Un dossier qu’on croyait endormi, eh non !
Bruxelles veut reprendre la main
Dans un contexte de recomposition des blocs commerciaux, l’idée d’être « premier entrant » devient un argument stratégique. Mais cette accélération se heurte à un malaise profond. L’accord touche à des sujets sensibles : concurrence agricole, normes environnementales, déforestation, souveraineté alimentaire. Les agriculteurs européens redoutent l’arrivée de produits sud-américains moins chers, tandis que les ONG dénoncent des garanties environnementales jugées insuffisantes malgré le protocole additionnel de 2025.
Une Europe coupée en deux
D’un côté, la France, l’Autriche ou l’Irlande, qui voient dans cet accord une menace pour leurs modèles agricoles et environnementaux. De l’autre, l’Allemagne, l’Espagne ou les Pays-Bas, qui y voient une opportunité économique majeure.
Deux visions de l’Europe s’opposent : l’une prudente et protectrice, l’autre tournée vers la compétition mondiale. L’accord UE–Mercosur devient ainsi un révélateur des tensions internes de l’Union.
Des analyses qui tentent d’éclairer le débat
Plusieurs travaux récents ont cherché à clarifier les enjeux.
L’Institut Veblen a publié une analyse détaillée pointant les limites des engagements environnementaux. La Commission défend un texte « équilibré » et « moderne », censé protéger les normes européennes tout en ouvrant de nouveaux débouchés.
Des synthèses institutionnelles rappellent que l’accord a déjà été remanié pour répondre aux critiques, sans pour autant les faire disparaître. Au-delà du Mercosur, c’est la capacité de l’Europe à signer de grands accords commerciaux sans se fracturer qui est aujourd’hui en question.
Sources
Les réactions françaises ont éclaté au Salon de l’agriculture dès l’annonce, le 27 février 2026, de l’application provisoire de l’accord UE–Mercosur.
Sur les stands, l’ambiance s’est immédiatement tendue.
Les syndicats agricoles ont parlé d’un « déni de démocratie », accusant Bruxelles de passer en force alors que le Parlement européen venait de saisir la justice. La FNSEA et la Coordination rurale ont dénoncé une « trahison » et une décision « inacceptable », estimant que les agriculteurs français étaient livrés à une concurrence déloyale.
Emmanuel Macron, présent sur place, a lui aussi exprimé sa « mauvaise surprise », jugeant la méthode de la Commission « malvenue » en pleine crise agricole. Dans les allées du salon, les réactions ont pris une tournure très concrète : prises de parole improvisées, actions symboliques devant le stand de l’Union européenne, manifestations de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs. Certains parlaient de « petit séisme », d’autres d’un profond découragement.

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