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  <title>www.veillemag.com</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></description>
  <link>https://www.veillemag.com/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-08-18T20:28:35+02:00</dc:date>
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   <title>19 février. "Les sentiers de la guerre économique sur les batailles des soft powers". Entretien avec Nicolas Moinet.</title>
   <pubDate>Thu, 19 Feb 2026 10:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[STRATEGIES]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Face à la montée des risques informationnels, à la fragmentation des chaînes de valeur et à la pression des puissances étrangères, Nicolas Moinet appelle les organisations françaises à passer de la prise de conscience à l’action. Son bilan 2025 et sa prospective 2026 tracent une feuille de route exigeante pour dirigeants et décideurs. Rencontre.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/93938778-65563793.jpg?v=1769419735" alt="19 février. "Les sentiers de la guerre économique sur les batailles des soft powers". Entretien avec Nicolas Moinet." title="19 février. "Les sentiers de la guerre économique sur les batailles des soft powers". Entretien avec Nicolas Moinet." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>À l’IAE de Poitiers, vous formez la nouvelle génération de professionnels de l’IE. Quelles compétences vos étudiants doivent-ils aujourd’hui maîtriser pour répondre aux besoins et attentes des dirigeants publics et privés ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Depuis 30 ans, le Master Intelligence économique de Poitiers forme des jeunes professionnels (parcours en apprentissage) et des professionnels en activité (parcours en formation à distance). Identifier, analyser et comprendre des situations complexes impliquant des décisions de nature économique sont les premières compétences clés. Les situations d’urgence qui se multiplient impliquent de gérer des contextes professionnels ou d’études complexes, imprévisibles et qui nécessitent des approches stratégiques nouvelles. <br />   <br />  Ensuite, il est essentiel de passer à l’opératif, c’est-à-dire de problématiser puis mettre en œuvre un dispositif hybride de veille et de collecte d'information en identifiant les méthodes, les sources et les informations pertinentes (issues de personnes ou de documents numériques)&nbsp;; Maîtriser l’utilisation de logiciels de veille stratégique, d'agrégateurs de contenu et d'outils de surveillance des réseaux sociaux. Sans oublier l’IA générative dont il faut faire un assistant et non un maître. <br />   <br />  L’humain et la stratégie réseau ont par ailleurs toujours été au cœur de notre Master. Il est essentiel de savoir manager des réseaux d'acteurs afin de disposer de capteurs humains d’information. Ce qui appelle des qualités particulières qui peuvent faire l’objet d’apprentissages mais dans la limite des aptitudes personnelles décelées lors du recrutement&nbsp;: curiosité et ouverture d’esprit, capacité d’écoute, autonomie, diplomatie, aisance relationnelle. <br />   <br />  L’analyse est pour nous centrale et c’est là toute la force de la culture universitaire et de l’initiation à la recherche. En termes de compétences clés, il s’agit de maîtriser des outils d'analyse de données massives pour détecter les tendances émergentes, cartographier les enjeux et controverses géopolitiques et socio-économiques, articuler l'analyse de données hybrides qualitatives et quantitatives, issues de sources professionnelles et scientifiques et savoir synthétiser un grand volume de données pour en extraire des informations stratégiques en se préservant des biais cognitifs. <br />   <br />  Enfin, nous insistons sur l’importance de savoir convaincre les dirigeants de l'importance des recommandations stratégiques. Sans oublier pour l’ensemble les impératifs de sécurité. Auditer les risques associés au patrimoine immatériel d'une organisation et mettre en œuvre un dispositif de protection des informations sensibles sera donc une compétence essentielle. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>2025 a été une année de « bruit stratégique » permanent. Selon vous, quelles tendances ont vraiment compté ? Entre tensions géopolitiques, fragmentation des chaînes de valeur et montée des risques informationnels, quels signaux faibles identifiez vous aujourd’hui comme structurants pour 2026 ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Les signaux ne sont jamais faibles, seule l’intelligence l’est&nbsp;! <br />   <br />  2025 et 2026 sont des années de bascule qui ne font qu’amplifier des tendances déjà à l’œuvre depuis quinze ans&nbsp;: le centre de gravité mondial est dans la zone Asie Pacifique. C’est la rivalité sino-américaine qui dicte la marche du monde. L’Europe est désormais reléguée à la périphérie. Obama l’avait enclenché, Trump l’a définitivement entériné. L’Union européenne a joué pendant 70 ans un rôle de vassal et le réveil est douloureux. Nous ne maîtrisons plus nos chaines logistiques et sommes attaqués de toute part sur nos valeurs. Tout ceci est le fruit de décennies de refus de voir la réalité en face. <br />   <br />  Avec Christian Harbulot, Ali Laïdi, Éric Delbecque, Olivier de Maison Rouge et Arnaud de Morgny, l’École de Pensée sur la Guerre Économique, nous en savons quelque chose. Mais il n’est jamais bon d’avoir raison trop tôt. Nous proposons des analyses cliniques mais également des solutions. Ainsi, le dernier ouvrage collectif du <a class="link" href="https://www.nouveau-monde.net/catalogue/guerre-economique-comment-gagner/" target="_blank">CR 451&nbsp;- <em>Guerre économique, comment gagner&nbsp;?</em> </a>  – montre la voie en s’appuyant sur des batailles gagnées. <br />   <br />  Aujourd’hui, je vois beaucoup de commentateurs mais entend peu de propositions pour sortir de l’impasse stratégique dans laquelle nous sommes. Les rapports se suivent et se ressemblent mais ne débouchent sur rien de concret, à l’instar du rapport du Sénat sur l’intelligence économique qui a accouché d’une proposition de loi désormais tombée dans les oubliettes parlementaires. Nous sommes dans un état de sidération dont il est urgent de sortir. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>2.	