Conceptualisations classique de la guerre
Il est dit que depuis que l’histoire existe, l’humanité aurait passé 93% de son existence en état de guerre. Cette assertion a certainement de nombreux biais, pas toute l’humanité par exemple, mais toujours une guerre quelque part … mais qu’est-ce que la guerre ?
Le centre national de ressources textuelles et lexicales nous apprend que la guerre correspond à des « rapports conflictuels qui se règlent par une lutte armée, en vue de défendre un territoire, un droit ou de les conquérir, ou de faire triompher une idée ». Cette conceptualisation s’inspire à l’évidence de la définition proposée par Clausewitz dans son ouvrage « De la nature de la guerre » où il pose dans le premier chapitre « Qu’est-ce que la guerre ? », qu’elle est « un acte de violence dont l’objet est de contraindre l’adversaire à se plier à notre volonté », dans un contexte où, l’OMS définit la violence comme « un usage délibéré de la force physique ou de la puissance, contre soi-même, contre une autre personne ou contre un groupe ou une communauté qui entraîne ou risque fort d'entraîner un traumatisme, un décès, un dommage moral, un mal développement ou
une carence ».
Ernets Renan nous invite à conceptualiser la guerre comme « une des conditions du progrès, le coup de fouet qui empêche une nation de s'endormir », tandis que Hegel assène que « seule la guerre peut ébranler une société et lui faire prendre conscience d'elle-même ». Élargissant la conceptualisation, Sigmund Freud attire notre attention sur le fait que la guerre offre à l'État l'occasion de transgresser ses propres principes en érigeant la violence en norme. « L’État qui fait la guerre se permet toutes les injustices, toutes les violences. […] il se sert contre l'ennemi non seulement de la ruse autorisée, mais aussi du mensonge conscient et de la tromperie délibérée ».
La conceptualisation de la guerre conduit donc à la définir comme un phénomène de « violence en action », collective, plus ou moins organisée, fondamentalement transgressive, le cas échéant asymétrique ou outrancière voire totale. Ceux qui la déclenchent entendent la mener à terme. C’est-à-dire la diriger dans l'accomplissement de leur projet d’entraîner, d’exposer l’adversaire à faire des actes ou à subir des conséquences souhaitées.
Pour ce faire il leur faut définir une « doctrine » et une « stratégie » d’une part, et avoir l’usage d’un effecteur adapté à son usage, composé d’une force menante et de forces concourantes, c’est-à-dire, en l’espèce, une « armée » à même de réaliser l’adaptation « tactique » de la « stratégie » avec des moyens adéquats à disposition.
Cependant, même les doctrines les plus anciennes comme « apparaître fort là où on est faible et faible là où on est fort » de SUN TSU ou « si vis pacem para bellum » de Caesar ou les plus complexes comme la triade stratégique de la dissuasion nucléaire de Wohelsterrer et Hermann Kahn (US), Solkolovsky (RU), André Beaufre, Pierre-Marie Gallois et Lucien Poirier (FR) ou encore les plus récentes comme la « guerre multidimentionelle » de Qiao Liang et Wang Xiangsui (CN) ne sont pas exclus des « fenêtres de vulnérabilités » identifiés par REASON, comme le souligne Max-Pierre Moulin dans son article sur la dissuasion chinoise dans un numéro de la Revue Défense Nationale de 2018.
Nous pouvons même pousser le raisonnement jusqu’à proposer une conceptualisation de la guerre à travers cette notion de vulnérabilité. En effet toutes les doctrines que l’on vient d’évoquer ont en commun des modèles de pensée qui induisent des règles de conduite visant à identifier ses propres vulnérabilités et celles de l’adversaire. Étant entendu, qu’idéalement, une guerre ne se déclenche que lorsque le ou les belligérant(s) offensif(s) est/sont persuadé(s) que la vulnérabilité du ou des belligérant(s) défensifs est largement inférieure à la sienne/leur.
Le centre national de ressources textuelles et lexicales nous apprend que la guerre correspond à des « rapports conflictuels qui se règlent par une lutte armée, en vue de défendre un territoire, un droit ou de les conquérir, ou de faire triompher une idée ». Cette conceptualisation s’inspire à l’évidence de la définition proposée par Clausewitz dans son ouvrage « De la nature de la guerre » où il pose dans le premier chapitre « Qu’est-ce que la guerre ? », qu’elle est « un acte de violence dont l’objet est de contraindre l’adversaire à se plier à notre volonté », dans un contexte où, l’OMS définit la violence comme « un usage délibéré de la force physique ou de la puissance, contre soi-même, contre une autre personne ou contre un groupe ou une communauté qui entraîne ou risque fort d'entraîner un traumatisme, un décès, un dommage moral, un mal développement ou
une carence ».
