Entretien avec Pascal Clerc, directeur du CPIE Littoral Basqu e, à Hendaye
Olivier Cardini : Vous êtes directeur de CPIE littoral Basque, une entité avec une empreinte territoriale importante. Comment vous vous présenteriez à quelqu'un qui ne connaît pas ce que vous faites ?
Pascal Clerc : Je dirige une association loi 1901 professionnalisée : dix salariés permanents, entre 200 et 250 bénévoles. Le CPIE (Centre Permanent d'Initiatives pour l'Environnement) est ancré dans l'éducation populaire depuis sa création, il y a 40 ans. Au départ, c'était surtout de la sensibilisation à l'environnement. Avec le temps, on a évolué vers la gestion concrète des espaces naturels du littoral basque. Aujourd'hui, on fait les deux : on protège, on gère, et on ouvre ces espaces au public pour qu'il les connaisse et les aime.
O.C. : Et dans l'écosystème des CPIE, qu'est-ce qui fait la spécificité du vôtre ?
P.C. : Les CPIE forment un réseau national, réunies dans une union, mais ce n'est pas une fédération. Chaque CPIE est libre, indépendant budgétairement et juridiquement. On partage juste un label et des valeurs communes. En région Nouvelle-Aquitaine, on est 13 et 156 salariés. Et sur le Pays basque, on est deux : moi, je représente le littoral, et il y a un collègue sur l'intérieur des terres.
Ce qui nous caractérise, c'est qu'on n'est pas des militants opposés à un projet ou à un barrage. On est reconnus par les pouvoirs publics comme des acteurs de terrain légitimes. On travaille avec les écoles, les collectivités, les entreprises. On est dans une logique de facilitation territoriale.
Ce qui nous caractérise, c'est qu'on n'est pas des militants opposés à un projet ou à un barrage. On est reconnus par les pouvoirs publics comme des acteurs de terrain légitimes. On travaille avec les écoles, les collectivités, les entreprises. On est dans une logique de facilitation territoriale.
O.C. : Concrètement, comment les habitants se sentent impliqués dans ce que vous faites ?
P.C. : On les invite sur des chantiers participatifs : nettoyer les plages, enlever les espèces envahissantes. On les associe à de la science participative, observer les insectes, les pollinisateurs, les oiseaux avec des protocoles standardisés au niveau national.
Mais le point fort, c'est qu'on gère ou cogère des espaces naturels. Le domaine d'Abbadia, avec nos 3 sites, Asporotsttipi, Larretxea et Nekatoenea. On y accueille des scolaires, des publics de toutes sortes, et aussi, c'est original, des scientifiques et des artistes en résidence.
Mais le point fort, c'est qu'on gère ou cogère des espaces naturels. Le domaine d'Abbadia, avec nos 3 sites, Asporotsttipi, Larretxea et Nekatoenea. On y accueille des scolaires, des publics de toutes sortes, et aussi, c'est original, des scientifiques et des artistes en résidence.
O.C. : Des artistes ? C'est intéressant pour un organisme environnemental.
P.C. : Le Pays basque est un bouillon de culture. C'est une région plurilingue, à la frontière entre France et Espagne, avec une diaspora basque importante. Ça inspire les artistes. Depuis 1998, on accueille des créateurs du Japon, d'Afrique, d'Europe. L'idée, c'est de travailler en binôme : un scientifique et un artiste sur la même problématique. L'un apporte une vision cartésienne du littoral, l'érosion, le climat, la géologie, l'autre une vision sensible, artistique.
Et ça fonctionne parce que l'art et la science, on les oppose souvent. Moi, je crois à la complémentarité. Ce sont les allers-retours entre ces deux mondes qui enrichissent vraiment l'apprentissage. C'est une philosophie pédagogique différente, en fait.
Exactement. Après 30 ans à faire de l'éducation à l'environnement, je reviens aux fondamentaux.
Quand on amène un groupe d'enfants au bord de la mer pour expliquer l'écosystème océanique, il ne faut pas commencer par la théorie. Il faut d'abord qu'ils mettent les mains dans l'eau. Qu'ils attrapent des crevettes. C'est ça qui active le cerveau.
On fonctionne avec deux hémisphères : l'un cartésien, scientifique ; l'autre sensible, émotionnel. Généralement, à l'école, on va droit au cartésien sans laisser le temps aux gens de ressentir le lieu, l'environnement. Chez nous, on inverse : on commence par l'émotion. On marche sur les falaises, on contemple l'océan, on sent la terre, les feuilles humides de la forêt en automne. Et après, on peut parler de chaînes alimentaires, de géologie.
