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  <title>www.veillemag.com</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></description>
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   <title>Ormuz, le Bitcoin et l'illusion d'un péage hors système</title>
   <pubDate>Sat, 11 Apr 2026 17:10:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   En brandissant l’idée d’un péage d’Ormuz payable en Bitcoin, Téhéran ne cherche pas tant à révolutionner le commerce maritime qu’à rappeler qu’il a déjà bâti une économie parallèle capable de contourner les sanctions. Derrière la provocation, l’Iran expose une réalité plus profonde : la guerre économique se joue désormais aussi sur les infrastructures de paiement et les zones de passage stratégiques.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/95983152-66970661.jpg?v=1775920174" alt="Ormuz, le Bitcoin et l'illusion d'un péage hors système" title="Ormuz, le Bitcoin et l'illusion d'un péage hors système" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> L'Iran ne peut sans doute pas imposer un droit de passage en cryptomonnaie, mais il montre qu'une économie parallèle de la sanction existe déjà</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">L'hypothèse d'un péage du détroit d'Ormuz payé en Bitcoin a quelque chose de spectaculaire, presque provocateur. À première vue, elle semble relever davantage de la guerre psychologique que d'un projet réellement applicable à grande échelle. Pourtant, derrière cette idée apparemment irréaliste se cache une vérité beaucoup plus sérieuse : l'Iran travaille depuis longtemps à la construction d'un espace financier alternatif destiné à contourner les sanctions, à brouiller les circuits de paiement traditionnels et à transformer la contrainte économique en levier géopolitique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le problème n'est donc pas seulement de savoir si Téhéran peut exiger de grands armateurs qu'ils règlent leurs passages en actifs numériques. Le vrai sujet est ailleurs : la République islamique dispose déjà d'un écosystème parallèle, profondément enraciné, qui lui permet de survivre sous pression, de déplacer des fonds hors des circuits dominés par le dollar et de tester des instruments nouveaux dans un contexte de confrontation permanente avec l'Occident.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une faisabilité juridique presque nulle</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Sur le plan strictement légal et commercial, un système de péage en Bitcoin imposé aux transporteurs paraît extrêmement difficile à mettre en œuvre. Toute transaction susceptible de bénéficier directement ou indirectement à l'Iran se heurterait immédiatement au mur des sanctions américaines et au risque d'inscription sur les listes noires du Trésor américain. Pour une compagnie maritime enregistrée en Occident, pour un négociant international, pour une banque ou pour une plateforme régulée, il ne s'agirait pas d'une simple opération technique, mais d'un risque existentiel en matière de conformité.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La blockchain ne protège pas de cette exposition. Bien au contraire. Sa transparence structurelle rend traçables les flux et permet, une fois les adresses identifiées, de reconstituer les chaînes de paiement. L'idée d'un système discret, opaque et facilement niable se heurte donc à la réalité technique : la cryptomonnaie ne fait pas disparaître la preuve, elle la déplace dans un registre public qu'il devient ensuite possible d'exploiter à des fins de renseignement financier.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le véritable enjeu : une économie de contournement déjà active</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Mais conclure à l'impossibilité du projet serait une erreur d'analyse. Car si le péage en Bitcoin est difficilement généralisable, il révèle en revanche la solidité croissante d'une architecture de contournement. L'Iran ne part pas de zéro. Son marché intérieur des actifs numériques a déjà atteint une taille significative, tandis que les réseaux proches du pouvoir, et en particulier ceux liés aux Gardiens de la révolution, semblent avoir acquis une expérience réelle dans l'usage des cryptomonnaies comme instrument d'évasion, de transfert et de compensation.