «&nbsp;exportés&nbsp;», impacts «&nbsp;importés&nbsp;» sur place</strong></h3>    <div style="margin-left: 40px;">Dans une approche éco-sémiotique stratifiée, la dépossession se produit quand la <strong>Strate III</strong> (valeur abstraite&nbsp;: rentabilité, compétitivité, volumes) pilote la Strate II (procédures, autorisations, calendrier) en reléguant la Strate I (bases vitales) au rang de «&nbsp;variables compensables&nbsp;». Or, dans un estuaire, <em>tout se joue dans les flux</em> (prélèvements/rejets, énergie, intrants, logistique). Et ces flux ne se négocient pas par récit&nbsp;: ils rencontrent des <strong>seuils</strong>. Les informations publiques disponibles sur le projet évoquent précisément ces enjeux de rejets et de risques pour les activités et milieux locaux.    <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <h3><strong>3) Un cas local qui révèle un problème systémique : faire entrer le vivant dans une économie absurde.</strong></h3>    <div>Ici, la question dépasse largement le Verdon&nbsp;: elle met à nu une logique globale de dépassement. Plusieurs synthèses scientifiques récentes convergent vers le même constat&nbsp;: nous avons franchi une zone critique, avec <strong>sept limites planétaires sur neuf</strong> déjà dépassées selon les indicateurs les plus récents. Dans ce contexte, nos chaînes alimentaires peuvent paraître «&nbsp;rationnelles&nbsp;» au regard des coûts et des prix, tout en devenant <strong>écologiquement irrationnelles&nbsp;</strong>:</div>  </div>    <ul>  	<li class="list" style="margin-left: 80px;">des végétales parcourent en moyenne <strong>environ 2 400 km</strong> avant d’atteindre nos assiettes&nbsp;;</li>  	<li class="list" style="margin-left: 80px;">l’agriculture industrielle mobilise <strong>environ 42 % des terres</strong> et représente <strong>près de 70–71 %</strong> des prélèvements mondiaux d’eau douce&nbsp;;</li>  	<li class="list" style="margin-left: 80px;">et 33% par an de nourriture est <strong>perdue ou gaspillée</strong>.</li>  </ul>    <div style="margin-left: 40px;">Le symptôme le plus inquiétant est la fuite en avant&nbsp;: plutôt que de protéger les conditions mêmes de la vie (sols, eau, pollinisateurs, cycles), nous en venons à envisager des palliatifs techniques — jusqu’à la «&nbsp;pollinisation artificielle par des robots&nbsp;». Autrement dit, au lieu de corriger le système, on prépare des prothèses à l’effondrement du vivant. <br />  &nbsp;</div>    <h3 style="margin-left: 40px;"><strong>Conclusion (au cœur de la dépossession)</strong></h3>    <div style="margin-left: 40px;">Ce cas illustre donc une dépossession territoriale parce que <strong>l’intérêt extérieur</strong> (financement + marché + récit de valeur) impose sa finalité, pendant que le territoire assume&nbsp;:</div>    <ul style="margin-left: 40px;">  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">les <strong>pressions sur les bases vitales</strong> (eau, qualité du milieu, effets de cascade)&nbsp;;</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">la <strong>fragilisation</strong> d’activités déjà dépendantes de la qualité du milieu (pêche, tourisme, santé des écosystèmes)&nbsp;;</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">et une <strong>citoyenneté reléguée</strong> à la réaction plus qu’à la codécision.</li>  </ul>    <div style="margin-left: 40px;">Et si je le reformule avec Meadows : le nœud n’est pas «&nbsp;un ajustement technique&nbsp;», c’est le <strong>but du système</strong>. Tant que le but implicite reste <em>produire plus pour vendre plus loin</em>, le territoire et la biodiversité restent variables d’ajustement. Renverser la dépossession, c’est remettre l’économie à sa place&nbsp;: <strong>un sous-système du vivant</strong>, et non l’inverse. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les promoteurs du projet invoquent l’emploi et l’attractivité économique. Vous affirmez que cet argumentaire masque souvent l’absence de preuves scientifiques sur les bénéfices réels pour le vivant local. Que devrait exiger une collectivité responsable avant d’autoriser une telle installation ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Oui : l’emploi et «&nbsp;l’attractivité&nbsp;» peuvent être des arguments légitimes, mais ils deviennent trompeurs dès qu’ils servent à <strong>court-circuiter la preuve</strong> sur les impacts réels pour le vivant local. Dans un contexte où le paradigme doit changer et où la science indique des dépassements critiques, <strong>la charge de la preuve</strong> doit peser sur le projet, pas sur le territoire. <br />  Une collectivité responsable devrait exiger, <strong>avant toute autorisation</strong>, au minimum&nbsp;: <br />  &nbsp;</div>    <h2 style="margin-left: 40px;"><strong>1) Strate I – Bases vitales : une démonstration scientifique robuste, chiffrée, vérifiable</strong></h2>    <ul style="margin-left: 40px;">  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Un état initial (baseline) solide</strong> sur plusieurs saisons&nbsp;: qualité de l’eau, sédiments, biodiversité, habitats, dynamique de l’estuaire, pressions déjà existantes.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Une modélisation des flux</strong> (le cœur du problème)&nbsp;: prélèvements/rejets, charges azotées et organiques, effets en chaîne, risques d’eutrophisation, zones de dépôt, sensibilité des milieux.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Une analyse des risques biologiques&nbsp;</strong>: maladies, parasites, antibiotiques/biocides, résistance, mortalités, plans de confinement et de gestion.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Des scénarios de défaillance</strong> (accidents, pannes, crues, canicules, tempêtes, ruptures de chaîne froide, incidents de traitement), avec des seuils d’arrêt <em>ex ante</em>.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>L’évaluation des impacts cumulés&nbsp;</strong>: autres activités industrielles, agricole, portuaire, touristiques, et trajectoires climatiques (température, débits, salinité, épisodes extrêmes). <br />  	&nbsp;</li>  </ul>    <h2 style="margin-left: 40px;"><strong>2) Strate II – Dispositifs territoriaux : indépendance, transparence, gouvernance et contrôle</strong></h2>    <ul style="margin-left: 40px;">  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Expertise réellement indépendante</strong>, contradictoire, financée sans dépendance directe aux promoteurs, avec accès aux données brutes.