Parce que voilà : on ne protège que ce qu'on aime. Et on n'aime que ce qu'on connaît. Il faut commencer par connaître.
Et ça fonctionne parce que l'art et la science, on les oppose souvent. Moi, je crois à la complémentarité. Ce sont les allers-retours entre ces deux mondes qui enrichissent vraiment l'apprentissage. C'est une philosophie pédagogique différente, en fait.
Exactement. Après 30 ans à faire de l'éducation à l'environnement, je reviens aux fondamentaux.
Quand on amène un groupe d'enfants au bord de la mer pour expliquer l'écosystème océanique, il ne faut pas commencer par la théorie. Il faut d'abord qu'ils mettent les mains dans l'eau. Qu'ils attrapent des crevettes. C'est ça qui active le cerveau.
On fonctionne avec deux hémisphères : l'un cartésien, scientifique ; l'autre sensible, émotionnel. Généralement, à l'école, on va droit au cartésien sans laisser le temps aux gens de ressentir le lieu, l'environnement. Chez nous, on inverse : on commence par l'émotion. On marche sur les falaises, on contemple l'océan, on sent la terre, les feuilles humides de la forêt en automne. Et après, on peut parler de chaînes alimentaires, de géologie.
Parce que voilà : on ne protège que ce qu'on aime. Et on n'aime que ce qu'on connaît. Il faut commencer par connaître.
O.C. : Et vous voyez la différence chez les enfants ?
P.C. : Oui. On a souvent des enfants qui sont en difficulté à l'école. Les profs les trouvent bloqués. Et là, dans nos projets concrets, sur le terrain, ils se révèlent. Les enseignants nous disent : « Chez vous, il est incroyable. À l'école, il déprime. Chez vous, il brille. »
Ça montre que le cadre scolaire standardisé ne convient pas à tout le monde. Certains apprennent par le contact direct, la manipulation, l'expérience. D'autres par le cours magistral. Notre rôle, c'est d'offrir des portes d'entrée différentes pour que chacun trouve son chemin.
Ça montre que le cadre scolaire standardisé ne convient pas à tout le monde. Certains apprennent par le contact direct, la manipulation, l'expérience. D'autres par le cours magistral. Notre rôle, c'est d'offrir des portes d'entrée différentes pour que chacun trouve son chemin.
O.C. Vous parlez d'approche émotionnelle, mais comment ça s'articule avec la rigueur scientifique ? Il n’y a pas un risque de tomber dans du ressenti sans fondement ?
P.C. : Non, parce que les deux se nourrissent. Je suis sensibilisé à l'érosion du littoral par le sentiment que j'ai en voyant les falaises. Très bien. Mais si c'est tout ce que j'ai, je vais réagir de manière très émotionnelle, panique, colère, sans comprendre vraiment. Si j'ai aussi la connaissance, comment le climat déstabilise le sol, comment les tempêtes actent les processus alors je peux réfléchir, proposer des solutions, devenir un défenseur éclairé de ces espaces.
On voit ça avec les macareux moines qui échouent sur les plages. Les gens disent « C'est un drame ». Bien sûr, c'est triste. Mais c'est aussi la vie. Un macareux qui meurt sur le sable, c'est normal. Ce qui n'est pas normal, c'est la fréquence, ce qui l'a précédé. Il faut cette compréhension-là.
On voit ça avec les macareux moines qui échouent sur les plages. Les gens disent « C'est un drame ». Bien sûr, c'est triste. Mais c'est aussi la vie. Un macareux qui meurt sur le sable, c'est normal. Ce qui n'est pas normal, c'est la fréquence, ce qui l'a précédé. Il faut cette compréhension-là.
Vous avez des exemples de projets qui vous ont surpris ?
P.C. : Oui. Il y a quatre ans, on a commencé avec une entreprise gestionnaire de l'eau potable sur notre territoire. Au départ, on s'est dit : « On va faire une petite action de sensibilisation avec leurs salariés, puis on passera à autre chose. » Vous savez, du greenwashing léger.
Quatre ans plus tard, on est toujours dedans. On accompagne les employés dans des actions concrètes pour la biodiversité dans l'entreprise, sur ses sites exploités. La durée a montré que c'était beaucoup plus qu'une opération cosmétique.
