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  <title>www.veillemag.com</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></description>
  <link>https://www.veillemag.com/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-07-16T12:25:54+02:00</dc:date>
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   <title>Produire, oui — mais pas n’importe comment : une sémiotique du vivant en trois niveaux. Isabel Marcos</title>
   <pubDate>Mon, 29 Dec 2025 16:29:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Intelligence des Territoires, PME, ETI]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Au-delà du cas du Verdon-sur-Mer, c’est une question décisive qui est posée : qu’est-ce qui rend un projet “acceptable” pour un territoire ? En mobilisant une lecture sémiotique stratifiée, Isabel Marcos montre qu’une installation industrielle ne peut être légitime que si elle respecte les bases vitales, s’ancre dans une économie territoriale réelle et assume clairement les valeurs qu’elle met en jeu.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/93397133-65290439.jpg?v=1766918088" alt="Produire, oui — mais pas n’importe comment : une sémiotique du vivant en trois niveaux. Isabel Marcos" title="Produire, oui — mais pas n’importe comment : une sémiotique du vivant en trois niveaux. Isabel Marcos" />
     </div>
     <div>
      <blockquote>À partir du projet d’aquaculture au Verdon-sur-Mer, <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/isabel-marcos-/" target="_blank">Isabel Marcos</a>  propose une analyse critique fondée sur une grille en <strong>trois strates</strong> :  <ol>  	<li class="list"><strong>les bases vitales (vivres)</strong> — eau, milieux, biodiversité, santé écologique ;</li>  	<li class="list"><strong>les biens construits</strong> — institutions, procédures, infrastructures, organisation économique ;</li>  	<li class="list"><strong>les objets de culte</strong> — valeurs, récits, légitimités, et surtout la manière dont la «&nbsp;valeur&nbsp;» est définie (croissance, rentabilité, intérêt général, commun).</li>  </ol>  Elle défend le passage d’un modèle <strong>extractif</strong> (où le territoire sert de support à une chaîne de valeur extérieure) à une approche <strong>territoriale circulaire</strong>, où une activité n’est recevable que si elle <strong>renforce le vivant local</strong> et <strong>territorialise ses bénéfices</strong>. Plutôt que d’opposer emploi et écologie, elle plaide pour une responsabilité située : <strong>promettre ne suffit pas — il faut prouver</strong>, à partir d’évaluations robustes et de données vérifiables. <br />  &nbsp;  <h2><strong>Qu’est-ce que la sémiotique dans ce cadre ?</strong></h2>  Dans ce travail, la sémiotique n’est pas un commentaire «&nbsp;sur&nbsp;» le territoire : c’est un <strong>ensemble d’outils et de procédures</strong> pour <strong>segmenter</strong> et <strong>analyser</strong> ce qui fait sens — formes, mots, images, dispositifs, objets, espaces — et pour comprendre <strong>comment des décisions deviennent acceptables</strong>, <strong>au nom de quels récits</strong>, et <strong>avec quels effets</strong>. Discipline des sciences humaines, proche de la linguistique, de la psychologie, de la sociologie, de l’anthropologie et de la philosophie, elle aide à décrire et à évaluer les <strong>stratégies de communication</strong> et les <strong>mécanismes de pouvoir</strong> qu’elles mobilisent. "Dans mon cas, je développe une <strong>éco-sémiotique morphodynamique de l’espace</strong>, inspirée de Per Aage Brandt et de René Thom : en tant qu’architecte-urbaniste, j’y applique des outils adaptés au territoire et au vivant, considérés comme une <strong>morphogenèse</strong> (émergence des formes) et une <strong>sémiogenèse</strong> (actualisation des valeurs dans le vécu). Cela permet de lire un projet non seulement dans ses discours, mais aussi dans ses <strong>flux</strong> (eau, énergie, matières, rejets), ses <strong>seuils biophysiques</strong> et ses <strong>effets de structure</strong> sur le territoire."</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Au Verdon sur Mer, vous montrez qu’un projet industriel peut redessiner un territoire sans que ses habitants aient réellement voix au chapitre. Selon vous, qui détient aujourd’hui le pouvoir de décider de ce qui est « acceptable » pour un territoire : les élus, les investisseurs, ou les citoyens qui y vivent ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Dans le cas du Verdon-sur-Mer, la question « qui décide de l’acceptable ? » n’a pas une réponse unique, parce que <strong>le pouvoir est stratifié</strong> — comme je l’ai expliqué dans mon <a class="link" href="https://www.linkedin.com/pulse/produire-des-vivres-oui-pas-au-d%C3%A9triment-du-territoire-dveve" target="_blank">article</a>. <br />  &nbsp;  <h2><strong>1) En pratique, l’« acceptable » est défini par un triangle asymétrique</strong></h2>  <strong>a) Les investisseurs et le système économique abstrait (Strate III – objets de culte)</strong> <br />  Le fait que « l’on agite des billets » — au nom de l’emploi, de l’attractivité, de la concurrence territoriale ou de la dépendance fiscale — renvoie à une logique où <strong>la valeur abstraite</strong> (croissance, rentabilité, parts de marché) devient <strong>l’objet de culte dominant</strong>. C’est là que se joue le risque d’un projet «&nbsp;dimensionné pour un marché mondial abstrait&nbsp;», qui <strong>reconfigure</strong> un territoire local en simple plateforme. <br />   <br />  <strong>b) Les élus et l’appareil politico-administratif (Strate II – biens construits)</strong> <br />  Les élus sont souvent l’interface : ils traduisent les récits d’emploi/innovation en <strong>procédures</strong>, en calendriers, en autorisations (ou en refus). Mais ce niveau est structurellement sous pression : attractivité, promesses d’emplois, concurrence entre territoires, dépendance fiscale, et arbitrages rapides sous contraintes. <br />   <br />  <strong>c) Les citoyens (Strate I et II), consultés mais rarement co-décideurs</strong> <br />  Les habitants disposent d’une connaissance située (milieux, usages, vulnérabilités, mémoire), mais on leur laisse fréquemment un rôle <strong>réactif</strong> : s’exprimer dans des enquêtes publiques ou des concertations dont l’effet n’est pas automatiquement décisif. Le dossier du « Saumon du Médoc » au Verdon illustre ce régime : le public est sollicité, mais la décision demeure principalement institutionnelle — et c’est précisément à cette asymétrie que j’ai répondu. <br />  &nbsp;  <h2><strong>2) Mon point clé : le vivant fixe déjà une part de « l’acceptable » (Strate I – vivres)</strong></h2>  Mon analyse est volontairement tranchante sur ce point : dans un estuaire, <strong>tout se joue dans les flux</strong> — eau prélevée et rejetée, énergie, charges azotées, logistique, effets de cascade. Or ces flux ne se négocient pas par le discours : ils se heurtent à des <strong>seuils biophysiques</strong>. L’avis de la MRAe sur le projet (production annoncée à 10 000 t/an) montre bien que la discussion sérieuse doit porter sur <strong>l’objectivation</strong>, la robustesse de l’évaluation et les effets cumulés. <br />  &nbsp;  <h2><strong>3) Ce qui devrait décider de l’« acceptable » : déplacer l’objet de culte</strong></h2>  Pour compléter ma réflexion avec Meadows : le levier le plus puissant n’est pas un paramètre «&nbsp;technique&nbsp;», mais <strong>le but du système</strong> et le paradigme qui définit ce qui compte. Si le but implicite est «&nbsp;produire plus et vendre plus loin&nbsp;», alors le territoire et la biodiversité deviennent des variables d’ajustement. Si le but devient «&nbsp;maintenir et régénérer les bases vitales&nbsp;», l’économie redevient <strong>un sous-système du vivant</strong>. Concrètement, cela implique :    <ul>  	<li class="list"><strong>Changer le but officiel</strong> des décisions (critère n°1 : non-dégradation des bases vitales + bénéfices réellement territorialisés).</li>  	<li class="list"><strong>Changer les règles</strong> (donner aux habitants un pouvoir effectif&nbsp;: clauses territoriales, conditions suspensives, possibilité d’arrêt si des seuils sont dépassés).</li>  	<li class="list"><strong>Changer les flux d’information</strong> (données publiques en continu&nbsp;: eau/énergie/rejets, audits indépendants, transparence sur intrants et dépendances). <br />  	&nbsp;</li>  </ul>    <h2><strong>Qui détient alors aujourd’hui le pouvoir ?</strong></h2>  Aujourd’hui, le pouvoir réel de dire « acceptable » se situe d’abord du côté de <strong>l’économie abstraite</strong> (investisseurs + récit de valeur), relayée par des dispositifs politico-administratifs. Les citoyens sont trop souvent placés en bout de chaîne. Ma proposition — renforcée par la pensée de Meadows — est de renverser la hiérarchie&nbsp;: l’acceptable doit être défini d’abord par les <strong>bases vitales</strong> (Strate I), encadré par des <strong>dispositifs territoriaux vérifiables</strong> (Strate II), et seulement ensuite autorisé par une Strate III dont l’objet de culte redevient la <strong>richesse réelle</strong> : eau, biodiversité, santé des milieux, cohésion et résilience — pas la seule agitation de billets. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vous décrivez le projet d’aquaculture comme l’expression d’un modèle extractif encore dominant. En quoi ce cas illustre t il, selon vous, une forme de dépossession territoriale au profit d’intérêts économiques extérieurs ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Comme je l’ai déjà esquissé en répondant à la question 1, ce projet illustre une <strong>dépossession territoriale</strong> parce qu’il aligne le territoire local sur un <strong>métabolisme économique externe&nbsp;</strong>: la valeur circule vers l’extérieur, tandis que les <strong>contraintes biophysiques</strong> et les <strong>risques</strong> restent sur place. <br />  &nbsp;</div>    <h3 style="margin-left: 40px;"><strong>1) Un projet «&nbsp;territorialisé&nbsp;» dans l’espace, mais <strong>orienté vers un marché extérieur</strong></strong></h3>    <div style="margin-left: 40px;">Le cas du Verdon est typique d’une production <strong>dimensionnée</strong> et <strong>financée</strong> pour une logique de marché qui dépasse le territoire. Les acteurs et la rentabilité visent d’abord une chaîne de valeur exogène&nbsp;: le territoire devient une <strong>plateforme</strong> (foncier, eau, autorisations, logistique), et non une économie réellement «&nbsp;ancrée&nbsp;» dans la reproduction des conditions locales de vie. Dans le dossier du Verdon, plusieurs éléments publics vont dans ce sens (financement, taille, logique industrielle). <br />  &nbsp;</div>    <h3 style="margin-left: 40px;"><strong>2) La dépossession se lit dans les <strong>flux&nbsp;</strong>: profits «&nbsp;exportés&nbsp;», impacts «&nbsp;importés&nbsp;» sur place</strong></h3>    <div style="margin-left: 40px;">Dans une approche éco-sémiotique stratifiée, la dépossession se produit quand la <strong>Strate III</strong> (valeur abstraite&nbsp;: rentabilité, compétitivité, volumes) pilote la Strate II (procédures, autorisations, calendrier) en reléguant la Strate I (bases vitales) au rang de «&nbsp;variables compensables&nbsp;». Or, dans un estuaire, <em>tout se joue dans les flux</em> (prélèvements/rejets, énergie, intrants, logistique). Et ces flux ne se négocient pas par récit&nbsp;: ils rencontrent des <strong>seuils</strong>. Les informations publiques disponibles sur le projet évoquent précisément ces enjeux de rejets et de risques pour les activités et milieux locaux.    <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <h3><strong>3) Un cas local qui révèle un problème systémique : faire entrer le vivant dans une économie absurde.</strong></h3>    <div>Ici, la question dépasse largement le Verdon&nbsp;: elle met à nu une logique globale de dépassement. Plusieurs synthèses scientifiques récentes convergent vers le même constat&nbsp;: nous avons franchi une zone critique, avec <strong>sept limites planétaires sur neuf</strong> déjà dépassées selon les indicateurs les plus récents. Dans ce contexte, nos chaînes alimentaires peuvent paraître «&nbsp;rationnelles&nbsp;» au regard des coûts et des prix, tout en devenant <strong>écologiquement irrationnelles&nbsp;</strong>:</div>  </div>    <ul>  	<li class="list" style="margin-left: 80px;">des végétales parcourent en moyenne <strong>environ 2 400 km</strong> avant d’atteindre nos assiettes&nbsp;;</li>  	<li class="list" style="margin-left: 80px;">l’agriculture industrielle mobilise <strong>environ 42 % des terres</strong> et représente <strong>près de 70–71 %</strong> des prélèvements mondiaux d’eau douce&nbsp;;</li>  	<li class="list" style="margin-left: 80px;">et 33% par an de nourriture est <strong>perdue ou gaspillée</strong>.</li>  </ul>    <div style="margin-left: 40px;">Le symptôme le plus inquiétant est la fuite en avant&nbsp;: plutôt que de protéger les conditions mêmes de la vie (sols, eau, pollinisateurs, cycles), nous en venons à envisager des palliatifs techniques — jusqu’à la «&nbsp;pollinisation artificielle par des robots&nbsp;». Autrement dit, au lieu de corriger le système, on prépare des prothèses à l’effondrement du vivant. <br />  &nbsp;</div>    <h3 style="margin-left: 40px;"><strong>Conclusion (au cœur de la dépossession)</strong></h3>    <div style="margin-left: 40px;">Ce cas illustre donc une dépossession territoriale parce que <strong>l’intérêt extérieur</strong> (financement + marché + récit de valeur) impose sa finalité, pendant que le territoire assume&nbsp;:</div>    <ul style="margin-left: 40px;">  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">les <strong>pressions sur les bases vitales</strong> (eau, qualité du milieu, effets de cascade)&nbsp;;</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">la <strong>fragilisation</strong> d’activités déjà dépendantes de la qualité du milieu (pêche, tourisme, santé des écosystèmes)&nbsp;;</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">et une <strong>citoyenneté reléguée</strong> à la réaction plus qu’à la codécision.