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Données publiques en continu</strong> : eau/énergie/rejets, mortalités, intrants, incidents, audits — pour sortir des «&nbsp;promesses&nbsp;» et entrer dans l’observable.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Conditions suspensives et réversibilité</strong> : autoriser par étapes, avec clauses de retrait si les résultats ne confirment pas les hypothèses.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Garanties financières</strong> (caution/assurance)&nbsp;: qui paie la dépollution, la restauration, les pertes économiques locales en cas d’échec&nbsp;?</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Participation citoyenne qui pèse&nbsp;</strong>: pas seulement «&nbsp;consultation&nbsp;», mais capacité réelle à infléchir (ou stopper) sur des critères définis à l’avance. <br />  	&nbsp;</li>  </ul>    <h2 style="margin-left: 40px;"><strong>3) Strate III – Valeur : clarifier le but du système </strong></h2>    <div style="margin-left: 40px;">Avant d’arbitrer, la collectivité doit exiger une réponse claire à une question simple : <strong>quel est le but&nbsp;?</strong></div>    <ul style="margin-left: 40px;">  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Si le but réel est «&nbsp;produire plus pour vendre plus loin&nbsp;», le territoire devient une variable d’ajustement.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Si le but est «&nbsp;maintenir et régénérer les bases vitales&nbsp;», alors l’économie redevient un <strong>sous-système du vivant</strong>.</li>  </ul>    <div style="margin-left: 40px;">Concrètement, cela suppose d’exiger :</div>    <ul style="margin-left: 40px;">  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>des bénéfices territorialisés</strong> (emplois qualifiés, filières locales, retombées durables) démontrés et contractualisés,</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">et surtout un principe non négociable&nbsp;: <strong>zéro dégradation nette des bases vitales</strong>, avec indicateurs, seuils, contrôle et sanctions. <br />  	&nbsp;</li>  </ul>    <h3 style="margin-left: 40px;"><strong>En une phrase</strong></h3>    <div style="margin-left: 40px;">Une collectivité responsable doit passer d’un régime de promesse («&nbsp;emploi, attractivité&nbsp;») à un régime de preuve : <strong>science robuste, données publiques, gouvernance réversible, et primauté des bases vitales</strong>. C’est ce renversement de paradigme qui permet de protéger ce qui reste en santé — et il est urgent. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Votre analyse sémiotique montre que derrière un projet industriel se cache toujours un imaginaire politique : territoire ressource ou territoire commun. Quel imaginaire le projet du Verdon sur Mer met il en scène, et que dit il de notre manière collective de penser le développement ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le projet du Verdon-sur-Mer met en scène, très clairement, l’imaginaire d’un <strong>territoire-ressource</strong> : un espace considéré d’abord comme <strong>support</strong> (eau, foncier, autorisations, logistique, «&nbsp;acceptabilité&nbsp;»), destiné à alimenter une chaîne de valeur dont la finalité principale se décide ailleurs. Le territoire n’y apparaît pas comme un milieu vivant à régénérer, mais comme une <strong>plateforme</strong> à optimiser. <br />  &nbsp;</div>    <h3 style="margin-left: 40px;"><strong>1) Quel imaginaire est mis en scène ?</strong></h3>    <div style="margin-left: 40px;"><strong>a) Un imaginaire «&nbsp;productiviste&nbsp;» de la nature administrable</strong> <br />  Le vivant est implicitement traité comme un ensemble de variables gérables&nbsp;: on promet des «&nbsp;mesures&nbsp;», des «&nbsp;compensations&nbsp;», des «&nbsp;procédures&nbsp;», comme si l’estuaire était un système neutre, réglable, sans seuils ni irréversibilités. Or, dans un estuaire, <em>tout se joue dans les flux</em> : prélèvements, rejets, énergie, charges organiques, effets de cascade. Cet imaginaire technico-gestionnaire tend à faire oublier que le vivant n’est pas un décor&nbsp;: c’est une condition. <br />  <strong>b) Un imaginaire de la valeur abstraite qui prime sur la richesse réelle</strong> <br />  Derrière l’emploi et l’attractivité, l’objet de culte devient la croissance, le volume, la rentabilité — autrement dit une richesse abstraite. C’est exactement le mécanisme que j’analyse&nbsp;: quand la valeur monétaire devient souveraine, la biodiversité, la santé des milieux et parfois la santé des habitants deviennent des variables d’ajustement. <br />  <strong>c) Un imaginaire de dépossession douce&nbsp;: «&nbsp;on consulte&nbsp;», mais on ne co-décide pas</strong> <br />  Le récit institutionnel produit souvent une impression de démocratie (consultations, enquêtes), tout en maintenant une asymétrie&nbsp;: les habitants ont la connaissance située, mais rarement le pouvoir de fixer les conditions non négociables. Le territoire est «&nbsp;concerné&nbsp;», mais pas pleinement souverain. <br />  &nbsp;</div>    <h3 style="margin-left: 40px;"><strong>2) Territoire-commun : ce que cet imaginaire évacue</strong></h3>    <div style="margin-left: 40px;">L’imaginaire inverse — <strong>territoire-commun</strong> — suppose que le territoire est un <strong>écosystème habité</strong>, un bien commun concret, avec des bases vitales non substituables : eau, sols, biodiversité, santé, continuités écologiques, mémoire et usages. Dans cet imaginaire, on ne demande pas au vivant de «&nbsp;s’adapter&nbsp;» au projet ; on demande au projet de prouver qu’il <strong>respecte</strong> et <strong>renforce</strong> les conditions du vivant. <br />  &nbsp;</div>    <h3 style="margin-left: 40px;"><strong>3) Ce que cela dit de notre manière collective de penser le développement</strong></h3>    <div style="margin-left: 40px;">Cela révèle une crise du développement comme idée directrice&nbsp;: nous continuons à penser «&nbsp;développement&nbsp;» comme <strong>augmentation de production</strong> et <strong>attractivité</strong>, alors que nous sommes entrés dans un monde de limites, de seuils et de fragilités cumulées. Le langage économique devient un écran&nbsp;: il simplifie, il rassure, il accélère les décisions… et il masque ce qui compte réellement. Et