Ernets Renan nous invite à conceptualiser la guerre comme « une des conditions du progrès, le coup de fouet qui empêche une nation de s'endormir », tandis que Hegel assène que « seule la guerre peut ébranler une société et lui faire prendre conscience d'elle-même ». Élargissant la conceptualisation, Sigmund Freud attire notre attention sur le fait que la guerre offre à l'État l'occasion de transgresser ses propres principes en érigeant la violence en norme. « L’État qui fait la guerre se permet toutes les injustices, toutes les violences. […] il se sert contre l'ennemi non seulement de la ruse autorisée, mais aussi du mensonge conscient et de la tromperie délibérée ».
La conceptualisation de la guerre conduit donc à la définir comme un phénomène de « violence en action », collective, plus ou moins organisée, fondamentalement transgressive, le cas échéant asymétrique ou outrancière voire totale. Ceux qui la déclenchent entendent la mener à terme. C’est-à-dire la diriger dans l'accomplissement de leur projet d’entraîner, d’exposer l’adversaire à faire des actes ou à subir des conséquences souhaitées.
Pour ce faire il leur faut définir une « doctrine » et une « stratégie » d’une part, et avoir l’usage d’un effecteur adapté à son usage, composé d’une force menante et de forces concourantes, c’est-à-dire, en l’espèce, une « armée » à même de réaliser l’adaptation « tactique » de la « stratégie » avec des moyens adéquats à disposition.
Cependant, même les doctrines les plus anciennes comme « apparaître fort là où on est faible et faible là où on est fort » de SUN TSU ou « si vis pacem para bellum » de Caesar ou les plus complexes comme la triade stratégique de la dissuasion nucléaire de Wohelsterrer et Hermann Kahn (US), Solkolovsky (RU), André Beaufre, Pierre-Marie Gallois et Lucien Poirier (FR) ou encore les plus récentes comme la « guerre multidimentionelle » de Qiao Liang et Wang Xiangsui (CN) ne sont pas exclus des « fenêtres de vulnérabilités » identifiés par REASON, comme le souligne Max-Pierre Moulin dans son article sur la dissuasion chinoise dans un numéro de la Revue Défense Nationale de 2018.
Nous pouvons même pousser le raisonnement jusqu’à proposer une conceptualisation de la guerre à travers cette notion de vulnérabilité. En effet toutes les doctrines que l’on vient d’évoquer ont en commun des modèles de pensée qui induisent des règles de conduite visant à identifier ses propres vulnérabilités et celles de l’adversaire. Étant entendu, qu’idéalement, une guerre ne se déclenche que lorsque le ou les belligérant(s) offensif(s) est/sont persuadé(s) que la vulnérabilité du ou des belligérant(s) défensifs est largement inférieure à la sienne/leur.
Conceptualisation cindynique de la guerre
Étymologiquement, les cindyniques sont les sciences du « danger ». Pour ce faire, elles explorent le jeu des interactions entre décideurs, acteurs et organisations, conduisant à des situations dites « cindynogènes ». Elles s’intéressent aux évolutions de ces situations dans le but d’apprécier leur propension (tendance) à se diriger (évoluer) vers une zone plus ou moins « dangereuse ». Ce point introduit la notion de « vulnérabilité de la situation » qu’elle soit technique, documentaire, organisationnelle ou sociale. Les cindyniques traitent, par conséquent, de la « vulnérabilité ».
Cette « vulnérabilité » représente la propension d’un organisme à être exposé à des attaques physiques, organisationnelles ou psychiques et à en subir un endommagement secondaire à sa fragilité intrinsèque. Pour les cindyniques, cette susceptibilité à être altéré, endommagé ou détruit dépend de facteurs techniques, cognitifs, culturels, socio-économiques, politiques, ...
« L’organisme » au sens cindynique peut être un groupe social contrôlant ou pas un territoire, un état, une nation, une alliance mais aussi, plus spécifiquement, une « Armée », régulière ou non, en tant que telle.