</li>  </ul>    <div style="margin-left: 40px;">Et si je le reformule avec Meadows : le nœud n’est pas «&nbsp;un ajustement technique&nbsp;», c’est le <strong>but du système</strong>. Tant que le but implicite reste <em>produire plus pour vendre plus loin</em>, le territoire et la biodiversité restent variables d’ajustement. Renverser la dépossession, c’est remettre l’économie à sa place&nbsp;: <strong>un sous-système du vivant</strong>, et non l’inverse. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les promoteurs du projet invoquent l’emploi et l’attractivité économique. Vous affirmez que cet argumentaire masque souvent l’absence de preuves scientifiques sur les bénéfices réels pour le vivant local. Que devrait exiger une collectivité responsable avant d’autoriser une telle installation ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Oui : l’emploi et «&nbsp;l’attractivité&nbsp;» peuvent être des arguments légitimes, mais ils deviennent trompeurs dès qu’ils servent à <strong>court-circuiter la preuve</strong> sur les impacts réels pour le vivant local. Dans un contexte où le paradigme doit changer et où la science indique des dépassements critiques, <strong>la charge de la preuve</strong> doit peser sur le projet, pas sur le territoire. <br />  Une collectivité responsable devrait exiger, <strong>avant toute autorisation</strong>, au minimum&nbsp;: <br />  &nbsp;</div>    <h2 style="margin-left: 40px;"><strong>1) Strate I – Bases vitales : une démonstration scientifique robuste, chiffrée, vérifiable</strong></h2>    <ul style="margin-left: 40px;">  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Un état initial (baseline) solide</strong> sur plusieurs saisons&nbsp;: qualité de l’eau, sédiments, biodiversité, habitats, dynamique de l’estuaire, pressions déjà existantes.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Une modélisation des flux</strong> (le cœur du problème)&nbsp;: prélèvements/rejets, charges azotées et organiques, effets en chaîne, risques d’eutrophisation, zones de dépôt, sensibilité des milieux.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Une analyse des risques biologiques&nbsp;</strong>: maladies, parasites, antibiotiques/biocides, résistance, mortalités, plans de confinement et de gestion.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Des scénarios de défaillance</strong> (accidents, pannes, crues, canicules, tempêtes, ruptures de chaîne froide, incidents de traitement), avec des seuils d’arrêt <em>ex ante</em>.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>L’évaluation des impacts cumulés&nbsp;</strong>: autres activités industrielles, agricole, portuaire, touristiques, et trajectoires climatiques (température, débits, salinité, épisodes extrêmes). <br />  	&nbsp;</li>  </ul>    <h2 style="margin-left: 40px;"><strong>2) Strate II – Dispositifs territoriaux : indépendance, transparence, gouvernance et contrôle</strong></h2>    <ul style="margin-left: 40px;">  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Expertise réellement indépendante</strong>, contradictoire, financée sans dépendance directe aux promoteurs, avec accès aux données brutes.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Données publiques en continu</strong> : eau/énergie/rejets, mortalités, intrants, incidents, audits — pour sortir des «&nbsp;promesses&nbsp;» et entrer dans l’observable.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Conditions suspensives et réversibilité</strong> : autoriser par étapes, avec clauses de retrait si les résultats ne confirment pas les hypothèses.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Garanties financières</strong> (caution/assurance)&nbsp;: qui paie la dépollution, la restauration, les pertes économiques locales en cas d’échec&nbsp;?</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Participation citoyenne qui pèse&nbsp;</strong>: pas seulement «&nbsp;consultation&nbsp;», mais capacité réelle à infléchir (ou stopper) sur des critères définis à l’avance. <br />  	&nbsp;</li>  </ul>    <h2 style="margin-left: 40px;"><strong>3) Strate III – Valeur : clarifier le but du système </strong></h2>    <div style="margin-left: 40px;">Avant d’arbitrer, la collectivité doit exiger une réponse claire à une question simple : <strong>quel est le but&nbsp;?</strong></div>    <ul style="margin-left: 40px;">  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Si le but réel est «&nbsp;produire plus pour vendre plus loin&nbsp;», le territoire devient une variable d’ajustement.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Si le but est «&nbsp;maintenir et régénérer les bases vitales&nbsp;», alors l’économie redevient un <strong>sous-système du vivant</strong>.</li>  </ul>    <div style="margin-left: 40px;">Concrètement, cela suppose d’exiger :</div>    <ul style="margin-left: 40px;">  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>des bénéfices territorialisés</strong> (emplois qualifiés, filières locales, retombées durables) démontrés et contractualisés,</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">et surtout un principe non négociable&nbsp;: <strong>zéro dégradation nette des bases vitales</strong>, avec indicateurs, seuils, contrôle et sanctions. <br />  	&nbsp;</li>  </ul>    <h3 style="margin-left: 40px;"><strong>En une phrase</strong></h3>    <div style="margin-left: 40px;">Une collectivité responsable doit passer d’un régime de promesse («&nbsp;emploi, attractivité&nbsp;») à un régime de preuve : <strong>science robuste, données publiques, gouvernance réversible, et primauté des bases vitales</strong>. C’est ce renversement de paradigme qui permet de protéger ce qui reste en santé — et il est urgent. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Votre analyse sémiotique montre que derrière un projet industriel se cache toujours un imaginaire politique : territoire ressource ou territoire commun. Quel imaginaire le projet du Verdon sur Mer met il en scène, et que dit il de notre manière collective de penser le développement ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le projet du Verdon-sur-Mer met en scène, très clairement, l’imaginaire d’un <strong>territoire-ressource</strong> : un espace considéré d’abord comme <strong>support</strong> (eau, foncier, autorisations, logistique, «&nbsp;acceptabilité&nbsp;»), destiné à alimenter une chaîne de valeur dont la finalité principale se décide ailleurs. Le territoire n’y apparaît pas comme un milieu vivant à régénérer, mais comme une <strong>plateforme</strong> à optimiser. <br />  &nbsp;</div>    <h3 style="margin-left: 40px;"><strong>1) Quel imaginaire est mis en scène ?</strong></h3>    <div style="margin-left: 40px;"><strong>a) Un imaginaire «&nbsp;productiviste&nbsp;» de la nature administrable</strong> <br />  Le vivant est implicitement traité comme un ensemble de variables gérables&nbsp;: on promet des «&nbsp;mesures&nbsp;», des «&nbsp;compensations&nbsp;», des «&nbsp;procédures&nbsp;», comme si l’estuaire était un système neutre, réglable, sans seuils ni irréversibilités. Or, dans un estuaire, <em>tout se joue dans les flux</em> : prélèvements, rejets, énergie, charges organiques, effets de cascade. Cet imaginaire technico-gestionnaire tend à faire oublier que le vivant n’est pas un décor&nbsp;: c’est une condition. <br />  <strong>b) Un imaginaire de la valeur abstraite qui prime sur la richesse réelle</strong> <br />  Derrière l’emploi et l’attractivité, l’objet de culte devient la croissance, le volume, la rentabilité — autrement dit une richesse abstraite. C’est exactement le mécanisme que j’analyse&nbsp;: quand la valeur monétaire devient souveraine, la biodiversité, la santé des milieux et parfois la santé des habitants deviennent des variables d’ajustement. <br />  <strong>c) Un imaginaire de dépossession douce&nbsp;: «&nbsp;on consulte&nbsp;», mais on ne co-décide pas</strong> <br />  Le récit institutionnel produit souvent une impression de démocratie (consultations, enquêtes), tout en maintenant une asymétrie&nbsp;: les habitants ont la connaissance située, mais rarement le pouvoir de fixer les conditions non négociables. Le territoire est «&nbsp;concerné&nbsp;», mais pas pleinement souverain. <br />  &nbsp;</div>    <h3 style="margin-left: 40px;"><strong>2) Territoire-commun : ce que cet imaginaire évacue</strong></h3>    <div style="margin-left: 40px;">L’imaginaire inverse — <strong>territoire-commun</strong> — suppose que le territoire est un <strong>écosystème habité</strong>, un bien commun concret, avec des bases vitales non substituables : eau, sols, biodiversité, santé, continuités écologiques, mémoire et usages. Dans cet imaginaire, on ne demande pas au vivant de «&nbsp;s’adapter&nbsp;» au projet ; on demande au projet de prouver qu’il <strong>respecte</strong> et <strong>renforce</strong> les conditions du vivant. <br />  &nbsp;</div>    <h3 style="margin-left: 40px;"><strong>3) Ce que cela dit de notre manière collective de penser le développement</strong></h3>    <div style="margin-left: 40px;">Cela révèle une crise du développement comme idée directrice&nbsp;: nous continuons à penser «&nbsp;développement&nbsp;» comme <strong>augmentation de production</strong> et <strong>attractivité</strong>, alors que nous sommes entrés dans un monde de limites, de seuils et de fragilités cumulées. Le langage économique devient un écran&nbsp;: il simplifie, il rassure, il accélère les décisions… et il masque ce qui compte réellement. Et c’est ici que ma précision sur la «&nbsp;science&nbsp;» me semble décisive : il ne s’agit pas seulement des sciences dites exactes, mais aussi des <strong>sciences sociales et humaines</strong> et de <strong>l’art</strong>, comme instruments pour décrire les rapports de pouvoir, comprendre les mécanismes de dépossession, et surtout <strong>ouvrir d’autres imaginaires politiques</strong>. Car le cœur du problème est aussi narratif et symbolique : qu’est-ce qu’une «&nbsp;richesse&nbsp;» ? qu’est-ce qu’un «&nbsp;progrès&nbsp;» ? qu’est-ce qu’un territoire ? <br />  &nbsp;</div>    <h3 style="margin-left: 40px;"><strong>4) Une alerte&nbsp;: l’illusion d’une société qui délègue la pensée au pilotage technique</strong></h3>    <div style="margin-left: 40px;">Ce qui est inquiétant aujourd’hui, c’est la tentation de dire&nbsp;: «&nbsp;ne vous inquiétez pas, des systèmes experts — et bientôt des IA — penseront à votre place&nbsp;». Or nous ne sommes pas des abstractions. Nous sommes un corps, de l’air, de l’eau, de l’énergie : nous respirons, nous mangeons, nous dépendons d’abeilles, de sols, de cycles, et nous mourrons. Quand une société oublie cela, elle devient capable de remplacer le réel par des artefacts — jusqu’à imaginer des «&nbsp;solutions&nbsp;» de substitution (pollinisation artificielle, réparation technique du vivant) au lieu de protéger ce qui rend la vie possible. <br />  &nbsp;</div>    <h3 style="margin-left: 40px;"><strong>En synthèse</strong></h3>    <div style="margin-left: 40px;">Le projet met en scène un <strong>imaginaire de territoire-ressource</strong>, gouverné par la valeur abstraite et une gestion technico-administrative du vivant. Il dit que, collectivement, nous pensons encore le développement comme optimisation et croissance, alors que l’urgence est de basculer vers un imaginaire de <strong>territoire-commun&nbsp;</strong>: un milieu habité, non substituable, dont les bases vitales doivent devenir le premier critère de décision — et dont la transformation exige autant la rigueur scientifique que la lucidité des sciences humaines et la puissance de l’art pour créer d’autres futurs désirables. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vous plaidez pour une approche territoriale circulaire, qui régénère plutôt qu’elle n’exploite. Pouvez-vous nous citer et analyser brièvement, un exemple de réussite et quels enseignements pouvons-nous en titrer, en tant que citoyens, dirigeants, ou responsables publics et territoriaux ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Un exemple intéressant (et déjà <strong>opérationnel</strong>, même s’il reste à consolider) est <strong>le projet TERA</strong> en Lot-et-Garonne, autour de Tournon-d’Agenais, Masquières et Trentels&nbsp;: une expérimentation d’<strong>écosystème coopératif territorial</strong> qui vise à <strong>relocaliser ~85% de la production vitale</strong> dans un rayon d’environ 30 km, avec une <strong>monnaie citoyenne locale (l’Abeille)</strong> et un <strong>revenu d’autonomie</strong>. <br />  &nbsp;</div>    <h3 style="margin-left: 40px;"><strong>Pourquoi peut-on parler de «&nbsp;réussite&nbsp;» (à l’échelle d’une expérimentation)&nbsp;?