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FakeOff primé au Gala de l'Intelligence économique 2019 "Intelligence Economique Territoriale"


David Commarmond





I. Félicitations pour votre prix, pouvez-vous nous rappeler comment est né FAKEOFF ?

Fake Off ! Est née en janvier 2018, dans le prolongement d'un collectif qui s'était formé dans la foulée des attentats de Charlie Hebdo. Certains de nos membres étaient sur le même palier, et quand de fausses informations et autres théories du complot se sont formées dans les heures qui ont suivi les évènements, nous l'avons vécu avec une certaine violence et avons décidé qu'il fallait agir. Après 3 ans d'interventions principalement dans des collèges et lycées, nous avons senti que le moment était venu de passer à l'étape supérieure.

 


II. Comment s'est passée pour vous cette rencontre avec la communauté de l'intelligence économique ? Quelle perception en aviez-vous ?

La rencontre s'est très bien passée, nous avons été très bien accueillis. Pour être honnête, nous nous sommes posés quelques questions au préalables quant à la pertinence de notre présence dans ce gala de l'Intelligence Economique, qui est pour nous un organisme stratégique de collecte de données au profit des entreprises françaises, nous qui faisons du journalisme et de l'éducation, même si nous étions très honorés par ce prix. Et en y regardant un peu plus près, nous avons pu confirmer que le rapport à l'information est un vrai sujet pour l'IE, et qu'il y a une réelle volonté de travailler sur la problématique des Fake News, un sujet sensible et important quand on parle d'économie moderne. Quand Thibault Renard nous a dit que mettre en valeur cette problématique de lutte contre la désinformation à travers un projet original, éducatif et non parisien, cela nous a convaincu. Nous avons pu échanger des points de vue, parler de notre vision, de nos actions, de Sevran, donc ce fut très positif.

III. A votre avis, en matière de recherche d’information, qu’est-ce qui rapproche et qu’est-ce qui différencie votre pratique journalistique et celle de la communauté de la veille et de l'IE ?

Nous utilisons très certainement des méthodes similaires et devons étudier des sujets identiques par moment, même si nous nous attachons plus aux faits qu'à la data. Nous collaborons à un moteur de recherche comparatif des sources, qui uti est lise un algorithmes et des données de base, mais globalement nous nous basons surtout sur des faits. Une deuxième différence importante est une finalité différente derrière une démarche qui est très proche : la recherche d'information est beaucoup moins guidée par des objectifs stratégiques chez Fake Off ! Que dans la communauté de l'IE, qui intrinsèquement, est mue par des intérêts économiques.

 


IV. Les Etats, les GAFAM, les professionnels, des youtubeurs, des enseignants… ceux qui appellent à lutter contre les fake news sont nombreux. Au-delà du simple « fact-checking », comment voyez-vous votre rôle en tant que journalistes dans cette lutte ?

Nous sommes convaincus que le journalisme est une des disciplines qui permet de faire barrage à ces mécanismes, et face à la défiance et aux critiques dont nous sommes l'objet, nous avons senti que nous devions renouer le débat en allant au contact des gens. D'autre part, nous croyons beaucoup à la notion d'éducation face à ces problématiques, et pas uniquement auprès des jeunes, donc nous avons un rôle et une place importants à prendre et assumer.
 

V. Les fakes news ont modifié la relation du public à l'information. Pour votre part vous visez particulièrement les jeunes. Ces derniers sont-ils particulièrement vulnérables aux « fake news », contrairement à leur ainés ?

Nous visons particulièrement les jeunes, premièrement car ils représentent l'avenir, mais surtout parce que ceux d'aujourd'hui sont totalement immergés dès leur plus jeune âge dans le monde numérique, internet, les réseaux sociaux. Contrairement à ce que l'on peut penser, intellectuellement les jeunes ne sont pas plus vulnérables que les adultes, mais ils n'ont pas vécu de la période d'avant internet, où si les fake news existaient, elles n'étaient sujettes à cet accélérateur qu'est internet.
 

VI. Le prix « Intelligence Economique Territoriale » a récompensé votre action à Sevran. Pouvez-vous en dresser un premier bilan et quelles sont les perspectives à venir ?

Notre résidence à Sevran a commencé en janvier, et elle est déjà très positive car nous avons pu nous insérer et nous intégrer au tissu local, qu'il soit associatif, culturel, social, et nous avons été bien accueillis. Nous avons pu toucher des professionnels en formation, des jeunes dans les milieux scolaires, mais aussi d'autres dans des activités extrascolaires, et les retours sont très bons. En outre, nous avons diversifié notre public avec des ateliers pour les parents, des apprenants en français, nous avons élargi aux CM1/CM2 avec des résultats assez géniaux, et maintenant que nous tissé des liens, gagné la confiance, nous allons pouvoir optimiser nos actions : toucher plus d'établissements scolaires, notamment au lycée car c'est très important, produire encore plus de reportages et d'enquête de "débunkage" réalisés par les jeunes, travailler sur la durée et la continuité ; en parallèle, et c'est très important, nous allons, dans le cadre de ce projet soutenu par la préfecture de Seine Saint-Denis et le FIPDR, développer la même action à Aulnay-sous-Bois dès septembre, ainsi que sur d'autres communes avoisinantes grâce au soutien de la région Ile de France.

 














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