On parle beaucoup d’IA générative, d’influence et de souveraineté. Mais si l’on regarde objectivement les faits, quels sont selon vous, les domaines où les entreprises françaises ont réellement progressé en 2025 ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Il y a eu clairement une prise de conscience de l’impératif de souveraineté et de la réalité des rapports de force dans ce qu’on n’a plus peur désormais d’appeler guerre économique. <br />   <br />  C’est une première étape. L’État n’est d’ailleurs pas en reste et, là aussi, j’ai pu observer une prise de conscience de changer de braquet. D’ailleurs, nous ne manquons pas de bonnes volontés et de compétences. Mais c’est la mise en musique qui fait encore défaut. Dans la sécurité économique par exemple, le MEDEF s’est réellement emparé du sujet et sur le terrain, les entreprises sont à l’écoute. Le CISSE apporte également sa pierre à l’édifice. Mais des combattants et quelques forces spéciales ne suffisent pas. <br />   <br />  En haut, il nous faut un état-major et en bas des forces morales mobilisées qui travaillent en réseau. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vous dénoncez depuis toujours la culture du réflexe plutôt que celle de l’anticipation. Qu’est ce qui, en 2025, a démontré que la France reste une puissance vulnérable sur le plan informationnel ? Et d’ailleurs, pensez-vous que la France soit encore une puissance ? </b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Pour moi, la France reste une puissance notamment en raison de sa force de frappe nucléaire, de son siège au conseil de sécurité de l’ONU, de son soft power, de son espace maritime, etc. <br />   <br />  Mais c’est une puissance en perte de vitesse faute de stratégie claire et en raison d’une situation politique intérieure calamiteuse marquée par une faiblesse budgétaire préoccupante qui a considérablement affaibli notre position au sein de l’UE. Nous avons délaissé l’industrie, les sciences et l’ingénierie. Ce sont toutes ces faiblesses internes qui nous rendent vulnérables aux ingérences extérieures et limitent notre agilité stratégique. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>En matière de souveraineté européenne, qu’est ce qui vous a le plus surpris en 2025 : une prise de conscience réelle, ou au contraire l’incapacité persistante de l’Europe à transformer ses discours en puissance stratégique ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Je ne crois pas au concept de souveraineté européenne et préfère parler d’autonomie stratégique. <br />   <br />  La souveraineté est l’affaire des États. De même, parler de puissance européenne est un leurre car il n’y a pas d’unité stratégique européenne. La non mise-en-œuvre du rapport Draghi en est la preuve. L’UE devrait être avant tout un bouclier quand les glaives restent du ressort de ses états membres. Mais les divergences sur l’agriculture ou l’énergie montrent bien que ce n’est pas le cas. On parle beaucoup, et à juste titre, de la vassalité de la plupart des pays européens à l’armement américain via notamment le F35. Mais on pourrait aussi observer les prises de participation des capitaux chinois dans tous les grands ports européens… <br />   <br />  L’Europe est un marché sous influences mais elle n’est sûrement pas une puissance. Croire le contraire c’est partir au combat avec des munitions chargées à blanc. Aura-t-elle un jour des munitions&nbsp;? Trump va peut-être nous y contraindre… ou définitivement nous reléguer en deuxième division. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Peut-être une recommandation, un rendez-vous, la publication d’un ouvrage…</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Je viens de terminer la nouvelle édition du deuxième volet de la trilogie <a class="link" href="https://www.fnac.com/a22060358/Nicolas-Moinet-La-bataille-des-soft-powers" target="_blank"><em>Les sentiers de la guerre économique </em>sur les batailles des soft powers</a>  (sortie le 19 février 2026 aux éditions Valeurs ajoutées). J’espère que ces récits où «&nbsp;Je est un autre&nbsp;» inciteront les nouvelles générations à s’engager et à se battre pour l’avenir de la France et pour ces valeurs auxquelles je crois plus que jamais&nbsp;: <em>Liberté, égalité, fraternité</em>. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Nicolas Moinet, Merci d’avoir accepté de répondre à nos questions.</b></div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de...</b></div>
     <div>
      <blockquote>Professeur des universités en Sciences de l’Information et de la Communication à l’IAE de Poitiers, <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/nicolas-moinet-4a69ba36/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Nicolas Moinet</a>  dirige le parcours formation à distance du Master 2 Intelligence économique. Praticien-chercheur en intelligence économique depuis 1993, il a un Doctorat sur les dispositifs intelligents et les stratégies d’innovation. Chercheur au CEREGE et chercheur associé au <a>CR 451</a>, il est l’auteur d’une centaine d’articles et d’une vingtaine d’ouvrages sur l’intelligence économique, le renseignement, la sécurité économique et l’influence. Il intervient régulièrement auprès d’institutions et d’entreprises. Il a été auditeur de l’Institut National des Hautes Études de la Sécurité et de la Justice (INHESJ devenu IHEMI) et de l’Institut des Hautes Études de la Défense Nationale. Il est l'un des fondateurs de l’École de Pensée sur la Guerre Économique. <br />  &nbsp; <br />  <a class="link" href="http://www.nicolas-moinet.com/" target="_blank">Vers plus d'informations</a>  <br />  &nbsp;</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/93938778-65563802.jpg?v=1769433593" alt="19 février. "Les sentiers de la guerre économique sur les batailles des soft powers". Entretien avec Nicolas Moinet." title="19 février. "Les sentiers de la guerre économique sur les batailles des soft powers". Entretien avec Nicolas Moinet." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/93938778-65563802.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.veillemag.com/19-fevrier-Les-sentiers-de-la-guerre-economique-sur-les-batailles-des-soft-powers-Entretien-avec-Nicolas-Moinet_a6943.html</link>
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   <title>Gaz azéri en Europe, pétrole kazakh sous pression : l'énergie de la Caspienne redevient géopolitique.</title>
