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  <title>www.veillemag.com</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></description>
  <link>https://www.veillemag.com/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-05-14T16:58:37+02:00</dc:date>
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   <title>Liban, la guerre au-delà de la frontière. Tribune libre Giuseppe Gagliano, Cestudec</title>
   <pubDate>Tue, 14 Apr 2026 10:30:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Giuseppe Gagliano</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Au-delà des bombardements et des discours sur la sécurité, une autre bataille se joue au Liban : celle du contrôle du territoire, de l’eau, des ressources, et de l’équilibre régional. Une guerre qui vise autant à détruire qu’à empêcher l’autre de se reconstruire.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/96001489-66976077.jpg?v=1776012480" alt="Liban, la guerre au-delà de la frontière. Tribune libre Giuseppe Gagliano, Cestudec" title="Liban, la guerre au-delà de la frontière. Tribune libre Giuseppe Gagliano, Cestudec" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: center;"><span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Pas seulement la sécurité : ce qui est réellement en jeu</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L'idée selon laquelle Israël ne regarderait le Liban que comme une menace militaire est incomplète. <br />   <br />  C'est l'aspect le plus visible, mais ce n'est pas le seul. Le point central reste le Hezbollah : sa présence armée dans le sud du pays, sa capacité balistique, sa fonction d'avant-poste iranien sur la Méditerranée, sa possibilité de frapper le nord d'Israël et de maintenir un front permanent. La résolution 1701 du Conseil de sécurité demandait déjà en 2006 la cessation des attaques du Hezbollah et l'existence d'une zone au sud du Liban dépourvue d'armes non autorisées. Depuis lors, pourtant, ce cadre n'a jamais été véritablement stabilisé. Pour Israël, le Liban est donc avant tout l'espace où se décide si le front nord restera une blessure ouverte ou s'il deviendra une bande de confinement stratégique.&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La motivation immédiate : briser le Hezbollah</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Si l'on observe la logique militaire, l'explication la plus forte d'une invasion ou d'une destruction systématique du sud du Liban est simple : éloigner le Hezbollah de la frontière, détruire tunnels, dépôts, rampes de lancement, réseaux de commandement et infrastructures territoriales, puis créer une zone de sécurité profonde au moins jusqu'au Litani. <br />   <br />  Les analyses stratégiques américaines les plus sérieuses insistent sur ce point : après le 7 octobre, l'idée s'est imposée en Israël qu'aucune dissuasion à distance ne suffisait plus et que la frontière devait être matériellement vidée de ses menaces. Ce n'est pas un hasard si les chroniques les plus récentes parlent ouvertement de villages rasés et de projets israéliens destinés à empêcher le retour des habitants tant que le nord d'Israël ne sera pas considéré comme sûr. Ici, la guerre n'est pas seulement offensive : elle relève aussi d'une ingénierie du territoire.&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La véritable cible régionale est l'Iran</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Pour Israël, le Liban n'est pas seulement le Liban. Il est le terminal le plus dangereux de la projection iranienne au Levant. Le Hezbollah n'est pas simplement un acteur local : il est le levier par lequel Téhéran maintient une pression sur Israël, compense sa distance géographique et construit une dissuasion indirecte. Frapper le Liban signifie donc, en réalité, frapper l'architecture régionale iranienne. <br />   <br />  Dans cette perspective, la destruction d'infrastructures civiles, de réseaux de transport, de quartiers, de villages et d'appareils logistiques ne sert pas seulement à gagner une bataille, mais à rendre plus difficile pour l'Iran la reconstruction de son corridor d'influence. C'est une logique de guerre systémique : on ne combat pas seulement une force armée, on décompose l'environnement qui la rend possible.