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Autrement dit, l'Iran ne cherche pas seulement à inventer une nouvelle forme de paiement. Il cherche à institutionnaliser une pratique née de la contrainte. Dans un univers de sanctions, la cryptomonnaie n'est pas un gadget idéologique : elle devient une composante de la résilience stratégique. Elle permet de contourner, de fragmenter, de retarder l'effet des mesures coercitives, même si elle ne peut pas remplacer intégralement les circuits du commerce international classique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Ormuz comme laboratoire géoéconomique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le détroit d'Ormuz donne à cette stratégie une dimension particulière. Ce passage n'est pas seulement un goulet d'étranglement maritime ; c'est un centre nerveux de la mondialisation énergétique. Contrôler, menacer ou monétiser ce couloir revient à exercer une pression non seulement sur les États riverains, mais aussi sur les marchés, les assureurs, les armateurs, les négociants et les grandes puissances importatrices.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Dans cette perspective, parler d'un péage en Bitcoin revient à faire d'Ormuz un laboratoire de souveraineté financière sous sanctions. Même si le mécanisme n'est pas pleinement applicable, il envoie un signal clair : Téhéran veut montrer qu'il est capable de redéfinir les règles de transaction dans un espace stratégique qu'il considère comme vital. Le message n'est pas uniquement économique. Il est aussi politique : si l'Occident utilise la finance comme arme, l'Iran tentera d'utiliser les points de passage comme contre-arme.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les limites du transport maritime conventionnel</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Pour les grandes compagnies maritimes, le calcul est simple. S'approvisionner en cryptomonnaies via une plateforme régulée ou par l'intermédiaire d'un bureau de gré à gré exposerait immédiatement les acteurs concernés à des contrôles et à des blocages. Recourir à des portefeuilles privés n'éliminerait pas le risque, car la transaction pourrait être identifiée plus tard et se retourner contre le payeur sous forme de sanctions secondaires ou d'exclusion des circuits financiers occidentaux.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Dès lors, seuls des opérateurs déjà marginalisés, ou appartenant à des réseaux de flotte fantôme, pourraient éventuellement accepter ce type de paiement. Cela suffit à montrer la limite structurelle du projet : il ne peut pas devenir la norme du commerce maritime mondial, mais il peut nourrir un sous-système gris, opaque dans ses intermédiaires, visible dans ses traces, et néanmoins fonctionnel pour une partie des flux les plus sensibles.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une guerre économique qui change de forme</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto"><strong>L'intérêt du dossier est donc ailleurs. Il montre que la guerre économique contemporaine ne se joue plus seulement sur les tarifs douaniers, les embargos ou les gels d'avoirs. Elle se joue aussi sur les infrastructures de paiement, sur la capacité à créer des circuits alternatifs, sur l'usage politique des technologies financières et sur la maîtrise des goulets d'étranglement logistiques.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'idée iranienne de monnayer Ormuz en Bitcoin est peut-être impraticable à grande échelle, mais elle annonce une transformation plus vaste : les États sous sanctions ne se contentent plus de subir l'exclusion, ils expérimentent des architectures parallèles. Celles-ci restent fragiles, imparfaites, souvent coûteuses, mais elles modifient progressivement le paysage de la puissance.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Au fond, le véritable enseignement n'est pas que l'Iran puisse demain faire payer le monde entier en cryptomonnaie. Il est que chaque crise autour d'un point d'étranglement stratégique tend désormais à fusionner finance, énergie et coercition. Et dans ce nouvel âge de la guerre économique, les paiements ne sont plus un simple outil commercial : ils deviennent un champ de bataille.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div><a class="link" href="https://fr.finance.yahoo.com/actualites/l-iran-exige-paiements-bitcoin-155204069.html" target="_blank">https://fr.finance.yahoo.com/actualites/l-iran-exige-paiements-bitcoin-155204069.html</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.tf1info.fr/international/video-detroit-d-ormuz-comment-teheran-veut-assurer-sa-fortune-grace-a-la-cryptomonnaie-2435320.html" target="_blank">https://www.tf1info.fr/international/video-detroit-d-ormuz-comment-teheran-veut-assurer-sa-fortune-grace-a-la-cryptomonnaie-2435320.html</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://cryptoast.fr/iran-impose-paiements-bitcoin-passer-detroit-ormuz/" target="_blank">https://cryptoast.fr/iran-impose-paiements-bitcoin-passer-detroit-ormuz/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://journalducoin.com/bitcoin/bitcoin-iran-paiements-btc-petroliers-detroit-dhormuz-baril-petrole/" target="_blank">https://journalducoin.com/bitcoin/bitcoin-iran-paiements-btc-petroliers-detroit-dhormuz-baril-petrole/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.coindesk.com/fr/markets/2026/04/08/iran-eyes-crypto-toll-for-oil-tanker-transit-through-strait-of-hormuz/" target="_blank">https://www.coindesk.com/fr/markets/2026/04/08/iran-eyes-crypto-toll-for-oil-tanker-transit-through-strait-of-hormuz/</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de </b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/giuseppe-gagliano-60785235/?originalSubdomain=it" target="_blank"><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span></a>  a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis). Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/christian-harbulot-a56b2912/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Christian Harbulot</a>, (EGE). <br />  Il collabore avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">Iassp de Milan</a>. <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <br />  #Iran #détroitdOrmuz #Bitcoin #cryptomonnaies #sanctionsinternationales #économieparallèle #géopolitiqueénergétique #guerreeconomique #contournementdessanctions #paiementsnumériques
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Ormuz, le Bitcoin et l'illusion d'un péage hors système</title>
   <pubDate>Sat, 11 Apr 2026 17:10:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Giuseppe Gagliano</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   En brandissant l’idée d’un péage d’Ormuz payable en Bitcoin, Téhéran ne cherche pas tant à révolutionner le commerce maritime qu’à rappeler qu’il a déjà bâti une économie parallèle capable de contourner les sanctions. Derrière la provocation, l’Iran expose une réalité plus profonde : la guerre économique se joue désormais aussi sur les infrastructures de paiement et les zones de passage stratégiques.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/95999099-66975184.jpg?v=1776004139" alt="Ormuz, le Bitcoin et l'illusion d'un péage hors système" title="Ormuz, le Bitcoin et l'illusion d'un péage hors système" />
     </div>
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     </div>
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     <div><b> L'Iran ne peut sans doute pas imposer un droit de passage en cryptomonnaie, mais il montre qu'une économie parallèle de la sanction existe déjà</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">L'hypothèse d'un péage du détroit d'Ormuz payé en Bitcoin a quelque chose de spectaculaire, presque provocateur. À première vue, elle semble relever davantage de la guerre psychologique que d'un projet réellement applicable à grande échelle. Pourtant, derrière cette idée apparemment irréaliste se cache une vérité beaucoup plus sérieuse : l'Iran travaille depuis longtemps à la construction d'un espace financier alternatif destiné à contourner les sanctions, à brouiller les circuits de paiement traditionnels et à transformer la contrainte économique en levier géopolitique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le problème n'est donc pas seulement de savoir si Téhéran peut exiger de grands armateurs qu'ils règlent leurs passages en actifs numériques. Le vrai sujet est ailleurs : la République islamique dispose déjà d'un écosystème parallèle, profondément enraciné, qui lui permet de survivre sous pression, de déplacer des fonds hors des circuits dominés par le dollar et de tester des instruments nouveaux dans un contexte de confrontation permanente avec l'Occident.</div>  </div>  
     </div>
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     <div><b>Une faisabilité juridique presque nulle</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Sur le plan strictement légal et commercial, un système de péage en Bitcoin imposé aux transporteurs paraît extrêmement difficile à mettre en œuvre. Toute transaction susceptible de bénéficier directement ou indirectement à l'Iran se heurterait immédiatement au mur des sanctions américaines et au risque d'inscription sur les listes noires du Trésor américain. Pour une compagnie maritime enregistrée en Occident, pour un négociant international, pour une banque ou pour une plateforme régulée, il ne s'agirait pas d'une simple opération technique, mais d'un risque existentiel en matière de conformité.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La blockchain ne protège pas de cette exposition. Bien au contraire. Sa transparence structurelle rend traçables les flux et permet, une fois les adresses identifiées, de reconstituer les chaînes de paiement. L'idée d'un système discret, opaque et facilement niable se heurte donc à la réalité technique : la cryptomonnaie ne fait pas disparaître la preuve, elle la déplace dans un registre public qu'il devient ensuite possible d'exploiter à des fins de renseignement financier.</div>  </div>  
     </div>