Pareil avec Decathlon, qui a une filiale nautique ici à Hendaye. On a commencé par des nettoyages de plage collectifs. Maintenant, les ingénieurs de Tribord, la branche nautique, nous demandent de les former sur le patrimoine naturel local et de les aider à créer un projet concret pour protéger ces espaces. C'est transformateur.
Ça répond aussi à quelque chose qu'on observe beaucoup : l'éco-anxiété chez les jeunes. Le changement climatique, ça paraît global, impossible à affronter seul. Quand on leur dit « Voilà, aujourd'hui, vous pouvez agir concrètement sur ce problème précis avec vos collègues, vos amis », ça les sort de la paralysie. Même si c'est une goutte d'eau, cette action collective crée de la compréhension mutuelle. Et ça accélère la transition écologique plus que mille débats théoriques.
Quatre ans plus tard, on est toujours dedans. On accompagne les employés dans des actions concrètes pour la biodiversité dans l'entreprise, sur ses sites exploités. La durée a montré que c'était beaucoup plus qu'une opération cosmétique.
Pareil avec Decathlon, qui a une filiale nautique ici à Hendaye. On a commencé par des nettoyages de plage collectifs. Maintenant, les ingénieurs de Tribord, la branche nautique, nous demandent de les former sur le patrimoine naturel local et de les aider à créer un projet concret pour protéger ces espaces. C'est transformateur.
Ça répond aussi à quelque chose qu'on observe beaucoup : l'éco-anxiété chez les jeunes. Le changement climatique, ça paraît global, impossible à affronter seul. Quand on leur dit « Voilà, aujourd'hui, vous pouvez agir concrètement sur ce problème précis avec vos collègues, vos amis », ça les sort de la paralysie. Même si c'est une goutte d'eau, cette action collective crée de la compréhension mutuelle. Et ça accélère la transition écologique plus que mille débats théoriques.
O.C. : Justement, la transition écologique dans les territoires. Vous la voyez comment ?
P.C. : On fonctionne en silos. Les collectivités d'un côté, les élus ici, les techniciens là. La société civile organisée en associations. Les entreprises avec leurs directions, leurs salariés. Et chacun reste dans son couloir.
Ce qu'on essaie, c'est d'inventer du multi-acteur. Vous réunissez des citoyens engagés, des élus, des techniciens, des scientifiques, des chefs d'entreprise et leurs employés. Vous les mettez sur une action commune pas théorique, quelque chose de concret. Vous nettoyez une zone, vous créez un sentier, vous régénérez un espace. Et là, des miracles arrivent : ils se rencontrent vraiment, ils se comprennent, ils voient qu'ils ont des objectifs communs.
Après 40 ans, les CPIE l'ont compris : la sensibilisation toute seule, ça ne suffit pas. C'est l'action concrète qui renforce la sensibilisation. Et c'est l'action collective qui crée de la confiance.
Ce qu'on essaie, c'est d'inventer du multi-acteur. Vous réunissez des citoyens engagés, des élus, des techniciens, des scientifiques, des chefs d'entreprise et leurs employés. Vous les mettez sur une action commune pas théorique, quelque chose de concret. Vous nettoyez une zone, vous créez un sentier, vous régénérez un espace. Et là, des miracles arrivent : ils se rencontrent vraiment, ils se comprennent, ils voient qu'ils ont des objectifs communs.
Après 40 ans, les CPIE l'ont compris : la sensibilisation toute seule, ça ne suffit pas. C'est l'action concrète qui renforce la sensibilisation. Et c'est l'action collective qui crée de la confiance.
O.C. : Parlons de votre positionnement particulier ici, à Hendaye, avec la frontière à quelques centaines de mètres.
P.C. : La frontière est complexe ici. Il y a évidemment la frontière France-Espagne, mais il y a aussi la frontière entre l'océan et la montagne. C'est un hotspot de biodiversité. Les problèmes d'érosion, d'inondation, c'est très spécifique à ce croisement géographique.
Historiquement, la frontière a été un obstacle. Pour les réseaux d'eau usée, pour la gestion des déchets, de la mobilité, tout ça, de chaque côté, c'est géré par des entités différentes. Pendant la Première Guerre mondiale, des Basques français ont fui vers l'Espagne. Pendant la guerre civile espagnole, c'est l'inverse. La frontière a alterné entre cage et refuge.
Historiquement, la frontière a été un obstacle. Pour les réseaux d'eau usée, pour la gestion des déchets, de la mobilité, tout ça, de chaque côté, c'est géré par des entités différentes. Pendant la Première Guerre mondiale, des Basques français ont fui vers l'Espagne. Pendant la guerre civile espagnole, c'est l'inverse. La frontière a alterné entre cage et refuge.
