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  <title>www.veillemag.com</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></description>
  <link>https://www.veillemag.com/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-05-25T05:42:50+02:00</dc:date>
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   <title>Le gaz libanais dans le viseur de la nouvelle frontière israélienne.</title>
   <pubDate>Mon, 27 Apr 2026 15:22:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Au‑delà des affrontements terrestres, la crise entre Israël et le Liban s’étend désormais aux eaux profondes de la Méditerranée. Le gisement gazier de Qana, symbole d’espoir économique pour Beyrouth, devient un levier stratégique dans un rapport de force où frontières, sécurité et souveraineté se redessinent.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/96277627-67153614.jpg?v=1777296101" alt="Le gaz libanais dans le viseur de la nouvelle frontière israélienne." title="Le gaz libanais dans le viseur de la nouvelle frontière israélienne." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une ligne tracée sur la mer</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La nouvelle crise entre Israël et le Liban ne se joue pas seulement sur les hauteurs, dans les villages du Sud ou le long du fleuve Litani. Elle se joue aussi plus au large, sous les fonds de la Méditerranée orientale, là où le gaz naturel transforme chaque ligne de frontière en question de souveraineté, de dissuasion et de puissance économique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La carte diffusée par l'armée israélienne, avec l'extension de la ligne jaune de la terre ferme aux eaux liées au gisement de Qana, a provoqué à Beyrouth une inquiétude compréhensible. Non pas parce qu'Israël pourrait, dès demain matin, installer des plateformes et commencer à extraire du gaz libanais. Cela serait techniquement, politiquement et juridiquement très difficile. Mais parce que cette carte semble vouloir introduire un principe nouveau : la sécurité israélienne ne s'arrêterait plus à la frontière terrestre, mais comprendrait une bande opérationnelle continue, de la Syrie à la Méditerranée, capable de conditionner aussi les ressources énergétiques libanaises.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">C'est ici que la question militaire devient immédiatement géopolitique.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Qana n'est pas seulement un gisement</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le gisement de Qana, dans le bloc 9, est bien plus qu'une promesse énergétique. Pour le Liban, il représente l'une des rares possibilités de sortir, au moins à terme, de la longue agonie économique qui a emporté les banques, la monnaie, l'épargne, les infrastructures et la crédibilité de l'État. Un pays appauvri, divisé et paralysé regarde le gaz au large de ses côtes comme une rente future, mais aussi comme un symbole de souveraineté résiduelle.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Israël le sait. Il sait aussi qu'au Proche-Orient les ressources naturelles ne sont jamais seulement des ressources. Elles sont des instruments de négociation, des leviers de pression, des garanties d'alliance et, parfois, des objectifs de guerre.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'accord de 2022 sur la délimitation maritime, négocié sous médiation américaine, avait précisément cette fonction : geler un différend potentiellement explosif et permettre au Liban de revendiquer le droit de développer le gisement de Qana, tandis qu'Israël consolidait ses propres intérêts énergétiques en Méditerranée orientale. Ce n'était ni une paix, ni une normalisation, ni une réconciliation. C'était un compromis technique et politique entre deux pays officiellement ennemis.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Aujourd'hui, cette architecture fragile risque de se fissurer.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La limite du contrôle militaire</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Sur le plan strictement militaire, Israël peut certainement exercer une pression. Il peut projeter des forces, imposer des zones interdites, frapper des infrastructures, surveiller le trafic maritime et créer une situation d'insécurité telle qu'elle décourage les compagnies internationales et les investisseurs. Mais contrôler militairement une zone ne signifie pas automatiquement la transformer en richesse.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Un gisement en mer n'est pas une colline à occuper ni un village à tenir. Il exige des plateformes, des navires spécialisés, des contrats, des assurances, des technologies, du personnel international, des autorisations et des débouchés commerciaux. Aucune grande compagnie énergétique ne prendrait facilement le risque d'opérer dans une zone contestée, sous menace militaire, sans couverture juridique et diplomatique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">De ce point de vue, la puissance israélienne peut bloquer, perturber, retarder. Mais elle peut difficilement se substituer au droit, à la finance et à l'industrie énergétique mondiale. Le vrai pouvoir, dans cette phase, ne consiste pas à prendre le gaz libanais, mais à rendre difficile son exploitation par le Liban.