</strong></h3>  &nbsp;    <ol style="margin-left: 40px;">  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>La boucle «&nbsp;prendre / rendre&nbsp;» est remise au centre</strong></li>  </ol>    <div style="margin-left: 40px;">Au niveau sémiotique TERA essaie de refermer localement la boucle extraction-excrétion&nbsp;: produire des vivres, des services et de l’habitat en limitant les fuites, et en organisant la régénération (sols, pratiques agricoles, sobriété, mutualisation). On n’est plus dans un territoire «&nbsp;extractif&nbsp;» où la valeur part ailleurs, mais dans un territoire qui cherche à <strong>stabiliser ses conditions d’existence</strong>. <br />  &nbsp;</div>    <div style="margin-left: 80px;"><strong>2. Un levier monétaire qui «&nbsp;retient&nbsp;» la richesse sur place</strong></div>    <div style="margin-left: 40px;">L’<strong>Abeille</strong> fonctionne comme un dispositif anti-fuite&nbsp;: elle circule localement (1 Abeille ≈ 1 euro&nbsp;; les professionnels convertissent, pas les particuliers&nbsp;; pas de thésaurisation), ce qui transforme la monnaie en <strong>outil territorial</strong> et pas seulement en équivalent abstrait. C’est exactement de quoi je parle dans mon article&nbsp;: un symbole (ici, la monnaie) n’est pas neutre — il performe une organisation sociale. <br />  &nbsp;</div>    <div style="margin-left: 80px;"><strong>3. Une articulation (encore rare) des trois strates</strong> <br />  &nbsp;</div>    <ul style="margin-left: 40px;">  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Strate organique (vivres / subsistance)</strong> : maraîchage, boulange, activités quotidiennes, écoconstruction, etc.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Strate politique (institutions / coordination)&nbsp;</strong>: montage coopératif, comité territorial de dialogue, gouvernance partagée, ingénierie juridique.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Strate symbolique (valeurs / légitimité)</strong> : «&nbsp;ce qui compte&nbsp;» est redéfini : autonomie, cohésion, utilité sociale/écologique, plutôt que seule croissance monétaire.</li>  </ul>    <div style="margin-left: 40px;"> <br />  Enfin, le projet a déjà pu verser <strong>quelques revenus d’autonomie</strong> (ex. 865 €/mois, majoritairement en Abeille, selon Zoein)&nbsp;: c’est modeste en volume, mais décisif comme preuve d’existence. <br />  &nbsp;</div>    <h3 style="margin-left: 40px;"><strong>Les limites (et donc les enseignements méthodologiques)</strong></h3>    <div style="margin-left: 40px;">TERA a rendu visible un point crucial&nbsp;: <strong>si l’offre locale n’est pas suffisamment dense</strong>, une monnaie locale + revenu en monnaie locale peut se heurter à une difficulté pratique (dépenser le revenu faute de biens/services disponibles). Le projet l’a reconnu et a réorienté son dispositif (phases, articulation de revenus, montée en charge). Autrement dit&nbsp;: la circularité n’est pas un slogan, c’est une <strong>logistique.</strong> <br />  &nbsp;</div>    <h3 style="margin-left: 40px;"><strong>Quels enseignements en tirer (citoyens, dirigeants, responsables publics) ?</strong></h3>    <div style="margin-left: 40px;"><strong>Pour les citoyens</strong></div>    <ul style="margin-left: 40px;">  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Sortir du rôle de «&nbsp;consommateur&nbsp;» et devenir <strong>acteur de la boucle (“prendre / rendre”)&nbsp;</strong>: orienter ses achats, accepter des échanges en monnaie locale, participer aux communs (réparation, entraide, production, distribution).</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Comprendre que la «&nbsp;richesse&nbsp;» n’est pas seulement monétaire&nbsp;: elle est d’abord <strong>capacité territoriale de subsistance</strong> (vivres) et <strong>capacité de coopération</strong> (politique).</li>  </ul>    <div style="margin-left: 40px;"><strong>Pour les dirigeants et responsables publics</strong></div>    <ul style="margin-left: 40px;">  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Traiter ces projets comme des <strong>infrastructures de résilience</strong>, pas comme des curiosités : foncier, locaux, marchés publics adaptés, soutien à l’ingénierie (juridique, comptable, évaluation).</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Protéger l’expérimentation contre la capture par trois activités structurantes du « vivre ensemble » (<em>Universaux Urbains, </em><em>Marcos&nbsp;: 1996, 2022</em><em>)</em>&nbsp;:  	<ul>  		<li class="list" style="margin-left: 40px;">la <strong>Loi</strong> (bureaucratisation/contrôle qui stérilise),</li>  		<li class="list" style="margin-left: 40px;">le <strong>Nom</strong> (branding identitaire qui remplace le travail réel de boucle.</li>  	</ul>  	</li>  </ul>    <div style="margin-left: 40px;">L’enjeu est de renforcer le <strong>niveau politique</strong> (coopération, planification, transparence) sans écraser l’organique. <br />  <strong>Pour les responsables territoriaux</strong></div>    <ul style="margin-left: 40px;">  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Partir d’une cartographie «&nbsp;diagrammatique[[1]] » (Brandt&nbsp;: 2020)&nbsp;: flux d’eau / alimentation / énergie / mobilité / logement, points de fuite, capacités de régénération.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Concevoir la monnaie et le revenu comme des <strong>outils de synchronisation&nbsp;</strong>: ils ne «&nbsp;créent&nbsp;» pas la circularité ; ils l’accélèrent quand la production, la distribution et les communs existent déjà.</li>  </ul>    <div style="margin-left: 40px;">En bref : TERA montre qu’une approche circulaire territoriale devient crédible quand elle <strong>reconstruit simultanément</strong> les bases vitales (organique), l’organisation collective (politique) et la valeur partagée (symbolique). C’est précisément le type d’agent «&nbsp;transversal&nbsp;»&nbsp;: capable de relier le sol, l’institution et le sens — sans laisser le marché global décider seul de ce qui mérite d’exister.</div>    <div>  <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <hr align="left" size="1" width="33%" />  <div id="ftn1">  <blockquote>  <div style="margin-left: 40px;">[[1]] <strong>Cartographie diagrammatique = schéma opératoire des relations qui structurent un territoire</strong>, utilisé pour comprendre, anticiper et transformer (plutôt que pour simplement décrire).</div>    <h3 style="margin-left: 40px;">Ce qui la distingue d’une carte «&nbsp;classique&nbsp;»</h3>    <ul>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Elle ne vise pas la ressemblance spatiale</strong> (échelle, formes exactes), mais la <strong>structure</strong>.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Elle représente des <strong>relations invisibles</strong> : «&nbsp;si A change, alors B bascule&nbsp;», «&nbsp;au-delà de tel seuil, tel flux devient critique&nbsp;».</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Elle sert à <strong>planifier / réguler / coordonner</strong> (niveau politique), pas seulement à contempler (niveau organique iconique) ni à ordonner (niveau symbolique performatif).</li>  </ul>    <h3 style="margin-left: 40px;">Ce qu’elle cartographie concrètement</h3>    <div style="margin-left: 40px;">Elle met en forme des relations du type&nbsp;:</div>    <ul>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Flux&nbsp;</strong>: eau (propre/sale), énergie, alimentation, matières, déchets, argent, information.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Boucles&nbsp;</strong>: extraction → usage → excrétion → régénération (ou échec de régénération).</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Seuils et délais&nbsp;</strong>: temps de régénération, capacités de traitement, limites d’absorption des sols, dépendances critiques.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Frontières et fuites&nbsp;</strong>: où la valeur sort du territoire, où les ressources entrent, où les risques s’accumulent.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;"><strong>Attracteurs / tensions&nbsp;</strong>: par exemple, dans mes articles (2012, 2022), la dynamique <strong>Loi </strong><strong></strong><strong> -</strong><strong>&gt;</strong><strong> Nom</strong> qui traverse les strates et peut «&nbsp;capturer&nbsp;» l’organisation.</li>  </ul>    <h3 style="margin-left: 40px;">Pourquoi «&nbsp;diagrammatique&nbsp;» (au sens sémiotique)</h3>    <div style="margin-left: 40px;">Parce que, le diagramme est une <strong>sémantique de relations&nbsp;</strong>: il «&nbsp;montre&nbsp;» des connexions et des contraintes qui ne sont pas données directement par la perception. Il fait passer du visible au <strong>compréhensible</strong>, puis au <strong>transformable</strong>.</div>    <h3 style="margin-left: 40px;">Exemples de formes possibles</h3>    <ul>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Schéma «&nbsp;réseau&nbsp;»&nbsp;: nœuds (acteurs/lieux) + liens (flux).</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Boucles causales&nbsp;: rétroactions positives/négatives.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Carte de seuils&nbsp;: zones de saturation / zones de régénération.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Topologie trois activités structurantes du « vivre ensemble »&nbsp;: tensions (ex. Loi/Nom/valeurs) et points de bascule.</li>  </ul>  </blockquote>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Bibliographie</b></div>
     <div>
      <h2 style="margin-left: 40px;"><strong><em>Cadre théorique</em></strong></h2>    <div style="margin-left: 40px;">Brandt, P. A. (2017). <em>Écologie et sémiotique</em> [Manuscrit inédit]. <br />  Brandt, P. A. (2020). <em>Cognitive semiotics: Signs, mind, and meaning</em>. Bloomsbury Academic. <br />  Marcos, I. (1996). <em>Le sens urbain : La morphogenèse et la sémiogenèse de Lisbonne – Une analyse catastrophiste urbaine</em> [Thèse de doctorat, Aarhus University]. <br />  Marcos, I. (2012). <em>Urban morphogenesis</em>. <em>Semiotica, 192</em>, 1–14. <a class="link" href="https://doi.org/10.1515/sem-2012-0077">https://doi.org/10.1515/sem-2012-0077</a>  <br />  Marcos, I. (2022, 20 mars). Post nº13 | C’est quoi une ville ? Isabel Marcos. https://fr.isabelmarcos.net/post/post-n%C2%BA13-c-est-quoi-une-ville <br />  Meadows, D. H. (1999). <em>Leverage points: Places to intervene in a system</em>. The Sustainability Institute. <br />  Meadows, D. H. (2008). <em>Thinking in systems: A primer</em>. Chelsea Green Publishing. <br />  &nbsp;</div>    <h2 style="margin-left: 40px;"><strong><em>Sources institutionnelles et procédure (projet du Verdon-sur-Mer)</em></strong></h2>    <div style="margin-left: 40px;">Mission régionale d’autorité environnementale (MRAe) Nouvelle-Aquitaine. (2024, 31 octobre). <em>Avis délibéré sur le projet de construction d’un site piscicole et d’un atelier de transformation de saumons au Verdon-sur-Mer (33)</em> (Avis n° 2024APNA197 ; dossier P-2024-16385) [PDF]. https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2024apna197.pdf <br />  Préfecture de la Gironde. (2025, 25 novembre). <em>Le Verdon-sur-Mer – Autorisation environnementale + permis de construire “Saumon du Médoc” (Enquête publique)</em>. https://www.gironde.gouv.fr/Actions-de-l-Etat/Environnement-eau-risques-naturels-et-technologiques/Installations-classees-pour-la-protection-de-l-environnement/Consultation-du-public/Le-Verdon-sur-Mer-Autorisation-environnementale-permis-de-construire-Saumon-du-Medoc <br />  Préfecture de la Gironde. (2025). <em>Avis d’enquête publique unique : Autorisation environnementale + permis de construire – “Saumon du Médoc” – Commune du Verdon-sur-Mer</em> [PDF]. https://www.gironde.gouv.fr/content/download/74315/519336/file/Avis%20d%20enqu%C3%AAte%20publique.pdf <br />  Registre Numérique. (2025). <em>Construction d’un site piscicole et d’un atelier de transformation de saumons (Le Verdon-sur-Mer)</em> [Registre d’enquête publique]. https://www.registre-numerique.fr/enquete-publique-construction-d-un-site-piscicole-et-d-un-atelier-de-transformation-de-saumons <br />  &nbsp;</div>    <h2 style="margin-left: 40px;"><strong><em>Littérature scientifique (RAS, énergie/ACV, intrants et métriques FIFO)</em></strong></h2>    <div style="margin-left: 40px;">Badiola, M., Mendiola, D., &amp; Bostock, J. (2017). Recirculating aquaculture systems (RAS) analysis: Main issues on management and future challenges. <em>Journal of Cleaner Production, 157</em>, 155–166. https://doi.org/10.1016/j.jclepro.2017.04.139 <br />  Kok, B., Malcorps, W., Tlusty, M. F., Eltholth, M., Auchterlonie, N. A., Little, D. C., Newton, R. W., Davies, S. J., &amp; Van der Meer, J. (2020). Fish as feed: Using economic allocation to quantify the Fish In: Fish Out ratio of major fed aquaculture species. <em>Aquaculture, 528</em>, 735474. https://doi.org/10.1016/j.aquaculture.2020.735474 <br />  Majluf, P., Matthews, K., Pauly, D., Skerritt, D. J., &amp; Palomares, M. L. D. (2024). A review of the global use of fishmeal and fish oil and the Fish In:Fish Out metric. <em>Science Advances, 10</em>(42), eadn5650. <a class="link" href="https://doi.org/10.1126/sciadv.adn5650">https://doi.org/10.1126/sciadv.adn5650</a>  <br />  Newton, R., Metian, M., Tacon, A. G. J., Troell, M., &amp; Little, D. C. (2025). New metrics are needed to evaluate the use of wild fish in aquaculture. <em>Aquaculture, 602</em>, 742332. https://doi.org/10.1016/j.aquaculture.2025.742332 <br />  Song, X., Liu, Y., Pettersen, J. B., Brandão, M., Ma, X., Røberg, S., &amp; Frostell, B. (2019). Life cycle assessment of recirculating aquaculture systems: A case of Atlantic salmon farming in China. <em>Journal of Industrial Ecology, 23</em>(5), 1077–1086. <a class="link" href="https://doi.org/10.1111/jiec.12845">https://doi.org/10.1111/jiec.12845</a>  <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos d'Isabel Marcos</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div style="margin-left: 40px;"><strong><em>Scientifique de formation et adepte de l’interdisciplinarité,</em></strong>&nbsp;<a class="link" href="https://cfcul.ciencias.ulisboa.pt/equipa/isabel-marcos/" target="_blank">Isabel Marcos&nbsp;</a>  <strong><em>s’appuie sur les travaux de</em></strong>&nbsp;<a class="link" href="http://www.fb10.uni-bremen.de/homepages/wildgen/pdf/Le_parcours_sermiotique_de_Rene_Thom_Paris_2019.pdf" target="_blank">René Thom&nbsp;</a>  <strong><em>et</em></strong>&nbsp;<a class="link" href="https://actasemiotica.com/index.php/as/22021peraagebrandt" target="_blank">Per Aage Brandt </a>  &nbsp;<strong><em>pour dépasser la séparation entre sciences exactes et sciences humaines. Elle défend une vision où chaque individu vit simultanément dans trois mondes</em></strong> <strong><em>: naturel, socioculturel et intime.