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     <div><b>Le véritable enjeu : une économie de contournement déjà active</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Mais conclure à l'impossibilité du projet serait une erreur d'analyse. Car si le péage en Bitcoin est difficilement généralisable, il révèle en revanche la solidité croissante d'une architecture de contournement. L'Iran ne part pas de zéro. Son marché intérieur des actifs numériques a déjà atteint une taille significative, tandis que les réseaux proches du pouvoir, et en particulier ceux liés aux Gardiens de la révolution, semblent avoir acquis une expérience réelle dans l'usage des cryptomonnaies comme instrument d'évasion, de transfert et de compensation.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Autrement dit, l'Iran ne cherche pas seulement à inventer une nouvelle forme de paiement. Il cherche à institutionnaliser une pratique née de la contrainte. Dans un univers de sanctions, la cryptomonnaie n'est pas un gadget idéologique : elle devient une composante de la résilience stratégique. Elle permet de contourner, de fragmenter, de retarder l'effet des mesures coercitives, même si elle ne peut pas remplacer intégralement les circuits du commerce international classique.</div>  </div>  
     </div>
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     <div><b>Ormuz comme laboratoire géoéconomique</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le détroit d'Ormuz donne à cette stratégie une dimension particulière. Ce passage n'est pas seulement un goulet d'étranglement maritime ; c'est un centre nerveux de la mondialisation énergétique. Contrôler, menacer ou monétiser ce couloir revient à exercer une pression non seulement sur les États riverains, mais aussi sur les marchés, les assureurs, les armateurs, les négociants et les grandes puissances importatrices.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Dans cette perspective, parler d'un péage en Bitcoin revient à faire d'Ormuz un laboratoire de souveraineté financière sous sanctions. Même si le mécanisme n'est pas pleinement applicable, il envoie un signal clair : Téhéran veut montrer qu'il est capable de redéfinir les règles de transaction dans un espace stratégique qu'il considère comme vital. Le message n'est pas uniquement économique. Il est aussi politique : si l'Occident utilise la finance comme arme, l'Iran tentera d'utiliser les points de passage comme contre-arme.</div>  </div>  
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     <div><b>Les limites du transport maritime conventionnel</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Pour les grandes compagnies maritimes, le calcul est simple. S'approvisionner en cryptomonnaies via une plateforme régulée ou par l'intermédiaire d'un bureau de gré à gré exposerait immédiatement les acteurs concernés à des contrôles et à des blocages. Recourir à des portefeuilles privés n'éliminerait pas le risque, car la transaction pourrait être identifiée plus tard et se retourner contre le payeur sous forme de sanctions secondaires ou d'exclusion des circuits financiers occidentaux.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Dès lors, seuls des opérateurs déjà marginalisés, ou appartenant à des réseaux de flotte fantôme, pourraient éventuellement accepter ce type de paiement. Cela suffit à montrer la limite structurelle du projet : il ne peut pas devenir la norme du commerce maritime mondial, mais il peut nourrir un sous-système gris, opaque dans ses intermédiaires, visible dans ses traces, et néanmoins fonctionnel pour une partie des flux les plus sensibles.</div>  </div>  
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     <div><b>Une guerre économique qui change de forme</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto"><strong>L'intérêt du dossier est donc ailleurs. Il montre que la guerre économique contemporaine ne se joue plus seulement sur les tarifs douaniers, les embargos ou les gels d'avoirs. Elle se joue aussi sur les infrastructures de paiement, sur la capacité à créer des circuits alternatifs, sur l'usage politique des technologies financières et sur la maîtrise des goulets d'étranglement logistiques.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'idée iranienne de monnayer Ormuz en Bitcoin est peut-être impraticable à grande échelle, mais elle annonce une transformation plus vaste : les États sous sanctions ne se contentent plus de subir l'exclusion, ils expérimentent des architectures parallèles. Celles-ci restent fragiles, imparfaites, souvent coûteuses, mais elles modifient progressivement le paysage de la puissance.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Au fond, le véritable enseignement n'est pas que l'Iran puisse demain faire payer le monde entier en cryptomonnaie. Il est que chaque crise autour d'un point d'étranglement stratégique tend désormais à fusionner finance, énergie et coercition. Et dans ce nouvel âge de la guerre économique, les paiements ne sont plus un simple outil commercial : ils deviennent un champ de bataille.</div>  </div>  