c’est ici que ma précision sur la «&nbsp;science&nbsp;» me semble décisive : il ne s’agit pas seulement des sciences dites exactes, mais aussi des <strong>sciences sociales et humaines</strong> et de <strong>l’art</strong>, comme instruments pour décrire les rapports de pouvoir, comprendre les mécanismes de dépossession, et surtout <strong>ouvrir d’autres imaginaires politiques</strong>. Car le cœur du problème est aussi narratif et symbolique : qu’est-ce qu’une «&nbsp;richesse&nbsp;» ? qu’est-ce qu’un «&nbsp;progrès&nbsp;» ? qu’est-ce qu’un territoire ? <br />  &nbsp;</div>    <h3 style="margin-left: 40px;"><strong>4) Une alerte&nbsp;: l’illusion d’une société qui délègue la pensée au pilotage technique</strong></h3>    <div style="margin-left: 40px;">Ce qui est inquiétant aujourd’hui, c’est la tentation de dire&nbsp;: «&nbsp;ne vous inquiétez pas, des systèmes experts — et bientôt des IA — penseront à votre place&nbsp;». Or nous ne sommes pas des abstractions. Nous sommes un corps, de l’air, de l’eau, de l’énergie : nous respirons, nous mangeons, nous dépendons d’abeilles, de sols, de cycles, et nous mourrons. Quand une société oublie cela, elle devient capable de remplacer le réel par des artefacts — jusqu’à imaginer des «&nbsp;solutions&nbsp;» de substitution (pollinisation artificielle, réparation technique du vivant) au lieu de protéger ce qui rend la vie possible. <br />  &nbsp;</div>    <h3 style="margin-left: 40px;"><strong>En synthèse</strong></h3>    <div style="margin-left: 40px;">Le projet met en scène un <strong>imaginaire de territoire-ressource</strong>, gouverné par la valeur abstraite et une gestion technico-administrative du vivant. Il dit que, collectivement, nous pensons encore le développement comme optimisation et croissance, alors que l’urgence est de basculer vers un imaginaire de <strong>territoire-commun&nbsp;</strong>: un milieu habité, non substituable, dont les bases vitales doivent devenir le premier critère de décision — et dont la transformation exige autant la rigueur scientifique que la lucidité des sciences humaines et la puissance de l’art pour créer d’autres futurs désirables. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vous plaidez pour une approche territoriale circulaire, qui régénère plutôt qu’elle n’exploite. Pouvez-vous nous citer et analyser brièvement, un exemple de réussite et quels enseignements pouvons-nous en titrer, en tant que citoyens, dirigeants, ou responsables publics et territoriaux ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Un exemple intéressant (et déjà <strong>opérationnel</strong>, même s’il reste à consolider) est <strong>le projet TERA</strong> en Lot-et-Garonne, autour de Tournon-d’Agenais, Masquières et Trentels&nbsp;: une expérimentation d’<strong>écosystème coopératif territorial</strong> qui vise à <strong>relocaliser ~85% de la production vitale</strong> dans un rayon d’environ 30 km, avec une <strong>monnaie citoyenne locale (l’Abeille)</strong> et un <strong>revenu d’autonomie</strong>. <br />  &nbsp;</div>    <h3 style="margin-left: 40px;"><strong>Pourquoi peut-on parler de «&nbsp;réussite&nbsp;» (à l’échelle d’une expérimentation)&nbsp;?</strong></h3>  &nbsp;    <ol style="margin-left: 40px;">  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>La boucle «&nbsp;prendre / rendre&nbsp;» est remise au centre</strong></li>  </ol>    <div style="margin-left: 40px;">Au niveau sémiotique TERA essaie de refermer localement la boucle extraction-excrétion&nbsp;: produire des vivres, des services et de l’habitat en limitant les fuites, et en organisant la régénération (sols, pratiques agricoles, sobriété, mutualisation). On n’est plus dans un territoire «&nbsp;extractif&nbsp;» où la valeur part ailleurs, mais dans un territoire qui cherche à <strong>stabiliser ses conditions d’existence</strong>. <br />  &nbsp;</div>    <div style="margin-left: 80px;"><strong>2. Un levier monétaire qui «&nbsp;retient&nbsp;» la richesse sur place</strong></div>    <div style="margin-left: 40px;">L’<strong>Abeille</strong> fonctionne comme un dispositif anti-fuite&nbsp;: elle circule localement (1 Abeille ≈ 1 euro&nbsp;; les professionnels convertissent, pas les particuliers&nbsp;; pas de thésaurisation), ce qui transforme la monnaie en <strong>outil territorial</strong> et pas seulement en équivalent abstrait. C’est exactement de quoi je parle dans mon article&nbsp;: un symbole (ici, la monnaie) n’est pas neutre — il performe une organisation sociale. <br />  &nbsp;</div>    <div style="margin-left: 80px;"><strong>3. Une articulation (encore rare) des trois strates</strong> <br />  &nbsp;</div>    <ul style="margin-left: 40px;">  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Strate organique (vivres / subsistance)</strong> : maraîchage, boulange, activités quotidiennes, écoconstruction, etc.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Strate politique (institutions / coordination)&nbsp;</strong>: montage coopératif, comité territorial de dialogue, gouvernance partagée, ingénierie juridique.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Strate symbolique (valeurs / légitimité)</strong> : «&nbsp;ce qui compte&nbsp;» est redéfini : autonomie, cohésion, utilité sociale/écologique, plutôt que seule croissance monétaire.</li>  </ul>    <div style="margin-left: 40px;"> <br />  Enfin, le projet a déjà pu verser <strong>quelques revenus d’autonomie</strong> (ex. 865 €/mois, majoritairement en Abeille, selon Zoein)&nbsp;: c’est modeste en volume, mais décisif comme preuve d’existence. <br />  &nbsp;</div>    <h3 style="margin-left: 40px;"><strong>Les limites (et donc les enseignements méthodologiques)</strong></h3>    <div style="margin-left: 40px;">TERA a rendu visible un point crucial&nbsp;: <strong>si l’offre locale n’est pas suffisamment dense</strong>, une monnaie locale + revenu en monnaie locale peut se heurter à une difficulté pratique (dépenser le revenu faute de biens/services disponibles). Le projet l’a reconnu et a réorienté son dispositif (phases, articulation de revenus, montée en charge). Autrement dit&nbsp;: la circularité n’est pas un slogan, c’est une <strong>logistique.</strong> <br />  &nbsp;</div>    <h3 style="margin-left: 40px;"><strong>Quels enseignements en tirer (citoyens, dirigeants, responsables publics) ?