</em></strong>&nbsp; <br />  <strong><em>Elle fait partie du&nbsp;</em></strong><em>Comité Exécutif de l'Association Internationale de Sémiotique (IASS) : https://iass-ais.org/officers/executive-committee/.&nbsp;</em>&nbsp;</div>    <h3 style="margin-left: 40px;"><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/isabel-marcos-/?locale=fr_FR">Isabel Marcos</a>  <strong><em>, </em></strong><em>architecte et sémioticienne, docteure en sémiotique et en sciences de la communication, est une figure internationale de la sémiotique de l’espace, auteure de nombreux ouvrages. </em>Professeure et chercheuse à l’Université Lusófona de Lisbonne, elle intervient également comme conférencière à CY École de Design (CY Cergy Paris Université), où elle enseigne l’éco-sémiotique du design régénératif. Ses travaux articulent morphogenèse urbaine, sémiotique cognitive et théorie des catastrophes (René Thom), pour analyser les mécanismes de sens et de pouvoir à l’œuvre dans les transformations territoriales, et contribuer à une pensée opérationnelle du territoire-commun centrée sur le vivant. <br />  <a class="link" href="https://actasemiotica.com/index.php/as/22021peraagebrandt" target="_blank">Web site en français</a> </h3>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une remarque plus personnelle, un conseil de lecture, un rendez-vous à recommander ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Je formulerais deux remarques, en lien direct avec ce que montre le cas du Verdon-sur-Mer. <br />   <br />  <strong>1) Replacer le sens au cœur de la décision (et de la prospective)</strong> <br />  Nous vivons un moment où les indicateurs purement quantitatifs (croissance, volumes, “attractivité”) ne suffisent plus à saisir la complexité des crises écologiques, sociales et culturelles. Or une <strong>sémiotique morphodynamique</strong> inspirée par <strong>René Thom</strong> permet précisément de travailler ce point aveugle : elle aide à repérer les <strong>bifurcations</strong>, à anticiper les <strong>ruptures</strong>, et à relier les transformations techniques aux <strong>imaginaires politiques</strong> et aux <strong>conditions biophysiques</strong> qui les rendent (in)acceptables. Autrement dit : elle ne remplace pas la science des milieux, elle clarifie <strong>ce qui fait sens</strong>, <strong>pour qui</strong>, <strong>au prix de quoi</strong>, et <strong>au nom de quelles valeurs</strong>. <br />   <br />  <strong>2) La sémiotique est déjà utilisée — la question est : au service de quoi ?</strong> <br />  Beaucoup d’entreprises recourent à la sémiotique, souvent discrètement, pour se différencier sur un marché. J’ai moi-même travaillé dans ces cadres, mais j’ai choisi depuis plusieurs années de réserver cet usage à des enjeux <strong>écologiques, urbanistiques et sociaux</strong> : là où il faut rendre visibles les mécanismes de <strong>dépossession</strong>, les effets de <strong>récit</strong> (emploi, modernité, innovation), et la manière dont ces récits peuvent court-circuiter la preuve et les seuils du vivant. <br />   <br />  <strong>Conseil de lecture (pour prolonger l’entretien)</strong></div>    <ul>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Marcos, I., &amp; Morier, C. (Eds.). (2024). <em>The relevance of René Thom: The morphological dimension in today's sciences.</em> Springer. <a class="link" href="https://doi.org/10.1007/978-3-031-54982-3">https://doi.org/10.1007/978-3-031-54982-3</a> </li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Marcos, I., &amp; Morier, C. (Eds.). (2024). <em>La Part de l’Œil</em>, 38 : <em>Esthétiques du vivant / René Thom et la morphogenèse, en dialogue</em> (pp. 169–249). Bruxelles : La Part de l’Œil.</li>  	<li class="list" style="margin-left: 40px;">Marcos, I., &amp; Morier, C. (2023). <em>Centenaire de René Thom (1923–2023) : hommage sémiotique et morphodynamique.</em> <em>Estudos Semióticos, 19</em>(1), i–xxviii. <a class="link" href="https://revistas.usp.br/esse/article/view/210388">https://revistas.usp.br/esse/article/view/210388</a>  <br />  	&nbsp;</li>  </ul>    <div style="margin-left: 40px;"><strong>Rendez-vous</strong> <br />  Je recommande enfin de suivre le séminaire international en ligne que j’organise <strong>début 2026</strong> (en construction) pour penser collectivement les <strong>villes du futur</strong> à l’épreuve des limites et des communs : <a class="link" href="https://significant.design/futurecities">https://significant.design/futurecities</a>  <br />  <strong>En somme :</strong> si la crise est aussi une crise des représentations, alors la prospective a besoin d’outils capables de relier <strong>formes</strong>, <strong>flux</strong> et <strong>valeurs</strong> — et d’aider la décision publique à passer de la <strong>promesse</strong> à la <strong>preuve</strong>, sans perdre de vue le vivant. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/93397133-65290439.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.veillemag.com/Produire-oui-—-mais-pas-n-importe-comment-une-semiotique-du-vivant-en-trois-niveaux-Isabel-Marcos_a6786.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>9 Septembre. " Epreuves de forces" Newsletter</title>
   <pubDate>Tue, 09 Sep 2025 16:21:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Newsletter]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La journée du 8 septembre a marqué indiscutablement un point de bascule pour nos institutions. Il nous faudra encore affiner nos analyses, décisions, actions. Nous l’avions déjà abordé la semaine dernière, la sémiotique nous aide à éclairer la décision en temps de crise, à savoir lire et construire les signes, et le moins que l'on puisse dire est qu'aujourd'hui questions crises nous sommes gâtés. Cette journée a ouvert une crise politique majeure, avec un exécutif affaibli, un Parlement fragmenté et une rentrée sociale qui s’annonce explosive.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/90980706-64050031.jpg?v=1745762932" alt="9 Septembre. " Epreuves de forces" Newsletter" title="9 Septembre. " Epreuves de forces" Newsletter" />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px; text-align: center;"><strong><a class="link" href="https://www.veillemag.com/9-Septembre-Epreuves-de-forces-Newsletter_a6322.html" target="_blank">Téléchargez la newsletter</a>  </strong></div>    <div style="margin-left: 40px;"> <br />  <strong>Nous avançons dans un monde saturé de données, où chaque instant peut faire basculer un équilibre fragile, alors la représentation visuelle devient un levier stratégique.</strong> <br />  Accompagné par @Jan-Cédric Hansen<strong>,&nbsp;</strong>il nous apprend à mesurer combien la maîtrise des signes participe à la régulation du rapport au danger, au risque et à la vulnérabilité. La sémiotique n’est pas un exercice théorique détaché du réel : elle est un outil d’action, un instrument de lucidité face aux tensions de notre époque. Mais encore faut-il que décideurs et responsables gardent à l’esprit qu’aucune image n’est neutre.&nbsp; <br />   <br />  <strong>Du côté de la géopolitique, sous les apparences d’un partenariat équilibré, une réalité se dessine : la Russie avance désormais dans l’ombre d’une Chine en pleine ascension.</strong> Depuis 2022, le soutien de Pékin s’est révélé vital pour Moscou. Les marchés chinois se sont ouverts, les produits manufacturés ont afflué, et les exportations russes – en particulier énergétiques – ont trouvé un débouché croissant à l’Est. Mais derrière la rhétorique d’un « partenariat d’égal à égal » se profile une asymétrie qui s’accentue à mesure que la dépendance russe s’installe. Comme nous l’explique @Giuseppe Gagliano, dans ce jeu de puissance, la Chine consolide sa position de moteur économique et diplomatique, tandis que la Russie, contrainte par l’isolement, glisse vers un rôle de partenaire junior. Une dynamique qui, à terme, pourrait redessiner l’équilibre stratégique eurasiatique bien au-delà des intentions affichées. <br />  &nbsp; <br />  Avec @Christophe Pouilly, explorons une hypothèse majeure&nbsp;: <strong>si le travail tel que nous le connaissons n’était déjà plus qu’un souvenir en sursis ?</strong> L’intelligence artificielle s’impose, le climat presse, les aspirations individuelles s’émancipent. Ce n’est plus une simple transformation, c’est une bascule. À l’horizon 2050, nous ne serons pas les témoins d’un changement, mais les artisans d’un monde professionnel radicalement réinventé. <br />   <br />  Avec @Jean-Marie Carrara nous développerons une vision critique des "circuits courts". Enfin, @Nicolas Moinet nous ouvre les portes de "L'école des nouveaux espions". Bonne rentrée et surtout bon courage ! <br />  &nbsp;</div>  
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     <div><b>SOMMAIRE</b></div>
     <div>
      1 -&nbsp;Eclairer la décision en contexte de crise : la sémiologie graphique et cindyniques par Jan-Cédric Hansen&nbsp; <br />  <a class="link" href="https://lnkd.in/eGkSD42c">https://lnkd.in/eGkSD42c</a>  <br />   <br />  2 -&nbsp;&nbsp;L’École des nouveaux espions – Les sentiers de la guerre économique, Nicolas Moinet - V.A. Editions&nbsp;  <div class="PPWPWeqabcdHXFMBATPiyXWpvhViRMSSPQXYI" data-artdeco-is-focused="true" style="" tabindex="-1">  <div class="feed-shared-inline-show-more-text          feed-shared-update-v2__description feed-shared-inline-show-more-text--minimal-padding                    feed-shared-inline-show-more-text--3-lines          feed-shared-inline-show-more-text--expanded                              " style="max-height: none; display: block;" tabindex="-1">  <div class="update-components-text relative update-components-update-v2__commentary " dir="ltr"><span class="break-words            tvm-parent-container"><span dir="ltr"><a class="link" href="https://lnkd.in/ezgSMBf8">https://lnkd.in/ezgSMBf8</a>  </span> </span></div>  </div>  </div>    <div class="update-v2-social-activity                    " id="ember38">  <div class="feed-shared-social-action-bar                    feed-shared-social-action-bar--full-width          feed-shared-social-action-bar--has-identity-toggle                    ">  <div class="feed-shared-social-action-bar__action-button">&nbsp;</div>  </div>  </div>  3 -&nbsp;&nbsp;2050 : Le Travail Réinventé – Naviguer entre IA, Climat et Nouvelles Sociétés. Christophe Pouilly&nbsp; <br />  <span class="break-words            tvm-parent-container"><span dir="ltr"><a class="link" href="https://lnkd.in/ejiXeG5G">https://lnkd.in/ejiXeG5G</a>  </span></span> <br />   <br />  4 -&nbsp;&nbsp;La Russie, partenaire junior d'une Chine en pleine ascension&nbsp; par Jean-Marie Carrara <br />  <span class="break-words            tvm-parent-container"><span dir="ltr"><a class="link" href="https://lnkd.in/ezvzv3SB">https://lnkd.in/ezvzv3SB</a>  </span></span> <br />   <br />  5 -&nbsp;Circuits courts : une confiance biaisée . Par Jean-Marie Carrara <br />  <span class="break-words            tvm-parent-container"><span dir="ltr"><a class="link" href="https://lnkd.in/e8vm_A4f">https://lnkd.in/e8vm_A4f</a>  </span></span> <br />   <br />  6 -&nbsp;&nbsp; &nbsp; 23 sept. Innovation et sécurité – Décrypter l’impact des nouvelles technologies sur la sécurité électronique. IESAS&nbsp; <br />  <span class="break-words            tvm-parent-container"><span dir="ltr"><a class="link" href="https://lnkd.in/e8zUZjUe">https://lnkd.in/e8zUZjUe</a>  </span></span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      @Philippe Clerc @Mounir Rochdi @Audrey Knauf @ Jean-Marie Carrara @Jan-Cédric Hansen @Natalie Maroun @Christophe Stalla-Bourdillon @Nicole Tortello-Duban @Arnaud de Morgny @Ophélie GARNIER @Anne Ridel @Ludovic Jeanne @Patrice Soch @Christophe Pouilly @Gustave Gauquelin @Anna Elviro&nbsp; @Philippe Masseron @Patrick Cansell @Christian Marcon @CELL'IE @Julien Duprat @Anne-Solène SPIDO @Jean-Michel Icard @David Commarmond @Aurélien Nauroy @Thomas Delage @Mathieu Andro @ Isabelle DREUILHE-LEITERER @Christophe Deschamps @Nicolas Moinet @viguier Ophélie <span style="font-size: 11.0pt">@Romaric Mostosi @</span>Eva Morel&nbsp;<span style="font-size: 11.0pt">@</span>Guillaume Cabanac @Abdessamad Attigui @Edouard Valensi  <h1 class="eFGpnXgOFylCyykhgWZRmjcbJNaxvTgoP                    inline t-24 v-align-middle break-words">&nbsp;</h1>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      #environnement #SouverainetéStratégique #IntelligenceÉconomique&nbsp; #biodiversité #attractivité #Conformité #International #alerte #prospective&nbsp; #géopolitiique #sens #attention #Russie #Chine #sémiotique #travail @culturedel'information