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     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div><a class="link" href="https://fr.finance.yahoo.com/actualites/l-iran-exige-paiements-bitcoin-155204069.html" target="_blank">https://fr.finance.yahoo.com/actualites/l-iran-exige-paiements-bitcoin-155204069.html</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.tf1info.fr/international/video-detroit-d-ormuz-comment-teheran-veut-assurer-sa-fortune-grace-a-la-cryptomonnaie-2435320.html" target="_blank">https://www.tf1info.fr/international/video-detroit-d-ormuz-comment-teheran-veut-assurer-sa-fortune-grace-a-la-cryptomonnaie-2435320.html</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://cryptoast.fr/iran-impose-paiements-bitcoin-passer-detroit-ormuz/" target="_blank">https://cryptoast.fr/iran-impose-paiements-bitcoin-passer-detroit-ormuz/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://journalducoin.com/bitcoin/bitcoin-iran-paiements-btc-petroliers-detroit-dhormuz-baril-petrole/" target="_blank">https://journalducoin.com/bitcoin/bitcoin-iran-paiements-btc-petroliers-detroit-dhormuz-baril-petrole/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.coindesk.com/fr/markets/2026/04/08/iran-eyes-crypto-toll-for-oil-tanker-transit-through-strait-of-hormuz/" target="_blank">https://www.coindesk.com/fr/markets/2026/04/08/iran-eyes-crypto-toll-for-oil-tanker-transit-through-strait-of-hormuz/</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de </b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/giuseppe-gagliano-60785235/?originalSubdomain=it" target="_blank"><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span></a>  a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis). Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/christian-harbulot-a56b2912/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Christian Harbulot</a>, (EGE). <br />  Il collabore avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">Iassp de Milan</a>. <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  
     </div>
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     <div>
       <br />  #Iran #détroitdOrmuz #Bitcoin #cryptomonnaies #sanctionsinternationales #économieparallèle #géopolitiqueénergétique #guerreeconomique #contournementdessanctions #paiementsnumériques
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   <title>L’industrie énergétique iranienne, nouveau front d’une confrontation régionale. Club Industrie &amp; Souveraineté. AEGE</title>
   <pubDate>Wed, 18 Mar 2026 09:34:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique]]></dc:subject>
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   Depuis l’élimination de l’ayatollah Khamenei en février 2026, le conflit entre l’Iran et Israël a basculé dans une logique où l’énergie n’est plus seulement un enjeu économique, mais un instrument stratégique. Au cœur de cette lutte d’influence, les infrastructures pétrolières et gazières iraniennes deviennent un levier de pression majeur, tandis que les États-Unis tentent d’en limiter les répercussions sur les marchés mondiaux.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/95427528-66740501.jpg?v=1773822749" alt="L’industrie énergétique iranienne, nouveau front d’une confrontation régionale. Club Industrie &amp; Souveraineté. AEGE" title="L’industrie énergétique iranienne, nouveau front d’une confrontation régionale. Club Industrie &amp; Souveraineté. AEGE" />
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      <div style="text-align: center;"><a class="link" href="https://media.licdn.com/dms/document/media/v2/D4E1FAQEk4AKt6eu5Tw/feedshare-document-url-metadata-scrapper-pdf/B4EZzmUmlqKkA4-/0/1773390687863?e=1774422000&amp;v=beta&amp;t=jAdCo-y6GXlMEuyHaKljneeu2eX_pnVThIO_nDzglsU" target="_blank">Source</a> <br />   <br />  Télécharger le rapport en fin d'article <br />  <a class="link" href="https://www.aege.fr/groupe/club-industrie-et-souverainete-662/page/actualites" target="_blank">Club Industrie et Souveraineté</a> </div>  