   <pubDate>Wed, 28 Jan 2026 15:12:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Alors que l’Azerbaïdjan renforce son rôle de fournisseur clé dans la sécurité énergétique européenne, le Kazakhstan devient le théâtre d’une compétition silencieuse entre grandes puissances. Entre diversification des approvisionnements, vulnérabilités logistiques et pressions géopolitiques, la Caspienne s’impose plus que jamais comme un espace charnière où se redessinent les équilibres énergétiques du continent.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/93945299-65567809.jpg?v=1769611181" alt="Gaz azéri en Europe, pétrole kazakh sous pression : l'énergie de la Caspienne redevient géopolitique." title="Gaz azéri en Europe, pétrole kazakh sous pression : l'énergie de la Caspienne redevient géopolitique." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'Azerbaïdjan s'installe dans la sécurité énergétique européenne</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Les nouveaux accords de fourniture conclus avec l'Autriche et l'Allemagne ne sont pas de simples contrats commerciaux : ils s'inscrivent dans une stratégie de long terme. Bakou transforme le Corridor gazier méridional et le <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gazoduc_trans-adriatique" target="_blank">TAP</a>  &nbsp;(<span class="lang-en" lang="en"><i>Trans Adriatic Pipeline)</i></span>, qui relie l'Azerbaïdjan aux marchés européens via la Grèce, l'Albanie et l'Italie, en plateforme de puissance. Plus les États européens entrent dans le périmètre des livraisons azéries, plus l'Azerbaïdjan devient incontournable, non tant par les volumes absolus que par la fonction : diversifier, stabiliser, offrir une alternative crédible dans une Europe qui redoute de dépendre d'un seul robinet. <br />   <br />  <strong>Le point le plus significatif est l'Allemagne</strong>. Non parce que le gaz azéri pourrait, à lui seul, remplacer les grandes routes historiques, mais parce que Berlin reste le cœur industriel de l'Union européenne. Et un accord sur dix ans, dans un marché souvent dominé par des engagements courts, vaut déclaration politique : Bakou veut arrimer ses exportations à des clients solides, et certains États européens sont prêts à miser sur des relations structurées plutôt que sur des achats de circonstance.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Géoéconomie de la diversification : moins de dépendances, plus d'interdépendances</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto"><strong>Mais la diversification ne supprime pas la vulnérabilité : elle la redistribue</strong>. L'Europe réduit l'exposition à un fournisseur, tout en construisant de nouvelles interdépendances avec une zone, la Caspienne, traversée de rivalités régionales, de pressions russes, d'intérêts turcs et de jeux d'influence chinois.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">De plus, l'énergie ouvre toujours sur autre chose : investissements, infrastructures, poids diplomatique, accès aux marchés, partenariats industriels. Ce n'est pas seulement du gaz. C'est une chaîne de puissance qui inclut ports, compagnies, assurances, logistique, règles de marché et, parfois, capacité de pression implicite.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le Kazakhstan : puissance pétrolière, talon d'Achille logistique</b></div>
     <div>
      <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Deuxième volet : le Kazakhstan, acteur majeur de l'énergie, mais contraint par ses routes d'exportation. Une grande partie de son pétrole transite par le Caspian Pipeline Consortium jusqu'au port russe de Novorossiïsk. Cette artère est stratégique et, comme toute artère stratégique, elle est vulnérable.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Les incidents à Tengiz et, surtout, les attaques de drones visant pétroliers et infrastructures liées au CPC montrent combien la production et l'exportation peuvent être affectées par des facteurs externes. Ici, la sécurité énergétique n'est pas une formule : c'est la capacité à protéger un pipeline, un terminal, une station de pompage.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les États-Unis reviennent au centre : l'énergie comme levier d'alliance</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Washington intensifie les échanges avec Astana et discute coopération énergétique, parce que les intérêts américains sont directement engagés : Chevron et ExxonMobil détiennent des participations dans les grands gisements kazakhs. La stabilité de la production kazakhe est donc aussi un enjeu économique américain.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Mais il y a un niveau plus politique : les États-Unis utilisent l'énergie pour élargir leur périmètre d'influence. L'invitation adressée à Kassym-Jomart Tokaïev à des initiatives américaines et à des rendez-vous internationaux vise à "arrimer" le Kazakhstan, à lui offrir des marges de manœuvre face aux pressions russes, et à consolider une relation qui dépasse la simple coopération technique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Évaluation stratégique et sécuritaire : la Caspienne comme arrière-base disputée</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Quand les drones, le sabotage et la perturbation entrent en jeu, l'énergie cesse d'être seulement économique : elle devient terrain opérationnel. Les infrastructures énergétiques sont des cibles idéales : les frapper ne signifie pas envahir un pays, mais réduire ses recettes, accroître l'instabilité, faire grimper les coûts d'assurance et augmenter la prime de risque. C'est une guerre de basse intensité, à fort rendement.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>La Caspienne redevient ainsi ce qu'elle a toujours été : un espace charnière où la géographie impose des corridors étroits, politiquement sensibles, et où la concurrence des puissances se joue souvent dans l'ombre des pipelines.</strong></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Azerbaïdjan–Kazakhstan : les nouveaux carrefours d’une Europe sous contrainte énergétique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Bakou et Astana s'imposent comme deux nœuds de la nouvelle sécurité énergétique européenne, mais selon des logiques différentes. L'Azerbaïdjan construit une centralité de "fournisseur fiable" et en retire des dividendes géopolitiques. Le Kazakhstan demeure une puissance pétrolière, mais exposée à des vulnérabilités d'infrastructures et à une contrainte structurelle : une grande partie de ses exportations passent encore par une porte russe.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Pour l'Europe, la leçon est simple : diversifier les sources ne suffit pas si l'on ne diversifie pas aussi les routes et si l'on n'investit pas dans la protection physique et politique des infrastructures. Sinon, on change de dépendance, mais on ne change pas de risque.</strong></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div><a class="link" href="https://www.euronews.com/business/2026/01/26/azerbaijan-secures-two-new-energy-deals-with-europe" target="_blank">https://www.euronews.com/business/2026/01/26/azerbaijan-secures-two-new-energy-deals-with-europe</a>  &nbsp; <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/business/energy/us-kazakhstan-energy-ministries-discuss-cooperation-2026-01-23/" target="_blank">https://www.reuters.com/business/energy/us-kazakhstan-energy-ministries-discuss-cooperation-2026-01-23/</a>  <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/business/energy/kazakhstans-tengiz-oil-production-has-not-yet-resumed-chevron-says-2026-01-23/" target="_blank">https://www.reuters.com/business/energy/kazakhstans-tengiz-oil-production-has-not-yet-resumed-chevron-says-2026-01-23/</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de l'auteur</b></div>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.veillemag.com/Gaz-azeri-en-Europe-petrole-kazakh-sous-pression-l-energie-de-la-Caspienne-redevient-geopolitique_a6949.html</link>