</strong></h3>    <div style="margin-left: 40px;"><strong>Pour les citoyens</strong></div>    <ul style="margin-left: 40px;">  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Sortir du rôle de «&nbsp;consommateur&nbsp;» et devenir <strong>acteur de la boucle (“prendre / rendre”)&nbsp;</strong>: orienter ses achats, accepter des échanges en monnaie locale, participer aux communs (réparation, entraide, production, distribution).</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Comprendre que la «&nbsp;richesse&nbsp;» n’est pas seulement monétaire&nbsp;: elle est d’abord <strong>capacité territoriale de subsistance</strong> (vivres) et <strong>capacité de coopération</strong> (politique).</li>  </ul>    <div style="margin-left: 40px;"><strong>Pour les dirigeants et responsables publics</strong></div>    <ul style="margin-left: 40px;">  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Traiter ces projets comme des <strong>infrastructures de résilience</strong>, pas comme des curiosités : foncier, locaux, marchés publics adaptés, soutien à l’ingénierie (juridique, comptable, évaluation).</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Protéger l’expérimentation contre la capture par trois activités structurantes du « vivre ensemble » (<em>Universaux Urbains, </em><em>Marcos&nbsp;: 1996, 2022</em><em>)</em>&nbsp;:  	<ul>  		<li class="list" style="margin-left: 40px;">la <strong>Loi</strong> (bureaucratisation/contrôle qui stérilise),</li>  		<li class="list" style="margin-left: 40px;">le <strong>Nom</strong> (branding identitaire qui remplace le travail réel de boucle.</li>  	</ul>  	</li>  </ul>    <div style="margin-left: 40px;">L’enjeu est de renforcer le <strong>niveau politique</strong> (coopération, planification, transparence) sans écraser l’organique. <br />  <strong>Pour les responsables territoriaux</strong></div>    <ul style="margin-left: 40px;">  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Partir d’une cartographie «&nbsp;diagrammatique[[1]] » (Brandt&nbsp;: 2020)&nbsp;: flux d’eau / alimentation / énergie / mobilité / logement, points de fuite, capacités de régénération.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Concevoir la monnaie et le revenu comme des <strong>outils de synchronisation&nbsp;</strong>: ils ne «&nbsp;créent&nbsp;» pas la circularité ; ils l’accélèrent quand la production, la distribution et les communs existent déjà.</li>  </ul>    <div style="margin-left: 40px;">En bref : TERA montre qu’une approche circulaire territoriale devient crédible quand elle <strong>reconstruit simultanément</strong> les bases vitales (organique), l’organisation collective (politique) et la valeur partagée (symbolique). C’est précisément le type d’agent «&nbsp;transversal&nbsp;»&nbsp;: capable de relier le sol, l’institution et le sens — sans laisser le marché global décider seul de ce qui mérite d’exister.</div>    <div>  <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <hr align="left" size="1" width="33%" />  <div id="ftn1">  <blockquote>  <div style="margin-left: 40px;">[[1]] <strong>Cartographie diagrammatique = schéma opératoire des relations qui structurent un territoire</strong>, utilisé pour comprendre, anticiper et transformer (plutôt que pour simplement décrire).</div>    <h3 style="margin-left: 40px;">Ce qui la distingue d’une carte «&nbsp;classique&nbsp;»</h3>    <ul>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Elle ne vise pas la ressemblance spatiale</strong> (échelle, formes exactes), mais la <strong>structure</strong>.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Elle représente des <strong>relations invisibles</strong> : «&nbsp;si A change, alors B bascule&nbsp;», «&nbsp;au-delà de tel seuil, tel flux devient critique&nbsp;».</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Elle sert à <strong>planifier / réguler / coordonner</strong> (niveau politique), pas seulement à contempler (niveau organique iconique) ni à ordonner (niveau symbolique performatif).</li>  </ul>    <h3 style="margin-left: 40px;">Ce qu’elle cartographie concrètement</h3>    <div style="margin-left: 40px;">Elle met en forme des relations du type&nbsp;:</div>    <ul>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Flux&nbsp;</strong>: eau (propre/sale), énergie, alimentation, matières, déchets, argent, information.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Boucles&nbsp;</strong>: extraction → usage → excrétion → régénération (ou échec de régénération).</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Seuils et délais&nbsp;</strong>: temps de régénération, capacités de traitement, limites d’absorption des sols, dépendances critiques.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Frontières et fuites&nbsp;</strong>: où la valeur sort du territoire, où les ressources entrent, où les risques s’accumulent.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Attracteurs / tensions&nbsp;</strong>: par exemple, dans mes articles (2012, 2022), la dynamique <strong>Loi </strong><strong></strong><strong> -</strong><strong>&gt;</strong><strong> Nom</strong> qui traverse les strates et peut «&nbsp;capturer&nbsp;» l’organisation.</li>  </ul>    <h3 style="margin-left: 40px;">Pourquoi «&nbsp;diagrammatique&nbsp;» (au sens sémiotique)</h3>    <div style="margin-left: 40px;">Parce que, le diagramme est une <strong>sémantique de relations&nbsp;</strong>: il «&nbsp;montre&nbsp;» des connexions et des contraintes qui ne sont pas données directement par la perception. Il fait passer du visible au <strong>compréhensible</strong>, puis au <strong>transformable</strong>.</div>    <h3 style="margin-left: 40px;">Exemples de formes possibles</h3>    <ul>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Schéma «&nbsp;réseau&nbsp;»&nbsp;: nœuds (acteurs/lieux) + liens (flux).</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Boucles causales&nbsp;: rétroactions positives/négatives.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Carte de seuils&nbsp;: zones de saturation / zones de régénération.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Topologie trois activités structurantes du « vivre ensemble »&nbsp;: tensions (ex. Loi/Nom/valeurs) et points de bascule.</li>  </ul>  </blockquote>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Bibliographie</b></div>
     <div>