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La partie économique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Pour Beyrouth, le dommage potentiel est immense. Le Liban n'a pas aujourd'hui la solidité financière nécessaire pour supporter des années d'incertitude. Chaque mois de guerre ou de tension réduit l'appétit des investisseurs, augmente le risque politique, affaiblit la position de négociation du gouvernement et rend plus coûteux tout projet énergétique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La présence de TotalEnergies, de QatarEnergy et de l'italienne Eni dans les blocs libanais constitue une garantie partielle. Partielle, parce qu'aucune compagnie ne peut travailler sérieusement si le cadre militaire reste instable. Mais garantie tout de même importante, parce qu'elle insère le Liban dans un réseau d'intérêts français, qataris et italiens. Autrement dit, il ne s'agit plus seulement de Beyrouth face à Tel-Aviv. Autour du gaz libanais gravitent des capitaux européens, des ambitions du Golfe, des équilibres énergétiques méditerranéens et la médiation américaine.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Pour Israël, la pression sur le dossier énergétique peut devenir une carte de négociation. Pas nécessairement pour s'approprier directement les ressources, mais pour imposer des conditions politiques et sécuritaires plus favorables : recul du Hezbollah, redéfinition de la zone de sécurité, contrôle des mouvements le long de la frontière, garanties sur le Sud-Liban.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Hezbollah et la dissuasion</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La variable la plus dangereuse demeure le Hezbollah. Toute perception d'une attaque israélienne contre les ressources stratégiques libanaises pourrait offrir au mouvement chiite un puissant argument politique et militaire : défendre non seulement le territoire, mais aussi l'avenir économique du pays.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">C'est le nœud qui rend la crise particulièrement instable. Israël peut considérer la bande de sécurité comme une nécessité défensive. Le Hezbollah peut la présenter comme une occupation déguisée. Le gouvernement libanais peut la dénoncer comme une violation de la souveraineté. Les États-Unis peuvent tenter de la contenir dans le périmètre de la diplomatie. Mais il suffit d'une erreur de calcul pour que la dimension énergétique devienne un détonateur militaire.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">La Méditerranée orientale, déjà traversée par les rivalités entre Israël, Liban, Chypre, Turquie, Grèce, Égypte et puissances extérieures, n'a pas besoin d'un nouveau front. Et pourtant, le gaz lui-même, qui aurait pu favoriser coopération et stabilisation, risque de devenir un terrain supplémentaire d'affrontement.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La géoéconomie de la pression</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto"><strong>La question centrale n'est donc pas de savoir si Israël peut « prendre » le gaz libanais. La question plus réaliste est de savoir s'il peut utiliser la pression militaire pour redessiner les rapports de force avant que ce gaz ne devienne économiquement exploitable.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">En ce sens, la ligne jaune a une valeur moins juridique que politique. Elle n'efface pas l'accord de 2022, ne remplace pas la ligne 23, n'attribue pas à Israël de nouveaux droits reconnus. Mais elle produit un fait : elle signale la volonté israélienne de fusionner sécurité terrestre et sécurité maritime dans une même profondeur stratégique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Pour le Liban, répondre uniquement par le droit ne suffit pas. Répondre uniquement par la dissuasion militaire serait désastreux. Il faut une combinaison de pression diplomatique, de recours aux Nations unies, de mobilisation des États-Unis comme garants de l'accord et de valorisation de la présence des compagnies internationales.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Le paradoxe est évident : un État faible comme le Liban ne peut défendre son gaz qu'en internationalisant la question. Plus le dossier reste bilatéral, plus Israël pèse. Plus il devient européen, américain et régional, plus Beyrouth récupère des marges de manœuvre.