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   <title>Accord UE Inde : le libre échange comme réponse à la guerre commerciale mondiale. Giuseppe Gagliano</title>
   <pubDate>Wed, 28 Jan 2026 10:28:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Alors que les tensions commerciales s’intensifient et que les grandes puissances redéfinissent leurs alliances, l’Union européenne et l’Inde scellent un compromis historique. Bien plus qu’un accord commercial, cette entente marque une affirmation d’autonomie stratégique face aux États‑Unis et rebat les cartes de la compétition géoéconomique mondiale.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/93940316-65564814.jpg?v=1769594558" alt="Accord UE Inde : le libre échange comme réponse à la guerre commerciale mondiale. Giuseppe Gagliano" title="Accord UE Inde : le libre échange comme réponse à la guerre commerciale mondiale. Giuseppe Gagliano" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un accord qui vaut déclaration politique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La clôture des négociations entre l'Inde et l'Union européenne pour un accord commercial de grande ampleur marque bien davantage qu'un progrès technique. C'est un acte stratégique, une affirmation d'autonomie dans un contexte international dominé par la montée des tensions tarifaires, la rivalité systémique et le repositionnement des grandes puissances. Après près de vingt ans de pourparlers intermittents, Bruxelles et New Delhi choisissent d'accélérer et de conclure, portées aussi par la dégradation des rapports avec Washington et par une ligne commerciale américaine plus agressive.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'entente, qui devrait être formalisée dans l'année après une vérification juridique de plusieurs mois, concerne un marché d'environ deux milliards de consommateurs et près d'un quart du produit intérieur brut mondial. <strong>Les chiffres illustrent l'enjeu : plus de 136 milliards de dollars d'échanges sur l'exercice 2024 2025, avec un potentiel de croissance significatif pour la décennie à venir.</strong></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Scénarios économiques : ouverture indienne, opportunités européennes</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le cœur de l'accord est l'ouverture progressive du vaste marché indien, longtemps protégé, aux produits européens. Pour l'Union, il s'agit d'un accès privilégié à l'un des principaux moteurs de croissance mondiale, dans des secteurs clés comme l'industrie manufacturière, l'automobile, la technologie et les services.</div>    <div dir="auto">Pour l'Inde, l'accord impose un équilibre délicat : attirer investissements et technologies, consolider l'intégration dans les chaînes de valeur, tout en préservant des secteurs sensibles. L'agriculture et les produits laitiers restent largement mis à l'écart, New Delhi invoquant la protection de millions de petits exploitants.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La perspective d'une baisse des droits de douane sur les automobiles européennes, de 110 pour cent à 40 pour cent, signale une inflexion majeure. Elle pourrait transformer la concurrence sur le marché indien, accroître la pression sur les producteurs nationaux, mais aussi accélérer la modernisation industrielle et le transfert technologique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Évaluation stratégique : le commerce comme instrument de puissance</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto"><strong>L'accord UE Inde illustre la politisation croissante du commerce international.</strong>&nbsp;A l'heure où les droits de douane deviennent des leviers de pression et où les accords prennent une valeur stratégique, New Delhi et Bruxelles cherchent à bâtir un filet de sécurité économique moins dépendant de la centralité américaine. <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto">Après les accords récents de l'Union avec le Mercosur, l'Indonésie, le Mexique et la Suisse, l'entente avec l'Inde renforce la projection commerciale européenne et consolide l'Union comme pôle de négociation autonome. Pour l'Inde, elle s'inscrit dans une stratégie de diversification qui inclut des accords avec le Royaume Uni, la Nouvelle Zélande et Oman, afin de réduire l'exposition aux aléas américains tout en équilibrant le poids chinois.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Évaluation géopolitique : un axe Europe Indo Pacifique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Sur le plan géopolitique, l'accord renforce l'Inde comme partenaire majeur de l'Occident dans un Indo-Pacifique devenu central dans la compétition entre puissances. L'Union consolide ainsi une présence économique et politique dans une zone stratégique, tandis que New Delhi obtient une reconnaissance accrue comme acteur global autonome, capable de négocier d'égal à égal avec les grands blocs.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La temporalité est révélatrice : la hausse des frictions commerciales avec les États Unis et les tensions sur les politiques industrielles ont accéléré une convergence d'intérêts qui dépasse le seul échange de marchandises et touche la sécurité économique, la résilience des chaînes d'approvisionnement et l'autonomie stratégique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Évaluation géoéconomique : chaînes de valeur et compétition systémique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">L'entente contribue à reconfigurer les chaînes de valeur mondiales. <br />   <br />  Elle offre à l'Inde un canal renforcé vers le marché européen et à l'Union un accès plus profond à une base productive en pleine expansion. À terme, le partenariat peut consolider le rôle de l'Inde comme plateforme industrielle alternative à la Chine et comme nœud central dans la recomposition des filières technologiques et manufacturières. <br />   <br />  Dans le même mouvement, l'accord confirme une tendance de fond : le commerce devient un outil de compétition géoéconomique, où l'objectif n'est pas seulement d'échanger, mais de sécuriser influence, normes, investissements et capacités productives sur le long terme.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le libre échange dans un monde moins libre</b></div>