      <h2 style="margin-left: 40px;"><strong><em>Cadre théorique</em></strong></h2>    <div style="margin-left: 40px;">Brandt, P. A. (2017). <em>Écologie et sémiotique</em> [Manuscrit inédit]. <br />  Brandt, P. A. (2020). <em>Cognitive semiotics: Signs, mind, and meaning</em>. Bloomsbury Academic. <br />  Marcos, I. (1996). <em>Le sens urbain : La morphogenèse et la sémiogenèse de Lisbonne – Une analyse catastrophiste urbaine</em> [Thèse de doctorat, Aarhus University]. <br />  Marcos, I. (2012). <em>Urban morphogenesis</em>. <em>Semiotica, 192</em>, 1–14. <a class="link" href="https://doi.org/10.1515/sem-2012-0077">https://doi.org/10.1515/sem-2012-0077</a>  <br />  Marcos, I. (2022, 20 mars). Post nº13 | C’est quoi une ville ? Isabel Marcos. https://fr.isabelmarcos.net/post/post-n%C2%BA13-c-est-quoi-une-ville <br />  Meadows, D. H. (1999). <em>Leverage points: Places to intervene in a system</em>. The Sustainability Institute. <br />  Meadows, D. H. (2008). <em>Thinking in systems: A primer</em>. Chelsea Green Publishing. <br />  &nbsp;</div>    <h2 style="margin-left: 40px;"><strong><em>Sources institutionnelles et procédure (projet du Verdon-sur-Mer)</em></strong></h2>    <div style="margin-left: 40px;">Mission régionale d’autorité environnementale (MRAe) Nouvelle-Aquitaine. (2024, 31 octobre). <em>Avis délibéré sur le projet de construction d’un site piscicole et d’un atelier de transformation de saumons au Verdon-sur-Mer (33)</em> (Avis n° 2024APNA197 ; dossier P-2024-16385) [PDF]. https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2024apna197.pdf <br />  Préfecture de la Gironde. (2025, 25 novembre). <em>Le Verdon-sur-Mer – Autorisation environnementale + permis de construire “Saumon du Médoc” (Enquête publique)</em>. https://www.gironde.gouv.fr/Actions-de-l-Etat/Environnement-eau-risques-naturels-et-technologiques/Installations-classees-pour-la-protection-de-l-environnement/Consultation-du-public/Le-Verdon-sur-Mer-Autorisation-environnementale-permis-de-construire-Saumon-du-Medoc <br />  Préfecture de la Gironde. (2025). <em>Avis d’enquête publique unique : Autorisation environnementale + permis de construire – “Saumon du Médoc” – Commune du Verdon-sur-Mer</em> [PDF]. https://www.gironde.gouv.fr/content/download/74315/519336/file/Avis%20d%20enqu%C3%AAte%20publique.pdf <br />  Registre Numérique. (2025). <em>Construction d’un site piscicole et d’un atelier de transformation de saumons (Le Verdon-sur-Mer)</em> [Registre d’enquête publique]. https://www.registre-numerique.fr/enquete-publique-construction-d-un-site-piscicole-et-d-un-atelier-de-transformation-de-saumons <br />  &nbsp;</div>    <h2 style="margin-left: 40px;"><strong><em>Littérature scientifique (RAS, énergie/ACV, intrants et métriques FIFO)</em></strong></h2>    <div style="margin-left: 40px;">Badiola, M., Mendiola, D., &amp; Bostock, J. (2017). Recirculating aquaculture systems (RAS) analysis: Main issues on management and future challenges. <em>Journal of Cleaner Production, 157</em>, 155–166. https://doi.org/10.1016/j.jclepro.2017.04.139 <br />  Kok, B., Malcorps, W., Tlusty, M. F., Eltholth, M., Auchterlonie, N. A., Little, D. C., Newton, R. W., Davies, S. J., &amp; Van der Meer, J. (2020). Fish as feed: Using economic allocation to quantify the Fish In: Fish Out ratio of major fed aquaculture species. <em>Aquaculture, 528</em>, 735474. https://doi.org/10.1016/j.aquaculture.2020.735474 <br />  Majluf, P., Matthews, K., Pauly, D., Skerritt, D. J., &amp; Palomares, M. L. D. (2024). A review of the global use of fishmeal and fish oil and the Fish In:Fish Out metric. <em>Science Advances, 10</em>(42), eadn5650. <a class="link" href="https://doi.org/10.1126/sciadv.adn5650">https://doi.org/10.1126/sciadv.adn5650</a>  <br />  Newton, R., Metian, M., Tacon, A. G. J., Troell, M., &amp; Little, D. C. (2025). New metrics are needed to evaluate the use of wild fish in aquaculture. <em>Aquaculture, 602</em>, 742332. https://doi.org/10.1016/j.aquaculture.2025.742332 <br />  Song, X., Liu, Y., Pettersen, J. B., Brandão, M., Ma, X., Røberg, S., &amp; Frostell, B. (2019). Life cycle assessment of recirculating aquaculture systems: A case of Atlantic salmon farming in China. <em>Journal of Industrial Ecology, 23</em>(5), 1077–1086. <a class="link" href="https://doi.org/10.1111/jiec.12845">https://doi.org/10.1111/jiec.12845</a>  <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos d'Isabel Marcos</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div style="margin-left: 40px;"><strong><em>Scientifique de formation et adepte de l’interdisciplinarité,</em></strong>&nbsp;<a class="link" href="https://cfcul.ciencias.ulisboa.pt/equipa/isabel-marcos/" target="_blank">Isabel Marcos&nbsp;</a>  <strong><em>s’appuie sur les travaux de</em></strong>&nbsp;<a class="link" href="http://www.fb10.uni-bremen.de/homepages/wildgen/pdf/Le_parcours_sermiotique_de_Rene_Thom_Paris_2019.pdf" target="_blank">René Thom&nbsp;</a>  <strong><em>et</em></strong>&nbsp;<a class="link" href="https://actasemiotica.com/index.php/as/22021peraagebrandt" target="_blank">Per Aage Brandt </a>  &nbsp;<strong><em>pour dépasser la séparation entre sciences exactes et sciences humaines. Elle défend une vision où chaque individu vit simultanément dans trois mondes</em></strong> <strong><em>: naturel, socioculturel et intime.</em></strong>&nbsp; <br />  <strong><em>Elle fait partie du&nbsp;</em></strong><em>Comité Exécutif de l'Association Internationale de Sémiotique (IASS) : https://iass-ais.org/officers/executive-committee/.&nbsp;</em>&nbsp;</div>    <h3 style="margin-left: 40px;"><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/isabel-marcos-/?locale=fr_FR">Isabel Marcos</a>  <strong><em>, </em></strong><em>architecte et sémioticienne, docteure en sémiotique et en sciences de la communication, est une figure internationale de la sémiotique de l’espace, auteure de nombreux ouvrages. </em>Professeure et chercheuse à l’Université Lusófona de Lisbonne, elle intervient également comme conférencière à CY École de Design (CY Cergy Paris Université), où elle enseigne l’éco-sémiotique du design régénératif. Ses travaux articulent morphogenèse urbaine, sémiotique cognitive et théorie des catastrophes (René Thom), pour analyser les mécanismes de sens et de pouvoir à l’œuvre dans les transformations territoriales, et contribuer à une pensée opérationnelle du territoire-commun centrée sur le vivant. <br />  <a class="link" href="https://actasemiotica.com/index.php/as/22021peraagebrandt" target="_blank">Web site