Pour la suite du propos, nous allons d’abord considérer l’Armée comme « organisme » au sens cindynique et nous attacher à voir en quoi les concepts clés des Cindyniques peuvent être utiles à en identifier les vulnérabilités au regard de son but de Guerre. Cette démarche permettra de nous familiariser avec les axes de « l’hyperespace cindynique » et des « déficits cindynogènes ».
Ensuite nous considèrerons une autorité politique souveraine, ayant une personnalité juridique et morale responsable de la sécurité et du bien-être d’une population vivant sur un territoire donné, comme « organisme » au sens cindynique et nous intéresser à voir en quoi l’accumulation de « déficits cindynogènes » peut contribuer à l’émergence d’une Guerre.
Cette « vulnérabilité » représente la propension d’un organisme à être exposé à des attaques physiques, organisationnelles ou psychiques et à en subir un endommagement secondaire à sa fragilité intrinsèque. Pour les cindyniques, cette susceptibilité à être altéré, endommagé ou détruit dépend de facteurs techniques, cognitifs, culturels, socio-économiques, politiques, ...
« L’organisme » au sens cindynique peut être un groupe social contrôlant ou pas un territoire, un état, une nation, une alliance mais aussi, plus spécifiquement, une « Armée », régulière ou non, en tant que telle.
Pour la suite du propos, nous allons d’abord considérer l’Armée comme « organisme » au sens cindynique et nous attacher à voir en quoi les concepts clés des Cindyniques peuvent être utiles à en identifier les vulnérabilités au regard de son but de Guerre. Cette démarche permettra de nous familiariser avec les axes de « l’hyperespace cindynique » et des « déficits cindynogènes ».
Ensuite nous considèrerons une autorité politique souveraine, ayant une personnalité juridique et morale responsable de la sécurité et du bien-être d’une population vivant sur un territoire donné, comme « organisme » au sens cindynique et nous intéresser à voir en quoi l’accumulation de « déficits cindynogènes » peut contribuer à l’émergence d’une Guerre.
L’Armée comme organisme au sens cindynique
Placé dans un contexte, un environnement et un milieu, l’armée interagit avec ses propres composantes – comme avec d’autres armées, alliées ou adversaires – aux niveaux global, individuel, interindividuel et organisationnel. Pour étudier une armée et ses différents niveaux d’interactions, les cindyniques proposent un outil conceptuel dénommé « hyperespace du danger ».
Cet hyperespace comprend 5 dimensions : la téléologique, l’axiologique, la déontologique, la statistique et l’épistémique. Ces 5 dimensions sont explicatives de l’action de l’armée considéré, étant entendu que dans le présent propos, l’action de l’armée est constituée par le déroulé de la guerre.
Ce même processus, répétés sur chacun des axes de l’hyperespace cindynique aboutit à une cartographie de vulnérabilités masquées de l’armée considérée, indépendamment et en complément des paramètres classiques que sont la taille, le moral, l’expérience au feu, le niveau de maintien en condition opérationnelle des hommes et du matériel, les ressources technologiques, l’efficience du soutien logistique etc...
Évidemment, la cartographie des vulnérabilités à travers celle des déficits cindynogènes gagne à être appliquée à toutes les armées parties prenantes de la Guerre. Cette cartographie peut prendre plusieurs traductions graphiques, la plus accessible étant un diagramme de KIVIAT à cinq axes et 4 tracés, qui facilite les comparaisons entre les armées concernées.
Pour s’y retrouver dans la multitude de nouvelles vulnérabilités qui émergent de cette analyse les cindyniques proposent une taxonomie spécifique innovante des « déficits cindynogènes » mis en exergue.
Cette taxonomie cindynique distingue 4 natures de « déficits cindynogènes » : les Déficits Systémiques Cindynogènes (DSC), les Déficits Individuels Cindynogènes (DIC), les Dissonances Cindynogènes (DIS) et les Déficits Organisationnels Cindynogènes (DOC).
Bénéficiant de l’ensemble de ces cartographies, les décideurs sont à même de construire une loi de programmation adéquate, de mettre en œuvre une politique de réduction/amendement des vulnérabilité, d’instaurer une posture de résilience partagée et d’élaborer une stratégie offensive ou défensive adaptée aux vulnérabilité de l’adversaire potentiel.