     <div>
      <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">L'accord UE/Inde naît dans une époque marquée par un retour du protectionnisme et par la fragmentation de l'ordre économique. C'est précisément ce contexte qui lui donne sa portée. Il démontre qu'au milieu des barrières et des sanctions, il reste des espaces pour un multilatéralisme sélectif et pour des alliances économiques fondées sur des intérêts convergents.</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;"><strong>Ce n'est pas seulement un accord commercial. C'est une tentative de construire un nouvel équilibre entre intégration économique, autonomie stratégique et rivalité globale, à une époque où le commerce est redevenu l'un des instruments majeurs de la puissance.</strong></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div><a class="link" href="https://www.euronews.com/my-europe/2026/01/27/eu-inks-mother-of-all-deals-with-india-trade-agreement-amid-global-turmoil" target="_blank">https://www.euronews.com/my-europe/2026/01/27/eu-inks-mother-of-all-deals-with-india-trade-agreement-amid-global-turmoil</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/china/india-eu-wrap-up-talks-landmark-trade-deal-amid-strained-us-ties-2026-01-26/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/china/india-eu-wrap-up-talks-landmark-trade-deal-amid-strained-us-ties-2026-01-26/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.politico.eu/article/eu-india-trade-agreement-deal-telecoms-finance/" target="_blank">https://www.politico.eu/article/eu-india-trade-agreement-deal-telecoms-finance/</a>  &nbsp;</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/india/india-slash-tariffs-cars-40-trade-deal-with-eu-sources-say-2026-01-25/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/india/india-slash-tariffs-cars-40-trade-deal-with-eu-sources-say-2026-01-25/</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de l'auteur</b></div>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><span style="font-weight: 700"><a class="link" href="https://lediplomate.media/le-grand-entretien-du-diplomate-avec-giuseppe-gagliano/">Giuseppe Gagliano</a> &nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/93940316-65564814.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.veillemag.com/Accord-UE-Inde-le-libre-echange-comme-reponse-a-la-guerre-commerciale-mondiale-Giuseppe-Gagliano_a6947.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Entretien avec Nicolas Moinet. Intelligence économique : la France face à ses angles morts.</title>
   <pubDate>Mon, 26 Jan 2026 14:23:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[STRATEGIES]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Face à la montée des risques informationnels, à la fragmentation des chaînes de valeur et à la pression des puissances étrangères, Nicolas Moinet appelle les organisations françaises à passer de la prise de conscience à l’action. Son bilan 2025 et sa prospective 2026 tracent une feuille de route exigeante pour dirigeants et décideurs. Rencontre.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/93883210-65534901.jpg?v=1769419735" alt="Entretien avec Nicolas Moinet. Intelligence économique : la France face à ses angles morts." title="Entretien avec Nicolas Moinet. Intelligence économique : la France face à ses angles morts." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>À l’IAE de Poitiers, vous formez la nouvelle génération de professionnels de l’IE. Quelles compétences vos étudiants doivent-ils aujourd’hui maîtriser pour répondre aux besoins et attentes des dirigeants publics et privés ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Depuis 30 ans, le Master Intelligence économique de Poitiers forme des jeunes professionnels (parcours en apprentissage) et des professionnels en activité (parcours en formation à distance). Identifier, analyser et comprendre des situations complexes impliquant des décisions de nature économique sont les premières compétences clés. Les situations d’urgence qui se multiplient impliquent de gérer des contextes professionnels ou d’études complexes, imprévisibles et qui nécessitent des approches stratégiques nouvelles. <br />   <br />  Ensuite, il est essentiel de passer à l’opératif, c’est-à-dire de problématiser puis mettre en œuvre un dispositif hybride de veille et de collecte d'information en identifiant les méthodes, les sources et les informations pertinentes (issues de personnes ou de documents numériques)&nbsp;; Maîtriser l’utilisation de logiciels de veille stratégique, d'agrégateurs de contenu et d'outils de surveillance des réseaux sociaux. Sans oublier l’IA générative dont il faut faire un assistant et non un maître. <br />   <br />  L’humain et la stratégie réseau ont par ailleurs toujours été au cœur de notre Master. Il est essentiel de savoir manager des réseaux d'acteurs afin de disposer de capteurs humains d’information. Ce qui appelle des qualités particulières qui peuvent faire l’objet d’apprentissages mais dans la limite des aptitudes personnelles décelées lors du recrutement&nbsp;: curiosité et ouverture d’esprit, capacité d’écoute, autonomie, diplomatie, aisance relationnelle. <br />   <br />  L’analyse est pour nous centrale et c’est là toute la force de la culture universitaire et de l’initiation à la recherche. En termes de compétences clés, il s’agit de maîtriser des outils d'analyse de données massives pour détecter les tendances émergentes, cartographier les enjeux et controverses géopolitiques et socio-économiques, articuler l'analyse de données hybrides qualitatives et quantitatives, issues de sources professionnelles et scientifiques et savoir synthétiser un grand volume de données pour en extraire des informations stratégiques en se préservant des biais cognitifs. <br />   <br />  Enfin, nous insistons sur l’importance de savoir convaincre les dirigeants de l'importance des recommandations stratégiques. Sans oublier pour l’ensemble les impératifs de sécurité. Auditer les risques associés au patrimoine immatériel d'une organisation et mettre en œuvre un dispositif de protection des informations sensibles sera donc une compétence essentielle. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>2025 a été une année de « bruit stratégique » permanent. Selon vous, quelles tendances ont vraiment compté ? Entre tensions géopolitiques, fragmentation des chaînes de valeur et montée des risques informationnels, quels signaux faibles identifiez vous aujourd’hui comme structurants pour 2026 ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Les signaux ne sont jamais faibles, seule l’intelligence l’est&nbsp;! <br />   <br />  2025 et 2026 sont des années de bascule qui ne font qu’amplifier des tendances déjà à l’œuvre depuis quinze ans&nbsp;: le centre de gravité mondial est dans la zone Asie Pacifique. C’est la rivalité sino-américaine qui dicte la marche du monde. L’Europe est désormais reléguée à la périphérie. Obama l’avait enclenché, Trump l’a définitivement entériné. L’Union européenne a joué pendant 70 ans un rôle de vassal et le réveil est douloureux. Nous ne maîtrisons plus nos chaines logistiques et sommes attaqués de toute part sur nos valeurs. Tout ceci est le fruit de décennies de refus de voir la réalité en face. <br />   <br />  Avec Christian Harbulot, Ali Laïdi, Éric Delbecque, Olivier de Maison Rouge et Arnaud de Morgny, l’École de Pensée sur la Guerre Économique, nous en savons quelque chose. Mais il n’est jamais bon d’avoir raison trop tôt. Nous proposons des analyses cliniques mais également des solutions. Ainsi, le dernier ouvrage collectif du <a class="link" href="https://www.nouveau-monde.net/catalogue/guerre-economique-comment-gagner/" target="_blank">CR 451&nbsp;- <em>Guerre économique, comment gagner&nbsp;?</em> </a>  – montre la voie en s’appuyant sur des batailles gagnées. <br />   <br />  Aujourd’hui, je vois beaucoup de commentateurs mais entend peu de propositions pour sortir de l’impasse stratégique dans laquelle nous sommes. Les rapports se suivent et se ressemblent mais ne débouchent sur rien de concret, à l’instar du rapport du Sénat sur l’intelligence économique qui a accouché d’une proposition de loi désormais tombée dans les oubliettes parlementaires. Nous sommes dans un état de sidération dont il est urgent de sortir. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>2.	On parle beaucoup d’IA générative, d’influence et de souveraineté. Mais si l’on regarde objectivement les faits, quels sont selon vous, les domaines où les entreprises françaises ont réellement progressé en 2025 ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Il y a eu clairement une prise de conscience de l’impératif de souveraineté et de la réalité des rapports de force dans ce qu’on n’a plus peur désormais d’appeler guerre économique. <br />   <br />  C’est une première étape. L’État n’est d’ailleurs pas en reste et, là aussi, j’ai pu observer une prise de conscience de changer de braquet. D’ailleurs, nous ne manquons pas de bonnes volontés et de compétences. Mais c’est la mise en musique qui fait encore défaut. Dans la sécurité économique par exemple, le MEDEF s’est réellement emparé du sujet et sur le terrain, les entreprises sont à l’écoute. Le CISSE apporte également sa pierre à l’édifice. Mais des combattants et quelques forces spéciales ne suffisent pas. <br />   <br />  En haut, il nous faut un état-major et en bas des forces morales mobilisées qui travaillent en réseau. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vous dénoncez depuis toujours la culture du réflexe plutôt que celle de l’anticipation. Qu’est ce qui, en 2025, a démontré que la France reste une puissance vulnérable sur le plan informationnel ? Et d’ailleurs, pensez-vous que la France soit encore une puissance ? </b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Pour moi, la France reste une puissance notamment en raison de sa force de frappe nucléaire, de son siège au conseil de sécurité de l’ONU, de son soft power, de son espace maritime, etc. <br />   <br />  Mais c’est une puissance en perte de vitesse faute de stratégie claire et en raison d’une situation politique intérieure calamiteuse marquée par une faiblesse budgétaire préoccupante qui a considérablement affaibli notre position au sein de l’UE. Nous avons délaissé l’industrie, les sciences et l’ingénierie. Ce sont toutes ces faiblesses internes qui nous rendent vulnérables aux ingérences extérieures et limitent notre agilité stratégique. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>En matière de souveraineté européenne, qu’est ce qui vous a le plus surpris en 2025 : une prise de conscience réelle, ou au contraire l’incapacité persistante de l’Europe à transformer ses discours en puissance stratégique ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Je ne crois pas au concept de souveraineté européenne et préfère parler d’autonomie stratégique. <br />   <br />  La souveraineté est l’affaire des États. De même, parler de puissance européenne est un leurre car il n’y a pas d’unité stratégique européenne. La non mise-en-œuvre du rapport Draghi en est la preuve. L’UE devrait être avant tout un bouclier quand les glaives restent du ressort de ses états membres. Mais les divergences sur l’agriculture ou l’énergie montrent bien que ce n’est pas le cas. On parle beaucoup, et à juste titre, de la vassalité de la plupart des pays européens à l’armement américain via notamment le F35. Mais on pourrait aussi observer les prises de participation des capitaux chinois dans tous les grands ports européens… <br />   <br />  L’Europe est un marché sous influences mais elle n’est sûrement pas une puissance. Croire le contraire c’est partir au combat avec des munitions chargées à blanc. Aura-t-elle un jour des munitions&nbsp;? Trump va peut-être nous y contraindre… ou définitivement nous reléguer en deuxième division. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Peut-être une recommandation, un rendez-vous, la publication d’un ouvrage…</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Je viens de terminer la nouvelle édition du deuxième volet de la trilogie <a class="link" href="https://www.fnac.com/a22060358/Nicolas-Moinet-La-bataille-des-soft-powers" target="_blank"><em>Les sentiers de la guerre économique </em>sur les batailles des soft powers</a>  (sortie le 19 février 2026 aux éditions Valeurs ajoutées). J’espère que ces récits où «&nbsp;Je est un autre&nbsp;» inciteront les nouvelles générations à s’engager et à se battre pour l’avenir de la France et pour ces valeurs auxquelles je crois plus que jamais&nbsp;: <em>Liberté, égalité, fraternité</em>. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Nicolas Moinet, Merci d’avoir accepté de répondre à nos questions.</b></div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de...</b></div>
     <div>
