Le Cahier des Tendances

Flashback : que retenir des faits marquants et thématiques dominantes Mars 2025


Jacqueline Sala
Vendredi 23 Mai 2025


Il faut souvent un peu de temps pour réaliser les évènements marquants de l'actualité. C'est ce que nous proposons dans cette rubrique Flashback.
Il faut attendre que les faits s’éclairent et que les émotions se décantent pour mesurer pleinement la portée d’un événement. Derrière le fil tendu de l’actualité, certains instants continuent de vibrer, influençant notre présent et dessinant déjà notre avenir.
Dans cette rubrique Flashback, nous revenons sur ces moments charnières : éclairage, contexte et coulisses, pour comprendre pourquoi ils comptent encore aujourd’hui.



Synthèse des thèmes clés du bulletin n°97 de Veille Stratégique Web TV (mars 2025)

Flashback : que retenir des faits marquants et thématiques dominantes Mars 2025

Situation en Roumanie : Un "Laboratoire" pour l'UE et la France

La Roumanie s’est retrouvée au centre de l’attention européenne à la faveur d’une campagne présidentielle secouée par les controverses et les accusations d’ingérence étrangère. L’éviction surprise de Călin Georgescu, figure montante et soutenu par des forces souverainistes, a provoqué une vague de protestations dans le pays.

L’invalidation de la candidature de Călin Georgescu, sur fond d’accusations d’ingérence étrangère et de manipulations de l’opinion, a été l’un des éléments déclencheurs de la crise politique et médiatique qui a marqué cette campagne

Dans ce climat tendu, George Simion, leader de l’Alliance pour l’Union des Roumains, et Ana Maria Gavrila, du Parti des Jeunes, ont annoncé une candidature coordonnée, avec l’idée que l’un se retirerait pour soutenir l’autre, dans la perspective de propulser Georgescu à la tête du gouvernement en cas de victoire.

L’affaire a pris une dimension internationale lorsque Georgescu a publiquement accusé la France d’avoir pesé sur la décision de la Cour suprême. Il a évoqué l’intervention directe de l’ambassadeur français, agissant selon lui sur mandat d’Emmanuel Macron, pour empêcher l’annulation de la décision invalidant sa candidature. Aux yeux de ses soutiens, cette intervention s’inscrirait dans une volonté plus large de l’Union européenne et de la France de barrer la route à un candidat prônant une ligne anti-OTAN, hostile à Bruxelles et favorable à un rapprochement avec l’Ukraine.

 

La scène proche-orientale révèle aujourd’hui une convergence explosive de crises humanitaires, de blocages diplomatiques et de manœuvres géopolitiques inédites, avec la Syrie comme nouvel épicentre.

À Gaza, l’urgence est à son comble : l’aide alimentaire bloquée par le sud et la coupure totale d’électricité provoquent à nouveau des morts par la faim. Une situation que l’orateur compare aux bombardements russes contre des civils — mais sans la couverture médiatique qui, selon lui, relègue la détresse gazaouie aux pertes collatérales oubliées.

En Cisjordanie, les opérations israéliennes se poursuivent, ponctuées d’arrestations, tandis qu’au Liban, l’armée est accusée de violer les cessez-le-feu, maintenant une présence militaire dans plusieurs zones frontalières et recourant aux survols de drones. L’absence d’indignation internationale face à ces pratiques alimente un sentiment d’impunité totale.

Le regard se tourne aussi vers la France, accusée d’hypocrisie politique : certains dénoncent la position de La France insoumise et de ses alliés, prompte à s’émouvoir pour Gaza mais silencieuse, selon eux, face aux massacres en Syrie — qu’ils visent les chrétiens d’Orient ou les Alaouites.

Dans la mer Rouge, Ansarullah au Yémen annonce la reprise des attaques contre les navires, en réaction au blocus israélien de Gaza. Une offensive qui menace directement le commerce via le canal de Suez et contraint certains armateurs à rallonger leur route par l’Afrique, avec un impact économique majeur.

Sur le terrain syrien, les affrontements se poursuivent entre forces kurdes et factions pro-turques dans un silence médiatique assourdissant. L’orateur s’en prend aussi à Abou Mohammed al-Joulani, l’accusant de vouloir faire taire les images des massacres plutôt que d’y mettre fin.
Mais la véritable onde de choc vient de l’annonce, jugée sans précédent, de dirigeants alaouites sollicitant directement Benjamin Netanyahu pour obtenir la protection d’Israël face aux violences qui les visent. Une demande qui pourrait rebattre les cartes régionales et offrir à Tel-Aviv un prétexte pour renforcer sa présence militaire en Syrie — au risque d’ouvrir une zone de friction directe entre influences turque et israélienne.


On assiste à un échec des tentatives diplomatiques autour du conflit en Ukraine et la consolidation des positions militaires russes. La proposition de cessez-le-feu issue des discussions de Djeddah, portée par Rubio et Zelensky, est jugée inacceptable par Moscou, en raison de l’absence de concessions majeures comme le retrait ukrainien de plusieurs oblasts occupés. L’apparition de Vladimir Poutine en uniforme militaire est interprétée comme un signal de rejet ferme, rappelant les échecs des accords de Minsk.

Sur le terrain, la Russie mène une série d’avancées significatives : prise quasi complète de Souja après une manœuvre de contournement spectaculaire, frappes massives sur de nombreuses villes ukrainiennes, tête de pont créée à Chassiv Yar ouvrant des perspectives d’encerclement, et gains territoriaux à Velikaya Novosilka ainsi qu’à Kamianske. À Toretsk, malgré des pertes ukrainiennes, le front reste figé. L’ensemble traduit une stratégie russe visant à renforcer la pression militaire tant qu’aucun accord diplomatique ne satisfait ses exigences.

 

un constat sans ambiguïté

Moscou campe sur une ligne dure et aucun cessez-le-feu n’apparaît envisageable dans les conditions actuelles.

Sur le terrain, l’évolution de la situation à Souja et la progression des forces russes restent des indicateurs clés à suivre, tandis que les initiatives diplomatiques peinent à ouvrir la moindre perspective de règlement rapide.

En parallèle, le Proche-Orient demeure un foyer de tensions grandissantes : la Syrie connaît un basculement géopolitique majeur, sur fond de crises humanitaires persistantes qui continuent de mettre à l’épreuve la stabilité régionale.

En bref

La Russie maintient une ligne dure, écartant toute trêve dans les conditions actuelles.
Les combats à Souja et les gains territoriaux russes demeurent des points de vigilance, alors que les tentatives diplomatiques stagnent.
Parallèlement, le Proche‑Orient voit ses tensions s’exacerber, avec un tournant stratégique en Syrie et des crises humanitaires persistantes qui fragilisent encore l’équilibre régional.