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Personnalités

Birane Diop : l'interview. La communauté de l'IE accueille un nouveau membre.


David Commarmond




Pouvez-vous vous présenter et présenter votre parcours ?

Je m’appelle Birane DIOP. Je suis Sénégalais et je vis en France depuis plusieurs années, à Lyon pendant mes études et aujourd’hui à Paris. Diplômé d’un master, je suis un spécialiste de l’information numérique. Je suis passionné par la Politique, l’économie et la géopolitique, avec un faible pour la littérature.
 
Après mon Baccalauréat, j’ai été reçu comme vice-major au concours d’entrée à l’EBAD, une école qui forme des professionnels de l’information documentaire. J’ai passé trois années dans cette institution de l’Université Cheikh Anta DIOP de Dakar. Après l’obtention de ma licence, j’ai décidé d’intégrer l’Université Jean Moulin Lyon III. Dans cette université, j’ai su saisir l’opportunité de refaire une licence Métier de l’information et du document numérique. J’ai pris cette décision parce que ma licence faite à Dakar n’était pas de haute intensité en termes de gestion de contenus numériques. Suite à cette nouvelle licence, j’ai voulu continuer mon cursus à Lyon 3 car j’étais tombé sous le charme de cette ville et faire le Master Stratégies informationnelles et documents numériques.
 
A l’issue de mon Master, j’ai occupé une mission de Chargé de Veille & Intelligence économique à la Direction des Études économiques et financières de BNP Paribas, à Paris dans le 9ème arrondissement pendant plusieurs mois,

Sur quoi a porté votre mémoire de recherche

Mon sujet de mémoire était le suivant : « Comment la maîtrise de l’information à travers la mise en place de cellules de veille stratégique peut-elle aider les PME sénégalaises dans leur quête de compétitivité et de sécurité de l’information ? »
 
Les Entreprises sénégalaises ne sont pas épargnées par l’abondance d’informations comme les entreprises européennes, comme elles, elles peuvent se sentir désarmées, envahies et décontenancées par ce raz de marée. C’est pourquoi cette thématique m’a intéressé, j’ai senti que je pouvais contribuer à diffuser les bonnes pratiques de veille et d’intelligence économique auprès des acteurs économiques et des entreprises sénégalaises.
 
Il n’est pas rare aujourd’hui qu’une entreprise chinoise implantée à Beijing se mette à concurrencer une PME sénégalaise, à l’exportation, mais aussi sur son marché de proximité.
 
Le Sénégal est la 165e économie mondiale. Les PME sénégalaises constituent la base du tissu économique du Sénégal. Elles concentrent plus de 30% des emplois, 25% du chiffre d’affaires et de 20% de la valeur ajoutée nationale. L'intelligence économique peut être un levier afin d’accroître la compétitivité des PME, protéger leur patrimoine immatériel de ces entreprises et par là même un savoir-faire très précieux pour le Sénégal,
 
Par ailleurs, face à l’essor fulgurant des TIC, la maîtrise de l’information est devenue un enjeu stratégique pour les PME sénégalaises. Comme leurs homologues européennes, cette démarche leur permet de surveiller leur environnement mais aussi de transformer les informations brutes au sein des cellules de veille en véritable informations stratégiques.
 
C’est pour toutes ces raisons que j’ai travaillées avec beaucoup de rigueur sur ce sujet.

Ma vision sur cette problématique

A l’aune de la Covid-19 et ses effets pervers sur l’économie mondiale, cette problématique prend une autre dimension. Aujourd’hui, le Sénégal est en récession car il est fortement ébranlé dans ses piliers. L’économie est à genoux, le tourisme est au point mort, les exportations sont entravées par la fermeture des aéroports. Les PME qui sont le moteur de la création d’emplois in fine de la croissance inclusive. Mais elles sont terriblement touchées par l’épidémie dans toutes ses manifestations et conséquences.
 
Ceci étant dit, l’intelligence économique de par ses canaux comme la maîtrise de l’information peut donner un nouveau souffle à l’économie sénégalaise en ces temps sombres. Les PME peuvent s’y appuyer pour prospecter leur environnement concurrentiel, établir des stratégies pour protéger davantage leur savoir-faire, transformer les pratiques les plus énergivores ou consommatrices de ressources, trouver de nouveaux gisements de croissance et d’économie, travailler sur des synergies, de nombreuses voies sont encore inexplorées et beaucoup de possibilités s’offrent aux PME sénégalaises pour envisager de nouvelles perspectives.
 
Je pense aussi que les entreprises européennes et particulièrement françaises pourraient aussi tirer avantage des expériences sénégalaises, en effet, les fortes contraintes financières qui incombent les secteurs d’activités sénégalais demandent de développer beaucoup d’ingéniosité, d’inventivité pour compenser les autres faiblesses. Des partenariats, des partages d’expériences, des coopérations transnationales au niveau des PME pourraient renforcer nos tissus économiques respectifs.