A suivre : Bienvenue à la Cité internationale de la langue française
De nombreuses villes se préoccupent de sauvegarder le patrimoine existant sur leur commune. Un budget y est souvent consacré. A l’heure des élections municipales, c’est le bon moment pour attirer l’attention des candidats sur les actions qu’ils peuvent promouvoir pour protéger le patrimoine immatériel qu’est notre langue française, la langue que nous avons en partage. D’ailleurs cela ne demande pas d’investissement ; il suffit de le vouloir.
Ce qu’une ville peut faire
Une municipalité communique sur les activités de la ville dans son bulletin municipal. J’ouvre celui de ma ville et je tombe sur : « Happy dance Vernon », « Save the date », « Rock in the Barn ». Le bulletin me donne l’adresse du « Bamey’s Grooves Record Shop » ce qui me laisse perplexe. La médiathèque n’est pas en reste qui organise une « soirée open mic » dans laquelle les « beatboxeurs s’affrontent » …
Bien sûr, certains néologismes sont acceptables, certains mots se sont acclimatés au français. Mais rien ne justifie la mode d’une intrusion massive de mots anglo-américains. Se souvenir que nous avons une culture qui fait rêver le monde entier.
Une municipalité, volontaire pour défendre le patrimoine linguistique peut agir de deux façons. D’une part elle s’engage à écrire en français dans toutes ses communications. D’autre part, elle demande aux associations, aux organismes qu’elle subventionne, de communiquer en bon français, en particulier lorsque le bulletin municipal reprend leur communication. Ce sont deux actions tout à fait accessibles, même si elle vont à contre-courant de la fascination pour les mots américains que l’on voit dans la publicité, dans les médias, dans les entreprises.
Bien sûr, certains néologismes sont acceptables, certains mots se sont acclimatés au français. Mais rien ne justifie la mode d’une intrusion massive de mots anglo-américains. Se souvenir que nous avons une culture qui fait rêver le monde entier.
Une municipalité, volontaire pour défendre le patrimoine linguistique peut agir de deux façons. D’une part elle s’engage à écrire en français dans toutes ses communications. D’autre part, elle demande aux associations, aux organismes qu’elle subventionne, de communiquer en bon français, en particulier lorsque le bulletin municipal reprend leur communication. Ce sont deux actions tout à fait accessibles, même si elle vont à contre-courant de la fascination pour les mots américains que l’on voit dans la publicité, dans les médias, dans les entreprises.
La défense de la langue française
A noter ; la défense de la langue française est une préoccupation assez partagée. Un sondage de Toluna / Harris interactive de novembre 2024 sur les Français et l’emploi de la langue française dans les messages publicitaires provoque des réactions majoritairement négatives ; les anglicismes plaisent seulement à 19% des sondés alors que cela provoque chez 45% des sondés de la gêne, voire de la colère.
Pourquoi parler de story en français au lieu du mot histoire ? Julie Neveux nous explique dans son livre Je parle comme je suis [1] que le mot histoire donne « l’image de votre vieux livre de terminale, couvert de poussière », alors qu’avec story « vous avez des dollars plein les yeux, … l’ivresse d’une promesse de succès avec en écho, un autre composé : la success story. Vous êtes au pays du self-made man, du showman devenu président… ». C’est-à-dire que la différence n’est pas la désignation, mais la connotation suscitée par le mot [2] Story serait le comble de la modernité. Et avec les termes anglais vous laissez entendre que vous baignez dans une culture internationale. Mais on peut aussi le voir comme un geste de soumission culturelle de la part de ceux qui vivent bien l’invasion culturelle américaine.
Pourquoi parler de story en français au lieu du mot histoire ? Julie Neveux nous explique dans son livre Je parle comme je suis [1] que le mot histoire donne « l’image de votre vieux livre de terminale, couvert de poussière », alors qu’avec story « vous avez des dollars plein les yeux, … l’ivresse d’une promesse de succès avec en écho, un autre composé : la success story. Vous êtes au pays du self-made man, du showman devenu président… ». C’est-à-dire que la différence n’est pas la désignation, mais la connotation suscitée par le mot [2] Story serait le comble de la modernité. Et avec les termes anglais vous laissez entendre que vous baignez dans une culture internationale. Mais on peut aussi le voir comme un geste de soumission culturelle de la part de ceux qui vivent bien l’invasion culturelle américaine.
[[1]] Je parle comme je suis, édition Points.
[[2]] Passage cité par Donald Lilistone dans le N°298 du bulletin Défense de la langue française.
Les entreprises aussi
Les entreprises sont particulièrement touchées par l’inflation de mots anglo-américains. A tel point que l’on a du mal à exprimer le mot équivalent en français. Vous-même êtes-vous en mesure de donner la traduction des mots suivants en vrai français ? Pricing, staffing, sourcing, flow chart, draft, deadline, punchline, business plan, shortlist, newsletter, process, digital, benchmarking, checker, implémenter, dispatcher, initier [1].
Même Veille Magazine semble atteint par l’anglomanie galopante avec des expressions comme : veille event, search day, influence-day, save the date, workshop, smart trend… Peut-être faut-il voir dans la publication du présent texte la preuve de la grande ouverture d’esprit du comité de rédaction de Veille Magazine qui accepte d’éditer cette critique !
Bien sûr la langue doit évoluer et s’enrichir, en évitant le purisme et le laxisme. Ceci dit préserver sa langue c’est préserver sa pensée. Privilégier les termes français présente plusieurs avantages. Premièrement en parlant le charabia franglais vous risquez d’être mal compris. Deuxièmement, à haute dose, des paroles hybrides et approximatives contribuent à une dégradation de la pensée ; obscurcir le langage c’est obscurcir la réflexion.
Même Veille Magazine semble atteint par l’anglomanie galopante avec des expressions comme : veille event, search day, influence-day, save the date, workshop, smart trend… Peut-être faut-il voir dans la publication du présent texte la preuve de la grande ouverture d’esprit du comité de rédaction de Veille Magazine qui accepte d’éditer cette critique !
Bien sûr la langue doit évoluer et s’enrichir, en évitant le purisme et le laxisme. Ceci dit préserver sa langue c’est préserver sa pensée. Privilégier les termes français présente plusieurs avantages. Premièrement en parlant le charabia franglais vous risquez d’être mal compris. Deuxièmement, à haute dose, des paroles hybrides et approximatives contribuent à une dégradation de la pensée ; obscurcir le langage c’est obscurcir la réflexion.
[[1]] Vous donnez votre langue au chat ! devis, affectation, sourçage, synoptique, premier jet, date butoir, phrase choc, plan d’affaire, sélection, infolettre, processus, numérique, parangonnage, vérifier, implanter ou mettre en œuvre, répartir ou ventiler, lancer ou instaurer.
A propos de l'auteur
Didier Noyé est membre de l’association Défense de la langue française. Didier Noyé est un spécialiste du développement des ressources humaines et auteur de nombreux livres sur la communication et le management. Il confesse avoir peu de followers et recevoir peu de likes.

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