Maintenant ?
P.C. : L'Espagne a ouvert les frontières économiques en 1992 avec le marché unique européen. Ça a déverrouillé pas mal de choses. Les financements européens pour les zones transfrontalières nous aident. Mais administrativement, c'est un casse-tête.
O.C. : Pourquoi ?
Parce que la décentralisation n'a pas le même sens des deux côtés. L'Espagne a créé des communautés autonomes, le Pays basque, la Catalogne, la Galice. Ces régions ont des gouvernements véritables, une police, un système éducatif, des ministères locaux.
Pour la France, c'est extrêmement compliqué à comprendre. Cela se comprend un peu mieux en Allemagne avec les notions de Länder, où les régions ont un pouvoir, beaucoup plus fort que des régions françaises. Par exemple, au Pays basque espagnol, c'est le Pays basque qui prélève l'impôt et qui en redonne une partie à Madrid. En France ? C'est beaucoup plus jacobin. Tout vient de Paris. Un problème décisionnel sur Hendaye, il faut aller jusqu'à Paris pour l'approuver.
La langue basque, c'est encore plus étrange : elle est officielle en Espagne, co-officielle en Pays basque espagnol. En France ? Elle se parle, mais ce n’est pas officiel. Une langue européenne reconnue d'un côté, pas de l'autre, à quelques centaines de mètres.
Du coup, trouver les interlocuteurs équivalents de chaque côté pour travailler ensemble, c'est compliqué. Heureusement, les projets financés par l'Union européenne créent un intérêt commun qui dépasse ces frictions.
Pour la France, c'est extrêmement compliqué à comprendre. Cela se comprend un peu mieux en Allemagne avec les notions de Länder, où les régions ont un pouvoir, beaucoup plus fort que des régions françaises. Par exemple, au Pays basque espagnol, c'est le Pays basque qui prélève l'impôt et qui en redonne une partie à Madrid. En France ? C'est beaucoup plus jacobin. Tout vient de Paris. Un problème décisionnel sur Hendaye, il faut aller jusqu'à Paris pour l'approuver.
La langue basque, c'est encore plus étrange : elle est officielle en Espagne, co-officielle en Pays basque espagnol. En France ? Elle se parle, mais ce n’est pas officiel. Une langue européenne reconnue d'un côté, pas de l'autre, à quelques centaines de mètres.
Du coup, trouver les interlocuteurs équivalents de chaque côté pour travailler ensemble, c'est compliqué. Heureusement, les projets financés par l'Union européenne créent un intérêt commun qui dépasse ces frictions.
O.C. : Maintenant, zoom : vous voyez le CPIE où dans dix ans ?
P.C. : Franchement ? Je suis anxieux. Les financements publics pour le secteur associatif s'effondrent en France. Que ce soit l'environnement, le social, la culture, le sport partout, les budgets tombent. Des chutes de 20, 30 % par an. Je ne sais pas si c'est une tendance politique ou quoi, mais ça m'inquiète énormément.
Si ça continue, le tissu associatif va être tellement abîmé qu'on disparaîtra des territoires.
Version pessimiste.
Si ça continue, le tissu associatif va être tellement abîmé qu'on disparaîtra des territoires.
Version pessimiste.
O.C. : Et version optimiste ?
P.C. : En local, il y a une bonne nouvelle : en 2015, une nouvelle collectivité s'est créée, la Communauté d'agglomération Pays basque. Elle regroupe les 158 communes du Pays basque français, la première fois dans l'histoire récente que le territoire est unifié. De la mer à la montagne. 350 000 habitants.
Jusqu'à maintenant, on était dilués dans l'Aquitaine, la Nouvelle-Aquitaine. Maintenant, il y a une institution basque de facto. Et les deux CPIE littoral et intérieur, on devient ses interlocuteurs privilégiés pour tout ce qui touche l'environnement et l'éducation.
Elle monte en puissance. Et il y a même des discussions pour évoluer vers un statut particulier, comme la Corse ou l'Alsace. Plus d'autonomie, plus de compétences.
Si ça advient, notre avenir passe par un renforcement de cette agglo. Elle est plus proche, plus redevable au territoire qu'une région gigantesque. Et elle peut travailler vraiment avec le Pays basque espagnol.
Donc l'avenir, c'est ça : consolider ces liens avec cette nouvelle institution, renforcer le multi-acteur, impliquer vraiment les entreprises, les citoyens, les scientifiques, tout le monde.
