Communication & Influence

Cap vers 2026 : le marketing d’influence change d’échelle


Jacqueline Sala
Samedi 31 Janvier 2026


Le marketing d’influence n’est plus un simple levier d’amplification. Il devient l’un des terrains centraux où se joue la bataille de l’attention, dans un paysage numérique saturé et en pleine recomposition. À l’horizon 2026, ce secteur pèsera près de 40 milliards de dollars et s’imposera comme un pilier stratégique du mix marketing, porté par l’essor de l’IA, la fragmentation des créateurs et la quête d’authenticité des communautés.



Cap vers 2026 : le marketing d’influence change d’échelle
Source
Stellar Tech. 4ᵉ édition Livre blanc annuel “Tendances du Marketing d’Influence 2026”

L’influence, nouveau cœur battant du parcours d’achat

En une décennie, l’influence est passée d’un marché émergent à un écosystème structurant. L’explosion des usages sociaux, la domination des vidéos courtes et la montée en puissance des flux algorithmiques ont déplacé la découverte de produits vers les plateformes sociales. TikTok, Instagram ou YouTube ne sont plus des vitrines, mais des moteurs de recherche culturels où se forment les décisions d’achat. Cette dynamique s’accompagne d’une diversification des profils : micro et nano-influenceurs, créateurs UGC, ambassadeurs internes, experts B2B ou encore avatars virtuels. Ensemble, ils couvrent désormais l’ensemble du cycle de vente, de l’inspiration à la conversion.

Cette transformation s’explique aussi par l’effondrement de l’efficacité publicitaire traditionnelle, divisée par deux depuis 2020. Dans un environnement saturé, les marques se tournent vers des contenus capables de retenir l’attention, un domaine où les créateurs se surpassent en générant un engagement 2,2 fois supérieur aux formats digitaux classiques. L’influence devient alors un espace de relation, où la proximité communautaire prime sur la simple visibilité.


Le reset créatif et l’ère de l’IA : vers un marketing plus intelligent et plus responsable

Pour émerger dans cette économie de l’attention, les marques abandonnent les briefs rigides au profit d’une co‑création plus fluide. Les créateurs ne veulent plus être des supports publicitaires, mais des partenaires culturels. Les entreprises qui leur accordent une réelle liberté créative enregistrent d’ailleurs une croissance nettement supérieure. Cette évolution s’accompagne d’un changement de méthode : privilégier les idées plutôt que les volumes, expérimenter via des creative labs, maîtriser l’accroche, cultiver l’authenticité et cibler des micro‑cultures aux codes spécifiques.

Parallèlement, l’IA s’impose comme un outil industriel incontournable. Près de 95 % des marketeurs l’utilisent déjà pour l’idéation, tandis que les enjeux de sécurité liés aux deepfakes imposent un cadre plus strict. L’AI Act, le Digital Services Act et les lois nationales redéfinissent les responsabilités des marques et des créateurs. La mesure de la performance évolue elle aussi : l’attribution au dernier clic disparaît au profit d’une analyse globale, où l’influence irrigue le paid media, les pages produits et même la télévision.


Un paysage en recomposition

Si 2026 marque un tournant, c’est parce que l’influence n’est plus un outil parmi d’autres. Elle devient l’espace où se construit la relation entre les marques et leurs communautés, un espace exigeant, créatif et technologique, mais surtout profondément humain.