Source : Les artisans du changement
Louis‑René Lemaire , artisan du changement, accompagne depuis des années organisations et individus vers des transformations durables. Expert en dynamiques humaines, il allie vision stratégique et sens du terrain pour faire émerger des solutions concrètes. Son approche, centrée sur l’humain, inspire des transitions responsables et ambitieuses.
Olivier Cardini : Louis-René Lemaire, vous êtes co-président des Artisans du Changement. Présentez votre collectif ?
Louis-René Lemaire : On existe depuis onze ans, et tout a commencé par un événement qu’on appelait La Fabrique du Changement : deux jours de rencontres dans le Grand Ouest, avec des managers et des dirigeants d’entreprises. De là, on s’est regroupés en collectif.
Notre raison d’être ? Accompagner les organisations, entreprises, collectivités, associations dans leurs évolutions. On intervient sur les pratiques managériales, la gouvernance, la façon dont une organisation structure ses décisions, et parfois sur les méthodes de production. On est une bande d’entrepreneurs (euses), majoritairement indépendants, qui travaillent en complémentarité. Chacun(e) a ses clients, ses missions, mais quand la problématique devient plus large, on intervient en équipe.
Notre raison d’être ? Accompagner les organisations, entreprises, collectivités, associations dans leurs évolutions. On intervient sur les pratiques managériales, la gouvernance, la façon dont une organisation structure ses décisions, et parfois sur les méthodes de production. On est une bande d’entrepreneurs (euses), majoritairement indépendants, qui travaillent en complémentarité. Chacun(e) a ses clients, ses missions, mais quand la problématique devient plus large, on intervient en équipe.
Olivier Cardini : Vous intervenez surtout où ?
Louis-René Lemaire : On dit souvent Loire-Atlantique mais également "Grand Ouest" parce que c’est notre berceau, car on va jusqu’à Brest, mais aussi à Paris, Bordeaux, Orléans, … Ça dépend des contacts, des projets. Le territoire, c’est celui de nos missions.
Olivier Cardini : Et vous, comment vous définissez-vous, vous les membres du collectif ?
Louis-René Lemaire : Des entrepreneurs (euses) et oui, on compte une majorité de femmes chez nous. Des gens qui portent une expertise au service de l’accompagnement des individus dans les organisations. Ça donne des coachs, des formateurs, des facilitateurs, des conférenciers… Souvent plusieurs casquettes à la fois. Moi, par exemple, je suis formateur, facilitateur et je monte des team buildings. Ma co-présidente est coach d’organisation, facilitatrice et anime aussi des team buildings. On a des médiateurs, beaucoup de formateurs. Ce qui nous caractérise, c’est le mot artisan. On produit du concret, du palpable, de l’immédiat. Pas des théories, pas que des conférences : on agit, on anime, on fait.
Olivier Cardini : Le 5 mai à Saint-Herblain, vous organisez une demi-journée sur l’intelligence collective. C’est quoi, au juste ?
Louis-René Lemaire : C’est la première d’un cycle de quatre rencontres, une par saison, alternant matinées et après-midis. Le fil rouge ? L’intelligence collective au travail. Pour cette première édition, on a voulu faire un bilan. On entend parler d’intelligence collective depuis dix, quinze ans : théories, livres, conférences, coachs… Nous, on s’y est pleinement engagés, notamment avec Les Fabriques du Changement.
Mais entre la théorie et la réalité, il y a un décalage. Peu d’entreprises peuvent se targuer d’avoir tous les bénéfices promis : innovation, bien-être, performance. Alors on se réunit à Nantes pour réfléchir, partager nos expériences. Voir ce qui se pratique vraiment, les succès qu’on a pu observer, ce qui n’a pas bougé, ce qui reste à construire. Et puis, il y a une question qui persiste : l’intelligence artificielle n’a-t-elle pas remplacé l’intelligence collective dans l’imaginaire des dirigeants ?
Mais entre la théorie et la réalité, il y a un décalage. Peu d’entreprises peuvent se targuer d’avoir tous les bénéfices promis : innovation, bien-être, performance. Alors on se réunit à Nantes pour réfléchir, partager nos expériences. Voir ce qui se pratique vraiment, les succès qu’on a pu observer, ce qui n’a pas bougé, ce qui reste à construire. Et puis, il y a une question qui persiste : l’intelligence artificielle n’a-t-elle pas remplacé l’intelligence collective dans l’imaginaire des dirigeants ?
Olivier Cardini : Qu’est-ce que ça apporte, quand ça marche ?
Louis-René Lemaire : Pour les individus, d’abord : des gens épanouis dans leur travail, un engagement plus fort, une meilleure qualité de vie. Pour l’organisation, ça booste l’innovation et la performance économique. L’innovation naît du dialogue, de la créativité que l’intelligence collective rend possible.
Olivier Cardini : Et quand ça échoue ?
Louis-René Lemaire : Des réunions avec des post-it qui ne mènent à rien. Des jeux d’animation qui mettent mal à l’aise. Des ateliers dont les comptes rendus finissent au fond d’un tiroir. Ça arrive quand l’intelligence collective reste cantonnée à une réunion, sans que le reste de l’organisation suive. La direction ne capte pas les idées. L’équipe commerciale ne les transforme pas.
Pour que ça marche, il faut que toute la chaîne soit impliquée ou au moins qu’elle ne bloque pas. Et le principal blocage, c’est le statu quo : "On reste comme on a toujours fait." L’intelligence collective promet l’innovation, et l’innovation fait peur, parce que c’est l’inconnu. Dans l’incertitude, on se raccroche à ce qu’on connaît. Là où il faudrait oser, on se fige.