      <blockquote>Professeur des universités en Sciences de l’Information et de la Communication à l’IAE de Poitiers, <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/nicolas-moinet-4a69ba36/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Nicolas Moinet</a>  dirige le parcours formation à distance du Master 2 Intelligence économique. Praticien-chercheur en intelligence économique depuis 1993, il a un Doctorat sur les dispositifs intelligents et les stratégies d’innovation. Chercheur au CEREGE et chercheur associé au <a>CR 451</a>, il est l’auteur d’une centaine d’articles et d’une vingtaine d’ouvrages sur l’intelligence économique, le renseignement, la sécurité économique et l’influence. Il intervient régulièrement auprès d’institutions et d’entreprises. Il a été auditeur de l’Institut National des Hautes Études de la Sécurité et de la Justice (INHESJ devenu IHEMI) et de l’Institut des Hautes Études de la Défense Nationale. Il est l'un des fondateurs de l’École de Pensée sur la Guerre Économique. <br />  &nbsp; <br />  <a class="link" href="http://www.nicolas-moinet.com/" target="_blank">Vers plus d'informations</a>  <br />  &nbsp;</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/93883210-65541060.jpg?v=1769433593" alt="Entretien avec Nicolas Moinet. Intelligence économique : la France face à ses angles morts." title="Entretien avec Nicolas Moinet. Intelligence économique : la France face à ses angles morts." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/93883210-65541060.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.veillemag.com/Entretien-avec-Nicolas-Moinet-Intelligence-economique-la-France-face-a-ses-angles-morts_a6926.html</link>
  </item>

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   <title>Entretien avec Nicolas Moinet. Intelligence économique : la France face à ses angles morts.</title>
   <pubDate>Mon, 26 Jan 2026 14:23:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[STRATEGIES]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Face à la montée des risques informationnels, à la fragmentation des chaînes de valeur et à la pression des puissances étrangères, Nicolas Moinet appelle les organisations françaises à passer de la prise de conscience à l’action. Son bilan 2025 et sa prospective 2026 tracent une feuille de route exigeante pour dirigeants et décideurs. Rencontre.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94004800-65605160.jpg?v=1769419735" alt="Entretien avec Nicolas Moinet. Intelligence économique : la France face à ses angles morts." title="Entretien avec Nicolas Moinet. Intelligence économique : la France face à ses angles morts." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>À l’IAE de Poitiers, vous formez la nouvelle génération de professionnels de l’IE. Quelles compétences vos étudiants doivent-ils aujourd’hui maîtriser pour répondre aux besoins et attentes des dirigeants publics et privés ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Depuis 30 ans, le Master Intelligence économique de Poitiers forme des jeunes professionnels (parcours en apprentissage) et des professionnels en activité (parcours en formation à distance). Identifier, analyser et comprendre des situations complexes impliquant des décisions de nature économique sont les premières compétences clés. Les situations d’urgence qui se multiplient impliquent de gérer des contextes professionnels ou d’études complexes, imprévisibles et qui nécessitent des approches stratégiques nouvelles. <br />   <br />  Ensuite, il est essentiel de passer à l’opératif, c’est-à-dire de problématiser puis mettre en œuvre un dispositif hybride de veille et de collecte d'information en identifiant les méthodes, les sources et les informations pertinentes (issues de personnes ou de documents numériques)&nbsp;; Maîtriser l’utilisation de logiciels de veille stratégique, d'agrégateurs de contenu et d'outils de surveillance des réseaux sociaux. Sans oublier l’IA générative dont il faut faire un assistant et non un maître. <br />   <br />  L’humain et la stratégie réseau ont par ailleurs toujours été au cœur de notre Master. Il est essentiel de savoir manager des réseaux d'acteurs afin de disposer de capteurs humains d’information. Ce qui appelle des qualités particulières qui peuvent faire l’objet d’apprentissages mais dans la limite des aptitudes personnelles décelées lors du recrutement&nbsp;: curiosité et ouverture d’esprit, capacité d’écoute, autonomie, diplomatie, aisance relationnelle. <br />   <br />  L’analyse est pour nous centrale et c’est là toute la force de la culture universitaire et de l’initiation à la recherche. En termes de compétences clés, il s’agit de maîtriser des outils d'analyse de données massives pour détecter les tendances émergentes, cartographier les enjeux et controverses géopolitiques et socio-économiques, articuler l'analyse de données hybrides qualitatives et quantitatives, issues de sources professionnelles et scientifiques et savoir synthétiser un grand volume de données pour en extraire des informations stratégiques en se préservant des biais cognitifs. <br />   <br />  Enfin, nous insistons sur l’importance de savoir convaincre les dirigeants de l'importance des recommandations stratégiques. Sans oublier pour l’ensemble les impératifs de sécurité. Auditer les risques associés au patrimoine immatériel d'une organisation et mettre en œuvre un dispositif de protection des informations sensibles sera donc une compétence essentielle. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>2025 a été une année de « bruit stratégique » permanent. Selon vous, quelles tendances ont vraiment compté ? Entre tensions géopolitiques, fragmentation des chaînes de valeur et montée des risques informationnels, quels signaux faibles identifiez vous aujourd’hui comme structurants pour 2026 ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Les signaux ne sont jamais faibles, seule l’intelligence l’est&nbsp;! <br />   <br />  2025 et 2026 sont des années de bascule qui ne font qu’amplifier des tendances déjà à l’œuvre depuis quinze ans&nbsp;: le centre de gravité mondial est dans la zone Asie Pacifique. C’est la rivalité sino-américaine qui dicte la marche du monde. L’Europe est désormais reléguée à la périphérie. Obama l’avait enclenché, Trump l’a définitivement entériné. L’Union européenne a joué pendant 70 ans un rôle de vassal et le réveil est douloureux. Nous ne maîtrisons plus nos chaines logistiques et sommes attaqués de toute part sur nos valeurs. Tout ceci est le fruit de décennies de refus de voir la réalité en face. <br />   <br />  Avec Christian Harbulot, Ali Laïdi, Éric Delbecque, Olivier de Maison Rouge et Arnaud de Morgny, l’École de Pensée sur la Guerre Économique, nous en savons quelque chose. Mais il n’est jamais bon d’avoir raison trop tôt. Nous proposons des analyses cliniques mais également des solutions. Ainsi, le dernier ouvrage collectif du <a class="link" href="https://www.nouveau-monde.net/catalogue/guerre-economique-comment-gagner/" target="_blank">CR 451&nbsp;- <em>Guerre économique, comment gagner&nbsp;?