On ne peut pas faire la transition sans les entreprises. Sans les salariés. Ce n’est juste pas possible.
Jusqu'à maintenant, on était dilués dans l'Aquitaine, la Nouvelle-Aquitaine. Maintenant, il y a une institution basque de facto. Et les deux CPIE littoral et intérieur, on devient ses interlocuteurs privilégiés pour tout ce qui touche l'environnement et l'éducation.
Elle monte en puissance. Et il y a même des discussions pour évoluer vers un statut particulier, comme la Corse ou l'Alsace. Plus d'autonomie, plus de compétences.
Si ça advient, notre avenir passe par un renforcement de cette agglo. Elle est plus proche, plus redevable au territoire qu'une région gigantesque. Et elle peut travailler vraiment avec le Pays basque espagnol.
Donc l'avenir, c'est ça : consolider ces liens avec cette nouvelle institution, renforcer le multi-acteur, impliquer vraiment les entreprises, les citoyens, les scientifiques, tout le monde.
On ne peut pas faire la transition sans les entreprises. Sans les salariés. Ce n’est juste pas possible.
O.C. : Dernière question : un jeune se tourne vers vous et dit « Je veux m'engager pour le territoire, mais je ne sais pas par où commencer ». Vous lui dites quoi ?
P.C. : Je lui dis : « Forme-toi scientifiquement. » C'est fondamental.
Aujourd'hui, on peut se laisser mener par TikTok, Facebook, par des réactions purement émotionnelles. Un chercheur écrit 300 pages que personne ne lit. Un tweet de 120 caractères ? Des millions de gens le lisent. Comment on fait circuler la science face à ça ?
Si tu n'as que de l'émotion, sans la connaissance, tu vas être manipulé. Donc il faut absolument avoir la compétence scientifique pour devenir un médiateur éclairé, pas juste un relayeur de panique.
Ensuite, je lui dis : « Implique-toi dans une association. » Je crois encore énormément au monde associatif. La loi 1901, c'est atypique en Europe, deux personnes peuvent créer une entité juridique privée qui mène souvent des missions de service public. C'est précieux.
Mais scientifique d'abord. Puis action. Puis engagement collectif. C'est le chemin que je vois.
Aujourd'hui, on peut se laisser mener par TikTok, Facebook, par des réactions purement émotionnelles. Un chercheur écrit 300 pages que personne ne lit. Un tweet de 120 caractères ? Des millions de gens le lisent. Comment on fait circuler la science face à ça ?
Si tu n'as que de l'émotion, sans la connaissance, tu vas être manipulé. Donc il faut absolument avoir la compétence scientifique pour devenir un médiateur éclairé, pas juste un relayeur de panique.
Ensuite, je lui dis : « Implique-toi dans une association. » Je crois encore énormément au monde associatif. La loi 1901, c'est atypique en Europe, deux personnes peuvent créer une entité juridique privée qui mène souvent des missions de service public. C'est précieux.
Mais scientifique d'abord. Puis action. Puis engagement collectif. C'est le chemin que je vois.
Merci Pascal Clerc d'avoir répondu à nos questions. Olivier Cardini pour Veille Magazine
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Pacal Clerc
Gardez le contact avec Pascal Clerc
Paskal Clerc, directeur du CPIE Littoral Basque, incarne une vigilance active face aux mutations du littoral. Naturaliste de terrain devenu passeur de savoirs, il défend une approche où science, pédagogie et action citoyenne se rejoignent. Sous son impulsion, le CPIE multiplie les projets sur l’érosion, la biodiversité marine ou l’adaptation climatique.
Engagé mais pragmatique, il revendique un rôle de médiateur entre habitants, élus et experts. Son moteur : rendre chacun acteur d’un littoral vivant et résilient.
A propos de ...
Olivier Cardini est consultant en intelligence économique depuis 1996. Installé en Bretagne, il accompagne ses clients de manière personnalisée pour les aider à mieux comprendre et décoder leur environnement, souvent complexe, et à renforcer les coopérations en plaçant l’humain au centre.
Son travail consiste notamment à identifier les risques, en particulier ceux liés au facteur humain et aux pratiques de social engineering. Il aide ensuite les équipes à transformer ces signaux faibles en pistes d’action concrètes.
Il intervient aussi comme formateur auprès d’étudiants, de dirigeants et de leurs équipes. Par ailleurs, il organise ou co-organise régulièrement des événements professionnels, comme des tables rondes et des conférences.

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