&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le gaz : un facteur réel, mais pas encore décisif</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Sur le gaz, il faut être très clair. Le Liban possède un potentiel énergétique en mer, mais ne dispose pas aujourd'hui de grandes découvertes commerciales avérées et développées comparables à celles d'Israël ou de l'Égypte. L'Agence américaine d'information sur l'énergie a écrit en 2025 que le Liban et la Jordanie n'avaient pas signalé récemment de découvertes maritimes significatives en Méditerranée orientale. Cela signifie que le gaz existe comme possibilité géologique et stratégique, non encore comme richesse immédiatement exploitable et contrôlable. Il serait donc erroné d'affirmer qu'Israël envahirait le Liban pour lui voler son gaz. <br />   <br />  Mais il serait tout aussi naïf de penser que la dimension énergétique ne compte pas du tout. Elle compte, mais d'une autre manière : un Liban, militairement fragmenté et politiquement dépendant ne peut pas transformer ce potentiel en autonomie économique et en poids régional. Israël, à l'inverse, conserve ainsi l'avantage d'être le pôle énergétique le plus solide du Levant oriental.&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'eau : plus importante que le gaz à long terme</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Sur l'eau, le raisonnement est encore plus intéressant. Le Liban, à la différence de nombreux pays voisins, n'est pas naturellement pauvre en eau. La Banque mondiale le décrit comme un paradoxe : le pays est relativement riche en ressources hydriques, mais souffre dans la pratique d'une pénurie causée par des infrastructures inadéquates, une mauvaise gestion, des pertes de réseau et une capacité de stockage insuffisante. En d'autres termes, le Liban possède une richesse stratégique qu'il ne parvient pas à organiser. <br />   <br />  Pour Israël, qui vit dans une obsession constante de l'eau et du territoire, le contrôle des hauteurs, des bassins, des zones frontalières et des équilibres hydriques demeure une composante structurelle de la sécurité nationale. Même si l'eau n'est pas la raison immédiate d'une guerre, elle est une ressource qui pèse dans le temps long : qui domine un territoire marqué par l'instabilité peut aussi influer sur l'accès à ses ressources.&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> La géoéconomie de la destruction</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">C'est ici qu'apparaît le véritable point géoéconomique. Une puissance ne détruit pas toujours pour annexer. Souvent, elle détruit pour empêcher l'autre de devenir autonome, compétitif, organisé. Un Liban dévasté, vidé de ses habitants dans les zones frontalières, dépendant de l'aide extérieure, incapable d'exploiter sa façade maritime, ses réseaux et ses ressources, est un Liban qui ne pèse pas. Il devient un espace tampon, non un acteur. <br />   <br />  Voilà la forme contemporaine de la guerre géoéconomique : je ne te prends pas nécessairement ce que tu possèdes, mais je fais en sorte que tu ne puisses pas l'utiliser. Dans cette logique, la dévastation du Liban ne produit pas seulement un résultat militaire, mais un effet économique structurel : elle abaisse la valeur politique du voisin et gèle son avenir. Les destructions récentes de villages entiers dans le sud montrent que cette logique n'appartient pas seulement aux laboratoires stratégiques : elle est déjà une pratique sur le terrain.&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'enjeu de politique intérieure israélienne</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Il existe ensuite une raison souvent sous-estimée : la politique intérieure israélienne. Une guerre contre le Hezbollah peut servir à reconstruire la dissuasion, à resserrer un système politique fracturé, à rassurer l'opinion publique du nord d'Israël et à différer des règlements de comptes internes. Les guerres ne sont pas menées uniquement pour modifier les frontières de la sécurité, mais aussi pour redéfinir les rapports de force à l'intérieur de ceux qui les conduisent. Lorsque le pouvoir politique est sous pression, la frontière extérieure devient souvent le lieu où l'on cherche une solution à la crise interne. <br />   <br />  Ce n'est pas la cause unique, mais c'est une composante récurrente des escalades. Les récentes ouvertures à des contacts directs entre Israël et le Liban, accompagnées pourtant d'attaques continues et de la centralité persistante de la question du Hezbollah, montrent précisément ce double mouvement : la diplomatie comme couverture, la pression militaire comme substance.