</strong></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une frontière fragile entre trêve et guerre</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La prolongation du cessez-le-feu annoncée par Washington ne résout rien. Elle ne fait que geler le risque immédiat. Les frappes israéliennes, les tirs de roquettes du Hezbollah et la guerre plus vaste qui implique l'Iran, les États-Unis et Israël restent en arrière-plan comme un incendie non éteint.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Le gaz de Qana est donc le symbole parfait du Liban contemporain : une richesse possible, mais prisonnière de la guerre ; un espoir économique, mais suspendu entre milices, puissances étrangères et faiblesse de l'État ; une promesse de souveraineté, mais exposée à la pression du voisin le plus fort.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Israël pourra difficilement s'approprier légalement les ressources au large des côtes libanaises. Mais il peut tenter de les transformer en otage stratégique. Et pour Beyrouth, c'est déjà une menace suffisante. Car en Méditerranée orientale, aujourd'hui, le véritable contrôle ne consiste pas toujours à posséder une ressource. Souvent, il suffit d'empêcher l'autre de l'utiliser.</div>    <div>&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/giuseppe-gagliano-60785235/?originalSubdomain=it" target="_blank"><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span></a>  a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis). Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de <a class="link" href="https://www.linkedin.com/in/christian-harbulot-a56b2912/?originalSubdomain=fr" target="_blank">Christian Harbulot</a>, (EGE). <br />  Il collabore avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">Iassp de Milan</a>. <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote><a class="link" href="https://www.arabnews.com/node/2641182/middle-east" target="_blank">https://www.arabnews.com/node/2641182/middle-east</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.arabnews.jp/en/middle-east/article_168920/" target="_blank">https://www.arabnews.jp/en/middle-east/article_168920/</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.reuters.com/world/middle-east/israeli-military-publishes-map-south-lebanon-territory-under-its-control-2026-04-19/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/middle-east/israeli-military-publishes-map-south-lebanon-territory-under-its-control-2026-04-19/</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.reuters.com/world/middle-east/israel-entrenches-hold-south-lebanon-warns-residents-stay-out-2026-04-20/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/middle-east/israel-entrenches-hold-south-lebanon-warns-residents-stay-out-2026-04-20/</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.reuters.com/world/middle-east/israel-will-face-resistance-if-troops-stay-in-lebanon-speaker-berri-says-2026-04-21/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/middle-east/israel-will-face-resistance-if-troops-stay-in-lebanon-speaker-berri-says-2026-04-21/</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://english.news.cn/20260419/c623ea4547cd4a27af4f66504e274c4a/c.html" target="_blank">https://english.news.cn/20260419/c623ea4547cd4a27af4f66504e274c4a/c.html</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.almodon.com/economy/2026/03/15/israeli-minister-calls-lebanon-maritime-deal-surrender" target="_blank">https://www.almodon.com/economy/2026/03/15/israeli-minister-calls-lebanon-maritime-deal-surrender</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.newarab.com/news/lebanons-gas-under-threat-israel-may-scrap-maritime-border" target="_blank">https://www.newarab.com/news/lebanons-gas-under-threat-israel-may-scrap-maritime-border</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.jns.org/israel-news/gas-pact-with-lebanon-ought-to-be-nullified-israeli-minister-says" target="_blank">https://www.jns.org/israel-news/gas-pact-with-lebanon-ought-to-be-nullified-israeli-minister-says</a>  <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.jpost.com/middle-east/article-893604" target="_blank">https://www.jpost.com/middle-east/article-893604</a> </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <br />  #IsraelLebanon #EasternMediterranean #EnergyGeopolitics #OffshoreGas #QanaField #MaritimeSecurity #MiddleEastPolitics #RegionalTensions #EnergyStrategy #Geoeconomics
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.veillemag.com/Le-gaz-libanais-dans-le-viseur-de-la-nouvelle-frontiere-israelienne_a7475.html</link>
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   <title>Ormuz, le baril et l'escalade: quand une guerre régionale menace l'économie mondiale</title>