</em> </a>  – montre la voie en s’appuyant sur des batailles gagnées. <br />   <br />  Aujourd’hui, je vois beaucoup de commentateurs mais entend peu de propositions pour sortir de l’impasse stratégique dans laquelle nous sommes. Les rapports se suivent et se ressemblent mais ne débouchent sur rien de concret, à l’instar du rapport du Sénat sur l’intelligence économique qui a accouché d’une proposition de loi désormais tombée dans les oubliettes parlementaires. Nous sommes dans un état de sidération dont il est urgent de sortir. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>2.	On parle beaucoup d’IA générative, d’influence et de souveraineté. Mais si l’on regarde objectivement les faits, quels sont selon vous, les domaines où les entreprises françaises ont réellement progressé en 2025 ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Il y a eu clairement une prise de conscience de l’impératif de souveraineté et de la réalité des rapports de force dans ce qu’on n’a plus peur désormais d’appeler guerre économique. <br />   <br />  C’est une première étape. L’État n’est d’ailleurs pas en reste et, là aussi, j’ai pu observer une prise de conscience de changer de braquet. D’ailleurs, nous ne manquons pas de bonnes volontés et de compétences. Mais c’est la mise en musique qui fait encore défaut. Dans la sécurité économique par exemple, le MEDEF s’est réellement emparé du sujet et sur le terrain, les entreprises sont à l’écoute. Le CISSE apporte également sa pierre à l’édifice. Mais des combattants et quelques forces spéciales ne suffisent pas. <br />   <br />  En haut, il nous faut un état-major et en bas des forces morales mobilisées qui travaillent en réseau. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vous dénoncez depuis toujours la culture du réflexe plutôt que celle de l’anticipation. Qu’est ce qui, en 2025, a démontré que la France reste une puissance vulnérable sur le plan informationnel ? Et d’ailleurs, pensez-vous que la France soit encore une puissance ? </b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Pour moi, la France reste une puissance notamment en raison de sa force de frappe nucléaire, de son siège au conseil de sécurité de l’ONU, de son soft power, de son espace maritime, etc. <br />   <br />  Mais c’est une puissance en perte de vitesse faute de stratégie claire et en raison d’une situation politique intérieure calamiteuse marquée par une faiblesse budgétaire préoccupante qui a considérablement affaibli notre position au sein de l’UE. Nous avons délaissé l’industrie, les sciences et l’ingénierie. Ce sont toutes ces faiblesses internes qui nous rendent vulnérables aux ingérences extérieures et limitent notre agilité stratégique. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>En matière de souveraineté européenne, qu’est ce qui vous a le plus surpris en 2025 : une prise de conscience réelle, ou au contraire l’incapacité persistante de l’Europe à transformer ses discours en puissance stratégique ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Je ne crois pas au concept de souveraineté européenne et préfère parler d’autonomie stratégique. <br />   <br />  La souveraineté est l’affaire des États. De même, parler de puissance européenne est un leurre car il n’y a pas d’unité stratégique européenne. La non mise-en-œuvre du rapport Draghi en est la preuve. L’UE devrait être avant tout un bouclier quand les glaives restent du ressort de ses états membres. Mais les divergences sur l’agriculture ou l’énergie montrent bien que ce n’est pas le cas. On parle beaucoup, et à juste titre, de la vassalité de la plupart des pays européens à l’armement américain via notamment le F35. Mais on pourrait aussi observer les prises de participation des capitaux chinois dans tous les grands ports européens… <br />   <br />  L’Europe est un marché sous influences mais elle n’est sûrement pas une puissance. Croire le contraire c’est partir au combat avec des munitions chargées à blanc. Aura-t-elle un jour des munitions&nbsp;? Trump va peut-être nous y contraindre… ou définitivement nous reléguer en deuxième division. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Peut-être une recommandation, un rendez-vous, la publication d’un ouvrage…</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Je viens de terminer la nouvelle édition du deuxième volet de la trilogie <a class="link" href="https://www.fnac.com/a22060358/Nicolas-Moinet-La-bataille-des-soft-powers" target="_blank"><em>Les sentiers de la guerre économique </em>sur les batailles des soft powers</a>  (sortie le 19 février 2026 aux éditions Valeurs ajoutées). J’espère que ces récits où «&nbsp;Je est un autre&nbsp;» inciteront les nouvelles générations à s’engager et à se battre pour l’avenir de la France et pour ces valeurs auxquelles je crois plus que jamais&nbsp;: <em>Liberté, égalité, fraternité</em>. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Nicolas Moinet, Merci d’avoir accepté de répondre à nos questions.</b></div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de...</b></div>
     <div>
      <blockquote>Professeur des universités en Sciences de l’Information et de la Communication à l’IAE de Poitiers, <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/nicolas-moinet-4a69ba36/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Nicolas Moinet</a>  dirige le parcours formation à distance du Master 2 Intelligence économique. Praticien-chercheur en intelligence économique depuis 1993, il a un Doctorat sur les dispositifs intelligents et les stratégies d’innovation. Chercheur au CEREGE et chercheur associé au <a>CR 451</a>, il est l’auteur d’une centaine d’articles et d’une vingtaine d’ouvrages sur l’intelligence économique, le renseignement, la sécurité économique et l’influence. Il intervient régulièrement auprès d’institutions et d’entreprises. Il a été auditeur de l’Institut National des Hautes Études de la Sécurité et de la Justice (INHESJ devenu IHEMI) et de l’Institut des Hautes Études de la Défense Nationale. Il est l'un des fondateurs de l’École de Pensée sur la Guerre Économique. <br />  &nbsp; <br />  <a class="link" href="http://www.nicolas-moinet.com/" target="_blank">Vers plus d'informations</a>  <br />  &nbsp;</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94004800-65605169.jpg?v=1769433593" alt="Entretien avec Nicolas Moinet. Intelligence économique : la France face à ses angles morts." title="Entretien avec Nicolas Moinet. Intelligence économique : la France face à ses angles morts." />
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     </div>
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