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>https://www.veillemag.com/9-Septembre-Epreuves-de-forces-Newsletter_a6322.html</link>
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   <title>Eclairer la décision en contexte de crise : la sémiologie graphique et cindyniques par Jan-Cédric Hansen</title>
   <pubDate>Tue, 02 Sep 2025 14:14:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Gestion et Communication de crise]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Eclairer la décision en contexte de crise : la sémiologie graphique et cindyniques par Jan-Cédric Hansen     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/90855860-63992305.jpg?v=1756817193" alt="Eclairer la décision en contexte de crise : la sémiologie graphique et cindyniques par Jan-Cédric Hansen" title="Eclairer la décision en contexte de crise : la sémiologie graphique et cindyniques par Jan-Cédric Hansen" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Dans cette lignée, <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Bertin_(cartographe)" target="_blank">Jacques Bertin</a> a marqué un tournant avec sa&nbsp;<a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9miologie_graphique" target="_blank"><em>Sémiologie graphique</em>,</a>  véritable grammaire visuelle, fondée sur les variables de taille, de couleur, de texture, de position ou d’orientation, visant à montrer que l’image pouvait devenir un langage rigoureux, non pas décoratif mais opératoire, capable d’organiser les données et de les rendre partageables. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Réduire les interprétations erronées</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Ce geste, en apparence technique, a une portée philosophique : il s’agit de réduire l’arbitraire des interprétations pour permettre à une communauté d’accéder à une forme commune de vérité. <br />   <br />  Jacques Bertin soulignait un point crucial : le choix d’une représentation n’est jamais neutre. <br />   <br />  La détermination d’une limite, le recours à une échelle chromatique, la simplification d’un diagramme peuvent fabriquer des « frontières » qui n’existent pas. <br />   <br />  La carte colore une zone, et soudain une opposition paraît évidente, alors qu’elle est le produit d’une convention visuelle. <br />   <br />  Les décideurs risquent alors de prendre des options qui paraissent sensées, mais sont en réalité dénuées de fondement. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Tous les domaines sont concernés</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Cette vigilance vaut dans de nombreux contextes actuels. <br />   <br />  Une carte sanitaire peut exagérer une disparité territoriale et conduire à une allocation inadaptée des ressources. <br />   <br />  Un tableau de bord en entreprise, simplifié à l’excès, peut donner l’illusion d’une performance homogène tout en masquant des vulnérabilités critiques. <br />   <br />  Jacques Bertin alertait d’ailleurs contre les représentations trop « évidentes », celles qui offrent un sentiment de clarté immédiate mais induisent des biais de perception. <br />   <br />  Pour les responsables et décideurs, cette conscience est essentielle : minimiser les biais cognitifs induits par les représentations visuelles est une condition de la pertinence de la décision. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La nécessité d’ancrer la perception </b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Mais la portée de cette sémiologie est plus large encore. <br />   <br />  Comme l’ont montré Saussure ou Barthes, les signes structurent la circulation des représentations collectives. <br />   <br />  Nos sociétés sont saturées de graphiques, de cartes épidémiques, de courbes économiques ou climatiques : ils organisent un espace commun de perception. <br />   <br />  La sémiologie graphique fournit ici une infrastructure invisible de la décision collective. <br />   <br />  Elle n’est pas seulement un instrument descriptif, elle fédère des perceptions et aligne des imaginaires. Sans cet ancrage, la discussion publique perd sa cohérence. <br />   <br />  À l’échelle individuelle, la psychologie cognitive éclaire pourquoi cette grammaire est efficace. <br />   <br />  Les variables graphiques de Bertin exploitent nos capacités rapides de discrimination visuelle et d’orientation attentionnelle, telles que décrites par <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Kahneman" target="_blank">Kahneman</a>. <br />   <br />  Un contraste de couleur ou de taille se repère instantanément et oriente la décision. <br />   <br />  Dans un contexte de crise, cette économie cognitive est précieuse : une carte claire de la propagation d’un virus ou un schéma bien conçu d’un réseau logistique défaillant peut permettre une réaction adaptée, là où une information textuelle saturée aurait paralysé l’action. <br />   <br />  L’enjeu n’est pas de céder à l’urgence à agir, mais de préserver la lisibilité pour piloter la situation avec discernement. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les cindyniques : une illustration parfaite de la force des graphiques de Bertin </b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Les cindyniques offrent enfin un cadre pour comprendre la portée de ces représentations dans le pilotage des dangers et des crises. <br />   <br />  Elles distinguent le&nbsp;<strong>danger</strong>&nbsp;(propriétés intrinsèques d’un élément constituant une menace), le&nbsp;<strong>risque </strong>(confrontation, volontaire ou non, à ce danger, avec possibilité de bénéfice ou de dommage), et la&nbsp;<strong>vulnérabilité </strong>(propension d’un organisme à subir un endommagement en raison de ses fragilités). <br />   <br />  Dans ce modèle, les représentations graphiques de Bertin deviennent des instruments pour rendre visibles les dangers, anticiper la matérialisation des risques et identifier les zones de vulnérabilité. <br />   <br />  La valeur de la sémiologie graphique apparaît ici comme une technologie de visibilité des déformations qui affectent le cadre d’une organisation ou d’une société. <br />   <br />  Dans un hypercube cindynique, elle aide à détecter les tensions internes, à prendre la mesure des pressions exercées et à représenter l’état de cohésion ou de fragilité. Elle ne se limite pas à illustrer des données, elle devient un outil d’alerte : un langage qui rend sensibles les tensions avant qu’elles ne se transforment en ruptures catastrophiques. <br />   <br />  Les exemples récents abondent. <br />  Pendant la pandémie, certaines cartes épidémiologiques ont tracé des frontières régionales qui ne correspondaient pas à la dynamique réelle de circulation du virus, induisant des décisions de confinement incohérentes. <br />  Dans le monde de l’entreprise, des représentations financières ou RH trop simplifiées ont masqué des fragilités structurelles, conduisant à des plans d’action trompeurs. <br />  À l’inverse, des visualisations conçues avec rigueur, tenant compte des limites et des biais, ont permis d’anticiper des ruptures de chaîne logistique ou de repérer à temps une fragilité organisationnelle. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une leçon claire </b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Penser les signes, aujourd’hui, c’est penser la capacité des sociétés et des organisations à réguler leur rapport au danger, au risque et à leur propre vulnérabilité. <br />   <br />  <strong>La sémiotique n’est pas une spéculation abstraite, mais une grammaire de la régulation</strong>. <br />   <br />  La séméiologie graphique de Jacques Bertin, relue dans la perspective des cindyniques, devient un instrument pour comprendre, anticiper et dépasser les tensions de notre contemporanéité. <br />   <br />  Encore faut-il que décideurs et responsables se souviennent qu’aucune représentation n’est anodine, et que chaque choix graphique engage leur responsabilité</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de l'auteur</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/jancedrichansen/?originalSubdomain=fr" target="_blank"><strong>Dr Jan-Cédric Hansen</strong></a>  <br />  Praticien hospitalier, expert en pilotage stratégique de crise, vice-président de GloHSA et de WADEM Europe, Administrateur de StratAdviser Ltd -&nbsp;http://www.stratadviser.com/</blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/90855860-63992305.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.veillemag.com/Eclairer-la-decision-en-contexte-de-crise-la-semiologie-graphique-et-cindyniques-par-Jan-Cedric-Hansen_a6298.html</link>
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   <title>" Que peut apporter la sémiotique à la prospective ? " Entretien avec Isabel Marcos</title>
   <pubDate>Thu, 21 Aug 2025 10:06:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Prospective]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Comment décrypter les signes du présent pour mieux anticiper demain ? Veillemag a rencontré Isabel Marcos, spécialiste de la sémiotique, qui explore les façons dont cette discipline peut offrir des clés inédites à la prospective. Entre analyse des codes, lecture des imaginaires collectifs et élaboration d’une véritable « grammaire du futur », elle dévoile comment les signes d’aujourd’hui dessinent déjà les horizons de demain.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/90614290-63868030.jpg?v=1755765907" alt="" Que peut apporter la sémiotique à la prospective ? " Entretien avec Isabel Marcos" title="" Que peut apporter la sémiotique à la prospective ? " Entretien avec Isabel Marcos" />
     </div>
     <div>
      Référence de l'article : <a class="link" href="https://www.linkedin.com/pulse/que-peut-apporter-la-s%C3%A9miotique-%C3%A0-prospective-pistes-isabel-zljwe/" target="_blank">Que peut apporter la sémiotique à la prospective ? (pistes pour une grammaire du futur)</a> 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Votre article explore le rôle fondamental de la sémiotique dans la prospective. Comment cette discipline, habituellement associée à l'étude des signes et des langages, peut-elle servir d'outil d'anticipation pour décrypter les tendances émergentes et les mutations sociétales ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La sémiotique est souvent perçue comme une discipline spécialisée, cantonnée à l'analyse des textes, des images ou des discours. Pourtant, son objet — les processus de signification — touche directement à la manière dont les sociétés pensent, ressentent et organisent leur avenir. <br />  Chaque mutation sociale, culturelle ou technologique se traduit d'abord par une transformation du sens : de nouveaux mots apparaissent, des récits se répandent, des images deviennent virales. Ces phénomènes, que l'on pourrait considérer comme marginaux, sont en réalité les premiers signaux de bifurcations profondes.&nbsp; <br />  La sémiotique permet précisément d'identifier ces « signaux faibles » inscrits dans les structures. Elle rend visibles les structures d'imaginaire qui orientent les comportements collectifs. <br />   <br />  Prenons deux exemples récents — je me rappelle déjà, dans les années 1990, lorsque j'ai commencé mon doctorat à Aarhus, au Danemark :&nbsp;</div>    <ul>  	<li style="margin-left: 40px;">On percevait déjà l'émergence de discours écologiques autour du zéro déchet : au départ marginal, ce mouvement a fini par modifier les politiques publiques, les modes de consommation et même les stratégies des grandes entreprises. Le Danemark est devenu pionnier dans ce domaine.&nbsp;&nbsp; <br />  	&nbsp;</li>  	<li style="margin-left: 40px;">&nbsp;La diffusion des récits autour de la machine intelligente se faisait déjà sentir dans mon centre de recherche en linguistique : bien avant que ChatGPT ou MidJourney ne soient massivement utilisés, la sémiotique anticipait cette tendance, en repérant dans les discours spécialisés les signes d'une révolution cognitive et culturelle. Mon centre est d'ailleurs devenu par la suite un centre en sémiotique et cognition.&nbsp;</li>  </ul>    <div style="margin-left: 40px;"> <br />  Dans les deux cas, la sémiotique offre une lecture qualitative complémentaire aux données chiffrées : elle ne se contente pas de mesurer des tendances, elle dégage des structures de sens. C'est ce qui en fait un outil d'anticipation stratégique.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Vous parlez de la sémiotique comme métalangage. Pouvez-vous préciser ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Oui, j'entends par là que la sémiotique ne produit pas seulement un savoir, elle produit un langage pour décrire et modéliser d'autres langages. Dans mon parcours, j'ai travaillé sur des domaines où l'on ne parle pas spontanément de signes : architecture, urbanisme, design. <br />  Pourtant, ces disciplines communiquent en permanence : elles expriment des valeurs, organisent des récits collectifs, structurent des identités.&nbsp; La sémiotique agit comme une méta-structure : elle permet de voir comment un objet, un espace ou une politique prend sens. C'est ce qui la rend indispensable à la prospective. <br />   <br />  Si l'on veut anticiper, il ne suffit pas d'accumuler des données. Il faut comprendre comment ces données deviennent signifiantes pour une société, comment elles s'intègrent dans un imaginaire collectif.