en français</a> </h3>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une remarque plus personnelle, un conseil de lecture, un rendez-vous à recommander ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Je formulerais deux remarques, en lien direct avec ce que montre le cas du Verdon-sur-Mer. <br />   <br />  <strong>1) Replacer le sens au cœur de la décision (et de la prospective)</strong> <br />  Nous vivons un moment où les indicateurs purement quantitatifs (croissance, volumes, “attractivité”) ne suffisent plus à saisir la complexité des crises écologiques, sociales et culturelles. Or une <strong>sémiotique morphodynamique</strong> inspirée par <strong>René Thom</strong> permet précisément de travailler ce point aveugle : elle aide à repérer les <strong>bifurcations</strong>, à anticiper les <strong>ruptures</strong>, et à relier les transformations techniques aux <strong>imaginaires politiques</strong> et aux <strong>conditions biophysiques</strong> qui les rendent (in)acceptables. Autrement dit : elle ne remplace pas la science des milieux, elle clarifie <strong>ce qui fait sens</strong>, <strong>pour qui</strong>, <strong>au prix de quoi</strong>, et <strong>au nom de quelles valeurs</strong>. <br />   <br />  <strong>2) La sémiotique est déjà utilisée — la question est : au service de quoi ?</strong> <br />  Beaucoup d’entreprises recourent à la sémiotique, souvent discrètement, pour se différencier sur un marché. J’ai moi-même travaillé dans ces cadres, mais j’ai choisi depuis plusieurs années de réserver cet usage à des enjeux <strong>écologiques, urbanistiques et sociaux</strong> : là où il faut rendre visibles les mécanismes de <strong>dépossession</strong>, les effets de <strong>récit</strong> (emploi, modernité, innovation), et la manière dont ces récits peuvent court-circuiter la preuve et les seuils du vivant. <br />   <br />  <strong>Conseil de lecture (pour prolonger l’entretien)</strong></div>    <ul>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Marcos, I., &amp; Morier, C. (Eds.). (2024). <em>The relevance of René Thom: The morphological dimension in today's sciences.</em> Springer. <a class="link" href="https://doi.org/10.1007/978-3-031-54982-3">https://doi.org/10.1007/978-3-031-54982-3</a> </li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Marcos, I., &amp; Morier, C. (Eds.). (2024). <em>La Part de l’Œil</em>, 38 : <em>Esthétiques du vivant / René Thom et la morphogenèse, en dialogue</em> (pp. 169–249). Bruxelles : La Part de l’Œil.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Marcos, I., &amp; Morier, C. (2023). <em>Centenaire de René Thom (1923–2023) : hommage sémiotique et morphodynamique.</em> <em>Estudos Semióticos, 19</em>(1), i–xxviii. <a class="link" href="https://revistas.usp.br/esse/article/view/210388">https://revistas.usp.br/esse/article/view/210388</a>  <br />  	&nbsp;</li>  </ul>    <div style="margin-left: 40px;"><strong>Rendez-vous</strong> <br />  Je recommande enfin de suivre le séminaire international en ligne que j’organise <strong>début 2026</strong> (en construction) pour penser collectivement les <strong>villes du futur</strong> à l’épreuve des limites et des communs : <a class="link" href="https://significant.design/futurecities">https://significant.design/futurecities</a>  <br />  <strong>En somme :</strong> si la crise est aussi une crise des représentations, alors la prospective a besoin d’outils capables de relier <strong>formes</strong>, <strong>flux</strong> et <strong>valeurs</strong> — et d’aider la décision publique à passer de la <strong>promesse</strong> à la <strong>preuve</strong>, sans perdre de vue le vivant. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/93397133-65290439.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.veillemag.com/Produire-oui-—-mais-pas-n-importe-comment-une-semiotique-du-vivant-en-trois-niveaux-Isabel-Marcos_a6786.html</link>
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   <title>Quand l'Intelligence économique rencontre les forces spéciales : LEÇONS CROISEES D'UNE CARRIERE « AU FEMININ ». Par Thierry Lafon</title>
   <pubDate>Thu, 03 Jul 2025 11:01:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Le biais de l'angle mort]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Qu'ont en commun un(e) analyste en intelligence économique scrutant les mouvements de la concurrence et Enora Chame traquant des terroristes au Sahel ? Plus qu'on ne l'imagine. Tous deux « remplissent leur caisse à outils », croisent des sources hétérogènes et « vivent dans la tête » de leur cible. Là où l'analyste IE combine brevets, bases de données financières et réseaux sociaux, l'officier de renseignement « prend tous les capteurs comme une caisse à outils » : satellites, écoutes, témoignages humains. Dans les deux cas, « aucun capteur n'est parfait » et la valeur ajoutée réside dans l'art de « combiner entre eux » des informations disparates pour « faire du temps réel ».     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/89747893-63409242.jpg?v=1751534710" alt="Quand l'Intelligence économique rencontre les forces spéciales : LEÇONS CROISEES D'UNE CARRIERE « AU FEMININ ». Par Thierry Lafon" title="Quand l'Intelligence économique rencontre les forces spéciales : LEÇONS CROISEES D'UNE CARRIERE « AU FEMININ ». Par Thierry Lafon" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le syndrome du "sac de lessive" version corporate</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">« Toute ma carrière, on a parlé à côté de moi comme si j'étais un sac de lessive », raconte Enora Chame. Combien d'analystes hommes ou femmes en IE ont vécu cette invisibilité ? Cette sensation d'être « la seule femme » dans des réunions stratégiques, de devoir « travailler, travailler, travailler pour être enfin légitime » ? <br />   <br />  Le parallèle est saisissant : dans les deux univers, la légitimité ne vient ni du diplôme ni du titre, mais de la reconnaissance par « ceux qui sont sur le terrain », qu'ils soient commerciaux, financiers, R&amp;D, dirigeants, exploitants logistiques, RSSI ou commandos. « Ce n'est que lorsque je suis devenue légitime pour eux que je me suis sentie légitime. » <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'art de la manœuvre : capteurs vs veille concurrentielle</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Quand <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/%C3%A9nora-chame-522425240/" target="_blank">Enora Chame</a>  explique qu'elle a trouvé sa cible « exactement là où on avait dit » – à un mariage au fond du Sahel –, elle illustre parfaitement ce que tout bon analyste IE connaît : l'intuition nourrie par la méthode. « J'ai pensé que notre cible allait se joindre à un mariage », dit-elle après avoir « croisé des éléments ». Remplacez « mariage » par « salon professionnel » et « cible » par « concurrent », et vous obtenez la même démarche : anticiper les mouvements de l'adversaire, identifier un cygne noir, présenter une opportunité ou formuler une aide à la décision stratégique (<em>que pourtant on vous avait demandé de formuler</em>) en croisant signaux faibles, analyse comportementale, de données devenues information et analyse du terrain. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Du stress post-traumatique au burn-out de l'analyste</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">« C'est un métier quand même très dur, assez propice au burn-out », confie Enora Chame sur le renseignement. L'analyste IE hochera la tête : veille permanente, crises consécutives, pression des résultats, « très forte pression et très ingrat ». <br />   <br />  Mais la leçon d'Enora est précieuse : « réactiver le cortex préfrontal », « écrire, analyser, nommer les faits » pour éviter que le stress « reste collé à l'émotion brute ». Un protocole transposable à tout métier de l'information sous tension. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Français arrivent" : quand l'esprit d'équipe sauve tout</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">« Pour moi c'était le déclic », dit Enora Chame en évoquant cette phrase mythique. Dans l'IE aussi, il y a ces moments où « l'équipe percute &nbsp;» : quand le réseau se mobilise, quand les sources livrent l'information cruciale, quand la direction comprend enfin l'enjeu. « On sait que tous les camarades feront tout pour venir nous sauver », traduit-elle. En entreprise, cela s'appelle la solidarité métier, l'esprit maison, la culture du renseignement enfin partagé. <br />   <br />  L'intelligence économique et le renseignement militaire demandent finalement la même exigence : « être orienté mission », « rien lâcher », « s'accrocher ». Qu'on traque un concurrent, une menace informationnelle, une innovation, l’éclairage pour la décision ou un terroriste, « il faut aimer travailler », et surtout, « ne jamais s'asseoir, ne jamais se coucher ». Leçon universelle d'une femme qui a prouvé qu'avec de la méthode et de l'obstination, on peut transformer n'importe quelle « caisse à outils » en arme de précision. Comme Gaëlle, C², Luc, Lilian, Jacqueline … et toutes celles et ceux avec qui j’ai eu le privilège de faire équipe et qui jamais ne se sont exprimés sur ce sujet. <br />  Pas vous&nbsp;? ah bon&nbsp;! <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources </b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/89747893-63409247.jpg?v=1751534403" alt="Quand l'Intelligence économique rencontre les forces spéciales : LEÇONS CROISEES D'UNE CARRIERE « AU FEMININ ». Par Thierry Lafon" title="Quand l'Intelligence économique rencontre les forces spéciales : LEÇONS CROISEES D'UNE CARRIERE « AU FEMININ ». Par Thierry Lafon" />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Article de référence&nbsp;: <a class="link" href="https://www.linkedin.com/pulse/quand-lexp%C3%A9rience-kurde-r%C3%A9v%C3%A8le-le-potentiel-des-femmes-dr-phd-%E5%8D%9A%E5%A3%AB-lpqxe/?trackingId=Jd57Jn%2BG5ynqf4Q0doO8xA%3D%3D">"Quand l'expérience kurde révèle le potentiel inexploité des femmes dans nos armées" | LinkedIn</a>  <br />  Post de référence&nbsp;: <a href="https://www.linkedin.com/posts/lafonthierry_femme-de-lombre-et-daction-al-qaa-activity-7345147780253855746-uIPd?utm_source=share&amp;utm_medium=member_desktop&amp;rcm=ACoAAABXsQ4BnPiCrWqeNtaYVvzsXtE4spSNnEE">https://www.linkedin.com/posts/lafonthierry_femme-de-lombre-et-daction-al-qaa-activity-7345147780253855746-uIPd?utm_source=share&amp;utm_medium=member_desktop&amp;rcm=ACoAAABXsQ4BnPiCrWqeNtaYVvzsXtE4spSNnEE</a> <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Auteur</b></div>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote>  <div class="photo shadow left"><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/lafonthierry/" target="_blank"><strong>Thierry Lafon Dr</strong></a>  <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/lafonthierry/?originalSubdomain=fr" target="_blank"> </a>  PhD 博士 Chercheur associé au laboratoire CeReGe (UR 13564) axe Intelligence Stratégique Internationale chez Université de Poitiers. <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></div>  </blockquote>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/89747893-63409242.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.veillemag.com/Quand-l-Intelligence-economique-rencontre-les-forces-speciales-LECONS-CROISEES-D-UNE-CARRIERE-AU-FEMININ-Par-Thierry_a6132.html</link>
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   <title>Quand l'Intelligence économique rencontre les forces spéciales : LEÇONS CROISEES D'UNE CARRIERE « AU FEMININ ». Par Thierry Lafon</title>
   <pubDate>Thu, 03 Jul 2025 11:01:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Le biais de l'angle mort]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Qu'ont en commun un(e) analyste en intelligence économique scrutant les mouvements de la concurrence et Enora Chame traquant des terroristes au Sahel ? Plus qu'on ne l'imagine. Tous deux « remplissent leur caisse à outils », croisent des sources hétérogènes et « vivent dans la tête » de leur cible. Là où l'analyste IE combine brevets, bases de données financières et réseaux sociaux, l'officier de renseignement « prend tous les capteurs comme une caisse à outils » : satellites, écoutes, témoignages humains. Dans les deux cas, « aucun capteur n'est parfait » et la valeur ajoutée réside dans l'art de « combiner entre eux » des informations disparates pour « faire du temps réel ».     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/89701770-63383511.jpg?v=1751534710" alt="Quand l'Intelligence économique rencontre les forces spéciales : LEÇONS CROISEES D'UNE CARRIERE « AU FEMININ ». Par Thierry Lafon" title="Quand l'Intelligence économique rencontre les forces spéciales : LEÇONS CROISEES D'UNE CARRIERE « AU FEMININ ». Par Thierry Lafon" />