Cet hyperespace comprend 5 dimensions : la téléologique, l’axiologique, la déontologique, la statistique et l’épistémique. Ces 5 dimensions sont explicatives de l’action de l’armée considéré, étant entendu que dans le présent propos, l’action de l’armée est constituée par le déroulé de la guerre.
- La dimension téléologique interroge sur la finalité c’est -à -dire sur le but assigné au déroulé de la guerre ;
- La dimension axiologique interroge les valeurs adoptées pour guider le déroulé de la guerre car jugées comme objectivement désirables ou estimables, qu’elles soient économiques, politiques, intellectuelles, philosophiques ou morales ;
- La dimension déontologique interroge sur les lois, les règlements et les normes applicables lesquels contraignent le déroulé de la guerre ;
- La dimension statistique interroge sur les données disponibles ou à acquérir, en vue de monitorer le déroulé de la guerre, notamment leur degré de fiabilité, de pertinence et d’obsolescence ;
- La dimension épistémique interroge sur les modèles interprétatifs choisis pour interpréter les données et ainsi, les transformer en informations utiles à l’évaluation des effets obtenus par le déroulé de la guerre et notamment pour la mesure de l’écart entre l’effet attendu et l’effet constaté et, les décisions stratégiques ou tactiques qui, in fine, en découleront.
Ce même processus, répétés sur chacun des axes de l’hyperespace cindynique aboutit à une cartographie de vulnérabilités masquées de l’armée considérée, indépendamment et en complément des paramètres classiques que sont la taille, le moral, l’expérience au feu, le niveau de maintien en condition opérationnelle des hommes et du matériel, les ressources technologiques, l’efficience du soutien logistique etc...
Évidemment, la cartographie des vulnérabilités à travers celle des déficits cindynogènes gagne à être appliquée à toutes les armées parties prenantes de la Guerre. Cette cartographie peut prendre plusieurs traductions graphiques, la plus accessible étant un diagramme de KIVIAT à cinq axes et 4 tracés, qui facilite les comparaisons entre les armées concernées.
Pour s’y retrouver dans la multitude de nouvelles vulnérabilités qui émergent de cette analyse les cindyniques proposent une taxonomie spécifique innovante des « déficits cindynogènes » mis en exergue.
Cette taxonomie cindynique distingue 4 natures de « déficits cindynogènes » : les Déficits Systémiques Cindynogènes (DSC), les Déficits Individuels Cindynogènes (DIC), les Dissonances Cindynogènes (DIS) et les Déficits Organisationnels Cindynogènes (DOC).
- Les Déficits Systémiques Cindynogènes rassemblent des tendances fortes au niveau global, que l’histoire récente du conflit Russo-Ukrainien à mis en évidence au sein de l’armée de la fédération de Russie et de ses milices alliées comme une culture bien ancrée d’infaillibilité ou de simplisme ou encore de non-transparence, par exemple.
- Les Déficits Individuels Cindynogènes regroupent des comportements individuels au niveau des décideurs et des acteurs tels que des lacunes au niveau des connaissances, des disjonctions entre l’application des règles ou des bonnes pratiques attendue et la pratique observée, par exemple.
- Les Dissonances Cindynogènes réunissent les situations de désaccords interindividuels, dû aux divergences de caractères, de points de vue, de convictions ou d’habitudes d'agir ou de penser par exemple.
- Les Déficits Organisationnels Cindynogènes agglomèrent deux grands mécanismes vulnérants représentés par la dilution des responsabilités en raison d’un organigramme non conforme, trop complexe ou encore constamment remanié d’une part (comme, là encore, le conflit Russo-Ukrainien le démontre) ; par la subordination de principe de la fonction d’évaluation/prévention/correction des vulnérabilités aux fonctions liée à la conduite de la mêlée pour des questions d’objectifs stratégiques ou d’efficience opérationnelle d’autre part.
Bénéficiant de l’ensemble de ces cartographies, les décideurs sont à même de construire une loi de programmation adéquate, de mettre en œuvre une politique de réduction/amendement des vulnérabilité, d’instaurer une posture de résilience partagée et d’élaborer une stratégie offensive ou défensive adaptée aux vulnérabilité de l’adversaire potentiel.