&nbsp; <br />  Prenons un cas concret : la conception des « smart cities ». Derrière l'accumulation technologique, il existe un récit dominant, celui de la ville rationalisée, pilotée par des données. <br />  Mais la sémiotique nous aide à voir qu'il existe aussi d'autres récits concurrents : la ville écologique, la ville régénérative, la ville solidaire. Chacun de ces récits mobilise des signes (mots, images, objets urbains) qui orientent déjà des choix politiques et économiques.&nbsp; &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/90614290-63870514.jpg?v=1755854957" alt="" Que peut apporter la sémiotique à la prospective ? " Entretien avec Isabel Marcos" title="" Que peut apporter la sémiotique à la prospective ? " Entretien avec Isabel Marcos" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Pourriez-vous donner une définition de la sémiotique dans ce cadre ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Je la définirais ainsi : la sémiotique est une discipline des sciences humaines qui analyse, décrit et modélise les processus de signification, quels que soient leurs supports. <br />   <br />  Elle s'intéresse à la manière dont les sociétés produisent, transforment et partagent du sens.&nbsp; <br />  Trois caractéristiques me semblent importantes :&nbsp; <br />  1.&nbsp; &nbsp; &nbsp;Elle ne se limite pas à décrire : elle propose des scénarios interprétatifs.&nbsp; <br />  2.&nbsp; &nbsp; &nbsp;Elle n'analyse pas seulement les signes isolés, mais les configurations globales (discours, récits, systèmes symboliques).&nbsp; <br />  3.&nbsp; &nbsp; &nbsp;Elle est opérationnelle : elle peut accompagner des stratégies de communication, de design, de politique publique.&nbsp; <br />   <br />  Dans ma propre expérience, j'ai appliqué la sémiotique à des domaines très variés : de l'aviation commerciale (Air France) à la presse (Libération), en passant par l'urbanisme et le design. Dans tous ces cas, il s'agissait de détecter comment les signes circulaient, se transformaient, et pouvaient être orientés vers des futurs possibles.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vous insistez sur la sémiotique dynamique et la morphogenèse. Que faut-il entendre par là ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La sémiotique classique, héritée de Saussure et de Greimas, s'est beaucoup intéressée à la stabilité : elle analyse des structures, des codes, des récits établis. Mais pour penser l'avenir, il faut analyser le mouvement, la transformation, l'émergence.&nbsp; C'est ce que j'appelle la sémiotique morphogénétique, issue de la pensée de René Thom. Sa théorie des catastrophes montre que les systèmes évoluent par crises, par bifurcations, et non par continuité linéaire. Il a identifié sept « catastrophes élémentaires » (pli, fronce, queue d'aronde, papillon, etc.) qui modélisent ces basculements.&nbsp; <br />  Appliquée à la sémiotique, cette approche permet de comprendre :&nbsp;</div>    <ul>  	<li style="margin-left: 40px;">comment un imaginaire se transforme,&nbsp; ·&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;</li>  	<li style="margin-left: 40px;">comment une société bascule d'un équilibre à un autre,&nbsp; &nbsp; &nbsp;</li>  	<li style="margin-left: 40px;">comment une crise peut devenir génératrice de nouvelles formes.&nbsp; Par exemple, la pandémie de COVID-19 n'a pas seulement été un événement sanitaire. Elle a transformé en profondeur nos récits sur le travail, la mobilité, la solidarité. La sémiotique morphogénétique permet de modéliser ces basculements sémiotiques.</li>  </ul>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'innovation est au cœur de vos exemples. Comment la sémiotique la traite-t-elle ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L'innovation n'est jamais une simple avancée technique. Elle est toujours sémiotique, parce qu'elle déplace des valeurs, modifie nos représentations et transforme nos manières d'habiter le monde. Une innovation technologique réussie n'est pas seulement un perfectionnement matériel : c'est une innovation qui « fait sens », qui résonne avec un imaginaire collectif, qui répond à une attente sociale ou qui crée une nouvelle sensibilité partagée. <br />   <br />  Prenons deux exemples : <br />  &nbsp;  <ul>  	<li class="list"><strong>L'iPhone, en 2007.</strong><span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span>Ce lancement n'a pas seulement introduit un nouveau téléphone portable. Il a réinventé notre rapport à l'écran, au geste tactile et à la mobilité. L'objet est devenu l'interface centrale d'une nouvelle expérience culturelle : regarder, communiquer, consommer, se géolocaliser. Ce fut d'abord une révolution sémiotique – un bouleversement du sens et des usages – avant même d'être une prouesse technologique. <br />  	&nbsp;</li>  	<li class="list"><strong>Les énergies renouvelables.</strong><span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span>Leur succès ne s'explique pas seulement par leur efficacité énergétique. Elles portent un imaginaire de régénération, de responsabilité et de futur durable. Investir dans le solaire ou l'éolien, ce n'est pas seulement produire de l'électricité, c'est adhérer à une vision du monde où l'énergie est associée à la vie, au cycle naturel, à une promesse de continuité pour les générations futures. <br />  	&nbsp;</li>  </ul>  La sémiotique prospective permet donc de comprendre pourquoi certaines innovations s'imposent tandis que d'autres disparaissent. Elle montre que ce qui fait la différence, ce n'est pas uniquement l'objet ou la technologie, mais le récit qui les accompagne, les valeurs qu'ils mobilisent et l'imaginaire collectif dans lequel ils s'inscrivent.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Concrètement, quelle méthodologie la sémiotique propose-t-elle pour la prospective ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;La méthodologie s'organise en quatre étapes principales :&nbsp; <br />  1.&nbsp; &nbsp; &nbsp;Repérer les différences pertinentes : identifier ce qui fait saillance, ce qui attire l'attention et modifie le sens.&nbsp; <br />  2.&nbsp; &nbsp; &nbsp;Hiérarchiser les niveaux de signification : distinguer les dimensions affectives, narratives, symboliques.&nbsp; <br />  3.&nbsp; &nbsp; &nbsp;Construire des scénarios sémiotiques : imaginer les trajectoires possibles à partir des tensions identifiées.&nbsp; <br />  4.&nbsp; &nbsp; &nbsp;Détecter les bifurcations : repérer les seuils critiques où un système peut basculer vers un autre état.&nbsp; <br />   <br />  Cette approche peut s'appliquer à des secteurs très différents : l'économie, la culture, la politique, mais aussi l'écologie. Dans mes recherches, j'ai par exemple utilisé cette méthode pour analyser les projets urbains « régénératifs », qui cherchent à intégrer biodiversité, participation citoyenne et économie circulaire.&nbsp; &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vous proposez un concept de « grammaire morphogénétique des futurs ». En quoi diffère-t-elle des grammaires traditionnelles ? </b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Les grammaires traditionnelles codifient : elles fixent les règles de combinaison, elles stabilisent. <br />  La grammaire morphogénétique, au contraire, formalise le changement. Elle ne décrit pas ce qui est, mais ce qui peut advenir.&nbsp; Elle s'appuie sur trois principes :&nbsp; ·&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;</div>    <ul>  	<li style="margin-left: 40px;">Les catastrophes élémentaires de Thom, qui modélisent les bifurcations.&nbsp; ·&nbsp; &nbsp; &nbsp;</li>  	<li style="margin-left: 40px;">L'éco-sémiotique de Per Aage Brandt, qui insiste sur l'intégration des dimensions biologiques, sociales et symboliques.</li>  	<li style="margin-left: 40px;">La notion de tension : ce sont les tensions (économiques, écologiques, culturelles) qui préparent les transformations.&nbsp; <br />  	 <br />  	<strong>Appliquée à l'intelligence économique, cette grammaire permet de lire les crises non seulement comme des menaces, mais comme des occasions d'émergence. Elle aide à transformer l'incertitude en stratégie.</strong></li>  </ul>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vous mobilisez la pensée de René Thom. En quoi sa théorie des catastrophes enrichit-elle la prospective ? </b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">René Thom a montré que les systèmes évoluent par discontinuités. <br />  Cela va à l'encontre d'une vision linéaire du progrès. Pour la prospective, c'est une leçon précieuse : l'avenir n'est pas une extension mécanique du présent, mais une série de bifurcations.&nbsp; <br />   <br />  Prenons l'exemple des transitions énergétiques. On pourrait croire qu'elles se feront progressivement. En réalité, elles sont jalonnées de seuils critiques : raréfaction du pétrole, accélération du dérèglement climatique, innovations disruptives dans le stockage. La théorie des catastrophes permet d'anticiper ces points de basculement et d'en comprendre leur structures morphologiques.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Dans un monde en mutation, comment la sémiotique peut-elle éclairer les choix des décideurs et enrichir l'intelligence décisionnelle ? </b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;Elle le fait de trois manières principales :&nbsp; <br />  1.&nbsp; &nbsp; &nbsp;En éclairant les choix : elle révèle les logiques symboliques qui sous-tendent une décision.&nbsp; <br />  2.&nbsp; &nbsp; &nbsp;En devenant un levier stratégique : elle transforme les « signaux faibles » en scénarios lisibles.&nbsp; <br />  3.&nbsp; &nbsp; &nbsp;En enrichissant la veille stratégique : elle introduit une dimension qualitative, sensible, qui échappe aux seules données quantitatives. <br />   <br />  Je dirais que la sémiotique aide les décideurs à « voir autrement » : à percevoir dans les discours, les récits, les symboles, les germes de futurs possibles.&nbsp; &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une remarque plus personnelle, un conseil de lecture, un rendez-vous à recommander ?</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/90614290-63871585.jpg?v=1755957773" alt="" Que peut apporter la sémiotique à la prospective ? " Entretien avec Isabel Marcos" title="" Que peut apporter la sémiotique à la prospective ? " Entretien avec Isabel Marcos" />
     </div>
     <div>
      <p style="margin-left: 40px;">Je formulerais deux remarques. <br />    <p style="margin-left: 40px;">La première est qu'il me semble urgent de replacer le<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>sens</strong><span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span>au cœur de la décision. Nous vivons un moment où les indicateurs purement quantitatifs peinent à rendre compte de la complexité des crises sociales, culturelles et écologiques. Or, la sémiotique – et plus particulièrement la<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>sémiotique dynamique inspirée par René Thom</strong><span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span>– constitue une véritable boîte à outils pour affronter ces défis. Elle permet de penser les bifurcations, d'anticiper les ruptures, mais aussi de relier les transformations techniques aux imaginaires symboliques et aux conditions écologiques qui les sous-tendent. <br />    <p style="margin-left: 40px;">Il faut rappeler que de nombreuses entreprises recourent déjà à la sémiotique, parfois de manière discrète, pour se différencier sur le marché. J'ai moi-même travaillé dans ce cadre, mais j'ai choisi depuis plusieurs années de limiter cet usage aux<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>décisions écologiques, urbanistiques et sociales</strong>. <br />    <p style="margin-left: 40px;">Un exemple est ma participation, entre 2016 et 2020, à un projet<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>COST sur les théories du complot</strong>. Avec plusieurs collègues sémioticiens, nous avons analysé les mécanismes narratifs et symboliques de ces récits, afin de mieux en identifier les logiques et d'en limiter les effets (<a class="link" href="https://conspiracytheories.eu/" target="_blank">conspiracytheories.eu</a>). <br />    <p style="margin-left: 40px;">Un autre exemple, plus marquant encore, est le projet que j'ai dirigé dès 2016 avec<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Clément Morier</strong>, sous la forme d'un séminaire de recherche autour de la pensée de René Thom, avec la collaboration des disciples directs de thom. Ce travail a abouti à la publication de trois ouvrages collectifs : <br />    <ul>  	<li class="list">Marcos, I., &amp; Morier, C. (Eds.). (2024).<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span><em>The relevance of René Thom: The morphological dimension in today's sciences</em>. Springer.<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span><a class="link" href="https://doi.org/10.1007/978-3-031-54982-3" target="_blank">https://doi.org/10.1007/978-3-031-54982-3</a>  <br />  	Nous y proposons une synthèse des recherches menées entre 2016 et 2024, notamment dans l'introduction (<em>What if Science Thought? The Relevance of René Thom or Introducing Topology into Today's Sciences</em>). J'y ai également présenté un travail développé avec le psychanalyste<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span>Carlos Farate, où nous avons appliqué la sémiotique thomienne à la création d'une<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span>psychanalyse territoriale appliquée&nbsp;à la salpêtrière. Ce texte s'appuie sur une recherche de longue haleine (1996–2015), menée en collaboration avec l'urbaniste en chef du projet<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span>Paris Rive Gauche, visant à analyser les conflits inscrits dans les formes urbaines et à explorer des voies de résolution par une lecture morphodynamique. <br />  	&nbsp;</li>  	<li class="list">Marcos, I., &amp; Morier, C. (Eds.). (2024).