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     </div>
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     <div><b>Le syndrome du "sac de lessive" version corporate</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">« Toute ma carrière, on a parlé à côté de moi comme si j'étais un sac de lessive », raconte Enora Chame. Combien d'analystes hommes ou femmes en IE ont vécu cette invisibilité ? Cette sensation d'être « la seule femme » dans des réunions stratégiques, de devoir « travailler, travailler, travailler pour être enfin légitime » ? <br />   <br />  Le parallèle est saisissant : dans les deux univers, la légitimité ne vient ni du diplôme ni du titre, mais de la reconnaissance par « ceux qui sont sur le terrain », qu'ils soient commerciaux, financiers, R&amp;D, dirigeants, exploitants logistiques, RSSI ou commandos. « Ce n'est que lorsque je suis devenue légitime pour eux que je me suis sentie légitime. » <br />  &nbsp;</div>  
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     <div><b>L'art de la manœuvre : capteurs vs veille concurrentielle</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">Quand <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/%C3%A9nora-chame-522425240/" target="_blank">Enora Chame</a>  explique qu'elle a trouvé sa cible « exactement là où on avait dit » – à un mariage au fond du Sahel –, elle illustre parfaitement ce que tout bon analyste IE connaît : l'intuition nourrie par la méthode. « J'ai pensé que notre cible allait se joindre à un mariage », dit-elle après avoir « croisé des éléments ». Remplacez « mariage » par « salon professionnel » et « cible » par « concurrent », et vous obtenez la même démarche : anticiper les mouvements de l'adversaire, identifier un cygne noir, présenter une opportunité ou formuler une aide à la décision stratégique (<em>que pourtant on vous avait demandé de formuler</em>) en croisant signaux faibles, analyse comportementale, de données devenues information et analyse du terrain. <br />  &nbsp;</div>  
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     <div><b>Du stress post-traumatique au burn-out de l'analyste</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">« C'est un métier quand même très dur, assez propice au burn-out », confie Enora Chame sur le renseignement. L'analyste IE hochera la tête : veille permanente, crises consécutives, pression des résultats, « très forte pression et très ingrat ». <br />   <br />  Mais la leçon d'Enora est précieuse : « réactiver le cortex préfrontal », « écrire, analyser, nommer les faits » pour éviter que le stress « reste collé à l'émotion brute ». Un protocole transposable à tout métier de l'information sous tension. <br />  &nbsp;</div>  
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     <div><b>"Les Français arrivent" : quand l'esprit d'équipe sauve tout</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">« Pour moi c'était le déclic », dit Enora Chame en évoquant cette phrase mythique. Dans l'IE aussi, il y a ces moments où « l'équipe percute &nbsp;» : quand le réseau se mobilise, quand les sources livrent l'information cruciale, quand la direction comprend enfin l'enjeu. « On sait que tous les camarades feront tout pour venir nous sauver », traduit-elle. En entreprise, cela s'appelle la solidarité métier, l'esprit maison, la culture du renseignement enfin partagé. <br />   <br />  L'intelligence économique et le renseignement militaire demandent finalement la même exigence : « être orienté mission », « rien lâcher », « s'accrocher ». Qu'on traque un concurrent, une menace informationnelle, une innovation, l’éclairage pour la décision ou un terroriste, « il faut aimer travailler », et surtout, « ne jamais s'asseoir, ne jamais se coucher ». Leçon universelle d'une femme qui a prouvé qu'avec de la méthode et de l'obstination, on peut transformer n'importe quelle « caisse à outils » en arme de précision. Comme Gaëlle, C², Luc, Lilian, Jacqueline … et toutes celles et ceux avec qui j’ai eu le privilège de faire équipe et qui jamais ne se sont exprimés sur ce sujet. <br />  Pas vous&nbsp;? ah bon&nbsp;! <br />  &nbsp;</div>  
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     <div><b>Sources </b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/89701770-63383696.jpg?v=1751534403" alt="Quand l'Intelligence économique rencontre les forces spéciales : LEÇONS CROISEES D'UNE CARRIERE « AU FEMININ ». Par Thierry Lafon" title="Quand l'Intelligence économique rencontre les forces spéciales : LEÇONS CROISEES D'UNE CARRIERE « AU FEMININ ». Par Thierry Lafon" />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Article de référence&nbsp;: <a class="link" href="https://www.linkedin.com/pulse/quand-lexp%C3%A9rience-kurde-r%C3%A9v%C3%A8le-le-potentiel-des-femmes-dr-phd-%E5%8D%9A%E5%A3%AB-lpqxe/?trackingId=Jd57Jn%2BG5ynqf4Q0doO8xA%3D%3D">"Quand l'expérience kurde révèle le potentiel inexploité des femmes dans nos armées" | LinkedIn</a>  <br />  Post de référence&nbsp;: <a href="https://www.linkedin.com/posts/lafonthierry_femme-de-lombre-et-daction-al-qaa-activity-7345147780253855746-uIPd?utm_source=share&amp;utm_medium=member_desktop&amp;rcm=ACoAAABXsQ4BnPiCrWqeNtaYVvzsXtE4spSNnEE">https://www.linkedin.com/posts/lafonthierry_femme-de-lombre-et-daction-al-qaa-activity-7345147780253855746-uIPd?utm_source=share&amp;utm_medium=member_desktop&amp;rcm=ACoAAABXsQ4BnPiCrWqeNtaYVvzsXtE4spSNnEE</a> <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Auteur</b></div>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote>  <div class="photo shadow left"><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/lafonthierry/" target="_blank"><strong>Thierry Lafon Dr</strong></a>  <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/lafonthierry/?originalSubdomain=fr" target="_blank"> </a>  PhD 博士 Chercheur associé au laboratoire CeReGe (UR 13564) axe Intelligence Stratégique Internationale chez Université de Poitiers. <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></div>  </blockquote>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/89701770-63383511.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.veillemag.com/Quand-l-Intelligence-economique-rencontre-les-forces-speciales-LECONS-CROISEES-D-UNE-CARRIERE-AU-FEMININ-Par-Thierry_a6120.html</link>
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