&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le sens stratégique final</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Oui, il est donc possible qu'Israël regarde aussi vers le gaz et l'eau. Mais non comme des objectifs simples, immédiats, presque prédateurs au sens le plus banal du terme. Il les regarde à l'intérieur d'une stratégie plus large. D'abord vient la destruction de la capacité militaire du Hezbollah. Ensuite vient l'affaiblissement du corridor iranien. Puis apparaît l'avantage géopolitique d'avoir au nord non pas un État fonctionnel, mais un espace fragile, pénétrable, dépendant. Dans ce schéma, les ressources naturelles comptent parce qu'elles renforcent la valeur du territoire et le sens du contrôle. <br />   <br />  Au fond, la vraie question n'est pas de savoir si Israël veut prendre le Liban. La vraie question est de savoir s'il veut empêcher que le Liban, avec ses ressources, sa position et ses liens régionaux, puisse jamais devenir un voisin souverain, stable et capable de se soustraire à l'équilibre imposé par la force.&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div dir="auto"><a class="link" href="https://unsco.unmissions.org/sites/default/files/s_res_17012006.pdf" target="_blank">https://unsco.unmissions.org/sites/default/files/s_res_17012006.pdf</a>  <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.csis.org/analysis/coming-conflict-hezbollah" target="_blank">https://www.csis.org/analysis/coming-conflict-hezbollah</a>  <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.eia.gov/international/content/analysis/regions_of_interest/Eastern_Mediterranean/pdf/eastern-mediterranean.pdf" target="_blank">https://www.eia.gov/international/content/analysis/regions_of_interest/Eastern_Mediterranean/pdf/eastern-mediterranean.pdf</a>  <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://documents1.worldbank.org/curated/en/099110724144024430/pdf/P504170-a0db9916-bbaa-480c-bad7-9f352100dd8b.pdf" target="_blank">https://documents1.worldbank.org/curated/en/099110724144024430/pdf/P504170-a0db9916-bbaa-480c-bad7-9f352100dd8b.pdf</a>  <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.theguardian.com/world/2026/apr/12/how-israeli-offensive-destroyed-entire-villages-in-lebanon" target="_blank">https://www.theguardian.com/world/2026/apr/12/how-israeli-offensive-destroyed-entire-villages-in-lebanon</a>  <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://apnews.com/article/7760f88f183ed2a13a721057e31f3ce7" target="_blank">https://apnews.com/article/7760f88f183ed2a13a721057e31f3ce7</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/giuseppe-gagliano-60785235/?originalSubdomain=it" target="_blank"><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span></a>  a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis). Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/christian-harbulot-a56b2912/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Christian Harbulot</a>, (EGE). <br />  Il collabore avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">Iassp de Milan</a>.</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/96001489-66976077.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.veillemag.com/Liban-la-guerre-au-dela-de-la-frontiere-Tribune-libre-Giuseppe-Gagliano-Cestudec_a7375.html</link>
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   <title>Le pari iranien : quand la guerre devient un dispositif</title>
   <pubDate>Sun, 01 Mar 2026 11:41:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La séquence crée un précédent dangereux : on ouvre des canaux diplomatiques, on laisse croire à un compromis, puis on frappe en affirmant que l'action était nécessaire et préparée depuis longtemps. Dans ce schéma, la négociation n'est plus l'outil qui réduit le risque, mais la méthode qui règle le tempo de l'opération militaire, désoriente l'adversaire, neutralise les réticences des alliés et prépare l'opinion. Effet immédiat : la diplomatie perd sa crédibilité, et toute future discussion devient suspecte, car l'autre camp intègre l'idée que la table peut servir de piège.