<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span><em>La Part de l'Œil</em>, 38:<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span><em>Esthétiques du vivant / René Thom et la morphogenèse, en dialogue</em><span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span>(pp. 169–249). Bruxelles: La Part de l'Œil.<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span>ISBN: 978-2-9301746-0-0 <br />  	Cet ouvrage rassemble une réflexion plus philosophique et artistique sur la morphogenèse, mettant en dialogue sciences, arts, la philosophie et sémiotique dynamique. <br />  	&nbsp;</li>  	<li class="list">Marcos, I., &amp; Morier, C. (2023).<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span><em>Centenaire de René Thom (1923-2023) : hommage sémiotique et morphodynamique</em>.<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span><em>Estudos Semióticos</em>, 19(1), i–xxviii.<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span>São Paulo. <br />  	<a class="link" href="https://revistas.usp.br/esse/article/view/210388" target="_blank">https://revistas.usp.br/esse/article/view/210388</a>  <br />  	&nbsp;</li>  </ul>    <div class="list">&nbsp; <strong>Rendez-vous</strong><span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span>: je recommande vivement de suivre les travaux de la communauté<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span><a class="link" href="https://biosemiotics.org/" target="_blank">biosemiotics.org</a>, dont le prochain congrès se tiendra en août 2025 à Rotterdam. Ce sera un lieu privilégié pour découvrir comment la sémiotique se déploie aujourd'hui dans les domaines de la biosémiotique et de l'écologie. <br />   <br />  <strong>En somme</strong>, oui : la sémiotique peut devenir un levier stratégique pour accompagner les grandes transformations de notre époque, à condition de l'aborder comme une science du sens en mouvement, et non comme un simple décryptage des discours.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/90614290-63878940.jpg?v=1755849542" alt="" Que peut apporter la sémiotique à la prospective ? " Entretien avec Isabel Marcos" title="" Que peut apporter la sémiotique à la prospective ? " Entretien avec Isabel Marcos" />
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/90614290-63879102.jpg?v=1755850347" alt="" Que peut apporter la sémiotique à la prospective ? " Entretien avec Isabel Marcos" title="" Que peut apporter la sémiotique à la prospective ? " Entretien avec Isabel Marcos" />
     </div>
     <div>
      <blockquote><strong>Scientifique de formation et adepte de l’interdisciplinarité, <a class="link" href="https://cfcul.ciencias.ulisboa.pt/equipa/isabel-marcos/" target="_blank">Isabel Marcos </a>  s’appuie sur les travaux de <a class="link" href="http://www.fb10.uni-bremen.de/homepages/wildgen/pdf/Le_parcours_sermiotique_de_Rene_Thom_Paris_2019.pdf" target="_blank">René Thom </a>  et <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Per_Aage_Brandt" target="_blank">Per Aage Brandt</a>  pour dépasser la séparation entre sciences exactes et sciences humaines. Elle défend une vision où chaque individu vit simultanément dans trois mondes : naturel, socioculturel et intime. <br />  Elle fait partie du&nbsp;</strong>Comité Exécutif de l'Association Internationale de Sémiotique (IASS) : https://iass-ais.org/officers/executive-committee/.&nbsp; <br />   <br />  <strong><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/isabel-marcos-/?locale=fr_FR">Isabel Marcos</a>, architecte et sémioticienne, docteure en sémiotique et en sciences de la communication, est une figure internationale de la sémiotique visuelle, auteure de nombreux ouvrages.</strong></blockquote>  
     </div>
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   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/90614290-63868030.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.veillemag.com/Que-peut-apporter-la-semiotique-a-la-prospective-Entretien-avec-Isabel-Marcos_a6264.html</link>
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  <item>
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   <title>" Que peut apporter la sémiotique à la prospective ? " Entretien avec Isabel Marcos</title>
   <pubDate>Thu, 21 Aug 2025 10:06:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Prospective]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Comment décrypter les signes du présent pour mieux anticiper demain ? Veillemag a rencontré Isabel Marcos, spécialiste de la sémiotique, qui explore les façons dont cette discipline peut offrir des clés inédites à la prospective. Entre analyse des codes, lecture des imaginaires collectifs et élaboration d’une véritable « grammaire du futur », elle dévoile comment les signes d’aujourd’hui dessinent déjà les horizons de demain.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/90691173-63906427.jpg?v=1755765907" alt="" Que peut apporter la sémiotique à la prospective ? " Entretien avec Isabel Marcos" title="" Que peut apporter la sémiotique à la prospective ? " Entretien avec Isabel Marcos" />
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      Référence de l'article : <a class="link" href="https://www.linkedin.com/pulse/que-peut-apporter-la-s%C3%A9miotique-%C3%A0-prospective-pistes-isabel-zljwe/" target="_blank">Que peut apporter la sémiotique à la prospective ? (pistes pour une grammaire du futur)</a> 
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     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Votre article explore le rôle fondamental de la sémiotique dans la prospective. Comment cette discipline, habituellement associée à l'étude des signes et des langages, peut-elle servir d'outil d'anticipation pour décrypter les tendances émergentes et les mutations sociétales ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La sémiotique est souvent perçue comme une discipline spécialisée, cantonnée à l'analyse des textes, des images ou des discours. Pourtant, son objet — les processus de signification — touche directement à la manière dont les sociétés pensent, ressentent et organisent leur avenir. <br />  Chaque mutation sociale, culturelle ou technologique se traduit d'abord par une transformation du sens : de nouveaux mots apparaissent, des récits se répandent, des images deviennent virales. Ces phénomènes, que l'on pourrait considérer comme marginaux, sont en réalité les premiers signaux de bifurcations profondes.&nbsp; <br />  La sémiotique permet précisément d'identifier ces « signaux faibles » inscrits dans les structures. Elle rend visibles les structures d'imaginaire qui orientent les comportements collectifs. <br />   <br />  Prenons deux exemples récents — je me rappelle déjà, dans les années 1990, lorsque j'ai commencé mon doctorat à Aarhus, au Danemark :&nbsp;</div>    <ul>  	<li style="margin-left: 40px;">On percevait déjà l'émergence de discours écologiques autour du zéro déchet : au départ marginal, ce mouvement a fini par modifier les politiques publiques, les modes de consommation et même les stratégies des grandes entreprises. Le Danemark est devenu pionnier dans ce domaine.&nbsp;&nbsp; <br />  	&nbsp;</li>  	<li style="margin-left: 40px;">&nbsp;La diffusion des récits autour de la machine intelligente se faisait déjà sentir dans mon centre de recherche en linguistique : bien avant que ChatGPT ou MidJourney ne soient massivement utilisés, la sémiotique anticipait cette tendance, en repérant dans les discours spécialisés les signes d'une révolution cognitive et culturelle. Mon centre est d'ailleurs devenu par la suite un centre en sémiotique et cognition.&nbsp;</li>  </ul>    <div style="margin-left: 40px;"> <br />  Dans les deux cas, la sémiotique offre une lecture qualitative complémentaire aux données chiffrées : elle ne se contente pas de mesurer des tendances, elle dégage des structures de sens. C'est ce qui en fait un outil d'anticipation stratégique.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Vous parlez de la sémiotique comme métalangage. Pouvez-vous préciser ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Oui, j'entends par là que la sémiotique ne produit pas seulement un savoir, elle produit un langage pour décrire et modéliser d'autres langages. Dans mon parcours, j'ai travaillé sur des domaines où l'on ne parle pas spontanément de signes : architecture, urbanisme, design. <br />  Pourtant, ces disciplines communiquent en permanence : elles expriment des valeurs, organisent des récits collectifs, structurent des identités.&nbsp; La sémiotique agit comme une méta-structure : elle permet de voir comment un objet, un espace ou une politique prend sens. C'est ce qui la rend indispensable à la prospective. <br />   <br />  Si l'on veut anticiper, il ne suffit pas d'accumuler des données. Il faut comprendre comment ces données deviennent signifiantes pour une société, comment elles s'intègrent dans un imaginaire collectif.&nbsp; <br />  Prenons un cas concret : la conception des « smart cities ». Derrière l'accumulation technologique, il existe un récit dominant, celui de la ville rationalisée, pilotée par des données. <br />  Mais la sémiotique nous aide à voir qu'il existe aussi d'autres récits concurrents : la ville écologique, la ville régénérative, la ville solidaire. Chacun de ces récits mobilise des signes (mots, images, objets urbains) qui orientent déjà des choix politiques et économiques.&nbsp; &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/90691173-63906431.jpg?v=1755854957" alt="" Que peut apporter la sémiotique à la prospective ? " Entretien avec Isabel Marcos" title="" Que peut apporter la sémiotique à la prospective ? " Entretien avec Isabel Marcos" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Pourriez-vous donner une définition de la sémiotique dans ce cadre ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Je la définirais ainsi : la sémiotique est une discipline des sciences humaines qui analyse, décrit et modélise les processus de signification, quels que soient leurs supports. <br />   <br />  Elle s'intéresse à la manière dont les sociétés produisent, transforment et partagent du sens.&nbsp; <br />  Trois caractéristiques me semblent importantes :&nbsp; <br />  1.&nbsp; &nbsp; &nbsp;Elle ne se limite pas à décrire : elle propose des scénarios interprétatifs.&nbsp; <br />  2.&nbsp; &nbsp; &nbsp;Elle n'analyse pas seulement les signes isolés, mais les configurations globales (discours, récits, systèmes symboliques).&nbsp; <br />  3.&nbsp; &nbsp; &nbsp;Elle est opérationnelle : elle peut accompagner des stratégies de communication, de design, de politique publique.&nbsp; <br />   <br />  Dans ma propre expérience, j'ai appliqué la sémiotique à des domaines très variés : de l'aviation commerciale (Air France) à la presse (Libération), en passant par l'urbanisme et le design. Dans tous ces cas, il s'agissait de détecter comment les signes circulaient, se transformaient, et pouvaient être orientés vers des futurs possibles.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vous insistez sur la sémiotique dynamique et la morphogenèse. Que faut-il entendre par là ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La sémiotique classique, héritée de Saussure et de Greimas, s'est beaucoup intéressée à la stabilité : elle analyse des structures, des codes, des récits établis. Mais pour penser l'avenir, il faut analyser le mouvement, la transformation, l'émergence.&nbsp; C'est ce que j'appelle la sémiotique morphogénétique, issue de la pensée de René Thom. Sa théorie des catastrophes montre que les systèmes évoluent par crises, par bifurcations, et non par continuité linéaire. Il a identifié sept « catastrophes élémentaires » (pli, fronce, queue d'aronde, papillon, etc.) qui modélisent ces basculements.&nbsp; <br />  Appliquée à la sémiotique, cette approche permet de comprendre :&nbsp;</div>    <ul>  	<li style="margin-left: 40px;">comment un imaginaire se transforme,&nbsp; ·&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;</li>  	<li style="margin-left: 40px;">comment une société bascule d'un équilibre à un autre,&nbsp; &nbsp; &nbsp;</li>  	<li style="margin-left: 40px;">comment une crise peut devenir génératrice de nouvelles formes.&nbsp; Par exemple, la pandémie de COVID-19 n'a pas seulement été un événement sanitaire. Elle a transformé en profondeur nos récits sur le travail, la mobilité, la solidarité. La sémiotique morphogénétique permet de modéliser ces basculements sémiotiques.</li>  </ul>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'innovation est au cœur de vos exemples. Comment la sémiotique la traite-t-elle ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">L'innovation n'est jamais une simple avancée technique. Elle est toujours sémiotique, parce qu'elle déplace des valeurs, modifie nos représentations et transforme nos manières d'habiter le monde. Une innovation technologique réussie n'est pas seulement un perfectionnement matériel : c'est une innovation qui « fait sens », qui résonne avec un imaginaire collectif, qui répond à une attente sociale ou qui crée une nouvelle sensibilité partagée. <br />   <br />  Prenons deux exemples : <br />  &nbsp;  <ul>  	<li class="list"><strong>L'iPhone, en 2007.