Sortir des caricatures pour entrer dans la compréhension
La génération Z, née entre le milieu des années 1990 et le début des années 2010, a grandi dans un monde où le numérique n’est pas une innovation mais un environnement naturel. Elle est souvent décrite comme impatiente, volatile ou encore désengagée. Ces qualificatifs disent moins une réalité qu’un décalage de perception.
Dans l’expérience pédagogique, ce qui frappe d’abord, ce n’est pas une rupture radicale, mais une transformation du rapport aux cadres. Les jeunes adultes d’aujourd’hui ont grandi dans des environnements où la parole circule plus horizontalement. Dès lors, l’autorité ne disparaît pas, mais elle ne va plus de soi. Elle se construit.
Dans l’expérience pédagogique, ce qui frappe d’abord, ce n’est pas une rupture radicale, mais une transformation du rapport aux cadres. Les jeunes adultes d’aujourd’hui ont grandi dans des environnements où la parole circule plus horizontalement. Dès lors, l’autorité ne disparaît pas, mais elle ne va plus de soi. Elle se construit.
Une autre relation à l’autorité : négociée, non donnée
L’un des premiers malentendus tient à cette question de la légitimité. Beaucoup de professionnels issus de générations précédentes attendent une reconnaissance immédiate de leur position. Or, pour les « Z », celle-ci repose moins sur le statut que sur la démonstration.
Ils peuvent ainsi considérer que leur avis vaut celui d’un supérieur, non par défi, mais parce qu’ils ont été socialisés dans des espaces où l’expression est plus égalitaire . Ce n’est pas un refus de l’autorité : c’est une attente de cohérence.
Pour les encadrants, cela implique un déplacement subtil : passer d’une autorité déclarative à une autorité relationnelle.
Ils peuvent ainsi considérer que leur avis vaut celui d’un supérieur, non par défi, mais parce qu’ils ont été socialisés dans des espaces où l’expression est plus égalitaire . Ce n’est pas un refus de l’autorité : c’est une attente de cohérence.
Pour les encadrants, cela implique un déplacement subtil : passer d’une autorité déclarative à une autorité relationnelle.
L’instantanéité comme horizon… et comme contrainte
Autre point de friction : le rapport au temps. La génération Z évolue dans un univers d’immédiateté où l’information est accessible en permanence et les réponses attendues rapidement .
Cette culture de l’instantané peut être perçue comme de l’impatience. Elle traduit surtout une acculturation à des systèmes réactifs. Dans ce contexte, les dispositifs longs, différés ou trop formels perdent en lisibilité.
Mais il serait erroné d’y voir une incapacité à s’inscrire dans la durée. Ce qui est en jeu, c’est plutôt la nécessité de rendre visible le sens du temps long.
Cette culture de l’instantané peut être perçue comme de l’impatience. Elle traduit surtout une acculturation à des systèmes réactifs. Dans ce contexte, les dispositifs longs, différés ou trop formels perdent en lisibilité.
Mais il serait erroné d’y voir une incapacité à s’inscrire dans la durée. Ce qui est en jeu, c’est plutôt la nécessité de rendre visible le sens du temps long.
L’exigence d’authenticité : une vigilance accrue
Une constante se dégage des observations de terrain : la sensibilité à l’authenticité. Les jeunes générations disposent d’un accès massif à l’information et développent, en conséquence, une forme de vigilance face aux discours perçus comme artificiels.
Ils attendent des messages clairs, incarnés, cohérents avec les pratiques . Le langage trop institutionnel ou désincarné crée immédiatement de la distance.
Cette exigence peut déstabiliser. Elle constitue pourtant une opportunité : celle de revisiter des modes de communication parfois devenus routiniers.
Ils attendent des messages clairs, incarnés, cohérents avec les pratiques . Le langage trop institutionnel ou désincarné crée immédiatement de la distance.
Cette exigence peut déstabiliser. Elle constitue pourtant une opportunité : celle de revisiter des modes de communication parfois devenus routiniers.