La Guerre comme conséquence de l’accumulation de déficits cindynogènes
Placé dans un contexte, un environnement et un milieu, un État – comme tout « organisme » au sens cindynique du reste – subit ou s’adapte à l’ensemble des éléments physiques ou matériels (milieu) ; à l’ensemble des circonstances médiates ou immédiates, stables ou instables (contexte) ; à l’ensemble des conditions sociétales ou éthiques (environnement), qui influencent ou conditionnent ou contraignent son fonctionnement. Cet état est aussi en relation avec d’autres États ; alliés ou adversaires, aux niveaux global, individuel, interindividuel et organisationnel.
L’ensemble de ces relations peuvent générer des « situations cindynogènes » qui correspondent à l’ensemble des flux/interactions techniques, documentaires, organisationnelles et sociales — quelle que soit leur cinétique (rapide ou lente) — déterminant les conditions de cohésion, d’intégrité, de sécurité, de fonctionnement, d’existence, de l’État, à un moment donné de son histoire, alors qu’il est menacé par un ou des danger(s) et qu’il est en état de vulnérabilité.
Cette vulnérabilité peut être appréciée, quantifiée et cartographiée – comme pour tout organisme au sens cindynique – à travers le prisme des cinq dimensions de l’hyperespace cindynique prise une à une (cindyniques du premier ordre), ou à l’aide de combinaisons de ces dimensions deux à deux (cindyniques du deuxième ordre).
En restant dans le domaine des cindyniques de premier ordre, nous pouvons observer que si la cartographie cindynique de deux états met en évidence l’existence, par exemple, de dégénérescences (de la capacité d’analyse, de la qualité des déductions, de la hiérarchisation des décisions) ou de blocages (au niveau des échanges, des décisions, des arbitrages) au niveau de leurs exécutifs respectifs d’une part ; associé à des dissonances dans leur échanges diplomatiques – peu importe que ces dissonances portent sur des questions économiques ou territoriales ou régaliennes ou autre – d’autre part, la conjonction de ces déficits cindynogènes peuvent faciliter la bascule stochastique dans un état de Guerre.
L’ensemble de ces relations peuvent générer des « situations cindynogènes » qui correspondent à l’ensemble des flux/interactions techniques, documentaires, organisationnelles et sociales — quelle que soit leur cinétique (rapide ou lente) — déterminant les conditions de cohésion, d’intégrité, de sécurité, de fonctionnement, d’existence, de l’État, à un moment donné de son histoire, alors qu’il est menacé par un ou des danger(s) et qu’il est en état de vulnérabilité.
Cette vulnérabilité peut être appréciée, quantifiée et cartographiée – comme pour tout organisme au sens cindynique – à travers le prisme des cinq dimensions de l’hyperespace cindynique prise une à une (cindyniques du premier ordre), ou à l’aide de combinaisons de ces dimensions deux à deux (cindyniques du deuxième ordre).
En restant dans le domaine des cindyniques de premier ordre, nous pouvons observer que si la cartographie cindynique de deux états met en évidence l’existence, par exemple, de dégénérescences (de la capacité d’analyse, de la qualité des déductions, de la hiérarchisation des décisions) ou de blocages (au niveau des échanges, des décisions, des arbitrages) au niveau de leurs exécutifs respectifs d’une part ; associé à des dissonances dans leur échanges diplomatiques – peu importe que ces dissonances portent sur des questions économiques ou territoriales ou régaliennes ou autre – d’autre part, la conjonction de ces déficits cindynogènes peuvent faciliter la bascule stochastique dans un état de Guerre.
Pour ouvrir discussions, réflexions et axes de recherches
Espérons, au terme de notre exposé, que l’impératif catégorique que nous propose KANT se révèle cindyniquement axiomatique : « seuls des peuples gouvernés démocratiquement peuvent édifier entre eux une paix perpétuelle ».
A propos de ...
Dr Jan-Cédric Hansen Praticien Hospitalier, membre des instances de gouvernance du GHT ESPO, Administrateur de StratAdviser Ltd | Enseignant en pilotage stratégique et Communication de Crise (IAE Lille, Mines Nancy, Université Senghor, UPEC, …) contributeur aux ouvrages suivants : Risques majeurs : incertitudes et décisions : approche pluridisciplinaire et multisectorielle, Manuel de Médecine de Catastrophe, Piloter et décider en SSE, Innovations & management des structures de santé en France, Engagement et leadership en santé : point de vue d’acteurs inspirants.
Il est vice président des principales sociétés savantes de médecine de catastrophe au niveau Europe (ECDM, WADEM Europe, GloHSA,CIMC-ICDM)
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