</strong><span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span>Ce lancement n'a pas seulement introduit un nouveau téléphone portable. Il a réinventé notre rapport à l'écran, au geste tactile et à la mobilité. L'objet est devenu l'interface centrale d'une nouvelle expérience culturelle : regarder, communiquer, consommer, se géolocaliser. Ce fut d'abord une révolution sémiotique – un bouleversement du sens et des usages – avant même d'être une prouesse technologique. <br />  	&nbsp;</li>  	<li class="list"><strong>Les énergies renouvelables.</strong><span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span>Leur succès ne s'explique pas seulement par leur efficacité énergétique. Elles portent un imaginaire de régénération, de responsabilité et de futur durable. Investir dans le solaire ou l'éolien, ce n'est pas seulement produire de l'électricité, c'est adhérer à une vision du monde où l'énergie est associée à la vie, au cycle naturel, à une promesse de continuité pour les générations futures. <br />  	&nbsp;</li>  </ul>  La sémiotique prospective permet donc de comprendre pourquoi certaines innovations s'imposent tandis que d'autres disparaissent. Elle montre que ce qui fait la différence, ce n'est pas uniquement l'objet ou la technologie, mais le récit qui les accompagne, les valeurs qu'ils mobilisent et l'imaginaire collectif dans lequel ils s'inscrivent.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Concrètement, quelle méthodologie la sémiotique propose-t-elle pour la prospective ?</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;La méthodologie s'organise en quatre étapes principales :&nbsp; <br />  1.&nbsp; &nbsp; &nbsp;Repérer les différences pertinentes : identifier ce qui fait saillance, ce qui attire l'attention et modifie le sens.&nbsp; <br />  2.&nbsp; &nbsp; &nbsp;Hiérarchiser les niveaux de signification : distinguer les dimensions affectives, narratives, symboliques.&nbsp; <br />  3.&nbsp; &nbsp; &nbsp;Construire des scénarios sémiotiques : imaginer les trajectoires possibles à partir des tensions identifiées.&nbsp; <br />  4.&nbsp; &nbsp; &nbsp;Détecter les bifurcations : repérer les seuils critiques où un système peut basculer vers un autre état.&nbsp; <br />   <br />  Cette approche peut s'appliquer à des secteurs très différents : l'économie, la culture, la politique, mais aussi l'écologie. Dans mes recherches, j'ai par exemple utilisé cette méthode pour analyser les projets urbains « régénératifs », qui cherchent à intégrer biodiversité, participation citoyenne et économie circulaire.&nbsp; &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vous proposez un concept de « grammaire morphogénétique des futurs ». En quoi diffère-t-elle des grammaires traditionnelles ? </b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Les grammaires traditionnelles codifient : elles fixent les règles de combinaison, elles stabilisent. <br />  La grammaire morphogénétique, au contraire, formalise le changement. Elle ne décrit pas ce qui est, mais ce qui peut advenir.&nbsp; Elle s'appuie sur trois principes :&nbsp; ·&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;</div>    <ul>  	<li style="margin-left: 40px;">Les catastrophes élémentaires de Thom, qui modélisent les bifurcations.&nbsp; ·&nbsp; &nbsp; &nbsp;</li>  	<li style="margin-left: 40px;">L'éco-sémiotique de Per Aage Brandt, qui insiste sur l'intégration des dimensions biologiques, sociales et symboliques.</li>  	<li style="margin-left: 40px;">La notion de tension : ce sont les tensions (économiques, écologiques, culturelles) qui préparent les transformations.&nbsp; <br />  	 <br />  	<strong>Appliquée à l'intelligence économique, cette grammaire permet de lire les crises non seulement comme des menaces, mais comme des occasions d'émergence. Elle aide à transformer l'incertitude en stratégie.</strong></li>  </ul>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vous mobilisez la pensée de René Thom. En quoi sa théorie des catastrophes enrichit-elle la prospective ? </b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">René Thom a montré que les systèmes évoluent par discontinuités. <br />  Cela va à l'encontre d'une vision linéaire du progrès. Pour la prospective, c'est une leçon précieuse : l'avenir n'est pas une extension mécanique du présent, mais une série de bifurcations.&nbsp; <br />   <br />  Prenons l'exemple des transitions énergétiques. On pourrait croire qu'elles se feront progressivement. En réalité, elles sont jalonnées de seuils critiques : raréfaction du pétrole, accélération du dérèglement climatique, innovations disruptives dans le stockage. La théorie des catastrophes permet d'anticiper ces points de basculement et d'en comprendre leur structures morphologiques.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Dans un monde en mutation, comment la sémiotique peut-elle éclairer les choix des décideurs et enrichir l'intelligence décisionnelle ? </b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">&nbsp;Elle le fait de trois manières principales :&nbsp; <br />  1.&nbsp; &nbsp; &nbsp;En éclairant les choix : elle révèle les logiques symboliques qui sous-tendent une décision.&nbsp; <br />  2.&nbsp; &nbsp; &nbsp;En devenant un levier stratégique : elle transforme les « signaux faibles » en scénarios lisibles.&nbsp; <br />  3.&nbsp; &nbsp; &nbsp;En enrichissant la veille stratégique : elle introduit une dimension qualitative, sensible, qui échappe aux seules données quantitatives. <br />   <br />  Je dirais que la sémiotique aide les décideurs à « voir autrement » : à percevoir dans les discours, les récits, les symboles, les germes de futurs possibles.&nbsp; &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une remarque plus personnelle, un conseil de lecture, un rendez-vous à recommander ?</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/90691173-63906439.jpg?v=1755957773" alt="" Que peut apporter la sémiotique à la prospective ? " Entretien avec Isabel Marcos" title="" Que peut apporter la sémiotique à la prospective ? " Entretien avec Isabel Marcos" />
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      <p style="margin-left: 40px;">Je formulerais deux remarques. <br />    <p style="margin-left: 40px;">La première est qu'il me semble urgent de replacer le<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>sens</strong><span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span>au cœur de la décision. Nous vivons un moment où les indicateurs purement quantitatifs peinent à rendre compte de la complexité des crises sociales, culturelles et écologiques. Or, la sémiotique – et plus particulièrement la<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>sémiotique dynamique inspirée par René Thom</strong><span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span>– constitue une véritable boîte à outils pour affronter ces défis. Elle permet de penser les bifurcations, d'anticiper les ruptures, mais aussi de relier les transformations techniques aux imaginaires symboliques et aux conditions écologiques qui les sous-tendent. <br />    <p style="margin-left: 40px;">Il faut rappeler que de nombreuses entreprises recourent déjà à la sémiotique, parfois de manière discrète, pour se différencier sur le marché. J'ai moi-même travaillé dans ce cadre, mais j'ai choisi depuis plusieurs années de limiter cet usage aux<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>décisions écologiques, urbanistiques et sociales</strong>. <br />    <p style="margin-left: 40px;">Un exemple est ma participation, entre 2016 et 2020, à un projet<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>COST sur les théories du complot</strong>. Avec plusieurs collègues sémioticiens, nous avons analysé les mécanismes narratifs et symboliques de ces récits, afin de mieux en identifier les logiques et d'en limiter les effets (<a class="link" href="https://conspiracytheories.eu/" target="_blank">conspiracytheories.eu</a>). <br />    <p style="margin-left: 40px;">Un autre exemple, plus marquant encore, est le projet que j'ai dirigé dès 2016 avec<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Clément Morier</strong>, sous la forme d'un séminaire de recherche autour de la pensée de René Thom, avec la collaboration des disciples directs de thom. Ce travail a abouti à la publication de trois ouvrages collectifs : <br />    <ul>  	<li class="list">Marcos, I., &amp; Morier, C. (Eds.). (2024).<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span><em>The relevance of René Thom: The morphological dimension in today's sciences</em>. Springer.<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span><a class="link" href="https://doi.org/10.1007/978-3-031-54982-3" target="_blank">https://doi.org/10.1007/978-3-031-54982-3</a>  <br />  	Nous y proposons une synthèse des recherches menées entre 2016 et 2024, notamment dans l'introduction (<em>What if Science Thought? The Relevance of René Thom or Introducing Topology into Today's Sciences</em>). J'y ai également présenté un travail développé avec le psychanalyste<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span>Carlos Farate, où nous avons appliqué la sémiotique thomienne à la création d'une<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span>psychanalyse territoriale appliquée&nbsp;à la salpêtrière. Ce texte s'appuie sur une recherche de longue haleine (1996–2015), menée en collaboration avec l'urbaniste en chef du projet<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span>Paris Rive Gauche, visant à analyser les conflits inscrits dans les formes urbaines et à explorer des voies de résolution par une lecture morphodynamique. <br />  	&nbsp;</li>  	<li class="list">Marcos, I., &amp; Morier, C. (Eds.). (2024).<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span><em>La Part de l'Œil</em>, 38:<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span><em>Esthétiques du vivant / René Thom et la morphogenèse, en dialogue</em><span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span>(pp. 169–249). Bruxelles: La Part de l'Œil.<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span>ISBN: 978-2-9301746-0-0 <br />  	Cet ouvrage rassemble une réflexion plus philosophique et artistique sur la morphogenèse, mettant en dialogue sciences, arts, la philosophie et sémiotique dynamique. <br />  	&nbsp;</li>  	<li class="list">Marcos, I., &amp; Morier, C. (2023).<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span><em>Centenaire de René Thom (1923-2023) : hommage sémiotique et morphodynamique</em>.<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span><em>Estudos Semióticos</em>, 19(1), i–xxviii.<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span>São Paulo. <br />  	<a class="link" href="https://revistas.usp.br/esse/article/view/210388" target="_blank">https://revistas.usp.br/esse/article/view/210388</a>  <br />  	&nbsp;</li>  </ul>    <div class="list">&nbsp; <strong>Rendez-vous</strong><span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span>: je recommande vivement de suivre les travaux de la communauté<span class="gmail-Apple-converted-space">&nbsp;</span><a class="link" href="https://biosemiotics.org/" target="_blank">biosemiotics.org</a>, dont le prochain congrès se tiendra en août 2025 à Rotterdam. Ce sera un lieu privilégié pour découvrir comment la sémiotique se déploie aujourd'hui dans les domaines de la biosémiotique et de l'écologie. <br />   <br />  <strong>En somme</strong>, oui : la sémiotique peut devenir un levier stratégique pour accompagner les grandes transformations de notre époque, à condition de l'aborder comme une science du sens en mouvement, et non comme un simple décryptage des discours.</div>  
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      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/90691173-63906440.jpg?v=1755849542" alt="" Que peut apporter la sémiotique à la prospective ? " Entretien avec Isabel Marcos" title="" Que peut apporter la sémiotique à la prospective ? " Entretien avec Isabel Marcos" />
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      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/90691173-63906441.jpg?v=1755850347" alt="" Que peut apporter la sémiotique à la prospective ? " Entretien avec Isabel Marcos" title="" Que peut apporter la sémiotique à la prospective ? " Entretien avec Isabel Marcos" />
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      <blockquote><strong>Scientifique de formation et adepte de l’interdisciplinarité, <a class="link" href="https://cfcul.ciencias.ulisboa.pt/equipa/isabel-marcos/" target="_blank">Isabel Marcos </a>  s’appuie sur les travaux de <a class="link" href="http://www.fb10.uni-bremen.de/homepages/wildgen/pdf/Le_parcours_sermiotique_de_Rene_Thom_Paris_2019.pdf" target="_blank">René Thom </a>  et <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Per_Aage_Brandt" target="_blank">Per Aage Brandt</a>  pour dépasser la séparation entre sciences exactes et sciences humaines. Elle défend une vision où chaque individu vit simultanément dans trois mondes : naturel, socioculturel et intime. <br />  Elle fait partie du&nbsp;</strong>Comité Exécutif de l'Association Internationale de Sémiotique (IASS) : https://iass-ais.org/officers/executive-committee/.&nbsp; <br />   <br />  <strong><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/isabel-marcos-/?locale=fr_FR">Isabel Marcos</a>, architecte et sémioticienne, docteure en sémiotique et en sciences de la communication, est une figure internationale de la sémiotique visuelle, auteure de nombreux ouvrages.</strong></blockquote>  
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