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/95012323-66564478.jpg?v=1772361561" alt="Le pari iranien : quand la guerre devient un dispositif" title="Le pari iranien : quand la guerre devient un dispositif" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Du nucléaire au changement de régime : le glissement de l'objectif</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le nucléaire reste l'habillage le plus vendable, parce qu'il simplifie le récit. <br />   <br />  <strong>Mais si le centre de gravité est la « décapitation » du sommet politico-militaire</strong>, l'objectif réel change : il ne s'agit plus de limiter une capacité, mais de briser une continuité de pouvoir. C'est un saut qualitatif. Frapper des sites, c'est réduire un risque technique ; viser la direction, c'est ouvrir une crise de souveraineté. <br />  Et lorsque le discours appelle explicitement à la révolte interne ou à « reprendre le contrôle », la guerre cesse d'être coercition : elle devient ingénierie politique, avec des conséquences de long terme.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La logique militaire : paralyser plutôt que conquérir</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Une opération de ce type cherche trois effets dans les premières heures. <br />   <br />  D'abord, dégrader le commandement et le contrôle : communications, centres de décision, coordination entre forces armées et services. <br />  Ensuite, réduire la capacité de riposte immédiate : radars, défense aérienne, bases de missiles, dépôts, plateformes mobiles. <br />  Enfin, multiplier l'incertitude : prouver que le système de sécurité est pénétré, que des informations sensibles ont été converties en cibles. Les fenêtres de tir et le choix du moment ne relèvent pas du spectacle : ils relèvent de la valeur opérationnelle des cibles, de la possibilité de créer un vide de commandement assez long pour empêcher une riposte organisée. <br />  <strong>C'est une guerre qui vise l'effondrement psychologique avant le dommage matériel.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le renseignement comme arme stratégique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le facteur décisif est le renseignement : non pas un appui, mais le cœur de l'opération. <br />   <br />  Viser les sommets suppose de connaître leurs déplacements, leurs routines, leurs procédures de sécurité, leurs circuits de communication, leurs contre-mesures. Cela implique une pénétration profonde : réseaux humains, surveillance technique, compromissions, intoxication, exploitation d'erreurs. E <br />  t il y a un effet souvent sous-estimé : le renseignement ne sert pas seulement à frapper, il sert à faire croire qu'on peut frapper partout. C'est une arme de désagrégation interne : l'appareil soupçonne ses propres rangs, lance des purges, durcit la répression. Sous les bombes, cette chasse à l'infiltré peut devenir une seconde guerre, intérieure, qui consomme les ressources et rigidifie le régime.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le pari politique : dissidence ou réflexe patriotique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le changement de régime repose sur un pari : que la société ne se resserre pas autour de l'État, mais se retourne contre lui. <br />   <br />  Pari à haut risque. L'histoire montre souvent l'inverse : la pression extérieure transforme la dissidence en patriotisme, surtout si l'attaque apparaît comme une humiliation nationale. Même ceux qui contestent le pouvoir peuvent refuser que sa chute soit imposée de l'extérieur. Et si l'opération ne produit pas immédiatement une alternative crédible, elle ouvre un vide. Or les vides, dans cette région, sont rarement remplis par les modérés : ils le sont par les plus organisés.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La tentation la plus dangereuse : la fragmentation identitaire</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Un cran plus instable encore serait d'exploiter les lignes ethniques et périphériques pour affaiblir le centre, en habillant l'entreprise d'un discours de « libération » plurielle. <br />   <br />  Dans un pays multiethnique, sous choc et sous feu, c'est un accélérant. Cela peut déclencher des foyers locaux, mais aussi provoquer une réaction centralisatrice brutale : répression, logique de siège, dynamique de guerre civile. Si l'État s'affaiblit, la fragmentation ne reste pas interne : elle déborde par des frontières poreuses, attire des soutiens extérieurs, nourrit milices et trafics. À ce stade, l'Iran n'est plus un dossier : il devient un théâtre durable.