Pour que ça marche, il faut que toute la chaîne soit impliquée ou au moins qu’elle ne bloque pas. Et le principal blocage, c’est le statu quo : "On reste comme on a toujours fait." L’intelligence collective promet l’innovation, et l’innovation fait peur, parce que c’est l’inconnu. Dans l’incertitude, on se raccroche à ce qu’on connaît. Là où il faudrait oser, on se fige.
Olivier Cardini : Pourquoi avoir choisi Saint-Herblain pour cet événement ?
Louis-René Lemaire : On intervient au QG des Engagés, un lieu créé par la plateforme RSE de Nantes Métropole. Ils accueillent des initiatives locales pour faire bouger les lignes sur la responsabilité sociétale des entreprises. On s’inscrit dans cette dynamique. Ils nous prêtent les locaux, on apporte le contenu. C’est gagnant-gagnant.
Olivier Cardini : Vous avez un exemple concret, avec ses limites ?
Louis-René Lemaire : Oui. J’ai accompagné une équipe commerciale pendant trois ans, à la demande de leur directeur commercial. On les a suivis dans une transition majeure : passer de logiciels sur mesure à des produits plus faciles à vendre, à marketer, plus rentables. Un vrai changement de paradigme pour une entreprise de cent vingt salariés. Chaque année, on abordait un angle différent. Les résultats étaient bons, des projets sont nés de là. Et puis la crise a frappé le secteur numérique. Mauvais résultats. Les deux fondateurs que je n’avais jamais rencontrés, pas impliqués dans la démarche ont mis fin à la collaboration avec le directeur commercial du jour au lendemain. La transition était bien amorcée, les premiers résultats étaient là… mais sans l’adhésion de ceux qui tiennent les rênes, tout s’est éteint. Ils se sont tiré une balle dans le pied au moment où ils en avaient le plus besoin.
Olivier Cardini : Dans dix ans, si l’intelligence collective tient ses promesses, à quoi ressembleront les organisations ?
Louis-René Lemaire : Des structures bien plus robustes. La robustesse, ce n’est pas résister, c’est ne pas tomber. On danse sous la grêle, si vous voulez. Des organisations soumises à des crises, des guerres, des épidémies, des retournements législatifs comme aujourd’hui, mais en pire, mais où les gens se parlent vraiment. Où l’information circule à travers toutes les strates. Plus de dialogue, plus de confiance, plus de connaissance mutuelle. Les décisions se prennent plus vite, de façon plus concertée. Les organisations osent plus, proposent plus et dans le respect des personnes, parce que ce sont les équipes elles-mêmes qui décident.
Olivier Cardini : Et quel rôle joueront Les Artisans du Changement dans ce futur ?
Louis-René Lemaire : On sera des relais, des inspirateurs. Là, tout de suite, avec vous, je transmets une vision, un enthousiasme. C’est déjà quelque chose. Et puis, on accompagne dans le "comment faire". Ce n’est pas ce qu’on nous a appris à l’école. On était côte à côte, en concurrence, face à un maître tout-puissant. L’entraide ? Punie. Nous, on est là pour réapprendre ce que les enfants font naturellement, ce qu’on retrouve aussi dans le sport : s’entraider efficacement. Au travail, ça change tout.
Olivier Cardini : Une dernière question, un peu provocante : l’intelligence artificielle va-t-elle tuer l’intelligence collective ?
Louis-René Lemaire : C’est une fausse opposition. L’IA, c’est un outil. L’intelligence collective, c’est une posture. L’une ne remplace pas l’autre, elles se complètent. Le vrai danger, ce n’est pas l’IA, c’est de croire que la technologie peut tout résoudre à notre place. L’intelligence collective, elle, repose sur l’humain : sur sa capacité à écouter, à dialoguer, à créer ensemble. L’IA peut traiter des données, mais elle ne comprend pas les émotions, les nuances, les contextes humains. Pour innover, pour s’adapter, il faut ces interactions. L’IA peut accélérer certains processus, mais elle ne remplacera jamais la richesse des échanges humains. Le risque, c’est de confondre vitesse et profondeur. L’intelligence collective, c’est la profondeur. L’IA, c’est la vitesse. Les deux sont nécessaires, mais pas interchangeables.
Olivier Cardini : Et si on devait retenir une seule chose de tout ça ?
Louis-René Lemaire : Que l’intelligence collective, ce n’est pas une mode. C’est une nécessité. Dans un monde qui va de plus en plus vite, qui devient de plus en plus complexe, les organisations qui savent s’appuyer sur l’intelligence de leurs équipes sont celles qui tiendront le choc. Pas celles qui misent tout sur la technologie, mais celles qui cultivent l’humain. Parce que l’humain, lui, il ne se démodera jamais.
Les liens concernant ce sujet :
- Le site internet : www.lesartisansduchangement.com
- La première rencontre du 5 mai : https://www.billetweb.fr/nouveaux-regards-sur-lintelligence-collective-au-travail-1-4-est-ce-que-ca-marche-encore
A propos de ...
Olivier Cardini est consultant en intelligence économique depuis 1996. Installé en Bretagne, il accompagne ses clients de manière personnalisée pour les aider à mieux comprendre et décoder leur environnement, souvent complexe, et à renforcer les coopérations en plaçant l’humain au centre.
Son travail consiste notamment à identifier les risques, en particulier ceux liés au facteur humain et aux pratiques de social engineering. Il aide ensuite les équipes à transformer ces signaux faibles en pistes d’action concrètes.
Il intervient aussi comme formateur auprès d’étudiants, de dirigeants et de leurs équipes. Par ailleurs, il organise ou co-organise régulièrement des événements professionnels, comme des tables rondes et des conférences.
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