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Communication & Influence

« Du TTIP au TAFTA : le dessous des cartes » Intervention de Pierre Deplanche , MBA ESG. Influence-Day.


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Cet accord, explique Pierre Deplanche, pourrait créer l’un des plus vastes marchés au monde, « plus de 800 millions de consommateurs, dans un espace représentant entre 45 et 52% du PIB mondial ». Il se voudrait global, couvrant tous les secteurs de l’économie, aplanissant les barrières douanières et créant de la valeur. Certains avancent même les chiffres de 2 à 3 millions d’emplois qui pourraient voir le jour suite à un tel traité.


TTIP (Transatlantic Trade & Investment Partnership) TAFTA (Trans Atlantic Free Trade agreement) ou encore PTCI (Partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement) ...

... Autant de dénominations pour un seul et même projet des plus complexes : un hypothétique accord de libre-échange transatlantique entre l’Union Européenne et les Etats-Unis.
Cet accord, explique Pierre Deplanche, pourrait créer l’un des plus vastes marchés au monde, « plus de 800 millions de consommateurs, dans un espace représentant entre 45 et 52% du PIB mondial ». Il se voudrait global, couvrant tous les secteurs de l’économie, aplanissant les barrières douanières et créant de la valeur.
Certains avancent même les chiffres de 2 à 3 millions d’emplois qui pourraient voir le jour suite à un tel traité. 

Loin de faire l’unanimité, ce projet soulève de nombreuses inquiétudes –voire rejets -des deux côtés de l’Atlantique.
« Quelles seraient les vraies modalités de cet accord d’échange ? L’intérêt ? » s’interroge P. Deplanche. 
Les enjeux du TTIP sont en fait multiples :
- harmoniser les tarifs douaniers et les réduire sensiblement (bien qu’ils soient déjà relativement faibles dans de nombreux secteurs),
- mais également harmoniser les normes entre les deux entités. Vaste problématique que celle des normes !
Harmoniser les normes signifie forcément abaisser le niveau de normes pour l’une des parties.
« Vous contrôlez la norme, vous contrôler les règles mondiales » explique P. Deplanche.

La complexité des négociations réside dans le fait qu’en fonction du secteur d’activité, on a peur d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique. A cela vient également s’ajouter le chantier de l’harmonisation des normes au sein même de l’Union Européenne, encore à ses balbutiements.  Malgré l’image d’un traité pro-américain, cela pourrait-il être à l’avantage des deux parties ?
Oui, mais pour P. Deplanche, « il faut faire fi des idéologies ».  Un traité qui n’aboutira donc jamais ?
En tout cas, plusieurs signaux sont récemment allés dans ce sens. P. Deplanche fait remarquer que les produits culturels, à la demande de plusieurs pays européens dont la France, ont été sortis des discussions il y a un an.   Washington et Bruxelles pourraient néanmoins se rejoindre sur la question de la Chine. Les Etats-Unis et l’Europe ont une histoire et des valeurs communes et bien qu’elles se critiquent, ensemble elles constituent la meilleure chance de devenir une hyperpuissance mondiale. A contrario, si la Chine devenait un « marché monde » explique P. Deplanche, elle pourrait faire fi des normes internationales.
Une raison suffisante pour relancer encore une fois le projet de traité transatlantique ?
Le débat reste ouvert.
 

Auteurs : Sarah Griggs, Lucy Howard, Zohra Louzgani et Nicolas Ronger