   <pubDate>Fri, 20 Feb 2026 09:47:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacqueline Sala</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Une éventuelle frappe américaine contre l'Iran ne se lit pas seulement en termes d'aviation, de missiles ou de diplomatie. Elle se lit dans les prix, dans les cargaisons, dans la nervosité des marchés. Le Golfe persique concentre un point de fragilité majeur: près de 18 millions de barils par jour y circulent, soit une part décisive de l'approvisionnement planétaire. À partir de là, une crise localisée peut devenir un choc global, avec un effet domino sur l'inflation, la croissance et la stabilité politique des pays importateurs.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94683898-66160345.jpg?v=1771576962" alt="Ormuz, le baril et l'escalade: quand une guerre régionale menace l'économie mondiale" title="Ormuz, le baril et l'escalade: quand une guerre régionale menace l'économie mondiale" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La mécanique des marchés: la peur compte autant que la pénurie</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Dans l'énergie, la psychologie pèse lourd. Une interruption, même limitée, déclenche des anticipations, des surcoûts d'assurance, des arbitrages de cargaisons. Il suffit parfois de quelques jours de tension pour que le marché intègre un risque durable. Les quatre scénarios ci-dessous correspondent à des niveaux différents d'escalade, mais tous ont un point commun: ils déplacent la bataille vers l'économie.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Scénario 1: couper le brut iranien, une pression forte mais réversible</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Première hypothèse: empêcher l'Iran d'exporter, par un blocus, des saisies de pétroliers ou la neutralisation de Kharg, principal point de chargement. Environ 1,6 million de barils par jour seraient concernés, et ces volumes vont essentiellement vers la Chine.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">L'effet principal serait un choc de prix par déplacement de la demande. Pékin chercherait des barils de substitution sur d'autres marchés, faisant monter les enchères et donc les cours mondiaux. On peut s'attendre à une hausse à deux chiffres par baril. L'opération resterait cependant modulable: si la pression politique change, la contrainte peut être levée, et le flux peut repartir sans destruction structurelle. Mais le signal serait puissant: la mer devient un instrument de sanction.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Scénario 2: l'Iran vise la circulation à Ormuz, le goulot d'étranglement devient l'arme</b></div>
     <div>
      <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Deuxième hypothèse: Téhéran riposte en perturbant la navigation dans le détroit d'Ormuz, avec drones, missiles anti-navires, mines, vedettes rapides ou actions de harcèlement. Ici, la cible ne se limite plus au pétrole iranien: ce sont les exportations des monarchies du Golfe et de l'Irak qui passent par ce couloir étroit.</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">&nbsp;</div>    <div dir="auto" style="margin-left: 40px;">Le marché réagit alors violemment. Les primes de risque explosent, certains armateurs se retirent, la capacité de transport se contracte. Le baril peut franchir rapidement des seuils élevés, non seulement par manque de volumes, mais par raréfaction des navires disponibles et par flambée des coûts de couverture. Militairement, c'est la logique asymétrique: l'Iran n'a pas besoin de dominer la mer, il lui suffit d'y installer l'incertitude.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Scénario 3: frapper les installations iraniennes, transformer une crise en rupture longue</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Troisième hypothèse: des attaques directes contre l'appareil pétrolier iranien, en priorité Kharg, ses lignes d'alimentation, certaines plateformes offshore et, éventuellement, des capacités de raffinage. La différence clé tient à la durée. Détruire une infrastructure, ce n'est pas suspendre un flux: c'est enlever une capacité du marché pour des mois, parfois davantage.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Au-delà des exportations, le risque porte aussi sur la production et sur l'équilibre interne iranien, notamment si des raffineries ou des sites logistiques sont touchés. Les marchés, eux, anticiperaient une spirale : si l'Iran est frappé, l'Iran cherchera une riposte plus coûteuse. Cette perspective suffit à pousser les cours au-delà de la barre psychologique des 100 dollars.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Scénario 4: attaquer les actifs du Golfe, la crise devient mondial</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Quatrième hypothèse: l'Iran s'en prend directement aux infrastructures pétrolières des voisins du Golfe: champs, centres de traitement, terminaux, et surtout installations offshore qui servent de goulots d'exportation. Ici, on passe à l'échelle systémique. Selon les cibles et l'ampleur des dégâts, une fraction massive des 18 millions de barils par jour pourrait disparaître du marché.