De la transmission à l’interaction : un changement de paradigme
Le modèle classique de communication descendante montre aujourd’hui ses limites. La génération Z privilégie des formats interactifs, visuels et participatifs .
Dans les organisations comme dans les salles de classe, cela suppose de passer d’une logique de diffusion à une logique de co-construction. Donner la parole, solliciter des retours fréquents, accepter l’ajustement en continu : autant de pratiques qui favorisent l’engagement.
Ce basculement ne signifie pas l’abandon de l’exigence. Il invite à repenser les modalités de sa mise en œuvre.
Dans les organisations comme dans les salles de classe, cela suppose de passer d’une logique de diffusion à une logique de co-construction. Donner la parole, solliciter des retours fréquents, accepter l’ajustement en continu : autant de pratiques qui favorisent l’engagement.
Ce basculement ne signifie pas l’abandon de l’exigence. Il invite à repenser les modalités de sa mise en œuvre.
Vers une intelligence intergénérationnelle
Plutôt que d’opposer les générations, il est plus fécond de penser leur complémentarité. Les plus expérimentés apportent la profondeur, la mémoire et la structuration. Les plus jeunes introduisent de la fluidité, de la réactivité et de nouveaux codes.
Les recherches montrent d’ailleurs que les différences perçues sont souvent amplifiées par des stéréotypes, davantage que par des divergences réelles .
L’enjeu devient alors collectif : construire une « écologie relationnelle » où chacun ajuste son langage sans renoncer à ses repères.
Les recherches montrent d’ailleurs que les différences perçues sont souvent amplifiées par des stéréotypes, davantage que par des divergences réelles .
L’enjeu devient alors collectif : construire une « écologie relationnelle » où chacun ajuste son langage sans renoncer à ses repères.
Rassurer sans figer, accompagner sans contraindre
Communiquer avec la génération Z ne consiste ni à céder à toutes ses attentes, ni à maintenir coûte que coûte des modèles hérités. Il s’agit d’un travail d’équilibriste : comprendre sans idéaliser, structurer sans rigidifier.
Aux aînés, cet ajustement peut apparaître comme une perte de repères. Il est en réalité une évolution
des formes de légitimité.
Aux plus jeunes, il peut offrir un cadre lisible, non comme une contrainte, mais comme un appui pour se projeter dans le monde professionnel.
En définitive, la rencontre entre générations ne relève pas d’un choc, mais d’un apprentissage réciproque. Et c’est peut-être là que réside l’essentiel : dans cette capacité à faire du décalage non pas un obstacle, mais une ressource.
Aux aînés, cet ajustement peut apparaître comme une perte de repères. Il est en réalité une évolution
des formes de légitimité.
Aux plus jeunes, il peut offrir un cadre lisible, non comme une contrainte, mais comme un appui pour se projeter dans le monde professionnel.
En définitive, la rencontre entre générations ne relève pas d’un choc, mais d’un apprentissage réciproque. Et c’est peut-être là que réside l’essentiel : dans cette capacité à faire du décalage non pas un obstacle, mais une ressource.
A propos de ...
Après une carrière de Group Crisis & Risk Manager de plus de quinze ans au sein de multinationales, Raphaël De Vittoris est enseignant et chercheur en sciences de gestion sur les problématiques de gestion de crise et des risques, communication de crise, stratégie, théorie des organisations, biais cognitifs au sein de Clermont School of Business. Docteur en sciences de gestion et qualifié maître de conférence, diplômé d’un master en physiologie en environnement extrême, d’un master en administration d’entreprise et d’un master en hygiène, sécurité et environnement, il est l’auteur de « Surmonter les crises », 2021 (Dunod) ; « Par-delà la résilience et l’antifragilité », 2022 (Eska) ; « Déjouer les risques», 2024 (Dunod) et d’une douzaine d’articles scientifiques traitant de la gestion de crise.

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