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La dimension géoéconomique : l'interrupteur de l'énergie</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le moment où tout devient mondial, c'est l'énergie. Il n'est pas nécessaire de « fermer » officiellement un détroit : il suffit que le risque fasse grimper les primes d'assurance, ralentisse les transits, pousse les armateurs à suspendre ou détourner. <br />   <br />  <strong>Le marché price la peur avant la pénurie. </strong>Et ce prix se diffuse comme une taxe : carburants, transport, logistique, coûts industriels. L'Europe paye deux fois : via le prix international et via la nouvelle concurrence sur le gaz naturel liquéfié. L'Asie, plus dépendante des flux du Golfe, devient l'acteur pivot : elle peut pousser à la désescalade, ou sécuriser des arrangements parallèles, accélérant une géoéconomie en blocs.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le front intérieur occidental : la guerre comme problème politique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Une opération courte peut se vendre comme un succès. Une guerre longue devient toxique : hausse des carburants, volatilité financière, incidents maritimes, ripostes indirectes. <br />   <br />  Alors réapparaît le débat récurrent : urgence proclamée, renseignement contesté, mandat institutionnel discuté. La fragilité n'est pas seulement sur le terrain : elle est dans les parlements, dans l'opinion, dans la capacité à absorber des coûts sociaux non annoncés.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> La question qui décide tout : après, quoi</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le nœud final est simple : si l'objectif est de faire tomber un régime, qui garantit l'ordre le lendemain. <br />   <br />  Sans structure alternative crédible, le risque est d'ouvrir un cycle où l'opération militaire ne produit qu'une chose : une instabilité démultipliée. Et lorsque cette instabilité se branche sur un interrupteur énergétique global, la guerre cesse d'être locale : elle devient un dispositif qui déclenche des crises en chaîne, divise les alliés, redessine routes et dépendances.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'ultime pari n'est donc pas de frapper ou de ne pas frapper. Le pari, c'est de croire qu'on peut casser un système politique sans payer le prix du système qui se brise. Et dans cette région, un système brisé ne se répare pas en semaines. Il se prolonge en années.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/middle-east/irans-revolutionary-guards-tell-ships-passage-through-strait-hormuz-not-allowed-2026-02-28/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/middle-east/irans-revolutionary-guards-tell-ships-passage-through-strait-hormuz-not-allowed-2026-02-28/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/business/energy/oil-gas-majors-traders-suspend-shipments-via-hormuz-us-attacks-iran-sources-say-2026-02-28/" target="_blank">https://www.reuters.com/business/energy/oil-gas-majors-traders-suspend-shipments-via-hormuz-us-attacks-iran-sources-say-2026-02-28/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/asia-pacific/japan-shippers-halt-hormuz-operations-after-us-israel-strikes-iran-2026-03-01/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/asia-pacific/japan-shippers-halt-hormuz-operations-after-us-israel-strikes-iran-2026-03-01/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.nytimes.com/section/world/middleeast" target="_blank">https://www.nytimes.com/section/world/middleeast</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.wsj.com/world/middle-east" target="_blank">https://www.wsj.com/world/middle-east</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.aljazeera.com/news/2026/2/22/iran-us-tensions-what-would-blocking-strait-of-hormuz-mean-for-oil-lng" target="_blank">https://www.aljazeera.com/news/2026/2/22/iran-us-tensions-what-would-blocking-strait-of-hormuz-mean-for-oil-lng</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.eia.gov/todayinenergy/detail.php?id=65504" target="_blank">https://www.eia.gov/todayinenergy/detail.php?id=65504</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.eia.gov/todayinenergy/detail.php?id=65584" target="_blank">https://www.eia.gov/todayinenergy/detail.php?id=65584</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de...</b></div>
     <div>
      <blockquote><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis). Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/christian-harbulot-a56b2912/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Christian Harbulot</a>, (EGE). <br />  Il collabore avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">Iassp de Milan</a>. <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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