L’EMI, d’une initiation aux médias à un enjeu de sécurité démocratique
La Semaine de la presse est un rituel pédagogique, mais l’édition 2026 marque un tournant.
Le CLEMI doit désormais armer les élèves face à un monde où la désinformation circule à la vitesse de l’éclair, où les frontières entre vrai et faux se brouillent, et où l’IA générative peut fabriquer des réalités plus convaincantes que nature. Le maintien du thème « Où est l’info ? » n’est pas un hasard, mais un signal.
Il traduit la nécessité d’une vigilance continue, d’une pédagogie de la lucidité. L’EMI devient un pilier de la résilience nationale, un apprentissage qui ne vise plus seulement à consommer l’information, mais à comprendre sa fabrication, ses intentions, ses angles morts. La source, désormais, est le cœur battant de la fiabilité.
Le CLEMI doit désormais armer les élèves face à un monde où la désinformation circule à la vitesse de l’éclair, où les frontières entre vrai et faux se brouillent, et où l’IA générative peut fabriquer des réalités plus convaincantes que nature. Le maintien du thème « Où est l’info ? » n’est pas un hasard, mais un signal.
Il traduit la nécessité d’une vigilance continue, d’une pédagogie de la lucidité. L’EMI devient un pilier de la résilience nationale, un apprentissage qui ne vise plus seulement à consommer l’information, mais à comprendre sa fabrication, ses intentions, ses angles morts. La source, désormais, est le cœur battant de la fiabilité.
Retrouver la source pour retrouver le sens
Dans un écosystème saturé, la confusion entre canal, média et source fragilise le jugement.
Le CLEMI le martèle : identifier l’émetteur, c’est déjà exercer sa citoyenneté. La distinction entre témoignage direct et récit médiatisé, entre parole institutionnelle et communication commerciale, entre synthèse encyclopédique et commentaire social, devient essentielle pour éviter les pièges du biais de confirmation ou du cadrage orienté. Wikipédia, par exemple, n’est pas un oracle mais une porte d’entrée vers des sources secondaires ; les réseaux sociaux ne sont pas des sources en soi, mais des vecteurs où se mêlent paroles brutes, interprétations et mises en scène.
Revenir à ces fondamentaux, c’est réapprendre à regarder l’information comme un objet construit, jamais neutre, jamais spontané. Et c’est aussi comprendre que le premier contact avec l’info passe souvent par l’image.
Le CLEMI le martèle : identifier l’émetteur, c’est déjà exercer sa citoyenneté. La distinction entre témoignage direct et récit médiatisé, entre parole institutionnelle et communication commerciale, entre synthèse encyclopédique et commentaire social, devient essentielle pour éviter les pièges du biais de confirmation ou du cadrage orienté. Wikipédia, par exemple, n’est pas un oracle mais une porte d’entrée vers des sources secondaires ; les réseaux sociaux ne sont pas des sources en soi, mais des vecteurs où se mêlent paroles brutes, interprétations et mises en scène.
Revenir à ces fondamentaux, c’est réapprendre à regarder l’information comme un objet construit, jamais neutre, jamais spontané. Et c’est aussi comprendre que le premier contact avec l’info passe souvent par l’image.
L’image, ce récit qui précède les mots
L’affiche de la Semaine de la presse 2026 en est l’illustration parfaite.
Cette vue plongeante d’un marché de Mazar-i-Sharif, captée depuis un toit par le photographe Wakil Kohsar, pourrait sembler anodine. La légende révèle pourtant l’essentiel : l’absence totale de femmes dans l’espace public, conséquence directe du régime taliban. L’image, sans ce contexte, raconte autre chose. Elle suggère, mais ne dit pas. Elle peut éclairer ou tromper. Les médias le savent bien : l’angle choisi façonne la perception. Lors du vol de bijoux au Louvre, en octobre 2025,
Le Monde privilégie la rigueur factuelle, tandis que d’autres titres optent pour une narration plus immersive, parfois presque romanesque. Le fait divers devient récit, et le récit peut devenir spectacle, comme l’a montré l’affaire Dupont de Ligonnès, transformée en feuilleton anxiogène par certains documentaires. Comprendre ces mécanismes, c’est apprendre à voir ce que l’image ne montre pas.
Cette vue plongeante d’un marché de Mazar-i-Sharif, captée depuis un toit par le photographe Wakil Kohsar, pourrait sembler anodine. La légende révèle pourtant l’essentiel : l’absence totale de femmes dans l’espace public, conséquence directe du régime taliban. L’image, sans ce contexte, raconte autre chose. Elle suggère, mais ne dit pas. Elle peut éclairer ou tromper. Les médias le savent bien : l’angle choisi façonne la perception. Lors du vol de bijoux au Louvre, en octobre 2025,
Le Monde privilégie la rigueur factuelle, tandis que d’autres titres optent pour une narration plus immersive, parfois presque romanesque. Le fait divers devient récit, et le récit peut devenir spectacle, comme l’a montré l’affaire Dupont de Ligonnès, transformée en feuilleton anxiogène par certains documentaires. Comprendre ces mécanismes, c’est apprendre à voir ce que l’image ne montre pas.
Protéger l’espace informationnel : une mission citoyenne
Le partenariat entre le CLEMI et VIGINUM marque une étape décisive.
Face aux ingérences numériques, aux deepfakes et aux campagnes d’influence, la détection technique ne suffit plus : il faut analyser l’intentionnalité, comprendre qui parle, pour quoi faire, et avec quels moyens. Les scénarios immersifs proposés aux élèves — enquête sur un site Seveso, plongée dans le procès de Bobigny, investigation sur la déforestation en Amazonie — les entraînent à pratiquer le contradictoire, à protéger leurs sources, à manier les données ouvertes. L’objectif est clair : former des citoyens capables de défendre l’intégrité de l’espace public.
Face aux ingérences numériques, aux deepfakes et aux campagnes d’influence, la détection technique ne suffit plus : il faut analyser l’intentionnalité, comprendre qui parle, pour quoi faire, et avec quels moyens. Les scénarios immersifs proposés aux élèves — enquête sur un site Seveso, plongée dans le procès de Bobigny, investigation sur la déforestation en Amazonie — les entraînent à pratiquer le contradictoire, à protéger leurs sources, à manier les données ouvertes. L’objectif est clair : former des citoyens capables de défendre l’intégrité de l’espace public.
Vers une citoyenneté éclairée
La 37e Semaine de la presse ambitionne de transformer. En apprenant à distinguer faits et opinions, en comprenant que l’information est toujours le produit d’un choix, d’un angle, d’un modèle économique, les élèves deviennent des acteurs souverains de la démocratie. L’EMI n’est plus un événement annuel, mais un réflexe, une compétence vitale dans un monde où la vérité se négocie et où la liberté d’expression dépend de la capacité à reconnaître ce qui est fiable.
La question « Où est l’info ? » n’a jamais été aussi urgente — ni aussi fondatrice.
La question « Où est l’info ? » n’a jamais été aussi urgente — ni aussi fondatrice.

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