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     <div><b>Un acteur énergétique central mais fragilisé</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">L’Iran occupe une place singulière dans l’architecture énergétique mondiale. Ses réserves de pétrole et de gaz, parmi les plus importantes de la planète, lui confèrent un poids structurel que même des décennies de sanctions n’ont pas totalement effacé. Cette puissance repose autant sur une dotation géologique exceptionnelle que sur une position géographique stratégique, au débouché du détroit d’Ormuz. Par ce corridor transite un quart du commerce maritime pétrolier mondial, faisant de cette zone un point de bascule permanent pour la stabilité énergétique globale.</span> <br />   <br />  <span style="white-space: pre-wrap;">Pourtant, derrière cette façade de puissance, l’appareil productif iranien porte les stigmates d’un siècle de tensions politiques et d’ingérences étrangères. Depuis les premières concessions pétrolières accordées à l’Empire britannique au début du XXᵉ siècle jusqu’aux sanctions américaines post‑1979, l’industrie énergétique iranienne n’a cessé d’être un terrain de rivalités. Les guerres, les ruptures diplomatiques et l’isolement technologique ont progressivement érodé sa capacité de production, empêchant le pays de retrouver les niveaux atteints sous le règne du shah dans les années 1970.</span></div>  
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     <div><b>Une industrie affaiblie par l’histoire et les sanctions</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">Les décennies de pressions extérieures ont laissé une empreinte durable sur les infrastructures iraniennes. La guerre Iran‑Irak a provoqué un effondrement brutal des revenus pétroliers, tandis que les sanctions successives ont entravé l’accès aux technologies nécessaires à la modernisation des installations. La production, qui dépassait encore quatre millions de barils par jour au milieu des années 2000, a progressivement décliné, tout comme les exportations de gaz, pénalisées par l’impossibilité d’importer des pièces essentielles.</span> <br />   <br />  <span style="white-space: pre-wrap;">Cette fragilité structurelle explique en partie pourquoi l’industrie énergétique est devenue une cible privilégiée dans le conflit actuel. En frappant des installations proches de Téhéran ou en visant des sites stratégiques comme South Pars, Israël cherche à réduire les capacités financières d’un régime dont l’économie dépend largement des hydrocarbures. L’île de Kharg, par laquelle transite l’immense majorité du pétrole exporté, apparaît désormais comme un point de vulnérabilité critique.</span></div>  
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     <div><b>L’énergie, levier de guerre et source de tensions internationales</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;"><span style="white-space: pre-wrap;">La stratégie israélienne repose sur l’idée qu’un affaiblissement durable du secteur énergétique pourrait accélérer un changement politique à Téhéran. Mais cette approche se heurte à la prudence américaine. Washington redoute qu’une déstabilisation trop brutale du marché pétrolier ne provoque une flambée des prix, avec des répercussions directes sur les économies occidentales. Cette divergence crée une tension diplomatique notable entre deux alliés pourtant alignés sur le plan militaire.</span> <br />   <br />  <strong><span style="white-space: pre-wrap;">Les marchés, eux, ont déjà réagi. En quelques jours, le prix du Brent a bondi, tandis que les cours du gaz européen ont connu une hausse spectaculaire. Les opérateurs maritimes, inquiets des risques dans le détroit d’Ormuz, réduisent leurs flux, accentuant encore la volatilité. La crise énergétique, longtemps latente, s’invite désormais au cœur des calculs stratégiques mondiaux.</span></strong>  <div>&nbsp;</div>    <h2>&nbsp;</h2>  </div>  
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     <div><b>Une bataille énergétique aux conséquences globales</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">L’industrie énergétique iranienne, jadis moteur de modernisation, se retrouve aujourd’hui au centre d’un affrontement où se mêlent enjeux militaires, économiques et géopolitiques. La question n’est plus seulement de savoir si l’Iran pourra préserver ses infrastructures, mais si la communauté internationale parviendra à contenir les effets systémiques d’un conflit qui menace l’équilibre énergétique mondial. <br />   <br />  <strong>Dans cette confrontation où chaque frappe peut provoquer une onde de choc planétaire, la stabilité du marché dépend autant des décisions militaires que des arbitrages diplomatiques.</strong></div>  
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     <div><b>A propos de...</b></div>
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      <blockquote>Le <a class="link" href="https://www.aege.fr/groupe/club-industrie-et-souverainete-662/page/actualites">Club Industrie et Souveraineté de l’AEGE </a>  décrypte les mutations des filières stratégiques, analyse les chaînes de valeur et éclaire les enjeux de souveraineté économique. À travers conférences, notes de veille et rencontres avec des experts, le club offre un espace d’échange privilégié pour comprendre les transformations industrielles et leurs impacts sur l’intelligence économique.</blockquote>  
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