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Dans un tel cas, le baril pourrait connaître une flambée historique. Le point le plus inquiétant réside dans la réparabilité. Les installations à terre se réparent parfois relativement vite si la sécurité le permet, mais l'offshore est une autre histoire: logistique complexe, interventions délicates, délais longs. Et dans une crise, la sécurité n'est jamais acquise.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le gaz liquéfié: l'angle mort qui peut faire exploser les factures</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">On parle beaucoup du pétrole, mais le gaz naturel liquéfié est tout aussi sensible. Le détroit d'Ormuz est une route essentielle pour les expéditions du Qatar, qui représentent des volumes considérables. Mines, attaques de méthaniers ou sabotage de terminaux suffiraient à désorganiser les livraisons. Effet immédiat: hausse du prix du gaz, donc de l'électricité, donc des coûts industriels et du pouvoir d'achat, y compris loin du Golfe.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les routes de contournement: des soupapes trop étroites</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">On pourrait imaginer contourner Ormuz. Dans la réalité, les capacités alternatives absorbent seulement une part limitée des exportations. L'Arabie saoudite dispose d'un axe vers la mer Rouge, les Émirats d'un débouché vers Fujaïrah. Mais ces options ne remplacent pas l'artère principale, et plusieurs exportateurs n'ont quasiment aucune solution de repli. Pour le gaz qatari, la dépendance à Ormuz est encore plus nette.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une dissuasion par le marché: l'énergie comme champ de bataille</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto"><strong>Ces scénarios révèlent une vérité brute: l'énergie n'est pas un secteur parmi d'autres, c'est une dimension stratégique. Washington peut frapper l'Iran, mais l'Iran peut rendre l'addition insupportable pour l'économie mondiale. C'est une dissuasion par les prix, par les assurances, par la peur.</strong></div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>Au final, la ligne de front n'est pas seulement sur les cartes militaires: elle est sur les écrans des traders, dans les budgets des ménages, dans les calculs des gouvernements. Une crise au Golfe se mesure en barils, mais elle se paie en inflation, en croissance perdue et en tensions sociales.</strong></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div><a class="link" href="https://www.eia.gov/international/analysis/special-topics/World_Oil_Transit_Chokepoints" target="_blank">https://www.eia.gov/international/analysis/special-topics/World_Oil_Transit_Chokepoints</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.csis.org/analysis/implications-closure-strait-hormuz" target="_blank">https://www.csis.org/analysis/implications-closure-strait-hormuz</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.iea.org/reports/oil-market-report" target="_blank">https://www.iea.org/reports/oil-market-report</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.reuters.com/world/middle-east/what-happens-if-strait-hormuz-is-blocked-2024-01-12/" target="_blank">https://www.reuters.com/world/middle-east/what-happens-if-strait-hormuz-is-blocked-2024-01-12/</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.bakerinstitute.org/research/geopolitics-strait-hormuz" target="_blank">https://www.bakerinstitute.org/research/geopolitics-strait-hormuz</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.cfr.org/backgrounder/strait-hormuz" target="_blank">https://www.cfr.org/backgrounder/strait-hormuz</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.rand.org/pubs/research_reports/RR422.html" target="_blank">https://www.rand.org/pubs/research_reports/RR422.html</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.maritime-executive.com/editorials/the-strait-of-hormuz-the-world-s-most-important-oil-chokepoint" target="_blank">https://www.maritime-executive.com/editorials/the-strait-of-hormuz-the-world-s-most-important-oil-chokepoint</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.energy.gov/articles/importance-strait-hormuz-global-energy-security" target="_blank">https://www.energy.gov/articles/importance-strait-hormuz-global-energy-security</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><a class="link" href="https://www.atlanticcouncil.org/blogs/energysource/the-global-impact-of-a-hormuz-disruption/" target="_blank">https://www.atlanticcouncil.org/blogs/energysource/the-global-impact-of-a-hormuz-disruption/</a> </div>  </blockquote>  
     </div>
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     <div><b>A propos de...</b></div>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.veillemag.com/Ormuz-le-baril-et-l-escalade-quand-une-guerre-regionale-menace-l-economie-mondiale_a7073.html</link>
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